<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Barnaby REA - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/barnaby-rea/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/barnaby-rea/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sun, 26 Jan 2025 08:35:46 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Barnaby REA - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/barnaby-rea/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>MOZART, Die Zauberflöte &#8211; Nice</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-zauberflote-nice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Jan 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=181501</guid>

					<description><![CDATA[<p>La première mise en scène lyrique de Cédric Klapisch avait été découverte par Yves Jauneau lors de la production de la Flûte enchantée au TCE, en novembre 2023. Tourcoing, puis Compiègne, l’avaient accueillie peu après avec une distribution pratiquement inchangée. L’Opéra de Nice, coproducteur, nous la propose à son tour, sous la direction de Jean-Christophe &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-zauberflote-nice/"> <span class="screen-reader-text">MOZART, Die Zauberflöte &#8211; Nice</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-zauberflote-nice/">MOZART, Die Zauberflöte &#8211; Nice</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La première mise en scène lyrique de <strong>Cédric Klapisch</strong> avait été découverte par Yves Jauneau lors de la production de <em>la Flûte enchantée</em> au TCE, en novembre 2023. Tourcoing, puis Compiègne, l’avaient accueillie peu après avec une distribution pratiquement inchangée. L’Opéra de Nice, coproducteur, nous la propose à son tour, sous la direction de <strong>Jean-Christophe Spinosi</strong>, tous les chanteurs ayant été renouvelés, à l’exception de <strong>Judith Van Wanroij</strong>, qui a fait de son emploi de Première dame un de ses rôles préférés. On ne peut que souscrire au pertinent <a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">compte-rendu</a> de notre ami, particulièrement pour ce qui est de l’approche visuelle, que l’on ne détaillera pas de nouveau. C’est une incontestable réussite : décors (<strong>Clémence Bezat</strong>), costumes (<strong>Stéphane Rolland et Pierre Martinez</strong>), éclairages (d’<strong>Alexis Kavyrchine</strong>, repris par <strong>Valentin Mouligné</strong>), direction d’acteurs n’appellent que des éloges. Les animations vidéo (le monstre qu’affronte Tamino, animalières aussi) sont un régal pour l’œil. Les trouvailles (le portrait de Pamina, les maquillages&#8230;) participent à notre bonheur. Les bruitages (notamment avant l’ouverture) n’ajoutent rien, et on ne les entend guère lorsqu’on attend le tonnerre et les éclairs qui précèdent l’air de Monostatos.</p>
<p>Les textes parlés, essentiels à la compréhension des personnages, sont adaptés en français : Cédric Klapisch, s’efforce d’actualiser le propos et y réussit, non sans avoir estompé certaines répliques qui nous paraissent essentielles (1). A la fable-parabole de Schikaneder et Mozart, dans sa dimension double, initiatique et bouffe, Cédric Klapisch susbtitue une lecture surprenante, qui renouvelle l’approche de l’ouvrage : ce n’est plus l’affrontement du monde de la raison et de l’ordre émancipateur avec celui des ténèbres qui est peint, mais un univers nuancé où Sarastro serait caractérisé par son goût du pouvoir (2) et ses certitudes dogmatiques, la Reine de la Nuit se muant en incarnation attachante des forces naturelles.  Le propre des chefs-d’œuvre n’est-il pas de susciter de multiples approches, renouvelées ? Là où le bât blesse, c’est que cette lecture dans sa traduction musicale altère fréquemment l’esprit des personnages : la grandeur, l’autorité, la noblesse, la dimension bouffonne, la fureur, le recueillement, la tendresse sont régulièrement amoindris.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-Flute-enchantee-Photos-Dominique-Jaussein-pour-lOpera-Nice-Cote-dAzur-1-1294x600.jpg" alt="" />© Dominic Jaussein - Opéra Nice/Côte d'Azur</pre>
<p><strong>Jean-François Spinosi</strong>, à la tête d’un orchestre qu’il connaît bien et dont il est apprécié, nous vaut une réalisation musicale de grande qualité. On connaît son engagement, sa vision dynamique de l’écriture . Mais, ce soir, certains tempi pris avec une surprenante retenue nous étonnent, non sans mettre à mal la longueur de voix de plusieurs solistes. Les équilibres internes à l’orchestre sont ménagés, comme ceux avec le plateau. Les voix y sont conduites avec art, sans que jamais la fosse les couvre. Les bois se montrent remarquables, avec une mention spéciale au basson. Peut-être les trombones (hérités de Gluck) pour tout le début du second acte, au duo des prêtres, puis au chœur suivant, méritaient-ils d’être plus présents ?</p>
<p>Si aucun ne démérite vraiment, rares sont les chanteurs qui toujours nous auront ravi, sinon les trois délicieux enfants (anonymes, car la distribution en est double), dont la fraîcheur d’émission, l’homogénéité parfaite et le jeu exemplaire font de chacune de leurs interventions un moment de pur bonheur. Rares devaient être les germanistes présents dans le public niçois de ce soir. Il n’empêche, les sonorités propres à la langue, les consommes, les accentuations affadies dans la bouche de solistes presque tous étrangers à la langue de Goethe (exceptée Papagena) nous laissent insatisfait. Il en va de même de nombreux dialogues en français, certes compréhensibles mais souvent colorés d’accents exotiques.</p>
