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	<title>Istanbul - Ville - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Istanbul - Ville - Forum Opéra</title>
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		<title>10e Leyla Gencer Vocal Competition — Istanbul</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Oct 2024 05:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le soleil se couche sur le Bosphore, révélant à contre-jour la silhouette de Sainte-Sophie et parant de reflets dorés les fenêtres des bâtiments situés sur la rive asiatique d’Istanbul. C’est là qu’il y a seize ans ont été dispersées les cendres de Leyla Gencer, dans les eaux du Bosphore près desquelles elle est née. Celle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le soleil se couche sur le Bosphore, révélant à contre-jour la silhouette de Sainte-Sophie et parant de reflets dorés les fenêtres des bâtiments situés sur la rive asiatique d’Istanbul. C’est là qu’il y a seize ans ont été dispersées les cendres de Leyla Gencer, dans les eaux du Bosphore près desquelles elle est née. Celle qui fut l’une des plus grandes interprètes du XXe siècle, surnommée la « fiancée des pirates » car hélas fort peu appelée à enregistrer dans les studios d’enregistrement, consacra la deuxième moitié de sa vie à l’enseignement et à la transmission de son art, qui alliait une technique belcantiste hors pair à un instinct dramatique incandescent.</p>
<p>Après avoir dirigé l’Accademia Teatro alla Scala, une école de jeunes chanteurs à Milan, elle appela de ses vœux la création d’un concours de chant lyrique en Turquie. La première édition de la « Leyla Gencer Voice Competition » eut lieu en 1995. La compétition révéla de nombreux chanteurs, comme Marcelo Álvarez, Pretty Yende, Nino Machaidze ou bien encore Anita Rachvelishvili (troisième prix en 2008 !). Elle est aujourd’hui chapeautée par la Fondation d’Istanbul pour la Culture et les Arts, le Borusan Sanat et l’Accademia Teatro alla Scala. Pour la dixième édition de la compétition, le président du jury est Stéphane Lissner, surintendant du Teatro San Carlo de Naples, entouré de deux chanteurs et de personnalités représentant diverses maisons d’opéra (le Deutsche Oper, la Scala, le Royal Opera House et l’Opéra de Tbilissi).</p>
<p>Après avoir épluché la centaine de candidatures reçues cette année, le jury a appelé 42 jeunes chanteurs et chanteuses à se rendre aux quarts de finale pour être entendus <em>dal vivo</em>. Venait ensuite l’étape de la demi-finale, au terme de laquelle 8 chanteurs ont été choisis – cinq sopranos, une mezzo, un baryton et une basse – pour présenter un air devant le jury et un public venu nombreux ce soir-là au Cemal Reşit Rey Concert Hall.</p>
<p>L&rsquo;ordre de passage suivant l&rsquo;ordre alphabétique, c&rsquo;est à la soprano mexicaine <strong>Fernanda Allande</strong> que revient la difficile tâche d’inaugurer la finale de la compétition, avec l’air de <em>Thaïs</em> «&nbsp;Dis-moi que je suis belle&nbsp;». Le matériau vocal est assez impressionnant, le timbre riche, la tessiture maîtrisée, mais elle masque difficilement une anxiété bien compréhensible : la tenue de la ligne s’en ressent et le jeu est affecté. Ses mérites ont tout de même été salués par le jury, qui lui décerne le prix spécial du «&nbsp;Royal Opera House Jette Parker Young Artists Programme&nbsp;».</p>
<p>Lui succède ensuite le belge <strong>Leander Carlier</strong>, le plus jeune chanteur de cette finale, avec l’air de <em>Die tote Stadt</em> « Mein Sehnen, mein Wähnen », choix original si on le compare aux autres airs chantés ce soir-là. Le timbre est celui d’un baryton, mais les graves sont assez peu étoffés, tandis que les aigus sonnent clairs et solides. Son interprétation témoigne par ailleurs d’une musicalité rare : le chanteur colore sa voix de pudiques demi-teintes et conduit son phrasé avec une élégance infinie. Ce moment délicat et suspendu ne semble pas avoir marqué le jury, qui ne lui accorde aucun prix, hélas. On peut se demander s’il ne pourrait pas s’épanouir plus amplement dans le domaine de la mélodie et du Lied, mais une telle finesse est précieuse aussi dans le répertoire opératique.</p>
<p>Seule autre interprète à repartir bredouille de la compétition, <strong>Anna Erokhina</strong> possède une voix de mezzo qui a tendance à s’acidifier dans les aigus, avec une émission pharyngée pas toujours plaisante. Son interprétation de « O mio Fernando », extrait de la version italienne de <em>La Favorite</em> de Donizetti, ne manque pas de caractère, mais le rendu est stylistiquement peu orthodoxe, ce qui a pu déplaire au jury. Les graves sont cependant émis d’une voix de poitrine bien projetée et péremptoire, ce qui laisse penser que des rôles avec un centre de gravité bas pourrait mieux lui convenir.</p>
<p>La soprano géorgienne<strong> Anna Imedashvili </strong>présente, dans l’air extrait <em>d’Un ballo in maschera</em> « Ecco l’orrido campo », une voix plutôt voilée, avec une palette de couleurs assez limitée et peu de variations dynamiques. L’artiste est cependant très émouvante, d’une belle stature, ce qui lui permet de remporter malgré tout le prix spécial de l’Opéra de Tbilissi.</p>
<p>Accueillie par les membres d’un fan club venus nombreux, la soprano turque <strong>Nazlıcan Karakaş</strong> est ici chez elle et c’est avec un aisance non dissimulée qu’elle entame la valse de Juliette issue du <em>Roméo et Juliette</em> de Gounod. Le timbre est charmant, fruité, mais le chant manque de soutien, ce qui donne l’impression qu’elle chante souvent trop bas. Chaque effet vocal est annoncé au public avec une complicité évidente et l’interprétation est vivifiée par son air espiègle, ce qui donne une grande fraîcheur au personnage de Juliette. Sans surprise, elle reçoit le prix du public, mais aussi le deuxième prix du jury, ce qui nous étonne personnellement, mais la décision d’un jury, comme les avis d’un critique, reste amplement subjective.</p>
