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	<title>Laon - Ville - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 17 Oct 2023 15:21:16 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Laon - Ville - Forum Opéra</title>
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		<title>De Janequin à Poulenc / AEDES &#8211; Les Siècles (Festival de Laon) — Laon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/de-janequin-a-poulenc-aedes-les-siecles-festival-de-laon-laon-douceur-de-la-douleur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Rousseau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Sep 2022 04:01:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Retour à Laon ce vendredi 23 septembre. Le curé de la Cathédrale Notre-Dame est toujours aussi heureux de manifester son bonheur d&#8217;accueillir le public surtout qu&#8217;à la différence du concert d&#8217;ouverture, le programme de la soirée est d&#8217;inspiration religieuse et l&#8217;hommage à Notre-Dame explicite avec le Stabat Mater de Poulenc ! François-Xavier Roth a prêté son orchestre Les Siècles au chef de l&#8217;ensemble vocal AEDES, Mathieu &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0.1em">Retour à <a href="https://www.forumopera.com/concert-douverture-du-34e-festival-de-laon-laon-ainsi-chantait-caligula">Laon</a> ce vendredi 23 septembre. Le curé de la Cathédrale Notre-Dame est toujours aussi heureux de manifester son bonheur d&rsquo;accueillir le public surtout qu&rsquo;à la différence du <a href="https://www.forumopera.com/concert-douverture-du-34e-festival-de-laon-laon-ainsi-chantait-caligula">concert d&rsquo;ouverture</a>, le programme de la soirée est d&rsquo;inspiration religieuse et l&rsquo;hommage à Notre-Dame explicite avec le <em>Stabat Mater</em> de Poulenc !</p>
<p>François-Xavier Roth a prêté son orchestre <strong>Les Siècles </strong>au chef de l&rsquo;ensemble vocal <strong>AEDES</strong>, <strong>Mathieu Romano. </strong>Ce dernier a composé un programme qui, sur le papier, paraît fait de bric et de broc (Janequin y côtoie Charles Ives, Gesualdo Rodion Chtchédrine*) et qui se révèle être, au contraire, un magnifique parcours, un chemin de foi : l&rsquo;espoir (Janequin), la désolation (Gesualdo) la confirmation (Pärt), la question sans réponse (Ives), la ferveur (Messiaen) pour culminer dans l&rsquo;éploration du <em>Stabat Mater</em>. </p>
<p><strong>Un chemin de foi</strong></p>
<p>Toutes les pièces sont enchaînées, quasiment sans interruption. Sans ruptures harmoniques d&rsquo;un morceau à l&rsquo;autre, comme s&rsquo;il était naturel de passer de Janequin à Chtchédrine et du Russe à Gesualdo&#8230; Au risque d&rsquo;une certaine uniformité. Les nuances, les accents, pourraient être plus prononcés, les contrastes entre les époques et les styles plus accusés. On peine à distinguer le vieux français de Janequin du russe de <em>L&rsquo;ange scellé </em>puis de l&rsquo;italien de Gesualdo. </p>
<p>Et pourtant, une fois de plus, on tire son chapeau aux chanteurs de l&rsquo;ensemble AEDES – ils sont 32 ce soir – et à leur chef  et fondateur Mathieu Romano. Voici une formation fondée en 2005 capable de s&rsquo;adapter à toutes les situations, tous les contextes, tous les répertoires, avec un égal bonheur. Voici des artistes qui ont depuis longtemps compris qu&rsquo;on peut attirer, intéresser de larges publics par des propositions qui sortent des sentiers battus.</p>
