<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Michal BIEL - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/biel-michal/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/biel-michal/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Wed, 01 Apr 2026 06:34:53 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Michal BIEL - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/biel-michal/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Jakub Jósef Orliński, « if music&#8230; »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/jakub-josef-orlinski-if-music/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Apr 2026 03:45:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=cd-dvd-livre&#038;p=211065</guid>

					<description><![CDATA[<p>On le confesse, on ne sait plus trop quoi penser de ce piano. D’où les trois ❤️, note moyenne.Si au début il déconcerte durant quelques secondes, très vite l’élégance du frontispice de l’album, ce « Music for a while » comme suspendu, opère. La variété de toucher de Michał Biel, sa délicatesse, son inventivité, les &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/jakub-josef-orlinski-if-music/"> <span class="screen-reader-text">Jakub Jósef Orliński, « if music&#8230; »</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/jakub-josef-orlinski-if-music/">Jakub Jósef Orliński, « if music&#8230; »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On le confesse, on ne sait plus trop quoi penser de ce piano. D’où les trois ❤️, note moyenne.<br />Si au début il déconcerte durant quelques secondes, très vite l’élégance du frontispice de l’album, ce « Music for a while » comme suspendu, opère. La variété de toucher de <strong>Michał Biel</strong>, sa délicatesse, son inventivité, les variations de tempo que s’offrent les deux amis, les coloratures aériennes de <strong>Jakub Jósef Orliński</strong>, et les notes hautes extraterrestres qu’il va chercher, tout cela accroche l’attention et séduit.</p>
<p>De même les arpèges, dignes d’un luth, sur « Fairest Isle », sont-ils pleins de grâce. Et aussi libres que les arabesques que dessine la voix limpide du contre-ténor, dans une complicité parfaite. « Est-ce sacrilège d’accompagner Monteverdi au piano ? » demandait récemment Leonardo García Alarcón <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/garcia-alarcon-la-passione-di-gesu/">en préambule à sa <em>Passione di Gesú</em></a>. Réponse implicite : non.</p>
<p>Néanmoins, un peu plus tard, et notamment pour les pièces de Haendel, on sera de moins en moins convaincu.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="698" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Orlinski-Biel-Photo-1-by-Honorata-Karapuda-2-1-1024x698.jpg" alt="" class="wp-image-211068"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Jakub Jozef Orliński et Michal Biel © Honorata Karapuda</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Dix ans de complicité</strong></h4>
<p>En tout cas, si piano il y a, c’est que cet album est une affaire d’amitié. Depuis quelque dix ans, Orliński et Biel ont donné une multitude de concerts, mais quand le contre-ténor écrit qu’il lui a fallu « mûrir artistiquement avant de pouvoir réaliser ce [qu’il avait] imaginé en entendant pour la première fois quelques-uns de ces airs » et que « cela vaut certainement pour « Ombra mai fu » de Haendel ou l’Air du froid de Purcell », on n’a aucune raison de douter de sa sincérité.</p>
<p>Ces deux airs, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/jakub-jozef-orlinski-de-purcell-a-karlowicz-verbier-body-and-soul/">on les avait entendus par lui et par Michał Biel à Verbier en</a> 2022, lors d’un concert dont la première partie proposait déjà nombre de morceaux du présent récital (la seconde étant consacrée à des mélodies polonaises, celles qu’on trouve sur leur album Farewells).</p>
<p>Et, à se relire, non seulement on n’avait pas été gêné par le piano, mais on n’avait pas du tout constaté une quelconque immaturité, parlant même d’un « exceptionnel ‘Cold song’ montant jusqu’à une tension glaçante (forcément glaçante) »…</p>
<h4><strong>Partage d&rsquo;esprit</strong></h4>
<p>Et bien sûr on avait été sous le charme de Jakub Jósef, comment faire autrement… Écoutant un disque, on n’est pas tout à fait dans la même attitude. Néanmoins ce qui d’une pièce à l’autre apparaît, ce qui est le plus précieux, c’est le partage d’esprit des deux amis, l’un se mettant à l’écoute des caprices ou des inspirations de l’autre, d’où cette liberté, cet abandon, cette fluidité des deux versions de « If music » : la troisième (pl.5) donne l’impression d’une improvisation, d’une broderie s’inventant elle-même, à l’instar de la longue errance qui prélude à « O, lead me to some peaceful gloom ».</p>
<p>Très beau aussi, le « Cold song » qui est ici moins glaçant que fragile, un peu craintif, très touchant, confirmant que c’est dans les pièces lentes, les lamentos, les romances, les confidences que la douceur du timbre d’Orliński, et ses phrasés sensibles sont le mieux en valeur. On le constatera avec « Your awful voice I hear », dont les ornements expressifs et la palette de couleurs nous avaient convaincu en concert, et qui fait alterner passages lents et passages d’agilité, ces derniers sonnant un peu acidulés.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img decoding="async" width="468" height="410" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/orlinki-2.jpg" alt="" class="wp-image-211067"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Jakub Jozef Orliński et Michal Biel © DR</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Anachronisme</strong></h4>
