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	<title>Versailles - Ville - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Versailles - Ville - Forum Opéra</title>
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		<title>GASPARINI, Il vecchio avaro – Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gasparini-il-vecchio-avaro-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre d’une vaste tournée en France, L’Avare de Francesco Gasparini (ou plutôt Il vecchio avaro) fait escale à l’Opéra-royal de Versailles, cadre idéal pour la représentation de cet ouvrage, abstraction faite des écarts d’époque et de lieu (la salle, inaugurée en 1770 n’est évidemment pas le Teatro Sant’Angelo  inauguré lui en 1677). La &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le cadre d’une vaste tournée en France, <em>L’Avare</em> de Francesco Gasparini (ou plutôt <em>Il vecchio avaro</em>) fait escale à l’Opéra-royal de Versailles, cadre idéal pour la représentation de cet ouvrage, abstraction faite des écarts d’époque et de lieu (la salle, inaugurée en 1770 n’est évidemment pas le Teatro Sant’Angelo  inauguré lui en 1677). La production de <strong>Théophile Gasselin</strong> est en effet un régal pour l’œil, par la beauté fanée de son décor (<strong>Louise Caron</strong>), le clair-obscur de certains de ses éclairages (<strong>Christophe Naillet</strong>), le drapé de son rideau de scène bleu, ses costumes au charme suranné (<strong>Alain Blanchot</strong>), l&rsquo;ensemble s’accordant parfaitement aux lieux. La largeur du plateau permet de plus de disposer l’orchestre sur l’un des côtés de la scène tout en laissant assez de place et de recul aux chanteurs pour évoluer sur toute la largeur et la profondeur de celle-ci. À l’origine, l’ouvrage est un intermezzo destiné à être joué entre les actes d’un grand <em>opera seria</em>. L’intrigue de Molière est extrêmement simplifiée et reprend les schémas du genre bouffe italien (théâtral comme lyrique), avec deux personnages seulement à l&rsquo;origine : un vieux barbon avare (Pancrazo) et une jeune femme rouée (Fiammetta) qui, pour le manipuler, s’invente un frère jumeau (Fichetto) qu’elle place en tant que valet. Pancrazo s’en méfie un peu initialement car il parle aussi le français : or « Un homme qui a deux langues a aussi quatre mains »&#8230; Fiametta trouve la cassette de Pancrazo, enterrée dans le jardin, et s’en empare. Le coffret contient 6000 écus. À ce stade, Pancrazo ne s’est pas aperçu de la disparition de son bien. Le « faux-frère » Fichetto donne toute satisfaction au vieil avare et vante en retour les qualités d’économie de sa « soeur ». En conséquence, Pancrazo se décide à épouser Fiametta d’autant qu’elle lui promet une dot de&#8230; 6000 écus. Après que le mariage a été signé devant notaire, Pancrazo se rend compte que sa cassette a disparu. Il découvre aussi que les pièces de Fiametta ressemblent fort aux siennes mais ne soupçonne aucunement la supercherie. Il accuse Fichetto d’être son voleur, mais celui-ci « est parti pour la France ». Dans ce maigre écho de Molière, on retrouvera toutefois certaines répliques (comme le fameux « il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger » ou la « scène de folie » de la cassette disparue), pas toujours dans les mêmes bouches d&rsquo;ailleurs. Pour corser ce canevas simplissime, la mise en scène ajoute un personnage muet (Valletto) qui vient renforcer le comique de certaines situations, ainsi que Scarabea, une <em>nutrice</em> (nourrice). Cette dernière, personnage travesti classique des opéras vénitiens du siècle précédent, joue un peu le rôle du chœur antique (1). Pour l’essentiel, elle commente entre les actes l’action au moyen  de numéros musicaux inspirés de chansons napolitaines traditionnelles et aux textes adaptés pour la circonstance. Autre ajout, Fiametta se voit confier l’air « Agitata da due venti » tiré de <em>La Griselda</em> d&rsquo;Antonio Vivaldi, qui lui permet d&rsquo;illustrer parodiquement l’agitation de Pancrazo recherchant frénétiquement sa cassette volée. Il est à regretter que le programme soit particulièrement vague sur ces diverses adaptations qui peuvent créer une certaine confusion chez le spectateur : ainsi par exemple, on pourrait considérer Gasparini comme un authentique génie comique s’il avait eu lui-même l’idée d’introduire l’air de Griselda ! La direction d’acteur est excellente, souvent fine. Le personnage du mime Valetto est très bien utilisé, finement interprété par <strong>Stefano Amori</strong> qui évite certains excès de la <em>commedia dell&rsquo;arte</em>. Sans être fondamentalement originale, la grande scène de Pancrazo à la recherche de sa cassette dans la salle rallumée, est parfaitement réussie, le vieil avare prenant à parti plusieurs spectateurs avant d’en appeler à l&rsquo;administration du théâtre et à son directeur, Laurent Brunner lui-même. Au global, le spectacle est vif tout en restant clair, les nombreux récitatifs, traités comme du théâtre parlé, ne distillant aucun ennui.</p>
<div></div>
<div>Sans être particulièrement mémorable, la musique de Gasparini est vive et agréable, plutôt inventive et originale. Tout en jouant de la guitare baroque, <strong>Vincent Dumestre </strong>anime la douzaine de musiciens de son ensemble avec vivacité, finesse et délicatesse. À certains moments, on aimerait toutefois une direction plus débridée, un son moins lisse, plus contrasté, un zeste de folie : ici, on a plutôt l’impression d’une farce dirigée comme une pastorale. L’orchestre brille en revanche idéalement dans les passages plus suaves. La distribution est d’autant plus efficace qu’elle est bien rodée par une longue tournée d’une vingtaine de dates. <strong>Victor Sicard</strong> joue bien les rondeurs, excellent acteur sans vulgarité ni excès. La voix est bien projetée, le timbre brillant, et la diction est toujours expressive, qualité ici essentielle. <strong>Éva Zaïcik</strong> offre une chaleureuse voix mezzo, une authentique vis comica, et sait aussi briller dans les ornementations de la page de Griselda. Bien projetée et d’un aigu lumineux, la voix un peu atypique de <strong>Serge Goubioud</strong> (Scarabea) ne manque pas d’une certaine séduction mélancolique.</div>
<div></div>
<div></div>
<pre></pre>
<pre>1. Comme il est dit dans <em>Orphée aux Enfers</em> : 
Le chœur antique, en confidence, 
Se chargeait d'expliquer aux gens 
Ce qu'ils avaient compris d’avance 
… Quand ils étaient intelligents</pre>
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		<item>
		<title>WAGNER, Götterdämmerung &#8211; Versailles (Opéra Royal)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-gotterdammerung-versailles-opera-royal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2026 07:19:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le 13 août 1876, le festival de Bayreuth propose pour la première fois un Ring complet avec le Prologue les trois journées de l’Anneau du Nibelung. Wagner a achevé peu de temps auparavant les deux dernières journées, qui seront créées donc en 1876. À Versailles, depuis quatre ans (depuis 2022) en prévision des 150 ans &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 13 août 1876, le festival de Bayreuth propose pour la première fois un<em> Ring</em> complet avec le Prologue les trois journées de l’<em>Anneau</em> <em>du Nibelung</em>. Wagner a achevé peu de temps auparavant les deux dernières journées, qui seront créées donc en 1876. À Versailles, depuis quatre ans (depuis 2022) en prévision des 150 ans du Ring, l&rsquo;Opéra du<strong> Théâtre national de la Sarre</strong> a été invité à créer ce Ring dans le château qu’adorait Louis II, mécène du compositeur et du festival de Franconie. L’orchestre est venu donc à quatre reprises avec musiciens et chanteurs l&rsquo;interpréter dans l’écrin merveilleux de l’Opéra Royal. Cette année précisément, en mai 2026, le public a pu assister au <em>Crépuscule des dieux</em>, cette magnifique et ultime page, sans doute la plus sombre de l’œuvre avec une distribution de grand talent et un orchestre qui a donné le meilleur de lui-même. Wagner, dans une note rédigée juste avant la création du Ring à Bayreuth, réclamait au chef d’orchestre de la clarté dans l’exécution. C&rsquo;est donc un véritable défi que d’illuminer cette partition crépusculaire, dont l’ultime moment est peut-être celui d&rsquo;une Aurore, mais précédée de tant de pages ténébreuses : l’amour condamné de Siegfried et Brünhilde à cause de l’anneau maudit par Alberich, la trahison de Siegfried manipulé par Hagen, le fils d’Alberich, le sacrifice final de Brünhilde, qui met fin à l’ère des dieux et inaugure peut-être celle des hommes. Une fin et une catastrophe qu’avait décidées depuis longtemps Wotan, que le récit saisissant de Waltraute à l’acte II présente sur son trône, dans son palais du Walhalla entouré des branches coupées du frêne du monde prêtes à s’enflammer.</p>
