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	<title>Stefano ANTONUCCI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Stefano ANTONUCCI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BIZET, Les Pêcheurs de perles — Lille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-pecheurs-de-perles-lille-les-affres-du-temps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jan 2020 22:34:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Déjà largement décrit et critiqué sur forumopera lors de sa création en Flandres et sa reprise luxembourgeoise, la production des Pêcheurs de perles du collectif FC Bergman installe sa tournette à l’Opéra de Lille en ce début 2020. S’il nous est permis d’ajouter un commentaire aux forces et faiblesses relevées par nos confrères, on s’inscrira &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Déjà largement décrit et critiqué sur forumopera lors de <a href="https://www.forumopera.com/les-pecheurs-de-perles-anvers-plus-on-est-de-warlikowski-plus-on-py">sa création en Flandres</a> et sa <a href="https://www.forumopera.com/les-pecheurs-de-perles-luxembourg-laudace-ne-paye-pas-toujours">reprise luxembourgeoise</a>, la production des <em>Pêcheurs de perles</em> du collectif <strong>FC Bergman</strong> installe sa tournette à l’Opéra de Lille en ce début 2020. S’il nous est permis d’ajouter un commentaire aux forces et faiblesses relevées par nos confrères, on s’inscrira quelque peu en faux. Prendre le souvenir et le mettre en lumière s’avère une idée judicieuse dans un livret où les personnages passent leur temps à évoquer leur jeunesse, les promesses faites et les erreurs commises quand l’action « au présent » se résume à une trame peu fournie sur un peu moins de deux heures de musique. En revanche, on les rejoindra sur le parti pris de la réalisation. Nous sommes maintenant tous familiers avec l’univers de l’EHPAD version mouroir et s’il fonctionne ici et met fortement en tension les éléments temporels du livret, il s’avère aussi particulièrement éventé au point qu’avec quelques torsades on pourrait mettre en scène n’importe quelle œuvre du répertoire par ce biais. Reste un savoir-faire technique et une attention à la direction d’acteur de qualité, qu’on suivra avec attention lors des prochaines réalisations de ce collectif.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/les-pecheurs-de-perles-20-01-20-simon-gosselin-71.jpg?itok=_fVRljPA" title="© Simon Gosselin" width="468" /><br />
	© Simon Gosselin</p>
<p>A Lille, la distribution est en revanche largement renouvelée et seule l’indisposition d&rsquo;André Heyboer quelques jours avant la première conduit <strong>Stefano Antonucci</strong>, titulaire à Anvers et à Luxembourg, à reprendre les habits de Zurga. Certes à 63 ans le chanteur accuse quelques faiblesses : une voix blanchie dans le haut de la tessiture, un vibrato envahissant à l’occasion. Le style, lui, reste d’une probité sans faille et l’adhésion à la proposition scénique assez bluffante. <strong>Marc Laho</strong> se révèle un Nadir idoine dans cette mise en scène, entre deux âges mais à la voix saine et au phrasé élégant. La voix de tête possède cette beauté élégiaque qui porte la romance sur des cimes et l’on regrette qu’en ce soir de première il renonce au dernier « Charmant souvenir » ajouté à l’air par la tradition et laisse chanter les bois à la place. <strong>Gabrielle Philiponet </strong>propose une Leïla en demi-teinte où l’on regrette le plus souvent l’absence de nuances, notamment dans les vocalises et son grand air. Peut-être était-elle gênée dans l’émission par sa « peau » de vieille femme qui emprisonne son visage comme dans une cagoule. Le dernier acte et le duo avec Zurga la montreront autrement plus sensible et assurée. <strong>Rafal Pawnuk</strong> complète le quatuor d’une voix noire et puissante où l’on dénote quelques voyelles exotiques dans la prononciation du français. Rien à redire de la prestation des chœurs de l’opéra de Lille, homogènes et puissants dans leurs nombreuses interventions.</p>
