Dix spectacles incontournables de la saison 2018-19

Par Anonyme (non vérifié) | lun 03 Septembre 2018 | Imprimer

Après consultation de la 23e édition du guide Musique & Opera et pas mal de discussions autour des distributions et des ouvrages, voici par ordre chronologique dix spectacles à ne rater sous aucun prétexte en 2018-19.


Jacques Offenbach, Les Fées du Rhin, Opéra de Tours, du 28 septembre au 2 octobre 2018 (plus d’informations)

Sans attendre 2019, Tours commémore le bicentenaire de la naissance de Jacques Offenbach avec une nouvelle production des Fées du Rhin, opéra romantique en quatre actes, créé en 1864 – la même année que La belle Hélène – à Vienne sous le nom de Die Rheinnixen, longtemps considéré comme une tentative ratée de grand opéra jusqu’à ce que sa création française en 2002 en version de concert à Montpellier n’en révèle la valeur, autre qu’anecdotique (une partie de la partition fut recyclée dans Les Contes d’Hoffmann, dont le Chant des Elfes pour la Barcarolle). L’événement est d’autant plus notable qu’il s’agira seulement de la troisième production de l’ouvrage depuis les représentations viennoises originelles. La mise en scène a été confiée à Pierre-Emmanuel Rousseau. Serenad Burcu Uyar, Sébastien Droy, Marie Gautrot et Jean Luc Ballestra dans les rôles principaux sont placés sous la direction de Benjamin Pionnier. [Christophe Rizoud]

Luigi Cherubini, Médée, Staatsoper, Berlin, du 7 au 28 octobre (plus d’informations)

Les Huguenots reviennent enfin à Paris, après plus de 80 ans d’absence, mais il est encore des œuvres historiquement capitales que notre première scène nationale laisse se morfondre. La Médée de Cherubini est de celles-là, et il faudra aller à Berlin pour la voir cette saison. S’il paraît peu probable qu’Andrea Breth conserve tout le texte parlé dans sa production, il faut espérer que Daniel Barenboïm saura diriger la partition avec style. Enfin, comptons sur Sonya Yoncheva pour ne pas succomber aux sirènes expressionnistes et pour véritablement chanter le rôle-titre, ce qui n’a pas toujours été le cas lors de représentations récentes de ce chef-d’œuvre. [Laurent Bury]

Jacques Offenbach, Barkouf, Opéra National du Rhin, Strasbourg, du 7 au 23 décembre, Mulhouse les 6 et 8 janvier (plus d’informations)

Offenbach encore, mais quand on aime, on ne compte pas. Surtout avec une rareté aussi absolue que Barkouf, ou un chien au pouvoir, composé pour l’Opéra-Comique en 1860 et qui, sauf erreur, attendait encore sa résurrection. Mariame Clément avait eu la main heureuse à Strasbourg avec un autre opéra animalier, Platée, et l’on souhaite que le chien l’inspire autant que la grenouille. Grand défenseur du répertoire français, Jacques Lacombe dirigera cette partition dont aucun air n’a survécu dans les mémoires. [Laurent Bury]

Ambroise Thomas, Hamlet, Paris, Opéra Comique, du 17 au 29 décembre 2018 (plus d’informations)

Au début de l’opéra d’Ambroise Thomas, Hamlet refuse d’assister au couronnement de son oncle Claudius. A l’Opéra Comique en fin d’année, nul ne saura se dispenser d’assister au sacre des meilleurs artistes français – Stéphane Degout et Sabine Devieilhe en tête, sans oublier Louis Langrée à la baguette – dans un ouvrage qui réserve la première place à la voix de baryton et une scène de folie à la soprano. [Christophe Rizoud]

Anno Schreier, Schade, dass sie eine Hure war, Deutsche Oper am Rhein, Düsseldorf, du 16 février au 17 mars (plus d’informations)