<p>Le Tamino de <strong>Joel Prieto</strong> ne convainc pas. « Dies Bildnis » paraît plus laborieux qu’inspiré. Le tempo met à mal sa longueur de souffle, les aigus sont serrés, comme dans le « Wo Tätigkeit thronet » où <em>Pamina retten</em> manque de conviction.  Celle-ci, <strong>Sydney Mancasola</strong>, n’a plus la pureté d’émission attendue, lumineuse, quasi juvénile. La maturité un peu blasée que lui impose la réalisation nuit à sa crédibilité. Cependant, l’attendu « Ach, ich fühl’s » nous émeut, avec une fin épuisée. <strong>Joan Martin-Royo</strong> compose un Papageno dont l’insouciance futile, la couardise sont estompées. Il a tendance à prendre de façon ralentie l’ensemble de ses interventions. Sa fragilité et sa légèreté sympathiques ne nous émeuvent guère durant sa pulsion suicidaire. Pourtant les moyens vocaux sont bien là : l’émission est sonore, bien projetée, le timbre séduisant. Les interventions limitées de Papagena, ne sont pas propres à tout nous dire sur les qualités vocales de <strong>Veronika Seghers</strong>, dont les ressources doivent être beaucoup plus riches que celles exigées par le rôle. La voix est fruitée, sensuelle, et l’articulation exemplaire. Si la Reine de la nuit de <strong>Tetiana Zhuravel</strong> séduit par sa parure et son maintien, le premier air, affecté d’un vibrato trop large, aux aigus laborieux, aux traits imprécis, nous laisse sur notre faim. Le second, par contre, s’avère d’une autre qualité, même si la rage, la fureur demeurent en deçà de nos attentes (pour finir par les « Hört » de « Hört der Mutterschwur », sans soutien).</p>
<p>On attendait davantage d’autorité, de grandeur humble, d’humanité chaleureuse de l’athlétique <strong>Antonio di Matteo</strong>, Sarastro. La voix est solide, d’une large tessiture, homogène, mais le chant paraît prosaïque, du début à son air ultime « Die Strahlen der Sonne ». <strong>Marc Laho</strong>, Monostatos, n’était pas en voix, même si son jeu en amoindrissait la perception. De la même manière, nous oublierons l’Orateur, quelconque, de <strong>Barnaby Rea</strong>. Les deux Hommes d’arme /Prêtres font le job, sans plus. Des trois dames, honorables, nous retiendrons <strong>Ahlia Mhamdi</strong>, la troisième, aux graves solides et à l’émission irréprochable. Les ensembles ont l’avantage de gommer les imperfections individuelles au bénéfice d’une complicité de bon aloi. Tous sont ici de bonne facture.</p>
<p>Les trente sept chanteurs du chœur jamais ne déméritent : Après le sourire du chœur des esclaves « Das klinget so herrlich, das klinget so schön », même si la majesté (« maestoso ») du « Es lebe Sarastro&#8230; » et du chœur final du premier acte fait quelque peu défaut, c’est un grand moment que « O Isis und Osiris, welche Wonne », dont la plénitude, la ferveur sont manifestes, avec un respect scrupuleux des contrastes.</p>
<p>Un spectacle dont on sort heureux de la découverte visuelle, ravissante, mais dont le plateau nous laisse perplexe, quelles que soient les qualités de chacune et de chacun. Le public ne ménage pas ses applaudissements et rappels au terme d’une soirée dont on se souviendra.</p>
<pre>(1) Ainsi, aussitôt l’air d’entrée de Papageno, son dialogue avec Tamino est-il particulièrement riche, opposant la condition sociale, la filiation, la puissance, la responsabilité et l’insouciance. Tamino se présente comme prince, et Papageno comme « ein Mensch, wie du... » [un homme, comme toi...]. Au second acte, l’Orateur et Sarastro répondent, en écho inversé  (« - Er ist Prinz. - Noch mehr, er ist Mensch ! » [- Il est prince – Bien davantage,  il est homme !) avant l’invocation « O Isis und Osiris ». Autre message, essentiel à la compréhension dramatique et initiatique de la relation entre Sarastro et la Rene de la Nuit, le bref dialogue parlé entre Pamina et sa mère avant le second air de cette dernière.
(2) On se souvient de l’incroyable vision post-cataclysmique que David Lescot avait proposée à Dijon (2017), où Sarastro se muait en chef de gang... Heureusement la réalisation musicale de Christophe Rousset n’en était pas altérée, avec une distribution exemplaire, dont l’inoubliable Jodie Devos en Reine de la nuit.</pre>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-zauberflote-nice/">MOZART, Die Zauberflöte &#8211; Nice</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>WAGNER, Die Meistersinger von Nürnberg &#8211; Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-meistersinger-von-nurnberg-madrid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 May 2024 05:37:02 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=162156</guid>

					<description><![CDATA[<p>Retour en majesté des Maîtres chanteurs à Madrid, plus de vingt ans après les représentations dirigées par Daniel Barenboïm, qui sont restées dans les mémoires. Cette nouvelle production fait appel à Laurent Pelly, décidément à l’aise dans tous les genres, et qui offre une vision limpide, intelligente, dépoussiérée d&#8217;une œuvre dont il a tout compris, &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-meistersinger-von-nurnberg-madrid/"> <span class="screen-reader-text">WAGNER, Die Meistersinger von Nürnberg &#8211; Madrid</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-meistersinger-von-nurnberg-madrid/">WAGNER, Die Meistersinger von Nürnberg &#8211; Madrid</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Retour en majesté des <em>Maîtres chanteurs</em> à Madrid, plus de vingt ans après les représentations dirigées par Daniel Barenboïm, qui sont restées dans les mémoires. Cette nouvelle production fait appel à Laurent Pelly, décidément à l’aise dans tous les genres, et qui offre une vision limpide, intelligente, dépoussiérée d&rsquo;une œuvre dont il a tout compris, et dont l’humour n’est jamais absent.<br>
