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	<title>Gdansk - Ville - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Gdansk - Ville - Forum Opéra</title>
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		<title>BEER, Polish Wedding &#8211; Sopot</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/beer-polish-wedding-sopot/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Jul 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le directeur du Baltic Opera Festival, Tomasz Konieczny, met un point d&#8217;honneur à participer à l&#8217;épanouissement de l&#8217;art lyrique dans son pays. Programmer die Walküre, comme il l&#8217;explique lui-même, c&#8217;est l&#8217;occasion pour les artistes locaux de découvrir et de pratiquer ce répertoire germanique à son plus haut niveau. C&#8217;est également le cas ce soir avec &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le directeur du Baltic Opera Festival, Tomasz Konieczny, met un point d&rsquo;honneur à participer à l&rsquo;épanouissement de l&rsquo;art lyrique dans son pays. Programmer<em> die Walküre</em>, comme il l&rsquo;explique lui-même, c&rsquo;est l&rsquo;occasion pour les artistes locaux de découvrir et de pratiquer ce répertoire germanique à son plus haut niveau.</p>
<p>C&rsquo;est également le cas ce soir avec une seconde proposition, celle du <em>Polish Wedding</em> – le mariage polonais – une opérette créee à Zurich en 1937 avant un succès retentissant dans l&rsquo;Europe entière. Traduit en huit langues, le livret fut applaudi notamment au Theater an der Wien, au Teatr Wielki à Varsovie ou encore au Teatro Fontalba à Madrid avant que le compositeur, Joseph Beer, juif polonais, ne fut forcé de fuir l’Anschluss.</p>
<p>En effet, comme c&rsquo;est le cas depuis quatre ans avec sa première édition, le Baltic Opera Festival entend contribuer au tissu créatif local en achetant chaque année une production clé en main à une structure culturelle polonaise en charge de créer un spectacle dont la première a lieu début juillet. Chose faite cette année avec l&rsquo;<strong>Opéra</strong> <strong>de Wroclaw</strong>, qui met son<strong> chœur</strong>, son <strong>ballet</strong> et son <strong>orchestre</strong> au service de cette redécouverte.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/%C2%A9-Krzysztof-Mystkowski-Baltic-Opera-Festival9-1294x600.jpg" /></p>
<pre style="text-align: center;">© Krzysztof Mystkowski/ Baltic Opera Festival</pre>
<p>La distribution ne manque ni de talent, ni de charme, et Joseph Beer est indéniablement un plaisant mélodiste. Malheureusement la mise en scène de <strong>Pawel Miskiewicz</strong> se révèle pour le moins décousue. Cela est accentué par les costumes de <strong>Marta Szypulska </strong>et<strong> Kacper Lyszczarz</strong> qui oscillent entre superbe et improbable sans ligne directrice claire. De même, ajouter un trio de jazz – excellent au demeurant – ou encore des airs traditionnels a cappella enrichit la proposition mais en appuie également l&rsquo;aspect foutraque. Il nous semble plus assister à une revue qu&rsquo;à une pièce d&rsquo;un seul tenant. Or, en terme narratif, la logique est parfaite.</p>
<p>La bluette et le kitsch cèdent parfois le pas à une scène sadomasochiste où le vieillard aspirant à une cinquième union avec une jeunette se trouve grimé en cochon de latex. Des fleurs de papier envahissent la scène finale et l&rsquo;on se croirait dans une kermesse alors que l&rsquo;apparition des quatre épouses défuntes de ce Barbe-Bleue poméranien nous offre au contraire un moment poignant : tandis que le chœur ponctue chaque destin brisé d&rsquo;une ligne musicale, elles défilent tour à tour pour raconter leurs déboires matrimoniaux face à une future mariée effondrée.</p>
<p>Côté chorégraphie, le contraste ne pourrait être plus grand depuis les danses villageoises jusqu&rsquo;aux bunny-girl hyper sexy en passant par valse ou polka.</p>