<p>En fosse, <strong>Guillaume Tourniaire</strong>, choisit des tempi vifs pour animer les premières scènes, ce qui met à mal la cohésion entre les pupitres de l’orchestre, puis il trouve un rythme de croisière pour soutenir le plateau vocal et maintenir l’architecture du drame.</p>
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		<title>BIZET, Les Pêcheurs de perles — Luxembourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-pecheurs-de-perles-luxembourg-laudace-ne-paye-pas-toujours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 May 2019 05:58:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une production de l’opéra des Flandres de 2018 qui a jeté l’ancre pour deux soirées au Grand Théâtre de Luxembourg, avant de se retrouver à Lille à la saison prochaine. Mal aimé du répertoire, les Pêcheurs de perles ont souvent été moqués pour la pauvreté de leur livret, leur orientalisme de pacotille (alors que &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est une production de <a href="https://www.forumopera.com/les-pecheurs-de-perles-anvers-plus-on-est-de-warlikowski-plus-on-py">l’opéra des Flandres de 2018</a> qui a jeté l’ancre pour deux soirées au Grand Théâtre de Luxembourg, avant de se retrouver à Lille à la saison prochaine.</p>
<p>Mal aimé du répertoire, les <em>Pêcheurs de perles</em> ont souvent été moqués pour la pauvreté de leur livret, leur orientalisme de pacotille (alors que c’est précisément cet exotisme qui avait séduit le jeune Bizet et le public parisien sous Napoléon III) les références à la religion Brahmane et le caractère fort convenu de la partition. La pièce comprend certes son lot de beaux airs et de thèmes séduisants, mais la qualité globale reste très en deçà de ce que le compositeur allait montrer quelques douze années plus tard dans Carmen.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/_34a5339.jpg?itok=4NasZqyC" title="Les danseurs, Stansilav Vorobyov (Nourabad) et Stefano Antonucci (Zurga)" width="468" /><br />
	Les danseurs, Stansilav Vorobyov (Nourabad) et Stefano Antonucci (Zurga) © DR</p>
<p>C’est également une œuvre qui fait rarement l’objet d’une réelle transposition, ce que les équipes du collectif <strong>FC Bergman</strong> ont tenté ici, avec une certaine audace, jugez plutôt : tous les protagonistes sont arrivés au terme de leur existence, ils se retrouvent dans un hospice pour vieillards – sorte de métaphore du rivage ou échouent nos vies &#8211; et revivent par flashbacks l’intrigue amoureuse de leur jeunesse, que le temps n’a pas réussi à apaiser. Chaque personnage est dédoublé, par de jeunes danseurs pour ce qui concerne Leïla et Nadir, et par Nourabad, qui par un audacieux raccourci est ici assimilé ici au jeune Zurga. Et la mort du même Zurga à la fin du spectacle, qui finit en caleçon et liquette dans un des tiroirs de la morgue, et aussi une interprétation très libre du livret, dont la nécessité ne s’imposait sans doute pas. Finies les références à l’Orient, oubliée la religion Brahmane, la dure réalité d’aujourd’hui vous saute aux yeux,  à grand renfort de fauteuils roulants et de déambulateurs, sans plus laisser aucune place au rêve. Est-ce à dire que sous cette forme l’œuvre est mieux équilibrée ? Pas certain !</p>
<p>Le décor est un plateau tournant divisé en trois espaces bien distincts : le réfectoire de l’hospice et son mobilier de formica, une morgue à tiroirs digne des meilleurs feuilletons américains – avec en annexe la chambre de Leïla – et une plage au bord d’un océan déchaîné, grand morceau de virtuosité de carton pâte, du plus bel effet dramatique mais un peu instable, au point qu’on a dû lui mettre un étai de chantier pour assurer la sécurité des chanteurs.</p>