Pour universaliser son propos qui vise à condamner les règles obscures que les hommes s’imposent à eux-mêmes, Pelly décide de totalement décontextualiser l’action dans le temps et l’espace. Ni les décors, gigantesques pour couvrir l’immense scène du Teatro Real, ni les costumes, sobres et intemporels, ne figent le propos dans tel ou tel espace-temps, et c’est bien vu. Le plateau est encombré d’immenses plans inclinés (qui pourront tourner au fil des actes) qui figurent l’instabilité du monde. Tout autour, les murs de la ville sont eux aussi bancals, les maisons du village, au II, figurées en cartons pâtes, évoquent un monde en proie à tous les séismes (culturels&nbsp;?) possibles. Le tréteau est branlant sur lequel Beckmesser va lamentablement échouer dans sa tentative d’entonner le poème de Walther. Bref nous sommes en face d’un monde à bout de course, qui vacille à force de vouloir rester immobile et sourd aux appels au renouveau, à la grâce et à la poésie.<br>
Les douze maîtres chanteurs, apôtres pour la plupart d’un rigide quant-à-soi, sont remarquablement mis en scène. Tous vêtus et coiffés d’un noir assommant, interchangeables dans leur étroitesse d’esprit, ils apparaissent, lorsqu’ils siègent pour délibérer ou converser, au travers d’un immense cadre d’un tableau de maître monumental. Mais ce cadre est, à l’image du monde alentour, branlant et en passe de se désintégrer ; on aura compris qu’il représente les règles étroites dont ils se veulent les intraitables garants. Et lorsque, au III, alors qu’il a gagné haut la main son duel face à Beckmesser, Walther s’adresse aux maîtres chanteurs qui s’apprêtent à l’introniser comme l’un des leurs, il leur fait face sans jamais franchir ce cadre. Et malgré l’ultime plaidoyer de Sachs, censé convaincre Walther de rejoindre la confrérie, celui-ci choisit la fuite avec Eva et, chacun d’eux s’échappe sur cour et jardin pour aller tirer le rideau final, histoire de tourner définitivement le dos à ce monde du passé.<br>
Il n’y en a qu’un, parmi les maîtres chanteurs, qui comprend très vite l’excessive rigidité des règles imposées par la guilde&nbsp;: Hans Sachs vit dans une pièce où se côtoient les deux univers qui le nourrissent&nbsp;: son atelier de cordonnier et sa bibliothèque. Belle image, en ouverture du III, où Sachs apparaît plongé dans ses livres, comme à la recherche de son oxygène.</p>
<pre style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MaestrosCantores3127-1294x600.jpg" alt="" width="725" height="336">
© Javier del Real</pre>
<p>L’orchestre du Teatro Real est dirigé par <strong>Pablo Heras-Casado</strong>&nbsp;; c’est un très bel orchestre, rompu à ce répertoire. Le discours musical est clair mais les équilibres sont un peu instables. Aux débuts des I et III la balance penche un peu trop vers l’orchestre et, au sein de celui-ci, les cuivres prennent souvent le dessus sur les cordes. Quant à la mandoline désaccordée de Beckmesser, il fallait tendre l’oreille pour en percevoir les gémissements. Chœur et chœur d’enfants imposants. Tant la diction que la vigueur sont irréprochables.<br>
Le plateau vocal est de premier ordre et il faut d’emblée rendre hommage à la prestation de <strong>Gerald Finley</strong>, qui peint un Hans Sachs plein d’humanité et de chaleur. Cette humanité (avec ses faiblesses donc) et cette chaleur, nous les retrouvons dans le discours musical parcouru d’intelligence. Il lui manque aujourd’hui la puissance qui a pu être la sienne naguère et cela s’est ressenti surtout au I, mais son expressivité est intacte&nbsp;: «&nbsp;Was duftet doch der Flieder&nbsp;» au II et surtout son «&nbsp;Wahn, Wahn&nbsp;» du III, d’une sidérante intensité, forcent l’admiration. Walther est tenu par <strong>Tomislav Mužek</strong>, Prince (<em>Rusalka</em>) <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-bordeaux/">convaincant à Bordeaux</a>, qui s’attaque ici à un rôle d’une toute autre dimension. Le charme opère toujours, la voix est claire, parfois éclatante et les innombrables répétitions de son « Morgenlicht leuchtend » ne viennent pas à bout de son endurance, même si les efforts, pour rendre justice à cette envoutante rengaine, sont perceptibles.<br>
L’américaine <strong>Nicole Chevalier</strong> est une Eva décidément bien docile. On aurait pensé qu’elle incarnerait avec plus de personnalité ce rôle qui méritait d’être dépoussiéré. Toutefois, la voix n’est pas en cause ; sûre, expressive et capable de faire face aux exigences de la partition. <strong><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-nancy-texte-de-commentaire-duree-5h/">Jongmin Park</a></strong>, plusieurs fois König Marke en France, tient le rôle de Pogner, le père d’Eva. La basse chante et montre toute son aisance dans les quelques tréfonds de sa partie. L’autre grand Maître chanteur est le Sixtus Beckmesser incarné par <strong>Leigh Melrose</strong>&nbsp;; à l’aise dans bien des répertoires, il livre une prestation hors norme, saluée à juste titre par le public. C’est autant l’acteur, figurant un Beckmesser tordu par la malice, que le chanteur au baryton efficace qui a été ovationné. <strong>Sebastien Kohlhepp</strong> est un David valeureux&nbsp;; il lui revient le rude privilège de concentrer l’essentiel de son rôle en début de pièce, dans son initiation aux règles du bien-chanté qu’il dispense à Walther. Son «&nbsp;Fanget an&nbsp;» est remarquablement porté d’un bout à l’autre. Sa promise Magdalena est tenue par <strong>Anna</strong> <strong>Lapkovskaja</strong> dont on apprécie plus le timbre dans le medium que dans les <em>forte</em> plus aigus.<br>