Si Shakespeare a beaucoup inspiré les compositeurs du XIXe siècle, l’opéra peut encore trouver chez lui ou chez ses contemporains des livrets fort efficaces. John Ford écrivit en 1626 Dommage qu’elle soit une putain, sombre histoire d’inceste naguère brillamment montée par Luchino Visconti avec Alain Delon et Romy Schneider. Düsseldorf présentera en création mondiale la nouvelle œuvre du jeune compositeur allemand Anno Schreier (né en 1979) a déjà plusieurs succès lyriques à son actif, notamment Die Stadt der Blinden (Zürich, 2011) et Hamlet (Vienne, 2016). La mise en scène du très inventif David Hermann ne devrait pas non plus passer inaperçue. [Laurent Bury]

Vincenzo Bellini, Il pirata, Grand Théâtre de Genève, 22 et 24 février 2019 (plus d’informations)

Après la production milanaise apparemment aboutie d’Il pirata la saison passée, pourquoi de nouveau signaler parmi les immanquables de la saison l’opéra de Bellini – qui plus est en version de concert ? Parce qu’auréolée de son récent album Rossini, Marina Rebeka pourrait faire des étincelles dans ce répertoire assujetti à un tempérament et à des règles que peu maîtrisent. Parce que surtout, Michael Spyres est aujourd’hui le ténor le mieux placé pour approcher la vérité vocale de Gualtiero, rôle conçu à l’origine pour le légendaire Giovan Battista Rubini à propos duquel Théophile Gautier écrivait « Tous les superlatifs sont épuisés : admirable est faible ; sublime bien pâle… ». [Christophe Rizoud]

Giuseppe Verdi, La forza del destino, Londres, Royal Opera House, du 21 mars au 5 avril 2019 (plus d’informations)

Pas de saison d’opéra sans une production tape à l’œil avec, en haut de l’affiche, bousculade de noms prestigieux. En 2018-2019, la palme revient à La forza del destino dirigée à Londres par Antonio Pappano dans une mise en scène de Christof Loy avec dans les rôles principaux : Anna Netrebko, Jonas Kaufmann, Ludovic Tézier, Alessandro Corbelli, Veronica Simeoni, Ferruccio Furlanetto. N’en jetez plus ! [Christophe Rizoud]

Jean-Philippe Rameau, Les Boréades, Opéra de Dijon, du 22 au 28 mars (plus d’informations)

A l’heure où Zürich et Berlin affichent Hippolyte et Aricie, notre pays ne pouvait oublier Rameau. Depuis son excessivement posthume création en 1982 à Aix-en-Provence, on sait que Les Boréades compte parmi les plus éclatantes réussites du Dijonnais dans le domaine lyrique. Robert Carsen en avait signé une production inoubliable au Palais Garnier, mais gageons que pour le premier spectacle qu’il conçoit spécialement pour un théâtre français, Barrie Kosky saura lui aussi relever le défi. Emmanuelle Haïm aura sur le plateau une distribution de rêve, mettant face à face Matthias Vidal et Hélène Guilmette. [Laurent Bury]

Giacomo Meyerbeer, Robert le Diable, Palais des Beaux-Arts, Bruxelles, les 2 et 5 avril (plus d’informations)

Fêté à Paris en début de saison, Meyerbeer aura sa part d’hommage de l’autre côté de la frontière. Pas sur les planches du Théâtre de la Monnaie, hélas, donc pas de ballet des nonnes en vue, mais on se consolera en songeant qu’une version de concert réussie est toujours préférable à une version scénique ratée. Il reviendra à Evelino Pidò de rendre vie à la partition, tandis que Lisette Oropesa complètera avec Isabelle un parcours entamé ce mois-ci en Marguerite des Huguenots. Dimitri Korchak sera Robert mais – cocorico ! – Nicolas Courjal sera Bertram et Julien Dran Raimbaut. [Laurent Bury]

Jules Massenet, Manon, Opéra national de Bordeaux, du 5 au 14 avril 2019 (Plus d’informations)

Aux côtés de valeurs sûres – Olivier Py à la mise en scène, Marc Minkowski au pupitre – cette Manon bordelaise réunit quelques-uns de nos jeunes espoirs du chant lyrique – Benjamin Bernheim, Nadine Sierra, Alexandre Duhamel… – comme une invitation à suivre le conseil chanté par l’héroïne de Massenet au 3e acte de l’opéra : « Profitons bien de la jeunesse ! » [Christophe Rizoud]

 

 

 

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