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	<title>Bernadette JOHNS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Bernadette JOHNS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, La Traviata (Cast B) – Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-cast-b-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après la magnifique prestation de Martina Russomanno lors de la Première de la Traviata mise en scène par Amélie Niermeyer à Strasbourg où la soprano effectuait la prise du rôle de Violetta (voir ici notre compte rendu), il était fort tentant de découvrir l’autre distribution prévue pour le spectacle. Un seul personnage bénéficie d’un double &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après la magnifique prestation de <strong>Martina Russomanno </strong>lors de la Première de la <em>Traviata </em>mise en scène par <strong>Amélie Niermeyer</strong> à Strasbourg où la soprano effectuait la prise du rôle de Violetta (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-strasbourg/">voir ici notre compte rendu</a>), il était fort tentant de découvrir l’autre distribution prévue pour le spectacle. Un seul personnage bénéficie d’un double casting et il s’agit, en l’occurrence, du rôle-titre. En alternance avec la jeune italienne, c’est la soprano russe <strong>Julia Muzychenko</strong> qui reprend le rôle de Violetta dont elle est déjà une interprète chevronnée. Il faut dire que la prodige russe est bardée de prix et a chanté des rôles aussi éprouvants que ceux de Gilda, Norina, Amina ou Lakmé avec succès. Le public strasbourgeois l’a découverte en 2023 où elle était une <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/rimski-korsakov-le-conte-du-tsar-saltane-strasbourg/">inoubliable princesse de conte de fées</a> aux notes cristallines époustouflantes dans le <em>Conte du tsar Saltane</em> de Rimski-Korsakov merveilleusement mis en scène par Dmitri Tcherniakov.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Traviata-G8378presse-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-186419"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>Nulle envie ici de comparer les deux versions du même rôle, tant l’interprétation en est à la fois différente et dans les deux cas, très personnelle, mais juste et pertinente. De fait, les deux sont admirables et subliment le rôle. Julia Muzychenko est en tout cas une Violetta exceptionnelle, capable de faire pleurer à chaque acte ou presque. La beauté du timbre est magnifiée par une autorité et une apparente aisance dans tous les registres ainsi qu’une très forte présence scénique. Difficile de résister au charme impérieux de la demi-mondaine du premier acte qui tombe sincèrement amoureuse, tout en étant malade et déjà condamnée. Ce contraste est à tout moment parfaitement audible dans les couleurs chatoyantes et somptueuses de ce chant mieux que maîtrisé. Les scènes en duo avec Germont père sont d’une ineffable beauté préparant un « Amami Alfredo » qui déchire le cœur. La fin de l’opéra nous met quasiment sur orbite, d’autant que la metteuse en scène a choisi de faire de la Traviata une femme qui voit ce que décrivent ceux qui ont connu une mort imminente. Elle sort de la chambre et suit la lumière, alors que les Germont la croient encore, mourante, dans son lit. Et c’est là qu’on retrouve l’interprète aux sons divins entendus sur la même scène en 2023. À la fois éthérée et formidablement présente, la voix est d’une expressivité rare.</p>
<p>Si le baryton napolitain <strong>Vito Priante</strong> confirme la belle impression laissée lors de la Première, fabuleux Germont père, profondément humain derrière des apparences de bourgeois sans cœur, le ténor <strong>Amitai Pati </strong>se montre décevant, avec quelques notes approximatives qu’on n’aurait certainement pas retenues si la voix ne faisait pas régulièrement pâle figure à côté de celles de ses deux principaux partenaires. Des rôles secondaires, tous formidables, on retiendra tout de même la présence marquante du baryton-basse polonais <strong>Michał Karski</strong>, admirable d’empathie et de chaleureuse présence dans le rôle du docteur Grenvil et également la très belle voix chaude et sonore du baryton français <strong>Pierre Gennaï</strong> en baron Douphol plus étoffé que d’ordinaire. Et toujours en grande forme, les chœurs, décidément très à l’aise avec cette production.</p>
<p>Une fois de plus, répétons tout le bien que nous pensons du jeune chef autrichien <strong>Christoph Koncz </strong>à la tête de l’<strong>Orchestre national de Mulhouse</strong>, dont il parvient à tirer des merveilles dans chaque pupitre, dans un équilibre qui force le respect. Difficile de ne pas suivre des yeux sa gestuelle élégante et décidée, garante d’une unité et d’une harmonie formidables, tant au niveau des chanteurs que des musiciens. Les soli orchestrés, notamment, doublent les voix avec un naturel confondant.</p>