Et puis il y a aussi la belle cohésion des autres maitres chanteurs, dont les rôles sont moins exigeants mais qui forment une équipe fort homogène dans la volonté de ne surtout rien changer&nbsp;! <strong>Paul</strong> <strong>Schweinester</strong> (Vogelgesang), <strong>Barnaby</strong> <strong>Rea</strong> (Nachtigal), <strong>Jose</strong> <strong>Antonio</strong> <strong>López</strong> (Kothner), <strong>Albert</strong> <strong>Casals</strong> (Zorn), <strong>Kyle van Schoonhoven</strong> (Eisslinger), <strong>Jorge Rodriguez Norton</strong> (Moser), <strong>Bjorn</strong> <strong>Waag</strong> (Ortel), <strong>Valeriano</strong> <strong>Lanchas</strong> (Schwarz) et <strong>Frederic</strong> <strong>Jost</strong> (Foltz), brillent tant par le chant que par le jeu.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="DIE MEISTERSINGER VON NÜRNBERG Wagner – Teatro Real" width="1200" height="900" src="https://www.youtube.com/embed/AQ2VtHPbRd0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div><figcaption class="wp-element-caption"><em>Diffusion live prévue le 18 mai à 18h CET et disponible jusqu&rsquo;au 18 novembre 2024</em></figcaption></figure>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-meistersinger-von-nurnberg-madrid/">WAGNER, Die Meistersinger von Nürnberg &#8211; Madrid</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>MOUSSORGSKI, Boris Godounov &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Mar 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=157208</guid>

					<description><![CDATA[<p>Créée à Toulouse, la production d’Olivier Py arrive au Théâtre des Champs-Elysées, et malgré la défection de Mathias Goerne, offre plus de plaisir musical que scénique. Le prolifique metteur en scène semble plus attaché à souligner l&#8217;actualité de cette histoire qu&#8217;à diriger un drame shakespearien dont il ne compense malheureusement que peu les maladresses d’écriture, &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-paris/"> <span class="screen-reader-text">MOUSSORGSKI, Boris Godounov &#8211; Paris</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-paris/">MOUSSORGSKI, Boris Godounov &#8211; Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée à Toulouse, la production d’<strong>Olivier Py</strong> arrive au Théâtre des Champs-Elysées, et malgré la défection de Mathias Goerne, offre plus de plaisir musical que scénique. Le prolifique metteur en scène semble plus attaché à souligner l&rsquo;actualité de cette histoire qu&rsquo;à diriger un drame shakespearien dont il ne compense malheureusement que peu les maladresses d’écriture, voire rend difficilement lisible des scènes pourtant évidentes : le statisme du chœur et la pauvre direction des figurants (on croirait presque que les militaires répriment une émeute) lors du prologue rendent incompréhensible la manipulation du peuple ou ses chamailleries tragi-comiques. Sans parler de cette ballerine qui danse face à un soldat ivre pendant la scène du couronnement. L&rsquo;effort pédagogique est donc lourdement appuyé : l’action est transposée au XXe siècle, un immense Z occupe le mur de scène du prologue, la façade du palais est celle de la Douma à Moscou et se retourne pour laisser voir des façades d’immeubles éventrées (sans doute une évocation des bombardements en Ukraine) lors du tableau de la taverne, et les nombreuses autres allusions (déjà <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-toulouse/">détaillées par notre confrère</a>) semblaient ne pas suffire : Boris lance son monologue devant une toile peinte sur laquelle Poutine fait face à Staline, et Fiodor joue à faire virevolter une mappemonde gonflable (la « carte de Russie ») comme Charlie Chaplin singeant Hitler. Quelques réussites plus fines tout de même : l’apparition de l’innocent dès le lever de rideau qui singe le tsar (il réapparaitra travesti, pied de nez à la masculinité toxique des autocrates russes) ; le rideau de scène, toile de fonds de la folie de Boris peuplée de troncs d’arbres formant une sombre forêt infinie, laquelle finira par s’enflammer pour voir Boris s’effondrer, accompagné seulement de son fils qui s’enfuit, tandis que Grigori s’empare du bonnet de Monomaque, le viseur du pistolet de Chouïski pointé sur lui. Mieux vaut tout de même avoir révisé son histoire russe pour comprendre. Belles réussites également de <strong>Bertrand Killy</strong> dont les lumières stroboscopiques permettent de belles apparitions du fantôme de Dimitri (dont la minuscule tombe hante l’avant-scène) ou jouent avec le cadre de scène pour amplifier l’espace scénique. On retrouve en outre des éléments habituels de la poétique scénique de Py (les hautes façades dorées à alcôve, les néons qui clignotent, la prostituée au mascara dégoulinant, les hommes torse nu…), sans distiller d’autres parfums que celui du déjà-vu.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Boris-Godounov_MIR8837-©-Mirco-Magliocca-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-157215"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Mirco Magliocca</sup></figcaption></figure>


<p>Musicalement, le compte y est davantage, mais quitte à jouer la version de 1869, plus théâtrale et sèche, on aurait aimé plus de relief, de drame et de rugosité. <strong>Andris Poga</strong> à la tête de l’<strong>Orchestre National de France</strong> soigne la beauté du son et se montre attentif à ne pas saturer l’espace sonore, ce qui est très appréciable pour le très bon <strong>Chœur de l’Opéra National du Capitole</strong> qui peut impressionner sans hurler malgré leur effectif réduit. Hélas, les différentes populations sont insuffisamment caractérisées et le chef ne réussit pas à rendre sensible la tension angoissante, la course à l’abime, l’effroi qui habite ce drame. Un peu comme si la sérénité lénifiante de Pimène était à la baguette. Parmi les seconds rôles, nous n’avons pas apprécié l’émission un peu trop relâchée de l’Innocent de <strong>Kristofer Lundin</strong>, trouvé un peu maigre le Varlaam de <strong>Yuri Kissin</strong>, et reconnaissons avoir peu de souvenir de Missaïl, Mitioukha et de la nourrice. Louons cependant la présence dévastatrice du Nikititch de <strong>Sulkhan Jaiani</strong>, et la belle contenance de l’Andreï de <strong>Mikhail Timoshenko</strong>. <strong>Airam Hernandez</strong> et <strong>Sarah Laulan</strong> sont prometteurs, mais sans acte polonais pour le premier, ni chanson du canard pour la seconde, difficile de transformer l’essai. La très intense Xenia de <strong>Lila Dufy</strong> et le Fiodor plein de vie de <strong>Victoire Bunel</strong> réussissent néanmoins à briller malgré la brièveté de leur intervention. <strong>Roberto Sciandiuzzi</strong> est un Pimène décevant, qui offre certes ses longues années de carrière au service de la vieillesse du personnage, mais n’arrive jamais à en faire le prophète implacable et menaçant qui précipitera la chute du tsar. <strong>Marius Brenciu</strong> campe un Chouïski éclatant, un peu trop sans doute, difficile d’entendre de l’arrogante fourberie ici. Franc succès pour finir que le magnifique Boris d’<strong>Alexander Roslavets</strong> qui hésite constamment entre la puissance et la fragilité, sait effrayer autant qu’émouvoir sans jamais sombrer dans la caricature.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-paris/">MOUSSORGSKI, Boris Godounov &#8211; Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>MOUSSORGSKI, Boris Godounov &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Nov 2023 06:40:10 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=150610</guid>

					<description><![CDATA[<p>C’est à une vaste leçon d’histoire que nous convie Olivier Py dans la nouvelle production de Boris Godounov, présentée au Théâtre National du Capitole de Toulouse. Leçon spectaculaire, brillante à certains moments, « pédagogique » souvent mais parfois jusqu’à l’excès et avec, au final, un sentiment qu’à tant vouloir montrer et démontrer, c’est un peu &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-toulouse/"> <span class="screen-reader-text">MOUSSORGSKI, Boris Godounov &#8211; Toulouse</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-toulouse/">MOUSSORGSKI, Boris Godounov &#8211; Toulouse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est à une vaste leçon d’histoire que nous convie <strong>Olivier Py</strong> dans la nouvelle production de <em>Boris Godounov</em>, présentée au Théâtre National du Capitole de Toulouse. Leçon spectaculaire, brillante à certains moments, « pédagogique » souvent mais parfois jusqu’à l’excès et avec, au final, un sentiment qu’à tant vouloir montrer et démontrer, c’est un peu de poésie que l’on perd, une part de ce mystère russe que Py connaît pourtant parfaitement, et dont il maîtrise les tenants et les aboutissants. Ce sentiment de poésie, de tourment, de tragédie, d’angoisse, celui qui nous assaille jusqu’au plus profond de nous-mêmes, ne le ressentons-nous pas <em>in extremis</em> seulement, dans cette scène conclusive, mémorable entre toutes et qui se joue devant le rideau baissé. Boris va expirer, il est seul, seul malgré ses visions, seul malgré le fantôme de Dimitri (le tsarévitch présent du début à la fin comme pour le narguer une ultime fois), seul malgré son fils qu’il étreint sans le voir.  Cette épure nous rend enfin le tsar tel qu’il est : un homme assailli par ses visions, prisonnier de son histoire et qui trouve dans la folie puis la mort la seule issue possible à son drame ; les flammes de l’enfer vers lesquelles il se précipite n’apportent rien à la démonstration.</p>
<p>La version choisie est celle de 1869, l’original donc. Sept tableaux présentant sans interruption une action resserrée, souvent elliptique et qui fait la part plus que belle aux chœurs, donc au peuple de Russie (« C’est le peuple que je veux peindre. Quand je dors, je le vois devant moi, quand je mange, je pense à lui […], il ne cesse de m’apparaître encore et toujours », écrit Moussorgski à Répine en 1875), mais qui laisse la portion congrue aux rôles féminins (d’où l’ajout de l’acte polonais quelques années plus tard, pour, entre autre, insérer le magnifique rôle de Maryna). Le metteur en scène choisit de dresser le portrait de la Russie de toujours, celle qui, quel que soit son statut politique (Russie, Union soviétique) met en œuvre les mêmes forces destructrices, la même violence. Nous assistons donc au cours de cette magnifique leçon d’histoire à la traversée des siècles, depuis le couronnement de Boris jusqu’à la période contemporaine avec l’invasion de l’Ukraine et les drapeaux russes et polonais (et pourquoi donc ?) omniprésents : dès le premier tableau un immense Z apparaît en fond de scène, et au cinquième tableau, le dialogue entre Boris et Chouïski se joue au Kremlin dans la salle où Poutine reçut Macron autour de cette immense table de marbre blanc ! Les allusions à la dictature stalinienne sont également légion. Au troisième tableau ; lorsque Pimène retrace à grands traits l’histoire de la Russie, Grigori revêt les habits des grands dictateurs du pays, comme pour illustrer la continuité dans la violence subie par le peuple. Très belle scène aussi dans le cinquième tableau où Fiodor jouant, non pas avec une carte de la Russie, mais un ballon géant représentant notre planète, dit à son père : « Regarde la carte de Russie » !</p>
<pre>             <img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MIR9530-1294x600.jpg" alt="" width="688" height="319" /></pre>
<pre style="text-align: center;">© Mirco Magliocca</pre>
<p>La production d’Olivier Py est saluée chaleureusement par le public (comme quoi il n’est pas toujours hué, <a href="https://www.forumopera.com/olivier-py-il-ny-a-pas-de-il-faut-en-art/">quoi qu’il en dise</a> !), sensible à coup sûr à la magnifique traduction scénique réalisée et ô combien réussie par <strong>Pierre-André Weitz</strong> : une série de décors tournant rapidement sur eux-mêmes et nous faisant voyager dans le temps et des espaces aussi différents qu’une cathédrale, une auberge aux allures de bordel ou encore une salle d’étude dans un couvent. Le tout superbement éclairé par <strong>Bertrand Killy</strong>.</p>
