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	<title>Blaise MALABA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Blaise MALABA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, La Bohème – Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-la-boheme-nancy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Dec 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour les fêtes de fin d’année, on passe du rire aux larmes à Nancy : aux comédies belcantistes succède le drame de Puccini. Après une Cenerentola déjantée l’an passé et un Don Pasquale hilarant en 2023, c’est par contraste une nouvelle vision tragique et poignante de La Bohème qui est proposée aux heureux élus détenteurs d’un &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour les fêtes de fin d’année, on passe du rire aux larmes à Nancy : aux comédies belcantistes succède le drame de Puccini. Après une <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-la-cenerentola-nancy/">Cenerentola</a></em> déjantée l’an passé et un <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-don-pasquale-nancy/">Don Pasquale</a></em> hilarant en 2023, c’est par contraste une nouvelle vision tragique et poignante de <em>La Bohème </em>qui est proposée aux heureux élus détenteurs d’un billet, car les cinq dates prévues affichent déjà complet. Nul besoin de bouche à oreille, donc, pour ce magnifique spectacle qui aura rencontré un triomphe lors de la première, ce qui laisse augurer un beau succès pour les autres représentations à venir, à Caen et au Luxembourg en février, puis à Dijon et à Reims en mars. On se réjouit que ce type de coproductions puissent atteindre une telle qualité, avec un regard pertinent et original bienvenus.</p>
<p>Venu du théâtre où il a déjà une belle carrière derrière lui, le comédien et metteur en scène <strong>David Geselson</strong> fait une proposition à la fois évidente et singulière : l’action de l’opéra se situe à Paris, certes, mais on a tendance à en oublier la temporalité exacte, qu’on situe souvent à la fin du siècle alors qu’elle se déroule vers 1830, donc au moment des Trois Glorieuses, au cours de la révolution de Juillet. Le roman de Murger est, quant à lui, contemporain de la révolution de 1848. C’est ce contexte de revendications qui sert de cadre à la mise en scène, dont les protagonistes sont de jeunes crève-la-faim appelés à s’engager politiquement. Les quatre amis sont encore des inconnus, mais baignant dans la culture de leurs congénères les plus talentueux. C’est ainsi que le tulle qui embue la scène (comme nos yeux, régulièrement sollicités par les lacrymales) accueille des projections qui voient s’enchevêtrer les œuvres des grands romantiques tels Delacroix, Hugo, Turner, Goya et Vernet, mais aussi les aquarelles de Hugo. On fait également une incursion dans les périodes suivantes avec les visages des beautés rousses de Jean-Jacques Henner, ainsi que des vers de Baudelaire, comme écrits pour l’occasion, ceux de <em>La Mort des amants</em>, qu’on ne peut se retenir d’avoir envie de citer ici<em> </em>: « Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères, / Des divans profonds comme des tombeaux, / Et d’étranges fleurs sur des étagères, / Écloses pour nous sous des cieux plus beaux ». Quasi dépouillé de son humour potache et de ses situations cocasses, l’opéra prend ici une dimension encore plus profonde et tragique que d’ordinaire. Le petit miracle attendu à l’opéra peut ainsi se produire : une œuvre connue par cœur ou presque peut surprendre et se dévoiler autrement… Mimi et Musette, plongées dans ces tourments révolutionnaires, ne s’affirment que davantage : la jeune cousette, dont le vrai nom est Lucia (une sainte fêtée le 13 décembre et dont le nom signifie « lumière », tout un programme…), cette jeune femme sait ce qu’elle veut, choisit l’homme qu’elle aime et affronte son destin avec courage. C’est très clairement elle qui tire les ficelles et incarne l’espoir ; cela apparaît comme une évidence quand elle tend le bras vers la lumière, en double de la <em>Liberté guidant le peuple</em> dont l’image est projetée à côté d’elle. Comme dans les tableaux romantiques, les paysages environnants accentuent les sentiments des protagonistes. La mise en scène en joue subtilement, tout au long de l’œuvre. À la fin du deuxième acte, des tracts sont lancés sur le public, qui contiennent des extraits de la <em>Déclaration des Droits de la Femme</em> d’Olympe de Gouges. Le symbole est fort. On pourrait ainsi décrire par le menu une mise en scène efficace, fluide et très esthétique. Contentons-nous de saluer au passage la beauté et le pittoresque des costumes de <strong>Benjamin Moreau</strong>, qui rappellent notamment ceux du sublime <em>Enfants du paradis</em> de Marcel Carné. Les décors minimalistes (une rangée de fenêtres et un arbre en forme d’épine nouée que n’auraient reniés ni Gustave Doré, ni Tim Burton), magnifiés par les chaudes lumières de Jérémie Papin, achèvent de conférer à cette <em>Bohème </em>une ambiance fascinante et poétique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-Boheme-©-Jean-Louis-Fernandez-16-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205301"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jean-Louis Fernandez</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Lucie Peyramaure</strong> incarne avec aplomb une Mimi au caractère bien trempé, à la voix pleine, ronde et bien timbrée, d’une santé insolente eu égard au rôle, ce qui ne l’empêche pas d’être mieux que convaincante en mourante au courage infrangible. On pleure à chacune de ses apparitions, ou presque. <strong>Angel Romero</strong> commence par peiner à exister face à elle. Interprétation en force et sans nuances, gestuelle empruntée, la voix peine par endroits à rivaliser avec l’orchestre. Mais au fil des actes, le ténor se fait plus présent, plus émouvant, plus juste et l’on se laisse prendre à la séduction de son timbre. <strong>Lilian Farahani</strong> est une Musetta tout en délicatesse, maîtresse femme sûre d’elle à l’amitié indéfectible, pour une interprétation tout en noblesse et élégance. Des quatre amis bohèmes, Marcello se distingue très nettement. <strong>Yoann Dubruque</strong> possède une bien belle ligne de chant et de véritables qualités de comédien. Le baryton suscite une empathie immédiate et irrésistible. <strong>Blaise Malaba</strong> excelle en Colline, par la noblesse de son timbre et la distinction de son chant. <strong>Louis de Lavignère</strong> est formidable en Schaunard, dans un rôle bien trop court. De manière générale, les ensembles sont remarquablement équilibrés et harmonieux. Chœurs et comprimari sont eux aussi impeccables.</p>