<p>Les trois derniers interprètes sont justement, pour nous, des révélations. <strong>Maria Knihnytska</strong>, d’abord, soprano ukrainienne de 29 ans qui a toutes les qualités possibles : un timbre séduisant, une présence scénique remarquable, un art du legato consommé et une technique qui lui permet de colorer élégamment son interprétation de « So anch&rsquo;io la virtù magica ». Cet air virtuose et difficile de Donizetti est exécuté, nonobstant les trilles absents, d’une manière proche de l’idéal, d’autant plus que l’interprète incarne son personnage des pieds à la tête. Elle n’obtient que le troisième prix du jury, mais elle est assurément une chanteuse à suivre de près !</p>
<p>Récompensé par plusieurs prix – le prix spécial du Deutsche Oper, le prix spécial de l’orchestre Borusan et surtout le premier prix du jury – <strong>HuanHong Li</strong> est une basse chinoise impressionnante. Il déploie dans l’air de la calomnie du <em>Barbier de Séville</em> une voix riche et ample, solide sur l’ensemble de la tessiture. Ses mimiques faciales sont un peu exagérées pour illustrer la fourberie de Basilio, mais cela fait partie des attendus qui comblent le public. Après avoir reçu le premier prix, il est invité à bisser son air, où il se révèle encore plus à l’aise, maîtrisant superbement son instrument, jusqu’à un aigu final interpolé qui finit de mettre la salle en délire.</p>
<p>Enfin, c’est à la soprano mexicaine <strong>Jennifer Mariel Velasco</strong> de s’avancer, habitée, avant même de chanter, d’une charge émotionnelle renversante. La voix n’est pas des plus belle, car le vibrato est vraiment très présent, mais elle sait conduire son instrument là où elle l’entend et sa version de l’Hymne à la lune de <em>Rusalka</em> est l’une des plus sensibles qu’on puisse imaginer. Avec elle, on a l’impression de comprendre le tchèque, tant elle est pénétrée de la situation du personnage et impose sa présence frémissante. Alors qu’elle devait repartir sans récompense, Stéphane Lissner crée pour elle un prix surprise, le prix spécial du Teatro San Carlo, pour l’inviter à venir chanter un récital à Naples. Grâce lui soit rendue, car de telles personnalités artistiques sont rares et méritent d’être connues.</p>
<p>Le <strong>Borusan Istanbul Philharmonic Orchestra</strong> n’a rien à envier aux phalanges les plus réputées et peut faire valoir ses qualités dans deux morceaux orchestraux, l’Intermezzo de <em>Manon Lescaut</em> de Puccini et la Sinfonia de <em>La forza del destino</em> de Verdi. Les instrumentistes jouent avec un enthousiasme visible et plusieurs solistes impressionnent, notamment parmi les bois. <strong>Pietro Mianiti</strong>, un de leurs directeurs musicaux, dirige l&rsquo;ensemble de la soirée avec beaucoup de probité mais sa battue se fait parfois trop lente.</p>
<p>Cette soirée pleine de promesses se referme sur la remise des prix, accueillie par un public exalté et comportant de nombreux spectateurs jeunes, ce qui laisse beaucoup d&rsquo;espoir sur l&rsquo;avenir de l&rsquo;opéra en Turquie et ailleurs, tant du côté des chanteurs que du public. C&rsquo;est à cela que nous invite les compétitions de « voix nouvelles » ou de « jeunes voix » : l&rsquo;espérance d&rsquo;une continuité artistique et d&rsquo;une communion renouvelée autour de cette forme d&rsquo;art plutôt tournée vers le passé mais qui peut aussi être une promesse d&rsquo;avenir.</p>
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		<title>Recital Joyce DiDonato &#8211; Istanbul</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-joyce-didonato-istanbul/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Mar 2024 06:35:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lorsqu’ils sont à court d’idées ou d’inspiration, les journalistes recourent parfois à des questions standardisées, mais néanmoins efficaces – c’est ce qui fait leur force&#160;: chantez-vous sous la douche&#160;? Quel livre/enregistrement/œuvre d’art/… emporteriez-vous sur une île déserte&#160;? Avec quel auteur/compositeur/… décédé aimeriez-vous partager un repas&#160;? Ces questions ont un avantage certain&#160;: elles ne sont pas &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsqu’ils sont à court d’idées ou d’inspiration, les journalistes recourent parfois à des questions standardisées, mais néanmoins efficaces – c’est ce qui fait leur force&nbsp;: chantez-vous sous la douche&nbsp;? Quel livre/enregistrement/œuvre d’art/… emporteriez-vous sur une île déserte&nbsp;? Avec quel auteur/compositeur/… décédé aimeriez-vous partager un repas&nbsp;? Ces questions ont un avantage certain&nbsp;: elles ne sont pas inattendues mais, pourtant, donnent le sentiment au lecteur d’accéder à une part d’intimité. Le critique – ce personnage bizarre au statut ambigu – est bien là pour donner son avis (émettre sa «&nbsp;critique&nbsp;») et, pourtant, l’on attend de lui une objectivité certaine ou, du moins, des arguments permettant à son avis de prétendre à l’universalité (ce critique est donc sans doute kantien). Idéalement, une critique pertinente – ou, du moins, honnête – devrait faire droit à ces deux exigences et concilier le subjectif et l’objectif. Livrons nous à l’exercice.</p>
<p>Quelle(s) pièce(s) emporterais-je sur une île déserte&nbsp;? «&nbsp;Le spectre de la rose&nbsp;» (Berlioz, <em>Les nuits d’été</em>) et «&nbsp;Wiegenlied&nbsp;» (R. Strauss).</p>
<p>Quelle chanteuse me touche au plus profond par son seul timbre, indépendamment de toute interprétation&nbsp;? Joyce DiDonato.</p>
<p>Le lecteur sait maintenant à quoi s’en tenir&nbsp;: l’objectivité du critique est, au mieux, un idéal et, au pire, une supercherie. Mais c’est d’art lyrique que nous parlons – d’art lyrique mais aussi d’émotions et de ressentis – et c’est donc depuis un fauteuil particulier que nous écrivons. Si l’on veut que la critique garde un sens, il suffit d’admettre qu’elle est toujours située.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/bipo_3_21_24_11-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-158791"/></figure>