<p>Pour ce qui est de la production musicale, il faut saluer l&rsquo;excellente capacité de l’ensemble à « sonner russe ». Ce compliment vaut d’abord pour l’orchestre du Capitole dirigé par <strong>Andris Poga</strong>. Le jeune chef letton a su insuffler toutes les nuances dans les couleurs de l’orchestre voulu par Moussorgski ; de ce point de vue, le dépaysement est parfait. De même qu’est remarquable le travail effectué par <strong>Gabriel Bourgoin</strong> à la tête des chœurs et de la maîtrise de l’opéra national. Nous l’avons dit le chœur c’est le peuple russe, il est au cœur de l’ouvrage et, pour ce soir de première, la copie rendue est impressionnante : puissance, articulation, soin dans les variations dynamiques.</p>
<p>Plateau vocal de grande tenue : commençons par Boris ; c’était ce soir-là la prise de rôle d’<strong>Alexander</strong> <strong>Roslavets</strong> (qui remplaçait Matthias Goerne, initialement programmé) : clarté de timbre, projection suffisante et surtout incarnation du rôle, notamment dans la scène finale, nous l’avons dit. Autre performance, celle du Pimène de <strong>Roberto Scandiuzzi</strong> à la diction admirable. Il possède une basse chaleureuse mais qui sait être aussi cassante. <strong>Marius Brenciu</strong> est un Chouiski parfaitement retors ; <strong>Airam Hernandez</strong> est un Grigori fantasmatique ; <strong>Sulkhan Jalani</strong> un Nikititch effrayant au possible et <strong>Mikhaïl Timoshenko</strong> (Andrei) nous fait apprécier la clarté et la beauté de son timbre. Notable enfin l&rsquo;Innocent de <strong>Kristofer Lundin</strong> , sorte de fou du roi, omniprésent dès le lever de rideau. Chez les femmes, pas de rôle vraiment marquant, c’est un peu le travers de cette version de <em>Boris</em>.  <strong>Victoire Bunel</strong> est un Fiodor gracile et au final charmant. <strong>Svetlana Lifar</strong> (en nourrice) et <strong>Sarah Laulan</strong> (l’aubergiste) nous ont semblé plus convaincantes que <strong>Lila Dufy</strong> en Xenia.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-toulouse/">MOUSSORGSKI, Boris Godounov &#8211; Toulouse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>VERDI, La forza del destino — Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-forza-del-destino-toulouse-forcer-le-destin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 May 2021 09:50:06 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/forcer-le-destin/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Toulouse, place du Capitole ; les frémissements d’avant-spectacle sont comme ceux d’un dimanche de début de saison. Avant de pénétrer dans la magnifique architecture de Guillaume Cammas, on se voit, s’interpelle, on retrouve ses connaissances et ses repères. Or, en ce dimanche de mai, ce n’est pas le début attendu d’une saison bien sûr, il s’agit &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-forza-del-destino-toulouse-forcer-le-destin/"> <span class="screen-reader-text">VERDI, La forza del destino — Toulouse</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-forza-del-destino-toulouse-forcer-le-destin/">VERDI, La forza del destino — Toulouse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Toulouse, place du Capitole ; les frémissements d’avant-spectacle sont comme ceux d’un dimanche de début de saison. Avant de pénétrer dans la magnifique architecture de Guillaume Cammas, on se voit, s’interpelle, on retrouve ses connaissances et ses repères. Or, en ce dimanche de mai, ce n’est pas le début attendu d’une saison bien sûr, il s’agit plutôt, on veut le croire, de la fin définitive d’une interminable disette, qui aura privé les affamés de scène lyrique d’une nourriture dont on n’imaginait pas à quel point elle était vitale.</p>
<p>Cette faim enragée de revivre, de reprendre le cours des choses, unissait les quelques centaines d’heureux élus dans la salle (jauge au tiers oblige) et les protagonistes du jour, sur scène et dans la fosse. A peine <strong>Christophe Ghristi</strong>, le directeur musical, apparaît-il sur scène, visiblement ému de « rouvrir la maison », qu’il est longuement applaudi ; il a de plus la délicatesse de dédier cette matinée à Nicolas Joël, qui avait porté ici même cette production de <em>La forza del destino</em> en 1999, production que les aléas du moment vont priver de mise en scène. L’important est ailleurs : il s’agit de forcer le destin et de proposer, envers jauge et couvre-feu, six représentations en versions longues (matinées) ou courtes (soirées), afin de se jouer une ultime fois de la tyrannie de l’ennemi invisible.</p>
<p>Ce fut une étonnante chose de découvrir une partition portée par un orchestre pour ainsi dire chambriste : des vents quasiment pas doublés, les cordes fortement réduites, tout cela dans un savant travail de réduction mené par  le collectif Lacroch&rsquo; et notamment <strong>Philippe Perrin</strong>, son co-fondateur. L’équilibre musical est pourtant maintenu par <strong>Paolo Arrivabeni</strong>, à l’exception notable toutefois de quelques passages de l’ouverture (il s’agit de la version de 1869), où les deux contrebasses nous ont semblé trop lourdement appuyer les violoncelles, au risque de déséquilibrer l’ensemble. Les pupitres (une clarinette de toute beauté) sont bien mis en avant et donne une impression de dentelle orchestrale, certes totalement inattendue et historiquement improbable, mais du plus bel effet dans l’accompagnement de certaines scènes. Sans parler d’une pâte orchestrale plus légère qui aura permis à quelques voix de s’affirmer sans avoir à puiser dans les retranchements.</p>
