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	<title>Romain BOCKLER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Romain BOCKLER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Jean-Marc Aymes et Romain Bockler : « La favola d&#8217;Orfeo est une œuvre charnière »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/jean-marc-aymes-et-romain-bockler-la-favola-dorfeo-est-une-oeuvre-charniere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Mar 2025 06:40:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Longtemps seul maître du destin de l’ensemble musical Concerto Soave Jean-Marc Aymes en partage désormais les rênes avec le baryton Romain Bockler. Tous deux étaient à l’œuvre à l’Opéra de Marseille où le premier dirigeait et le second chantait le rôle-titre de l’Orfeo de Monteverdi (voir notre compte rendu). Pourquoi avoir choisi Orfeo de Monteverdi &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Longtemps seul maître du destin de l’ensemble musical <strong><em>Concerto Soave </em></strong>Jean-Marc Aymes en partage désormais les rênes avec le baryton Romain Bockler. Tous deux étaient à l’œuvre à l’Opéra de Marseille où le premier dirigeait et le second chantait le rôle-titre de l’<strong><em>Orfeo </em></strong>de Monteverdi (voir <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-la-favola-dorfeo-marseille/">notre compte rendu</a>).</p>
<p><strong>Pourquoi avoir choisi <em>Orfeo</em> de Monteverdi ?</strong></p>
<p>J-M Aymes : Parce quand Marseille célèbre le centenaire de l’inauguration du bâtiment qui abrite l’Opéra municipal, il nous a semblé opportun de créer ce chef d’œuvre de la musique, qui à notre connaissance n’a jamais été donné ici. D’abord parce que l’œuvre est restée longtemps méconnue puisque même lorsque Vincent d’Indy la ressuscite en 1904 – grâces lui soient rendues &#8211; il la mutile en supprimant le premier acte. Ensuite parce que même si elle précède la période baroque proprement dite, elle en est un portique qui peut trouver sa place dans la manifestation <em>Mars en baroque</em>. Nous en sommes à la vingt-troisième édition, ce qui signifie qu’il y a un public. Enfin parce qu’il s’agira d’une exécution musicalement informée, par des musiciens rompus à ce répertoire et sur les instruments adéquats.</p>
<p><strong>Justement, vous annoncez seize instrumentistes. N’est-ce pas un peu problématique, si l’on tient compte des diverses indications de Monteverdi, qui semble viser un ensemble plus copieux </strong>?</p>
<p>J-M Aymes : Il y a deux façons au moins de lire les indications relatives au nombre d’instruments et de musiciens. D’abord comme le relevé détaillé des effectifs réunis pour l’exécution patronnée par le duc de Mantoue, exécution qui touchait au prestige de ce mécène. Or la création de cet <em>Orfeo </em>venait après la création à Florence, pour les Médicis, de l’<em>Euridice </em>de Peri en 1600. D’où une rivalité ou au moins une émulation : il fallait faire aussi bien et si possible mieux, et c’est la porte ouverte à la démesure. Nous nous en sommes tenus à l’effectif minimum indispensable, compte tenu de nos ressources. Les indications que nous trouvons dans l’édition originale de l’<em>Orfeo</em>       ne sont donc que le reflet de l’exécution mantovane, précieuses ô combien, mais pas impératives.</p>
<p><strong>L’</strong><strong><em>Orfeo </em></strong><strong>est un chef d’œuvre indiscutable ; mais comment sera-t-il reçu par un public fervent de l’opéra italien du XIXe siècle ?</strong></p>
<p>R Bockler : Bien, on l’espère ! Sans doute le traitement de la voix est-il éloigné de celui des compositeurs qui ont la faveur du public depuis les deux siècles derniers à Marseille, mais ce serait une erreur profonde de croire qu’ils sont étrangers ! Prenons par exemple l’air central, celui qu’ Orfeo déterminé à ramener Euridice à la vie  adresse à Caronte, le nocher qui conduit les morts dans l’au-delà où règne Plutone. Il en existe deux versions, toutes deux de la main de Monteverdi : l’une très dépouillée, l’autre très ornée. La deuxième est peut-être le relevé de l’interprétation du créateur du rôle, qui avait la réputation d’être un chanteur virtuose, maître de tous les ornements. Quoi qu’il en soit, son existence prouve qu’il est possible de chanter cette musique en la parant d’une virtuosité maîtrisée.</p>
<p>A cet égard je tiens à dire ma satisfaction de la réponse que les chanteurs apportent à mes suggestions. J’ai épluché les traités antérieurs à l’<em>Orfeo </em>pour établir une sorte d’état des lieux, cela m’a permis de recenser au moins une vingtaine d’ornements parmi lesquels j’invite les interprètes à choisir, et je crois que tous nous y prenons beaucoup de plaisir. Cela enrichit notre compréhension de la musique, de ses possibilités latentes, et cela nourrit notre interprétation. C’est vrai évidemment des solistes, que j’ai recrutés avec soin, mais cela se vérifie pour les artistes du choeur de l’Opéra. Il faut dire que leur chef, Florent Mayet, est aussi violiste et il partage notre amour pour cette œuvre et cette musique en général.</p>
<p><strong>Justement, cette musique, qu’a-t-elle de si fascinant pour vous ?</strong>(ici il faudrait pouvoir transcrire les réponses simultanément, mais le mélange de deux discours crée la confusion ; on dira : parlant d’une seule voix)</p>
<p>J-M. Aymes et R. Bockler : C’est sa position charnière entre la musique de la Renaissance et celle qui va lui succéder à travers l’opéra vénitien. Elle recueille ce qui l’a précédée et elle le dépasse, elle transcende le temps. Pour nous elle n’a pas vieilli, sa beauté est intemporelle, et c’est pourquoi nous croyons qu’elle peut agit sur les auditeurs d’aujourd’hui. Sans doute beaucoup de la richesse d’<em>Orfeo, </em>comme manifeste philosophique et spirituel, échappe à bon nombre d’entre nous, mais le pouvoir de la Musique et du Chant, même si nous ne percevons pas précisément toutes leurs ramifications avec l’architecture intellectuelle de l’œuvre, reste actif. On prête à Jean Cocteau cette phrase : « Les privilèges de la beauté sont immenses : elle agit même sur ceux qui ne la voient pas ». Il en est de même pour la musique : il n’est pas nécessaire de la « comprendre » pour que son charme agisse sur nous.</p>
<p><strong> </strong></p>
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		<item>