<p>Ces précautions méthodologiques posées, venons-en à la prestation qui nous occupe. Articulé autour de pièces de Berlioz et Richard Strauss, le programme du récital donné par <strong>Joyce DiDonato</strong> et le <strong>Borusan International Philharmonic Orchestra</strong>, dirigé par <strong>Carlo Tenan</strong>, tire sa cohérence de ces deux compositeurs et, sans doute plus fondamentalement, du rapport affectif de l’interprète aux pièces choisies. Les <em>Lieder</em> et autres airs sont en effet extraits des cycles (ou des opéras)  dans lesquels ils s’inscrivent, ce qui ne dessert nullement l’homogénéité du propos. Les pièces sont connues, certaines ont d’ailleurs déjà fait l’objet d’enregistrements, et l’on s’étonne dès lors de voir la chanteuse souvent rivée à ses partitions. Mais c’est ce que nous entendons qui importe.</p>
<p>Le Borusan International Philharmonic Orchestra ouvre le programme par la « Marche hongroise » de <em>La Damnation de Faust</em>. Le ton est martial, comme il se doit, mais manque néanmoins d’une souplesse qui amènerait davantage de mouvement (imagine-t-on une marche figée ?). Les cuivres sont lumineux et les cordes puissantes et homogènes. D’emblée, l’on entend un orchestre engagé et dynamique – incisif même dans la « Grande fête chez Capulet ».</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/bipo_3_21_24_02-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-158789"/></figure>


<p>Le premier air de la mezzo, «&nbsp;Premiers transports que nul n’oublie&nbsp;» (Berlioz, <em>Roméo et Juliette</em>), est un condensé d’émotions&nbsp;: quelques arpèges de harpe et une première phrase menée d’un seul souffle dans un <em>legato</em> parfait suffisent à exprimer la maîtrise d’une interprète accomplie. On connaît son timbre&nbsp;: rond, velouté, enveloppant et même caressant. La projection est naturelle et le souffle, jamais pris en défaut, toujours au service de la phrase. D’une manière générale, toutefois, les fins de phrases amenées en decrescendo pourraient être mieux menées à leur terme. Le «&nbsp;D’amour l’ardente flamme&nbsp;» (Berlioz, <em>La Damnation de Faust</em>) déçoit un peu, peut-être parce que la magie du timbre n’opère plus aussi intensément. L’investissement dans le texte est moins abouti et les graves atteignent leurs limites, amenant la chanteuse à «&nbsp;poitriner&nbsp;» certaines notes. Le dialogue avec le cor anglais est superbement mené et son «&nbsp;dans ce baiser d’amour&nbsp;», presque chuchoté à la fin, est un instant fugitif mais sublime.</p>
<p>«&nbsp;Le spectre de la rose&nbsp;» (Berlioz, <em>Les nuits d’été</em>) clôt la première partie. Ici, les graves sont larges, pleins, somptueux et toujours lumineux (au regard de la pièce qui précède, ils sont amenés très différemment). On relève quelques défauts de prononciation qui étonnent quand on connaît la qualité habituelle des interprétations de la mezzo (des sons comme le «&nbsp;ou&nbsp;» de «&nbsp;tout&nbsp;» ou «&nbsp;ui&nbsp;» de «&nbsp;suis&nbsp;» sont fondus en une longue voyelle américanisante) – sans doute s’agit-il d’inattention et d’un petit manque de préparation. Mais, au-delà de ces commentaires techniques sans grand intérêt, il importe d’abord de souligner l’investissement d’une interprète au sens plein du terme. Joyce DiDonato vit ce qu’elle chante, et si une voyelle dissidente traîne encore, il est évident qu’elle a une compréhension parfaite de son texte et qu’elle rend les émotions qu’il demande avec une justesse absolue.</p>
<p>L’orchestre ouvre vaillamment la seconde partie du récital avec la suite de <em>Der Rosenkavalier</em> (R. Strauss). Le défi est d’envergure, tant par la longueur de la pièce, que par sa difficulté évidente d’interprétation. Défi globalement relevé, avec une pointe adéquate de pathos maîtrisé. Les transitions pourraient toutefois être amenées de manière moins abrupte et plus fluide (ce qui est d’une difficulté redoutable dans cette musique où tout n’est que retenue et relâchement).</p>
<p>Dans le «&nbsp;Wiegenlied&nbsp;» (R. Strauss), on regrette un orchestre trop présent, là où son intervention devrait rester diaphane. Le parti-pris semble avoir été de proposer une interprétation exploitant le côté sombre du <em>lied</em>. Cela peut surprendre mais se comprend dès lors que l’on admet qu’il ne s’agit pas seulement d’amour, mais peut-être aussi de mort&nbsp;: «&nbsp;da die Blume seiner Liebe diese Welt zum Himmel mir gemacht&nbsp;». Le «&nbsp;Muttertändelei&nbsp;» (R. Strauss) est léger mais les petites vocalises qu’il contient auraient pu être mieux dirigées, ce qui aurait sans doute évité certains assombrissements de la voix. «&nbsp;Morgen&nbsp;» puis «&nbsp;Zueignung&nbsp;» (R. Strauss) clôturent le récital par une démonstration de maîtrise vocale et interprétative exemplaire.</p>
<p>Au terme de l’écriture de ce texte, il semble que le partage objectif-subjectif renvoie à un partage technique-émotions. C’est que l’exercice demande à être encore affiné. Quoi qu’il en soit, à l’opéra, ce sont les émotions qui importent.&nbsp;</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-joyce-didonato-istanbul/">Recital Joyce DiDonato &#8211; Istanbul</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Angela Gheorghiu dans Tosca : l&#8217;envers du décor</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/angela-gheorghiu-dans-tosca-lenvers-du-decor/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Jul 2022 10:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Inventorié en début d’année par Jean Michel Pennetier, le saut de la mort de Tosca fait partie de ces moments que l’amateur d’opéra attend avec un frisson non dénué de sadisme. Sur Twitter, Angela Georghiu partage une vidéo de la scène culte captée de la coulisse le 20 juillet dernier à Istanbul. Autour d’un matelas, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="/actu/lai-je-bien-descendu-dix-sauts-de-la-mort-de-tosca">Inventorié en début d’année par Jean Michel Pennetier</a>, le saut de la mort de Tosca fait partie de ces moments que l’amateur d’opéra attend avec un frisson non dénué de sadisme. Sur Twitter, <strong>Angela Georghiu</strong> partage une vidéo de la scène culte captée de la coulisse le 20 juillet dernier à Istanbul. Autour d’un matelas, embusqués derrière le décor, les machinistes attendent que la soprano se jette dans le vide. L’appréhension est lisible sur les visages. C’est que l’exercice n’est pas sans risque. <strong>Renata Tebaldi</strong> s’y cassa la jambe. <strong>Zinka Milanov</strong>, une des grandes titulaires du rôle qui voyait d’un mauvais œil sa cadette mordre ses plates-bandes, excipa alors de l&rsquo;accident pour persifler : « J’ai toujours su qu’elle n’était pas capable de chanter Tosca ! ». Angela Gheorghiu, elle, n&rsquo;a heureusement pas raté sa chute. </p>