<p>C’est peut-être avec les pièces rapides que l’anachronisme du piano commence à gêner, par exemple dans « Strike up the Viols », et bien que Michał Biel fasse à nouveau des merveilles de finesse, de rebond, d’accents, d’appoggiatures, de dosage des sonorités. Sans doute est-ce la confrontation de deux époques, la vocalité du XVIIe siècle et les harmoniques du Steinway, qui déstabilise (mais pour se rasséréner il suffit d’écouter la redoutable version, <em>pop seventies</em> disons, qu’en a donné JJO avec Aleksander Dębicz dans l’album <em>LetsBaRock</em>, pour ne pas parler de <em>Fairest Isle</em>, qui y est pas mal secouée aussi…)</p>
<p>Aucune réticence en revanche pour le très beau « Non t&rsquo;amo per il ciel » de Fux, d’un lyrisme méditatif très intériorisé, à l’égal d’une partie de piano sereine. Le legato et les portamentos discrets d’Orliński donnent à cette pièce sa juste respiration (mais la version qu’il en donnée avec Il Pomo d’Oro dans son album <em>Anima Æterna</em> est au moins aussi belle, et peut-être davantage…)</p>
<h4><strong>De laborieux arrangements</strong></h4>
<p>Du côté Haendel, en revanche la gêne reprend et s’accentuerait plutôt. Même si la belle déploration d’Ottone extraite d’<em>Agrippina</em>, « Voi che udite », fait entendre le contre-ténor à son meilleur, avec cette suavité, cette langueur, cette sensibilité qui lui sont naturelles (après un récitatif surjoué sur un piano brutal). Toutes qualités qui rayonnent dans le plaintif « Siam prossimi al porto » de <em>Rinaldo</em>, même si un piano très prosaïque fait regretter la chaleur des cordes graves (cf. Jarousski ou Dumaux).</p>
<p>En revanche, le virevoltant « Un zeffiro spirò », convainc moins, affaire de tessiture peut-être, sur un arrangement au piano fort répétitif et ennuyeux et le célèbre « Ombra mai fu » non plus, assez banal (et mal servi par un piano pauvret où Biel semble perdre sa subtilité de toucher). Et quelque virtuose ou athlétique soit la voix dans les chausse-trappes de « Furibondo spira il vento » (de <em>Partenope</em>), les galopades du clavier appartiennent à un autre univers musical.</p>
<p>Avouons que de toutes façons on aime moins JJO dans ces pyrotechnies que dans la douceur élégiaque de « Where&rsquo;er You Walk », qui est presque la conclusion de cet album et qui est superbe de couleur vocale, de respiration, de musicalité (et de goût dans les ornements de la reprise).</p>
<p>Cette aria est suivie d’un « Que ma joie demeure » assez hâtif et peu inspiré par le pianiste seul en guise de ponctuation à un album en définitive plutôt décevant par un artiste qu’on aime beaucoup (on a gardé un souvenir ému de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/pergolesi-stabat-mater-geneve/">son récent Stabat Mater de Pergolesi</a>), mais qui n’est peut-être pas toujours bien conseillé. <br />On s’en voudrait de considérer cet album comme un objet de marketing, même si le design de la pochette y invite et aussi le fait qu’il précède une grande tournée « if music… » de 20 dates en Asie et en Europe durant le trimestre à venir&#8230;</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/jakub-josef-orlinski-if-music/">Jakub Jósef Orliński, « if music&#8230; »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Récital Jakub Józef Orliński – Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-jakub-jozef-orlinski-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Sep 2024 06:11:26 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=172655</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quel bonheur de voir la salle rouge et or strasbourgeoise de l’Opéra national du Rhin pleine à craquer pour un récital… Et quelle riche idée d’avoir installé une scène flottante au-dessus de la fosse d’orchestre, ce qui permet de rapprocher et d’immerger les artistes dans le public et de créer immédiatement une complicité avec des &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-jakub-jozef-orlinski-strasbourg/"> <span class="screen-reader-text">Récital Jakub Józef Orliński – Strasbourg</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-jakub-jozef-orlinski-strasbourg/">Récital Jakub Józef Orliński – Strasbourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quel bonheur de voir la salle rouge et or strasbourgeoise de l’Opéra national du Rhin pleine à craquer pour un récital… Et quelle riche idée d’avoir installé une scène flottante au-dessus de la fosse d’orchestre, ce qui permet de rapprocher et d’immerger les artistes dans le public et de créer immédiatement une complicité avec des spectateurs visiblement conquis d’avance (on ressent une certaine fièvre avant le spectacle). Excellente idée également de proposer des surtitres pour l’ensemble d’un récital de près de deux heures, ce qui permet aux néophytes ou aux oreilles aguerries néanmoins peu familières à certaines mélodies polonaises plutôt rares de profiter pleinement du spectacle. Déjà venu et célébré en 2022 dans le même lieu, le contre-ténor polonais <strong>Jakub Józef Orliński </strong>nous fait la grâce de récidiver pour l’ouverture de la saison des récitals avec un programme alléchant, oscillant entre des compositions baroques anglo-italiennes et des mélodies du xx<sup>e</sup> siècle rares ainsi que des œuvres écrites pour une autre tessiture qu’on découvre ici avec surprise et intérêt.</p>