		<title>MONTEVERDI, La favola d&#8217;Orfeo &#8211; Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-la-favola-dorfeo-marseille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Mar 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En rédigeant le livret de La favola d’Orfeo, Alessandro Striggio junior obéissait à la demande du prince Vincenzo Gonzaga, héritier du duché de Mantoue et protecteur de l’Académie degli Invaghiti – littéralement : des amoureux. Cette société savante s’était donné pour tâche de retrouver le secret du théâtre antique selon les préceptes d’Aristote, en unissant &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En rédigeant le livret de <em>La favola d’Orfeo, </em>Alessandro Striggio junior obéissait à la demande du prince Vincenzo Gonzaga, héritier du duché de Mantoue et protecteur de l’Académie <em>degli Invaghiti</em> – littéralement : des amoureux. Cette société savante s’était donné pour tâche de retrouver le secret du théâtre antique selon les préceptes d’Aristote, en unissant la musique, le chant et la danse à la représentation d’une action théâtrale afin de donner l’efficacité maximale au message édifiant destiné à l’auditoire. A Florence, fief des Médicis, une œuvre de ce genre avait été créée en 1600, avec pour thème la légende d’Orphée, sous le titre <em>Euridice</em>, à l’occasion des noces par procuration du roi de France Henri IV. En imposant le même thème pour son propre mariage l’héritier des Gonzague servait les buts de son Académie et relevait le défi du prestige.</p>
<p>Orfeo est l’ incarnation depuis l’Antiquité des pouvoirs de la musique. Pourtant son histoire est celle d’un échec : il obtient du maître des Enfers l’impensable, qu’Euridice revienne à la vie, mais il la précipite à nouveau dans la mort en cédant à la crainte ou la luxure. L’homme sage ne doute pas des dieux. Ce que Monteverdi a mis en musique, c’est  une fable, autrement dit un récit qui contient une leçon morale. L’homme vertueux est celui qui sait maîtriser ses passions.</p>
<p>La défaite d’Orfeo, dans le livret originel, s’achevait après son retour sur terre avec sa lacération par les Bacchantes, rendues furieuses par ses imprécations injurieuses contre les femmes. La mort sanglante n’était pas montrée mais suggérée par une danse endiablée. Comme le mariage princier fut retardé d’un an, l’œuvre fut modifiée pour un dénouement compatible avec les festivités joyeuses. Apollon descend du Ciel pour rappeler à son fils Orfeo que rien ici-bas ne dure et l’inviter à le suivre au séjour divin, et tous deux s’envolent, cette ascension d’Orfeo achevant d’en faire une figure christique.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Orfeo-ed-Apollo-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1740998264777" /></p>
<p>Cette ascension clou du spectacle, nous ne l’avons pas vue, dans une mise en espace dont le principal mérite est d’avoir su occuper l’espace scénique en disposant de façon harmonieuse et presque toujours pertinente les divers personnages et en particulier les éléments du chœur. Sans doute la présence d’Orfeo et d’Euridice en scène alors qu’ils sont évoqués par des tiers est-elle discutable, sans doute l’application avec laquelle il plie sa veste reste-t-elle mystérieuse, et l’apparition d’Euridice au dernier acte après que les Enfers l’ont gardée définitivement a de quoi déconcerter, mais l’idée de montrer Euridice entraînée hors de la scène pour la cueillette de fleurs fatale, l’habileté à faire se mouvoir les groupes avec fluidité, la gestion harmonieuse des allées et venues des bergers et des esprits infernaux sont autant de qualités appréciables du travail de <strong>Jimmy Boury</strong>.</p>
<p>Les instrumentistes occupent le proscenium, sur la fosse couverte. Ils sont divisés en deux groupes, conformément à ce que l’on sait du dispositif adopté à Mantoue ; un clavecin et un orgue dans chacun. Les cordes à jardin, luth, harpe, violons, chitarrone, les vents à cour, trombones, cornets, mais aussi un luth et le chitarrone qui s’est déplacé. Devant certains, plusieurs instruments à vent. Petit regret, la spatialisation aurait peut-être pu exploiter davantage la profondeur de la scène, qui sera utilisée pour l’apparition d’Euridice. Une projection vidéo représentera, on le suppose, les flots agités de l’Achéron.</p>
<p>Le rythme de tambour qui précède la toccata initiale est-il authentique ? En tout cas, même si divers enregistrements ont pu donner l’idée qu’elle doit être tonitruante, <strong>Jean-Marc Aymes</strong> a justifié son choix d’effectif comme celui nécessaire, mais suffisant, pour une interprétation musicalement informée. On est d’autant plus enclin à le croire que l’impression de la partition en 1609 participe de ce défi à distance que les Gonzague entretiennent avec les Médicis. La réunion d’un très grand nombre de musiciens revient à exhiber sa puissance financière sans correspondre forcément aux nécessités strictement musicales. Dans les conditions de cette exécution marseillaise le son n’est jamais grêle et l’éclat qu’il revêt nous semble suffisant. La pulsation rythmique est précise mais souple, sans excès de nervosité, l’harmonie étant le maître mot d’un déploiement coloré où les dissonances s’intègrent sans outrance.</p>
<p>C’est un hommage collectif que nous adressons aux interprètes, aux musiciens évidemment, dont la réponse infatigable aux relances rythmiques des ritournelles, la longueur de souffle et la rondeur du son pour les cuivres et les bois, et la précision de dentellière des cordes, et la basse continue d’une efficacité sans défaut, présente sans être envahissante, juste expressive sans impudeur. Un hommage collectif aussi aux chanteurs, aux artistes des chœurs qui se sont pliés avec une curiosité gourmande, nous a-t-il semblé, à cette musique étrangère à leur répertoire, et à tous les solistes qui ont incarné les bergers et les esprits infernaux, <strong>Davy Cornillot</strong>, <strong>Olivier Coiffet</strong>, <strong>Samuel Namotte</strong> et <strong>Estelle Defalque</strong>, a l’articulation et la projection excellentes.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Orfeo-et-la-messaggiera-e1740997803624-1000x600.jpg" /></p>