<p>Avec un chef français, <strong>Sébastien Rouland</strong>, directeur musical de l’orchestre du Théâtre national de la Sarre depuis quelques années, on pouvait espérer effectivement ce choix de la clarté française. Et on le retrouve souvent, ainsi que les très belles cadences des musiciens solistes. Et quelle expérience de proximité et de partage plus entière peut-on connaître que cette version de concert dans cette salle-là ? Cependant, parmi tant de belles page réussies, on remarque quelques approximations ici ou là (dans une œuvre de plus de quatre heures, c’est pardonnable) des musiciens solistes ou non, avec parfois un manque de fusion des timbres dans la texture sonore &#8211; les plans sonores ne se superposant pas toujours avec la finesse attendue &#8211; et une pâte sonore parfois un peu trop opaque (mais peut-on l’éviter dans <em>Götterdämmerung</em> ?). La mise en place des pupitres peut poser question sur cette scène de l’Opéra Royal. On a pu entendre parfois les interventions des cordes quelque peu écrasées par les autres pupitres dans les <em>tutti</em>. Leurs interventions auraient peut-être dû pousser le chef à ne pas adopter cette disposition des pupitres, contrainte peut-être par la scène. Pourquoi placer les bois, les vents dont les cuivres très sombres, les percussions en étages, très en hauteur par rapport aux cordes sur le plateau, bref, les surplombant franchement ? Cela a pu produire un certain déséquilibre. Mais ne boudons pas notre plaisir, qui fut grand durant le spectacle avec une distribution des plus aguerries et des musiciens très engagés. Les ruptures de tons et de climats d’une scène à l’autre (des ténèbres à la lumière et vice-versa) sont le plus souvent bien maîtrisées par un chef toujours sur la brèche, après un Prologue un peu amolli par un accord d’ouverture à trois reprises un peu filandreux.</p>
<p>Mais le climat d’angoisse idoine s’installe et la scène prophétique des trois Nornes sous le rocher de Brünhilde se révèle très réussie grâce à la Première Norne éblouissante de <strong>Clara-Sophie Bertram</strong>, et le timbre capiteux de la troisième, <strong>Jessica Muirhead</strong>. La scène suivante après l’interlude du Lever du jour met en présence le Siegfried fin de <strong>Tilmann Unger</strong> (dont le nom fait curieusement écho à celui de Georg Unger, Siegfried du premier Ring) et la soprano estonienne <strong>Aile Asszonyi</strong>, qui ne mesure pas ses décibels dès son entrée, faisant craindre une Brünhilde vociférante pendant tout l’opéra (heureusement il n’en sera rien). Ses aigus tranchants comme des lames décuplés par sa puissance vocale conviendraient parfaitement à une énorme salle mais pas à l’acoustique chambriste et chaleureuse de Versailles. Apres un Voyage sur le Rhin allègre, le formidable Hagen de la basse <strong>Markus Jaursch</strong> apparaît, ourdissant le piège qui détruira tous et toutes dont les Gibichungen, le roi Gunther et sa sœur Gutrune. D’une noirceur douloureuse impressionnante, la basse de la troupe de l’Opéra de Sarrebruck sera aussi enthousiasmant dans son court monologue (« Hier sitz’ ich zur Wacht ») que dans toutes ses interventions à venir. Projection, intelligence du récit, graves aux couleurs charbonneuses, riches harmoniques, rien ne manque à sa palette (il avait déjà été un Fasolt remarqué dans l’<em>Or du Rhin</em> en 2022). Markus Rausch saura même toucher aux larmes avec un personnage pourtant si disgracié, entre tristesse et haine de soi.</p>
<p>La Waltraute de <strong>Judith Braun</strong>, également membre de la troupe, n’est pas moins intense, accompagnée d’un orchestre à l’ampleur tragique attendue. L’hypotypose centrale de son récit révélant un Wotan prostré (« So sitzt et, und sagt kein Wort ») est inoubliable. Aile Asszonyi nous touche, quant à elle, dans sa scène de lutte pour l’anneau (même si les aigus se révèlent toujours aussi coupants, la voix de poitrine est naturellement belle et la soprano une excellente comédienne). L’acte II met aux prises un Hagen prisonnier de son cauchemar, incarné par l’Alberich inquiétant à souhait de <strong>Werner Van Mechelen</strong> (déjà remarqué dans les précédentes représentations versaillaises). Au retour victorieux du noble Siegfried de Tilmann Unger, inconscient de sa propre traîtrise, la Gutrune de <strong>Susanne Serfling</strong> sait défendre un rôle apparemment léger, ornementé, très difficile. Effrayant Hagen et ses « Hoïho » appelant la foule (avec le talentueux chœur de l’Opéra de Sarrebruck), suivi de l’affrontement de Brünhilde (brillante Aile Asszonyi) avec Siegfried, qui ne la reconnaît pas sous l’emprise du philtre d’oubli de Hagen. Dans le trio final la soprano estonienne retombe hélas dans la vocifération, même si la difficulté de ce chant hyper tendu dans toute la scène de la colère laisse peu de place par son écriture à la subtilité, face à l’orchestre et au chœur déchaînés.</p>
<p>La catastrophe annoncée peut advenir avec l’acte III. La chasse de Siegfried s’annonce et les Trois Filles du Rhin ne pourront que constater leur impuissance à l’empêcher. Le récit de Siegfried, face à Hagen et Gunther, joliment accompagné de la clarinette et du hautbois rappelle les qualités du ténor allemand. Tilmann Unger appartient à ce type de chanteurs wagnériens subtils, italianisants, plus <em>liedersänger</em> qu’héroïques, ménageant un plaisir raffiné d’écoute. La fameuse Marche funèbre peut débuter alors qu’il s’écroule sous la lance de Hagen, une oraison funèbre pleine de grandeur pathétique aux crescendos et décrescendos absolument superbes sous la baguette de Sebastien Rouland, bien aidé par ses musiciens, dont ses timbaliers. Apres la scène d’inquiétude toute prophétique de Gutrune, que la soprano germano-hongroise rend touchante, et la dispute sur l&rsquo;héritage de l’anneau (avec un Gunther aux velléités constamment bien incarnées par<strong> Benedict Nelson</strong>), la scène finale grandiose peut commencer. Brünhilde donne ses ordres (« Starke schreite… »), comprend le dessein final de Wotan, s’élance au sacrifice et Aile Asszonyi est bouleversante alors que son chant s’est recentré sur les registres médians. L’aisance de projection de sa Brünhilde (jusqu’aux notes les plus hautes lors de sa chevauchée dans le brasier) face à un orchestre dont la fureur gagne tous les pupitres successivement jusqu’au fracas du tutti, est vraiment rare. Alors que l’anneau retourne aux Filles du Rhin, l’harmonie du renouveau peut enfin planer sanctifiant la catharsis vécue par un public enthousiaste et debout.</p>
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		<title>Versailles 2026-27, la qualité dans la continuité</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/versailles-2026-27-la-qualite-dans-la-continuite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Apr 2026 05:50:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2026-27, l’Opéra Royal de Versailles continue de conjuguer ambition artistique et richesse patrimoniale avec treize opéras à l’affiche, dont cinq nouvelles productions. L’ouverture de saison met à l’honneur Tarare de Antonio Salieri, œuvre rare sur un livret de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais. D’autres redécouvertes marquent la programmation, comme Le Cadi dupé de Gluck, couplé &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2026-27, l’Opéra Royal de Versailles continue de conjuguer ambition artistique et richesse patrimoniale avec treize opéras à l’affiche, dont cinq nouvelles productions.</p>