<blockquote class="twitter-tweet">
<p dir="ltr" lang="en" xml:lang="en">O Scarpia, avanti a Dio&#8230; different perspective at the end of a very intense and emotional performance a few days ago  <a href="https://t.co/0bTHIPQkxs">pic.twitter.com/0bTHIPQkxs</a></p>
<p>	— Angela Gheorghiu (@angelagheorghiu) <a href="https://twitter.com/angelagheorghiu/status/1551222705743175681?ref_src=twsrc%5Etfw">July 24, 2022</a></p>
</blockquote>
<p><script async="" src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
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		<item>
		<title>Dans l&#8217;intimité de Leyla Gencer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/dans-lintimite-de-leyla-gencer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Oct 2018 16:58:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A Milan, l’exposition dédiée à Leyla Gencer à l’occasion du dixième anniversaire de sa mort, signalée ici-même par Laurent Bury, évoquait la vie publique de la cantatrice à partir de documents, costumes et photographies, relatifs à sa longue présence à la Scala. A Istanbul, c’est une autre approche qui a été choisie par IKSV, qui &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A Milan, l’exposition dédiée à Leyla Gencer à l’occasion du dixième anniversaire de sa mort, <a href="https://www.forumopera.com/breve/lhommage-de-la-scala-a-leyla-gencer">signalée ici-même par Laurent Bury</a>, évoquait la vie publique de la cantatrice à partir de documents, costumes et photographies, relatifs à sa longue présence à la Scala. A Istanbul, c’est une autre approche qui a été choisie par IKSV, qui l&rsquo;organise. Dans les locaux de la Fondation Borusan pour les arts et la culture, sur la rue de l’Istiqlal, l’artère chic et branchée de la ville dans le quartier de Pera, c’est une Leyla Gencer intime qu’il est permis d’approcher. Bien sûr des extraits de captations vidéo et d’enregistrement restituent l’image et le son qui font revivre l’artiste lyrique. Mais les photographies la montrant enfant, avec sa famille, ou jeune femme au regard grave qui semble plongée dans une méditation mystérieuse, nous la rendent plus proche. A créer cette impression participent quelques meubles personnels : le piano droit sur lequel reposent des partitions reliées, celle ouverte au-dessus du clavier, chargée d’annotations, et le grand fauteuil avec son pouf assorti où elle devait s’asseoir et allonger ses jambes. Un lampadaire le surplombe, et sur un guéridon voisin quelques livres entassés témoignent des lectures de Leyla Gencer. Ils sont tous en français et remontent peut-être à son adolescence, quand elle s’éprenait de la tragédie française et de l’alexandrin. Est-on à la source intime de la noblesse qu’elle sut donner à ses rôles ? Cette empreinte sur les coussins, est-ce la sienne ? On ferme les yeux et on ne serait pas surpris en les rouvrant de découvrir les siens, si profonds, en train de nous sonder. Si l’exposition de Milan s’adressait à la mémoire, celle d’Istanbul s’adresse à notre cœur. Accessible jusqu’au 10 octobre.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Ezgi Karakaya, premier prix de la 9e Leyla Gencer Voice Competition</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/ezgi-karakaya-premier-prix-de-la-9e-leyla-gencer-voice-competition/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Sep 2018 06:25:43 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/ezgi-karakaya-premier-prix-de-la-9e-leyla-gencer-voice-competition/</guid>

					<description><![CDATA[<p>A l’issue de la 9e édition du Concours de chant Leyla Gencer, dont les finales publiques ont eu lieu les 26 et 28 septembre à l’Opéra Süreyya et au Centre de congrès Lütfi Kirdar, le jury présidé par Renato Bruson a décerné son premier prix à la mezzo-soprano turque Ezgi Karakaya. La mezzo-soprano allemande Anna &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="margin: 0px 0px 10.66px;">A l’issue de la 9e édition du Concours de chant Leyla Gencer, dont les finales publiques ont eu lieu les 26 et 28 septembre à l’Opéra Süreyya et au Centre de congrès Lütfi Kirdar, le jury présidé par <strong>Renato Bruson </strong>a décerné son premier prix à la mezzo-soprano turque <strong>Ezgi Karakaya</strong>. La mezzo-soprano allemande<strong> Anna Doris Capitelli </strong>et le ténor polonais <strong>Piotr Buszewski</strong> reçoivent respectivement le 2e et 3e prix. Compte rendu détaillé prochainement.</p>