<p>Autant dire que le public strasbourgeois a ovationné les interprètes à l’issue du spectacle, décidément mémorable.</p>


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		<title>VERDI, La Traviata – Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cela commençait plutôt mal&#8230; Des solistes donnant l’impression de voix très en retrait, une fête trash qui avait tendance à virer à la vulgarité gratuite qui n’apportait pas grand-chose excepté une certaine confusion, une interprétation de l’orchestre par contraste très sage et une première partie de l’opéra où chacun semblait chercher ses marques, le constat &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cela commençait plutôt mal&#8230; Des solistes donnant l’impression de voix très en retrait, une fête trash qui avait tendance à virer à la vulgarité gratuite qui n’apportait pas grand-chose excepté une certaine confusion, une interprétation de l’orchestre par contraste très sage et une première partie de l’opéra où chacun semblait chercher ses marques, le constat était pour le moins mitigé. Cette soirée de Première de la <em>Traviata</em> dans un théâtre archicomble ne décollait pas. Pourtant, on décelait dans la mise en scène beaucoup de bonnes idées, tout comme une manière d’habiter le rôle qui forçait l’attention pour Violetta et une qualité d’ensemble mieux que satisfaisante. Et puis, après la pause, les voix se sont ouvertes, voire libérées, les choix de mise en scène ont fait pleinement sens et l’œuvre de Verdi a pu s’épanouir jusqu’à une magnifique scène finale en poignant et déchirant point d’orgue. Sans doute était-ce le trac de la prise de rôle pour la jeune <strong>Martina Russomanno</strong> qui l’a poussée à rester prudente et à ne dévoiler sa véritable personnalité musicale très forte que petit à petit, au fur et à mesure qu’elle entrait en interaction totale avec son rôle, vocalement plus qu’exigeant, sans parler de l’exigence de la mise en scène.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Traviata-GP0852HDpresse-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-185815"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>La metteuse en scène allemande <strong>Amélie Niermeyer</strong> fait ses débuts à l’Opéra national du Rhin avec ce spectacle déjà <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-dijon/">donné à Dijon</a>, avec une nouvelle distribution et un certain nombre de changements (l’accordéon de la production dijonnaise a disparu, par exemple). L’accent est mis sur une transposition contemporaine des modes de prostitution et des rapports de séduction, tout en exhibant notamment des pratiques sexuelles variées telles que celles du <em>petplay</em>, jeux de domination et de soumission. Au cours de la fête du premier acte, dans un décor directement inspiré de la célèbre boîte de nuit le Berghain de Berlin à la réputation sulfureuse, des danseurs visiblement prêts à tous les excès endossent un masque de chien, en prennent les postures, lapent le champagne qu’on laisse couler dans leur gamelle et lèvent la patte pour uriner contre les poteaux de la discothèque d’un genre pour le moins particulier dans laquelle évolue Violetta. On a compris qu’il s’agissait là d’amours chiennes, en total contraste avec les sentiments romantiques que partagent Violetta et Alfredo au début du deuxième acte, devant un paysage qui est une toile peinte d’après un tableau du XVIII<sup>e</sup> siècle de Richard Wilson. Les sentiments réels, purs et presque naïfs des deux amoureux ont ainsi leur pendant négatif qui correspond parfaitement à la noirceur des relations viciées d’une société sans pitié. À la laideur du premier décor succède un univers plus conventionnel qui permet de mieux se concentrer sur le déroulé des scènes et notamment sur la confrontation, très réussie, entre Germont père et Violetta. Le finale de l’acte II est très réussi, tant pour la scène des bohémiennes que celle des matadors, intelligemment chorégraphiées par <strong>Dustin Klein</strong>, avant ce qu’on ne peut que qualifier d’exécution publique de Violetta, humiliée par Alfredo qui l’arrose des billets de banque qu’il vient de gagner. La domination par l’argent et le refus de laisser à une femme son indépendance financière sont ici remarquablement bien stigmatisées. Le dernier acte est concentré dans une chambre où l’attention se focalise sur le vaste lit et un lavabo prétexte à ablutions purificatrices. L’ensemble est fort bien éclairé par les jeux de lumières de <strong>Tobias Löffler</strong>. Rien que de très classique, finalement, au-delà des excès et de la provocation apparente. La mise en scène sert le propos et les chanteurs avec efficacité. On peut ne pas forcément être fan des costumes et des décors de <strong>Maria-Alice Bahra</strong>, mais force est de s’incliner devant la correspondance de ce qui caractérise notre époque.