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	<title>Clive BAYLEY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Clive BAYLEY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, Don Giovanni &#8211; Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-aix-en-provence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Jul 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On ressort perplexe de cette nouvelle production de <em>Don Giovanni</em> au Grand théâtre de Provence (c’est la huitième fois depuis 1949 que ce titre est à l’affiche du Festival international d’Art lyrique d’Aix-en-Provence). Perplexe et même frustré tout à la fois, tant la mise en scène de <strong>Robert Icke</strong>, qui agite les esprits sur Aix et au-delà, est parfaitement engageante dans ses présupposés mais, aussi, se révèle incapable de tenir ses promesses sur la longueur. Disons pour faire simple que le premier acte tient son spectateur en haleine alors que dans le second les ficelles tenues par le metteur en scène sont bien trop grosses et ne séduisent plus.<br />
L’idée de départ est l’interrogation : qui est Don Giovanni et qui le Commandeur ? Ne sont-ils pas les deux facettes d’un même personnage ? Telle est la question qui reviendra à plusieurs reprises dans la soirée, comme quand, alors que Don Giovanni termine par un rire sardonique son Air du Champagne, le rideau juste derrière lui projette alternativement les images stroboscopiques de son visage et de celui du Commandeur. Autre trouvaille : quand celui-ci entraîne Don Giovanni dans la mort, c’est lui-même qui chante les derniers mots à la place du séducteur.<br />
En réalité, le Commandeur ne meurt pas. Dans la scène de départ, avant même que résonne le premier accord à l’orchestre (qui va figurer l’attaque cardiaque dont il est victime), le père de Donna Anna est installé dans son salon, écoutant de vieux vinyles. L’apoplexie survient, le rideau retombe sur l’ouverture mais quand il se relève à l’issue de celle-ci, c’est Don Giovanni qui a pris sa place. Voilà, tout est dit de l’idée fondatrice dans la proposition de Robert Icke. Le Commandeur n’est pas mort, il va réapparaitre régulièrement. Il est en fait le pendant permanent du personnage de Don Juan qu’il finira par rejoindre une dernière fois – dans la mort cette fois.<br />
Ainsi, la question que pose Leporello dans le premier récitatif prend-elle tout son sens : « Qui est mort ? Vous, ou le vieux ? ». De fait, le doute s’immisce et perdurera tout du long .<br />
Cette interrogation, dont on peut supposer qu’elle participait pour Da Ponte du « gioccoso » plus que du tragique, est relue par Icke sous le prisme purement dramatique. Pour le jeune metteur en scène britannique (plus jeune récipiendaire du <em>Laurence Olivier Award</em> et connu pour ses transpositions radicales des classiques) qui signe là sa première mise en scène d’opéra, tout est prétexte à relecture. Tout doit contribuer à ce que le spectateur s’interroge en permanence sur la vraie nature du séducteur. Il est omniprésent sur scène, quitte à se rendre invisible, comme lorsqu’il assiste à la déploration d’Anna découvrant son père allongé par terre après son duel (mais le Commandeur va vite se relever !), il semble commander les éléments (déclenche la foudre ou la tempête), il entretient avec toutes les femmes qu’il côtoie des relations toujours profondément ambiguës, voire carrément malsaines – y compris avec cette fillette qui apparaît à plusieurs reprises et que Don Giovanni est à deux doigts de séduire.<br />
Mais en réalité, le Don Juan se consume de l’intérieur et le duel avec le Commandeur qui ouvre le premier acte, il ne le gagne qu’en apparence. Mieux, ce duel marque pour lui le début de la fin. Son sweatshirt blanc va se maculer de sang tout au long de la soirée et lui-même va trainer avec lui pendant presque tout le dernier acte une perfusion qui va – peut-être ? – nous renvoyer à la scène initiale, celle de l’apoplexie du Commandeur. Comment expliquer sans cela que la partie haute du décor au second acte soit une chambre d’hôpital et que les principaux protagonistes (Anna, Zerlina, Masetto, Leporello et Ottavio) soient habillés en soignants ? Il faut bien que tous se penchent sur le cas de Don Giovanni pour le saisir entièrement, mais sans jamais y parvenir, puisqu’à la fin c’est la mort qui l’emporte.<br />
Et c’est dans cette deuxième partie que l’on perd le fil. Plus rien, dans la vision de Icke, ne correspond plus au texte de Da Ponte. Ni la scène du balcon, ni celle du cimetière et encore moins celle du banquet – le fil conducteur étant alors un Don Giovanni épuisé, blessé, et finalement mourant.<br />
En résumé, une idée de départ intéressante, mais inaboutie et donc bien frustrante pour le spectateur.</p>
<pre style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Don-Giovanni_Festival-dAix-en-Provence-2025-©-Monika-Rittershaus_18-1294x600.jpg" alt="" width="587" height="272" />
© Monika Rittershaus</pre>
<p>Le plateau vocal est à la hauteur des attentes. <strong>Clive Bayley</strong> en Commandeur fait montre d’une autorité implacable dans la scène du banquet, <strong>Andrè Schuen</strong> est un Don Giovanni bluffant de réalisme et dont le timbre pourrait bien séduire toutes les femmes du monde. On le voit sombrer avant même qu’il meure, comme enivré de ses propres échecs. Don Giovanni est dominé par un Leporello tout d’autorité. <strong>Krzysztof Baczyk</strong> peut en remontrer à son maître ; il possède pour cela un baryton percutant et toujours bien posé. La basse polonaise <strong>Pawel Horodyski</strong> nous propose un Masetto qui ne se laisse pas faire ; il a dans la voix toute l’autorité nécessaire. Il manque à <strong>Amitai Pati</strong> la projection nécessaire mais les deux airs d’Ottavio sont techniquement maîtrisés et ce n’est pas un mince compliment. Du côté des femmes, le trio est somptueux, dominé par l’Anna  tout en majesté de <strong>Golda Schulz</strong> ; ses deux arias sont pour nous l’occasion de découvrir un timbre chaleureux et une technique à la hauteur des enjeux. Belle découverte que la Zerlina de <strong>Madison Nonoa</strong> : son « Batti, batti » est un pur régal de suavité et de délicatesse. Enfin <strong>Magdalena Kožena</strong> tient son rang et nous propose une Elvira ravagée par les doutes et les contradictions intérieures. La voix doit toutefois souvent forcer pour surnager au milieu d’un orchestre parfois envahissant.<br />
Ce n’est pas la première fois que <strong>Sir Simon Rattle</strong> dirige à Aix mais nous n’avions jamais entendu son orchestre, celui de la radio de Bavière. Nous sommes entièrement convaincus par l’intelligence dans la lecture dramatique de l’œuvre, qui tient son auditeur en haleine trois heures durant, beaucoup moins toutefois par la réalisation technique. Les vents sont souvent envahissants, au détriment des cordes qui avaient pourtant beaucoup de belles choses à dire.</p>
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		<item>
		<title>STRAVINSKY, The Rake’s Progress – Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/stravinsky-the-rakes-progress-paris-garnier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Dec 2024 05:59:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée en 2008 et reprise en 2012 la production d’Olivier Py du chef d’œuvre de Stravinsky revient sur la scène de Palais Garnier, avec une distribution entièrement renouvelée que le public, venu très nombreux, a chaleureusement acclamée tout au long de la soirée. Le travail du metteur en scène français qui signait alors sa première &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée en 2008 et reprise en 2012 la production d’<strong>Olivier Py </strong>du chef d’œuvre de Stravinsky revient sur la scène de Palais Garnier, avec une distribution entièrement renouvelée que le public, venu très nombreux, a chaleureusement acclamée tout au long de la soirée. Le travail du metteur en scène français qui signait alors sa première collaboration avec l’Opéra national de Paris, s’est bonifié avec les ans et les quelques critiques dont il a fait l’objet lors de sa création paraissent aujourd’hui bien dérisoires. Les décors de <strong>Pierre-André Weitz</strong> s’appuient sur l’opposition entre le noir et le blanc, les lignes horizontales et verticales et les cercles. Au lever du rideau, la scène est partagée en deux niveaux. Au niveau supérieur se trouve une chambre à coucher éclairée par de grandes fenêtres ornées de voilages blancs qui laissent entrevoir un ciel limpide. Sur le sol un lit tout blanc qui sera omniprésent durant tout le spectacle. Ce niveau représente l’univers pur et serein dans lequel évoluent Tom Rakewell et Anne Trulove, qui apparaissent entièrement vêtus de blanc. Au niveau inférieur, auquel on accède par une échelle, apparaît Nick Shadow, tout en noir, qui vient semer le trouble en attirant Tom dans ses filets avant de l’entrainer dans un univers glauque, aux décors majoritairement noirs, éclairés par un cercle de néons rouge vif, et peuplé d’une foule interlope où se mêlent prostituées aux seins nus et danseuses de cabaret emplumées. Convoité tour à tour par Mother Goose et ses « filles », puis par la femme à barbe Baba la Turque qui deviendra son épouse, Tom finira dans un asile où il mourra dans les bras d’une vieille femme décharnée, après que Nick Shadow l’aura privé de sa raison à défaut d’avoir pu s’emparer de son âme.