<p>Le réalisme flamand qu’on sent ici très présent ne nous épargne ni les corps abîmés par le temps ni les détails sordides de la vie à l’hospice, de sorte que le beau duo d’amour entre Leïla et Nadir ( « Ô doux moments ») doublé d’une chorégraphie très tendre entre leurs juvéniles avatars, apparaît comme une bouffée d’air frais et de charme dans un univers sans concession.</p>
<p>Cette transposition fonctionnerait sans doute assez bien avec une intrigue plus structurée et plus fournie mais on ne peut s’empêcher de penser que ce livret-ci n’en demande pas tant, et qu’au lieu de le renforcer, la mise en scène en révèle plutôt les faiblesses.</p>
<p>La déception vient aussi des chanteurs, même si la soprano péterbourgeoise <strong>Elena Tsallagova</strong> livre une très belle prestation dans le rôle de Leïla : la voix est grande et belle, avec un vibrato serré, la diction française pas mauvaise, elle est une des sopranos dont la carrière se développe internationalement avec beaucoup de succès. Mais le reste de la distribution n’est pas à la hauteur. Le ténor américain <strong>Charles Workman</strong> n’a plus tout à fait dans la voix la souplesse qu’il faudrait pour chanter confortablement le rôle exigeant de Nadir ; l’émission recule assez souvent entrainant des disparités de couleur, les attaques dans l’aigu, qu’il prend en force, sont incertaines, tendues et peu libres. Cela s’améliore un peu au fil de la représentation, lorsque le chanteur allège enfin la voix dans le fameux air « Je crois entendre encore », que tout le monde attend. Pas vraiment satisfaisant non plus, le Zorga de <strong>Stefano Antonucci</strong> qui accuse peut-être les effets de l’âge. La voix chevrote, les aigus sont poussifs, l’émission est instable. Le manque d’équilibre avec la soprano se fait fort ressentir dans le beau duo « Je frémis, je chancelle », que Leïla domine largement. La basse <strong>Stanislav Vorobyov</strong> quant à lui, livre une honnête prestation dans le court rôle de Nourabad. Tout cela reste professionnel, bien sur, mais pas réellement satisfaisant pour une oreille exigeante.</p>
<p>Chœur et orchestre, sous la baguette de <strong>Jan Schweiger</strong> se débrouillent plutôt bien, mais sans éclat particulier.</p>
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		<title>BIZET, Les Pêcheurs de perles — Anvers</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-pecheurs-de-perles-anvers-plus-on-est-de-warlikowski-plus-on-py/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Dec 2018 05:27:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Je crois entendre encore », « Comme autrefois… »… Il ne faut pas être grand clerc pour s’apercevoir que les trois personnages principaux des Pêcheurs de perles passent leur temps à se remémorer un passé qui à marqué leur vie à tout jamais. On peut comprendre l’idée qu’a eue le collectif théâtral FC Bergman, à qui Aviel Cahn &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« Je crois entendre encore », « Comme autrefois… »… Il ne faut pas être grand clerc pour s’apercevoir que les trois personnages principaux des <em>Pêcheurs de perles </em>passent leur temps à se remémorer un passé qui à marqué leur vie à tout jamais. On peut comprendre l’idée qu’a eue le collectif théâtral <strong>FC Bergman</strong>, à qui Aviel Cahn a commandé cette nouvelle production de la première réussite lyrique de Bizet. Tout commence comme démarraient certains spectacles de Krzysztof Warlikowski : dans un hospice de vieillards, avec déambulateurs, charentaises et robes de chambre. Sauf que les Flamands poussent le bouchon un peu plus loin : quand l’orchestre attaque l’ouverture, le pensionnaire assis à l’avant-scène s’écroule sur sa table, et une équipe d’infirmiers vient très vite le chercher pour l’emporter en coulisses sur un brancard. Même chose à la fin du premier chœur : cette fois, c’est une vieille dame qui s’écroule et qui ne reviendra pas. Et dans ce mouroir où l’on projette des diapos évoquant certain bel été des années 