<p>L’ouverture de saison met à l’honneur <em>Tarare</em> de Antonio Salieri, œuvre rare sur un livret de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais. D’autres redécouvertes marquent la programmation, comme <em>Le Cadi dupé</em> de Gluck, couplé avec <em>Pygmalion</em> de Rameau, ou encore les fresques historiques autour de Cléopâtre signées Haendel (<em>Jules César en Egypte</em>) et Hasse (<em>Marc-Antoine et Cléopâtre</em>). Les grands classiques ne sont pas oubliés, du <em>Barbier de Séville</em> à <em>Don Giovanni</em> en passant par <em>La fille du Régiment</em> ou <em>Le couronnement de Poppée</em>.</p>
<p>La programmation fait dialoguer artistes confirmés et nouvelle génération, portée notamment par des chefs tels que <strong>William Christie</strong> et <strong>Raphaël Pichon</strong>, ainsi que des voix internationales comme <strong>Sonya Yoncheva</strong> ou <strong>Nadine Sierra</strong>.</p>
<p>En parallèle, la Chapelle Royale de Versailles accueille une programmation sacrée majeure, de Johann Sebastian Bach à Wolfgang Amadeus Mozart.</p>
<p>Enfin, l’Orchestre de l’Opéra Royal, au cœur de plus de 50 représentations, mettra à l’honneur le Chevalier de Saint-George et célébrera Ludwig van Beethoven.</p>
<p>Plus d’informations sur <a href="https://www.chateauversailles-spectacles.fr/app/uploads/sites/2/2026/03/Avant-programme-A3-saison-musicale-26-27_17-MARS-2026_WEB.pdf?_gl=1*o28uom*_gcl_au*NjQwOTA1Nzc1LjE3NzU4ODUxMTE.">Opéra Royal Château de Versailles</a></p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Teaser 📣 | Saison Musicale 2026 / 2027" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/PS_32ew-Lg0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>Saison 2026-27 : les programmes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/saison-2026-27-les-programmes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Mar 2026 06:41:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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<li><strong><a href="https://www.nationalopera.gr/en/news-features/item/8042-opera-national-de-grece-saison-2026-2027">Athènes</a></strong></li>
<li><a href="https://www.atlantaopera.org/"><strong>Atlanta</strong></a></li>
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<li><strong><a href="https://www.liceubarcelona.cat/en/newseason">Barcelone (Liceu)</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.bayreuthbaroque.de/program/">Bayreuth (Baroque Opera Festival)</a></strong></li>
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<li><a href="https://2026.deutscheoperberlin.de/en_EN/home"><strong>Berlin (Deutsche Oper)</strong></a></li>
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<li><a href="https://opera-dijon.fr/fr/au-programme/calendrier/saison-26-27/"><strong>Dijon</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.theaterdo.de/oper/startseite/premieren/">Dortmund</a></strong></li>
<li><a href="https://www.semperoper.de/spielzeit-2026-27.html"><strong>Dresde</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.irishnationalopera.ie/whats-on/category/opera">Dublin</a></strong></li>
<li>Erfurt</li>
<li><a href="https://www.tiroler-festspiele.at/spielplan-karten#programm|Sommer%2027"><strong>Erl</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://oper-frankfurt.de/en/new-productions/">Francfort</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://nof.ch/#archives/26-27">Fribourg</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.gtg.ch/saison-26-27/nouveaux-mondes/">Genève (Grand Théâtre)</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://lacitebleue.ch/fr/evenements/2026-2027">Genève (La Cité Bleue)</a></strong></li>
<li>Gênes</li>
<li><a href="https://oper-graz.buehnen-graz.com/spielplan/oper-operette-musical-2/"><strong>Graz</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.die-hamburgische-staatsoper.de/de/programm/spielzeit-2026-2027#oper">Hambourg</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://oopperabaletti.fi/en/repertoire/#opera">Helsinki</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.houstongrandopera.org/on-stage#season">Houston</a></strong></li>
<li><a href="https://www.staatstheater-karlsruhe.de/programm/vorschau26-27/#oper"><strong>Karlsruhe (Badisches staatstheater)</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.opera-lausanne.ch/season/2026-27/">Lausanne</a></strong></li>
<li><a href="https://www.oper-leipzig.de/en/produktionen/2026-2027"><strong>Leipzig</strong></a></li>
<li><a href="https://www.operaliege.be/evenement/?saisons=56487&amp;cats=50592&amp;view=columns&amp;pages=1&amp;lang=fr"><strong>Liège</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.opera-lille.fr/#ConstellationAutomne">Lille</a></strong></li>
<li>Limoges</li>
<li><strong><a href="https://www.eno.org/about/this-season/">Londres (English National Opera)</a></strong></li>
<li style="text-align: left;"><a href="https://www.rbo.org.uk/tickets-and-events?hotFilter=opera-and-music&amp;page=1"><strong>Londres (Royal Opera House)</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.laopera.org/whats-on?Genre%5B0%5D=2026-27%20Season">Los Angeles</a></strong></li>
<li><a href="https://www.opera-lyon.com/programmation-2026-2027"><strong>Lyon</strong></a></li>
<li><a href="https://www.theater-magdeburg.de/diverses/premierenuebersicht-2627/#spielzeitheft"><strong>Magdebourg</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://operazuid.nl/en/season-26-27/">Maastricht (Opera Zuid)</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.teatroreal.es/sites/default/files/AVANCE_26-27.pdf">Madrid</a></strong></li>
<li><a href="https://opera-odeon.marseille.fr//actualites/saison-2026-2027"><strong>Marseille</strong></a></li>
<li><a href="https://www.opera-massy.com/fr/saison-26-27-abonnez-vous.html?cmp_id=77&amp;news_id=1255&amp;vID=3"><strong>Massy</strong></a></li>
<li>Metz</li>
<li><strong><a href="https://www.teatroallascala.org/static/upload/pro/programma-stagione-2026-2027.pdf">Milan</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.opera.mc/">Monte-Carlo</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.opera-orchestre-montpellier.fr/saison-26-27/saison-2026-2027/#a-venir">Montpellier</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://operademontreal.com/saison-26-27">Montréal</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.staatsoper.de/en/season-2026-27">Munich</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://opera-nancy.fr/actualites/decouvrez-notre-nouvelle-saison">Nancy</a></strong></li>
<li>Nantes</li>
<li>Naples</li>
<li><strong><a href="https://www.metopera.org/season/2026-27-season/">New York (Metropolitan Opera)</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.carnegiehall.org/Events/Carnegie-Hall-Presents-26-27?sourceCode=55056&amp;gad_source=1&amp;gad_campaignid=22996030269&amp;gbraid=0AAAAADrUvhZJin0tdJDtdG5cd99KD59yi&amp;gclid=Cj0KCQjwh-HPBhCIARIsAC0p3cf8fFlQB4MWCSmCgry8ggdBcTFTkPsC0GvZc5imwPBg1Kv4jjJvhLwaAiViEALw_wcB">New York (Carnegie Hall)</a></strong></li>
<li>Nice</li>
<li><strong><a href="https://www.operaoviedo.com/actualidad/opera-oviedo-temporada-26-27/">Oviedo</a></strong></li>
<li>Palerme</li>
<li>Paris (Athénée)</li>
<li><strong><a href="https://www.chatelet.com/saison/26-27/tous/">Paris (Châtelet)</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.opera-comique.com/fr/magazine/serie-la-saison-2026-2027">Paris (Opéra Comique)</a></strong></li>
<li><a href="https://www.musee-armee.fr/au-programme/saison-musicale-invalides/les-concerts-2026-2027.html"><strong>Paris (Invalides)</strong></a></li>
<li><a href="https://www.operadeparis.fr/programmation/saison-26-27"><strong>Paris (OnP)</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://philharmoniedeparis.fr/fr/programmation/saison-26-27">Paris (Philharmonie)</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.maisondelaradioetdelamusique.fr/saison-26-27">Paris (Radio France)</a></strong></li>
