Questionnaire de Proust d'Adriana González

Par Bernard Schreuders | sam 22 Janvier 2022 | Imprimer

Adriana González​ est depuis quelques années une habituée des scènes lyriques françaises (Paris, Nancy, Toulon), mais elle n’y avait pas encore chanté Mimi, un rôle avec lequel elle se taillait un beau succès au Liceu l’été dernier. Rendez-vous est pris les 30 janvier, 1er et 4 février prochains à l’Opéra de Toulon qui avait déjà accueilli sa Liù en 2019, quelques mois avant qu’elle ne remportât le Premier Prix du Concours Operalia.

 




Mon meilleur souvenir dans une salle d’opéra ?

La première fois que j’ai vu La Bohème à l’Opéra Bastille. Je venais d’apprendre que j’étais prise à l’Atelier Lyrique de l’Opéra National de Paris et j’allais pouvoir rester à Paris pour commencer ma carrière de chanteuse lyrique. J’ai su alors que ma vie ne serait plus la même. 

Mon pire souvenir dans une salle d’opéra ?

Je n’ai pas vraiment de mauvais souvenir dans une salle d’opéra. Peut-être d’avoir chanté avec une jambe cassée – une semaine avant de commencer les répétitions. Mais la production était tellement bien faite et toute l’équipe m’a si bien soutenue que, finalement, je n’ai pas gardé de mauvais souvenir d’avoir chanté dans ces conditions. 

Le livre qui a changé ma vie ?

The Power of Now d’Eckhart Tolle.

Le chanteur mort que je voudrais ramener à la vie pour chanter avec ?

Giuseppe Giacomini ou Kurt Moll.  

Mon plus grand moment de grâce dans un musée ?

Entrer dans la cour Marly, au musée du Louvre, et y rester des heures pour regarder les sculptures et voir passer des enfants qui admirent l’art pour la première fois. Je n’ai pas eu cette opportunité dans mon enfance. 

La ville où je me sens chez moi ?

Paris.

La ville qui m’angoisse ?

Paris.

Ce qui, dans mon pays, me rend le plus fier ?

L’histoire des Maya et la manière dont ils aiment la Nature.

Le metteur en scène dont je me sens le plus proche ?

Alex Ollé. Il m’a beaucoup aidée à construire le personnage de Mimì pour mes débuts à Barcelone.

Mon pire souvenir avec un chef ?

De ne pas pouvoir respirer.

Si j’étais une symphonie ?

La Neuvième de Beethoven.

Et une sonate ?

La sonate pour piano numéro 14 de Beethoven (la Sonate au Clair de Lune).

Et un quatuor à cordes ?

Le quatuor numéro 2 en La mineur de Mendelssohn.

Si je devais chanter à mes propres funérailles, quel serait le dernier extrait ?

Le Kyrie de la Messe pour double chœur de Frank Martin. 

Le chanteur du passé qui me rend fou ?

Maria Callas, Leyla Gencer, Margaret Price, Montserrat Caballé...

Le chanteur du présent qui me rend fou ?

Gerald Finley, Lisette Oropesa, Anita Rachvelishvili...

Si j’étais un personnage de Harry Potter ?

Hedwig.

Le compositeur auquel j’ai envie de dire « mon cher, ta musique n’est pas pour moi » ?

Alban Berg.

Si j’étais un Lied ou une mélodie.

Chance de Robert Dussaut.

Mon pire souvenir historique des 30 dernières années.

La Covid ...

Le rôle que je ne chanterai plus jamais.

Paggio dans Rigoletto.

Ma devise.

« Si le problème a une solution, il ne sert à rien de s'inquiéter. Mais s'il n'en a pas, alors s'inquiéter ne change rien. » C’est mon grand-père qui m’a transmis ce proverbe chinois. 

 

 

 

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