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	<title>Avenches - Ville - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Avenches - Ville - Forum Opéra</title>
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		<title>Le festival d’opéra d’Avenches n&#8217;aura pas lieu en 2017</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/le-festival-dopera-davenches-naura-pas-lieu-en-2017/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jan 2017 11:07:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avenches et ses arènes romaines d’Aventicum, c’est un peu Vérone en petit. Mais aussi tout l’environnement très sympathique d’une petite ville accueillante, non loin des sites touristiques des bords des lacs de Morat et de Neuchâtel. Depuis 1995 s’y déroule un festival annuel qui a connu un très grand succès, jusqu’à ce que la fréquentation &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avenches et ses arènes romaines d’Aventicum, c’est un peu Vérone en petit. Mais aussi tout l’environnement très sympathique d’une petite ville accueillante, non loin des sites touristiques des bords des lacs de Morat et de Neuchâtel. Depuis 1995 s’y déroule <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/liste-spectacles/ville/avenches-145">un festival annuel</a> qui a connu un très grand succès, jusqu’à ce que la fréquentation s’érode. Les raisons en sont multiples, qui ne sont pas liées à la qualité des spectacles unanimement reconnue. Ce sont les mêmes problèmes rencontrés à Vérone et à Orange, où seules des super-vedettes internationales peuvent encore attirer les foules qui se détournent d’un répertoire « de plein air » trop répétitif.</p>
<p>À Avenches comme ailleurs, les œuvres programmées (<em>Aïda, Nabucco, La Flûte enchantée, La Traviata, Il Trovatore, Don Giovanni, Lucia di Lammermoor, La Bohème, Le Barbier de Séville, Madama Butterfly</em>) ne suffisent plus à faire venir le public en nombre suffisant pour assurer l’équilibre financier (<em>Nabucco </em>en 1999 : 52 000 spectateurs, <em>Madama Butterfly</em> en 2016, seulement 18 000). Alors que des conditions climatiques de ces dernières années, très défavorables, avaient commencé à creuser un déficit, une position de repli couverte, récemment aménagée, n’a pas non plus suffi à inciter le public à réserver ses places à l’avance. Jusqu’à présent, 95 % du financement était assuré par la billetterie, les sponsors et les dons. En 2016, il a manqué plus de 1000 spectateurs pour boucler la trésorerie. Aujourd’hui, seuls les pouvoirs publics pourraient permettre au festival de perdurer.</p>
<p>Le conseil de fondation du Festival cherche maintenant de nouveaux financements, des partenariats et des collaborations avec d’autres festivals. Mais en tout état de cause, le Festival n’aura pas lieu en 2017. Pour la suite, une nouvelle formule biennale est à l’étude, et fin juin 2018 aura lieu la 23<sup>e</sup> édition du Festival avec un spectacle mettant en scène des airs et des extraits des plus célèbres opéras et comédies musicales. Donné quatre fois, il fera appel à des solistes de renommée internationale. Souhaitons que la formule rencontre son public.</p>
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		<title>PUCCINI, Madama Butterfly — Avenches</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/madama-butterfly-avenches-america-for-ever/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jun 2016 06:41:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Contrairement à d’autres opéras, Madama Butterfly est rarement transposée, et le cadre japonisant traditionnel reste quasi immuable. La malheureuse héroïne est donc prisonnière de maisons de papier, cerisiers en fleurs et autres clichés plus ou moins stylisés. La production de ce soir n’échappe pas à cette règle, et les murs blancs de la maison japonaise &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Contrairement à d’autres opéras, <em>Madama