<p>Ce bien beau spectacle est encore magnifié par la direction d’orchestre tout en retenue de <strong>Marta Gardolińska</strong>, à la tête de l’Orchestre de l’Opéra national de Nancy-Lorraine, tout en chatoiements intimistes. Une réussite.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="La Bohème, Puccini | Opéra national de Nancy-Lorraine" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/e4d_zmluBlI?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>VERDI, Les Vêpres siciliennes — Londres (RBO)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-les-vepres-siciliennes-londres-rbo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Sep 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Vêpres siciliennes restent un opera rarement monté de nos jours et il faut se féliciter de cette reprise qui permet au public de goûter une des partitions les plus intéressantes de Giuseppe Verdi. Les mélodies y abondent (Verdi vient de donner en trois ans Rigoletto, Il Trovatore et La Traviata, rien que ça) et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Les Vêpres siciliennes</em> restent un opera rarement monté de nos jours et il faut se féliciter de cette reprise qui permet au public de goûter une des partitions les plus intéressantes de Giuseppe Verdi. Les mélodies y abondent (Verdi vient de donner en trois ans <em>Rigoletto</em>, <em>Il</em> <em>Trovatore</em> et <em>La</em> <em>Traviata</em>, rien que ça) et c&rsquo;est pourquoi l&rsquo;ouverture reste un morceau souvent donné au concert. Le compositeur développe par ailleurs des formes plus complexes, toujours aussi harmonieuses, mais dramatiquement plus efficaces (1). Le livret de Scribe, un peu statique dans les deux premiers actes, exprime un dilemme cornélien assez classique mais souffre d&rsquo;une galerie de personnages qui ne suscitent guère l&#8217;empathie. À ces réserves minimes près, l&rsquo;ouvrage reste très plaisant et on ne sent pas passer ses près de trois heures de musique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="707" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Sicilian-Vespers-RBO-ROH-3233-1024x707.jpg" alt="" class="wp-image-199748"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Royal Opera © Tristram Kenton</sup></figcaption></figure>


<p>Le ténor ukrainien, <strong>Valentyn Dytiuk</strong> offre un Henri (Arrigo dans la version italienne) de belle stature. La voix est d&rsquo;une grande puissance, très homogène sur toute la tessiture. Le français est très compréhensible. Le timbre est toutefois un peu blanc et l&rsquo;émission très droite (un peu comme celle de certains ténors rossiniens, mais en version survitaminée). Sa jeunesse permet au chanteur de surmonter les difficultés de ce rôle terrifiant (jusqu&rsquo;à un contre ré de poitrine à l&rsquo;acte V, impressionnant à défaut d&rsquo;être particulièrement musical). Le chanteur est également bon acteur avec une belle présence scénique. L&rsquo;artiste est donc une belle découverte et il sera intéressant de suivre l&rsquo;évolution de sa voix et de son répertoire, peut-être dans des Verdi plus dramatiques, chez Puccini, voire un jour dans Wagner. <strong>Joyce El-Khoury</strong> offre un timbre chaud, un français naturel, une projection appréciable. En bonne tragédienne, le soprano sait exprimer les sentiments contradictoires de ce personnage complexe, mélange improbable entre les héroïnes patriotes et guerrières comme l&rsquo;Odabella dans <em>Attila</em> et les jeunes femmes plus sensibles mais soumises comme Maria Boccanegra. On passera sur quelques aigus un peu tendus dans l&rsquo;air d&rsquo;entrée et le <em>Boléro</em>, pour souligner ses magnifiques descentes chromatiques dans l&rsquo;air de l&rsquo;acte IV, « Ami !&#8230; Le cœur d&rsquo;Hélène pardonne eu repentir ! », dont le soprano restitue parfaitement toute la tendresse émue. <strong>Quinn Kelsey</strong> offre une voix de stentor, un souffle puissant, une belle homogénéité sur la tessiture,  mais surtout un chant d&rsquo;une grande intelligence, restituant idéalement, par le jeu des couleurs de la voix, les différentes émotions de son personnage. En Procida,<strong> Ildebrando D’Arcangelo</strong> nous a semblé en petite forme avec un air d&rsquo;entrée un peu sur des œufs, manquant d&rsquo;agilité et aux aigus détimbrés. Les choses s&rsquo;améliorent par la suite : le personnage est bien campé et le timbre est d&rsquo;une belle fraicheur. Les nombreux petits rôles sont bien assurés. Déjà présent en 2017, <strong>Neal Cooper</strong> (Thibault) offre une belle voix de ténor, sonore et claire. <strong>Vartan</strong> <strong>Gabrielian</strong> (Robert) est une basse pleine de noblesse. <strong>Thomas D. Hopkinson</strong> (Vaudémont) brule les planches. <strong>Jingwen Cai</strong> est une Ninette délicieuse. <strong>Blaise Malaba</strong> offre un Béthune plein d&rsquo;autorité. Enfin, <strong>Michael Gibson</strong> (Daniéli) et <strong>Giorgi Guliashvili</strong> (Mainfroid) complètent efficacement la distribution. Les chœurs sont puissants, leur français impeccable, et ils occupent la scène de manière efficace grâce à une direction théâtrale poussée.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="655" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Sicilian-Vespers-RBO-ROH-1971-1024x655.jpg" alt="" class="wp-image-199747"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Opera © Tristram Kenton</sup></figcaption></figure>


<p>À la tête d&rsquo;un orchestre impeccable et survolté, <strong>Speranza Scappucci</strong> offre une direction très lyrique et théâtrale, alerte et vive, combinant la noblesse du grand opéra français et l&rsquo;urgence typique du Verdi de cette époque. L&rsquo;orchestre sonne pleinement, avec de beaux détails d&rsquo;orchestration mis en valeur, sans que les chanteurs ne soient jamais mis en difficulté. Nommée récemment principal chef invité de l&rsquo;institution, Sperenza Scappucci fait une entrée en fanfare et sera triomphalement accueillie aux saluts.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="665" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Sicilian-Vespers-RBO-ROH-3440-1024x665.jpg" alt="" class="wp-image-199749"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Opera © Tristram Kenton</sup></figcaption></figure>