<p>Accompagné de son compatriote et pianiste attitré <strong>Michał Biel</strong>, notre irrésistible contre-ténor nous offre un numéro de haute volée, où tout semble à la fois très naturel et diablement sophistiqué. Le répertoire oscille sans cesse entre les attendus Haendel et Purcell, sans oublier le plus méconnu Luca Antonio Predieri, maître de chapelle à la cour des Habsbourg à Vienne, et des œuvres rares de deux compositeurs polonais du siècle dernier. Plus surprenant, Franz Schubert vient compléter cette programmation déroutante à première vue, mais d’une grande fluidité à l’oreille. Airs de bravoures et mélopées langoureuses, nostalgiques ou désespérées se succèdent et alternent sans que l’on s’ennuie une seule seconde. On peut compter sur le jeune artiste pour cela : il est connu que le chanteur aux onze millions de vues cherche à intéresser les jeunes à la musique classique, notamment par les publications Instagram, ses prestations scéniques où il se fend de quelques pas de breakdance et bien sûr, le choix d’un répertoire où la séduction prime.</p>
<p>Et le charme opère, jusqu’à l’envoûtement. Une partie du public, apparemment peu au fait des usages, applaudit frénétiquement après chaque air, sans attendre la fin d’un cycle, ce qui agace les puristes mais que le bel éphèbe ne cherche pas à combattre, bien au contraire&nbsp;; il commence d’entrée de jeu à gratifier son auditoire d’un petit discours en français gracieusement et délicieusement hésitant, lui accorde ensuite d’incessantes roulades d’yeux et le comble d’une gestuelle de poupée mécanique à la chorégraphie faussement maladroite. Le corps bien droit est avare de mouvements, mais une inclinaison de la tête différente à chaque accord habille la musique avec sensualité et art rompu de la présence scénique. Difficile de quitter des yeux le superbe adonis qui, à la manière des grands du cinéma muet, avec notamment de faux-airs de Harry Langdon, rend encore plus expressifs les troubles et les émois des personnages qu’il incarne. Son complice l’accompagne avec brio et une science du toucher qui laisse rêveur&nbsp;: silhouette et mains arquées d’une expressivité de comédien aguerri, la technique du musicien formé comme son compère à la prestigieuse Juilliard School est impressionnante de netteté et de virtuosité.</p>
<p>Jakub Józef Orliński est en grande forme. Beauté du timbre, qualité de projection, couleurs chatoyantes et longueur stupéfiante de la voix, tout cela est au service des plus subtiles nuances et infimes changements d’humeur des personnages. Si on peut lui reprocher une prononciation de l’allemand qui manque de clarté, l’artiste habité et virtuose nous oblige à écouter Schubert dans une tessiture à laquelle nous ne sommes pas habitués, ce qui est furieusement excitant.</p>
<p>Ovationné par le public au terme du concert, le tandem nous offre en cadeau deux mélodies de Purcell qui se terminent par une petite facétie du chanteur, avec une ébauche de breakdance&nbsp;: main à terre et roue très photogénique exécutée avec nonchalance, le public est ravi et bisse, prêt à écouter et regarder son idole jusque très tard. Las, alors que la salle était plongée dans le noir pour mieux exposer les interprètes en pleine clarté, les lumières de la salle se rallument et les fans se résignent sagement à laisser partir leur idole, qui les gratifie d’un dernier sourire. Qui aurait envie de bouder son plaisir&nbsp;? Aussi beau à regarder qu’à écouter, on attend avec impatience le retour de ce phénomène vocal qui se bonifie avec le temps et se prépare à nous offrir, après son superbe et <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/jakub-jozef-orlinski-beyond/">plus que remarqué CD <em>Beyond</em></a>, un nouvel opus <em>Let’s Barock</em>, attendu pour la fin septembre 2024.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-jakub-jozef-orlinski-strasbourg/">Récital Jakub Józef Orliński – Strasbourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Récital Jakub Józef Orliński &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-jakub-jozef-orlinski-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 May 2023 03:50:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=130489</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour sa première édition, le Paris Opera Festival avait fait le pari d’unir les stars de la scène lyrique aux étoiles de la Sainte-Chapelle. Pari osé lorsqu’on sait que les voûtes d’ogives de l’édifice offrent certainement une acoustique flatteuse à une musique polyphonique qui ne demande qu’à laisser ses accords s’épanouir, mais que, s’agissant ici &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-jakub-jozef-orlinski-paris/"> <span class="screen-reader-text">Récital Jakub Józef Orliński &#8211; Paris</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-jakub-jozef-orlinski-paris/">Récital Jakub Józef Orliński &#8211; Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour sa première édition, le Paris Opera Festival avait fait le pari d’unir les stars de la scène lyrique aux étoiles de la Sainte-Chapelle. Pari osé lorsqu’on sait que les voûtes d’ogives de l’édifice offrent certainement une acoustique flatteuse à une musique polyphonique qui ne demande qu’à laisser ses accords s’épanouir, mais que, s’agissant ici du répertoire traditionnellement dévolu aux contre-ténors, répertoire vocalisant à souhait, un écho trop généreux aurait suffi à gâcher la plus habile des performances.</p>
<p><strong>Jakub Józef Orliński</strong>, accompagné au piano par <strong>Michal Biel</strong>, a su tirer le meilleur parti de cette acoustique et, du moins pour un spectateur installé dans les premiers rangs, l’effet s’est vite avéré idéal. Peut-être est-ce le fruit du hasard. Mais peut-être est-ce aussi le fruit d’un parti-pris qui, venant du jeune contre-ténor, ne surprend plus : sortir de ce répertoire <em>traditionnellement</em> dévolu aux contre-ténors, aborder des pièces moins connues du grand public, moins ornées – et, du reste, initialement écrites pour baryton –, mais non moins touchantes.</p>