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img decoding="async" width="900" height="600" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/The-Rakes-Progress-.-Guergana-Damianova-.-OnP-5.jpg" alt="" class="wp-image-179494"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Guergana Damianova / OnP</sup></figcaption></figure>


<p>La distribution est dominée par l’excellent <strong>Ben Bliss</strong> qui remplace Stanislas de Barbeyrac initialement prévu. Le ténor américain, omniprésent sur le plateau, campe un Tom Rakewell éperdu, tiraillé entre son amour pour Anne Trulove et la vie de débauche que lui fait miroiter Nick Shadow. Sa voix homogène sur toute la tessiture, son timbre clair et séduisant, son registre aigu bien projeté et son jeu tout en subtilité, captent durablement l’attention et suscitent la compassion du public comme en témoigne sa grande scène au début de l’acte deux «&nbsp;Vary the song&nbsp;», longuement applaudie. A ses côtés <strong>Golda Schultz</strong> incarne une héroïne volontaire et déterminée, incapable pourtant d’arracher Tom à ses démons. La soprano possède un timbre capiteux et une voix solide que couronne un aigu lumineux, notamment dans son air « Quietly night ». Py a eu l’idée de montrer Anne Trulove enceinte, puis mère d’un bébé qu’elle promène dans un landau ce qui confère au personnage une épaisseur supplémentaire. <strong>Iain Paterson</strong> est un démon inquiétant tant par son apparence et son jeu que par ses larges moyens qui en imposent d’emblée. Pour ses débuts à l’OnP, <strong>Jamie Barton</strong> compose une Baba la turque truculente à souhait. Avec sa perruque blond platine à la Marilyn et sa robe argentée et moulante elle n’est pas sans évoquer la célèbre drag queen Divine. A cela s’ajoutent un timbre voluptueux et un registre grave opulent qui lui valent dès son air «&nbsp;As I was saying&nbsp;», une ovation personnelle de la part du public. Justina Gringyté souffrante a trouvé en <strong>Hillary Summers</strong> une remplaçante de luxe. La contralto galloise s’est taillé un vif succès en mère maquerelle lubrique. Les rôles secondaires sont tous impeccable en particulier <strong>Clive Bayley</strong>, en père aimant et protecteur et <strong>Rupert Charlesworth</strong>, commissaire-priseur impérieux dans sa harangue «&nbsp;Who hears me&nbsp;» au début du troisième acte. Préparés par <strong>Ching-Lien Wu</strong> les Chœurs offrent une prestation en tout point remarquable.&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
<p><strong>Susanna Mälkki</strong> propose une direction fluide et précise émaillée de nuances pertinentes tout en prêtant une attention particulière aux chanteurs.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/stravinsky-the-rakes-progress-paris-garnier/">STRAVINSKY, The Rake’s Progress – Paris (Garnier)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>THOMAS, Hamlet &#8211; Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/thomas-hamlet-salzbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Aug 2024 10:05:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deuxième production française de la saison, cet Hamlet en version de concert fait ici un peu figure de rareté. L’œuvre ne jouit pas dans le monde germanique de la même popularité (retrouvée) dont elle bénéficie en France depuis une dizaine d’année, dans le cadre d’une redécouverte des grandes partitions oubliées du XIXe siècle. Est-ce cela &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Deuxième production française de la saison, cet Hamlet en version de concert fait ici un peu figure de rareté. L’œuvre ne jouit pas dans le monde germanique de la même popularité (retrouvée) dont elle bénéficie en France depuis une dizaine d’année, dans le cadre d’une redécouverte des grandes partitions oubliées du XIXe siècle. Est-ce cela qui explique qu’hier, jour de première, la salle n’était pas tout à fait pleine, fait très exceptionnel à Salzbourg ? Le public présent, qui était tout de même en nombre, n’aura pourtant pas regretté sa soirée, qui fut en tous points remarquable.</p>
<p>Profitant des dispositions de la salle du Felsenreitschule, et en particulier des loges de fond de scène taillées dans la roche du Mönchsberg, les organisateurs du concert ont tenté (et réussi) tout de même une certaine mise en espace. Le site est en effet irrésistible pour faire apparaitre le spectre du feu Roi…</p>
<p>Mais c’est bien entendu essentiellement au casting des voix qu’on juge une version de concert. Celui-ci ne comporte aucune faiblesse, tout au plus quelques chanteurs en début de carrière, distribués dans de plus petits rôles, ce qui est bien normal.</p>
<p>Un peu plus de 10 ans après sa prise de rôle au Théâtre An der Wien, dans la mise en scène d’Olivier Py, production qui <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/chapeau-bas-a-stephane-degout/">avait ensuite été reprise à Bruxelles</a>, revoici <strong>Stéphane Degout</strong> dans le rôle-titre, ce rôle qui lui va si bien, qui semble taillé pour lui tout exprès. Depuis dix ans, la voix a muri, l’artiste aussi, ce qui contribue à donner plus de densité, plus de dignité au personnage. La voix est splendide dans tous les registres, avec un timbre chaud, cuivré, et lumineux même dans sa partie la plus grave, la diction digne de tous les éloges, et l’expressivité du chanteur, qui explore ici des sentiments allant de la colère à la folie simulée, du remord à l’indignation, en passant par la tendresse ou la furie, fait preuve d’une exceptionnelle diversité. Il maintient cette belle énergie jusqu’au bout sans faillir et livre une prestation proprement époustouflante.</p>
<p>Pour lui donner la réplique, il fallait une Ophélie qui puisse affronter toutes les difficultés du rôle, qui semble écrit pour permettre à des chanteuses exceptionnelles de montrer toutes les facettes de leur talent. De plus, elle est familière du rôle pour l’avoir tenu – comme plusieurs autres protagonistes du concert de ce soir –&nbsp;encore en mars 2023 à l’opéra de Paris dans la mise en scène de Warlikowski. Virtuosité, légèreté, agilité, bien entendu, mais aussi couleurs dramatiques, endurance, et une grande facilité pour les vocalises, <strong>Lisette Oropesa</strong> possède tout cela et bien plus encore. Née et formée à la Nouvelle-Orléans en Louisiane, elle sera de retour à Paris dans <em>les Puritains</em> en janvier prochain. Son plaisir d’être en scène, très communicatif et stimulant pour ses partenaires, ajoute encore à sa popularité auprès du public, et c’est incontestablement elle qui, à la fin du spectacle, recueillera les plus spectaculaires faveurs de l’applaudimètre.</p>
<p>Troisième élément remarquable de la distribution, <strong>Eve-Maud Hubeaux,</strong> autre transfuge de la production parisienne, prête son physique de déesse grecque ainsi que son timbre corsé et presque glaçant de mezzo au peu sympathique personnage de la reine Gertrude. Ici aussi, diction française impeccable, grand sens du caractère théâtral et dramatique de l’œuvre, très grand professionnalisme dans la conduite du rôle.</p>
<p>Elle retrouve son comparse de Paris, <strong>Jean Teitgen</strong> pour lui donner la réplique en Claudius, le mauvais par excellence. Par comparaison avec la technique irréprochable de Degout, la voix de Teitgen, plus sombre, parait un peu moins bien contrôlée, son vibrato un peu large, mais il possède tout le volume requis pour proposer une composition impressionnante.</p>