<p>Ce fut le cas notamment de la Preziosilla de <strong>Raehann Bryce-Davis</strong>, une des découvertes de la soirée. Cette mezzo américaine a marqué par son entrain, sa souplesse et son espièglerie. Son « Rataplan » fut l’occasion d’un duo remarqué avec le chœur, dans un exercice rythmique sans fausse route. Pas sûr qu’elle se serait imposée aussi facilement avec un orchestre verdien au grand complet.</p>
<p>L’autre rôle féminin est l’un des plus éminents que Verdi ait conçu ; cette Leonora est portée par <strong>Catherine Hunold</strong> qui prend le rôle ce jour. Nul ne doute aujourd’hui que la voix de Catherine Hunold soit un diamant. Elle en a la solidité et la force. Nous dirons aussi qu’on aimerait que parfois la pierre fût davantage polie, ou moins à vif. Son aigu jaillit, tranche et s’impose, on le voudrait ça et là moins coupant dans le fortissimo. Mais quelle engagement, quelle solidité, quelle présence ! Son « Pace, pace » nous emporte par la ferveur et la solidité. Prise de rôle convaincante.</p>
<p>Catherine Hunold s’est presque fait voler la vedette par l’Alvaro d’<strong>Amadi Lagha</strong>. Le franco-tunisien nous offre un magnifique parcours tout au long d’une partition semée d’embûches. Aucune d’elle ne l’effraie, il se joue des difficultés avec aisance. Timbre plaisant, projection impressionnante, tout cela nous va. Nous manque en revanche le <em>cantabile</em>, qui lui fait souvent défaut et même cruellement dans le duo du IV avec Carlo. Il a toutefois séduit le public par son incroyable engagement, qui lui font mordre dans la partition, oubliant parfois d’enlever son masque pour chanter ou devant extraire un chat de la gorge ! Qu’importe ! Voilà un jeune homme avec d’incontestables moyens qu’on aimera revoir une fois les quelques aspérités gommées. On aurait presque pu lui préférer le Carlo de l’excellent <strong>Gezim Myshketa</strong>, au baryton chantant et soyeux. Ou le Melitone de <strong>Sergio Vitale</strong>, Falstaff avant l’heure et encore <strong>Roberto Scandiuzzi</strong> qui aura tenu les deux rôles de père : celui de Leonora, le Marquis de Malatrava, ainsi que Padre Guardiano ; basse on ne peut plus chantante et d’une assurance diabolique. Un sans faute aussi de <strong>Roberto Covatta </strong>en Trabuco.</p>
<p>Un mot sur les chœurs. Les soixante choristes étaient tous présents sur scène, sur des praticables, respectant scrupuleusement les deux mètres de distance ; leur place dans <em>La forza del destino</em> est essentielle ; ils ont été d’une discipline et d’une justesse impeccables et pour tout dire émouvantes. Planté sur un espace strictement délimité, chacun des chanteurs devait s’astreindre à l’immobilité ; mais on les sentait tous avides de mobilité, d’engagement. Certains des choristes ont préféré rester masqués, d’autres non ; certains encore esquissaient de touchants pas de danse sur place, emportés mais réfrénés dans l’élan par les strictes conditions sanitaires imposées.</p>
<p>Il faut le croire, la vie reprend !</p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-forza-del-destino-toulouse-forcer-le-destin/">VERDI, La forza del destino — Toulouse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>PUCCINI, Tosca — Francfort</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-francfort-que-la-torture-est-douce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Oct 2018 23:42:03 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/que-la-torture-est-douce/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Elle est partout la torture, omniprésente, sur la scène et dans les têtes, dans la vision de Tosca que nous propose Andreas Kriegenburg pour cette quatrième reprise au Frankfurter Oper d’une lecture datant de 2011. Envahissante, et pas seulement parce qu’au deuxième acte nous assistons en direct au supplice de Mario Cavaradossi, grâce à une &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-francfort-que-la-torture-est-douce/"> <span class="screen-reader-text">PUCCINI, Tosca — Francfort</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-francfort-que-la-torture-est-douce/">PUCCINI, Tosca — Francfort</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Elle est partout la torture, omniprésente, sur la scène et dans les têtes, dans la vision de <em>Tosca</em> que nous propose <strong>Andreas Kriegenburg</strong> pour cette quatrième reprise au Frankfurter Oper d’une lecture datant de 2011. Envahissante, et pas seulement parce qu’au deuxième acte nous assistons en direct au supplice de Mario Cavaradossi, grâce à une habile séparation de la scène en deux niveaux : quand Mario souffre à l’étage, son tourment et celui de Floria deviennent bien vite les nôtres et le râle arraché aux entrailles du peintre nous enjoint de crier grâce.</p>
<p>Pour tangible et impudente, et finalement fascinante que soit cette torture physique livrée à nos regards hébétés, il apparaît très vite qu’en réalité elle se glisse dans chaque tableau de l’œuvre. Pour cela, Kriegenburg (à qui l’on doit la mise en scène des <a href="https://www.forumopera.com/les-huguenots-paris-bastille-meyerbeer-chez-ikea">actuels <em>Huguenots </em>parisiens</a>) joue magnifiquement l’épure de la scène et les décors de <strong>Harald Thor</strong> sont volontairement minimalistes et du coup entièrement signifiants. Thor nous montre une église réduite à une croix de vitrail, immense et castratrice. S’effondre-t-elle enfin à la sortie d’Angelotti, par un bel et spectaculaire effet de surprise, qu’elle réapparaît immédiatement, immense silhouette à la Giacometti, en fond de scène, dictant sans répit leurs conduites aux uns et aux autres.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/tosca4_1.jpg?itok=yNb5_r1j" title="© Barbara Aumueller" width="312" /><br />
	© Barbara Aumueller</p>
<p>Quelle est donc cette Église figurée par des enfants de chœurs hilares, des prêtres en habit d’apparat mais ayant chaussé des Ray-Ban, si ce n’est un simulacre de religion qui oppresse au lieu d’élever et qui, finalement, ne sert de rien (Mario, au III, refusera la présence du prêtre qui, auparavant, aura béni à la chaîne les cercueils où sont déposés les cadavres des précédentes victimes de la folie scarpiesque) ?</p>