<p>Le choix des airs peut, en effet, surprendre : à une première partie résolument baroque, déployant quelques tubes du répertoire dans sa tessiture, en particulier chez Purcell, a succédé un second volet comprenant des mélodies polonaises plus intimistes et confidentielles que les inconditionnels avaient découvertes grâce au dernier album d’Orliński et Biel, <em>Farwells</em>. Ainsi, de Fux (1660-1741) et Purcell (1659-1695), l’on est passé à Czyż (1923-2003), Karłowicz (1876-1909) et Moniuszko (1819-1872), avant de revenir à Haendel (1685-1759).</p>
<p>Musicalement, la cohérence du programme est certainement amenée par le piano. En effet, alors qu’il déploie le jeu présent, affirmé, et parfois romantique, qui est exigé par les partitions dans les pièces plus tardives, Michal Biel aborde les pièces baroques avec une grande intelligence musicale. Il ne s’agit jamais d’imiter le clavecin ou de réduire le piano à une basse continue. Au contraire, le choix de l’accompagnement est assumé avec nuance et retenue. Certains ralentis, certains élans, n’auraient pas été possibles – ou très malvenus – dans une interprétation strictement historique. Ils sont ici amenés avec une grande finesse, donnant au piano tout son sens.</p>
<p>Les qualité vocales de Jakub Józef Orliński sont désormais connues et l’on ne peut ici que souligner à nouveau la richesse du timbre – coloré et plein d’harmoniques –, l’homogénéité du placement, la qualité de la projection. Il déploie tant ses graves que son médium et ses aigus – ce qui est particulièrement remarquable chez un contre-ténor – dans un même moule où rondeur et incisivité se répondent constamment. La voix est bien accrochée et les résonateurs supérieurs largement mobilisés. Le registre très aigu est parfois un peu agressif, mais la perception est sans doute différente si l’on est placé plus loin du chanteur.</p>
<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-130499 alignright" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/41f2a4ce-f5a5-4e19-b4f9-7810d6222c5e-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200"></p>
<p>Dans les Purcell – « Music for a while », « Fairest Isle », « Cold song », « Strike the viol » –, chanteur et pianiste semblent en parfaite symbiose. Dans la première pièce, on sent une progression remarquablement maîtrisée où certains ralentis contrastent avec une animation de plus en plus forte. Dans cette page en particulier, mais également dans le reste du programme, les zones de liberté (vocalises improvisées, cadences, nuances, variations de <em>tempi</em>…) sont pleinement exploitées sans néanmoins tomber dans la caricature ce qui, concernant en particulier l’air du froid de <em>King Arthur</em> («&nbsp;Cold song&nbsp;»), n’avait rien d’acquis. Ici, le choix est fait de ne pas trop détacher les syllabes et la réussite réside en un <em>legato </em>mis sous très haute tension. Si les mélodies polonaises réclament plus d’introspection, l’Orliński mutin des vocalises du «&nbsp;Strike the viol&nbsp;» n’est jamais très loin et l’on s’est par exemple vu offrir un «&nbsp;Prząśniczka&nbsp;» où le piano exprime la course effrénée d’un fuseau (qui est aussi celle du temps) et où le chanteur raconte, avec tendresse et ironie, &nbsp;l’histoire d’une jeune fille lassée d’attendre le garçon fidèle.</p>
<p>Cette dernière mélodie sera d’ailleurs reprise en <em>bis</em>. Si l’on ne craignait pas les platitudes, on conclurait ce compte-rendu en écrivant que, sous les étoiles de la Sainte-Chapelle, il y en avait une qui, le 30 avril dernier, brillait un peu plus intensément.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-jakub-jozef-orlinski-paris/">Récital Jakub Józef Orliński &#8211; Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Jakub Józef Orliński, de Purcell à Karłowicz &#8211; Verbier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/jakub-jozef-orlinski-de-purcell-a-karlowicz-verbier-body-and-soul/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Jul 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/body-and-soul/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Bien sûr qu’il est délicieux. Il lance des sourires ravageurs et des œillades caressantes. Et cela suscite beaucoup d’émotion dans l’assistance, côté femmes et coté hommes aussi… Il a beau avoir mis un costume grisâtre de clerc de notaire, il dégage un troublant érotisme, physique autant que vocal. Quand il déboutonne sa veste, certains souffles &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/jakub-jozef-orlinski-de-purcell-a-karlowicz-verbier-body-and-soul/"> <span class="screen-reader-text">Jakub Józef Orliński, de Purcell à Karłowicz &#8211; Verbier</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/jakub-jozef-orlinski-de-purcell-a-karlowicz-verbier-body-and-soul/">Jakub Józef Orliński, de Purcell à Karłowicz &#8211; Verbier</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Bien sûr qu’il est délicieux. Il lance des sourires ravageurs et des œillades caressantes. Et cela suscite beaucoup d’émotion dans l’assistance, côté femmes et coté hommes aussi… Il a beau avoir mis un costume grisâtre de clerc de notaire, il dégage un troublant érotisme, physique autant que vocal. Quand il déboutonne sa veste, certains souffles se suspendent… Et quand, après son air d’entrée, il lance un « Hi ! Verbier » espiègle, l’église frémit (car ce cérémonial se déroule à l’Eglise de Verbier, un matin déjà torride).</p>
<h4><strong>Moiteur et vocalises</strong></h4>