<p><strong>Clive Bayley </strong>(le Spectre) peut se prévaloir d’une longue carrière de basse noble, au cours de laquelle il a abordé à peu près tous les rôles qui s’offrent à ce type de voix. Né à Manchester, il chante dans toutes les grandes maisons internationales, et était lui aussi de la production parisienne (décidément…)&nbsp;; il donne pleinement satisfaction, perché dans la petite loge qu’on a décrite plus haut. Le Polonais <strong>Jerzy Butryn</strong>, voix de basse noble lui aussi, se voit confié le rôle de Polonius.</p>
<p>Parmi les plus petits rôles, décochons une mention spéciale au ténor <strong>Julien Henric</strong> (Laërte), grande taille, physique idéal de jeune premier, voix particulièrement bien posée, puissante, pleine de couleurs, un jeune lyonnais qui semble bien parti pour une belle carrière. Quatre autres jeunes chanteurs se partagent les autres rôles secondaires de la pièce, la basse-baryton <strong>Liam James Karai</strong> en Horatio, fort élégant lui aussi, le ténor <strong>Raúl Gutiérrez </strong>en Marcellus, <strong>Ilya Silchk </strong>(bariton russe) et le ténor <strong>Seungwoo Simon Yang</strong>, sud-coréen, assumant les emplois de fossoyeurs d’Elseneur.</p>
<p>Nombreux, placés en fond de scène, le chœur Philharmonia de Vienne se bat avec la prononciation française comme il peut, mais il y met de l’enthousiasme.</p>
<p>C’est à l’orchestre du Mozarteum de Salzbourg qu’est revenu l’honneur d’accompagner cette très belle production. Il se trouve là face à un répertoire avec lequel il est peu familier mais qu’il semble prendre plaisir à jouer, et présente acte après acte des solistes de tout premier plan, successivement au saxophone (intervention exceptionnelle d’intensité musicale), au hautbois, au violoncelle (magnifiquement conduit) à la flûte ou au cor. A leur tête, le chef franco-suisse <strong>Bertrand de Billy</strong>, imperturbable face aux envolées faciles et au caractère parfois un peu excessif de la partition, mène son monde à bon port sans rien perdre de son flegme.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>ADÈS, The Exterminating Angel – Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ades-the-exterminating-angel-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julian Lembke]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Mar 2024 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’univers dramatique du compositeur britannique Thomas Adès est pour le moins hétéroclite. Son premier opéra Powder her face, inspiré d’un fait divers mondain des années 1960, était suivi de La Tempête d’après William Shakespeare. L’Opéra de Paris propose actuellement une nouvelle production de sa troisième œuvre lyrique, The Exterminating Angel, d’après le film éponyme de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’univers dramatique du compositeur britannique Thomas Adès est pour le moins hétéroclite. Son premier opéra <i>Powder her face</i>, inspiré d’un fait divers mondain des années 1960, était suivi de <i>La Tempête</i> d’après William Shakespeare. L’Opéra de Paris propose actuellement une nouvelle production de sa troisième œuvre lyrique, <i>The Exterminating Angel</i>, d’après le film éponyme de Luis Buñuel, initialement créée au festival de Salzbourg en 2016. Toutefois, les trois œuvres partagent les sujets de la folie et de la dépendance entre êtres humains.</p>
<p>L’argument de <i>L’Ange exterminateur</i>, chef-d’œuvre du cinéma surréaliste, est aussi simple qu’il est étrange. Après une réception chez l’aristocrate Edmundo de Nobile et son épouse Lucia, les convives n’arrivent plus à sortir de la maison. Se produisent alors de nombreux drames et confrontations entre les protagonistes. Le choix du sujet peut sembler étonnant pour un projet d’opéra : la distribution est nombreuse et les dialogues souvent superficiels. Ce n’est pas le contenu du texte mais sa simple présence et sa forme qui font exister les personnages. Comment Adès et son co-librettiste Tom Cairns se tirent-ils d’affaire ?</p>
<p>L’espace scénique conçu par <strong>Anna-Sofia Kirsch</strong> est moins claustrophobique que celui du film. Un vaste hall blanc avec du stuc au plafond et une rangée de chaises en velours rouge disposées le long des murs ressemblent davantage à l’église qui, chez Buñuel, n’apparait qu’à la toute fin, s’il n’y avait pas aussi une grande table à manger au centre ainsi qu’un piano à queue. Un garçon traverse la scène, portant des ballons en forme d’agneaux et imitant un bêlement. Ce motif, tout aussi liturgique que les décors, reviendra à plusieurs reprises. C’est le garçon qu’on essaiera en vain d’envoyer dans la maison pour vérifier ce qui arrive à l’assemblée et c’est un agneau qui évitera à celle-ci de mourir de faim. Un tintamarre de cloches est mélangé à l’orchestre qui s’accorde et, une fois de plus, on retrouve cette ambiguïté : est-ce le début d’un spectacle profane ou bien celui d’une messe ? Lorsque l’orchestre entre <i>in medias </i>res, différentes structures disparates s’unifient graduellement pour engendrer des effets cadentiels, feignant des centres tonaux a priori incompatibles. Cette écriture aux perspectives multiples, comme cubiste, s’observe souvent dans la musique d’Adès. D’emblée, les ondes Martenot, instrument électronique, se démarquent du timbre instrumental et font office de symbole sonore de l’Ange et de la barrière invisible qui enfermera les personnages. L’orchestre ne donne ni de commentaire ni d’accompagnement, il forme un inquiétant monde parallèle. Adès explique avoir voulu écrire une opérette sombre, une « horreurette ». En effet, la musique semble épouser par moments l’esprit d’une <i>Chauve-Souris </i>grotesque, tournée en dérision. Le compositeur cite Johann Strauss en élaborant des motifs extraits des valses de ce dernier. Superposés les uns aux autres, ils laissent naître une danse macabre, un divertissement devenu menace, à l’image de <i>La Valse</i> de Maurice Ravel. C’est ce sentiment d’une dernière fête avant la catastrophe, d’une joie hystérique et forcée, qui transpire avant tout dans la partition de l’opéra. Le film de Buñuel avait pour toile de fond la guerre froide et le spectre d’une fin du monde proche, ressenti auquel – hélas – notre société contemporaine ne peut que s’identifier. La proposition d’Adès retient cet aspect et le double d’un acte de refoulement, semblable à <i>La Montagne magique</i> de Thomas Mann dont les protagonistes se livrent à une dernière orgie avant que la Grande Guerre n’éclate.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/The-Exterminating-Angel-23-24-©-Agathe-Poupeney-OnP-1-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-157233"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Neil Rivet, Philippe Sly  © Agathe Poupeney  / OnP &#8211; Opéra national de Paris</sup></figcaption></figure>


<p>Parmi les personnages figurent les deux hôtes ainsi que leurs douze invités d’un côté et six domestiques de l’autre. À l’arrivée des convives, des ensembles se forment, des nœuds polyphoniques opposés aux propos plus articulés du personnel. Après le départ de celui-ci et tout au long de la pièce, de différents constellations, associations et solos émergent au sein du groupe des festoyants. Edmundo (<strong>Nicky Spence</strong>), par exemple, est un puissant ténor non dépourvu d’une pointe de méchanceté. À ses côtés, la Lucía de <strong>Jacquelyn Stucker</strong> brille avec une voix de soprano claire à la diction distincte. Les deux forment un parfait couple d’hôtes légèrement hautains. Le célèbre Docteur Carlos Conde, interprété par <strong>Clive Bayley</strong>, exhorte tout le monde à s’en remettre à la raison. Sa basse distinguée, pleine d’inflexions dignes d’un répertoire de <i>lieder</i>, perd cette caractéristique alors qu’il sombre lui-même dans une sorte de folie. Il se voit accaparé par Leonora, souffrante, amoureuse de lui et prétendument vouée à la mort. <strong>Hilary Summers</strong> incarne ce personnage trouble en couvrant tout le spectre expressif de sa voix de contralto parfois délibérément bouffonesque, notamment lorsqu’elle tombe en proie à un délire de persécution. Le dialogue entre elle et le Docteur est accompagné d’une musique de scène. L’orchestre se tait alors que la pianiste <strong>Blanca Delgado</strong> se met au piano pour jouer un étrange morceau pseudo-impressionniste qui ne semble émouvoir personne bien que tout le monde l’acclame. <strong>Christine Rice</strong> campe une femme ambiguë dont l’esprit pétri de doutes se reflète dans sa voix très ronde entre des aigus lyriques et d’impressionnantes virées dans l’extrême grave de sa tessiture. L’autre musicienne de la soirée, la chanteuse <strong>Leticia Maynar</strong> dont les convives viennent d’apprécier l’interprétation de <i>La Fiancée de Lammermoor </i>– nous restons dans le contexte de la folie –, se voit attribuer une redoutable partie de soprano léger aux aigus scintillants, assumée avec brio par <strong>Gloria Tronel</strong>. Les amants Eduardo (<strong>Filipe Manu</strong>) et Beatriz (<strong>Amina Edris</strong>), tous les deux dotés d’un chaud timbre de <i>bel canto</i>, constituent un élément de vérité et de sincérité porté par trois duos d’amour qui rythment toute l’œuvre et dont le dernier, «&nbsp;Roule ton corps dans le mien&nbsp;», n’est pas sans évoquer l’expressivité de <i>One Hand, One Heart </i>dans <i>West Side Story</i> de Leonard Bernstein.</p>