Butterfly</em> est rarement transposée, et le cadre japonisant traditionnel reste quasi immuable. La malheureuse héroïne est donc prisonnière de maisons de papier, cerisiers en fleurs et autres clichés plus ou moins stylisés. La production de ce soir n’échappe pas à cette règle, et les murs blancs de la maison japonaise traditionnelle servent d’écrans à des projections de cartes postales disneyennes soulignant le rythme des saisons, et parfois animées du passage d’un steamer. C’est dans la caractérisation des personnages que le metteur en scène <strong>Éric Vigié</strong> a choisi des principes plus radicaux. Cio-Cio-San, après la scène du mariage, apparaît comme une jeune femme moderne, vêtue et coiffée à la mode nippon-occidentale, ce qui rend plus troublant encore son abandon par Pinkerton pour une Américaine quelconque et aseptisée. Suzuki, de son côté, est présentée comme une employée intéressée, qui se contente d’engranger les pourboires de toute personne entrant dans la maison, prix de son silence, gommant ainsi le côté tant soit peu sympathique et maternel du personnage. Goro est un joyeux drille organisateur de mariages arrangés, et Sharpless assiste impuissant à des relations qui le dépassent. Quant à Pinkerton, il est à la fois acteur et jouet d’un jeu qu’il ne maîtrise pas, jusqu’à la scène finale où Cio-Cio-San attend son triple appel pour éclabousser de sang l’ensemble du décor. Mais tous ces partis-pris suffisent-ils à faire le grand spectacle que les spectateurs viennent chercher dans le cadre de plein air – maintenant sonorisé – des arènes romaines d’Avenches ?</p>
<p>	<img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" height="311" src="http://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/madama_butterfly_240616_025.jpg?itok=dVddHWUq" width="468" /><br />
	© Photo Joseph Carlucci</p>
<p>La première de cette nouvelle production, présentée ce soir sous un ciel menaçant dans un amphithéâtre à moitié vide, manquait de punch, mais captivait néanmoins les spectateurs dont la qualité d’écoute est restée remarquable de bout en bout. C’est que, face à une direction plutôt molle et lancinante de <strong>Nir Kabaretti</strong>, certains solistes imposaient une forme de magnétisme. À commencer par la cantatrice coréenne <strong>Sae-Kyung Rim</strong>, bien connue sur le plan international comme l’une des grandes titulaires actuelles du rôle de Cio-Cio-San. Elle impose une évolution intéressante du personnage, depuis la conception traditionnelle du mariage jusqu’à une jeune femme moderne qui assume sans mièvrerie sa condition de « femme seule mère » à la liberté affichée. La voix est large et puissante, les graves bien posés qui lui permettent d’aborder également de grands rôles verdiens. Seuls manquent des aigus filés ou chantés piano, dans lesquels certaines de ses consœurs excellent. Le Pinkerton de <strong>Carlo Ventre</strong> est bien dans la tradition du yankee gonflé d’orgueil et pétri de certitudes sans nuances, mais sa voix puissante se marie bien avec celle de sa partenaire, ce qui nous a valu quelques beaux duos. Enfin, on retrouve dans la Suzuki de la Franco-Chinoise <strong>Qiulin Zhang</strong> la voix troublante de l’Erda parisienne, sans que celle-ci parvienne toutefois à créer une magie équivalente. Le Sharpless de <strong>Davide Damiani</strong> aux aigus tirés offre une prestation décevante, tandis que le Goro de <strong>Wei Nan</strong> et le bonze de <strong>Jérémie Brocard</strong>, aux voix trop peu sonores, sont meilleurs scéniquement que vocalement. Au contraire des chœurs qui offrent une assez bonne prestation vocale, mais dont le jeu est assez peu crédible.</p>