<li><a href="https://www.theatrechampselysees.fr/saison-2026-27"><strong>Paris (TCE)</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.teatroregioparma.it/en/season-27-opera/">Parme</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.teatroregioparma.it/en/festival-verdi-2026-en/">Parme (Festival Verdi)</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.narodni-divadlo.cz/en/ensembles/opera/opera-repertoire-2026-27">Prague</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.operaphila.org/whats-on/2627-season/">Philadelphie</a></strong></li>
<li>Reims</li>
<li>Rennes</li>
<li><strong><a href="https://www.opera.lv/en/repertoire/">Riga</a></strong></li>
<li>Rome</li>
<li><a href="https://www.operaorchestrenormandierouen.fr/regarder/nouvelle-saison-changer-nos-desirs-plutot-que-lordre-du-monde/"><strong>Rouen</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-26-27/spectacles//type-lyrique">Saint-Etienne</a></strong></li>
<li><a href="https://www.sfopera.com/seasons/explore/"><strong>San Francisco</strong></a></li>
<li><a href="https://www.seattleopera.org/tickets/tickets-and-packages/discover-the-season/"><strong>Seattle</strong></a></li>
<li><a href="https://drive.google.com/file/d/1OO4VQd0fzem7MVzR5xGuxGSdWhQzGKqo/view"><strong>Séville</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.operanationaldurhin.eu/fr/spectacles/saison-26-27/opera-1">Strasbourg, Mulhouse, Colmar (Opéra national du Rhin)</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.nntt.jac.go.jp/english/2026-27season-opera.html">Tokyo</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.coc.ca/tickets/2627-season">Toronto</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://mcusercontent.com/73e7fda2a33bc83bfc84c30b4/files/a977de9c-c4af-13e9-0d09-6925f41c4d24/Brochure_26_27.pdf">Toulon</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://opera.toulouse.fr/saison-2026-2027/">Toulouse</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/saison-26-27/">Tourcoing</a></strong></li>
<li>Tours</li>
<li>Trieste</li>
<li><strong><a href="https://www.teatroregio.torino.it/node/8236">Turin</a></strong></li>
<li><a href="https://www.lesarts.com/es/programacion/c/opera-61.html"><strong>Valence</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.vancouveropera.ca/whats-on/2026-2027-season/">Vancouver</a></strong></li>
<li><a href="https://www.theater-magdeburg.de/diverses/premierenuebersicht-2627/#spielzeitheft"><strong>Varsovie</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.teatrolafenice.it/en/new-season-2026-2027/">Venise</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.chateauversailles-spectacles.fr/app/uploads/sites/2/2026/03/Avant-programme-A3-saison-musicale-26-27_17-MARS-2026_WEB.pdf?_gl=1*o28uom*_gcl_au*NjQwOTA1Nzc1LjE3NzU4ODUxMTE.">Versailles</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.wiener-staatsoper.at/en/new-season/">Vienne (Staatsoper)</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.theater-wien.at/en/events/season2026-27">Vienne (Theater an der Wien)</a></strong></li>
<li><a href="https://www.volksoper.at/premieres/season-2026-2027.en.html"><strong>Vienne (Volksoper)</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://img1.wsimg.com/blobby/go/70eeb621-a1d4-4dc5-bf4a-7e51fc42fde1/2627_WNO_Renewal_Brochure_5-15PM.pdf">Washington</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.wexfordopera.com/programme/festival-programme">Wexford (Festival Opera)</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.staatstheater-wiesbaden.de/spielplan/premieren-26-27/">Wiesbaden</a></strong></li>
<li><a href="https://www.opernhaus.ch/en/spielplan/spielzeit-ueberblick-2026-27/"><strong>Zurich</strong></a></li>
</ul>
<ul>
<li><strong><a href="https://lesgrandesvoix.fr/saison-2026-2027/">Les Grandes Voix</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://opera-rara.com/">Opera Rara</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.philippemaillardproductions.fr/page-37/saison-concerts-paris-2026-2027.html">Philippe Maillard Productions</a></strong></li>
</ul>
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		<item>
		<title>GOUNOD, Faust &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-faust-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Mar 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quelques semaines après Tours, c&#8217;est Versailles qui accueille la production du Faust de Gounod mise en scène par Jean-Claude Berutti, qui n&#8217;avait que modérément convaincu notre collègue Pierre Venissac. Il est vrai que ce spectacle portant son classicisme proverbial en étendard paraît, dans le monde de l&#8217;opéra actuel, plus qu&#8217;anachronique : irréel. Les rideaux de tulle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quelques semaines<a href="http://google.com/search?q=faust+tours+forumopera&amp;oq=faust+tours+forumopera&amp;gs_lcrp=EgZjaHJvbWUyBggAEEUYOTIKCAEQABiABBiiBDIHCAIQABjvBTIKCAMQABiiBBiJBTIHCAQQABjvBdIBCDM1ODNqMGo0qAIAsAIB&amp;sourceid=chrome&amp;ie=UTF-8"> après Tours</a>, c&rsquo;est Versailles qui accueille la production du <em>Faust </em>de Gounod mise en scène par<strong> Jean-Claude Berutti</strong>, qui n&rsquo;avait que modérément convaincu notre collègue Pierre Venissac. Il est vrai que ce spectacle portant son classicisme proverbial en étendard paraît, dans le monde de l&rsquo;opéra actuel, plus qu&rsquo;anachronique : irréel. Les rideaux de tulle qui restent baissés plusieurs scènes durant, faisant écran entre la salle et le plateau, rendent cette impression plus forte encore. Ce n&rsquo;est pas d&rsquo;une mise en scène d&rsquo;opéra qu&rsquo;il s&rsquo;agit, plutôt de la représentation d&rsquo;une mise en scène d&rsquo;opéra, telle qu&rsquo;on en voit dans des films, lorsque les protagonistes sortent au théâtre et que, le film n&rsquo;étant déjà pas le réel, il importe que le spectacle auquel les personnages du film vont assister se caractérise par un surcroît d&rsquo;artificialité et de carton-pâte. Le faux fait, ici, plus faux que d&rsquo;habitude, les toiles peintes veulent avant tout ressembler à des toiles peintes, de même que les perruques, les barbes, les robes à volants et les culottes bouffantes. Dans cette œuvre de la méprise et du faux-semblant qu&rsquo;est <em>Faust </em>(et en premier lieu celui de Goethe), montrer à quel point tout n&rsquo;est qu&rsquo;illusion pouvait certes avoir du sens. Mais il eût fallu pour cela que la direction d&rsquo;acteur fût plus inventive et plus folle, que l&rsquo;odeur du rideau pourpre emplît toute la salle. Pourtant, aucune théâtralité surjouée ici, guère d&rsquo;ironie, et pas plus de fantaisie. La sobriété de la direction d&rsquo;acteurs nous laisse le loisir d&rsquo;admirer les mouvements bien articulés de ces panneaux de bois peints, dont les demi-tours permettent de figurer les différents lieux de l&rsquo;action – mais restent  impuissants à nous révéler les secrets des personnages. Dans le cadre de l&rsquo;Opéra Royal de Versailles, un décor à lui tout seul, cela ressemble à un hommage au théâtre de tréteaux ; mais fallait-il pour autant renoncer à montrer sur scène autre chose qu&rsquo;un livre d&rsquo;images ?</p>
<p>Le drame, heureusement, se joue ailleurs, et notamment dans la fosse. <strong>Laurent Campellone</strong> souligne et exalte les contrastes de la partition, insuffle des tempi contrastés mais veille à des transitions toujours fluides, et construit savamment l&rsquo;impressionnant climax de la scène finale. Il peut compter sur l&rsquo;Orchestre de l&rsquo;Opéra Royal et son instrumentarium d&rsquo;époque, qui offre à cette lecture vive un habit sans couture – on regretterait, pour un peu, que de tels musiciens ne jouent pas l&rsquo;édition critique mise au point par Paul Prévost.</p>