<p>La situation se dégrade progressivement et lorsque Edmundo se demande «&nbsp; Pourquoi est-ce que personne ne part ?&nbsp;» il est déjà trop tard. Les ondes Martenot décrivent une longue ligne traversant tout l’espace sonore, à la fois signal et anacrouse de la valse macabre. Tout le monde s’apprête à passer la nuit sur place, déclenchant un interlude féroce plongé dans une lumière rouge digne d’un Gustav Holst. C’est à ce moment-là que la musique trahit son origine anglaise, ne pouvant venir que de l’île, à l’image d’un Benjamin Britten ou Peter Maxwell Davies. Au fur et à mesure qu’Adès développe les idées présentées au début de l’œuvre, l’orchestre entre davantage en contact avec le chant, sans toutefois renoncer aux éléments inattendus telle qu’une sauvage mélodie mexicaine aux trompettes ou un solo de guitare espagnole.</p>
<p>Entre-temps, Francisco de Ávila subit une crise nerveuse. Ce rôle de contre-ténor virtuose est maîtrisé à merveille par <strong>Anthony Roth Costanzo</strong>. Son épouse Sylvia (<strong>Claudia Boyle</strong>), soprano burlesque et agile, réclame du sang, soutenue par Leticia et Blanca. Le Colonel, joué par <strong>Jarrett Ott</strong>, à la voix plastique et virile, s’offusque du «&nbsp;camp de gitans&nbsp;» qu’il voit autour de lui. On accuse Edmundo d’être responsable de la situation et veut le sacrifier.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/The-Exterminating-Angel-23-24-©-Agathe-Poupeney-OnP-4-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-157236"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Nicky Spence, Jacquelyn Stucker  © Agathe Poupeney  / OnP &#8211; Opéra national de Paris</sup></figcaption></figure>


<p>La mise en scène s’illustre par une direction, pour ne pas dire une « orchestration » des personnages très habile. Il convient de ne pas oublier qu’au moins 14 chanteurs sont constamment sur scène. <strong>Calixto Bieito</strong> crée des collages vivants, reprenant la combinatoire cubiste de la partition, et ce jeu de dés avec des éléments bien distincts les uns des autres contribue largement au succès de l’œuvre. La constellation des personnages sera d’ailleurs cruciale pour la fin de l’opéra. Les lumières de <strong>Reinhard Traub</strong> fournissent un contrepoint à cela avec des couleurs crues – blanc, rouge, vert – et très peu de mélanges. Si les costumes de d’<strong>Ingo Krügler</strong> ne sont guère surprenants – tenue de gala pour les convives, uniformes de travail pour les domestiques –, cela s’inscrit dans la réalité de l’œuvre dont le surréalisme réside moins dans l’aspect optique que dans la forme et la dramaturgie.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>Les scènes à l’extérieur, qui occupent une place importante dans le film, sont réduites à un passage du Padre Sansón qui souhaite envoyer Yoli (le garçon du début) dans la maison. Ils apparaissent sur la table à manger, baignés d’une lumière verte, tandis qu’un chœur est caché dans le public. Celui-ci entraîne un effet d’ouverture de l’espace qui remplace le changement du lieu prévu par Buñuel.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/The-Exterminating-Angel-23-24-©-Agathe-Poupeney-OnP-9-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-157240"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Jarrett Ott, Anthony Roth Costanzo, Claudia Boyle, Christine Rice  © Agathe Poupeney  / OnP &#8211; Opéra national de Paris</sup></figcaption></figure>


<p>À la fin, tous les personnages se retrouvent dans la même constellation qu’au début et cette coïncidence semble rompre le sort. Ils peuvent finalement sortir, la scène tourne sur son axe, le garçon réapparaît ; chant, orchestre, cloches et ondes Martenot forment une dense masse sonore sur le texte du <i>Lux alterna </i>liturgique. La scène de l’église, où se reproduit le même phénomène d’enferment, est supprimée, car cet espace est dès le début projeté sur la maison de Nobili. Adès et Bieito n’ont pas non plus besoin des images d’émeute sur lesquelles se termine le film. Les personnages jettent un regard ahuri sur les spectateurs. L’épreuve semble finie, mais en vérité c’est la dernière danse qui vient de prendre fin.</p>
<p>Le soir de la première, le public était particulièrement enthousiaste et on entendait entre autres : «&nbsp;C’était mieux que la création à Salzbourg !&nbsp;»</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ades-the-exterminating-angel-paris/">ADÈS, The Exterminating Angel – Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>THOMAS, Hamlet &#8211; Paris (OnP)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/thomas-hamlet-paris-onp/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Mar 2023 07:07:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Hamlet d’Ambroise Thomas n’avait plus été donné à l’Opéra national de Paris depuis les représentations de 1938 à Garnier. Le voici qui fait une entrée triomphale à l’Opéra Bastille. L’ensemble de la distribution a été longuement ovationné au rideau final à l’exception du metteur en scène et de son équipe qui ont dû essuyer une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Hamlet</em> d’Ambroise Thomas n’avait plus été donné à l’Opéra national de Paris depuis les représentations de 1938 à Garnier. Le voici qui fait une entrée triomphale à l’Opéra Bastille. L’ensemble de la distribution a été longuement ovationné au rideau final à l’exception du metteur en scène et de son équipe qui ont dû essuyer une bordée de huées dès qu’ils sont apparus sur le plateau, réaction somme toute banale à l’Opéra dès que l’on assiste à une production qui bouscule un peu les traditions.</p>
<p>Pourtant le travail de <strong>Krzysztof Warlikowski</strong> n’a rien d’iconoclaste, en dépit du changement d’époque. Le déroulement de l’intrigue est parfaitement respecté, le caractère des personnages également. Les décors sont grandioses, d’immenses parois constituées de grilles en métal encadrent le plateau, enfermant les personnages dans ce qui pourrait être un hôpital psychiatrique si l’on en juge par la présence d’infirmiers en blouses blanches. L’idée n’est certes pas nouvelle, Lev Dodin l’avait déjà exploitée en 1999 pour sa <em>Dame de</em> <em>pique</em>, mais la manière dont Warlikowski l’utilise est tout à fait spectaculaire et conforme en fin de compte à l’esprit du grand opéra à la française. Sa production se révèle à la fois fascinante et déroutante. Déroutante, dès le lever du rideau où l’on voit Gertrude âgée, de dos dans un fauteuil roulant, regarder <em>Les Dames du bois de boulogne</em> de Bresson sur l’écran d’une vieille télévision tandis que des personnages en grand deuil pénètrent sur plateau. Déroutante parce que le spectre de Claudius apparaît vêtu en clown blanc tandis qu’au dernier acte Hamlet est en clown noir. Déroutante encore parce qu’Ophélie distribue des oranges et non des fleurs aux villageois ou parce qu’Hamlet, tel un enfant, joue avec une petite voiture téléguidée dans la scène qui l’oppose son oncle. Mais faut-il vraiment chercher une explication à toutes ces étrangetés ou doit-on simplement se laisser emporter dans un univers fantasmagorique peuplé de créatures bizarres comme ces danseurs barbus en tutus qui se mêlent à de vraies ballerines au cours du ballet ? Un univers hétéroclite et pour tout dire fascinant dans lequel on reconnaît la signature du metteur en scène polonais : le fauteuil roulant de Gertrude âgée, la baignoire dans laquelle Ophélie se noie, les projections vidéos comme dan <em>Don Carlos</em>.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Hamlet-1-Bernd-Uhlig-Onp.jpg" alt="L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Hamlet-1-Bernd-Uhlig-Onp.jpg." /><br />