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		<title>ROSSINI, Il barbiere di Siviglia — Avenches</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-barbiere-di-siviglia-avenches-la-calomnie-sur-internet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Jul 2015 17:06:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quel est le but affiché d’un festival populaire, sinon de faire découvrir à son public une œuvre dans les meilleures conditions ? Dans ce sens, pari gagné à Avenches cette année encore avec ce Barbier original, que la très grande majorité du public ne connaissait visiblement pas. La rouerie de Rosine, la vivacité d’Almaviva, la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quel est le but affiché d’un festival populaire, sinon de faire découvrir à son public une œuvre dans les meilleures conditions ? Dans ce sens, pari gagné à Avenches cette année encore avec ce <em>Barbier</em> original, que la très grande majorité du public ne connaissait visiblement pas. La rouerie de Rosine, la vivacité d’Almaviva, la duplicité de Figaro et la balourdise de Bartolo ont réjoui au premier degré un auditoire réceptif qui rit de bon cœur à leurs facéties et aux nombreux anachronismes. Car l’astucieuse mise en scène de <strong>Marco Carniti </strong>est inventive et drôle, et c’est la grande force du spectacle. Alors que l’œuvre relève quasiment du théâtre musical de chambre, et que toute l’action se déroule pratiquement dans une seule pièce, la grandeur du plateau des arènes romaines d’Avenches nécessitait un dispositif scénique d’une tout autre ampleur. C’est ce qu’a fort bien réalisé <strong>Emmanuelle Favre</strong> en concevant un ensemble à la fois poétique et spectaculaire, un village aux petites maisons luminescentes sur pilotis, transparentes et légères, très joliment éclairées par <strong>Henri Merzeau</strong>, prenant au fil de l’action mille couleurs appropriées. Tournant sur elles-mêmes, s’unissant et se séparant en un ballet continu de construction et de déconstruction, créant des espaces scéniques de dimensions variées, elles participent ainsi pleinement à l’action, et constituent l’un des plus beaux décors qu’il ait été donné de voir à Avenches. Bel espace donc que ce village, où néanmoins Rosine est enfermée : c’est l’univers du <em>Corbeau</em>, chacun épie et juge son voisin. Et qui plus est lorsqu’Internet intervient et que les tablettes apparaissent au milieu des amusants costumes d’époque revisités par <strong>Amélie Reymond</strong>, permettant à travers les « réseaux sociaux » toutes les forfaitures imaginables, et notamment la diffusion ultra rapide sous la pression de tous les Basile du monde, de fausses nouvelles et de calomnies horribles.</p>
<p>À côté de ce drame de l’enfermement et de la privation de liberté, tout un univers de dérision et de <em>commedia dell’arte </em>se donne libre cours : Figaro arrivant dans un char bordé de deux énormes ciseaux pendant que des coursiers à vélo lui apportent des rendez-vous ; Bartolo pétrifié dont Figaro utilise les bras dans toutes sortes de positions bouffonnes ; Bartolo toujours, caricaturant le chant de ses partenaires, ou encore Basilio emmené par quatre infirmiers psychiatriques dans une chaise à porteurs marquée de la croix rouge.</p>
<p class="rtecenter"><img decoding="async" alt="" height="249" src="http://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/05_barbier_bd.jpg?itok=CtKwfyud" width="468" /><br /><font color="#000000">© Photo Marc-André Guex </font></p>
<p>Malheureusement, comme souvent aujourd’hui, les plus belles idées de mises en scène ne sont pas forcément très bien défendues par les interprètes. Le plateau de ce soir est au demeurant plus qu’honorable, joue remarquablement bien la comédie et sait se faire entendre dans l’un des rares espaces de plein air non sonorisés. Mais il y manque déjà une vraie Rosine. <strong>Lana Kos</strong>, plutôt une Nedda, a certes l’abattage que nécessite le rôle mais n’en traduit ni la jeunesse ni la virtuosité vocale. Comme la plupart de ses partenaires, elle ne savonne pas vraiment, mais esquisse nombre de notes plus qu’elle ne les chante. Et comme eux, elle profite de la folie générale pour laisser place à une