<p>Créée<em> in loco</em> en 2013 et reprise en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-vepres-siciliennes-londres-roh-reprise-affadie/">2017</a>, en coproduction avec <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-vepres-siciliennes-copenhague-traitement-de-choc/">Copenhague</a>, la production de <strong>Stefan Herheim</strong> reste toujours aussi intéressante et spectaculaire. Comme on l&rsquo;a vu plus haut, l&rsquo;ouvrage est donné ici dans sa version française originale, laquelle tend depuis quelques années à supplanter la version traditionnelle en italien (c&rsquo;est donc la fin des Arrigo). Comme à son habitude, le metteur en scène norvégien propose deux niveaux de lecture avec d&rsquo;une part un niveau quasi littéral globalement respectueux des rebondissements du livret et, d&rsquo;autre part une lecture historique, l&rsquo;action étant transposée à l&rsquo;époque de la création de l&rsquo;ouvrage, donné pendant l&rsquo;exposition universelle de 1855. Au premier degré, le spectacle s&rsquo;apprécie par la magnificence de décors spectaculaires et multiples, des danseurs qui animent constamment le plateau (alors que le ballet, <em>Les Quatre saisons</em>, est ici coupé), des costumes magnifiques et une excellente direction d&rsquo;acteurs où chacun des nombreux rôles, y compris les plus petits, vient habiter la scène. La transposition nous amène au sein de l&rsquo;Opéra Le Peletier, ancêtre du Palais Garnier. Les Siciliens figurent le milieu artistique. Les soldats français deviennent la bourgeoisie aisée qui fréquente l&rsquo;opéra. On rappellera qu&rsquo;à l&rsquo;époque, les hommes de l&rsquo;aristocratie nobiliaire ou financière n&rsquo;hésitaient pas à recruter leurs maîtresses parmi les danseuses de l’Opéra, le Foyer de la Danse leur servant de terrain de chasse (on se réfèrera aux tableaux de Degas et on pourra lire, avec un certain écœurement, <a href="xhttps://www.forumopera.com/breve/lhabilleuse-orpheline/"><em>Les Cancans de l’Opéra ou le journal d’une habilleuse</em></a>). Durant l&rsquo;ouverture, nous assistons aux échauffements du corps de ballet dirigé par Procida. Les soldats font irruption et violent les jeunes femmes, Montfort se réservant la plus belle des ballerines. Procida a la jambe brisée. On revoit la ballerine revêtue de noir, enceinte, puis accompagné d&rsquo;un enfant qu&rsquo;elle élève dans la haine de son père, Montfort. Hélène (à l&rsquo;acte I) puis Procida (à l&rsquo;acte II) tentent vainement de susciter la révolte : les Siciliens (donc ici les artistes) aiment certes à se grimer en rebelles d&rsquo;opérette, mais il ne s&rsquo;en trouve quasiment aucun pour vraiment risquer sa vie contre l&rsquo;envahisseur (comprendre : se révolter contre la bourgeoisie). On imagine que des dents doivent grincer. L’art peut-il réellement servir de catalyseur à une révolte populaire ou ne reste-t-il qu&rsquo;une posture ?  Herheim traite ainsi de la domination de l&rsquo;argent sur l’art. Les quatre actes se déroulent assez clairement suivant cette grille de lecture. Le dernier (qui nous a semblé légèrement modifié, mais peut-être nos souvenirs nous jouent-ils des tours) est plus abscons. Habillé de la même robe noire que la mère d&rsquo;Henri durant l&rsquo;ouverture, Procida tue un à un les invités à la noces d&rsquo;Hélène et d&rsquo;Henri, soldats comme Siciliens, avec la pointe d&rsquo;un drapeau français. L&rsquo;arrivée de Montfort met un terme à cette fantaisie, tout le monde se relevant en parfaite santé. Si la musique et le texte nous décrivent le massacre final, celui-ci n&rsquo;a pas vraiment lieu : métaphore des révolutions avortées ? du cercle sans issue de la violence où la révolte et la répression se répètent éternellement ? illusion de la révolution (on pense à la fameuse phrase de Tancrède Falconeri dans <em>Le Guépard</em> : « Si nous ne sommes pas là, nous non plus, ils vont nous arranger une république. Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change ») ? Les pistes de réflexion ne manquent pas mais, à ce stade de l&rsquo;intrigue, on se serait volontiers contenter d&rsquo;une fin prosaïque, plus simple et plus claire. À cette minime réserve près, le spectacle reste un enchantement.</p>
<ol>
<li>
<pre>On ne donnera ici qu'un seul exemple avec le duo Montfort / Henri au IIIe acte : Montfort chante la mélodie principale tandis que Henri lit la lettre de sa mère sur une mélodie simplifié. Succèdent un récitatif, une strette, de nouveaux récitatifs avant que la forme initiale soit reprise mais inversée, Henri chantant le thème musical et Montfort le thème secondaire.</pre>
</li>
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		<title>VERDI, Nabucco (Cast B) &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-cast-b-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Oct 2024 06:13:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’opéra, les secondes distributions (ou cast B) tiennent parfois des pochettes surprises&#160;; avant de les ouvrir, on ignore ce qu’on va y trouver mais il peut bien arriver que le déballage révèle des moments inattendus et gratifiants. Nous retournons voir Nabucco, ouverture de saison spectaculaire au théâtre du Capitole à Toulouse, histoire de se &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">A l’opéra, les secondes distributions (ou cast B) tiennent parfois des pochettes surprises&nbsp;; avant de les ouvrir, on ignore ce qu’on va y trouver mais il peut bien arriver que le déballage révèle des moments inattendus et gratifiants.<br />
Nous retournons voir <em>Nabucco</em>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-toulouse/">ouverture de saison spectaculaire</a> au théâtre du Capitole à Toulouse, histoire de se laisser surprendre par des chanteurs que nous ne connaissons pas, histoire surtout d’accéder à la prise du rôle d’Abigaille que réalise <strong>Catherine Hunold</strong> durant cette série de représentations (où elle alterne avec Yolanda Auyanet). Christophe Ghristi, le directeur de l’Opéra national du Capitole avait programmé huit représentations, en a finalement ajouté une neuvième et a prévu pour les rôles éreintants de Nabucco, Zaccaria et Abigaille une double distribution.<br />