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Traviata-GP2754HDpresse-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-185823"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>On retiendra de cette soirée la présence rayonnante et lumineuse de Martina Russomanno, magnifique en Violetta, tour à tour frivole et ardemment amoureuse jusqu’au sacrifice, tout en étant irrémédiablement malade et condamnée, brûlant sa vie (mais pas sa voix, on l’espère) par les deux bouts. La jeune femme possède indéniablement tous les moyens du rôle et l’on aimerait assister aux représentations suivantes pour la voir s’épanouir après cette prise de rôle à bras le corps. Voix de caractère, sens du phrasé, diction précise aux inflexions qui font se dresser l’oreille et redécouvrir l’une des héroïnes les plus emblématiques de l’histoire de l’opéra, la jeune soprano attire l’attention et impose le respect. La complexité du personnage est merveilleusement restituée par la chanteuse qui nous en donne à voir et entendre les moindres facettes. À son arrivée sur scène pour des saluts où on la sentait soulagée, le public conquis lui a réservé une ovation qui a été accueillie par des larmes au coin de l’œil qui ont achevé de faire fondre l’auditoire. Son Alfredo incarné par <strong>Amitai Pati</strong> est un vaillant compagnon qui parvient à faire honneur à sa partenaire grâce à un beau timbre et une réelle musicalité sans toutefois ce petit quelque chose en plus qu’affiche sa partenaire féminine. Mais ne faisons pas la fine bouche&nbsp;: le ténor venu des Îles Samoa a parfaitement su se fondre dans son rôle de mâle à l’ancienne. Il en va de même pour <strong>Vito Priante</strong>, fringuant Germont père, qui parvient à faire ressortir les zones d’ombre mais aussi toute l’humanité de son personnage. Le baryton napolitain est doté d’une voix aux harmoniques riches et au timbre séduisant qui font du trio principal de l’opéra un bel ensemble, encore magnifié par la justesse et l’implication de tous les comprimari.</p>
<p>À la tête de l’Orchestre national de Mulhouse depuis 2023, le jeune chef autrichien <strong>Christoph Koncz</strong> transcende cette soirée par la justesse et la précision de sa direction. Difficile de croire que ce violoniste de formation n’en est qu’à l’un de ses premiers opéras en qualité de chef. La sublime partition de Verdi lui va comme un gant. L’Orchestre national de Mulhouse sonne juste, les cuivres tout particulièrement. Les mesures s’égrènent avec une évidence confondante. Et pour couronner le tout, les Chœurs de l’Opéra national du Rhin, toujours impeccables, semblent ici avoir mangé du lion. Apparemment, ils ont adoré porter les costumes et les maquillages SM et bondage, en roue libre, dans le bon sens du terme.</p>
<p>Quelle soirée&nbsp;! On en retiendra tout particulièrement la naissance d’une grande Violetta, en attendant de découvrir la <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-cast-b-strasbourg/">deuxième distribution</a>, avec la soprano Julia Muzychenko dans le rôle de Violetta…</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | LA TRAVIATA | Présentation Alain Perroux" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/YajDOaHvwlA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>GRIEG, Peer Gynt – Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/grieg-peer-gynt-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Feb 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Composé en 1866 dans des endroits aussi enchanteurs que Frascati, Rome ou Ischia, le poème dramatique de Henrik Ibsen Peer Gynt est ensuite transformé en longue pièce de théâtre en cinq actes quelques années plus tard, avec une quarantaine de scènes et des dizaines de personnages. Le célèbre dramaturge s’était adressé à son génial contemporain &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Composé en 1866 dans des endroits aussi enchanteurs que Frascati, Rome ou Ischia, le poème dramatique de Henrik Ibsen <em>Peer Gynt</em> est ensuite transformé en longue pièce de théâtre en cinq actes quelques années plus tard, avec une quarantaine de scènes et des dizaines de personnages. Le célèbre dramaturge s’était adressé à son génial contemporain Edvard Grieg pour lui écrire la musique de scène composée, dans sa forme complète, de 26 morceaux consistant en interludes, mélodrames (c’est-à-dire textes dramatiques accompagnés de musique), airs et chœurs.</p>
<p>C’est l’intégralité de la partition originale de Grieg qui est ici restituée, dans une version de concert où les airs sont reliés par les interventions d’une narratrice, soutenue par quatre comédiens, qui résument la pièce, dans une adaptation conçue par <strong>Alain Perroux</strong>, l’<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/alain-perroux-la-beaute-des-bannis-les-marginaux-et-les-declasses-sont-des-objets-de-fascination-pour-le-public/">actuel directeur</a> de l’Opéra national du Rhin. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le dramaturge a le sens de la synthèse et de la concision : la pièce d’Ibsen durait près de 7 heures (avec notamment une célèbre mise en scène par Patrice Chéreau à Villeurbanne avec entre autres Maria Casarès et Gérard Desarthe, ce qui laisse rêveur…). La version d’Alain Perroux, bien plus courte et réduite à une trame permettant habilement de lier entre eux les numéros musicaux, sert efficacement le propos, ennoblit la quête initiatique erratique du fieffé menteur et séducteur sans vergogne qu’est Peer Gynt, entre réalité banale, fantaisie picaresque et poésie fantastique.</p>