© Elisa Haberer / Opéra national de Paris</p>
<p>Quoi que l’on pense du spectacle on ne peut qu’admirer l’extraordinaire précision de la direction d’acteur, en particulier concernant le rôle-titre dans lequel <strong>Ludovic Tézier</strong> ajoute à sa performance vocale une véritable performance de comédien, car c’est lui le grand triomphateur de la soirée. Parvenu à l’apogée de son art, le baryton français campe un Hamlet halluciné, tourmenté par les trahisons des êtres qui lui sont le plus proches et animé par un désir de vengeance sans cesse différé. On demeure ébloui par l’ampleur de ses moyens, le volume, la projection et la longueur d’une voix saine et bien conduite dont il sait varier les couleurs et la dynamique à des fins expressives. Aucun affect de son personnage ne lui échappe. Il convient de citer son duo avec Ophélie où il se montre tendre et langoureux, sa chanson bachique « O vin, dissipe ma tristesse » lancée avec une voix claironnante, son monologue « être ou ne pas être », tout en émotion contenue et sa grande scène ave Gertrude, d’une violence impressionnante et inattendue chez ce chanteur habituellement sur la réserve. Une grande performance qui fera date.</p>
<p>A ses côtés, <strong>Lisette Oropesa</strong> campe une Ophélie tout en délicatesse avec une voix plus large que celles que l’on entend habituellement dans ce rôle, ce qui lui permet de remplir sans problème le grand espace de la Bastille. Le medium est corsé, l’aigu solide et bien projeté, la colorature irréprochable et la diction parfaitement intelligible. Sa scène de la folie, complète avec les reprises, lui a valu une ovation largement méritée.</p>
<p>Vieillie au début de la soirée,<strong> Eve-Maud Hubeaux</strong>, apparaît ensuite dans une superbe tenue années vingt et propose une Gertrude timorée et perpétuellement inquiète. La mezzo-soprano suisse qui possède une voix sonore et un timbre cuivré n’hésite pas à poitriner ses graves à des fins expressives. <strong>Jean Teitgen</strong> campe un Claudius convaincant avec une voix profonde au grave assuré, <strong>Julien Behr</strong> possède un timbre agréable qui capte l’attention dans son air « Pour mon pays en serviteur fidèle ». Dommage que sa projection soit un peu limitée – un handicap pour Bastille. Citons pour finir les autres personnages secondaires, tous dotés d’une belle diction ce qui est confortable pour un auditeur français : <strong>Clive Bayley</strong>, spectre impressionnant, <strong>Frédéric Caton</strong>, <strong>Julien Henric</strong> et <strong>Philippe Rouillon</strong>, tous trois impeccables, respectivement en Horatio, Marcellus et Polonius, ainsi que les deux fossoyeurs désabusés d’<strong>Alejandro Baliñas Vieites</strong> et<strong> Maciej Kwaśnikowski</strong>.</p>
<p>A la baguette le jeune chef <strong>Pierre Dumoussaud</strong> constitue une belle découverte. Sa direction souple et dynamique parvient à conférer une certaine unité à des scènes parfois disparates. Durant la première partie qui regroupe les actes un à trois, il maintient la tension dramatique pendant plus de deux heures sans faiblir. Au final le public l’a chaleureusement applaudi. L&rsquo;ouvrage est donné dans sa quasi totalité avec même deux numéros du ballet sur cinq.</p>
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		<title>BRITTEN, Peter Grimes — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/peter-grimes-paris-contempler-flux-la-perte-reflux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Jan 2023 05:01:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans l’immédiat après-guerre, Peter Grimes ne tranchait sans doute pas avec les expériences encore vivantes du public :  il y a un ennemi, il y a une communauté liguée contre cet ennemi, il y a l’environnement hostile où se déploient le bien et le mal, sans plus de nuances, sans autre alternative. Aujourd’hui, l’argument fait encore écho à nos &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans l’immédiat après-guerre, <em>Peter Grimes </em>ne tranchait sans doute pas avec les expériences encore vivantes du public :  il y a un ennemi, il y a une communauté liguée contre cet ennemi, il y a l’environnement hostile où se déploient le bien et le mal, sans plus de nuances, sans autre alternative. Aujourd’hui, l’argument fait encore écho à nos urgences : il y a des exclus, il y a ceux qui excluent – peut-être malgré eux –, il y a beaucoup de souffrance. Et la souffrance engendre la souffrance. Loin de la vision passéiste ou romantique à laquelle pourrait facilement succomber la mise en scène (un village de pêcheurs isolé, vers 1830, entre tempêtes, récifs, falaises, nuages menaçants et morts mystérieuses), <strong>Deborah Warner </strong>dépeint une réalité actuelle parce qu’intemporelle. Si l’œuvre se prête plus ou moins heureusement à toutes les transpositions, le respect scrupuleux du contexte du livret dans le monde contemporain en souligne l’actualité : les milieux déclassés d’hier sont ceux d’aujourd’hui et il reste illusoire de penser que « tout va vers un mieux ». Du moins à certains endroits ou dans certaines communautés, encore isolées socialement et économiquement. Plus que réaliste, la démarche de mise en scène se veut ainsi quasiment naturaliste. Deborah Warner et <strong>Michael Levine</strong>, décorateur de la production, se sont rendus à Aldeburgh, ville isolée du Suffolk où vécut Britten, et dans d’autres villes ou villages isolés et pauvres de la côte de l’Essex. Il en résulte une esthétique sobre, directe, d’une efficacité redoutable. Aucun  lyrisme ni romantisme. Même les évocations des noyés (le premier apprenti puis, plus tard, Peter Grimes lui-même) qui pourraient se réduire à de belles figures aériennes, légères et oniriques, sont glaçantes.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="313" src="/sites/default/files/styles/large/public/vincent_pontet_opera_national_de_paris-peter-grimes-22-23-vincent-pontet-onp-5-.jpg?itok=E13gkhil" title="© Vincent Pontet - ONP" width="468" /><br />
	© Vincent Pontet &#8211; ONP</p>
<p>D’emblée, Peter Grimes est en décalage par rapport aux femmes et hommes qui forment pourtant sa communauté. Dans le procès sans contradiction qui ouvre l’œuvre, on découvre un personnage bourru, peu communicatif, physiquement isolé. Il n’est en revanche pas la brute colérique, voire portée sur la cruauté, qui est parfois dépeinte. En somme, Peter Grimes est un homme complexe, en tension perpétuelle entre son attachement au lieu et son décalage social. Peter Grimes, pour le dire autrement, est pris entre deux pôles menaçants et même, avec une intensité croissante au fil de l’œuvre, meurtriers : la foule et la mer. La mer est partout dans l’opéra, et avant tout dans la fosse et la partition. Elle est explicitement dépeinte à l’occasion des six interludes qui structurent l’œuvre. Ainsi, comme Peter Grimes, le spectateur est pris dans le flux et le reflux des vagues, dans le sac et le ressac. Grimes se livre, ouvre son cœur, chante ses espoirs de mariage avec Ellen Orford (flux), il ne restera que de la violence (reflux). Grimes se voit offrir une deuxième chance (sac), il ne récoltera que de la violence (ressac). Faire face à la mer, c’est toujours faire face à l’horizon d’une perte. Perte de nos illusions qui nous reviennent violemment (sac et ressac), pertes très concrètes – trois noyés, dont un suicidé, tués par la mer (sac) et ensuite rejetés vers les hommes (ressac).  </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="313" src="/sites/default/files/styles/large/public/vincent_pontet_opera_national_de_paris-peter-grimes-22-23-vincent-pontet-onp-15-.jpg?itok=2_VX6XSQ" title="© Vincent Pontet - ONP" width="468" /><br />
	© Vincent Pontet &#8211; ONP</p>
<p><strong>Alexander Soddy </strong>livre une interprétation fine de ces fresques maritimes, jouant habilement avec les textures et les couleurs, les mouvements de flux et de reflux, les différentes évocations du paysage. Il offre ainsi un second interlude mouvementé où cordes et cuivres parviennent à rendre compte de l’instabilité constitutive – de la mutation perpétuelle – du paysage marin. L’<strong>Orchestre de l’Opéra national de Paris </strong>maintient la tension qui caractérise la partition tout du long de l’œuvre, avec toutefois une meilleure maîtrise dans les nuances <em>forte</em> – comme si seule la tempête était meurtrière, ce qui semble évidemment réducteur : dans <em>Peter Grimes</em>, ce sont les forces souterraines (rumeurs, suppositions et ressentiments) qui sont les plus destructrices. </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="305" src="/sites/default/files/styles/large/public/vincent_pontet_opera_national_de_paris-peter-grimes-22-23-vincent-pontet-onp-12-.jpg?itok=JCWRWGe7" title="© Vincent Pontet - ONP" width="468" /><br />