Cette soirée confirme tout le bien qu’il faut penser de la Fenena d’<strong>Irina</strong> <strong>Sherazadishvili</strong>, dont la voix résonne profondément, tout en sachant s’effiler délicieusement dans les aigus. Nous trouvons <strong>Jean-François Borras</strong> (Ismael) bien plus en forme que pour la première, et ce dès l’acte d’ouverture. Les rôles secondaires sont bien tenus par <strong>Blaise Malaba</strong> (le Grand Prêtre), <strong>Cristina Giannelli</strong> (Anna) et <strong>Emmanuel Hassler</strong> (Abdallo). Le chœur semblait moins appliqué dans le «&nbsp;Va pensiero&nbsp;» avec quelques décalages et une moindre homogénéité, mais l’ensemble de la prestation des troupes de <strong>Gabriel</strong> <strong>Bourgoin</strong>, chef des chœurs, demeure de grande qualité. Orchestre irréprochable, emmené de façon plus fluide que pour la première par <strong>Giacomo Sagripanti</strong> qui recueille les justes louanges du public.<br />
Et maintenant, ouvrons la pochette surprise&nbsp;: <strong>Sulkhan Jaiani</strong> avait été un Nikitich remarqué dans le <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-paris/"><em>Boris Godounov</em> du TCE</a> en mars dernier. Il est titulaire ce soir du rôle à haut risque de Zaccaria ; rappelons que Verdi avait la grande basse Derivis sous la main, et qu’il en a profité pour gratifier le rôle de Zaccaria de trois moments particulièrement délicats à négocier. Mais dès le « Sperate o figli », Jaiani prend le dessus. Il possède une basse bien profonde, très étayée dans les graves, à laquelle il peut manquer parfois seulement&nbsp; un cantabile stabilisé. Ovation fournie et entièrement méritée au baisser de rideau.</p>
<pre style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MIR0897-Avec-accentuation-Bruit.jpg" alt="" width="672" height="672">
Sulkhan Jaiani © Marco Magliocca</pre>
<p style="text-align: left;">Autre belle surprise&nbsp;: nous avions découvert <strong>Alksei Isaev</strong> à Toulouse dans le Borgne (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-frau-ohne-schatten-toulouse/">Die Frau ohne Schatten</a>)&nbsp;; il est ce soir Nabucco, rôle autrement plus exigeant. Isaev s’impose d’entrée par la projection et l’autorité, et la capacité à nuancer. L’acte de la prison est plus délicat à négocier (un «&nbsp;Dio di Giuda&nbsp;» incertain) mais le final le voit recouvrer tous ses moyens et toute son autorité.<br />
Impression plus mitigée pour l’Abigaille de Catherine Hunold. La force est là, incontestablement, les aigus perforeraient les plus solides cuirasses car le fer est tranchant. L’aigu est autoritaire et entièrement sous contrôle, mais non sans stridences, et les graves sont fournis. L’arioso qui ouvre le II manque de fluidité, le contre-ut est court et court aussi l’ut grave qui suit immédiatement. Ce sont au total des nuances qui nous ont manqué, celles qui rendent crédible le retournement de situation inattendu à la conclusion de l’œuvre.<br />
Au final une seconde distribution qui représente un très beau pendant à la première.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>VERDI, Nabucco &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Sep 2024 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est la rentrée au Capitole de Toulouse avec une nouvelle production de Nabucco en partenariat avec l’opéra de Lausanne, dont Charles Sigel avait rendu compte en juin dernier. La distribution (il y en aura deux en alternance) est entièrement revue, à l’exception du Zaccaria de Nicolas Courjal, déjà présent en Suisse. Le metteur en scène, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est la rentrée au Capitole de Toulouse avec une nouvelle production de <em>Nabucco</em> en partenariat avec l’opéra de Lausanne, dont <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-lausanne/">Charles Sigel avait rendu compte</a> en juin dernier. La distribution (il y en aura deux en alternance) est entièrement revue, à l’exception du Zaccaria de Nicolas Courjal, déjà présent en Suisse.<br />
Le metteur en scène, chorégraphe, éclairagiste et costumier <strong>Stefano Poda</strong>, qui mettra en scène ce même <em>Nabucco</em> en ouverture du Festival des Arènes de Vérone 2025, propose une vision proprement, voire essentiellement chorégraphique de l’œuvre. On pourrait presque oser avancer que c’est tout l’opéra qui est chorégraphié, tout, jusqu’au baisser de rideau et aux saluts hiératiques des choristes et de leur chef Gabriel Bourgoin, alignés comme des soldats au garde-à-vous. Dix-sept danseurs sont omniprésents et accaparent l’attention. Ils accompagnent plus qu’ils ne commentent l’action, ils s’agrippent aux personnages, les entravent ou les entraînent, les forcent ou les blessent, et ne leur laissent aucun répit. C’est esthétiquement très réussi, parfois subjuguant, c’est une prouesse artistique et athlétique incontestable, mais cela reste une chorégraphie. Et une chorégraphie ne remplace pas une mise en scène.<br />
Or ici, on chercherait vainement une proposition, une mise en scène au sens où l’on entend qu’une conduite d’acteurs doit éclairer, interroger le spectateur, susciter l’adhésion, la controverse ou le débat. La danse à la place du jeu d’acteurs ?<br />
Alors tout de même, quelques idées à retenir. L’opposition criante et parfois éblouissante, pour ne pas dire aveuglante des couleurs dans des décors essentiellement géométriques. Des lumières crues qui s’opposent&nbsp;; des couleurs qui tranchent jusqu’au caricatural (exclusivement blanche, rouge et noire avec des protagonistes qui endossent alternativement ces couleurs sans que l’on sache trop quel sens donner à cela). Et aussi, une grille cylindrique transparente qui figure tantôt le temple hébreu, tantôt la prison de Nabucco au IV ou encore, plus malaisant, une immense fournaise dans laquelle périssent les Juifs au I. Et puis le «&nbsp;Va pensiero&nbsp;» avec l’aile de Samothrace reconstituée en arrière-plan et le blé en herbe, qui promettent richesse et liberté. Mais de ligne conductrice qui nous entraînerait dans une histoire, point&nbsp;; le spectateur reste spectateur, il reste pour ainsi dire sur la touche.</p>
<pre style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MIR9644-Avec-accentuation-Bruit-1.jpg?&amp;cacheBreak=1727254256319" alt="" width="661" height="441">
©Mirco Magliocca</pre>