<p>Les cinq comédiens ont été choisis à l’École supérieure d’art dramatique du Théâtre National de Strasbourg, ce qui permet ainsi une collaboration avec la célèbre institution voisine, le bâtiment du TNS se situant à quelques pas de l’Opéra de Strasbourg. Dans le rôle de Peer Gynt, <strong>Sørn Mermillod Petry</strong> se montre épatant, très bien secondé par les autres acteurs et en particulier le caméléon vocal <strong>Dominique Grylla</strong>, formidable dans ses trois rôles parlés, d’autant plus qu’il a intégré la distribution il y a quelques jours à peine à la suite d’une défection.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="498" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/80551531-6384-4195-B102-5F6C93C734FC-1024x498.jpeg" alt="" class="wp-image-183243"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>La version de concert établie par Alain Perroux en 2000 a déjà été chroniquée plusieurs fois sur ForumOpera, en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/peer-gynt-limoges-il-faut-cultiver-notre-fjord/">2017</a>, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/peer-gynt-montpellier-omni-nm-objet-musical-non-identifie/">2018</a> ou en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/peer-gynt-compiegne-vaste-fresque-lilliputienne/">2022</a>. Pour ces spectacles, un dispositif scénique composé de passerelles et de projections vidéo avait été proposé. À Strasbourg, seuls sont présents les interprètes, qui remplissent cependant l’ensemble de la scène, avec un immense écran derrière eux où sont projetés des nuages, puis simplement des bains de couleurs très minimalistes. Cette sobriété contribue à l’intensité du drame poétique. La riche idée est d’avoir placé une partie de l’orchestre au-dessus de la fosse d’orchestre, comédiens et chanteurs à l’avant, évoluant donc directement dans la salle, au plus près des spectateurs. La salle, assez sèche, offre ainsi une sonorité magnifiée. À la tête d’un <strong>Orchestre philharmonique de Strasbourg</strong> en grande forme, le chef ouzbek <strong>Aziz Shokhakimov</strong> se plaît visiblement beaucoup à diriger cette partition bien plus riche que ses seuls tubes, à commencer par « Dans l’Antre du roi de la montagne », où les épaules du chef se font claudication expressive et dynamique. Évidemment, difficile de ne pas penser au chef-d’œuvre <em>M le Maudit </em>(où Fritz Lang siffle d’ailleurs l’air en doublant Peter Lorre), équivalent visuel chevillé à la mémoire de tout cinéphile, mais la version avec chœurs est ici fabuleuse (terrifiants « Slagt ham ! », « Tuez-le » !), quoique très frustrante, puisque longue de quelques petites minutes à peine. C’est un peu ce que l’on reprocherait à toute la partition : elle est bien ramassée, même si les univers musicaux sont subtilement et richement variés (norvégiens pour nous, alors qu’ils sont supposés être exotiques, évoquant le désert ou le vaste monde). Autant dire qu’on ne s’ennuie pas une seconde au cours des quelques deux heures trente que dure le spectacle, où les interventions chantées sont assez rares, mais superbes.</p>
<p>Le plateau musical est composé par des artistes issus de l’Opéra Studio de l’Opéra national du Rhin. L’air le plus beau, la célèbre « Chanson de Solveig », est interprété par la soprano britannique <strong>Alysia Hanshaw</strong>, avec toute la noblesse et la grandeur d’âme que requièrent le lumineux personnage de Solveig, abandonnée par Peer Gynt mais qui l’attend toute sa vie jusqu’à son retour, au seuil de sa vie. Le baryton mexicain <strong>Carlos Reynoso</strong> incarne avec conviction un solaire Peer Gynt. Sa voix aux inflexions très riches donne envie de le réentendre bientôt dans des rôles plus développés, ce qui est également le cas du baryton français <strong>Pierre Gennaï</strong>, convaincant dans le rôle du Voleur. Les trois Filles des pâturages sont merveilleusement assorties (là encore, de jeunes interprètes à suivre) et le <strong>Chœur de l’Opéra national du Rhin</strong> est magistral. </p>
<p>Un bien beau spectacle, à comparer avec le <em>Peer Gynt</em> avec une mise en scène, cette fois, celle d’Olivier Py, programmé au Châtelet en mars prochain.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/grieg-peer-gynt-strasbourg/">GRIEG, Peer Gynt – Strasbourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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