<p>C’est l’expressivité qui caractérise pour nous la Ninfa de <strong>Gabrielle Varbetian</strong> et la Speranza de <strong>Logan</strong> <strong>Lopez Gonzalez</strong>, dont l’avertissement terrible donne le frisson. <strong>Lise Viricel</strong> est une bien mélodieuse Musica mais sa voix peut-être trop peu chauffée sonne assez petite. <strong>Imanol Iraola</strong>, quant à lui, est vocalement très digne en Apollon mais manque un peu de prestance pour le personnage qu’il incarne. C’est aussi le cas de l’interprète de Caronte, <strong>Jean-Manuel Candenot</strong>, dont la voix grave est bien posée mais qu’on aurait aimé plus rogue dans son premier air. La sensualité est bien dans la souple voix de <strong>Julie Vercauteren</strong>, pour cette Proserpina résolument antimoderne qui se félicite d’avoir été enlevée par Plutone. Il est vrai que la profondeur de la voix d’<strong>Alexandre</strong> <strong>Baldo</strong> a un impact très séduisant. Expressive, l’ Euridice de <strong>Louise Thomas</strong> l’est avec grâce mais sans excès maniériste. La Messaggiera porteuse de la nouvelle funeste aurait dû être interprétée par Marie-Christine Kiehr, cofondatrice de Concerto Soave. Empêchée pour raison de santé elle est remplacée par <strong>Maria Chiara Gallo</strong>, dont l’émouvante composition confirme sa pleine maîtrise dramatique du rôle.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Orfeo-e-Euridice-e1740997833585-1000x600.jpg" /></p>
<p>Dans le rôle d’Orfeo, le baryton <strong>Romain Bockler</strong>, dont la prestance physique fait déjà un personnage. Vocalement le diapason choisi – à 440 Hz &#8211; ne lui pose aucun problème. Sa voix pleine se projette bien et ne néglige aucune nuance du texte, qu’il cisèle littéralement. Sa curiosité d’interprète se révèle dans les ornements multiples dont il ponctue son chant, ornements conformes à la pratique de l’époque de la création. Cela lui permet d’interpréter l’air-pivot de l’œuvre, « Possente spirto » dans la version virtuose établie ou recueillie par Monteverdi pour ou d’après le premier interprète, un virtuose appelé Rasi. Tremblements, ports de voix, staccato, diminutions, volutes, vocalises, la démonstration est ébouriffante et on est prêt à le créditer d’avoir, en sa qualité de codirecteur du Concerto Soave, conseillé les autre interprètes à propos des ornements possibles pour eux. Tout au plus pourrait-on souhaiter qu’au premier acte Orfeo soit plus souriant : quand il évoque ses malheurs passés, il sait qu’ils sont passés et il est enfin heureux !</p>
<p>Le silence avait été profond durant le déroulé de l’œuvre, donnée sans entracte. Les accords finaux ont libéré alors une marée d’applaudissements et d’acclamations dans une succession de vagues sonores qui rendaient heureux pour ceux qui les recevaient. <strong>Jean-Marc Aymes</strong> rayonnait, sa harpiste trop modeste refusait de se mettre en avant. Un superbe travail d’équipe qui a porté <em>La favola d’Orfeo </em>à triompher pour la première fois à l’Opéra de Marseille !</p>
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		<title>MONTEVERDI, Vespro della Madonna 1643 &#8211; Vincent Dumestre &#038; Le Poème Harmonique</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/monteverdi-vespro-della-madonna-1643-vincent-dumestre-le-poeme-harmonique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Dec 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce sont en somme des Vêpres à la Vierge imaginaires, que proposent ici Vincent Dumestre et Le Poème Harmonique, celles que Monteverdi aurait (peut-être) conçues en 1643, à titre de testamento, juste avant d’aller reposer sous la dalle de marbre des Frari.Soucieux de faire quelque chose de différent de son Vespro a la Beata Vergine &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce sont en somme des Vêpres à la Vierge imaginaires, que proposent ici <strong>Vincent Dumestre</strong> et <strong>Le</strong> <strong>Poème Harmonique</strong>, celles que Monteverdi aurait (peut-être) conçues en 1643, à titre de <em>testamento</em>, juste avant d’aller reposer sous la dalle de marbre des Frari.<br>Soucieux de faire quelque chose de différent de son <em>Vespro a la Beata Vergine</em> de 1610, il aurait feuilleté sa <em>Selva Morale e Spirituale</em> (conçue comme une inépuisable réserve de musique et parue à Venise en 1641) et aurait repris des partitions qu’il conservait encore manuscrites (et qui ne seraient publiées qu’après sa mort en 1650 sous le titre <em>Missa a quattro voci e Salmi</em>).</p>
<p>Le vieux maître était loin d’avoir gardé tout ce qu’il avait composé. Mais du moins il y avait là tout le nécessaire : les cinq psaumes obligatoires, les motets pour les encadrer, et un <em>Magnificat</em>. Ne manquait en somme qu’une hymne, mais Vincent Dumestre y pourvoirait…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="819" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Poeme-Harmonique©Lukasz-Zyska-6-1024x819.jpg" alt="" class="wp-image-177749"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Vincent Dumestre et Le Poème Harmonique © Lukasz Zyska</sub></figcaption></figure>


<p>C’est que Monteverdi avait dirigé tant et tant de Vêpres mariales, d’abord à Mantoue comme maître de chapelle des Gonzague (de 1601 à 1613), puis tout au long des quelque trente années qu’il avait passées à Venise… Peut-être trois cents ou quatre cents fois (suppose Vincent Dumestre). Et chacune avait été un évènement musical. Il y avait dans l’année huit fêtes dédiées à la mère du Christ, la Conception, la Purification, l’Annonciation, la Visitation, la fête de Notre-Dame des Neiges, l’Assomption, la Nativité et la Présentation. Autant d&rsquo;occasions de célébrer un culte très populaire à Venise.</p>
<p>L’album élaboré par Vincent Dumestre est splendide d’un bout à l’autre. Les six solistes, le chœur et l’orchestre y servent un projet passionnant, un programme constamment varié, en quoi il est à l’unisson de l’esprit d’invention monteverdien.</p>
<p>Tout commence par le déploiement éclatant d’un <em>Deus in adjutorium</em> (lui aussi absent en 1643 et donc confectionné tel un <em>pasticcio</em> en posant le texte du répons sur un passage en <em>stile concitato</em> (agité) venu des <em>Altri canti d’amor</em>). Dans une brillance spectaculaire qui rappelle les fanfares d’<em>Orfeo</em>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/P3100433-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-178162"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Santa Maria Gloriosa dei Frari © Ch. S.</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>La rutilance et la prière</strong></h4>