<p>Les projections vidéo de <strong>Marek Kozakiewicz</strong> et<strong> Oliwia Szanajca-Kossakowska</strong>, quant à elles, nous transportent au cœur d&rsquo;un sombre carnaval, celui d&rsquo;une danse macabre. L&rsquo;idée d&rsquo;évoquer les affres de la grande histoire qui planent au dessus du compositeur – alors même qu&rsquo;il écrit une musique pleine de légèreté – n&rsquo;est pas mauvaise, mais le fil conducteur se perd à trop surligner le contexte.</p>
<p>Face à cette exubérance visuelle le cast vocal s&rsquo;investit avec une belle énergie et d&rsquo;indéniables talents de comédiens au service de cette histoire de double mariage sous le joug tsariste. <strong>Piotr Buszewski</strong> domine la production. Le ténor, qu&rsquo;on pourra entendre à nouveau cette année au Metropolitan Opera en Tamino, sera également Alfredo dans la prochaine production d&rsquo;Aix-en-Provence. Le timbre est magnifique, le charme et l&rsquo;aplomb indéniables. Il donne la réplique à <strong>Monika</strong> <strong>Radecka</strong>, voix pleine,fraîche, aux très beaux aigus, qui était Micaela il y a encore quelques jours à Varsovie.</p>
<p>La survitaminée <strong>Marta Wiktorzak</strong> – mezzo corsée au bel aplomb, tant vocal que scénique, encore en formation à l&rsquo;Opéra national de Pologne – s&rsquo;avère une partenaire idéale pour <strong>Hubert Zapiór</strong>, membre de l&rsquo;Ensemble du Komische Oper de Berlin, qui était récemment Guglielmo à l&rsquo;Opéra national de Norvège ainsi qu&rsquo;à Varsovie et que l&rsquo;on aurait aimé entendre plus longuement.</p>
<p><strong>Grzegorz Szostak </strong>et <strong>Marcin Klarman</strong> complètent avantageusement la distribution dans un couple de barbons fantaisistes.</p>
<p>Le niveau de ce plateau vocal rend d&rsquo;autant moins compréhensible le choix d&rsquo;une sonorisation assez invasive dans une salle de cinq cent places.<br />
La direction de <strong>Lukasz Borowicz</strong> est enlevée à la tête de de l&rsquo;orchestre de l&rsquo;Opéra de Wroclaw, dont les violons montrent quelques faiblesses en ce soir de première.</p>
<p>Ce <em>Polish Wedding</em> s&rsquo;avère donc une redécouverte indéniablement intéressante, mais en demie-teinte du fait d&rsquo;une mise en scène quelque peu chaotique que l&rsquo;on pourra retrouver la saison prochaine à l&rsquo;Opéra de Wroclaw.</p>
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		<title>WAGNER, Die Walküre &#8211; Sopot</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-sopot/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Jul 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Voilà quatre ans que le baryton-basse polonais Tomas Konieczny a redonné vie à l&#8217;Opéra Lesna &#8211; l&#8217;Opéra de la forêt – qui, dès 1909, imposait Sopot comme l&#8217;un des temples du wagnérisme en Europe. Renommé désormais Baltic Opera Festival, à un jet de pierre de Gdansk, la ligne directrice en est toujours centrée sur le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà quatre ans que le baryton-basse polonais <strong>Tomas Konieczny</strong> a redonné vie à l&rsquo;Opéra Lesna &#8211; l&rsquo;Opéra de la forêt – qui, dès 1909, imposait Sopot comme l&rsquo;un des temples du wagnérisme en Europe.</p>
<p>Renommé désormais Baltic Opera Festival, à un jet de pierre de Gdansk, la ligne directrice en est toujours centrée sur le maître de Bayreuth avec cette année <em>die Walküre</em> pour deux soirées précédées d&rsquo;un étonnant <em>Rheingold for kids</em>, spectacle jeune public qui résume<em> l&rsquo;Or du Rhin</em> en une heure très enlevée. La distribution, d&rsquo;un excellent niveau, y rassemble principalement de jeunes chanteurs polonais et fait la part belle aux textes en langue vernaculaire.</p>
<p>Ce soir, c&rsquo;est une <em>Walkyrie</em> d&rsquo;un exceptionnel niveau qui nous est proposé. Contrairement aux années précédentes, il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une création maison mais de l&rsquo;adaptation d&rsquo;une version de l&rsquo;Opéra de Copenhague datant de 2022.<br />