<p>L’orchestre national du Capitole brille de nouveau de mille feux. Si l’on met de côté une synchronisation douteuse des cuivres au tout premier accord, on aura admiré l’homogénéité des <em>tutti</em> et la qualité des solos (flûte et violoncelle). Ce qui, en revanche, aura interrogé, c’est la direction imprimée par le chef <strong>Giacomo Sagripanti</strong>. Une direction parfois difficile à suivre à l’image d’une ouverture qui nous a semblé bien peu lisible avec des sauts de <em>tempi</em> inattendus. Et puis, dans la liaison entre les morceaux (les numéros), un manque de fluidité, des points d’arrêts trop marqués et qui ont pour effet de couper l’élan.<br />
Plateau vocal de belle tenue, dominée par l’époustouflante Abigaille de <strong>Yolanda Auyanet</strong>. La soprano espagnole s’empare d’un des rôles verdiens les plus exigeants avec l’autorité de celle qui sait de quoi elle chante. Le timbre est trempé comme un fer brûlant, les blessures de la vie se lisent dans les aspérités vocales qui confèrent à la ligne de chant une authenticité sans commune mesure. La technique est sûre, Auyanet caracole avec assurance jusqu’en haut de la gamme et dégringole celle-ci tout aussi sûrement : à cet égard, la phénoménale entrée du II, arioso, aria et cabalette avec un saut de deux octaves du contre-ut aigu à l’ut grave est d’autant plus spectaculaire que la soprano nous gratifie, pour la reprise de la cabalette, d’ornements aussi difficiles que maîtrisés. A ses côtés le Nabucco de <strong>Gezim Myshketa</strong> monte en puissance tout au long de la soirée. Timbre chaleureux, ardeur vocale incontestable, jeu convaincant&nbsp;; on retiendra le magnifique duo avec Abigaille au III («&nbsp;Deh, perdona&nbsp;») où Rigoletto pointe sous Nabucco. <strong>Nicolas Courjal</strong> est Zaccharia, <a href="https://www.forumopera.com/breve/le-role-le-plus-difficile-de-tout-le-repertoire-verdien-pour-nicolas-courjal/">le rôle le plus difficile du répertoire verdien</a>, selon lui. L’entrée est effectivement redoutable («&nbsp;D’Egitto là su i lidi&nbsp;») que Courjal entame avec prudence, en évitant les pires embûches de cet enfer pavé de bonnes intentions. La suite lui donnera raison et il conclut brillamment («&nbsp;Del futuro nel buio discerno&nbsp;»). L’Ismaele de <strong>Jean-François Borras</strong> a quelque peu souffert d’un manque de stabilité dans l’émission au I&nbsp;; tout est rentré dans l’ordre par la suite et on aura reconnu la générosité dans le ténor du Grenoblois. Beaucoup de subtilité dans la voix d’<strong>Irina</strong> <strong>Sherazadishvili</strong> qui est une Fenena vraiment touchante. Quelques aigus filés, un cantabile du plus bel effet, auront marqué cette belle présence sur scène.<br />
Enfin, il ne faudrait surtout pas oublier le personnage principal de <em>Nabucco</em>, à savoir le chœur. Gabriel Bourgoin nous habitue décidément à la belle ouvrage, et là, le curseur était placé très haut, tant les choristes, hommes et femmes, sont en permanence sur le gril. Même pour un soir de première, on ne déplorera nul décalage, nulle approximation dans l’élocution d’un italien quasi parfait ; on retiendra comme il se doit le moment de grâce tant attendu : les 45 voix qui entonnent un « Va pensiero » qui, pour entendu et rebattu qu’il soit, donne toujours la chair de poule quand il est de cet acabit.</p>
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		<title>VERDI, Don Carlo, Baugé-en-Anjou</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-don-carlo-bauge-en-anjou/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Aug 2024 16:12:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nous ne sommes pas à La Scala (1), mais dans une structure légère, à une cinquantaine de kilomètres de la gare la plus proche, dans une petite ville de 12&#160;000 habitants, appartenant à cette France profonde, rurale et paisible que la culture irrigue difficilement. C’est là que l’Opéra de Baugé œuvre inlassablement depuis plus de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nous ne sommes pas à La Scala (1), mais dans une structure légère, à une cinquantaine de kilomètres de la gare la plus proche, dans une petite ville de 12&nbsp;000 habitants, appartenant à cette France profonde, rurale et paisible que la culture irrigue difficilement. C’est là que l’Opéra de Baugé œuvre inlassablement depuis plus de vingt ans. Le projet paraît démesuré, d’une ambition rare, de programmer <em>Don Carlo</em>, même dans la version italienne réduite à quatre actes (sans celui de Fontainebleau) en alternance avec deux autres ouvrages. La distribution, exigeante, nécessite des voix d’homme nombreuses et variées, en sus des rôles-clé d’Elisabeth de Valois et de la princesse Eboli, sans oublier un chœur aguerri et puissant. Une large part de celles et ceux qui firent le succès d’<em>Un ballo in maschera </em>la saison dernière (2) est de retour, venus principalement du Royal Opera de Londres. D’abord le chef, familier de Verdi, <strong>Gary Matthewman</strong>, dont la carrière lyrique se développe pour l’essentiel Outre-Manche (3) et en Autriche. Toujours soucieuse du chant, sa direction, au service d’un flamboiement dramatique intense, fouille la partition pour en valoriser les lignes, les contrastes, les couleurs comme les dessins confiés à tel ou tel soliste de l’orchestre. On lui doit, déjà, un constant bonheur orchestral, auquel s’ajoute naturellement celui dont il pare les voix. Tout au long de ces quatre actes, nous seront tenus en haleine, par la poésie élégiaque ou douloureuse, comme par la fougue et la violence exacerbée.</p>
<p>Résumer la complexe intrigue de Don Carlo en quelques lignes paraît impossible. Un roi dont le pouvoir est dominé par l’Eglise, lui-même affaibli par la révolte flamande contre l’oppresseur, marié à la fille d’Henri II et Catherine de Médicis, que l’Infant – Don Carlos – a connue et aimée auparavant, des intrigues multiples donnent à ce sombre drame les accents shakespeariens chers à Verdi.</p>
<p>Les mises en scène de <strong>Bernadette Grimmett</strong>, sobres, réduites à l’essentiel, focalisent l’attention sur les chanteurs. Changés à vue, quelques accessoires (des éléments de balustrade assemblés pour suggérer le tombeau de Charles-Quint, quelques sièges, des candélabres) suffiront, avec des éclairages simples mais efficaces. L’unique réserve concerne la scène de l’autodafé, visuellement dépourvue de la force attendue. Les costumes appropriés à chacun, conçus avec goût et soin, permettent de composer de beaux tableaux, rappelant parfois la peinture franco-flamande du temps. La direction d’acteur est ciselée, au plus profond des drames intimes qui se superposent.</p>