certaine nonchalence vocale, assez largement partagée. <strong>George Petean</strong> a chanté Figaro sur toutes les grandes scènes internationles, y compris à Bastille dans la mise en scène de Coline Serreau. Il est comme à son habitude pétillant de drôlerie et de présence scénique, mais cela s’accompagne d’une certaine mollesse vocale. Le chanteur chinois <strong>Yijie Shi</strong>, découvert à Pesaro il y a quelques années, a toujours ce caractère juvénile physique et vocal, et cette belle projection – encore qu’un tant soit peu nasale – parfaitement adaptés au rôle d’Almaviva, mais sa décontraction rejaillit par trop sur sa précision vocale. Le Fiorello pétillant de <strong>Fernando Afara</strong>, le Bartolo de <strong>Miguel Sola</strong> et le Don Basilio de<strong> Rubén Amoretti </strong>sont bien dans la tradition. On se saurait oublier la désopilante Berta de <strong>Carine Séchaye</strong>, et le non moins amusant Ambrogio (rôle muet) de<strong> Yaël Rion</strong>, façon Deschiens.</p>
<p>Le côté musical est un peu déstructuré. Les départs des chanteurs ont souvent une fraction de seconde de retard, et l’ensemble dirigé par <strong>Nir Kabaretti</strong> paraît surtout lourd et pesant bien que les tempi soient corrects. En fait, une direction plus légère et rapide aurait posé d’autres problèmes, car les chanteurs n’auraient pas pu suivre. S’y ajoute la présence d’un orchestre de chambre (Orchestre de Chambre Fribourgeois), de bonne qualité certes, mais au volume très insuffisant pour remplir l’espace de ces arènes romaines. Le Chœur de l’Opéra de Lausanne participe de manière très impliquée et excellente au travail théâtral de l’ensemble.</p>
<p>Notons une nouveauté instaurée cette année après la désastreuse saison de l’an dernier, où la pluie avait perturbé voire fait annuler plusieurs représentations : en cas de météo incertaine ou pluvieuse – comme mardi dernier –, la représentation a lieu dans le grand manège de l’Institut Équestre National d’Avenches, spécialement aménagé pour l’occasion. La décision, prise chaque jour de représentation à 14h30, est visible sur le site Internet d’Avenches Opéra. On ne pourrait que s’en féliciter si, malheureusement, le nombre de places dans cet espace couvert n’était insuffisant ; de ce fait, les places les moins chères – non numérotées – ne sont pas mises en vente, ce qui ne va guère dans le sens de la démocratisation du théâtre lyrique.</p>
<p> </p>
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		<title>BIZET, Carmen — Avenches</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/carmen-avenches-morne-soiree/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Jul 2014 06:23:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le vingtième anniversaire du festival d’Avenches (Suisse), qui se déroule dans le cadre des arènes romaines d’Aventicum, n’a pas bénéficié d’auspices très favorables, puisque deux représentations sur six (les 4 et 6 juillet, dont la première) ont été annulées en raison de la pluie. Ce soir, le plafond est très bas, de gros nuages noirs &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le vingtième anniversaire du festival d’Avenches (Suisse), qui se déroule dans le cadre des arènes romaines d’Aventicum, n’a pas bénéficié d’auspices très favorables, puisque deux représentations sur six (les 4 et 6 juillet, dont la première) ont été annulées en raison de la pluie. Ce soir, le plafond est très bas, de gros nuages noirs ne demandent qu’à lâcher leur eau, mais une seule petite averse interrompra la représentation au début du deuxième acte, et le spectacle pourra s’achever normalement avant un nouveau déluge.</p>