1960, le salon où l’on fait la toilette des trépassés se trouve à deux pas, tout comme le morgue où on les met au frais. Le spectacle est donc glaçant, dans sa manière d’évoquer la mort sans le moindre déguisement, mais le public éclate de rire en voyant calencher les vieillards les uns après les autres. Quand Nadir et Zurga se remémorent leur rivalité de naguère, le décor pivote pour révéler une gigantesque vague pétrifiée sur laquelle repose leur « déesse », contemplée par ces deux jeunes gens qu’ils étaient jadis. Quand Leïla arrive, c’est une vieille femme livide, ratatinée, portée en triomphe sur son fauteuil roulant ; parée d’un costume exotique, elle donnera un récital de vocalises devant tous les habitants de l’hospice. Peu à peu, on se laisse convaincre par cette proposition culottée et, tout en admirant les ébats de deux danseurs nus mimant les folles étreintes du ténor et de la soprano du temps où « ton cœur avait compris le mien », l’on s’émeut des retrouvailles de ces deux octogénaires qui se pourchassent à travers les différentes salles que fait défiler la tournette, comme Tristan et Isolde exploraient toujours de nouvelles chambres dans la mise en scène d’Olivier Py. On bascule ensuite franchement dans l’onirisme : déshabillée par Nadir, Leïla retrouve son corps de 20 ans, tandis que tous les artistes du chœur surgissent vêtus du gilet Jacquard de Zurga pour mieux dénoncer les amants criminels. Et le cauchemar du baryton s’achève lorsqu’il se couche de lui-même dans un des tiroirs de la morgue.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/preview_34a5212.jpg?itok=0zjk66iA" title="© Annemie Augustijns" width="468" /><br />
	© Annemie Augustijns</p>
<p>Cette option risquée est défendue avec vigueur par le Chœur de l’Opéra des Flandres, qui joue le jeu à fond, totalement investi dans cette vision inattendue mais frappante, ainsi que par l’orchestre, que <strong>David Reiland</strong> dirige d’une baguette fougueuse, dissipant les doutes que d’aucuns pourraient encore avoir sur la qualité de cette œuvre. Dommage toutefois que le chef n’ait pas retenu la partition dans sa forme originale, plutôt que l’édition Choudens, où le duo Nadir-Zurga se termine assez platement par une reprise de « Oui, c’est elle, c’est la déesse », par exemple.</p>
<p>De la distribution présente à Anvers, on se doute qu’elle a été réunie selon des critères également inhabituels. Rien à redire au Nourabad sonore et puissant de <strong>Stanislav Vorobyov</strong>, qui se voit ici confier le soin de mimer le rôle du jeune Zurga. Hélas, le Zurga âgé de <strong>Stefano Antonucci</strong> n’est que trop criant de vérité. Déclamation française manquant de fermeté, vibrato envahissant, grave inaudible et aigu arraché : on aurait préféré un titulaire un peu moins crédible dans son déclin vocal. Heureusement, <strong>Charles Workman</strong> ne se situe pas dans la même catégorie. Certes, quelques décennies se sont écoulées depuis qu’il campait à Compiègne le héros de <em>La Jolie Fille de Perth</em>, et l’extrême aigu n’a plus la facilité de jadis, mais le ténor américain maîtrise bien mieux la prosodie du français, et son émission parfois engorgée n’est pas incompatible avec le personnage de Nadir. Notons que, dans sa romance, il s’abstient du dernier « Charmant souvenir » que la tradition a coutume d’ajouter pour doubler l’orchestre. Enfin, <strong>Elena Tsallagova</strong> est un superbe Leïla : depuis ses Mélisande parisiennes, la voix s’est élargie sans rien perdre de son agilité, et l’interprète éblouit par le brio avec lequel elle se plie aux exigences de la mise en scène, d’abord momie à peine vivante, artificiellement ranimée pour son ultime concert, puis émouvante solitaire rattrapée par son passé, et enfin déesse éternellement jeune et radieuse.</p>
<p>Ce spectacle étant coproduit par les opéras de Luxembourg et de Lille, les mélomanes français pourront bientôt juger de sa validité, peut-être même – qui sait ? – avec une distribution légèrement modifiée.</p>