<p>La torture trouve aussi son terrain de jeu dans les espaces immenses offerts aux trois actes, si vastes et vides et vains que nos sens égarés ne savent où aller. Après l’église, ce sera, au II, une salle sans fond donnant sur un jardin : superbe table de dîner aux chandelles, joli bureau, musiciens de chambre affairés (décidément il y a du Don Giovanni dans ce Scarpia !). Mais tout cela est factice, car du moment où Mario est conduit près du commissaire, les cloisons se rapprochent, les ouvertures sur jardin s’estompent, le plafond s’abaisse, l’étau se resserre comme une colossale vierge de fer.</p>
<p>Au III enfin, en lieu et place de Sant’Angelo, un grand plan, place de Grève où sont passés par les armes les réfractaires. Ambiance glacée, sordide où même le pâtre finit par se vautrer dans une mare de sang, vestige de l’exécution précédente.</p>
<p>C’est que la torture est autant psychologique que physique. On fait croire à Mario et Floria que les fusils sont tombés et rangés ? C’est pour mieux abattre Mario à bout portant d’un pistolet sorti de nulle part.</p>
<p>La mise en scène utilise un matériau contemporain :  les protagonistes sont jeunes (Scarpia est un bellâtre dont on se rend vite compte qu&rsquo;il est aussi pervers narcissique, Floria une héroïne de bleuette très vite rongée par le vertige qui s’ouvre sous elle), les téléphones vibrent de concert à l’annonce de la victoire de Bonaparte ; tout est fait pour rendre terriblement actuelle cette maléfique manipulation.</p>
<p>Et pourtant, l’avons-nous trouvée douce cette horrible torture ! Avons-nous aimé souffrir avec Mario et Floria, au gré d&rsquo;une esthétique d’ensemble d’une fluidité impressionnante et d&rsquo;une maîtrise musicale qui offrit de tels moments de plénitude !</p>
<p>La troupe de l’opéra de Francfort a fait montre une fois de plus de la qualité et de la solidité de la formation qu’elle dispense. Le Sciarrone de <strong>Barnaby Rea</strong> , le  Spoletta de <strong>Michael McCown</strong>, tous deux en beaux gosses de l’ombre, l’Angelotti de <strong>Brandon Cedel</strong>, tout comme le sacristain de <strong>Franz Meyer</strong> ont abordé leurs rôles, dont la difficulté réside davantage dans le jeu que dans le chant, avec sérieux et une réelle implication. Le pâtre de <strong>Jacob Hildner</strong>, Dompfaff de la cathédrale de Mayence, n’a pas démérité, se tirant plutôt bien d’une courte partition semée d’embûches.</p>
<p>C’est probablement le Mario de <strong>Stefano La Colla</strong> qui nous amènera à émettre quelques réserves. Disons-le donc une fois pour toutes, la voix nous a paru bien sèche et peu chaleureuse dans son expression. Il manquait le minimum vital de vibrato, absent quasiment du début à la fin, un legato plus soutenu, pour que Mario épouse pleinement et authentiquement la passion brûlante de Floria. On l’aurait voulu aussi plus incandescent dans le duo du I et davantage ravagé lorsque, à califourchon sur son futur cercueil, il entonnera un «  E lucevan le stelle » plus appliqué que désespéré. Ceci étant dit, quelle aisance dans le forte, quelle facilité dans l’aigu, quelle belle projection aussi. Cavarodossi est un rôle parfaitement dans les cordes de La Colla et nul doute qu’on l’y retrouvera au meilleur de lui-même.</p>
<p>Le Scarpia de <strong>Dario Solari</strong> a été chaleureusement et fort justement salué par le public. On ne donne pas si souvent à voir un commissaire si jeune, si fringant et entreprenant. Notre Uruguayen possède un joli baryton, pris une fois ou deux en défaut de puissance, mais qu’importe :  il nous a livré une partition pleine, à la lecture renouvelée et cela est bien rafraîchissant. Son air du II fut particulièrement heureux, là où il ne lui fallait pas lutter contre un orchestre parfois envahissant. Tout son acte II est d’une fluidité rare jusqu’à l’estocade finale qu’il rend avec une vérité qui nous émouvrait presque ! Voix pleine, bien menée, technique déjà assurée.</p>
<p>Floria Tosca enfin, <strong>Malin Byström</strong> dont la carrière n’en finit pas de s’épanouir (elle est la récente lauréate des International Opera Awards 2018), nous offre une lecture de son rôle si personnelle, si habitée qu’on en redécouvre le personnage. La Suédoise a capté tous les regards et toutes les attentions. C’est que tout y était : une présence de chaque instant (de la midinette capricieuse à la manipulatrice morbide) et un chant maîtrisé de bout en bout. Elle essaie dans son duo du I d’emporter la flamme de Mario ; elle y met pour cela toute la palette des couleurs qui manquaient à son partenaire. Admirable numéro de duelliste avec Scarpia au II, qui culmine en un « Vissi d’arte » à déchirer les pierres. La voix est pleine, sèche quand il le faut (les derniers mots échangés avec Scarpia), et pour le reste d’une rondeur, d’une douceur, d’un moelleux mais aussi d’une force et d’une incandescence qui nous ont rappelé quelques illustres devancières.  Un rôle qui semble sur mesure, et une voix qu’on aimera aussi entendre en Maréchale ou Desdemona.</p>
<p>Un mot enfin d’un orchestre mené avec une belle intelligence par le jeune (lui aussi!) <strong>Lorenzo Viotti</strong>, lauréat, en 2017 des International Opera Awards et à qui l’Opéra National de Paris a confié Carmen au printemps 2019. Belle attention aux chanteurs, jolie retenue quand nécessaire et munificence des cuivres qui ponctuent le tragique, implacable et irréversible déroulé vers le néant.</p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-francfort-que-la-torture-est-douce/">PUCCINI, Tosca — Francfort</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