<p>L’autre érotisme, celui de la voix, est tout aussi évident et la suite de cet article sera moins frivole, comme il convient à un site aussi digne que Forumopera. Encore que l’érotisme dégagé par les voix et certains chanteurs et certaines chanteuses fait partie depuis l’origine des plaisirs fondamentaux du lyrique.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="image-large" title="Jakub Józef Orliński © Warner - Honorata Karapuda" src="/sites/default/files/styles/large/public/0p5a7343_ok_sq_0.jpg?itok=i3Op7wO4" alt="" width="468" height="468" /><br />
Jakub Józef Orliński © Warner &#8211; Honorata Karapuda</p>
<p>Ce sera un succès retentissant que ce récital de <strong>Jakub Józef Orliński</strong> à Verbier, une démonstration vocale propre  à convaincre certains récalcitrants (il y en a, ceux qui trouvent suspect d’avoir du succès). Et les amateurs de chant pourront débattre à perte de vue (ou d’audition) de l’évolution de cette voix très caractérisée, qui s’est élargie considérablement, qui a gagné en éclat, en richesse, en longueur, en harmoniques, et de cette musicalité qui a gagné en intensité, en sobriété, en gravité.</p>
<p>Son air d’entrée « Non t&rsquo;amo per il ciel » de Johann Joseph Fux (extrait de <em>Il fonte della salute, aperto dalla grazia nel calvario</em> ) est une belle démonstration, très différente de l’enregistrement qu’il en a donné dans son CD <em>Anima sacra</em>. C’est une romance amoureuse sur un rythme de marche lente, qu’il commence à mi-voix et dans la plus grande suavité, dans un pur style <em>cantabile</em>, mais dont il reprendra la première strophe en lui prêtant une puissance et une projection étonnantes.</p>
<h4><strong>Les notes basses d’une voix haute</strong></h4>
<p>De cet art de varier les couleurs, de vibrer telle note et d’autres pas, de jouer constamment sur la dynamique, on aura la démonstration dans quelques pièces emblématiques du répertoire des contre-ténors. En écoutant son « Music for a while », on aura une pensée pour le cher Alfred Deller, si angélique et éthéré. Ici le regard du chanteur peut un instant se faire presque diabolique et on s’amuse de le voir jouer sur le mot « drop » repris maintes fois. On remarque sa puissance de feu, l&rsquo;étoffe des harmoniques quand il descend vers les notes les plus basses de sa voix haute, sa manière de timbrer, la projection souveraine. Et bien sûr des arabesques et des vocalises insolentes parsemées ici ou là.<br />
On aimera le petit quelque chose d’impertinent qu’il glisse dans « Fairest Isle » et ses ornements élégants et charmeurs, en remarquant au passage une richesse du timbre que les micros ne parviennent pas à capter – et c’est d’ailleurs très bien ainsi.</p>
<p>Avant « Strike the viol », aux trilles, <em>volatine</em> et autres <em>gruppetti</em> impeccables (et une note tenue interminablement pour le plaisir du brio), on aura entendu un exceptionnel « Cold song » (extrait de <em>King Arthur</em>), dont le savant crescendo montera jusqu’à une tension glaçante (forcément glaçante).<br />
Plus tard dans le récital on admirera les guirlandes de trilles, les coups de glottes, les notes piquées de « Your awful voice I hear » ou dans une lecture très personnelle, presque pré-romantique, de « If music be the food of love », l’expressivité des ornements, l’animation du discours et la palette de couleurs.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="image-large" title="Jakub Józef Orliński © Warner Classics" src="/sites/default/files/styles/large/public/_mg_7850.jpeg?itok=pqWgDRWz" alt="" width="468" height="351" /><br />
Jakub Józef Orliński © Warner Classics</p>
<p>Toutes ces démonstrations de maîtrise sont en somme le minimum syndical du genre (ici plutôt un maximum). La partie plus surprenante du récital viendra ensuite, dont le <a href="https://www.forumopera.com/cd/farewells-les-adieux-de-jakub-jozef-orlinski">dernier CD de Jakub Józef Orliński, sous-titré <em>Farewells</em></a>, donne une image, mais seulement une image.</p>
<h4><strong>Âme slave</strong></h4>
<p>Après avoir annoncé que c’était une « world premiere » (soupir d’aise dans la salle) et que c’était la première fois qu’un contre-ténor se lançait dans le « polish repertoire » qui allait venir, Jakub Józef Orliński en somme changea de voix pour interpréter d’abord « Pożegnania », trois pièces très mélancoliques d’Henryk Czyż sur des poèmes de Pouchkine. Le titre signifie « Adieux ».</p>
<p>Le timbre s’étoffe soudain, l’alchimie vocale se fait encore plus mystérieuse, les notes les plus graves semblent émises en voix mixte, en tout cas s’entraperçoit non seulement tout un monde d’harmoniques nouvelles, mais un autre art du chant. Et un autre chanteur. Qui, sans doute parce qu’il chante « dans son arbre généalogique » (pardon de ce fatal cliché) donne à ses mélodies leur juste poids d’émotion.</p>
<p>La voix se fait parfois blafarde, parfois prend des couleurs douloureuses pour exprimer le <em>żal</em>, cette nostalgie, cette douleur, qui est le pendant polonais de la <em>saudade</em> portugaise&#8230; On admire la simplicité de la ligne musicale et la sincérité du sentiment.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="image-large" title="Jakub Józef Orliński et Michal Biel © Warner - Honorata Karapuda" src="/sites/default/files/styles/large/public/0p5a7866_ok_02.jpg?itok=B3sEd40w" alt="" width="468" height="410" /><br />
Jakub Józef Orliński et Michal Biel © Warner &#8211; Honorata Karapuda</p>
<p>Et c’est sans doute le moment de dire à quel point son partenaire musical de longue date <strong>Michal Biel</strong> est un merveilleux pianiste. S’il fait ruisseler des arpèges virtuoses d’un bout à l’autre du clavier dans la deuxième mélodie, « Na wzgórzach Gruzji – Les collines de Georgie », ce sont surtout sa douceur de toucher, ses demi-teintes, les climats qu’il suggère, sa manière de suspendre le temps dans certains préludes ou postludes, qui sont remarquables.</p>