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		<item>
		<title>Le Jongleur de Notre-Dame</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/roberto-alagna-un-jongleur-dexception/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Sep 2009 21:10:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Figurez-vous une pièce sans amour, sans amants, sans exhibition sexuelle, une pièce sans femme, si pure qu’on peut la jouer devant des vierges et si pathétique qu’on a pleuré » écrivait en 1904 Sâr Péladan au sujet du Jongleur de Notre-Dame. Réaction d’un autre temps. Peut-on aujourd’hui pleurer en écoutant un opéra dont le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          « <em>Figurez-vous une pièce sans amour, sans amants, sans exhibition sexuelle, une pièce sans femme, si pure qu’on peut la jouer devant des vierges et si pathétique qu’on a pleuré</em> » écrivait en 1904 Sâr Péladan au sujet du <em>Jongleur de Notre-Dame</em>. Réaction d’un autre temps. Peut-on aujourd’hui pleurer en écoutant un opéra dont le propos est empesé de bondieuseries et dont le caractère médiéval rappelle les vignettes naïves des livres d’autrefois ? Ce serait compter sans les talents dramatiques de Jules Massenet qui ouvre là sa période monégasque1 avec une œuvre originale et aboutie, audacieuse même dans son mélange des genres. Partition foisonnante qui vaut d’abord par sa galerie de portraits pittoresques, parfois même burlesques, parmi lesquels se détachent la figure de Frère Boniface avec sa fameuse « légende de la sauge » et bien évidemment, celle de Jean, jongleur de son état.</p>
<p>
Le personnage présente suffisamment d’intérêt pour avoir retenu l’attention de <strong>Roberto Alagna</strong>, autour duquel fut organisée à Montpellier le 4 février 2007 une unique représentation de l&rsquo;opéra en version de concert dont l’enregistrement est proposé aujourd’hui sous forme d’un coffret de 2 CD par Deutsche Grammophon. Deux mois après le scandale de La Scala, le chanteur renouait avec son répertoire d’élection dans un rôle où on ne l’attendait pas forcément, Jean étant d’habitude réservé aux ténors plus légers : Alain Vanzo en 1978 face au micro d’EMI ou plus près de nous, sur scène, Jésus Garcia en 2005 à Saint-Etienne. Cela explique pourquoi, au premier abord, Roberto Alagna surprend et même dérange avec des accents héroïques qui évoquent davantage le Cyrano d’Alfano que le saltimbanque de Massenet. De l’énergie, de la virilité, de la maturité, de l’autorité et, ce qui est bienvenu pour un bateleur, de la gouaille surlignées par le ton et surtout par le timbre qui, griffé, porte encore les stigmates de l’<em>Aïda</em> milanaise (il nous semble depuis qu’il a retrouvé plus de brillant). Non pas donc la silhouette gracile et gracieuse à laquelle nous sommes habitué mais un homme solide, terrestre, dont la métamorphose céleste n’en paraitra que plus miraculeuse. Une fois ce nouveau postulat accepté, la suite, portée par une diction française exemplaire; se déroule évidente, haute en couleurs avec au II une vaillance quasi guerrière et au III une tirade à la Vierge extatique dans laquelle le ténor jette ses plus beaux feux. Aux limites de son chant, suicidaire presque.</p>
<p>La distribution réunie autour de lui ne fait pas preuve de la même imagination avec un Prieur – <strong>Francesco Ellero d’Artegna</strong> – qui noircit le trait, renfrogné et surtout bien peu idiomatique. L’élocution de <strong>Stefano Antonucci</strong> est un peu plus fluide mais son Boniface nous paraît insuffisamment caractérisé. Parmi les quatre moines, seuls <strong>Marc Larcher</strong>, poussé dans ses retranchements en poète et<strong> Richard Rittelman</strong>, peintre d’une belle ferveur, sont vraiment compréhensibles.</p>