<p>Mais c’est surtout le <em>Dixit Dominus secondo</em> qui annonce la couleur : un foisonnement, une vigueur qui n’empêchent pas la ferveur. Netteté des plans sonores, précision très articulée des solistes puis subtilité de leurs entrelacs vocaux, presque madrigalesques, faste des cuivres, assises solides des basses, opulence du double chœur en arrière plan, il y a là à la fois la somptuosité et la jubilation. L’ampleur du <em>Te cum principio</em>, la netteté de ses accents, sa verve rayonnante, amènent au virtuose <em>De torrente</em>, tout en vocalises et coquetteries vocales. Grand théâtre musico-religieux, à la fois luxueux et exaltant, conçu sans doute, pour l’acoustique de San Marco. Interprétation toute de nerfs et de sève.</p>
<p><em>Laudate pueri primo</em>, le deuxième psaume, essaie d’autres formules : d’abord un duo des deux ténors (<strong>Paco Garcia</strong> et <strong>Cyril Auvity</strong>) sur un tapis de théorbes, puis celui des deux sopranos (<strong>Perrine Devillers</strong> et <strong>Éva Zaïcik</strong>) sur fond de cornets, enfin un long solo de la basse (<strong>Romain Bockler</strong> ou <strong>Viktor Shapovalov</strong>) avec arrière-plan de trombones. Comme pour rivaliser avec les mosaïques de la basilique, Monteverdi continue à jouer des couleurs dans le <em>Suscitans</em> et fait vocaliser les deux ténors comme à l’opéra dans le <em>Gloria</em>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Vincent-Dumestre©Pascal_Le_Mee-web.jpg" alt="" class="wp-image-177748"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Vincent Dumestre © Pascal Le Mee</sub></figcaption></figure>


<p>D’autant plus saisissant, le contraste avec le magnifique <em>Stabat virgo Maria</em> aux accents de prière qui suivra : après un appel de cornet introductif et un consort de vents, c’est d’abord un chœur a cappella à cinq voix qui monte dans un dénuement désolé, de plus en plus pathétique à mesure que les cuivres se joignent à lui. Les frottements harmoniques expriment la douleur de la Vierge et la matière sonore se dénude dans une ascension sublime des voix féminines. Comme dans les pièces précédentes, on admire la perfection de la réalisation par le Poème Harmonique, tous se mettant au service de l’émotion.</p>
<h4><strong>Extraversion et baroquisme</strong></h4>
<p>Virevoltante, la passacaille du <em>Laetatus sum primo</em>, sur une basse immuable, laissera les solistes rivaliser de vocalises sensuelles, jusqu’à un <em>Gloria</em> triomphal en <em>la</em> majeur et un<em> Amen</em> pétillant ! <br>Le<em> Salve Regina secondo</em> qui suivra semblera poursuivre dans la même veine extravertie, mais bifurquera très vite vers une prière poignante. Les deux voix de soprano (Perrine Devillers et Éva Zaïcik, merveilleuses de limpidité) y entrelaçant leurs arabesques suppliantes jusqu’à une étonnante gamme ascendante sur « ostende ». Non moins déchirante, la pyramide de vocalises de l’imploration finale sur « o dulcis Virgo Maria ». Les inventions intrépides de Monteverdi laissent une fois de plus stupéfait…</p>
<p>Autres exemples de ces trouvailles, la manière dont dans le <em>Nisi Dominus secondo</em>, il interrompt les notes répétées (croches ou doubles croches) des « surgite » d’une partie du chœur par les glaçants et statiques « doloris » des autres voix. Ou encore les « Sicut sagittae » qui s’élèvent comme des flammèches, avant le recueillement soudain du <em>Beatus vir</em>, suivi d’un dernier <em>Gloria</em> et d’un <em>Sicut erat</em> jubilant. L’impression d’un maximum d’idées dans un minimum de temps et d’effets de surprise à foison, jusqu’à un final triomphant.</p>
<p>On se prend à chercher dans la peinture un équivalent à cette effervescence et à cette palette de couleurs… Si l’on pense à Venise, Tintoret ou Véronèse viennent sans doute à l’esprit, mais peut-être surtout Rubens (1577-1640) qui y passa bien sûr et qui se trouve être l’exact contemporain de Monteverdi (1567-1643)…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="480" height="384" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Rubens-le-Couronnement-de-la-Vierge-Louvre.jpg" alt="" class="wp-image-178153"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Rubens : Couronnement de la Vierge (Louvre)</sub></figcaption></figure>


<h4><strong><em>A voce sola</em></strong></h4>
<p>Perrine Devillers fait des merveilles dans le motet <em>Ego flos campi</em>, en réalité une mélodie pour voix seule et basse continue dont le texte extrait du <em>Cantique des cantiques</em> multiple les images érotiques. Elle ajoute de brillants ornements de son cru aux vocalises notées par Monteverdi, notamment sur le suggestif dernier vers : « Et fructus ejus dulcis gutturi meo – et son fruit est doux à mon palais… ». <br>L’autre air <em>a voce sola</em>, le célèbre <em>Pianto della Madonna</em> est on le sait symptomatique des liens étroits pour le compositeur crémonais entre musique sacrée et musique profane. Il avait fait de cette mélodie le <em>Lamento d’Arianna</em> en 1608, il la reprend en 1640 pour exprimer la plainte de la Vierge au pied de la croix. <br>C’est l’autre voix féminine, le mezzo Éva Zaïcik, qui en déroule les longues phrases sinueuses, douloureuses ou révoltées, sur le seul continuo. Éva Zaïcik y est la fois très pure vocalement et expressive avec beaucoup de justesse et de retenue. Le <em>stile concitato</em> des derniers vers souligne encore la théâtralité de ce monologue.</p>
<h4><strong>Une beauté sonore grisante</strong></h4>
<p>Après toutes ces expérimentations dans le <em>stile moderno</em> et ces deux mélodies <em>a voce sola</em> très opératiques, le psaume <em>Lauda</em> <em>Jerusalem</em> semblera revenir aux polyphonistes franco-flamands qui avaient régné naguère sur San Marco. Monteverdi (et Dumestre avec lui) semble vouloir montrer dans cette pièce qui fait partie du recueil posthume de 1650 qu’il n’a pas oublié le <em>stile osservato</em>. Mais là encore il prouve que, quel que soit le style d’écriture, ce qui l’intéresse avant tout c’est le mouvement, l’expression, la dramaturgie, ou pour le dire d’un mot : la vie. Et Dumestre avec lui… qui donne à cette pièce savante une impulsion joyeuse. Cela avance, accélère, monte en intensité et reste toujours très lisible. On suit toutes les lignes, l’étagement des plans sonores, le contrepoint savant mais jamais sec. Et c’est d’une beauté sonore grisante (notamment le <em>Gloria</em> final).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Vincent-Dumestre-03-©-Francois-Berthier-Chateau-de-Versailles-1800x1200-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-177747"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Vincent Dumestre à Versaillles © François Berthier</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Une création collective <br /></strong></h4>