<p>Le programme de ce vendredi à Laon en était la parfaite illustration : rien vraiment de « grand public » (concept ridicule qui n&rsquo;est avancé que par ceux qui ne vont jamais au concert et ignorent ce qu&rsquo;attend précisément le public !), quelques noms plus connus ou familiers que d&rsquo;autres (Messiaen, Poulenc), des enchaînements, audacieux à priori et finalement totalement convaincants à l&rsquo;écoute. Moments magiques que la flûte qui se déploie du fond de l&rsquo;église à la fin du Chtchédrine, ou angoissants comme la trompette qui introduit la « Question sans réponse» de Charles Ives. La présence du soprano fruité de Marianne Croux dans le premier des <em>Poèmes de Mi</em> de Messiaen nous fait regretter la brièveté de l&rsquo;extrait de ce cycle où s&rsquo;illustrèrent naguère Françoise Pollet et Pierre Boulez.</p>
<p><strong>Mater dolorosa</strong></p>
<p>Mais on attend évidemment ce qui va constituer la conclusion et l&rsquo;acmé de ce programme : le <em>Stabat Mater</em> de Poulenc. Lorsque son ami, le peintre et décorateur Christian Bérard (1902-1949), meurt brutalement en 1949, Poulenc songe d&rsquo;abord à un requiem, mais devant la Vierge noire de Rocamadour, celui qui se définissait lui-même comme « moine ou voyou », choisit le texte médiéval du <em>Stabat Mater</em> et compose, en 1950, une œuvre d&rsquo;envergure – la seule de ce type avec le <em>Gloria</em> créé dix ans plus tard – pour soprano solo, chœur et orchestre, en douze parties. </p>
<ol>
<li><em>Stabat mater dolorosa</em> (Très calme) &#8211; Chœur</li>
<li><em>Cujus animam gementem</em> (Allegro molto &#8211; Très violent) &#8211; Chœur</li>
<li><em>O quam tristis</em> (Très lent) &#8211; Chœur a cappella</li>
<li><em>Quæ mœrebat</em> (Andantino) &#8211; Chœur</li>
<li><em>Quis est homo</em> (Allegro molto &#8211; Prestissimo) &#8211; Chœur</li>
<li><em>Vidit suum</em> (Andante) Soprano (ou mezzo-soprano) &#8211; Chœur</li>
<li><em>Eja mater</em> (Allegro) &#8211; Chœur</li>
<li><em>Fac ut ardeat</em> (Maestoso) &#8211; Chœur a cappella</li>
<li><em>Sancta mater</em> (Moderato &#8211; Allegretto) &#8211; Chœur</li>
<li><em>Fac ut portem</em> (Tempo de Sarabande) Soprano &#8211; Chœur</li>
<li><em>Inflammatus et accensus</em> (Animé et très rythmé) &#8211; Chœur</li>
<li><em>Quando corpus </em>(Très calme) Soprano &#8211; Chœur</li>
</ol>
<p>Douze parties qui sont du pur Poulenc, alternance de gravité et de légèreté – la douleur de la mère du Christ n&rsquo;est pas toujours tragique, plutôt révoltée ou contemplative. Marianne Croux fait d&rsquo;autant moins un numéro que le soprano solo n&rsquo;intervient jamais seul. Elle en laisse plus d&rsquo;un au bord de l&rsquo;émotion lorsque s&rsquo;achève ce <em>Stabat mater</em>, sa voix si douce au milieu de celles d&rsquo;un chœur qui se fond dans le silence.</p>
<p>On a pu regretter, dans les épisodes les plus puissants, que le chœur ne soit pas plus nombreux quand l&rsquo;orchestre se déploie, regret vite effacé eu égard à l&rsquo;engagement collectif des interprètes, chanteurs et musiciens, et à la performance du maître d&rsquo;œuvre d&rsquo;un programme exemplaire. </p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/aedes_les_siecles_marianne_croux.jpg?itok=bYc3TlBw" title="La soprano Marianne Croux, Les Siècles et l'ensemble AEDES dirigés par Mathieu Romano (Photo Robert Lefèvre/Festival de Laon)" width="468" /><br />
	La soprano Marianne Croux, Les Siècles et l&rsquo;ensemble AEDES dirigés par Mathieu Romano © Robert Lefèvre/Festival de Laon</p>
<p>Mathieu Romano, pour remercier un public remarquablement attentif et silencieux, offre en bis une chanson de Clément Janequin, les musiciens des Siècles debout se joignant aux chanteurs d&rsquo;Aedes :</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=e6PmzqETnIA" rel="nofollow">https://www.youtube.com/watch?v=e6PmzqETnIA</a></p>