<p>Un quatuor de solistes, aux moyens vocaux superlatifs, et nous pesons chaque mot, s’impose avec évidence, au meilleur niveau. Les deux femmes rivales, aux liens complexes, d’abord. <strong>Vlada Borovko</strong>, soprano russe, adoptée par Londres où elle chante les héroïnes verdiennes, est Elisabetta di Valois. Son port, altier jusqu’à ce que sa passion pour l’Infant ose s’exprimer, sert un chant exceptionnel. Enfermée dans sa fonction royale, son premier duo avec Don Carlo est remarquable, comme l’amour que ce dernier peine à contenir. On y croit, tout comme lorsque, candide, innocente, elle implore le pardon du roi (« Giustizia, Sire ! »). Une très grande voix, d’une incroyable force expressive. <strong>Monika-Evelin Liiv</strong>, dont on a en mémoire l’Ulrica de l’an passé, prête à la princesse Eboli sa voix ample, profonde, ambrée, dès sa chanson du voile. La contralto estonienne éblouit par son chant comme par sa présence. Elle se joue avec insolence des changements de registre les plus hérissés. Son tempérament de feu est bien là. Jalouse, notre «&nbsp;lionne blessée au cœur&nbsp;», à la passion extrême, demeure attachante, et nous vibrons à son chant comme à ses émotions. L’attendu&nbsp;«&nbsp;O don fatale, o don crudel&nbsp;», où elle passe de son aversion au désir de rachat envers Elisabetta, avec la réaffirmation de son amour pour Carlos, figure à juste titre parmi les plus belles créations de Verdi. Ce sommet pathétique et exalté trouve ce soir toute sa force expressive et sa vérité, avec des aigus de rêve.</p>
<p>Le Don Carlo du ténor argentin<strong> Pablo Bemsch</strong> s’impose par sa maturité vocale et son jeu, avec une profonde intelligence du rôle. L’aisance est constante, jamais démonstrative. La jeunesse, la belle longueur de voix, des aigus aisés, la noblesse de l’émission, les couleurs participent à l’émotion de cet attachant personnage. Le rôle est écrasant, mais jamais les moyens ne faibliront jusqu’à son dernier souffle. Chacun de ses airs, de ses ensembles appellerait un commentaire, et nous y renonçons. La palette expressive la plus large est illustrée avec maestria.&nbsp;Le Rodrigo (marquis de Posa) de <strong>Yuriy Yurchuk</strong> &nbsp;(Renato l’an passé), n’est pas moins émouvant par son humanité. Sa droiture, son exigence morale inébranlable le conduiront à se sacrifier pour son ami Don Carlo. L’Ukrainien, authentique baryton verdien, met sa vaillance, sa projection, au service de ce personnage empathique, fier, dont la générosité égale le courage. Les moyens vocaux sont impressionnants, l’ampleur, une maîtrise technique sans faille, de réelles qualités de phrasé, un timbre chaleureux illustrent l’ardeur des convictions de l’ami.</p>
<p>Les deux basses, Philippe II et le Grand inquisiteur, nous valent un bel affrontement dans le duel implacable de la fin du III, où l’humanité et la fragilité du monarque nous émeuvent. Tout juste attendait-on de <strong>Blaise Malaba</strong>, dont la stature imposante correspond à la majesté du rôle, une projection plus convaincante, car la voix est belle, longue et bien timbrée, d’une grande douceur comme grave. Comment ne pas être ému par les tourments&nbsp; qu’il nous confesse («&nbsp;Ella giammai m’amo&nbsp;»)&nbsp;? Le Grand Inquisiteur de<strong> Denis Sedov</strong> interroge, que la mise en scène dessine âgé et aveugle. La force expressive est là, mais les phrases hachées, la voix instable au large vibrato de ce personnage de composition dérangent (après un décevant Escamillo, il y a 48h), même si elles traduisent l’outrance de ce tyran sectaire et retors. Aucun des petits rôles ne déçoit&nbsp;: du surprenant Tebaldo de <strong>Xavier Truong-Fallai</strong>, du comte de Lerme de <strong>Bo Wang</strong>, au Moine/Charles-Quint de <strong>Volodymyr Morozov</strong>, et au hérault de <strong>Roger Paterson</strong>, prometteur.</p>
<p>Les nombreux ensembles sont autant de réussites, comme les chœurs, parfaitement réglés, et stylistiquement réjouissants. L’orchestre, galvanisé par son chef, est somptueux, clair, d’une précision enviable (ainsi, les attaques des quatre trombones), aux équilibres parfaits et aux soli magistraux (les arpèges de la clarinette, la mélodie au hautbois, au violoncelle etc.). La conduite de la passion grandissante jusqu’au paroxysme de l’ultime duo Elisabetta – Don Carlo est exemplaire. L’ambiance mortifère, désespérée, l’effroi, la stupeur de la dernière scène sont rendus avec un exceptionnel brio. Une production musicalement digne des plus grandes scènes, que le public acclamera très chaleureusement au terme d’une soirée, dont on n’a pas pris conscience de la longueur tant elle nous a captivé.</p>
<pre>(1) Milan, en décembre dernier, produisit une version de référence, avec Nebrebko, Garança, Petrusi, Meli, dirigés par Riccardo Chailly ( Sous la protection de Verdi)&nbsp;

(2) <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-un-ballo-in-maschera-bauge/">Le ciel pleure</a>

(3) La création prochaine d’une cantate de Geoffrey King, <em>Darkly He Rose</em>, lui a été confiée par la Royal Academy of Music</pre>
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		<title>BIZET, Carmen – Londres</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-londres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Apr 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À seulement 27 ans et lauréate du prestigieux&#160;Concours du Belvédère en 2017,&#160;Aigul Akhmetshina&#160;a déjà derrière elle une belle carrière internationale (on pourra l&#8217;entendre à l&#8217;Opéra-Bastille en Rosina du&#160;Barbiere di Siviglia&#160;en 2025, un rôle qu&#8217;elle y a déjà interprété en 2022) et notamment au Royal Opera où elle fit ses débuts en 2018 dans&#160;Carmen&#8230;&#160;mais dans le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>À seulement 27 ans et lauréate du prestigieux&nbsp;<a href="https://www.forumopera.com/breve/belvedere-2017-aigul-akhmetshina-cree-la-surprise">Concours du Belvédère en 2017,</a>&nbsp;<strong>Aigul Akhmetshina&nbsp;</strong>a déjà derrière elle une belle carrière internationale (on pourra l&rsquo;entendre à l&rsquo;Opéra-Bastille en Rosina du&nbsp;<em>Barbiere di Siviglia</em>&nbsp;en 2025, un rôle qu&rsquo;elle y a déjà interprété en 2022) et notamment au Royal Opera où elle fit ses débuts en 2018 dans&nbsp;<em>Carmen&#8230;&nbsp;</em>mais dans le rôle de Mercédès ! La jeune artiste était d&rsquo;ailleurs membre du programme J<em>ette Parker Young