<p>Le plateau est à l&rsquo;avenant, avec en premier lieu le Faust de<strong> Julien Behr</strong>, jeune homme fougueux qui offre, dans la parenthèse enchantée de « Salut, demeure chaste et pure », une leçon de legato et de musicalité. <strong>Vannina Santoni</strong> a probablement trouvé en Marguerite son meilleur rôle, qui convient autant aux moirures de son timbre qu&rsquo;à l&rsquo;éclat de son aigu et qu&rsquo;à la sincérité d&rsquo;une présence scénique qui sait même rendre naturel et simple le si scabreux Air des bijoux. Il y a eu des Méphistophélès à la stature vocale plus imposante que <strong>Luigi De Donato</strong> ; mais ce diable narquois et jovial, bien humain au fond dans ses crimes, et suprêmement chanté, est un formidable portrait, comme d&rsquo;ailleurs le Valentin au timbre de bronze et à la noble stature d&rsquo;<strong>Anas Seguin</strong>, auquel il ne manque qu&rsquo;un soupçon de legato. <strong>Eléonore Pancrazi</strong> est presque un luxe en Siebel, tout comme <strong>Julie Pasturaud</strong> en Marthe et<strong> Jean-Gabriel Saint-Martin</strong> en Wagner. Autour d&rsquo;eux, les choristes brillent de mille feux et reçoivent leur part d&rsquo;ovations d&rsquo;un public frémissant d&rsquo;enthousiasme : le frisson du théâtre a passé !</p>
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		<item>
		<title>LULLY, Roland – Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lully-roland-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Composé en 1685, Roland est l&#8217;avant-dernier opéra de Jean-Baptiste Lully et Philippe Quinault. Situé entre Amadis et Armide, il forme avec eux une trilogie d&#8217;inspiration épique. En effet, alors même que toutes leurs tragédies lyriques précédentes se fondaient sur des mythes antiques, ces trois œuvres puisent leur intrigue dans des romans de chevalerie. Roland – &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Composé en 1685, <em>Roland</em> est l&rsquo;avant-dernier opéra de Jean-Baptiste Lully et Philippe Quinault. Situé entre <em>Amadis</em> et <em>Armide</em>, il forme avec eux une trilogie d&rsquo;inspiration épique. En effet, alors même que toutes leurs tragédies lyriques précédentes se fondaient sur des mythes antiques, ces trois œuvres puisent leur intrigue dans des romans de chevalerie. Roland – paladin invincible, rendu fou par la trahison amoureuse d&rsquo;Angélique – est né sous la plume de l&rsquo;Arioste, dans son poème épique <em>Roland furieux. </em>Ce texte connaîtra une grande fortune lyrique au siècle suivant, aussi bien chez Haendel que Haydn, sans oublier Rameau avec ses <em>Paladins</em>. Le sujet offre au poète comme au compositeur un terrain dramatique d&rsquo;une richesse rare, avec des touches de merveilleux, des personnages passionnés, une méditation sur l&rsquo;amour et la gloire. Quinault y distille une subtile ironie dans son rapport à l&rsquo;œuvre originale, qui affleure dans les situations les plus convenues et confère à l&rsquo;ensemble une dimension légère que l&rsquo;on pourrait aisément manquer : on ne rit pas à gorge déployée dans <em>Roland</em>, moins franchement en tout cas que dans <em>Cadmus et Hermione</em>, mais on est autorisé à sourire plus d&rsquo;une fois.</p>
<p style="font-weight: 400;">C&rsquo;est précisément cette dimension qu&rsquo;<strong>Emiliano González Toro</strong> et <strong>Mathilde Étienne</strong> entendent pleinement révéler, en opposition à l&rsquo;interprétation de référence de Christophe Rousset, parue chez Naïve en 2005, où <em>Roland</em> apparaît comme une œuvre plus grave et solennelle. La mise en espace, vraisemblablement signée par Mathilde Étienne (même si le programme crédite les deux artistes à la « direction », indiquant par là que le travail scénique et musical ne font qu&rsquo;un), se concentre ainsi sur le travestissement burlesque de la source épique. Les personnages sont tous un peu ridicules, par leur comportement extrême ou maladroit, rejoignant par là l&rsquo;apparence bizarre que pouvait revêtir pour la cour de France les personnages de ces romans de chevalerie, éloignés du canon français de l&rsquo;époque. Mais la caractérisation et la gestuelle adoptées par les interprètes versent trop souvent dans le cartoonesque, forçant un trait que le texte ménage avec soin. Là où Quinault instille l&rsquo;ironie par touche, la scène tend parfois à l&rsquo;asséner, proposant une lecture au forceps de l&rsquo;œuvre. Ce déséquilibre entre l&rsquo;intention dramaturgique et son exécution demeure le principal bémol de la soirée, même si on peut saluer cette approche singulière de Lully et Quinault, qui ne demanderait qu&rsquo;à être affinée.</p>
<p style="font-weight: 400;">Dans la fosse, ou plutôt face aux chanteurs, selon une disposition historiquement informée qui favorise le dialogue entre le continuo et les voix, les instrumentistes d’<strong>I Gemelli</strong> font merveille, sous la direction souple et attentive de González Toro. Chaque scène est justement caractérisée et on retrouve dans l’accompagnement la subtilité qui manque parfois sur le plateau. Le continuo miroitant constitue l&rsquo;un des attraits majeurs de la soirée : violes et clavecin tissent sous les voix un réseau de couleurs changeantes, sensibles à la moindre inflexion du texte. On retiendra surtout la manière dont le duo d&rsquo;Angélique et Médor au troisième acte, avant même que n&rsquo;advienne la vaste chaconne, en emprunte déjà la forme : le continuo y établit une pulsation obstinée, presque monteverdienne, sur laquelle les deux voix s&rsquo;enlacent avec une grâce confondante. González Toro et ses instrumentistes savent mettre à profit leur connaissance du répertoire italien pour révéler ce qui reste d’influence italienne dans la musique de Lully.</p>
<p>Pour incarner le rôle-titre, <strong>Jérôme Boutillier</strong> n&rsquo;était peut-être pas un choix idéal. On sait l&rsquo;interprète admirable dans le répertoire du XIXe siècle et son Cadmus était honorable à la Philharmonie en janvier, mais la couleur vocale est ici trop uniforme pour épouser les contours de la déclamation exigés par le genre. Le parti pris d&rsquo;un Roland exclusivement bouffe (une sorte d&rsquo;enfant outragé dont le jeu et la gestuelle appuient chaque effet jusqu&rsquo;à l&rsquo;épuisement) est par ailleurs d&rsquo;une lisibilité si univoque qu&rsquo;il prive le personnage de toute profondeur. Reste que l&rsquo;interprète a un charme et un charisme naturels qui font assurément leur effet. <strong>Karine Deshayes</strong> possède elle aussi une voix a priori plus bâtie pour le répertoire du XIXe siècle. Elle incarne Angélique avec une voix très ronde et ample, qu&rsquo;elle allège cependant avec soin pour épouser les exigences du style. Les éclats sont ménagés, réservés à des moments choisis, comme cette montée soudaine sur le mot « gloire » à l&rsquo;acte III, qui saisit par sa densité inattendue. Elle trouve dans cet emploi une noblesse et une forme d&rsquo;expressivité qui font aisément oublier ce que l&rsquo;instrument peut avoir de surdimensionné dans ce répertoire. En Médor, <strong>Juan Sancho</strong> confirme qu&rsquo;il est l&rsquo;une des voix de haute-contre les plus accomplies de sa génération. Aussi éloquent dans la plainte que dans l&rsquo;éclat, aussi engagé dramatiquement que ciselé dans le phrasé, il donne au personnage une présence lumineuse et constante qui emporte tout sur son passage.</p>