	© Vincent Pontet &#8211; ONP</p>
<p>Le Peter Grimes d’<strong>Allan Clayton</strong> assume pleinement la complexité du personnage qu’il sert par un jeu exempt de toute caricature. Le timbre est clair et naturel, la projection impeccable. Seul face à la foule dans le livret, il se distingue également très nettement sur le plan vocal et compense amplement les quelques réserves que l’on peut avoir par ailleurs. <strong>Maria Bengtsson </strong>campe une Ellen Orford lumineuse, parfois trop contenue mais qui offre de véritables moments de grâce. La voix reste souvent coincée contre le palais avant de jaillir et d’offrir ce que la partition recèle de plus touchant. Elle se révèle véritablement au début de l’acte II : immense musicienne et certainement très grande interprète de Britten (on ne l’a malheureusement pas entendue dans le rôle de la gouvernante/<em>The Turn of the Screw</em> en 2018 à Berlin et on se laisse aller à rêver d’une interprétation idéale…). À la fin du premier tableau du même acte, le quatuor qu’elle forme avec Auntie (<strong>Catherine Wyn-Rogers</strong>, tenancière du <em>Sanglier</em>) et ses deux nièces (<strong>Anna-Sophie Neher </strong>et <strong>Ilanah Lobel-Torres</strong>, prostituées) exprime toute l’humanité qui manque à la foule violente, bigote et hypocrite : femmes hors des cadres (veuve ou apparemment peu vertueuses), elles sont des mères pour tous les laissés pour compte. Ce sont elles qui permettent d’encore espérer (« Devrons-nous avoir honte parce que nous faisons oublier la laideur aux hommes ? »). Le duo formé par les nièces est, plus généralement, d’une remarquable homogénéité et stylistiquement exemplaire, alors que leur tante reste souvent vocalement en retrait mais compense par une réelle présence scénique. <strong>Simon Keenlyside</strong> incarne un Captain Balstrode idéal. La projection est naturelle, le timbre magnifique, à la fois sombre et éclatant, ainsi qu’il sied au personnage qui, pour sauver Grimes, le poussa vers la mort – ultime geste d’humanité et de lucidité. <strong>John Graham-Hall </strong>est un Bob Boles convaincant mais qui peine à passer, tandis que le Swallow de <strong>Clive Bayley </strong>– qui ouvre l’opéra – est un homme de loi bien campé à la projection incisive. La Mrs. Sedley de <strong>Rosie Aldridge</strong> – bigote, malveillante et un peu accro à certaines pilules – manque d’éclat dans le médium mais son jeu est désopilant. Elle incarne parfaitement son personnage de veuve de bénitier. Le révérend Horace Adams de <strong>James Gilchrist</strong>, le Ned Keene de <strong>Jacques Imbrailo</strong> et le Hobson de <strong>Stephen Richardson </strong>complètent vaillamment un tableau globalement très  réussi.   </p>
<p> </p>
<p>Central dans le traitement d’une intrigue où <em>l’opinion publique</em> joue un rôle à part entière, le <strong>Chœur de l’Opéra national de Paris</strong> a manifestement été remarquablement préparé par <strong>Ching-Lien Wu</strong>. Il réagit au quart de tour et forme un étau qui, peu à peu se resserre autour de Grimes, ne lui laissant en dernière instance qu’une seule issue : la mer immense, nourricière et meurtrière. </p>
<blockquote>
<p> </p>
<p>Sans cesse en mouvement, la marée va et vient. </p>
<p>Montante, elle remplit généreusement le chenal,</p>
<p>puis, d’un élan puissant et majestueux, se retire, </p>
<p>toujours terrible et mystérieuse. </p>
</blockquote>
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			</item>
		<item>
		<title>JANACEK, Kát&#039;a Kabanová — Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/katia-kabanova-londres-roh-la-la-land-en-kit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Feb 2019 05:43:39 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/la-la-land-en-kit/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Proposée en billetterie à moitié prix comparée aux autres productions du Royal Opera House, cette Katia Kabanova, deuxième volet du cycle Janacek, n’en est pas moins une solide et entière proposition. Certes, Richard Jones opte, contraint et forcé, pour la frugalité des décors : des côtés de scène en cartons percés de portes à cour &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr" id="docs-internal-guid-75f732a0-7fff-cdcb-a8f9-804fe91ffd19">Proposée en billetterie à moitié prix comparée aux autres productions du Royal Opera House, cette <em>Katia Kabanova</em>, deuxième volet du cycle Janacek, n’en est pas moins une solide et entière proposition.</p>
<p dir="ltr">Certes, <strong>Richard Jones</strong> opte, contraint et forcé, pour la frugalité des décors : des côtés de scène en cartons percés de portes à cour et à jardin, par lesquelles défilent le chœur et une foule de figurants qui épient en permanence la pauvre Katia ; un pan de mur de maisons amovible, déco vieillotte, qui descend des cintres et se retourne pour montrer la façade ; et un abris bus vert&#8230; Les costumes pattes d’éléphant font eux pencher la balance vers une époque proche de nous mais d’avant la libération sexuelle, choix judicieux eu égard à l’ambiance « ordre moral » du livret. Dommage que, pour soignée qu’elle soit, notamment pour montrer scène après scène l’ambiance suspicieuse qui pousse Katia vers la folie et le suicide, la direction d’acteur s’affuble de quelques tics agaçants. Ainsi Katia se jette un peu trop souvent contre les murs qu’elle rencontre. Reste un deuxième acte nocturne sous un lampadaire, qui, costumes sixties et amourette réunis, fait penser à une sorte de <em>La La Land</em> des pays de l’est.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="313" src="/sites/default/files/styles/large/public/1087_emily_edmonds_as_varvara_andrew_tortise_as_kudrjas_c_roh_2019_photograph_by_clive_barda.jpg?itok=ORwlZaZA" title="© Clive Barda" width="468" /><br />
	© Clive Barda</p>
<p dir="ltr">Dans la fosse <strong>Edward Gardner</strong> convainc malgré des bois et des cuivres pas toujours à leur affaire. Le chef britannique parvient tout de même à imposer contrastes et dynamisme à ses troupes. Si les couleurs, consubstantielles à ce répertoire, pâtissent de la méforme des pupitres suscités, le lyrisme et l’ironie de la partition sont bien mis en avant.</p>
<p dir="ltr">La distribution apporte son lot de satisfaction, à commencer par les petits rôles dont le Dikoï caractériel de <strong>Clive Bayley</strong> ou le Tichon impuissant d’<strong>Andrew Staple</strong>s. <strong>Pavel Cernoch</strong>, après son <a href="https://www.forumopera.com/jenufa-amsterdam-bis-repetita-non-placent">Laca brûlant d’Amsterdam</a> cette saison, réitère ici dans le rôle plus court de Boris : brillance des aigus et chaleur du timbre en font un amant idéal. Chez les femmes, on reste sur notre faim avec la Kabanicha de <strong>Susan Bickley</strong> à cause d&rsquo;un medium amenuisé mais on se régale du chant pétillant d’<strong>Emily Edmonds </strong>(Varvara). Enfin <strong>Amanda Majeski</strong>, loin des Mozart qu’elle défend sur les scènes du monde, effectue une prise de rôle réussie en Katia. Hallucinée et fragile en scène, elle déploie un chant pur et lumineux, d’une précision d’orfèvre, même si on peut toutefois préférer des timbres plus charnus pour incarner la jeune femme adultère.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/katia-kabanova-londres-roh-la-la-land-en-kit/">JANACEK, Kát&#039;a Kabanová — Londres (ROH)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Billy Budd</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/billy-budd-homme-libre-toujours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Sep 2018 05:35:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Toute sa vie Britten fut un homme libre et, donnant raison à Baudelaire, il chérit la mer, si présente dans son village d’Aldeburgh. Alors que Peter Grimes, son chef-d’œuvre « marin », semble désormais un peu moins donné, Billy Budd, qui ne lui cède en rien, est en bonne voie de devenir l’opéra de Britten le plus &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Toute sa vie Britten fut un homme libre et, donnant raison à Baudelaire, il chérit la mer, si présente dans son village d’Aldeburgh. Alors que <em>Peter Grimes</em>, son chef-d’œuvre « marin », semble désormais un peu moins donné, <em>Billy Budd</em>, qui ne lui cède en rien, est en bonne voie de devenir l’opéra de Britten le plus souvent joué, avec <em>A Midsummer Night’s Dream</em>. A la comédie shakespearienne répond le drame inspiré de Melville. Et dans <em>Billy Budd</em>, l’élément liquide joue un rôle essentiel, puisque tout l’opéra se déroule en haute mer.</p>