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		<title>9e Concours international de Chant Leyla Gencer — Istanbul</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/9e-concours-international-de-chant-leyla-gencer-istanbul-voix-nouvelles-en-turquie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Sep 2018 07:58:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Soirée de gala, c’est en ces termes que la finale du Concours de chant  Leyla Gencer était annoncée. Dix ans après la disparition de la cantatrice, Istanbul célèbre avec la même ferveur sa mémoire en maintenant, en dépit d’aléas divers, la compétition qu’elle avait voulue. Créé de son vivant, ce concours a couronné des noms &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Soirée de gala, c’est en ces termes que la finale du Concours de chant  Leyla Gencer était annoncée. Dix ans après la disparition de la cantatrice, Istanbul célèbre avec la même ferveur sa mémoire en maintenant, en dépit d’aléas divers, la compétition qu’elle avait voulue. Créé de son vivant, ce concours a couronné des noms devenus fameux, comme Marcello Alvarez, Anita Rachvelishvili ou encore Pretty Yende. Cette neuvième édition, sous le patronage conjoint de l’ <strong>IKSV</strong> (Fondation d’Istanbul pour la Culture et les Arts), de<strong> Borusan Sanat</strong> et de <strong>l’Accademia de la Scala</strong> de Milan, où Leyla Gencer régna après son retrait des scènes, s’est déroulée au Centre des Congrès Lütfi Kirdar d’Istanbul. Sans faire le plein des mille places, la manifestation avait néanmoins attiré un public dense, attentif et passionné, où les jeunes étaient nombreux et qui sut, au moment du palmarès, exprimer son enthousiasme.</p>
<p>Animée avec une sobre énergie par l’acteur <strong>Halit Ergenç</strong>, personnalité très populaire en particulier à Istanbul, la soirée commence, après un hommage à Leyla Gencer, dont une image trône au-dessus de la scène, par l’exécution de l’ouverture de <em>Guillaume Tell</em>, en mémoire de Rossini pour le cent-cinquantième anniversaire de sa mort. L’orchestre  philharmonique de la Fondation Borusan d’Istanbul est placé sous la direction de <strong>Pietro Mianiti</strong>, violoniste de formation, qui enseigne la direction d’orchestre à l’Accademia de la Scala. Est-ce la jeunesse de la majorité des musiciens qui l’incite à adopter d’abord un tempo qui nous semble bien lent ?  En tout cas l’orchestre répond avec justesse et précision, et ces atouts se maintiendront tout au long du concert, quelle que soit la pièce jouée. L’ouverture <em>d’Attila </em>donnée en prélude à la lecture du palmarès confirmera la qualité des instrumentistes, parmi lesquels un nombre important de musiciennes.</p>
<p>Neuf candidats sont parvenus en finale. La Sud-Coréenne <strong>So Young Park </strong>ne figurera pas au palmarès, et pourtant sa Marguerite, dans l’air des bijoux de <em>Faust, </em>révèle une voix souple, un timbre agréable et une extension suffisante. En outre le français est largement compréhensible et l’interprétation d’une sobriété conforme à l’innocence du personnage. Lui succède <strong>Sara Rossini</strong>, Italienne qui chante l’air d’entrée d’Amelia « Come in quest’ora bruna » tiré de <em>Simon Boccanegra. </em>L’interprétation est sensible, la voix souple et bien tenue, mais l’expression de la marée interne que le spectacle de la mer éveille chez le personnage manque de force. Pourquoi <strong>Chiara Tirotta, </strong>dont le rondo d’Angelina tiré de <em>la Cenerentola</em> nous a séduit, n’est-elle pas primée ? La couleur du timbre, la souplesse, la qualité des agilités, celle des vocalises, le choix des ornements, autant d’indices qui indiquaient pourtant une interprète qui chante pour faire de la musique et non un numéro acrobatique. </p>
<p>Leur succède <strong>Selin Uzun, </strong>dont le « Si, mi chiamano Mimi » est charmant malgré un timbre un peu anonyme, mais dont la voix menue ne passe aussi bien que d&rsquo;autres, alors que l’orchestre est retenu au maximum. Puis vient le tour de <strong>Piotr Buszewski</strong>, dans « La donna è mobile ». La voix est claire, assez ferme, les aigus attendus sont là, mais l’interprétation manque de relief, d’accents, d’ironie, et son troisième prix nous laissera perplexe ; selon une confidence d’un membre du jury, c’est la régularité de ses prestations qui le lui aurait valu. En dépit de son nom, <strong>Anna Doris Capitelli </strong>représente l’Allemagne ; elle remportera le deuxième prix, en présentant la cavatine de Rosine, « Una voce poco fà » dans une interprétation qui a séduit certains collègues mais qui nous a semblé manquer un peu de fraîcheur, tant le souci de composer était perceptible. Le timbre ne nous a pas subjugué mais la voix semble bien homogène.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/final_22_egzi_karakaya.jpg?itok=HcfLYIGA" title="Ezgi Karakaya brandit le prix que vient de lui remettre Renato Bruson © dr" width="468" /><br />
	Ezgi Karakaya brandit le prix que vient de lui remettre Renato Bruson © dr</p>
<p>Les trois derniers chanteurs sont Turcs. <strong>Ezgi Karakaya, </strong>dès qu’elle entame « O mio Fernando » de la version italienne de <em>La Favorite</em>, révèle un tempérament expressif  qui donne à son chant, qui affronte les sauts de registre sans rien perdre de sa fermeté et de son homogénéité, une présence communicative. Elle respire l’exaltation sentimentale de la femme désespérée sans verser dans l’outrance, exercice difficile où excellait Leyla Gencer, donizettienne majeure. C’est fort beau et cela le sera davantage encore quand, après avoir reçu le Premier prix, le prix spécial décerné par l’orchestre et le prix du public, qui avait pu voter pendant la délibération du jury, elle bissera son air. Avant ce moment de triomphe, nous aurons entendu le baryton <strong>Faik Mansuroglu </strong>dans l’air de Renato « Eri tu che macchiavi quell’anima » tiré de <em>Un ballo in maschera </em>; l’émission est très contrôlée mais quelques sons viennent dans les joues et surtout une tension peu agréable se perçoit dans la zone aigüe. C’est dommage car les intentions expressives sont justes et il se verra décerner le prix spécial du Programme Jette Parker pour les jeunes artistes du Royal Opera House. Dernier concurrent, le baryton-basse <strong>Doğukan Özkan</strong><strong> </strong>se lance dans « Ombra di mia prosapia » extrait de <em>La Gioconda. </em>Même si l’interprétation nous semble manquer de présence, la couleur de la voix et la justesse des intentions sont notables et il remporte le prix spécial créé par le Deutsch Oper de Berlin, avec un engagement à la clé.</p>