<p>Une version qui vaudrait donc surtout par la vision inédite de Roberto Alagna n’étaient les chœurs de l’Opéra National de Montpellier, pléthoriques, et la direction riche en contrastes d’<strong>Enrique Diemecke</strong>.</p>
<p><strong>Christophe Rizoud </strong></p>
<p>1 A la suite du <em>Jongleur de Notre-Dame</em> (1902) furent créés à Monte-Carlo : <em>Chérubin </em>(1905), <em>Thérèse</em> (1907), <em>Don Quichotte</em> (1910), <em>Roma</em> (1912) et <em>Cléopâtre</em> (1914)</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Virginia</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/incandescente/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yonel Buldrini]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Mar 2009 08:14:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On ne redira jamais assez les mérites de la Société Opera Rara qui reprit bon nombre d’œuvres dans les années 70, scéniquement ou en concert, puis en fit plus tard de solides enregistrements en studio. Virginia fut composée en 1851, six années avant le dernier opéra achevé par Mercadante, Pelagio, mais le sujet de cette &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          On ne redira jamais assez les mérites de la Société Opera Rara qui reprit bon nombre d’œuvres dans les années 70, scéniquement ou en concert, puis en fit plus tard de solides enregistrements en studio. <em>Virginia</em> fut composée en 1851, six années avant le dernier opéra achevé par Mercadante, <em>Pelagio</em>, mais le sujet de cette jeune Romaine réclamée comme esclave par un influent décemvir, et que son père préfère poignarder, occasionna de tels problèmes avec la censure que sa création n’eut lieu qu’en 1866. Entre temps, les problèmes de vue du malheureux compositeur s’étaient aggravés au point de le rendre complètement aveugle et l’accueil triomphal que le San Carlo réserva à sa <em>Virginia</em> lui fut un grand réconfort. Malgré ce beau succès, les productions s’estompèrent et <em>Virginia</em> s’endormit… jusqu’à la première reprise moderne, réalisée par Opera Rara, lors d’un concert à Belfast, le 27 novembre 1976. Elle sort à présent du studio et peut donc témoigner dans toute discothèque, de « ce que donne » un opéra italien composé en 1851… par un <em>autre</em> esprit que celui du « régnant » de l’époque, Giuseppe Verdi, offrant précisément en cette année rien moins que <em>Rigoletto </em>! Le style de Mercadante étant analysé dans <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=850&amp;cntnt01origid=57&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=29">un article d’actualité</a>, nous ne parlerons ici que de l’interprétation de l’enregistrement.</p>
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<p>La Virginia de<strong> Susan Patterson</strong> peut se prévaloir d’un timbre corsé, déjà dramatique mais, revers de la médaille de ce type de soprano, les aigus ne sont pas toujours beaux et quelquefois forcés jusqu’au bord de l’étranglement. De même, les vocalises ardues hérissant la partie ne sont pas impeccables, et une prononciation « accrochant » parfois l’italien n’arrange pas les choses… En revanche, son <em>vibrato</em> émouvant rappelle celui de Janet Price en 1976, et si elle n’atteint pas à l’incandescence de cette dernière, elle dessine néanmoins une Virginia <em>vibrante</em>, précisément, et c’est essentiel.</p>
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<p>Quelque peu problématique s’avère le chant de<strong> Paul Charles Clarke</strong> qui s’exprime pourtant avec application, fougue et investissement, de son timbre non désagréable… mais sa voix « ne suit pas », bouge, s’écaille parfois, part en lambeau surtout dans l’aigu, malheureusement ouvert. Une mention fort positive est son effort de prononciation correcte et fluide de l’italien, que les duretés des voix anglo-saxonnes maltraitent parfois. </p>