<p>Autre moment très beau : l’hymne <em>Ave Maris Stella</em>, qui en l’occurrence n’est <em>pas</em> de Monteverdi… La seule hymne à la Vierge qu’il a composée étant celle à huit voix du <em>Vespro</em> de 1610. <br />Vincent Dumestre explique ainsi sa démarche d&rsquo;y suppléer par une création collective : « Nous avons choisi de faire entendre [cette hymne] dans une simple alternance des versets, le plain chant succédant à un contrepoint improvisé aux voix solistes ou aux instruments sur le <em>cantus firmus</em> chanté aux voix d’alto du chœur »<br />D&rsquo;où une pièce nouvelle qui elle aussi semble regarder en arrière, mais regarde surtout vers le haut… Dans une lente progression, on entend d&rsquo;abord l&rsquo;émouvante voix à découvert de <strong>Charlotte La Thorpe</strong>, puis celles du chœur <em>a cappella</em>, au dessus duquel viennent planer une ritournelle de violon, puis un cornet rêveur, jusqu&rsquo;à un <em>Amen</em> final éthéré où toutes les voix entretissent leurs lignes…<br />Le Poème Harmonique installe là avec ferveur un paysage mystique, immatériel, paisible comme un jardin de couvent médiéval, où le temps serait suspendu…</p>
<p>… Qui appelle une rupture. Ce sera l’éclatant <em>Magnificat primo</em>. Dans le plus somptueux style vénitien avec ses deux chœurs, ses trombones et ses solistes en fusion.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="708" height="410" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/monteverdi-venise-708x410-1.jpg" alt="" class="wp-image-177754"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>La tombe de Monteverdi aux Frari</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Quatorze minutes en fusion</strong></h4>
<p>Tout s’enchaîne dans la verve et l’énergie, et fugitivement le recueillement, comme si Monteverdi voulait récapituler toutes ses manières, dans ces quelque quatorze minutes sidérantes.</p>
<p>Après les premières vocalises du ténor (on pense au <em>Possente spirto</em> d’<em>Orfeo</em>), solaire dans le <em>Et exultavit</em>, ce seront les sopranos dialoguant dans le <em>Quia respexit</em> (intervention astringente des cuivres contrastant avec le velours des chœurs), puis l’ascension irrésistible des polyphonies à l’ancienne du <em>Et Misericordia</em>, le tumulte martial puis les dentelles des sopranos du <em>Fecit</em> <em>potentiam</em>, avant les viriles surenchères des barytons dans le <em>Deposuit</em>, et celles des deux ténors dans le <em>Esurientes</em>.</p>
<p>Saisissant aussi, le <em>Recordatus</em> (tissage des frottements harmoniques acidulés des voix solistes et de cuivres rutilants), menant à un <em>Gloria</em> flamboyant, en guise d&rsquo;apothéose souveraine en technicolor.</p>
<p>Le chatoiement du Poème Harmonique dans ces dernières mesures parachève un album à notre sens magnifique d’un bout à l’autre.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/monteverdi-vespro-della-madonna-1643-vincent-dumestre-le-poeme-harmonique/">MONTEVERDI, Vespro della Madonna 1643 &#8211; Vincent Dumestre &#038; Le Poème Harmonique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Horizons ibériques &#8211; Saint-Michel en Thiérache</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/horizons-iberiques-saint-michel-en-thierache/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Jun 2024 05:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jean-Michel Verneiges, directeur du Festival de St Michel en Thiérache, a eu l’idée tout à fait originale de consacrer la troisième série de concerts du dimanche 16 juin aux musiques hispaniques et luso-brésiliennes qui restent encore à découvrir. C’est l’ensemble L’Achéron&#160;dirigé par François Joubert-Caillet (guitares, violon, harpe, archiluth et percussion) qui lève le rideau avec &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Jean-Michel Verneiges, directeur du Festival de St Michel en Thiérache, a eu l’idée tout à fait originale de consacrer la troisième série de concerts du dimanche 16 juin aux musiques hispaniques et luso-brésiliennes qui restent encore à découvrir. C’est l’ensemble L’Achéron&nbsp;dirigé par <strong>François Joubert-Caillet</strong> (guitares, violon, harpe, archiluth et percussion) qui lève le rideau avec des <em>villancicos</em> de la Renaissance portugaise issus des <em>Cancioneiros </em>de Paris et d’Elvas (XVIe siècle), chants populaires à la fois profanes et religieux interprétés avec beaucoup de piquant par l’excellente soprano brésilienne <strong>Luanda Siqueira</strong>. Ces <em>villancicos </em>se mêlent durant le concert à des danses chantées afro-brésiliennes très anciennes comme le <em>lundu </em>et le<em> jongo</em>, mâtinés au XVIIIe siècle de fandango hispanique, genres fondateurs de la musique populaire du Brésil dont Luanda Siqueira exprime avec justesse la sensualité et l’humour. <span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">Suivent des </span><em style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">modinhas</em><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">, airs lyriques inspirés du bel canto italien, très en vogue au XIXe siècle au Portugal et au Brésil, dans lesquelles la voix de la soprano s’épanouit vraiment (à ce titre, certains chants populaires du programme, souvent trop graves, mériteraient d’être transposés). Après des fados portugais du début du XXe siècle et un détour par Macao et Goa, les musiciens, tous remarquables, s’en donnent à cœur joie dans les </span><em style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">Folías gallegas</em><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;"> et un </span><em style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">Cumbé</em><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;"> afro-brésilien composés au XVIIIe siècle par l’espagnol Santiago de Murcia (qui, semble-t-il, aurait aussi vécu au Mexique). Enfin, cerise sur le gâteau, le concert s’achève par un clin d’œil humoristique à la samba (descendante du lundu !) avec une version délicieusement baroque du célèbre </span><em style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">Você abusou</em><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;"> des Brésiliens Antônio Carlos et Jocafi (en 1971) que Michel Fugain avait rendu populaire en France («&nbsp;</span>Fais comme l’oiseau<span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">&nbsp;»). Ce qui frappe dans la plupart de ces œuvres c’est le profond sentiment de saudade qui s’en détache, ce mélange de nostalgie et d’espérance tellement luso-brésilien.</span></p>