<p>Faut-il le dire ? Le palmarès, où les chanteurs locaux se font la part belle, déchaîne l’enthousiasme. Mais au-delà d’un chauvinisme possible, voire probable, ce sont bien des manifestations d’amour pour une forme d’expression artistique que d’aucuns en Turquie pourraient considérer d’un mauvais œil, comme antipatriotique. Peut-être au fond des ovations adressées à Renato Bruson lors de la remise des prix flottait chez quelques têtes chenues la nostalgie de Leyla Gencer, dont il fut souvent le partenaire. Mais les manifestations de joie les plus bruyantes émanaient des plus jeunes, si attentifs et si présents. N’y a-t-il pas de quoi être optimiste sur l’avenir de l’art lyrique en Turquie ? Leyla Gencer disparue, son œuvre continue. Grâces soient rendues aux fidèles qui la perpétuent, et en particulier au mécénat de la Fondation Borusan pour les arts.</p>
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		<title>Leyla Gencer fêtée en son pays</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/leyla-gencer-fetee-en-son-pays/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Sep 2018 09:00:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir été honorée à la Scala de Milan, Leyla Gencer sera fêtée ce mois-ci dans son pays natal. La Fondation stambouliote pour la culture et les arts (IKSV), dont elle fut la présidente jusqu’à son décès il y a dix ans, proposera la 9e édition du Concours de chant Leyla Gencer, dont les finales &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir été <a href="https://www.forumopera.com/breve/lhommage-de-la-scala-a-leyla-gencer">honorée à la Scala de Milan</a>,<strong> Leyla Gencer </strong>sera fêtée ce mois-ci dans son pays natal. La Fondation stambouliote pour la culture et les arts (IKSV), dont elle fut la présidente jusqu’à son décès il y a dix ans, proposera la 9<sup>e</sup> édition du Concours de chant Leyla Gencer, dont les finales publiques auront lieu les 26 et 28 septembre à l’Opéra Süreyya et au Centre de congrès Lütfi Kirdar. Les différents prix seront décernés par le jury que préside Renato Bruson (plus d&rsquo;informations sur le <a href="http://www.leylagencer.org/en">site du concours</a>). Par ailleurs, une exposition intitulée « Leyla Gencer : Primadonna and Solitude », ouvrira mardi 11 septembre à la Borusan Music House (jusqu’au 10 octobre), et l’IKSV annonce la sortie, d’ici la fin de l’année, d’un documentaire commandé pour rendre hommage à « la Diva turque ». </p>
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		<title>Deux nouveaux prix pour la Leyla Gencer Voice Competition</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/deux-nouveaux-prix-pour-la-leyla-gencer-voice-competition/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Apr 2018 14:33:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Organisée tous les trois ans à Istanbul et dédiée – comme son nom l’indique – à la diva turque, Leyla Gencer (1928-2008), la Leyla Gencer Voice Competition ajoute cette année deux prix à son palmarès, l’un décernée par le Deutsche Oper Berlin, qui consiste en un rôle dans une de ses productions, l’autre par le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Organisée tous les trois ans à Istanbul et dédiée – comme son nom l’indique – à la diva turque, <strong>Leyla Gencer </strong>(1928-2008), la <a href="https://www.forumopera.com/actu/sur-les-pas-de-leyla-gencer">Leyla Gencer Voice Competition</a> ajoute cette année deux prix à son palmarès, l’un décernée par le Deutsche Oper Berlin, qui consiste en un rôle dans une de ses productions, l’autre par le Royal Opera House, qui offre cinq séances de coaching et une audition pour le programme Jette Parker Young Artists. Les épreuves finales de cette 9<sup>e</sup> édition, présidée par <strong>Renato Bruson</strong>, se dérouleront du 23 au 28 septembre 2018. Le dépôt des candidatures est ouvert jusqu’au mercredi 18 avril. Plus d’informations sur <a href="http://www.leylagencer.org/tr/anasayfa">leylagencer.org</a> et <a href="http://www.facebook.com/leylagencersanyarismasi">www.facebook.com/leylagencersanyarismasi</a>.</p>
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		<title>Sur les pas de Leyla Gencer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/sur-les-pas-de-leyla-gencer/</link>
					<comments>https://www.forumopera.com/sur-les-pas-de-leyla-gencer/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Sep 2012 15:23:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi un reportage sur la septième Leyla Gencer voice competition ? Parce que le concours compte à son palmarès plusieurs lauréats prestigieux : Marcelo Alvarez, Nino Machaidze , Pretty Yende&#8230; ? Parce que jeudi dernier, 20 septembre, la gagnante du premier prix, Fatma Said a conquis le public autant que le jury ? Parce que &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi un reportage sur la septième Leyla Gencer voice competition ? Parce que le concours compte à son palmarès plusieurs lauréats prestigieux : Marcelo Alvarez, Nino Machaidze , Pretty Yende&#8230; ? Parce que jeudi dernier, 20 septembre, la gagnante du premier prix, Fatma Said a conquis le public autant que le jury ? Parce que Mirella Freni présidait cette nouvelle édition ? Oui, mais pas seulement.</p>
<p>	<strong>Au commencement était l’IKSV&#8230;</strong></p>
<p>	Organisée pour la première fois en 1995, la Leyla Gencer Voice Competition doit son existence, comme son nom l&rsquo;indique, à la fameuse soprano turque, baptisée « fiancée des pirates » pour avoir été honteusement négligée par les plus grands labels discographiques. Les mélomanes, moins ingrats, n&rsquo;ont pas oublié celle qui participa à la renaissance du bel canto romantique dans les années 1960. Son ombre d&rsquo;ailleurs ne cesse de grandir avec le temps et la difficulté de renouer aujourd’hui avec ce répertoire. Elle hante encore, immense, les couloirs de l&rsquo;Istanbul Fondation for Culture and Arts (IKSV). Depuis 1973, année de sa création, cette institution non-gouvernementale à but non lucratif veut offrir au public turc la possibilité d&rsquo;explorer toutes les formes de production artistique et culturelle existantes de par le monde et ainsi, faire d&rsquo;Istanbul un des premiers carrefours internationaux d&rsquo;art et de culture. Un objectif que les ambitions européennes de la Turquie n&rsquo;ont fait que renforcer. La Leyla Gencer vocal competition est un levier parmi les nombreuses manifestations organisées par l&rsquo;IKSV (dont le Istanbul Film Festival, le Istanbul Theatre Festival, le Istanbul Jazz Festival, la Design biennal, etc.). Mais la personnalité de la cantatrice lui confère une dimension émotionnelle supplémentaire, encore perceptible aujourd&rsquo;hui.<br />