<p>On peut imaginer la qualité de la première distribution, avec Béatrice Uria Monzon et Jorge de Leon, que nous n’avons pu voir en raison des impératifs de notre circuit des festivals de l’été. C’est donc la seconde distribution qui joue aujourd’hui. Toutefois, ce n’est pas sur scène, mais dans la fosse que se trouve le problème majeur de la soirée. D’abord, l’<strong>Orchestre de chambre de Lausanne</strong>, composé quand même d’une soixantaine d’instrumentistes, est sous-dimensionné pour un spectacle de plein air : on l’entend si peu qu’au début du deuxième acte le public continue de parler pendant plusieurs minutes avant de s’apercevoir que le spectacle a repris ! Orchestre qui se trouve comme dans une brume sonore, sans brio, sans fougue et sans panache, bref sans rien de la palette sonore que l’on est en droit d’attendre pour <em>Carmen</em>, et que l’on a pu apprécier lors de précédents festivals. Une grande part de responsabilité en revient donc à la direction beaucoup trop lente et sans éclat du chef <strong>Alain Guingal</strong>, qui bride et fatigue les chanteurs, au point que, par exemple, lors du quintette du deuxième acte, ceux-ci lâchent le chef et s’envolent de leurs propres ailes, entraînant un long décalage avec l’orchestre qui peine à les suivre.</p>
<p>Problème un peu différent en ce qui concerne la réalisation scénique : le magnifique décor de <strong>Jean-Marie Abplanalp</strong>, ovale répondant à celui des arènes, est plutôt sous-utilisé par le metteur en scène <strong>Éric Vigié</strong> qui reprend à l’envi des clichés éculés dans une transposition sans esprit au début des années 60, avec des procédés courants dans les parcs d’attraction comme le feu qui s’anime au gré de la musique ou la voiture qui explose. Nombre de contresens émaillent le spectacle, comme le fait de brûler les pieds de Zuniga pour qu’il ne puisse suivre les contrebandiers alors que le texte dit « Passez devant sans vous faire prier ». Quelques éléments sont néanmoins bien venus, tels les enfants au premier acte, et les vidéo de <strong>Quentin Martinelli</strong> au dernier acte, qui remplacent par des films anciens de corrida l’habituel défilé et créent un excellent contrepoint au jeu scénique, jusqu’à la tête de mort finale. Les silhouettes des spectateurs de la corrida se détachant en magnifiques ombres chinoises sur des fumées blanches doivent beaucoup aux beaux éclairages d’<strong>Henri Merzeau</strong>.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="284" src="/sites/default/files/styles/large/public/carmen_avenches_2014_fo_4.jpg?itok=Xc_GSTRy" width="468" /><br />
	© Photo Festival d’Avenches 2014</p>
<p>La Carmen de la cantatrice suisse <strong>Noëmi Nadelmann</strong>, sans grande originalité ni personnalité, ne parvient pas à s’extraire d’un certain traditionalisme que rien vocalement ne vient relever. Son Don José, <strong>Giancarlo Monsalve</strong>, se contente de chanter correctement – sauf la dernière note – l’air de <em>La Fleur</em>, mais sa voix prématurément usée ne peut plus assurer le rôle entier ; son arrivée a capella au deuxième acte, hurlée et détonnant dans tous les sens, est un supplice pour l’oreille. La Micaëla de <strong>Greta Baldwin</strong>, même bien chantée, est inconsistante. Quant à l’Escamillo de <strong>Franck Ferrari</strong>, il est extrêmement musical et sans vulgarité, mais on l’entend à peine à l’autre extrémité des arènes. Les autres interprètes sont dans une honnête moyenne, et les chœurs très bons, mais ne suffisent pas à sauver le spectacle de la routine. Car <em>Carmen</em>, un des opéras les plus joués dans le monde, ne peut se satisfaire d’une qualité générale tout juste passable. C’est dommage quand on voit les efforts déployés tant par les artistes que par tous les bénévoles qui accueillent et accompagnent si gentiment les festivaliers.