<p>Puis, suivant un rite bien rodé, public et artistes déjeunent au réfectoire avant le second concert donné, ce dimanche, devant l’autel de l’abbatiale par le claveciniste <strong>Paolo Zanzu</strong>. Entre les œuvres, il nous décrit à merveille, en quelques mots, l’Espagne du XVIIIe siècle, celle de Domenico Scarlatti surtout dont il souligne finement, dans les sonates, les emprunts à la musique populaire, avant de nous faire découvrir un véritable chef-d’œuvre, une sonate inédite de David Pérez, d’origine espagnole, né à Naples en 1711 et connu surtout pour ses opéras. Le récital s’achève par une étourdissante interprétation du fameux fandango attribué au Padre Antonio Soler. Virtuosité sans faille de Paolo Zanzu qui se taille un franc succès.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/St-MIchel-3-Photo-Luminita-Lecaux-1294x600.jpg">© Luminita Lecaux</pre>
<p>Le public, se déplace alors dans la nef de l’abbatiale pour le dernier concert donné par le Poème Harmonique de <strong>Vincent Dumestre</strong> qui nous ramène à l’Espagne du XVIe siècle, celle de Miguel de Cervantes dont l’œuvre fourmille de musiques populaires à l’exemple de celles du programme. L’Espagne aussi de Juan del Encina, à la fois écrivain et compositeur, dont l’ensemble interprète les <em>villancico</em>s et autres polyphonies profanes dans lesquelles le quatuor vocal réuni par Vincent Dumestre (quelle belle homogénéité&nbsp;!) sait passer de l’exubérance du chant de carnaval à l’émotion contenue du bouleversant <em>Triste España</em>. A noter les belles versions des chaconnes (venues dit-on du Mexique). Vincent Dumestre a eu l’heureuse idée de faire de son concert une véritable représentation théâtrale (Juan del Encina était un éminent dramaturge) les chanteurs étant tous, de surcroît, des comédiens nés, notamment le contre-ténor vénézuélien <strong>Fernando Escalona Meléndez</strong>, à la voix superbe. Excellent narrateur, il esquisse même avec humour des pas de danse tout à fait bienvenus. Il entraîne dans son sillage les barytons <strong>Imanol Iraola</strong> et <strong>Romain Bockler</strong> et le ténor <strong>Paco García</strong> dont les voix généreuses peuvent s’épanouir, à qui mieux mieux, dans un final plein d’humour imaginé par Vincent Dumestre et un de ses musiciens&nbsp;: un arrangement de la chanson de 1935 «&nbsp;Piensa en mí&nbsp;» du mexicain Agustín Lara que Luz Casal interprétait dans un film d’Almodóvar. La harpiste <strong>Sara Águeda Martín</strong> se joint même à eux avec la gouaille d’une chanteuse de <em>ranchera</em> mexicaine</p>
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		<title>MONTEVERDI, Monteverdi Testamento &#8211; Cracovie</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-monteverdi-testamento-cracovie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Mar 2024 06:49:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il est des lieux exceptionnels qui épanouissent d&#8217;une dimension supplémentaire les œuvres qui y sont interprétées. C&#8217;est le cas de la sublime basilique Sainte Marie qui, pour la première fois, accueille &#8211; gratuitement &#8211; un programme musical dédié à l&#8217;occasion des vingt ans du festival Misteria Paschalia de Cracovie. Vincent Dumestre rend d&#8217;ailleurs un hommage &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il est des lieux exceptionnels qui épanouissent d&rsquo;une dimension supplémentaire les œuvres qui y sont interprétées. C&rsquo;est le cas de la sublime basilique Sainte Marie qui, pour la première fois, accueille &#8211; gratuitement &#8211; un programme musical dédié à l&rsquo;occasion des vingt ans du festival Misteria Paschalia de Cracovie.</p>
<p><strong>Vincent Dumestre</strong> rend d&rsquo;ailleurs un hommage appuyé à Robert Piaskowski, directeur du centre National de la Culture et promoteur, à la fois de la restauration du retable et de l&rsquo;organisation du concert dans la basilique, en le conviant sur scène au moment des applaudissements pour une accolade chaleureuse qui dit bien leur joie d&rsquo;avoir pu mener à bien cet ambitieux projet.</p>
<p>Avec ce <em>Monteverdi Testamento</em>, Le chef d&rsquo;orchestre propose des Vêpres imaginaires, telles que le compositeur aurait pu les concevoir à la fin de sa vie, en écho à la partition célèbre de 1610. L&rsquo;idée est belle, l’exécution se révèle exceptionnelle.</p>
<p>Le chef français vient de prendre les rênes du festival &#8211; institution incontournable de la capitale culturelle polonaise -. Il y met en pratique un credo qui lui est cher : faire résonner patrimoines architecturaux et immatériels : La basilique Sainte Marie, au cœur de Cracovie, abrite le plus grand retable gothique d&rsquo;Europe, sublime polyptyque sculpté de la fin du XVe siècle, haut de treize mètres, consacré à la vie de la Vierge et du à l&rsquo;allemand Veit Voss.</p>
<p>Une mise en lumière progressive permet au spectateur d&rsquo;en découvrir les différents panneaux dans un écho narratif aux partitions interprétées au cours de la soirée. Le pari du chef d&rsquo;orchestre est pleinement gagné car les dimensions visuelles et auditives s&rsquo;enrichissent l&rsquo;une l&rsquo;autre, concourant à une densité émotionnelle assez extraordinaire.<br>Lorsqu&rsquo;une religieuse ouvre les panneaux du polyptyque révélant la scène centrale de la Dormition de la Vierge, l&rsquo;émotion est indicible. Croyant ou non, nous sommes là au delà d&rsquo;un moment de beauté pour toucher au Mystère.<br>Il faut dire que la soirée est portée par des interprètes en état de grâce et que le programme fait montre d&rsquo;une grande intelligence, rassemblant des pages majeures du Monteverdi de la maturité. Il joue sans cesse des contrastes comme lorsque le poignant<em> Stabat</em> <em>Virgo Maria</em> cède la place au quasi carnavalesque <em>Laetatus sum</em>.</p>