<p><strong>Alix Le Saux</strong>, un peu en retrait dans le prologue, gagne en mordant et en autorité au cinquième acte : c&rsquo;est avec un charisme puissant que sa fée Logistille convie Roland à suivre son destin glorieux. De son côté, <strong>Lila Dufy</strong> offre à Témire une voix ductile et joliment colorée, même si l&rsquo;articulation, parfois un peu pâteuse, nuit à la saveur du texte. <strong>Victor Sicard</strong> prête à Démogorgon une belle voix homogène, portée par un soin réel de la déclamation et une longueur de souffle qui impressionne. <strong>Morgan Mastrangelo</strong> révèle dans les rôles de Coridon et Astolfe une voix de haute-contre d&rsquo;une grande finesse et souplesse, mais dont la projection semble légèrement sous-dimensionnée pour l&rsquo;Opéra Royal. <strong>Nicolas Brooymans</strong> est un Ziliante expressif et bien caractérisé. Quant à <strong>Pierre-Emmanuel Roubet</strong>, il éblouit en Tersandre par l&rsquo;éloquence et la précision de son expression, surtout dans son récit frémissant du quatrième acte, grand moment de théâtre.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Les Pages et les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles</strong>, placés sous la direction de <strong>Fabien Armengaud</strong>, s&rsquo;imposent comme l&rsquo;un des points forts de la soirée. La franchise des timbres de tous les pupitres fait merveille, y compris la verdeur savoureuse des voix des pages, ainsi que la précision de la prononciation. Les quelques chanteuses extraites du chœur se montrent remarquables, en particulier une soprano dont le moelleux du timbre et la finesse déclamatoire rappellent, avec une troublante évidence, Agnès Mellon dans ses plus grandes heures. On se prend à rêver à l’allure différente qu’aurait pu prendre la soirée si les rôles principaux avaient été tenus par ce type de voix. Il faudra attendre la parution de l’enregistrement audio pour juger si la prise de son aura su capter ce que la soirée avait de meilleur – et espérer que González Toro et Étienne auront l’occasion d’affiner, dans de futures productions, leur approche singulière, qui ne demande qu’à trouver son plein équilibre.</p>
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		<item>
		<title>SALOMON, Médée et Jason &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/salomon-medee-et-jason-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Feb 2026 08:15:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On a souvent pu entendre ces dernières années à Versailles des œuvres rares de compositeurs moins familiers que Lully, Charpentier ou Rameau. Si les noms de Gervais, Leclair, Campra ou Marais demeurent au moins identifiables, celui de Joseph-François Salomon, lui, a quasiment disparu de la mémoire collective. Sa première tragédie lyrique, Médée et Jason, composée &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">On a souvent pu entendre ces dernières années à Versailles des œuvres rares de compositeurs moins familiers que Lully, Charpentier ou Rameau. Si les noms de Gervais, Leclair, Campra ou Marais demeurent au moins identifiables, celui de Joseph-François Salomon, lui, a quasiment disparu de la mémoire collective. Sa première tragédie lyrique, </span><em><span class="s2">Médée et Jason</span></em><span class="s1">, composée en 1713 à l’âge de cinquante-deux ans (Rameau en avait cinquante lorsqu’il composa </span><span class="s2"><em>Hippolyte et Aricie</em>)</span><span class="s1"> connut pourtant un succès considérable. Redonnée à plusieurs reprises au cours du XVIIIᵉ siècle, y compris à Bruxelles, l’œuvre sombre ensuite dans un long oubli. En 2021, Marie-Louise Duthoit et son ensemble baroque Actéa19 en avaient proposé une résurrection à Toulon. C’est aujourd’hui au tour de <strong>Reinoud Van Mechelen</strong>, à la tête de son ensemble <strong>A</strong></span><strong><span class="s2"> nocte temporis</span></strong><span class="s1">, de redonner vie à cette partition de très belle facture, contrepoint éclairant à la </span><em><span class="s2">Médée</span></em><span class="s1"> de Charpentier, composée exactement vingt ans plus tôt.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Si Salomon est aujourd’hui largement méconnu, le librettiste de </span><em><span class="s2">Médée et Jason</span></em><span class="s1"> l’est un peu moins, puisqu’il s’agit de l’abbé Simon-Joseph Pellegrin, auteur du livret d’</span><em><span class="s2">Hippolyte et Aricie</span></em><span class="s1"> de Rameau. Pour ce premier essai dans le genre de la tragédie lyrique, Pellegrin choisit de présenter d&#8217;emblée Médée comme une figure toute-puissante et jalouse, là où Thomas Corneille, chez Charpentier, la dessinait plus humaine et affaiblie dans les deux premiers actes. Une autre inflexion notable par rapport au mythe et à la tragédie de son aîné concerne le personnage de Jason : moins fanfaron, plus diplomate, il est ici rongé par la culpabilité, ce qui en fait un protagoniste d’une plus grande complexité. La place accordée à Créuse est elle aussi bien différente. Elle est plus active et moins pathétique que chez Corneille/Charpentier et c&rsquo;est elle qui prophétise dès le deuxième acte l’issue de la tragédie dans un songe qui compte parmi les scènes les plus réussies de l’ouvrage. Par ailleurs, a</span><span class="s1">ucune allusion n’est faite ici à la robe empoisonnée : Créuse est poursuivie par Créon qui, dans sa folie, la confond avec Médée, avant de disparaître dans l’effondrement du palais de son père. L&rsquo;extrême fin de la tragédie est peut-être moins fulgurante et saisissante que chez Charpentier : plus douce et plus lyrique, sans symphonie orchestrale conclusive, elle se concentre sur la lamentation de Jason, désireux de se percer le cœur, mais retenu par le peuple. Elle n’en reste pas moins déconcertante dans sa construction : chaque acte, de durée sensiblement équivalente, s’achève sur un divertissement ; ainsi, au cinquième acte, tandis que tout semble devoir s’arranger, l’illusion d’un </span><em><span class="s2">lieto fine</span></em><span class="s1"> pourrait presque s’imposer quand s&rsquo;achève le divertissement des Corinthiens chantant « Vivons sans crainte, aimons sans contrainte ». Mais l’action se précipite soudain et la tragédie s’accomplit finalement dans toute sa violence. Pellegrin a trouvé là un artifice dramaturgique des plus ingénieux. </span></p>
<p>Sur le plan musical, <em data-start="243" data-end="259">Médée et Jason</em> se caractérise par une écriture d’une grande souplesse, attentive aux inflexions de la langue. Les récitatifs, très développés, évitent la sécheresse grâce à un continuo toujours mobile. Salomon fait un usage expressif de l’orchestre, en particulier des cordes, dont les traits incisifs et contrastés créent des moments de grandes tensions, notamment au deuxième acte lors de l&rsquo;apparition de Médée puis à la toute fin de l&rsquo;ouvrage pendant la folie de Créon. La partition se distingue également par une recherche de couleurs instrumentales variées : basson et hautbois sont joliment mis en valeur dans plusieurs divertissements. Enfin, l’écriture harmonique, globalement conventionnelle, révèle par touches une ambition qui dépasse le simple respect du modèle lulliste, mais de manière beaucoup plus mesurée que Charpentier, dont les audaces avaient été très mal accueillies par le public en 1693. L&rsquo;œuvre de Salomon laisse en tout cas entrevoir des évolutions stylistiques que l’on associera plus tard à Rameau.</p>
<p data-start="1109" data-end="1836">À la tête de son ensemble A nocte temporis, Reinoud Van Mechelen propose une lecture engagée et structurée de la partition. L’effectif orchestral est plus réduit que celui de l&rsquo;Académie Royale de musique au moment de la création et l&rsquo;on aimerait parfois pouvoir entendre certains passages dans un dispositif moins chambriste. Cela n&rsquo;entrave cependant nullement la lisibilité de l’ensemble : la précision des attaques, la mobilité du continuo et le soin apporté aux équilibres permettent de faire ressortir les contrastes de texture et de caractère des différentes scènes. Les danses, nombreuses, bénéficient d’un élan délicieux, notamment au quatrième acte dans le divertissement des matelots, qui rappelle l&rsquo;<em data-start="1691" data-end="1700">Alcyone</em> de Marin Marais, et donc le chef se plaît à souligner l&rsquo;originalité par une gestuelle presque rock&rsquo;n&rsquo;roll.</p>