<p>* précision de linguiste : l&rsquo;alphabet russe comporte une lettre – Щ – qui phonétiquement se transcrit en français par 5 lettres chtch !</p>
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			</item>
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		<title>FAURÉ, Caligula — Laon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-douverture-du-34e-festival-de-laon-laon-ainsi-chantait-caligula/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Rousseau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Sep 2022 04:15:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La haute ville est quasiment déserte à moins d&#8217;une heure du concert d&#8217;ouverture du 34e Festival de Laon. La vaste nef de la cathédrale Notre-Dame sera pourtant bien remplie à 19 heures. Oui, 19 heures pour un concert sans entracte qui s&#8217;achèvera avant 20h30 ! Une idée pour les concerts à Paris et dans les &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La haute ville est quasiment déserte à moins d&rsquo;une heure du concert d&rsquo;ouverture du 34e Festival de Laon. La vaste nef de la cathédrale Notre-Dame sera pourtant bien remplie à 19 heures. Oui, 19 heures pour un concert sans entracte qui s&rsquo;achèvera avant 20h30 ! Une idée pour les concerts à Paris et dans les grandes métropoles ?</p>
<p>Pour une fois, les inévitables discours d&rsquo;entrée – le Maire, le président du festival – sonnent juste : il fallait une dose certaine d&rsquo;audace et d&rsquo;inconscience aux fondateurs de la manifestation, à commencer par son infatigable directeur artistique Jean-Michel Verneiges, pour lancer d&rsquo;abord, et surtout maintenir au fil des décennies et des changements électoraux, un festival à l&rsquo;ambition artistique avérée qui rassemble pour des programmes originaux la crème des ensembles vocaux et orchestraux français et prend appui, quasiment dès l&rsquo;origine, sur un partenariat avec Radio France. Cette nouvelle édition ne déroge pas à la règle (voir le programme ci-dessous).</p>
<p>Ce sont justement deux des formations de Radio France, la Maîtrise dirigée par <strong>Sofi Jeannin</strong>, et l&rsquo;Orchestre Philharmonique sous la houlette de son directeur musical <strong>Mikko Franck</strong> que l&rsquo;on retrouvait ce 15 septembre (la veille de leur rentrée parisienne) dans un programme intrigant : deux raretés, un « tube ». </p>
<p><strong>Ainsi parlait Mikko Franck</strong></p>
<p>Commençons par la fin, le tube : une semaine tout juste après avoir entendu le très jeune compatriote de Mikko Franck (43 ans), <strong>Klaus Mäkelä</strong> (26 ans) empoigner le poème symphonique de Richard Strauss <em>Also sprach Zarathustra </em>à la tête de l&rsquo;Orchestre de Paris et en déployer les épisodes parfois bruyants dans la grande salle Pierre Boulez de la Philharmonie, on pouvait se demander ce qu&rsquo;allait donner la même oeuvre (bravo la coordination entre les orchestres parisiens !) dans une acoustique de cathédrale. Et quelle vision en livrerait Mikko Franck qui illustrera sa dilection pour le compositeur bavarois à plusieurs reprises au cours de la saison. On avait gardé un souvenir ébloui des débuts de Mikko Franck à la tête de l&rsquo;orchestre philharmonique de Vienne, en juin 2014, où il dirigeait <em>Till Eulenspiegel </em>et une danse des sept voiles de <em>Salome</em>, vénéneuse à souhait. Mikko Franck tient la bride courte à un orchestre philharmonique de Radio France en grande forme : une fois passé le portique d&rsquo;entrée (on perçoit la rumeur du public qui reconnaît la musique de <em>2001 Odyssée de l&rsquo;espace</em>) d&rsquo;une majesté un rien démonstrative, le chef finnois va privilégier les épisodes chambristes, une