Un jour, une création : 4 décembre 1920, les fantômes de la ville morte.

Par Cédric Manuel | lun 04 Décembre 2017 | Imprimer

Voici, à quelques jours près, tout juste 60 ans, le 29 novembre 1957, que disparaissait Erich Wolfgang Korngold. Exilé depuis plus de deux décennies aux Etats-Unis, où il avait fui le nazisme, il poursuivait sa carrière de compositeur en privilégiant les musiques de film, pour lesquelles il décrocha plusieurs oscars.

Prodige précoce, fils d’un grand critique musical, il remporte de vifs succès dès son plus jeune âge, notamment avec son opéra Der Schneemann (Le Bonhomme de neige), qu’il achève alors qu’il n’a que 13 ans. Ses œuvres successives, dont l’opéra Violanta qui remporte un triomphe à Munich, font de lui l’un des compositeurs les plus prometteurs du siècle qui s’ouvre, au milieu du terrible fracas de la Grande guerre. Après celle-ci, Erich Korngold demande au librettiste de Violanta, Hans Müller, de lui en écrire un autre sur la base du roman de Georges Rodenbach, Bruges la morte, paru plus de 15 ans auparavant et adapté en pièce de théâtre. Müller s’exécute avant de laisser la plume au propre père d’Erich, Julius Korngold, qui prend le pseudonyme de Paul Schott.  Die Tote stadt (La Ville morte) est créée simultanément à Cologne et à Hambourg – cas relativement rare dans l’histoire de l’opéra – et remporte un grand succès.  Puccini, qui y assiste un peu plus tard à Vienne, en sort très impressionné et une pléiade de stars de l’époque la reprend un peu partout en Europe. Zemlinsky lui-même la dirige à Prague en 1924, lui qui fut le professeur de Korngold.

Néanmoins, attaquée par de nombreux détracteurs qui y voient la « tranformation d’une demi-douzaine d’opéras de Richard Strauss en crème fouettée », l’œuvre disparaît peu à peu du répertoire des théâtres lyriques, avant de connaître un retour timide depuis une dizaine d’années.

C’est à l’Opéra national du Rhin et seulement en 2001 que l’opéra de Korngold est créé pour la première fois dans sa version scénique en France, dans une mise en scène un brin compliquée d’Inga Levant, sous la direction de Jan Latham-Koenig. En voici le doux finale, désabusé et nostalgique, admirablement chanté par Torsten  Kerl. Une production qui affichait également Angela Denocke et qui serait reprise ensuite au Théâtre du Châtelet à Paris.

 

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