<p>Comment représenter sur une scène la vie à bord d’un navire ? A chacun de trouver sa réponse à ce délicat problème, et <a href="https://www.forumopera.com/billy-budd-madrid-avec-les-cintres-pour-greement">nous avions dit</a> combien les solutions proposées à Madrid par <strong>Deborah Warner</strong> s’avéraient ingénieuses, tout à la fois libérées des contraintes du réalisme et formidablement évocatrices. Bien sûr, malgré un format proche du cinémascope, il est bien difficile de rendre sur un écran l’effet estomaquant de ce décor simple mais monumental, dont tout le sol se soulève parfois pour nous montrer les différents ponts du navire, sol constitué de plusieurs plaques parallèles entre lesquelles on devine de l’eau. Tout en respectant les changements de lieu, ce décor nous donne l’impression d’être sur l’océan, par des moyens purement théâtraux : fumigènes pour la brume, lumières admirablement travaillées. Cadre austère, à la gamme de couleurs réduite (du gris au bleu), mais où la masse chorale et les solistes sont dirigés de main de maître. Et c’est là que le DVD rattrape amplement le déficit signalé plus haut, grâce à une multiplication de gros plans qui, pour une fois, ne font aucun tort aux chanteurs, bien au contraire. Deborah Warner a su exploiter tout le potentiel de ses « acteurs », dont le visage se révèle constamment expressif, vivant le drame à chaque instant. En cela réside la plus-value de cette captation, qui nous plonge au cœur de l’action. La mise en scène opte pour une lecture sans fioritures, et ne s’éloigne de la lettre du livret que pour substituer le lavage du pont à d’autres manœuvres de l’équipage. Rien d’explicitement sexuel, rien de scabreux dans l’affrontement du bien et du mal, du beau et du laid ; la fascination qu’exerce Billy Budd sur son entourage tient à sa bonté, à son charisme, et c’est dans ce cadre que s’inscrit le geste christique par lequel il « bénit » Vere en lui posant la main sur la tête alors même qu’il descend dans son cachot.</p>
<p>A la tete de l’orchestre du Teatro Real, <strong>Ivor Bolton</strong> rend parfaitement justice à la musique de Britten, dont il exalte les tensions aussi bien que les moments suspendus, contribuant à toute la variété d’atmosphères voulues par cette partition. Et il a sous sa baguette quelques-uns des meilleurs interprètes aujourd’hui possibles pour cet opéra.</p>
<p>En quelques années,<strong> Jacques Imbrailo</strong> s’est fait une spécialité de ce rôle qui lui colle à la peau, et pour lequel il évite tous les écueils : ni sex-symbol sur papier glacé, ni benêt béni-oui-oui, son Billy atteint d’emblée l’équilibre idéal entre toutes les composantes du personnage qui, vocalement, ne lui pose aucune difficulté. <strong>Toby Spence</strong> possède un physique d’éternel adolescent qui confère à Vere un relief inhabituel : le capitaine est loin d’être le vieil homme qu’il dit être dans le prologue et l’épilogue, il n’est guère plus âgé que Billy et il campe fort bien le doux rêveur que ses hommes ont surnommé « Starry Vere ». Interprétant d’une voix claire et saine les tourments du capitaine, le ténor britannique est ici plus convaincant qu’en Peter Quint, qui demande plus de fiel, plus d’ambiguïté. Appartenant à une autre génération, le Claggart de <strong>Brindley Sherratt </strong>s’impose par la noirceur de la voix, et même par le manque de beauté qu’on peut lui reprocher. Le personnage est maléfique sans histrionisme aucun. <strong>Thomas Oliemans</strong> est la parfaite illustration du soin apporté à la direction d’acteur : à travers des gestes, des mimiques, Mr Redburn acquiert avec lui une véritable personnalité, bien distincte de son collègue Mr Flint, très adéquatement servi par <strong>David Soar</strong>. Il faudrait aussi saluer le Donald vigoureux de <strong>Duncan Rock</strong>, le novice de <strong>Sam Furness</strong>, le Dansker de <strong>Clive Bayley </strong>ou le Squeak de <strong>Francisco Vas</strong>, sans oublier le chœur du Teatro Real, qui contribue lui aussi à cette brillante réussite d’ensemble. A défaut de voir ce spectacle à Paris comme il en avait été question (les seuls coproducteurs mentionnés dans le livret d’accompagnement sont Londres et Rome), ce DVD permettra à tous d’apprécier un des spectacles majeurs de ces dernières saisons.</p>
<p><iframe allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/FJypp4JccOU" width="560"></iframe></p>
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		<title>GOUNOD, Roméo et Juliette — Grange Park</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/romeo-et-juliette-grange-park-moderne-et-respectueux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Jul 2018 03:28:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Né en 1988, le jeune David Junghoon Kim a déjà derrière lui un superbe palmarès : premier prix des Voci Verdiane à Busseto, prix Plácido Domingo dans la compétition Francisco Viñas de Barcelone, demi-finaliste du Concours de la Reine Elizabeth ou encore Premier Grand Prix Hommes à l’unanimité du jury à Toulouse, doublé d’un Prix du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Né en 1988, le jeune <strong>David Junghoon Kim</strong> a déjà derrière lui un superbe palmarès : premier prix des Voci Verdiane à Busseto, prix Plácido Domingo dans la compétition Francisco Viñas de Barcelone, demi-finaliste du Concours de la Reine Elizabeth ou encore <a href="/finale-du-50e-concours-international-de-chant-de-toulouse-toulouse-soir-de-fete-au-capitole">Premier Grand Prix Hommes à l’unanimité du jury à Toulouse, doublé d’un Prix du Public</a>. Le ténor coréen a également fait partie du Jette Parker Young Artists Programme, ce qui l’a conduit à chanter régulièrement des rôles secondaires sur la scène du Royal Opera où nous l’avions déjà remarqué : <a href="/les-contes-dhoffmann-londres-roh-derniers-feux-dune-production-legendaire">Nathanaël </a>dans <em>Les Contes d’Hoffmann</em>, <a href="/don-carlo-londres-roh-un-beau-travail-dequipe">le Conte de Lerme</a> dans <em>Don Carlo</em>, <a href="/turandot-londres-roh-trente-trois-ans-mais-pas-une-ride">Pong </a>dans <em>Turandot </em>pour n&rsquo;en citer que quelques uns. Mais l’épreuve de la scène exige des qualités plus rares que celles de simple bête à concours, surtout dans un des rôles les plus longs et les plus tendus du répertoire de ténor (Roméo chante ainsi généralement plus haut que Juliette). Scéniquement, David Junghoon Kim reste un peu trop placide (d’où peut-être son prix Domingo), avec un visage insuffisamment expressif. Mais, vocalement, le pari est gagné haut la main : le timbre reste corsé et chaleureux tout au long de la soirée, sans traces de fatigue. Le style est impeccable, avec un parfait legato et un beau phrasé. La diction et la prononciation sont quasiment irréprochable. Enfin, le finale de l’acte III est couronné d’un contre-ut sans effort apparent. Voici un artiste dont il faudra suivre les progrès. Née en 1987, <strong>Olena Tokar</strong> a également un beau palmarès à son actif : finaliste aux concours Ferruccio Tagliavini et Francisco Viñas ainsi qu’à celui de Cardiff, premier prix aux concours de Lortzing, Leipzig et à l’ARD International Music Competition de Munich. Elle campe une Juliette infiniment crédible de par sa tournure et son aisance théâtrale remarquable. Le timbre est un peu métallique. La technique est parfaite, permettant d&rsquo;offrir une valse idéalement brillante, avec des coloratures parfaitement exécutées, et un aigu sûr. La voix est sans doute un peu trop légère dans l’absolu : la scène du poison, beaucoup plus dramatique, est certes convaincante, mais on sent que le soprano ukrainien y jette toutes ses forces. Globalement, le français est également très correct. Quoique un peu disparates, les deux jeunes chanteurs forment donc ainsi un couple attachant.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/3475156-5895913-image-a-27_1530291010151.jpg?itok=58AmPl6a" title="Olena Tokar et David Junghoon Kim © Robert Workman." width="468" /></p>