<strong>Tomasz Konieczny</strong> y tenait déjà le rôle de Wotan, comme il l&rsquo;a fait à Berlin ou Bayreuth.</p>
<p>Il a souhaité la reprendre car – selon ses dires – elle peut s&rsquo;envisager de manière autonome, et Sopot ne saurait proposer un<em> Ring</em> complet en une seule édition.<br />
Naturellement, il a fallu adapter la production au plein air puisque la particularité du <strong>Baltic Opera Festival</strong> est de se tenir au cœur de la forêt, dans un amphithéâtre de 5000 places impliquant une sonorisation fort bien dosée si l&rsquo;on excepte la « chevauchée des Walkyries » où le trait est inutilement appuyé alors que les interprètes sont excellentes, disposant de tous les moyens nécessaires pour passer l&rsquo;orchestre.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/1A5A0601-1294x600.jpg" /></p>
<pre style="text-align: center;">© Baltic Opera Festival</pre>
<p>La canopée nous enveloppe, s&rsquo;illumine d&rsquo;un rayon de soleil, le chant des oiseaux cède à la pluie qui tambourine sur le velum&#8230; Comme souvent dans les lieux alternatifs, un charme tout particulier est à l&rsquo;œuvre.</p>
<p><strong>Tom Scutt</strong> a conçu pour le Théâtre Royal danois un dispositif habile et élégant, d&rsquo;acier et de bois clair répondant aux teintes neutres et fondues des costumes japonisants où textures et matières sont travaillées avec soin.<br />
Flanqué d&rsquo;écrans lumineux, un immense escalier amovible occupe le centre du plateau, la misérable cabane de Hunding se cache à son revers, un pieu gigantesque le perfore au premier acte, donnant à Notung la dimension mythique qui lui sied avant que ne s&rsquo;y embrase de le bûcher du troisième acte.<br />
Autour de cette structure se déploie une vie de bureau parfaitement contemporaine avec cancans, ordinateurs portables, plans et maquettes. Chaque chanteur peut se saisir de ces accessoires – une peau de renard, deux statues d&rsquo;esprit mycénien pour les jumeaux&#8230; autant de supports à la pensée ou à la narration qui clarifient le propos pour le spectateur.</p>
<p>Wotan, l&rsquo;architecte, constamment présent sur scène, contemple son œuvre de son oeil unique, oriente l&rsquo;action, jouant négligemment avec la maquette de l&rsquo;escalier. Ses employées-walkyries commentent et sabrent même le champagne tandis que les jumeaux incestueux succombent à la passion.<br />
Cette mise en abyme fonctionne tout au long de la soirée, grâce également à une formidable direction d&rsquo;acteur, extrêmement vivante, naturelle, imaginée en orfèvre par <strong>John Fulljames</strong> à Copenhague et brillamment reprise à Sopot par<strong> Johanne</strong> <strong>Holten</strong>.</p>
<p>Tomasz Konieczny se targue d&rsquo;un cast majoritairement polonais, y compris pour les doublures, choix indispensable pour permettre à la musique de Wagner « de briller en Pologne à son plus haut niveau ».</p>
<p>Réunir un orchestre local fut apparemment une gageure, et là encore, un enjeu pédagogique. Le <strong>Baltic Opera Orchestra Gdansk</strong> renforcé par le <strong>Symphony</strong> <strong>Orchestra du Lviv National Philharmonic</strong> – dans une belle collaboration polono-ukrainienne – s&rsquo;avère excellent sous la baguette experte d&rsquo;<strong>Axel Kober</strong> avec lequel le directeur artistique collabore depuis vingt cinq ans à Mannheim.<br />
La battue souple et ample obtient le meilleur de la large phalange réunie ce soir. Les contrastes, les textures sont bien marqués de l&rsquo;âpre au soyeux ; les tempi justes, la dynamique soutenue, toujours au service des chanteurs.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/D39A9766-1294x600.jpg" /></p>
<pre style="text-align: center;">© Baltic Opera Festival</pre>