narration qui évite les boursouflures d&rsquo;une partition qui n&rsquo;en est pas avare, au risque parfois d&rsquo;en atténuer les contrastes. Là où on est placé, dans les premiers rangs, on est agréablement surpris par le rendu acoustique de ce grand orchestre (dont on a quand même rogné les effectifs de cordes) : la précision, la définition sont au rendez-vous. Les solistes, très sollicités, brillent de tous leurs feux : mention spéciale pour le violoncelle d&rsquo;<strong>Eric Levionnois</strong> et surtout le violon solo du jeune <strong>Nathan Mierdl </strong>(24 ans), qu&rsquo;on avait repéré dans les rangs de l&rsquo;Orchestre national, et qui étrenne ce jeudi sa nouvelle position de premier violon super-soliste de l&rsquo;Orchestre philharmonique de Radio France.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/orchestre_radio_france_festival_de_laon_1.jpeg?itok=oFC2qe5N" title="Mikko Franck dirigeant Ainsi parlait Zarathoustra (Photo François-Xavier Dessirier)" width="468" /></p>
<p><strong>Soulage sans s et avec trio</strong></p>
<p>Avant Richard Strauss, le programme proposait une rareté, dont on n&rsquo;a pas bien perçu le sens, sauf à comprendre que Radio France se doit de faire une plus large place aux compositrices ? Personne autour de moi, ni moi non plus, ne connaissait  le nom de <strong>Marcelle Soulage</strong> (1894-1970), professeur de solfège au conservatoire de Paris durant une vingtaine d&rsquo;années après la Seconde Guerre mondiale. Mais c&rsquo;était une très bonne idée de faire jouer sa <em>Légende</em> op.13, une brève pièce écrite en 1919, et d&rsquo;y faire briller trois magnifiques solistes de l&rsquo;Orchestre philharmonique de Radio France : <strong>Magali Mosnier</strong> à la flûte, <strong>Olivier Doise</strong> au hautbois et <strong>Nicolas Tulliez</strong> à la harpe.</p>
<p><strong>Un duo pour Caligula</strong></p>
<p>Mais ce qui motivait notre présence à ce concert, c&rsquo;était une autre vraie rareté, la suite tirée de la musique de scène écrite par <strong>Gabriel Fauré</strong> pour la pièce <em>Caligula</em> d&rsquo;un enfant du pays, Alexandre Dumas. Alexandre Dumas est né à Villers-Cotterêts, à une soixantaine de kilomètres du chef-lieu de l&rsquo;Aisne. Le Festival 2022 est placé sous les auspices de la future Cité internationale de la langue française, en cours d&rsquo;installation dans le château où François 1er édicta en 1539 sa fameuse <em>Ordonnance sur le fait de la justice </em>qui stipule en ses articles 110 et 111 que le français devient la langue officielle du droit et de l&rsquo;administration en lieu et place du latin.</p>
<p>A défaut de notices sur les oeuvres dans le programme remis au public, on emprunte au <em>Palazzetto Bru Zane &#8211; Centre de musique romantique française</em> ce qu&rsquo;on doit savoir de l&rsquo;oeuvre donnée en ouverture qui rassemblait ce jeudi le grand effectif de la Maîtrise de Radio France préparé par sa cheffe Sofi Jeannin et l&rsquo;orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Mikko Franck.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/orchestre_radio_france_festival_de_laon_2.jpeg?itok=LcLZM76L" title="La Maîtrise de Radio France (direction Sofi Jeannin) dans Caligula de Fauré (Photo François-Xavier Dessirier)" width="468" /></p>
<p>Le directeur du théâtre de l&rsquo;Odéon, Paul Porel, reprend en 1888 la tragédie <em>Caligula</em> d&rsquo;Alexandre Dumas, créée en 1837. Il sollicite Gabriel Fauré pour une musique de scène qui n&rsquo;interviendra que dans le prologue et le 5e acte. La nouvelle production, créée le 8 novembre, connaîtra 34 représentations. Fauré arrange sa partition pour le concert, il remplace le petit ensemble instrumental par l&rsquo;orchestre, mais ne change rien à la structure de sa musique de scène. La première de cette suite est donnée le 6 avril 1889 à la Société nationale de musique. </p>