<h4><strong>L’ineffable <em>żal</em></strong></h4>
<p>L’un et l’autre seront à nouveau en accord de sentiments dans quelques-unes des chansons op. 3 de Mieczysław Karłowicz, certaines d’un lyrisme un peu sentimental qui évoque Tchaïkovski comme « Nie płacz nade mną – Ne me pleure pas, ma princesse dorée » ou « Mów do mnie jeszcze – Parle-moi encore, de loin, de loin… » ou « Przed nocą wieczną – Avant la nuit éternelle, que résonne ta voix ».</p>
<p>Mélodies très simples, immédiatement touchantes, longues phrases qui ne reviennent jamais sur elles-mêmes (ainsi « Na spokojnym, ciemnym morzu – Sur la mer calme et sombre » que Jakub Józef Orliński chante avec autant de délicatesse que de pudeur).</p>
<h4><strong>Entre deux genres</strong></h4>
<p>Beaucoup de ces poèmes évoquent un désir de mort ou de disparition dans le néant. Auquel la musique n’ajoute aucun pathos, sinon une couleur un peu triste, que nous appelons slave.<br />
Il n’y a plus alors dans le chant de Jakub Józef Orliński aucun souci de briller ou d’orner, mais seulement une émotion discrète, beaucoup de sincérité et ce timbre étrange, qui se colore de reflets plus sombres (plus sensibles au concert, nous le suggèrions, que <a href="https://www.forumopera.com/cd/farewells-les-adieux-de-jakub-jozef-orlinski">dans le CD paru en mai dernier</a>).</p>
<p>Romantisme encore dans « Lza – Larme » de Stanisław Moniuszko, lyrisme dénudé appuyé sur une maitrise de la respiration, un art de la mi-voix et parfois une montée vers les notes hautes, d’une facilité déconcertante, avec l’impression que ce timbre étrange auquel certes Moniuszko n’aurait pas pensé, ce timbre <em>non-genré</em>, accentue encore l’universalité du message.</p>
<p>Un « Amen Alleluia » d’Haendel, festival de trilles, de vocalises, de roulades, d’acrobaties du zénith au nadir de cette voix, avant de mourir sur un <em>pianississimo</em>, entraînera une déferlante d’applaudissements enamourés auxquels Jakub Józef Orliński répondra par un extrait d’« Anima sacra », et une kyrielle de fanfreluches propres à porter le délire à incandescence&#8230;</p>
<p>Malgré cela, c&rsquo;est peut-être la séquence polonaise qui laissera dans la mémoire le souvenir le plus troublé-troublant.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/jakub-jozef-orlinski-de-purcell-a-karlowicz-verbier-body-and-soul/">Jakub Józef Orliński, de Purcell à Karłowicz &#8211; Verbier</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Farewells</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/farewells-les-adieux-de-jakub-jozef-orlinski/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jun 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/farewells-les-adieux-de-jakub-jozef-orlinski/</guid>

					<description><![CDATA[<p>S’il n’est évidemment pas encore question pour le jeune contre-ténor de faire ses adieux à la scène, un changement de registre et d’image pourrait bien être le signe d’une forme de maturité répondant aux vœux d’une partie de la critique. C’est en effet une double nouveauté qu’offre ce CD, puisque Jakub Józef Orliński quitte provisoirement &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/farewells-les-adieux-de-jakub-jozef-orlinski/"> <span class="screen-reader-text">Farewells</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/farewells-les-adieux-de-jakub-jozef-orlinski/">Farewells</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>S’il n’est évidemment pas encore question pour le jeune contre-ténor de faire ses adieux à la scène, un changement de registre et d’image pourrait bien être le signe d’une forme de maturité répondant aux vœux d’une partie de la critique. C’est en effet une double nouveauté qu’offre ce CD, puisque <strong>Jakub</strong> <strong>Józef</strong> <strong>Orliński</strong> quitte provisoirement le répertoire baroque (auquel sont consacrés ses trois premiers enregistrements au disque) pour celui de la mélodie, et qu’il choisit ici de chanter exclusivement des œuvres écrites dans sa langue maternelle, le polonais, composées aux XIX<sup>e</sup> et XX<sup>e</sup> siècles.</p>
<p>Dans ce répertoire inattendu pour beaucoup, loin des « effets » qui lui ont parfois été reprochés (mélange des genres lors de prestations de breakdance – par ailleurs fort réussies –, images considérées comme trop séduisantes), le chanteur adopte une sobriété présente tout autant dans le chant que sur les photos de l’album. Autant de raisons qui devraient permettre d’être attentif avant tout au chant et à la musique, sans préjugés paradoxalement induits par l’affichage d’une aisance physique enviable et d’une apparence flatteuse.</p>
<p>Dans un texte d’introduction, avec simplicité, le contre-ténor parle de la nécessité d’explorer de nouveaux chemins, et rend hommage au pianiste Michał Biel, qui lui a permis de découvrir les chants de Szymanowski, point de départ de la construction de ce nouveau programme. Ce duo de Polonais s’est attaché à faire connaître la musique de leur patrie lors de tournées internationales pendant plusieurs années avant de concevoir ce disque. Outre le travail considérable que représente l’appropriation d’un corpus nouveau et la transposition de morceaux composés initialement pour des voix de baryton, mezzo-soprano ou autres tessitures, le passage de l’expression des affects baroques et de la forme opératique au format bref et intimiste de la mélodie représente un défi que Józef Orliński relève avec une indiscutable maîtrise et un talent certain.</p>