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>VERDI, La traviata — Avenches</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/violetta-germont-et-la-fanfare/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Benoit Berger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Jul 2008 14:12:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a des fois où, submergé par une vague de misanthropie, que l’on ne cherche même pas à cacher, on se prend à rêver d’un opéra sans public. Sans bruit, sans toux, sans commentaires. Sans raclements de gorge. Sans froissement de papier de bonbons. Il y a des fois où l’on se dit que &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          Il y a des fois où, submergé par une vague de misanthropie, que l’on ne cherche même pas à cacher, on se prend à rêver d’un opéra sans public. Sans bruit, sans toux, sans commentaires. Sans raclements de gorge. Sans froissement de papier de bonbons. Il y a des fois où l’on se dit que l’être humain a été perverti par la société de consommation : qu’il a pris l’habitude de regarder – je ne parle pas d’écouter – s’époumoner les stars du lyrique sur le petit écran solitaire de son salon ; de mettre dans sa chaîne Hi-fi une galette quelconque et de la commenter, pour lui-même ou pour les autres. Mais voilà, à l’opéra, on n’est pas chez soi !</p>
<p>Il y a des fois où, l’oreille agressé par ses voisins – comment peut-on émettre autant de sons incongrus sur « Dite alla giovine » ? – il arrive que l’on regrette que, témoignant d’un attachement philologique à une partition, un chef puisse ne pas se rendre compte que son orchestre sonne comme… comme quoi d’ailleurs ? Peut-être comme un vieil enregistrement acoustique des années 1910 – le genre où on n’entend que des « cuivres » et une percussion envahissante. Peut-être comme une vieille fanfare du dimanche – celle que l’on imagine, avec un émoi proustien, sous une gloriette repeinte de frais, dans une gentille ville d’eau ou dans une sous-préfecture d’opérette.</p>
<p>Et on se dit que tout cela est bien dommage ; que l’on passe à côté de quelque chose. Qu’avec ses cordes anémiques Graziella Contratto, avec un geste pudique – et toujours on ne peut plus dramatique – tend des voiles souples autour de ses chanteurs ; qu’elle leur laisse toujours la bride légère – quelle discrétion pour laisser Violetta et Alfredo s’alanguir dans leur premier duo. Il y a un automne nostalgique au bout de sa baguette – la si belle valse du prélude ; de l’amour aussi ; de la tendresse toujours et bien des déchirements.</p>
<p>Franchement dommage ! Et d’autant plus, même, que le plateau ferait pleurer les pierres. Peut-être pas forcément Sacca, bon sans plus, chez qui Alfredo n’est pas aussi consubstantiel que Mozart et qui force du coup un peu ses moyens- par ailleurs impressionnants dans ce plein air moins clément que d’autres. Mais Bruson ! Et Ciofi ! Lui, promène sa stature de bon vieillard – 47 ans de carrière, quand même – comme on pu le faire Bruscantini ou Panerai à une autre époque. Malgré l’émail à jamais terni, malgré la fêlure du timbre, malgré quelques phrases un peu courtes, on tient là un grand baryton Verdi – peut-être l’un des derniers – fascinant de projection… et d’humanité.</p>
<p>Ciofi, quant à elle ne déçoit pas – ne saurait décevoir. Chez elle aussi, il y a la fêlure du timbre ; l’aigu parfois douloureux – mais il l’est sans doute plus pour elle que pour nous : tout ce qui fait sa marque de fabrique. Il y a, surtout, tout ce qui est d’une grande artiste : le don de soi, évidemment ; une ascèse aussi, des gestes simples – ah ! la manière de se protéger d’un châle jeté au creux des reins – rien d’histrionique en somme, puisque de cela l’art n’a pas besoin. Il y a une ligne, enfin, un galbe du son, du mot, des maniérismes sans doute – les longues, longues ouvertures dans l’aigu de « Ah forse lui ». Tout ce qui donne les grandes morts qui laissent sans voix.</p>
<p>On en veut, donc, doublement à un public bruyant d’avoir gâché de si beaux moments parce que la production, classicissime – ce n’est pas Visconti mais ce n’est pas, et cela est mieux, du Zeffirelli, donc pas uniquement de l’occupation d’espace surdécoré – valait franchement le détour !</p>
<p><strong>Benoît BERGER</strong></p>
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