<p>Le plateau vocal affiche une remarquable homogénéité avec des timbres qui s&rsquo;harmonisent merveilleusement dès le <em>Dixit Dominus</em> où flux et reflux emportent immédiatement l&rsquo;adhésion et jusqu&rsquo;au somptueux<em> Magnificat</em> dans la plénitude d&rsquo;un son au grain aussi complexe que généreux.<br>L&rsquo;équilibre prévaut toujours avec ces voix assez droites mais bien projetées, enrichies d&rsquo;une accroche rythmique ; très articulée. Les « dialogues » du <em>Laudate Pueri</em> ou du <em>Laetatus sum</em> sont extrêmement vivants, quasi opératiques.<br><strong>Cyril Auvity</strong> nuance avec grâce de son ténor rond et chaud&nbsp;; <strong>Romain Bockler</strong> bénéficie d&rsquo;une émission naturelle et fluide&nbsp;; tous deux font merveille en duo avec une agilité impressionnante dans le <em>Magnificat</em>.<br>Les vocalises sont également impeccables pour <strong>Perrine Devillers</strong> toute de délicatesse dans le<strong> Ego flos campi</strong> bien que certaines finales aient tendance à baisser dangereusement.<br>La basse bien ancrée de <strong>Nicolas Brooymans</strong> chante sans effort apparent tandis que <strong>Paco Garcia</strong> semble parfois à la limite de sa tessiture mais fait montre lui aussi d&rsquo;une belle autorité.<br>Le timbre corsé d&rsquo;<strong>Anouk Defontenay</strong>, enfin, bénéficie d&rsquo;un traitement de faveur avec le somptueux <em>Pianto della Madonna</em>, écho sacré au <em>Lamento d&rsquo;Arianna</em>, qu&rsquo;elle interprète par cœur, évoluant librement sur scène pour mieux incarner le drame. Les changements d&rsquo;intention sont pertinents, la conduite de la phrase sans faille, l&rsquo;émotion bien présente.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MP_GrandsConcert_LaPoemeHarmonique_BIG-8-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-159162"/><figcaption class="wp-element-caption"> ©Misteria Paschalia Poème Harmonique</figcaption></figure>


<p>En écho au chef d&rsquo;oeuvre de Veit Voss, nous pourrions filer la métaphore et louer la sensualité dans la recherche de poli, d&#8217;embossage ; les alternances de mat et de brillant qui réjouissent l&rsquo;oreille et portent haut le message de foi du compositeur comme dans le magnifique <em>Nisi Dominus</em>.<br>
Les artisans de ce moment rare évoluent en parfaite osmose. Les chanteurs, donc, l&rsquo;Ensemble Instrumental du <strong>Poème Harmonique</strong> également, tout en ciselures et en volutes polychromes, jouant du relief grâce à la variété de l&rsquo;instrumentarium : les cuivres mis en valeur de manière récurrente dès le<em> Deus in</em> <em>adiutorium</em>, dans le <em>Pianto della Madonna</em> ainsi qu&rsquo;avec les cordes à la fin du<em> Lauda Jerusalem</em>.</p>
<p>Le <strong>chœur</strong> fait montre d&rsquo;une même maestria dans l&rsquo;expressivité, les nuances et l&rsquo;articulation. Les <em>Stabat Virgo Maria</em> et <em>Lauda Jerusalem</em> prennent des teintes quasi instrumentales où le fil du son oscille du plus fragile &#8211; presque détimbré &#8211; au plus puissant. Les basses y méritent un coup de chapeau tout particulier tant leur grain généreux apporte encore à la palette merveilleusement aquarellée de l&rsquo;ensemble.</p>
<p>Certes, le texte perd quelque peu en intelligibilité dans des moments de grand recueillement, peut-être du fait de l&rsquo;acoustique du lieu, mais cette fragilité acquiert finalement une tonalité poignante. En revanche, les moments les plus sonores, comme les différents « Amen » sont d&rsquo;une telle densité sonore, d&rsquo;un telle qualité vibratoire que l&rsquo;on en est chaque fois bouleversé. Quel formidable équilibre entre les pupitres, quel plaisir dans les dissonances, les jeux de réponses&#8230;</p>
<p>Le travail de respiration, de vide et de plein est servi avec une exigence sans faille par le chef dont la direction s&rsquo;avère ce soir particulièrement précise, carrée, presque cassante en apparence&nbsp;; ce pour mieux dompter l&rsquo;acoustique et obtenir ces silences nourris, ces attaques percussives et ces finales au cordeau, dorures indispensables pour parachever l’œuvre.</p>
<p>Dans un autre cadre, la magie sera, on l&rsquo;espère, également au rendez-vous pour la reprise de ce programme le 28 avril dans la Chapelle Royale de Versailles et courant novembre à la Philharmonie de Paris.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-monteverdi-testamento-cracovie/">MONTEVERDI, Monteverdi Testamento &#8211; Cracovie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>LULLY, Atys</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lully-atys/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jan 2024 08:25:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un euphémisme que de dire que les versions enregistrées d’Atys se comptent malheureusement sur les doigts d’une main&#160;: seuls William Christie en 1987 et Hugo Reyne en 2010 se sont attelés à la tâche. Ces deux enregistrements ont l’avantage d’être quasiment diamétralement opposés et constituent les deux pôles d’un spectre allant de l’interprétation la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est un euphémisme que de dire que les versions enregistrées d’<em>Atys</em> se comptent malheureusement sur les doigts d’une main&nbsp;: seuls William Christie en 1987 et Hugo Reyne en 2010 se sont attelés à la tâche. Ces deux enregistrements ont l’avantage d’être quasiment diamétralement opposés et constituent les deux pôles d’un spectre allant de l’interprétation la plus majestueuse à la plus sobre, voire frugale. Là où William Christie offrait une version grandiose et solennelle, Hugo Reyne mise sur le minimalisme et l’épuré.</p>