	 </p>
<p><img decoding="async" alt="" src="http://forumopera.damienrave.fr/sites/default/files/article/2012-09/Gencer2.jpg" style="height:352px;width:600px" /><br />
	Leyla Gencer Evi © iksv</p>
<p> </p>
<p><strong>Un musée pour Leyla Gencer</strong></p>
<p>	Depuis sa disparition, en 2008, le prénom de Leyla agit ici comme un talisman. L&rsquo;intégralité de sa fortune a été léguée par testament à la fondation qui en a profité pour s&rsquo;installer dans un immeuble art nouveau de Beyoğlu, ce quartier animé situé sur la rive nord de la Corne d’Or. Là, au deuxième étage, Pier Luigi Pizzi a reconstitué l&rsquo;appartement milanais de la diva à partir des meubles et objets lui ayant appartenu. La visite se fait sur rendez-vous, aux heures d&rsquo;ouverture de la Fondation, mais rien n&#8217;empêche de pousser la porte et de tenter sa chance. Les amis de Leyla Gencer sont toujours les bienvenus. Avec un peu de chance, vous rencontrerez Yeşim Gürer Oymak, directrice de la compétition (et de l&rsquo;International Istanbul Music Festival) qui côtoya la diva les deux dernières années de sa vie et aime à parler d&rsquo;elle. Le récit des obsèques de la soprano, dont les cendres furent dispersées en bateau sur le Bosphore conformément à ses dernières volontés, est à la mesure de la personnalité de Leyla Gencer. Le geste, surprenant pour de nombreux musulmans, contribua à la rendre encore plus célèbre. Sa renommée à Istanbul dépasse désormais le cercle des amateurs d&rsquo;opéra. Son musée a accueilli plus de 2000 visiteurs depuis son ouverture en 2010. Accumulation de souvenirs, de livres et de photos, mise en évidence de bibelots chargés chacun de raconter une histoire, souci du détail poussé jusqu&rsquo;à reconstituer dans un capharnaüm théâtral le dressing de la diva : le décor se présente plus viscontien que pizzien. Aussi apocryphe soit la démarche, il flotte dans l&rsquo;atmosphère une présence qui pousse à chuchoter, comme pour ne pas perturber la quiétude étouffante du lieu. En bande son, la voix de Leyla Gencer au sommet de son art, enregistrée dans des conditions supérieures à la moyenne du <em>live</em> ordinaire, ajoute à l&rsquo;impression de sanctuaire. Impossible ici malheureusement de se procurer l&rsquo;un de ces enregistrements. Même en ses murs, la « fiancee des pirates » est trahie par le disque.</p>
<p>
	<strong>L’essor d’une compétition vocale</strong></p>
<p>	Également absents, les ouvrages consacrés à celle que l&rsquo;on présente à Istanbul comme « <em>le plus beau cadeau que la Turquie ait fait au monde de l&rsquo;opéra</em> ». Des deux biographies existantes, l&rsquo;une n&rsquo;est plus éditée, l&rsquo;autre, écrite par Zeynep Oral, qui fut son amie, devrait être traduite prochainement en français, grâce à l&rsquo;intervention de Pierre Bergé, grand admirateurs de la soprano (il l&rsquo;invita plusieurs fois à l&rsquo;Athénée dans les années 1980 avant son retrait définitif des scènes). On y apprend, si on ne le savait pas, que Leyla Gencer consacra les dernières années de sa vie à l&rsquo;enseignement du chant. Dès 1997, elle rejoignait le jury de la compétition vocale qui porte son nom. En 2006, après plusieurs années de balbutiements, dus notamment au tremblement de terre de 1999, l&rsquo;IKSV s&rsquo;associait à l&rsquo;Accademia del Teatro alla Scala, afin d&rsquo;accentuer la dimension internationale de la compétition. De cette édition date l&rsquo;accroissement du nombre de candidats, 164 contre 35 la fois précédente (en 2000). En 2010, le processus de présélection par enregistrement est abandonné au profit d&rsquo;auditions organisées dans plusieurs grandes villes européennes. L&rsquo;édition 2012 s&rsquo;inscrit dans ce schéma avec ses 176 jeunes chanteurs, tous nés après le 20 septembre 1980 ainsi que le postule le règlement, concourant pour emporter l&rsquo;un des cinq trophées mis en jeu : les trois premiers prix, dotés respectivement d&rsquo;une somme de 12.500, 7.500 et 3.500€, auxquels il faut ajouter le prix spécial de l&rsquo;Accademia del Teatro alla Scala (trois mois de formation) et, nouveauté de cette édition, le prix du public sponsorisé par le groupe Doğuş, partenaire officiel de la manifestation depuis 2006.<br />
	 </p>
<p><img decoding="async" alt="" src="http://forumopera.damienrave.fr/sites/default/files/article/2012-09/Gencer3.jpg" style="height:400px;width:600px" /><br />
	Fatma Said, Mirella Freni © iksv</p>
<p>
	<strong>En direct de la septième édition </strong><br />
	 </p>
<p>Seuls 40 des 176 candidats participaient aux ultimes épreuves organisées du 16 au 20 septembre à Istanbul et seuls 9 d&rsquo;entre eux avaient la chance d&rsquo;accéder à la finale, sous forme d&rsquo;un concert public dans l&rsquo;enceinte de Topkapi, à Hagia Irene, une des rares églises de Constantinople que les ottomans ne transformèrent pas en Mosquée lorsqu&rsquo;ils s&#8217;emparèrent de la ville en 1453.<br />