<p>Le CD réserve de belles surprises, avec, d’emblée, une mélodie magnifique précédée d’une introduction particulièrement dramatique au piano. C’est le premier de trois poèmes d’amour de Pouchkine, dans une traduction du poète polonais Julian Tuwim, mis en musique par Henryk Czyż (1923-2003), dans lesquels le timbre légèrement voilé du chanteur ajoute une once de mélancolie supplémentaire (écouter par exemple la fin du troisième poème). Dans une osmose parfaite avec son pianiste et ami Michał Biel, Józef Orliński fait alterner le chant et le silence – des pauses suspendent alors le flux des regrets –, l’apparente harmonie et les aspérités, jouant sur le phrasé et sur le timbre, sans brider dans certains passages une forme de raucité ni à d’autres moments une manière de beau chant.</p>
<p>D’une façon générale, l’artiste met le métier acquis dans la pratique du chant baroque au service de la mélodie, qui se nourrit du sens des nuances, d’une certaine forme de virtuosité aussi, mais sans étalage, et gagne ainsi en puissance dramatique.</p>
<p>L’ensemble du CD ménage des transitions dans un programme soucieux de variété et de diversité au sein de la thématique générale des adieux : après la tonalité quasi tragique de Pouchkine et Henryk Czyż, faite de nostalgie romantique, de tristesse – parfois  apaisée il est vrai –, nimbée des brumes de la nuit et de beauté poignante, les pièces de Tadeusz Baird (1928-1981) – quatre <em>Sonnets d’amour</em> de Shakespeare traduits par Maciej Słomczyńsk – proposent des introductions pianistiques faisant de l’entrée vocale une véritable déchirure, mais aussi des rythmes de danses, plus allègres et enlevés. Orliński se fait ici conteur, s’animant parfois, à l’instar du piano sautillant du deuxième sonnet, tandis que le troisième convoque des accents religieux et que le quatrième est saisissant comme l’hiver qu’il décrit : rythme lent, mélodie poignante, voix qui reste en suspens en fin de phrase (avec un étonnant port de voix descendant en manière de conclusion).</p>
<p>C’est une excellente idée d’avoir placé les <em>Chants de Kurpie</em>, à l’écriture exigeante et austère, après Henryk Czyż et Tadeusz Baird, dont les mélodies agréables s’écoutent plus facilement et préparent l’oreille à l’audition de la musique de Karol Szymanowski (1882-1937). Ce cycle du premier cahier est une litanie de plaintes, avec ses cygnes blancs, la douleur de la  solitude, du doute et de l’effroi, qu’interrompt brièvement la perspective d’un chant radieux (fin du chant 2) mais qui se clôt sur l’épouvante de la « nuit trop sombre ». On y décèle alors la tension de la voix, les éclats et les <em>portamenti</em>, le jeu sonore des consonnes et des onomatopées, la beauté des notes longuement prolongées, tout ce qui relève d’un style radicalement différent.</p>
<p>Placé à peu près au centre du programme, <em>Automne</em> de Pawel Łukaszewski (né en 1968) relève d’un pari audacieux. La longue introduction au piano annonce un texte (de la poétesse Maria Pawlikowska-Jasnorzewska) d’une belle originalité par rapport aux <em>topoi</em> habituels de ce genre lyrique. Le chant commence <em>a cappella</em> et comporte des notes très basses dans la tessiture de contre-ténor. Il se termine sur des sons chantés à bouche fermée et sur quelque notes énigmatiques égrenées au piano. Mystère et étrangeté règnent dans ce qui constitue un véritable hapax dans ce CD.</p>
<p>À partir de la plage 13, la musique et le chant agissent comme un baume après cette incursion dans le dépouillement de la modernité, car on revient alors à la musique tonale et aux fondamentaux du chant populaire romantique. Mieczysław Karłowicz (1876-1909), avec douze mélodies, représente presque la moitié des titres du CD. Il s’agit de pièces très brèves dont les vers postromantiques se prêtent remarquablement bien à la recréation d’un folklore à partir de l’œuvre de poètes contemporains du compositeur. Ils nous livrent une vision cosmique de l’amour, célèbrent les noces d’Eros et de Thanatos : le chant passe de l’abattement à la fougue, et inversement. Ce cycle comporte aussi (plage 19) une adaptation polonaise d’un poème de Heinrich Heine, le « romantique défroqué » pastichant le vocabulaire du romantisme allemand pour en dire la mort définitive – la mélodie comme la voix de Jakub Józef Orliński soulignent toute l’élégance de ce regard acéré, sagace autant que nostalgique. Enfin, après trois chants de Kazimierz Tetmajer, chantre de la Jeune Pologne et de l’esprit fin de siècle, les <em>Pieśni</em> de Karłowicz se concluent sur une sorte de ballade, <em>La Princesse ensorcelée</em>, poème d’Adam Asnyk.</p>
<p>Le programme se poursuit avec deux mélodies de Stanisław Moniuszko (1819-1872), Le « père de l’opéra polonais » (dont on connaît surtout, en France, <em>Halka</em> et <em>Le Manoir hanté</em>), extraites des <em>Livres de chants du foyer</em>, avec, pour clore l’album, la transposition musicale du chant d’une fileuse et du fil qui casse. Ainsi ce CD dont les pièces expriment principalement langueur et mélancolie se termine-t-il par une mélodie enlevée, suivant le rythme endiablé d’un rouet, manifestant le dynamisme intact du chanteur au terme de ses adieux successifs.</p>
<p>Il faut par ailleurs souligner l’excellente prise de son rendant palpable la coordination entre les deux musiciens, dont la présence, captée par Mateusz Banasiuk dans la salle de concert Nowa Miodowa à Varsovie, est rendue plus intense par une sensibilité et une plasticité résultant d’une attention réciproque.</p>