<p>Dans la pièce, la musique apparaît à la fin du prologue, les <em>Fanfares</em> annoncent l&rsquo;arrivée de César, la <em>Marche</em> accompagne le cortège en l&rsquo;honneur de Caligula, avant le <em>Choeur des Heures</em>, martial pour les « heures guerrières » et lyrique pour les « heures heureuses ». Le <em>Quasi adagio</em> est une marche qui annonce la mort de Lepidus. Mais ce sont surtout les morceaux du 5e acte qui, du vivant de Fauré, sont déjà des succès. <em>L&rsquo;Hiver s&rsquo;enfuit</em> est un choeur charmant tandis que l&rsquo;<em>Air de danse </em>(orchestré avec Vincent d&rsquo;Indy), cherche à « donner l&rsquo;impression d&rsquo;une danse de caractère antique » (une lettre de Fauré à son fils Philippe mentionne l&rsquo;usage par le compositeur du <em>mode lydien</em>). Après le <em>mélodrame</em> avec violon et violoncelle solos, introduisant le choeur<em> De roses vermeilles</em> un <em>mélodrame</em> mystérieux annonce le choeur <em>César a fermé la paupière </em>(Source : Palazzetto Bru Zane).</p>
<p>On reconnaît immédiatement la patte de Fauré, dans des pages joliment descriptives, où n&rsquo;affleure qu&rsquo;allusivement le drame qui se joue sur scène. D&rsquo;autant que la suite de concert ne fait que juxtaposer des éléments composites. La direction trop placide du chef, malgré le bel engagement de la Maitrise de Radio France, renforce ce sentiment d&rsquo;une musique décorative sans grand relief. On réécoutera au retour le seul disque que nous connaissons de cette musique de scène – Michel Plasson et le Capitole de Toulouse – qui, par contraste, frôle presque l&rsquo;agitation ! Mais c&rsquo;était l&rsquo;occasion ou jamais de ressusciter cette part méconnue de Fauré, à l&rsquo;orée d&rsquo;une édition 2022 d&rsquo;un Festival qui promet encore bien des découvertes sous le signe des « <a href="https://festival-laon.fr" rel="nofollow">Mots à la clef  </a>! »</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/orchestre_radio_france_festival_de_laon_10.jpeg?itok=4W71jwQg" title="La Maîtrise de Radio France, l'Orchestre philharmonique de Radio France et Mikko Franck (Photo François-Xavier Dessirier)" width="468" /></p>
<p>Le concert du 16 septembre avec les mêmes interprètes à la Maison de la radio et de la musique à Paris est diffusé en direct et en podcast sur <em><a href="https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/le-concert-du-soir/concert-de-rentree-de-l-orchestre-philharmonique-de-radio-france-et-son-directeur-musical-mikko-franck-1610771" rel="nofollow">Francemusique.fr</a></em></p>
<p><strong>Les prochains concerts du 34e <a href="https://festival-laon.fr" rel="nofollow">Festival de Laon</a> :</strong><br />
22/09 Le Poème Harmonique / Vincent Dumestre : Le Ballet des Jean-Baptiste de Poquelin à Lully<br />
23/09 Ensemble Aedes, Les Siècles / Mathieu Romano : Janequin, Pärt, Poulenc<br />
25/09 Orchestre de Picardie / Leo McFall : Mozart, Richard Strauss<br />
27/09 Vanessa Wagner piano, Marianne Denicourt comédienne : La Nature et les oiseaux<br />
30/09 Vannina Santoni soprano, Karolos Zouganelis, piano : Du Lied à l&rsquo;opéra<br />
02/10 Le Concert de la Loge, les Chantres de Versailles (CMBV), Stéphanie d&rsquo;Oustra, Cyrille Dubois, Tassis Christoyannis, Jean-Sébastien Bou / Julien Chauvin : Glück Iphigénie en Aulide<br />
04/10 Timothy Ridout alto / Frank Dupree piano : Prokofiev, Schumann <br />
07/10 Quatuor Asasello, Eva Resch soprano : Mozart, Verdi, Schoenberg<br />