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<p>On notera la particularité de cet opéra, comportant un autre rôle de ténor, important dramatiquement et musicalement, même s’il ne possède pas d’aria propre. Distribuer <em>Virginia</em> signifie trouver des timbres de ténor différenciés et <strong>Charles Castronovo</strong> est un Icilio à la voix stable et posée comme le personnage, légèrement plus sombre que celle du dictateur survolté et du ténor choisi pour Appio. Par souci de comparaison, on peut signaler qu’aux côtés de cet Icilio bien correct, celui de <strong>Maurice Arthur</strong> — au timbre pourtant<em> blanc</em>, à l’anglaise — ne pâlit guère, grâce à une douceur d’émission et à son interprétation suave.</p>
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<p>Le touchant personnage de Virginio est bien rendu vivant par <strong>Stefano Antonucci</strong>, au timbre chaleureux « de père », et Dieu sait que les pères sont présents et importants dans l’opéra italien du XIXe siècle ! Ici, Stefano Antonucci sait alterner l’autorité digne et la douleur pathétique du personnage qui préfère tuer de sa propre main sa fille chérie, plutôt que de la voir devenir maîtresse-esclave du tyran détestable. On n’oublie pas non plus <strong>Christian Du Plessis</strong>, incontournable baryton des résurrections d’Opera Rara en ces années bénies, et qui savait si bien mettre de l’intensité dans son chant.</p>
<p>L’habituel <strong>Geoffrey Mitchell Choir </strong>assume avec une belle efficacité les parties chorales imperturbables dont on sait que rien ne les abrégera…</p>
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<p><strong>Maurizio Benini</strong> fait sonner son orchestre avec éclat, compensant la froideur typique des formations anglaises, empirée par la fâcheuse réverbération des lieux d’enregistrement choisis par Opera Rara. Sa direction certes nuancée, évite aussi l’impression de « tout casser » (que l’on reproche à d’autres chefs engagés par la même firme), car on a affaire, avec <em>Virginia</em>, à un opéra plus tardif et donc comportant une orchestration renforcée, selon l’évolution de l’opéra italien.</p>
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<p>Par rapport à l’également intéressante direction de James Judd, en 1976, une différence notable frappe d’emblée la mémoire auditive du passionné : le tempo de la <em>stretta</em> finale du duo Icilio-Virginia (acte II). Cette <em>stretta</em> frémissante en 1976, palpitante d’exaltation et en cela fidèle à l’indication concernée de <em>Agitato</em>, est ici suave et d’une tendre poésie à l’émotion contenue. L’effet, charmant, est des plus heureux et va bien aux paroles communes de cet unique instant de bonheur pour les amoureux de l’histoire : « La joie de mon âme / N’est pas une joie terrestre !… / Je sens une douceur inconnue / Me parcourir chaque veine !… ». Complément appréciable à ce moment gracieux, l’énergique charge orchestrale terminant le morceau est clairement menée, au lieu du « cafouillage » de 1976, que les cymbales peinent à suivre en mesure (mais <em>en concert</em>, on ne peut reprendre et recommencer).</p>
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<p>Cette première <em>Virginia</em> en studio, ne détrônera peut-être pas dans le cœur des passionnés la valeureuse première reprise moderne, mais elle permettra de connaître cette belle œuvre à ceux qui n’ont pu se procurer le précédent enregistrement, <em>parallèlement</em> diffusé du fait de la célèbre mention-couverture justificative que les disques en vinyle portent sur l’étiquette : <em>Private records—Not for sale</em>(1) !</p>
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<p>(1) « Disques privés non destinés à la vente », euphémisme pour désigner ces fameux « <em>disques pirates</em> », auxquels, par ailleurs, le public peut être redevable d’avoir préservé des exécutions d’opéras rarement donnés, ou des distributions exceptionnelles.</p>
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