<p>On regrettera simplement que l’éditeur se soit contenté de faire figurer sur le livret les textes polonais et leur traduction anglaise, invitant à chercher sur le site de Warner Classics, ce qui n’est ni simple ni satisfaisant, l’intégralité des textes – et donc la traduction française, qui pourtant nous paraît indispensable, même si, comme l’écrit Jakub Józef Orliński, la musique peut émouvoir l’auditeur, « qu’il comprenne le sens du texte ou non ».</p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/farewells-les-adieux-de-jakub-jozef-orlinski/">Farewells</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Jakub Józef Orliński déconseillé aux moins de 13 ans</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/jakub-jozef-orlinski-deconseille-aux-moins-de-13-ans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Dec 2021 05:30:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/jakub-jozef-orlinski-deconseille-aux-moins-de-13-ans/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Changement de répertoire pour Jakub Józef Orliński. Son prochain récital au disque se consacrera à la mélodie polonaise à travers quelques grands compositeurs du 20e siècle, dont Karol Szymanowski. Le contre-ténor sera accompagné au piano par Michal Biel. Sortie prévue le 22 mai. Mais son enregistrement du Stabat Mater de Vivaldi, commercialisé en CD et &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/jakub-jozef-orlinski-deconseille-aux-moins-de-13-ans/"> <span class="screen-reader-text">Jakub Józef Orliński déconseillé aux moins de 13 ans</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/jakub-jozef-orlinski-deconseille-aux-moins-de-13-ans/">Jakub Józef Orliński déconseillé aux moins de 13 ans</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Changement de répertoire pour <strong>Jakub Józef Orliński</strong>. Son prochain récital au disque se consacrera à la mélodie polonaise à travers quelques grands compositeurs du 20<sup>e</sup> siècle, dont Karol Szymanowski. Le contre-ténor sera accompagné au piano par <strong>Michal Biel</strong>. Sortie prévue le 22 mai.</p>
<p>Mais son enregistrement du <em>Stabat Mater</em> de Vivaldi, commercialisé en CD et DVD à compter du 18 mars 2022, est encore plus attendu, non parce que <strong>Jan Tomasz Adamus</strong> dirige la Cappella Cracoviensis mais parce que le DVD est déconseillé aux moins de 13 ans en Allemagne et aux moins de 15 ans en Angleterre avec la mise en garde «<em> Strong bloody violence, sex, threat</em> ». La musique classique aussi sulfureuse que le Heavy Métal ?</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/z5KaRf4YXB0" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/jakub-jozef-orlinski-deconseille-aux-moins-de-13-ans/">Jakub Józef Orliński déconseillé aux moins de 13 ans</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>A Royaumont sans y être tout en y étant</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/a-royaumont-sans-y-etre-tout-en-y-etant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Oct 2019 13:05:06 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/a-royaumont-sans-y-etre-tout-en-y-etant/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Même si vous n&#8217;avez pas pu aller à Royaumont ce week-end, même si vous ne faisiez pas partie des heureux élus auxquels Forum Opéra a fait gagner des places, vous pourrez quand même vous faire une idée de ce qu&#8217;on a entendu lors de la « Nuit de la mélodie et du lied » proposée &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/a-royaumont-sans-y-etre-tout-en-y-etant/"> <span class="screen-reader-text">A Royaumont sans y être tout en y étant</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/a-royaumont-sans-y-etre-tout-en-y-etant/">A Royaumont sans y être tout en y étant</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Même si vous n&rsquo;avez pas pu aller à Royaumont ce week-end, même si vous ne faisiez pas partie des heureux élus auxquels Forum Opéra <a href="https://www.forumopera.com/breve/gagnez-des-places-pour-la-nuit-de-la-melodie-et-du-lied-a-royaumont">a fait gagner des places</a>, vous pourrez quand même vous faire une idée de ce qu&rsquo;on a entendu lors de la « Nuit de la mélodie et du lied » proposée le 5 octobre dans le cadre de l&rsquo;abbaye située à Asnières-sur-Oise. Le label B Records, spécialisé dans les captations sur le vif, vient en effet de publier <em>Le Promenoir des amants</em>, concert enregistré les 1er et 2 juin dernier dans le cadre de l&rsquo;Académie Orsay-Royaumont. Sur ce disque, on entend les quatre duos chant-piano qui doivent animer le concert de samedi : la basse <strong>Alex Rosen</strong> et le pianiste Michal Biel, dans du Loewe et du Schubert, la mezzo <strong>Marielou Jacquard</strong> et Kunal Lahiry dans les <em>Histoires naturelles</em> de Ravel, le baryton <strong>Jean-Christophe Lanièce</strong> et Romain Louveau dans trois lieder de Schumann et dans le cycle de Debussy dont s&rsquo;inspire le titre du CD, et enfin la soprano <strong>Marie-Laure Garnier</strong> et Célia Oneto-Bensaid qui se taillent la part du lion avec deux Zemlinsky, trois fables de La Fontaine par Caplet et la « Romanze » de Schubert. Evidemment, il est un peu culotté de faire graver à ces tout jeunes artistes des pièces célébrissimes (se colleter au « Roi des aulnes » dans sa version la plus connue est un cadeau empoisonné), on pourra s&rsquo;étonner de tels ou tels effets (le falsetto dans « Stirb&rsquo; Lieb&rsquo; und Freud&rsquo;! » de Schumann, est-ce vraiment une bonne idée ?), mais on ne pourra que s&rsquo;incliner devant l&rsquo;irrésistible maestria de Marie-Laure Garnier, souveraine dans les Caplet, et non moins splendide dans les lieder.</p>
<p><em>Le Promenoir des amants. </em>1 CD B Records LBM 021, 63 minutes</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/a-royaumont-sans-y-etre-tout-en-y-etant/">A Royaumont sans y être tout en y étant</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