Artists</em>&nbsp;qui vise à développer de jeunes talents au sein de l&rsquo;institution londonienne. Le mezzo russe a pour lui une voix ample et particulièrement bien projetée, très homogène sur toute la tessiture, et à l&rsquo;occasion capable d&rsquo;envolées impressionnantes qui laissent présager des emplois plus lourds à des échéances plus ou moins lointaines (Eboli, Léonor de&nbsp;<em>La Favorite</em>&#8230; à conditions de ne pas bruler les étapes). Le timbre est sombre et chaud, assez personnel. La prononciation est plus que correcte, mais l&rsquo;articulation est en revanche perfectible : si on sait par cœur les paroles, on les reconnait sans problème, sinon, c&rsquo;est un peu plus difficile. Le chant peut parfois sembler un brin monotone : il manque encore à cette Carmen très « internationale » le travail avec un coach vocal francophone à même de lui inculquer une interprétation plus idiomatique, plus personnelle aussi, comme le faisait Janine Reiss autrefois. L&rsquo;actrice brule les planches et son interprétation est un bon compromis entre les Carmen « aux joyaux sous les haillons » et celles qui jouent la carte de la vulgarité assumée. A ce stade de sa carrière, Aigul Akhmetshina est déjà clairement l&rsquo;une des meilleures Carmen actuelles. A ses côtés, <strong>Piotr Beczala </strong>campe un Don José au timbre lumineux et à la projection insolente. Probablement suite à la fréquentation de Wagner, la voix a un peu perdu en souplesse, mais elle a aussi gagné en volume : la fin de l&rsquo;acte III est particulièrement impressionnante, les décibels venant en appui dramatique à interprétation déchaînée. À 57 ans, une telle insolence vocale est remarquable. Ces moyens n&#8217;empêchent pas un chant raffiné quand il le faut, le ténor polonais déployant de magnifiques aigus <em>piani</em> à l&rsquo;occasion, comme par exemple à la fin de « l&rsquo;air de la Fleur ». Enfin, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-new-york-streaming/">Beczala et Akhmetshina ayant déjà chanté l&rsquo;ouvrage à la scène</a>, l&rsquo;alchimie est parfaite entre les deux artistes. La Micaela d&rsquo;<strong>Olga Kulchynska</strong>&nbsp;est également une belle surprise. Cette fois, prononciation et articulation du français sont réunies,&nbsp;<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-romeo-et-juliette-rouen/">qualités que l&rsquo;on avait déjà pu apprécier dans ce répertoire</a>. La voix est un peu sombre, raisonnablement puissante. Si le legato est parfois en défaut ou l&rsquo;aigu un peu écourté, gageons que la fréquentation du rôle lui permettra de perfectionner une interprétation déjà de haut niveau. Le soprano ukrainien n&rsquo;est pas nécessairement gâté par la mise en scène qui fait de Micaela une jeune femme peu séduisante, mal dans sa peau, un peu nunuche et mal fagotée, sauf à l&rsquo;acte III où elle retrouve des ressorts d&rsquo;énergie. Néanmoins, la chanteuse sait défendre cette vision sans faille et témoigne d&rsquo;excellents talents dramatiques.&nbsp;<strong>Kostas Smoriginas</strong>, également ancien membre du <em>Jette Parker Young Artists Programme</em>, reste un peu en retrait par rapport à ce splendide trio. La voix du baryton lituanien est un peu sourde, sauf dans un aigu libéré, globalement sans beaucoup de séduction. Les graves sont plus délicats et certains sont d&rsquo;ailleurs habilement contournés dans son air. Le chant est peu châtié et, à l&rsquo;image du personnage exigée par la mise en scène, l&rsquo;interprétation manque de la classe attendue d&rsquo;un torero (et que l&rsquo;on retrouve chez les figurants !). La Frasquita de&nbsp;<strong>Sarah Dufresne</strong>&nbsp;et la Mercédès de&nbsp;<strong>Gabrielė Kupšytė</strong>&nbsp;sont de belles promesses. Les excellents&nbsp;<strong>Vincent Ordonneau </strong>(le Remendado) et&nbsp;<strong>Pierre Doyen</strong>&nbsp;(le Dancaïre) démontrent l&rsquo;importance d&rsquo;une parfaite maîtrise de la langue française dans cet ouvrage. Le quatuor est aussi à l&rsquo;aise scéniquement que musicalement.&nbsp;<strong>Blaise Malaba</strong>&nbsp;est un Zuniga à la belle prestance. Enfin, il faudra suivre la carrière du jeune baryton&nbsp;<strong>Grisha Martirosyan</strong>&nbsp;(autre ancien du <em>Jette Parker Young Artists Programme</em>) d&rsquo;ailleurs lauréat en 2022 des premier prix, prix du public et prix Joan Sutherland de la <em>Veronica Dunne International Singing Competition</em> et, en 2019, premier prix de la <em>Gohar Gasparian Armenian National Singing Competition</em>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Carmen-AIGUL-AKHMETSHINA-Zuniga-BLAISE-MALABA-ROH-Carmen-©2024-Camilla-Greenwell_3252-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-160072"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>©2024 Camilla Greenwell</sup></figcaption></figure>


<p>Succédant à la proposition de Barrie Kosky qui n&rsquo;avait pas vraiment trouvé son public (elle avait été créée en 2018 et représentée 30 fois), cette nouvelle production n&rsquo;aura vraisemblablement pas de problème à s&rsquo;inscrire dans la durée au vu de l&rsquo;accueil unanimement enthousiaste au rideau final. Esthétiquement, cette <em>Carmen</em> rappelle beaucoup celle de Calixto Bieito, vue et revue de Bastille à Barcelone, en passant par Londres (English National Opera), Boston, et même Oslo. Au delà de cet univers visuel (qu&rsquo;on retrouve dans plusieurs productions de ces dernières années et jusqu&rsquo;à <em>L&rsquo;Elisir d&rsquo;amore</em> vu par Laurent Pelly), l&rsquo;approche de <strong>Damiano Michieletto</strong> est très différente et, paradoxalement, plus proche de l&rsquo;esprit de l&rsquo;opéra-comique français. La mise en scène de Bieito, violente et très sexualisée, nous projetait quelque part entre <em>Pagliacci</em> et <em>Wozzeck</em>. Avec Michieletto, on retrouve cette légèreté à fleur de drame, cette façon de danser sur un volcan, qui fut la caractéristique de l&rsquo;esprit français au XIXe siècle, et qui disparut définitivement en 1914. A l&rsquo;instar des <em>Huguenots</em>, de <em>Robert le Diable</em>, de <em>Roméo</em> <em>et Juliette</em>, de la <em>Manon Lescaut</em> d&rsquo;Auber ou de son <em>Gustave III</em> (dont le livret est repris tel quel pour <em>Un Ballo in maschera)</em>, ou encore de <em>Lakmé</em>, <em>Carmen</em> affecte  la légèreté le plus longtemps possible avant de basculer carrément dans le drame : c&rsquo;est donc un contresens