<p>Tomasz Konieczny, indéboulonnable Wotan dans plus de vingt productions propose une incarnation brillante, charnelle, depuis le démiurge triomphant jusqu&rsquo;au père démuni. La munificence de son instrument peut se raffiner jusqu&rsquo;au murmure, s&rsquo;alliant à une aisance et un naturel constants.</p>
<p>Pour sa part,<strong> Stanislas de Barbeyrac</strong> confirme, si besoin, qu&rsquo;il est un grand Siegmund. Après Dortmund, Londres puis Paris l&rsquo;an passé, il irradie de sensibilité, d&rsquo;intelligence vocale, d&rsquo;une émission profondément incarnée, d&rsquo;un constant relief expressif. Il forme un duo assez sublime avec <strong>Izabela Matula</strong> qui fait ce soir des débuts magnifiques en Sieglinde. Timbre moiré, unité des registres, aigus bien couverts, elle jouit également d&rsquo;une belle justesse des intentions.</p>
<p>La Brünnhilde de <strong>Stéphanie Müther</strong> après une entrée fragile, épanouit une ligne souple, à l&rsquo;émission claire où les nuances dynamiques servent intelligemment l’expression. Le passage où elle annonce à contre-coeur à Siegmund son destin est par exemple d&rsquo;une prenante simplicité.</p>
<p>Enfin, <strong>René Pape</strong> propose un Hunding viscéral que l&rsquo;on adore détester tandis que <strong>Malgorzata Walewska</strong> campe une Fricka mature au caractère bien trempé.</p>
<p>Un spectacle à retrouver le 5 juillet pour une seconde représentation à Sopot en attendant <em>Fidelio, Freischütz </em>et<em> Andréa Chenier</em> au programme 2027 de ce lieu à envisager désormais dans les pérégrinations estivales des festivaliers lyricomanes.</p>
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		<title>FREISLICH, ROEMHILDT, DU GRAIN : Cantates de l&#8217;Avent</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/freislich-roemhildt-du-grain-cantates-de-lavent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Feb 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Prospère depuis ses origines, Gdansk, l’ancienne Dantzig, l’une des quatre villes hanséatiques, maintenant le plus grand port polonais, fut germanophone de 1569 à 1945, si ce n’est plus tôt (les chevaliers teutoniques…). C’est la seconde ville polonaise (après Cracovie) pour la richesse de son patrimoine, que l’on redécouvre à la faveur de ce premier enregistrement &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Prospère depuis ses origines, Gdansk, l’ancienne Dantzig, l’une des quatre villes hanséatiques, maintenant le plus grand port polonais, fut germanophone de 1569 à 1945, si ce n’est plus tôt (les chevaliers teutoniques…). C’est la seconde ville polonaise (après Cracovie) pour la richesse de son patrimoine, que l’on redécouvre à la faveur de ce premier enregistrement d’une série annoncée. Il ne comporte que des œuvres inédites de compositeurs contemporains de Bach et Haendel, ignorés de la plupart de nos ouvrages courants. Tous trois partagent leur origine (l’Allemagne du Nord, la Saxe) comme leur culture luthérienne, et nous laissent une œuvre essentiellement sacrée (Passions et cantates). Du Grain fut élève de Telemann à Hamboug, Roemhild (1) de Kuhnau à Leipzig et Freislich venait de Thuringe. Ce CD inaugure une collection consacrée aux nombreux trésors que recèle la Bibliothèque de Gdansk, programme conduit par le <em>Goldberg Ensemble</em> (2).</p>
<p>Avouons-le, ces noms ne sont pas familiers des amateurs de musique baroque. La diffusion des enregistrements que le <em>Goldberg Ensemble</em> leur a déjà consacrés est restée confidentielle en France. Et, par-delà cet aspect, c’est vraiment regrettable. Quitte à bousculer les hiérarchies et les certitudes dogmatiques de certains mélomanes, osons l’écrire : la qualité de l’écriture de ces œuvres n’a rien à envier à celles de Bach. Longtemps, ce dernier a été présenté comme l’aboutissement ultime d’une tradition passée de mode. Or, toutes ces œuvres contemporaines ou à peine postérieures à celles de Cantor de Saint-Thomas respirent le même air et ne présument pas d’un quelconque épuisement.</p>
