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16 janvier 1886 : Mort d’un chainon

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16 janvier 2026
Amilcare Ponchielli disparaît le 16 janvier 1886.

Ce 16 janvier 1886, Amilcare Ponchielli meurt à seulement 51 ans, sans doute d’une pneumonie, dont l’issue a été précipitée par un état général d’épuisement. Depuis cinq ans, le compositeur enseignait au Conservatoire de Milan et souffrait de surmenage lié à la volonté de composer de plus en plus, en écho à une renommée croissante qu’il avait mis du temps à acquérir et qui semblait enfin advenir depuis la présentation, en 1876, de La Gioconda, son seul grand triomphe, malgré d’autres succès réels mais moins marquants (I Promessi sposi ; ou encore Marion Delorme, son dernier opéra achevé).

Son prestige provenait aussi de ses activités de pédagogue. Très respecté, il formera Puccini, Mascagni ou Leoncavallo et leur enseigne la solidité technique, notamment s’agissant de l’orchestration, et l’efficacité dramatique.

On le voit souvent comme une sorte d’héritier de Verdi – qui était alors encore en pleine forme, malgré des ennuis de santé récurrents et ses accès de mélancolie réguliers – un chainon entre la grande figure de l’opéra italien après la mort de Rossini et la génération montante qu’il a donc contribué à former.

Verdi, lui, respecte sincèrement Ponchielli. On sait pourtant que le quasi Parmesan a la dent souvent dure, notamment dans sa correspondance. Or, lorsqu’il évoque – certes rarement – son cadet, il ne le critique pas et dit de lui, par exemple à l’éditeur Ricordi, qu’il est un musicien sérieux, travailleur, honnête, au métier solide ; autant de qualificatifs qu’il faut prendre chez Verdi au pied de la lettre, sans ironie. Jamais cependant ce dernier ne voit en Ponchielli ni une sorte d’héritier, ni un génie ou un nouveau modèle. Admiratif de La Gioconda, il se contente de saluer un « grand succès théâtral ». Ponchielli, lui, regarde vers le haut lorsqu’il parle de Verdi, « il nostro primo Maestro », « le plus grand musicien dramatique d’Italie, qui a appris à faire vivre le théâtre par la musique ». Fidèle à son propre caractère, Ponchielli restera toujours discret dans son respect très sincère pour le maître. A la mort de Ponchielli, Verdi montre une tristesse sincère devant cette disparition prématurée, une « perte douloureuse ».

Les funérailles de Ponchielli ont lieu à l’église San Marco de Milan, avant son inhumation au fameux Cimitero Monumentale. L’assistance est nombreuse, issue essentiellement du monde musical, et beaucoup parmi les jeunes compositeurs. On y joue des œuvres sacrées du disparu, mais l’ensemble reste sobre et digne, comme le compositeur. Au fond, c’est peut-être l’article nécrologique paru dans la Gazzetta musicale di Milano qui le résume le mieux : « Amilcare Ponchielli fut un musicien sérieux, savant et consciencieux, qui honora l’art sans tapage ni vanité ».

Qui sait ce qu’aurait pensé un tel modeste des hippopotames et des crocodiles de la Danse des heures de Gioconda insérés dans la Fantasia de Walt Disney moins de 40 ans plus tard et qui ne seront pas pour rien dans la perpétuation de sa mémoire ?…

Sa dernière œuvre achevée est donc Marion Delorme, d’après Victor Hugo, que le festival de Radio-France à Montpellier a ressuscité il y a déjà de nombreuses années. En hommage à Amilcare Ponchielli et pour changer de son immortelle Gioconda, en voici un extrait du concert montpelliérain capté en 2001.

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