14/10 Octuor Talents et Violoncelles : Schubert, Hahn, Dvorak, Bizet<br />
16/10 Choeur Les Eléments / Joël Suhubiette Julia Wischniewski soprano, Lise Nougier mezzo, Yu Shao ténor, Matthieu Heim basse : Rossini Petite messe solennelle<br />
 </p>
<p> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Festival de Laon 2022, des mots à la clef</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/festival-de-laon-2022-des-mots-a-la-clef/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Aug 2022 06:27:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La programmation du Festival de Laon dans l&#8217;Aisne, du 15 septembre au 16 octobre, veut marquer l’implantation de la Cité internationale de la langue française au château de Villers-Cotterêts. D&#8217;où le choix « des mots à la clef » pour thème de cette 34e édition avec des partitions s’appuyant sur un texte ou un argument littéraire. Qui &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La programmation du Festival de Laon dans l&rsquo;Aisne, du 15 septembre au 16 octobre, veut marquer l’implantation de la Cité internationale de la langue française au château de Villers-Cotterêts. D&rsquo;où le choix « des mots à la clef » pour thème de cette 34e édition avec des partitions s’appuyant sur un texte ou un argument littéraire. Qui dit mots en musique, dit voix. Nombreux seront les concerts lyriques. Citons notamment un récital de <strong>Vannina Santoni</strong> le vendredi 30 septembre, une version de concert d&rsquo;<em>Iphigénie en Aulide</em> le dimanche 2 octobre avec <strong>Judith Van Wanroij</strong>, <strong>Stéphanie d’Oustrac</strong>, <strong>Cyrille Dubois</strong>, <strong>Tassis Christoyannis </strong>et <strong>Jean-Sébastien Bou</strong> sous la direction de <strong>Julien Chauvin</strong> à la tête du Concert de la Loge ou encore<em> La Petite Messe solennelle</em> de Rossini, en conclusion du festival le dimanche 16 octobre. Plus d&rsquo;informations sur <a href="https://festival-laon.fr/">festival-laon.fr</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>MAHLER, Symphonie n° 4 — Laon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gustav-mahler-symphonie-ndeg4-laon-celeste-soiree/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Sep 2020 15:58:31 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/cleste-soire/</guid>

					<description><![CDATA[<p>La région des Hauts de France peut s’enorgueillir d’avoir en la personne de Jean-Michel Verneiges, un directeur artistique d’envergure capable d’organiser chaque année deux grands festivals de musique qui permettent à un vaste public, venu souvent de loin, d’assister dans l’Aisne à des concerts de haut niveau auxquels participent les plus grands artistes. La musique &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La région des Hauts de France peut s’enorgueillir d’avoir en la personne de <strong>Jean-Michel Verneiges</strong>, un directeur artistique d’envergure capable d’organiser chaque année deux grands festivals de musique qui permettent à un vaste public, venu souvent de loin, d’assister dans l’Aisne à des concerts de haut niveau auxquels participent les plus grands artistes. La musique baroque est à l’honneur au printemps à l’Abbatiale de St Michel en Thiérache, et la musique des XIXe et  XXe siècle à la Cathédrale de Laon en automne (deux acoustiques exceptionnelles). Le 24 septembre dernier c’est l’ <strong>Orchestre Philharmonique de Radio France</strong>, fidèle invité du Festival depuis des années,  qui était de retour avec son chef titulaire <strong>Mikko Franck</strong>, dans une cathédrale bondée (en tenant compte des contraintes sanitaires évidemment). Au programme : l’<em>Adagio Céleste </em>du compositeur finlandais <strong>Einojuhani Rautavaara</strong>, maître du chef d’orchestre, et la <em>4<sup>e</sup> Symphonie</em> de <strong>Gustav Mahler</strong>. Composée alors que ce dernier venait d’être nommé à la direction de l’Opéra de Vienne, la voix y tient une place essentielle comme dans ses deux symphonies précédentes.</p>