<p data-start="183" data-end="946">La distribution réunie à Versailles diffère en quelques points de celle qui figure sur l&rsquo;enregistrement publié par Château de Versailles Spectacles (faisant suite au concert de Namur). En l’absence de surtitrage, elle se distingue par la qualité du français et par un engagement constant, donnant parfois le sentiment d’assister à une version semi-scénique de l’ouvrage. Reinoud Van Mechelen renouvelle ici l’exploit qu’il avait déjà accompli à Versailles dans <em data-start="644" data-end="664">Céphale et Procris</em>, en assurant simultanément la direction et le rôle masculin principal. Son Jason se caractérise par une grande éloquence et une tessiture pleinement maîtrisée, avec une incarnation plus fouillée encore que celle qu’il proposait <a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">chez Charpentier au Palais Garnier</a> il y a deux ans. <strong>Floriane Hasler</strong> prête à Médée un timbre légèrement acide et une émission parfois appuyée, qui détonnent avec l’ensemble (ce qui n’est pas insensé lorsqu’il s’agit de caractériser Médée). Son interprétation n’en est pas moins saisissante, portée par une présence très affirmée, des regards de feu et une science du trait fielleux. De son côté, <strong>Mélissa Petit</strong> compose une Créuse au timbre charnu et ductile, d’une somptuosité envoûtante, avec un soin particulier accordé aux mots et à la conduite de la ligne dans les passages les plus expressifs. <strong>Annelies Van Gramberen</strong>, en Europe et Cléone, séduit moins immédiatement par la couleur de son timbre, mais se distingue par une maîtrise solide du souffle et une précision expressive. En Melpomène et en Nérine, <strong>Jehanne Amzal</strong> apporte un chant souple et fruité, qui crée un contraste net avec sa maîtresse Médée. Enfin, reprenant les rôles de Créon et d’Apollon dans un délai très court, <strong>Michael Mofidian</strong> impose une voix de baryton-basse solide et incisive, soutenue par une projection directe et un sens assuré du verbe. On rêve déjà de pouvoir le réentendre.</p>
<p data-start="183" data-end="946">Le <strong>Chœur de chambre de Namur</strong> s’impose d’emblée par la qualité du français, remarquablement soigné, et par une implication qui irrigue l’ensemble de la soirée. Cette tenue collective se reflète dans les interventions de plusieurs solistes issus de ses rangs, parmi lesquels on retiendra tout particulièrement <strong>Virginie Thomas</strong> et <strong>Maxime Melnik</strong>, ténor à la voix claire et souple, d’un charme immédiat. Le disque publié la veille du concert par Château de Versailles Spectacles permet de prolonger heureusement la découverte de cette œuvre dont on ne peut que recommander l&rsquo;écoute. On ne peut enfin que saluer une fois encore le Centre de musique baroque de Versailles et Reinoud Van Mechelen pour leur engagement en faveur de ce type d&rsquo;ouvrage trop longtemps négligé, et qui en l’occurrence mériterait vraiment une résurrection scénique.</p>
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		<title>Récital Max Emanuel Cenčić &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-max-emanuel-cencic-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Feb 2026 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Trop rarement invité sur les scènes françaises, Max Emanuel Cenčić retrouve le public versaillais pour un programme consacré aux compositeurs baroques qui lui sont chers. Au vu de l’accueil triomphal réservé au récital, nul doute que l’attente était vive – et pleinement comblée. Dans l’écrin du Salon d’Hercule, le contre-ténor autrichien, en forme olympique, se livre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Trop rarement invité sur les scènes françaises, </span><b>Max Emanuel Cenčić</b><span style="font-weight: 400;"> retrouve le public versaillais pour un programme consacré aux compositeurs baroques qui lui sont chers. Au vu de l’accueil triomphal réservé au récital, nul doute que l’attente était vive – et pleinement comblée. Dans l’écrin du Salon d’Hercule, le contre-ténor autrichien, en forme olympique, se livre à une magistrale leçon de chant baroque. Il revisite plusieurs rôles récemment défendus sur scène, de Guido dans </span><i><span style="font-weight: 400;">Flavio</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Haendel, créé pour le castrat Senesino et qu’il incarnait </span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-flavio-bayreuth/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">en 2023</span></a><span style="font-weight: 400;"> au Bayreuth Baroque Festival, à Lottario dans l&rsquo;irrésistible </span><i><span style="font-weight: 400;">Carlo il Calvo</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Porpora, présenté dans ce même cadre </span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/carlo-il-calvo-bayreuth-quand-lopera-reenchante-le-monde/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">en 2020</span></a><span style="font-weight: 400;">. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il suffit de deux arias et d&rsquo;une dizaine de minutes pour que Cenčić déploie toute l’étendue d’un talent demeuré intact après près de trente-cinq années de carrière. Dans « Bramo te sola » (</span><i><span style="font-weight: 400;">Floridante</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Haendel), le contre-ténor fait résonner les élans passionnés de cet air avec une expressivité ardente, un engagement total et une virtuosité à toute épreuve. Changement complet de climat avec « Nume che reggi ’l mare » (</span><i><span style="font-weight: 400;">Arianna in Nasso</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Porpora), dont l’écriture, un rien guindée, pourrait aisément conduire à l’ennui. Portée par l’intensité du chant de Cenčić – legato souverain, demi-teintes subtiles et ornementation ciselée –, la page devient profondément déchirante. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le reste du récital se maintient à ce niveau d’exigence, sans la moindre baisse de régime ; l’artiste, en pleine confiance, livrant des variations et des cadences toujours plus audacieuses, notamment dans l’aigu. Chantant sans partition et incarnant pleinement ses personnages, Cenčić instaure un contact direct avec la salle, et l&rsquo;auditoire le lui rend avec ferveur. Deux bis superlatifs, extraits de </span><i><span style="font-weight: 400;">Rodelinda</span></i><span style="font-weight: 400;"> et de </span><i><span style="font-weight: 400;">Radamisto</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Haendel, tout aussi saisissants d&rsquo;aisance dans les coloratures, achèvent de mettre le public K.O.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le concert offrait également l’occasion de découvrir ou de redécouvrir l’excellent </span><b>{oh!} Orkiestra</b><span style="font-weight: 400;">, ensemble polonais parmi les plus engagés de la scène baroque actuelle. Malgré un effectif réduit à une dizaine de cordes seulement, l&rsquo;orchestre déploie une énergie et une précision remarquables tout au long de la soirée. Il faut voir avec quel panache les instrumentistes se lancent, par exemple, dans les ouvertures de </span><i><span style="font-weight: 400;">Radamisto</span></i><span style="font-weight: 400;"> ou de </span><i><span style="font-weight: 400;">Alessandro Severo</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Haendel : rythmes pointés, attaques vives, effets de surprise, c’est un miracle permanent. Cette cohésion tient beaucoup à la direction du premier violon, </span><b>Martyna Pastuszka</b><span style="font-weight: 400;">, véritable moteur de la soirée. D’un panache affirmé et d’une présence magnétique, elle insuffle à l’orchestre un élan collectif parfaitement en phase avec la prestation de Max Emanuel Cenčić.</span></p>