stylistique d&rsquo;en faire un ouvrage uniformément sombre. La mise en scène de Michieletto au contraire sait alterner les différents aspects de l&rsquo;ouvrage, et renoue avec cet esprit tout en le mettant au goût du jour. Par ailleurs, la production fourmille de détails, pour la plupart heureux et qu&rsquo;il est impossible de mentionner intégralement, dans une approche quasi cinématographique. Par exemple, Don José et Micaela ne chantent pas vraiment en duo lors de leur scène du premier acte : le soldat s&rsquo;isole dans le poste de garde pour exprimer, dans une solitude physique et mentale « Ma mère, je la vois ». On voit également qu&rsquo;il n&rsquo;éprouve aucun amour pour la jeune femme. A la fin de l&rsquo;acte, Carmen s&rsquo;évade en menaçant les soldats d&rsquo;une arme à feu : c&rsquo;est ce que fera en miroir Micaela quand elle sera découverte par les contrebandiers au IIIe acte. A l&rsquo;acte II, Carmen « s&rsquo;offre » la fameuse bague qu&rsquo;elle rendra à Don José au dernier acte, en l&rsquo;arrachant des doigts de celui-ci, qui s&rsquo;amuse de cette appropriation désinvolte. Capturé par les contrebandiers à la fin de l&rsquo;acte II, Zuniga est échangé contre une rançon à l&rsquo;acte III. Micaela chante « Vous me protégerez Seigneur » en étreignant discrètement la croix qu&rsquo;elle porte en pendentif. Etc. Michieletto introduit également un personnage muet, celui de la Mère / Mort qui tire les cartes du tarot. Même si elles ravissent visiblement le public, on sera plus réservé sur les interventions des enfants entre les actes, ceux-ci portant des lettres géantes devant le rideau pour figurer « Un mois plus tard » avant l&rsquo;acte II puis, « Le lendemain soir » avant l&rsquo;acte III : en effet, si  les amours de Carmen « ne durent pas 6 mois », il lui faut quand même quelque temps pour se lasser de José et pour s&rsquo;amouracher d&rsquo;Escamillo. Enfin, un dernier panneau (genre « astat detdfg ev jhbk » car les lettres sont d&rsquo;abord dans le désordre) vaut au poétique <em>Entracte</em> d&rsquo;être pollué par des rires. Certains choix de tordre le texte sont inutiles et un brin irritants (pour les quelques spectateurs qui s&rsquo;en aperçoivent) puisqu&rsquo;ils n&rsquo;apportent aucun éclairage supplémentaire. Par exemple, à l&rsquo;acte III, Carmen agit comme si elle ne souhaitait pas le départ de José (alors qu&rsquo;elle avait rendez-vous avec Escamillo et qu&rsquo;elle a lancé a son ancien amant « Vas-t-en notre métier ne te vaut rien ») et le soldat lance « Soit contente, je pars » à Micaela et non à Carmen. N&rsquo;y a-t-il pas aussi une sorte de potacherie à faire dire, au dernier acte, « Voulez-vous des lorgnettes ? » non plus au marchand de lorgnettes mais à un de ses clients s&rsquo;adressant à la demoiselle qui l&rsquo;accompagne ? Bizarre aussi (pour un francophone du moins) de voir des quadrilles limitées à un unique torero. Au positif, chaque artiste du chœur semble avoir été coaché individuellement, avec des attitudes diverses et non stéréotypés, ce qui contribue à donner l&rsquo;impression d&rsquo;une authentique foule de badauds. Curieuse idée en revanche de faire Carmen étranglée par Don José, quand le coup de poignard (explicitement prévu dans les didascalies) est un écho terrifiant de la mort du taureau&#8230; Ces minimes réserves un peu longuement exposées ne doivent toutefois pas faire perdre de vue que cette production est une vraie réussite, fourmillant de détails justes et impossibles à apprécier en une seule soirée.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Frasquita-SARAH-DUFRESNE-Mercedes-GABRIELE-KUPSYTE-ROH-Carmen-©2024-Camilla-Greenwell-_4417-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-160076"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>©2024 Camilla Greenwell</sup></figcaption></figure>


<p>L&rsquo;édition retenue pour cette série reprend à peu près la totalité de la musique de Bizet, y compris des passages rarement donnés (par exemple, une intervention des chœurs d&rsquo;une quinzaine de secondes au moment où l&rsquo;on annonce l&rsquo;Alcade à l&rsquo;acte IV). Seule entorse remarquable, le duo du duel entre José et Escamillo est réduit à un couplet (dans le livret, Escamillo épargne d&rsquo;abord José, mais la seconde fois celui-ci manque de le tuer : d&rsquo;où sa réplique «nous sommes manche à manche et nous joueront la belle (avec le double sens que l&rsquo;on imagine) le jour où tu voudras »). Le texte est raccourci et modernisé, mais sans outrance : pourquoi ne pas utiliser plutôt les excellents récitatifs de Guiraud ? On doit également regretter la coupure du marivaudage entre Escamillo et Carmen, échange qui introduit la venue du torero à l&rsquo;acte III.</p>
<p>Les chœurs sont absolument excellents. Leur français est quasi parfait et avec des inflexions qu&rsquo;on n&rsquo;entend pas nécessairement dans des formations francophones : ainsi pour la phrase « Sur la place, chacun passe, chacun vient, chacun va », &nbsp;les « chacun va »&nbsp;sont chantés un peu bas et ralentis, exprimant ainsi la langueur de la troupe des soldats sous le soleil sévillan. Le chœur d&rsquo;enfants est lui aussi irréprochable et incroyablement à l&rsquo;aise sur scène.</p>
<p>La direction d&rsquo;<strong>Antonello Manacorda</strong> est l&rsquo;un des grands atouts de cette soirée. Par le biais d&rsquo;une battue souvent posée, le chef italien met en avant la profonde sensualité de l&rsquo;ouvrage, que des directions uniformément rapides ont tendance à laisser de côté. Manacorda sait également faire ressortir les contrechants, révélant les richesses de la partition, sans ostentation toutefois. Le travail sur le rythme est fouillé (et fera froncer le sourcil aux ayatollahs du « Com&rsquo;è scritto »&nbsp;ou aux ennemis du rubato). Par exemple, la <em>Chanson bohème</em> est démarrée avec un tempo assez lent, presque lascif, qui s&rsquo;accélère progressivement au point de devenir frénétique. Les passages les plus dramatiques sont également parfaitement rendus, avec un orchestre nerveux (et d&rsquo;autant plus par contraste), sans que les chanteurs ne soient aucunement couverts. Au global, une très belle réalisation qui permet de découvrir cette riche partition sous un jour nouveau.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-londres/">BIZET, Carmen – Londres</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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