<p><strong>Mikko Franck</strong> impose d’emblée une vision analytique du premier mouvement. Ce qui peut déconcerter à prime abord. Mais l’adagio « Ruhevoll » en est d’autant plus bouleversant et le fourmillement initial prépare à l’exubérant Lied final « Das Himmlische Leben » « La vie céleste », aboutissement joyeux de la symphonie.  Il s’agit d’un des poèmes populaires allemands recueillis par Brentano et von Arnim sous le titre du « Cor merveilleux de l’Enfant » : dans un ciel parsemé de violons, des jouissances tout à fait terrestres se succèdent en cascades. Sous son apparente simplicité, ce lied est très exigeant. C’est la jeune et sympathique cantatrice belge <strong>Jodie Devos</strong>, qui l’interprète ici. Ses rôles de soprano léger à l’Opéra Comique de Paris et son disque d’airs coloratures ont fait merveille. Cette légèreté est d’ailleurs de bon aloi dans le Lied malhérien, sa diction allemande est précise mais elle se confronte à une tessiture difficile et sa voix passe mal la rampe dans le registre grave souvent sollicité (ce lied est d’ailleurs parfois confié à une mezzo-soprano). Sa présence chaleureuse sauve la mise mais est-ce vraiment son répertoire ? Pas sûr !</p>
<p>Les musiciens de l’Orchestre Philharmonique sont ovationnés par le public. Les solistes des pupitres des vents notamment. Un grand coup de chapeau au violon solo, le jeune <strong>Nathan Mierdel</strong> absolument extraordinaire.</p>
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		<title>Concert Méhul &#8211; Beethoven — Laon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-mehul-beethoven-laon-va-pour-kleinheinz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Sep 2016 00:53:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il était une fois à la cour d’Eisenstadt un petit musicien qui se nommait Kleinheinz… Cela commence comme une légende offenbachienne, et c’est bien d’un mythe qu’il s’agit, ou d’une mystification. Franz Xaver Kleinheinz (1765-1832) vient de se révéler comme étant le véritable auteur de la Messe « du sacre de Napoléon » jusque-là attribuée à Méhul &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il était une fois à la cour d’Eisenstadt un petit musicien qui se nommait Kleinheinz… Cela commence comme une légende offenbachienne, et c’est bien d’un mythe qu’il s’agit, ou d’une mystification. Franz Xaver Kleinheinz (1765-1832) vient de se révéler comme étant le véritable auteur de la <em>Messe « du sacre de Napoléon » </em>jusque-là attribuée à Méhul et dûment remontée par le Palazzetto Bru Zane dans le cadre de l’hommage qu’elle rend au compositeur lorrain en prévision du bicentenaire de sa mort l’année prochaine. Au terme d’une longue enquête collective, la musicologue Rita Steblin l’a attribuée à ce pianiste et kapellmeister autrichien. Présentée comme de la main de Méhul dès les années 1820, la <em>Messe en la bémol majeur</em> sera régulièrement interprétée comme telle entre 1879 et 2004, pour honorer le compositeur supposé ou le prétendu destinataire de l’œuvre. Composée par Kleinheinz pour le prince Esterhazy, la messe ne fut jamais interprétée ; rangée dans les archives du prince à Eisenstadt, elle fut copiée et vendue sous le nom de <em>Messe du couronnement de Napoléon</em>. Très vite, plusieurs voix s’étaient élevées pour dénoncer la supercherie, et à intervalles réguliers, des spécialistes prirent soin de la signaler. En vain ! Au XIX<sup>e</sup> siècle, où <em>Joseph </em>restait une œuvre appréciée et interprétée – ce n’est hélas plus le cas aujourd’hui –, la découverte d’une œuvre supplémentaire de Méhul avait de quoi susciter l’intérêt, pour des raisons patriotiques.</p>