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		<title>LULLY, Atys &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lully-atys-versailles-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Reprise attendue ce soir à Versailles d’un spectacle très bien accueilli tant par la critique que par le public. Si le succès ne se dément pas aux applaudissements, nous avouons être réservé sur cette production qui convainc plus visuellement que musicalement.  Peu à redire sur la mise en scène/chorégraphie d’Angelin Preljocaj  pour une tragédie lyrique &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span data-contrast="auto">Reprise attendue ce soir à Versailles d’un spectacle très bien accueilli tant par la critique que par le public. Si le succès ne se dément pas aux applaudissements, nous avouons être réservé sur cette production qui convainc plus visuellement que musicalement.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Peu à redire sur la mise en scène/chorégraphie d’<strong>Angelin Preljocaj </strong> pour une tragédie lyrique dont les scènes les plus célèbres portent sur le sommeil puis la folie, poétiser l’ensemble de l’espace scénique par la danse, autant que la langue l’est par la musique est très fertile esthétiquement. Sans compter que les chorégraphies évoluent avec le propos de plus en plus passionné de Quinault : au hiératisme initial succède peu à peu plus de fluidité sensuelle. On pourrait presque y voir un résumé du parcours stylistique du chorégraphe, c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs sa propre troupe qui danse ici (mention spéciale au très bel Atys de Valen Rivat-Fournier). Les danseurs doublent ou environnent des chanteurs qui dansent eux-mêmes et surlignent ainsi le propos dramatique (les tournoiements de Sangaride autour d’Atys et Célénus au III). On ne cherche pas à révéler un sens caché, à rapprocher ce drame du quotidien du spectateur. Comme chez Villégier, l’étrangeté et l’éloignement de ce monde sont entretenus. Par des costumes irréels antiquo-japonisants et par un décor minimaliste qui se transforme au fil des actes : des murs lézardés du temple ne restent bientôt plus que les fissures, qui sont en fait les racines du pin, arbre dans lequel Cybèle assurera l’éternité de l’objet malheureux de son désir. La stylisation maniaque de tout l’espace est aussi ce qui nuit aux deux premiers actes : déjà faibles dramatiquement, ils sont réfrigérés par un tel traitement et nous valent un premier duo des amants glacial et une fête bien guindée. Dans ce contexte, le raccourcissement drastique du prologue n’est pas une mauvaise chose. </span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Musicalement par contre, nos oreilles françaises ne trouvent pas les mêmes charmes à cette distribution internationale qu’aux chanteurs francophones entendus dans les dernières productions de l’œuvre. Rappelons que c’est sans doute l’œuvre de Lully qui laisse le plus de place au texte (Villégier faisait répéter le texte aux chanteurs à la table, comme des acteurs), et que l’exactitude de la prononciation ne suffit pas à assurer l’éloquence. A ce jeu, ce sont les seconds rôles qui s’en tirent le mieux : <strong>Lore Binon</strong> est une Mélisse lumineuse, <strong>Luigi De Donato</strong> un Sangar très vivant et <strong>Mariana Flores</strong> une Doris très présente. L’acmé vocale de la soirée est atteinte par un quatuor du sommeil particulièrement luxueux : si <strong>Victor Sicard</strong> est un Idas bien terne, il campe un <strong>Phobétor</strong> impressionnant, très bien appareillé au Phantase caverneux d’<strong>Attila Varga-Tóth</strong> ;  <strong>Valério Contaldo</strong> est rayonnant en Morphée, et <strong>Nicholas Scott</strong> irradie en Sommeil, à tel point que la performance de l’autre ténor de la soirée s’en trouve un peu éclipsée. <strong>Matthew Newlin</strong> a en effet bien des qualités (projection, présence, prononciation) mais il sacrifie fréquemment la grâce à la puissance, au point d’abimer son timbre dans des aigus souvent nasillards et de se contenter d’un jeu fougueux mais maladroit (cet air benêt quand Cybèle le sort de sa folie). Son amante est plus élégante et adamantine mais <strong>Ana Quintans </strong>livre un « Atys est trop heureux » peu imaginatif et cède à la mièvrerie dans sa plainte du troisième acte. <strong>Andreas Wolf</strong> a plus de mal à se faire comprendre mais il compense une articulation ouateuse par une opulence vocale et une grande probité dramatique. C’est toutefois à la Cybèle de <strong>Giuseppina Bridelli</strong> à laquelle un riche répertoire d’accents fait le plus défaut. Aucun doute sur le fait que ce soit une excellente chanteuse, mais la comparaison avec ce dont elle est capable dans Cavalli souligne tout ce qui lui manque ici : plus de variété dans les affects. Il faut ici une diseuse extraordinaire, or « Espoir si cher » ou le final sont investis et sensibles mais répétitifs, si bien que le personnage y perd sa divinité menaçante sans pourtant nous émouvoir par son humanité, insuffisamment fouillée. </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Si le <strong>Chœur de l’Opéra royal</strong> souffre d&rsquo;une insuffisante netteté, la donne est plus heureuse avec une <strong>Cappella Mediterranea</strong> au son toujours aussi velouté et aux rythmiques ductiles, parfois un peu ivre de son faste. <strong>Leonardo García Alarcón</strong> organise cette atmosphère oniroïde avec un certain déficit de nervosité au continuo et des contrastes parfois trop atténués. On aime notre Lully plus sec.</span><span data-ccp-props="{}"> </span></p>
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		<title>Récital Alex Rosen &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-alex-rosen-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce concert met à l’honneur la voix de basse et célèbre la tragédie lyrique française, par deux de ses plus illustres représentants, Jean-Baptiste Lully et Jean-Philippe Rameau. Ce répertoire, au cœur de l’esthétique baroque, accorde une place privilégiée à la déclamation et à l’expressivité dramatique. Dans la somptueuse Grande salle des Croisades du château de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p data-start="247" data-end="987">Ce concert met à l’honneur la voix de basse et célèbre la tragédie lyrique française, par deux de ses plus illustres représentants, Jean-Baptiste Lully et Jean-Philippe Rameau. Ce répertoire, au cœur de l’esthétique baroque, accorde une place privilégiée à la déclamation et à l’expressivité dramatique. Dans la somptueuse Grande salle des Croisades du château de Versailles, monstres, dieux et héros se succèdent, mobilisant la profondeur et l’autorité de cette tessiture pour incarner la menace, la fureur ou la grandeur morale. À travers ces figures hors norme, le parcours, intelligemment construit entre airs et passages instrumentaux, explore les passions humaines dans ce qu’elles ont de plus radical et spectaculaire.</p>
<p data-start="247" data-end="987">La voix d’<strong>Alex Rosen</strong> repose sur une assise grave solide, particulièrement marquante dans « Profonds abîmes du Ténare » (<em data-start="1109" data-end="1133">Le Temple de la gloire</em> de Rameau), où la noirceur du timbre donne un relief saisissant au personnage. Dans « Entendez ma voix souveraine » (<em data-start="1251" data-end="1261">Dardanus</em>), la basse américaine impose une autorité sereine, soutenue par une déclamation soignée qui garantit une parfaite lisibilité du texte. Cette noblesse du grave, presque royale, trouve toutefois à de rares moments ses limites lorsque la ligne s’élève : l’aigu, sans jamais se dérober, apparaît alors plus tendu et moins libre. « Ah ! qu’on daigne du moins » (<em data-start="1608" data-end="1629">Hippolyte et Aricie</em>) met en lumière une facette plus intériorisée de son chant, où l’expression se fait plus contenue. Très investi, l’interprète incarne ses personnages avec une intensité physique affirmée – regard perçant, port souverain – contribuant à maintenir, tout au long de cette heure et demie de concert, une tension dramatique palpable jusque dans l’écoute du public.</p>
<p data-start="2039" data-end="2763">Alex Rosen trouve en <strong>Gaétan Jarry</strong> un partenaire idéal, le chef dirigeant ce florilège baroque avec une énergie et une imagination constamment renouvelées. À la tête d’une vingtaine de musiciens, il conduit l’<strong>Orchestre de l’Opéra Royal</strong> dans une lecture engagée, où les cordes, très sollicitées, insufflent une nervosité expressive aux pages instrumentales, tandis que les bois – et notamment les bassons, si chers à Rameau – sont mis en valeur avec finesse. Les passages instrumentaux s’insèrent pleinement dans la dramaturgie du récital, servant de véritables transitions entre monstres et héros. Un disque produit par Château de Versailles Spectacles viendra prochainement prolonger l’expérience de ce programme.</p>
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