<p>Johann Balthasar Christian Freislich (3), cadet de deux ans de Bach, s’inscrit dans le même courant. Il allie l’écriture la plus élaborée à une constante séduction sonore. La brève cantate chorale qui nous est offerte « Lobe den Herrn, meine Seele » [Mon âme loue le Seigneur], est festive, rayonnante, et l’orchestre comme le chœur emportent l’adhésion. L’influence italienne y est sensible pleinement intégrée au langage baroque germanique. Les deux suivantes, dues à Johann Theodor Roemhildt (1684-1756) comportent toutes les composantes de la forme, du chœur ouvragé du début de la première (« Ich freue mich dess, dass mir geredt ist » [je me réjouis de ce qui m’est dit]), qui sera repris en guise de finale, en passant par l’aria, le récitatif, l’ensemble (duo) et le choral, qui achève la deuxième. <strong>Sebastian Kaniuk</strong>, alto, au timbre séduisant, à la voix longue et déliée, se marie idéalement au violon. Nous le retrouverons avec un réel bonheur dans la cantate suivante, de Johann Jeremias Du Grain, dont il sera l’unique soliste, virtuose, la vigueur et le caractère dramatique étant remarquablement servis.<strong> Karolina Brachmann</strong>, notre soprano, à l’émission chaleureuse et ductile, sera l’unique soliste de la seconde cantate de Roehmhildt. La voix ample et chaude de la basse <strong>Szymon Kobylinski</strong> trouve dans son récitatif arioso et l’aria suivante l’occasion de s’épanouir. Le ténor <strong>Wojciech Winnicki</strong> participe à deux duos, le premier avec la basse, le second avec l’alto (et le violon solo). La voix est claire, conduite avec bonheur. Deux chorals, homophones, dépourvus de développement, pour conclure la « Zeuch doch, allerliebster Jesu », de Roemhild, et « Alter Adam, du musst sterben », de Du Grain. Avec la précédente, la dernière cantate du programme, « Ach dass die Hülfe aus Zion über Israel käme » [Ah, que l&rsquo;aide de Sion puisse parvenir à Israël !], de Roemhildt, à elle seule, malgré sa brièveté, mériterait l’acquisition de l’enregistrement. Elle s’ouvre par une sinfonia brillante, empreinte de majesté, puissante, suivie d’un chœur d’ouverture, d’une belle polyphonie, qui sera repris en guise de conclusion. L’aria de basse, centrale, est encadrée par une aria de soprano et le duo alto-ténor mentionné plus haut. Outre nos solistes, sont réunis seize instrumentistes (4 à la basse continue, dont un basson agile et sonore, les douze autres comportant les cordes, un hautbois, deux cors, deux trompettes et timbales) et une dizaine de choristes. Stylistiquement parfaits, de couleurs splendides (les cors tout particulièrement), d’une constante dynamique, le <em>Goldberg Ensemble</em>, conduit par <strong>Wojciej Martuszewski, </strong>rayonne, à l’égal des meilleures formations baroque de notre temps. Seul regret : la notice d’accompagnement est exclusivement en polonais, reproduisant cependant les textes chantés en allemand.</p>
<p>Une première discographique qu’il convient de saluer, tant pour le plaisir de son écoute que pour la découverte de compositeurs qui contribuent à replacer Bach dans son contexte.</p>
<pre><span style="white-space: pre-line;">1. Röhmhild est à la fois le nom d’une petite ville de Thuringe, sans doute le berceau familial du compositeur, non loin de Meiningen, et celui d’un facteur de pianos particulièrement apprécié par Liszt. 
</span><span style="white-space: pre-line;">2. Johann Gottlieb Goldberg, dont le nom reste attaché aux Variations de Bach, était né à Gdansk/Dantzig. 
</span><span style="white-space: pre-line;">3. Il nous avait été révélé par d'autres cantates, publiées dans la série <em>Musica Baltica.</em></span></pre>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/freislich-roemhildt-du-grain-cantates-de-lavent/">FREISLICH, ROEMHILDT, DU GRAIN : Cantates de l&rsquo;Avent</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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