<p>Avec quatre duos d’amours et deux airs pour chacun des deux protagonistes principaux, la partition de Gounod laisse peu d’espace aux autres interprètes (une bonne dizaine pourtant). Parmi ceux-ci on remarquera en particulier le Capulet de <strong>Clive Bayley</strong>, bien chantant, au français quasi parfait, dont l’incarnation est surtout d’une rare humanité, campant un père, à la fois aimant et maladroit, aveugle aux sentiments de sa fille, inhabituellement touchant. Le Stephano d’<strong>Anna Grevelius</strong> est sympathique à souhait, de même que la Gertrude d’<strong>Olivia Ray</strong>, très éloignée de la matrone habituelle. Le Frère Laurent de <strong>Mats Almgren</strong> est un brin caverneux, sonore et homogène sur toute la tessiture mais à l’articulation peu claire. Le Duc d&rsquo;<strong>Arshak Kuzikyan</strong> à l’aplomb et l’autorité requise, mais la voix manque un peu de projection. Le Tybalt d&rsquo;<strong>Anthony Flaum</strong>, enfin, est particulièrement bien chantant et scéniquement inquiétant. Les chœurs sont sonores et d’un français très compréhensible, l’acoustique excellente de la salle permettant d’apprécier les différents pupitres plutôt qu’une masse confuse.</p>
<p>A la tête de l’orchestre de l’English National Opera, phalange de grande qualité, <strong>Stephen Barlow </strong>offre une direction vive et dynamique, sans mièvrerie, très « française », soutenant l’attention tout au long de cette longue partition. Ce n’était pas une mince affaire compte tenu de la chaleur étouffante de la salle, dont la climatisation laisse encore à désirer : rappelons que <a href="/tosca-grange-park-un-theatre-est-ne">le théâtre a été construit en un an, sans un sou d’argent public.</a> La mise en scène de <strong>Patrick Mason</strong> transpose l’action sous le fascisme italien, mais les conséquences sont essentiellement esthétiques. La direction d’acteur est crédible et fouillée. <em>Last but not least</em> (pour rester dans le ton), l&rsquo;ouvrage est donné dans son intégralité, exception faite du ballet dont une partie est conservée en introduction du cortège nuptial de l&rsquo;acte IV : on entend ainsi le duo de l&rsquo;acte II complet (alors qu&rsquo;il est souvent coupé à partir de « Comme un oiseau captif ») et la courte scène entre Frère Laurent et Frère Jean (scène indispensable qui sert à expliquer pourquoi Roméo n&rsquo;est pas au courant que la mort de Juliette est simulée). Les théâtres français ne sont pas souvent aussi respectueux de notre répertoire.</p>
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		<title>BRITTEN, Billy Budd — Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/billy-budd-madrid-avec-les-cintres-pour-greement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Feb 2017 02:02:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lorsque l’on embauche pour Billy Budd la fine fleur du chant anglais, une metteuse en scène capable du meilleur et un chef maître de ce répertoire, toutes les conditions sont réunies pour obtenir un résultat mémorable. Promesse tenue, et il n’y maintenant plus qu’à brûler des cierges pour que la distribution soit aussi brillante en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsque l’on embauche pour <em>Billy Budd</em> la fine fleur du chant anglais, une metteuse en scène capable du meilleur et un chef maître de ce répertoire, toutes les conditions sont réunies pour obtenir un résultat mémorable. Promesse tenue, et il n’y maintenant plus qu’à brûler des cierges pour que la distribution soit aussi brillante en 2018-19 à l’Opéra de Paris, coproducteur du spectacle madrilène avec Helsinki et Rome. Ce chef-d’œuvre de Britten – au même niveau que <em>Peter Grimes</em>, qu’on désespère de revoir un jour à Bastille – bénéficiera donc d’une nouvelle lecture parisienne, après avoir été révélé dans la production plus traditionnelle montée à Genève d’abord par Francesca Zambello (et vue quatre fois entre 1996 et 2010). <strong>Deborah Warner</strong>, qui nous avait éblouis avec son <em>Didon et Enée</em> Salle Favart, propose une vision de <em>Billy Budd</em> qui ne cherche pas à lutter avec des films comme <em>Master and Commander</em> : c’est par des moyens purement théâtraux qu’elle recrée l’atmosphère d’un navire de guerre britannique, aidée par le stupéfiant décor de <strong>Michael Levine</strong>, à la fois sobre et grandiose, tout en câbles, en ponts, en voiles et en cabestans. Sous les éclairages superbes de <strong>Jean Kalman</strong>, elle recrée une atmosphère maritime totalement crédible sans jamais se limiter à un réalisme plat. Les costumes de <strong>Chloé Obolensky</strong> situent l’action de nos jours, avec uniformes actuels de la Royal Navy pour les officiers, et tenues de travail allant du bleu foncé au noir en passant par le gris pour les marins. Lecture parfaitement claire même si elle n’a rien de platement illustratif, qui montre bien les rapports de force entre les différents groupes et individus, avec un jeu d’acteur admirablement réglé mais sans manichéisme. Bonne nouvelle : ce spectacle, appelé à devenir un classique, a d’ores-et-déjà été filmé en vue de sa commercialisation en DVD.</p>
<p><strong>Ivor Bolton</strong>, qu’on a l’habitude d’entendre diriger Haendel et Mozart, est ici comme un poisson dans l’eau, et se révèle un excellent chef britténien. La partition vit ici avec un rare mordant, dans les appels des vents évoquant le grand large comme dans la douceur des bois dans les moments plus intimes. Bravo à l’orchestre du Teatro Real, et surtout à son irréprochable chœur qui se plie avec un naturel confondant aux instructions de Deborah Warner. On applaudira aussi au passage les quatre enfants issus des Pequeños Cantores de la Comunidad de Madrid, qui chantent juste et dans un anglais impeccable.</p>
<p>Les personnages secondaires sont confiés à une demi-douzaine d’artistes espagnols, comme le Squeak de <strong>Francisco Vas</strong>, grand habitué des rôles de caractère, ou le Bosco de <strong>Manel Esteve</strong>. Les autres solistes sont britanniques, à deux exceptions près : le lieutenant Ratcliffe de <strong>Torben Jürgens</strong>, et surtout le Redburn bonhomme de l’excellent baryton néerlandais <strong>Thomas Oliemans</strong>. Tous les autres forment un impressionnant résumé de quelques générations de l’école de chant anglaise. Parmi les doyens, le Dansker de <strong>Clive Bayley</strong>, superbe basse en pleine possession de ses moyens, pour un rôle qu’on aurait tort de confier à un chanteur à bout de course, ou le cocasse Red Whiskers de <strong>Christopher Gillet</strong>. <strong>Sam Furness</strong> campe un émouvant novice, tandis que <strong>Duncan Rock</strong> est un luxe en Donald. Belle découverte avec le Flint de <strong>David Soar</strong>, très prometteuse basse. Et l’on en arrive enfin au trio sur lequel repose l’œuvre. S’il nous semblait manquer un peu de fiel en Peter Quint dans <em>Le Tour d’écrou</em>, <strong>Toby Spence</strong> est un capitaine Vere idéal : certes beaucoup plus jeune que de coutume – ce qui rend moins littéral sa déclaration du prologue, « I am an old man », à moins que le vieillard qui tient une Bible, à côté de lui, soit en fait son double – il compose un intellectuel rêveur tout à fait conforme aux indications du livret, et la beauté de son timbre nous éloigne résolument de la tradition inaugurée  par Peter Pears. <strong>Brindley Sherratt </strong>est lui aussi idéal en Claggart, mais par la noirceur admirable du timbre, à laquelle il joint un jeu nuancé qui nous épargne les méchants de mélodrame. <strong>Jacques Imbrailo</strong> est aujourd’hui l’un des grands titulaires du rôle-titre, et ce n’est que justice : physiquement et vocalement, il <em>est</em> Billy Budd, capable de chanter tout en grimpant à la corde, de faire de son bégaiement un handicap poignant, et surtout d’interpréter des adieux à la vie pleins d’une amère douceur.</p>
<p>Cette production s’impose donc une référence. Faire mieux sera désormais difficile ; faire aussi bien sera déjà un défi.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/billy-budd-madrid-avec-les-cintres-pour-greement/">BRITTEN, Billy Budd — Madrid</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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