<p>Pour la première fois depuis bien longtemps, cette messe était donnée sous le nom de son véritable auteur, dans le cadre de la 28<sup>e</sup> édition du Festival de Laon. Avec sa cathédrale, la préfecture de l’Aisne a la chance de bénéficier d’un lieu majestueux à l’acoustique excellente, contrairement à tant d’autres édifices religieux où donner un concert semble la plus mauvaise idée qui soit. Et en décidant depuis 2011 de soutenir l’orchestre <strong>Les Siècles</strong>, le département a fait un non moins excellent choix, comme le montre la première partie de la soirée, exclusivement symphonique. Tout commence avec une œuvre qui est vraiment de Méhul, et qui a vraiment été composée pour Napoléon, à l’occasion de son mariage avec Marie-Louise en 1810 : l’ouverture de l’opéra <em>Amphion ou les Amazones</em>. Ecrite entre 1805 et 1807, la <em>Cinquième symphonie</em> de Beethoven est bien l’œuvre d’un contemporain de Méhul, mais ne saurait évidemment lui être comparée en termes de notoriété. Cependant, par la vigueur et l’énergie que déploie <strong>François-Xavier Roth</strong> pour la diriger, on a le sentiment d’entendre pour la première fois cette partition presque trop célèbre. La finesse des traits, le coloris subtil de certains passages, tout cela contribue à une étrange impression de surprise.</p>
<p>Après un court entracte, le toujours excellent <strong>Chœur de la Radio flamande</strong> préparé par <strong>Hervé Niquet</strong> et les quatre solistes vocaux font leur entrée pour la messe de Kleinheinz dite « de Méhul ». Et il s’avère que c’est une belle messe, souvent proche de Mozart, mais avec des inventions mélodiques parfois fort bien venues. Faut-il s’attendre à voir les œuvres de Kleinheinz retrouver le chemin des concerts dans les années à venir ? En tout cas, la messe sera donnée plusieurs fois cette saison, en octobre à Bonn, en janvier à Grenoble, en mars à Nîmes et à Versailles, avec les mêmes effectifs. Evidemment, la ligne vocale destinée à la soprano (peut-être faudrait-il dire « au dessus », puisque la prononciation latine adoptée est celle en vigueur est conçue pour flotter au-dessus des autres, mais quand celle-ci s’appelle <strong>Chantal Santon</strong>, qui semble n’avoir qu’à ouvrir la bouche pour que les sons se projettent sans effort, la tâche est rude pour ses collègues. Comment faire pour exister aux côtés d’une chanteuse à l’autorité aussi évidente ? La mezzo <strong>Caroline Meng</strong> s’en tire plutôt bien, et forme avec sa consœur un bel alliage de voix pour les différentes parties en duo. Un autre qui parvient tout à fait à exister, c’est le baryton-basse canadien <strong>Tomislav Lavoie</strong>, beau timbre et diction incisive, qu’on retrouvera bientôt dans la très attendue <em>Proserpine</em> de Saint-Saëns. En revanche, le ténor <strong>Artavazd Sargsyan</strong> ne semble pas avoir bien pris la mesure de l’espace où il se produit et des effectifs instrumentaux et vocaux se produisant autour de lui, car ses interventions sont hélas difficilement audibles, presque toujours couvertes par l’orchestre ou par les autres solistes. C’est dommage, car lorsqu’on l’entend, la voix est belle, mais peut-être le problème sera-t-il corrigé pour les prochaines étapes de la tournée.</p>
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