	Dans ce théâtre de brique au volume imposant et à l&rsquo;acoustique dilatée, cinq sopranos, deux mezzo-sopranos, un ténor et un baryton, accompagnés par le Borusan Istanbul Philharmonic Orchestra sous la direction du maestro <strong>Pietro Mianiti</strong>, devaient en un seul air d&rsquo;opéra convaincre à la fois les sept membres du jury, présidé par Mirella Freni, et le public, appelé à voter à l&rsquo;issue du concert. Faut-il y voir la marque de Leyla Gencer ? Sur les neuf arias proposées, trois étaient composées par Donizetti, Korngold, Mozart, Puccini, Leoncavallo, Gounod et Massenet se partageant équitablement le reste du programme. Côté nationalité, avantage à l&rsquo;Est comme souvent aujourd&rsquo;hui dans les compétitions internationales avec six pays représentées &#8211; Turquie, Egypte, Russie, Roumanie, Kazakhstan, Corée du sud &#8211; contre trois à l&rsquo;Ouest &#8211; Italie, Etats-Unis, Brésil.<br />
	Et comme souvent, on constate la difficulté qu&rsquo;ont les chanteurs asiatiques pour transcender leur technique et véhiculer l&rsquo;émotion. On en viendrait presque à douter de leur compréhension du texte. Impossible d&rsquo;ailleurs pour l&rsquo;auditeur francophone de saisir un traitre mot des stances de Sapho interprétées avec beaucoup de concentration par la mezzo-soprano coréenne<strong> Shin Je Bang</strong>. Débarrassée de tout sentiment, la partition de Gounod fait valoir un chant à la ligne assurée et à la longueur impressionnante mais hélas inerte. Même constat pour <strong>Medet Chotabayev</strong> que la rumeur présentait comme un des lauréats potentiels. A trop miser sur le métal sombre de sa voix, le ténor kazakh oublie de nuancer un « lucevan le stelle » qui, privé d&rsquo;intentions, perd l&rsquo;essentiel de son impact. On suppose que <strong>Caner Akgün</strong> doit à ses origines stambouliotes sa présence en finale tant, malgré un aigu affirmé, son « cruda, funesta smania » édenté sonne scolaire. Bien que talentueuses, <strong>Valeria Tornatore</strong> et<strong> Kristina Bikmaeva</strong> nous semblent, elles, victimes de leur choix. La première peine à projeter les notes – trop &#8211; graves que Mozart a glissées dans l’air de Sesto. La seconde fait également fausse route en optant pour l&rsquo;air d&rsquo;entrée de Norina. En l&rsquo;écoutant, ce n&rsquo;est pas à l&rsquo;héroïne de<em> Don Pasquale</em> que l&rsquo;on songe mais à Musetta dans <em>La Bohème</em> de Puccini, qui aurait mieux correspondu à sa vocalité.<br />
	Avec l&rsquo;air de Marietta, extrait de <em>Die Tote Stadt</em>, la soprano roumaine,<strong> Irina Iona Baiant</strong>, a sans doute voulu se démarquer de ses consœurs en privilégiant l&rsquo;intensité à la virtuosité. La chanteuse, malgré sa jeunesse (22 ans), fait montre d&rsquo;une maîtrise du souffle et du son qui auraient dû lui valoir mieux que le prix spécial du jury.<br />
	Dans le trio de tête, on aurait sans hésitation inversé la deuxième position &#8211; <strong>Ludmilla Bauerfeldt</strong> dont le soprano léger parait encore mal aguerri pour venir à bout de « Regnava nel silenzio » &#8211; et la troisième &#8211; <strong>Jessica Rose Cambio</strong>, qui après avoir bien caché son jeu durant les répétitions le matin-même, expose un joli timbre et un indéniable tempérament.<br />
	Premier prix indiscutable en revanche pour <strong>Fatma Said</strong>, distinguée à la fois par le jury et par le public. Cette jeune artiste née au Caire en 1991 et formée à l&rsquo;école de musique Hanss Eisler de Berlin (où elle étudie encore) a plus d&rsquo;un atout dans son sac. Une assurance d&rsquo;abord, surprenante compte tenu de son jeune âge (21 ans), qui tient à la fois de l&rsquo;inconscience et de l&rsquo;effronterie mais qui, combinée à une silhouette gracile, lui donne sur scène une aisance irrésistible. Un timbre ensuite d&rsquo;une fraîcheur revigorante, une souplesse, un suraigu précis et une intelligence dramatique qu&rsquo;elle sait utiliser pour offrir de Manon un portrait aguicheur. Ce potentiel devrait trouver à s&rsquo;épanouir dans Mozart ou, si elle tient à l&rsquo;opéra français, en Leila des<em> Pêcheurs de perles</em> dont elle possède naturellement la grâce ondoyante.</p>
<p> </p>
<p><strong>A Mirella Freni, le mot de la fin</strong><br />
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<p>Pourtant, ce n&rsquo;est pas Fatma Said qui l&#8217;emporte à l&rsquo;applaudimètre mais <strong>Mirella Freni</strong>. Appelée sur scène pour annoncer le palmarès, la légendaire soprano italienne laisse parler son cœur : « <em>je suis très heureuse et très émue d&rsquo;être ici avec vous. Leyla était vraiment une amie très chère et une très grande artiste. Ensemble, nous avons joué, plaisanté, répété et fait tant de choses&#8230; C&rsquo;est elle qui a insisté pour que j&rsquo;entre à l&rsquo;Accademia del Teatro alla Scala afin d&rsquo;accompagner les jeunes chanteurs. Quand nous chantions ensemble, elle me disait : « </em>Mirella, aide-moi si j&rsquo;oublie mon texte<em>« . Une fois, à Vienne, le soir de la première des</em> Nozze di Figaro<em>, &#8211; elle interprétait la Comtesse et moi Suzanna – dans le récitatif avant le duettino, au lieu de dire « canzonetta sull’ aria », elle marque un léger temps d&rsquo;arrêt après « canzonetta » et ajoute « sull&rsquo; erba » ! Déconcertée, elle me regarde et laisse échapper un « bo ! » Sans perdre mon sang-froid, je la regarde à mon tour et j’enchaîne d&rsquo;un air entendu « sull erba… »</em> ».</p>
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<p>Retransmis à la télévision sur Skytürk360, la septième édition de la Leyla Gencer Competition s&rsquo;achève ainsi par un éclat de rire à une heure de grande écoute. On aimerait que le taux d&rsquo;audience, non encore communiqué, soit à la hauteur de l&rsquo;événement et des moyens déployés pour populariser l&rsquo;art lyrique dans un pays qui, on l&rsquo;ignore souvent, compte officiellement six maisons d&rsquo;opéra (Ankara, Istanbul, Izmir, Mersin, Antalya et Samsun). On ne peut s&#8217;empêcher d’y voir la volonté d&rsquo;ancrer la Turquie dans cette Europe qu&rsquo;elle aspire à rejoindre. L&rsquo;opéra, arme politique ? Ce n&rsquo;est pas nouveau mais cela reste d&rsquo;actualité. Preuve au-delà des frontières de la force et de la vitalité d&rsquo;un art que certains ont dit trop vite moribond.</p>
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