<p><strong>Christophe Rousset</strong>, qui était d’ailleurs l’assistant de William Christie en 1987 lors sa recréation à l’Opéra-Comique, réussit le tour de force de se situer certes dans le sillage du maître américain, avec une vision résolument dynamique et chatoyante, tout en proposant néanmoins un son très différent. Cela tient d’abord au choix de la partition retenue, le chef ayant privilégié un retour aux sources, soit le manuscrit de Valenciennes, le livret de la création et l’édition Ballard posthume. On trouvera donc des passages en supplément (à l’entrée et la sortie de l’acte IV) ou en moins (la dernière portée du divertissement du Sommeil). La présence bien plus régulière du clavecin contribue à la fois à démarquer Rousset de Christie (dont le Sommeil est dépourvu de clavecin) mais aussi à créer un effet d’opulence. Enfin, les trilles, ornements et maniérismes vocaux sont extrêmement fréquents et généralisés à l’ensemble du plateau vocal, au contraire de la version de Christie qui n’en comporte quasiment pas. Nous sommes certes loin de la vision de Lully qui prohibait la fantaisie (« ventrebleu, point de broderie »), mais d’une part, cette différence crée une signature singulière qui distingue immédiatement la version Rousset des deux autres. Et d’autre part, c’est tout à fait exquis à l’oreille et cela n’apparaît jamais kitsch ou tape-à-l’œil grâce à un subtil jeu de nuances.</p>
<p>En effet, il faut souligner l’incroyable travail de détails que Rousset imprime à la partition. Presque chaque portée est animée d’une intention et aucun tempo ne semble choisi au hasard. «&nbsp;Atys est trop heureux&nbsp;» est plus que jamais un véritable <em>lamento</em>, le quiproquo entre les protagonistes à l’acte IV est bouillonnant d’intensité avant de se conclure dans un « Je jure, je promets » qui n’a jamais été aussi murmuré. Et que dire de la révélation de l’amour entre Atys et Sangaride de l’acte I, d’une lenteur et d’une densité proprement sidérantes ? Chaque hésitation est retranscrite et l’émotion n’éclate jamais comme un débordement mais semble toujours retenue, conformément à l’esthétique classique qui promeut le minimum de moyens pour le maximum d’effet. Le divertissement du sommeil est joué sur un tempo plus rapide qu’à l’accoutumé (proche de la version d’Alarcón en version scénique de 2022), mais cela permet d’en faire moins un endormissement lénifiant qu’un cauchemar éprouvant. Rousset y maintient ses chanteurs dans un registre <em>piano</em>, créant un superbe effet de contraste entre rythme et volume.</p>
<p>Nous pourrions multiplier les exemples, mais en un mot, le travail accompli est tout simplement phénoménal. C’est bien sûr possible grâce aux excellents <strong>Talens Lyriques</strong>, dont la précision, l’énergie, la souplesse et la gravité sont toujours aussi redoutables. Le <strong>Chœur de chambre de Namur</strong> est incisif et remporte le défi haut la main, tant dans les moments de magnificence que de tragique.</p>
<p>Le plateau de vocal est pour l’essentiel de haute volée. <strong>Reinoud Van Mechelen</strong> livre un Atys complet, alliant la force du jeune premier à l’épaisseur du héros tragique, artisan final de sa chute. La texture de la voix est moelleuse comme un nuage et restitue une ample palette d’émotions. Il sait montrer les muscles lorsque c’est nécessaire et à l’inverse, prononce certaines portées du bout des lèvres, comme pour le «&nbsp;Vous m’aimez et je meurs&nbsp;» final. De son côté, <strong>Marie Lys</strong> est rayonnante d’élégance et de finesse. Sa Sangaride est tout ce qu’il faut d’énergique et de désespérée lorsque le livret l’impose. La clarté de l’émission et une diction irréprochable parachève ce succès. L’alchimie vocale entre van Mechelen et Lys est évidente, notamment lors du duo « Je jure, je promets » particulièrement poignant !</p>
<p><strong>Ambroisine Bré</strong> est une sublime Cybèle. Loin d’être monolithique, elle retranscrit à merveille les différentes facettes de cette personnalité divine et hors norme. La voix, servie par une solide maîtrise du souffle et de la puissance, déchirante dans « Espoir si cher et si doux », sait aussi prendre la texture sombre de cette adversaire machiavélique. En exprimant avec tant d’engagement les remords de la déesse dans le dernier acte (« Atys n’est plus coupable… »), la mezzo-soprano érige cette antagoniste redoutable en une héroïne tragique. <strong>Philippe Estèphe</strong> déploie un baryton profond agrémenté d’un vibrato bien mesuré. Son Célénus en ressort à la fois tout aussi royal que naïf, à la fois vigoureux et vulnérable.</p>
<p><strong>Gwendoline Blondeel</strong> et<strong> Apolline Raï-Westphal </strong>incarnent d’excellentes Doris et Mélisse (ainsi que Iris et Melpomène)&nbsp;: les voix sont aussi souples que cristallines. Les duos sont systématiquement réussis et leur présence illumine ce casting&nbsp;! L’Idas de <strong>Romain Bockler</strong> fonctionne très bien. Le baryton sait retranscrire l’intensité des moments intrigants («&nbsp;Atys&nbsp;! Ne craignez plus&nbsp;») et propose une performance impeccable dans chacun de ses duos («&nbsp;Quoi&nbsp;! Vous pleurez&nbsp;?&nbsp;»).</p>
<p><strong>Kieran White</strong>, <strong>Nick Pritchard</strong> et <strong>Antonin Rondepierre </strong>et<strong> Olivier Cesarini</strong> sont majestueux durant un divertissement du Sommeil de haute voltige. La délicatesse remarquable du chant et les <em>piani</em> disséminés ici et là créent cette atmosphère de torpeur. On peut seulement regretter le choix d’un baryton pour Phobétor et non d’une basse, car les graves d’Olivier Cesarini ne sont pas toujours audibles malheureusement. Mais la qualité de ce défaut est de créer un effet de chuchotement particulièrement logique pour une scène de sommeil… Le Songe Funeste de <strong>Vlad Crosman</strong> complète efficacement cette belle distribution&nbsp;!</p>
<p>Il nous reste à remercier Christophe Rousset pour cet ajout signifiant à la discographie lullienne. Son apport est indéniable et les passionnés d’<em>Atys </em>ont maintenant à leur disposition et pour leur plus grand plaisir, trois versions différentes de cette œuvre fascinante.</p>
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		<title>LULLY, Atys &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lully-atys-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jan 2024 07:12:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Christophe Rousset poursuit le cycle Lully entamé il y a maintenant plusieurs années et s’est donc logiquement attelé à Atys, certainement non sans fébrilité puisqu’il était l’assistant de William Christie en 1987 lors de sa recréation à l’Opéra-Comique. Le chef s’est depuis lors laissé le temps de peaufiner sa vision de l’œuvre, qu’il livre à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Christophe Rousset</strong> poursuit le cycle Lully entamé il y a maintenant plusieurs années et s’est donc logiquement attelé à <em>Atys</em>, certainement non sans fébrilité puisqu’il était l’assistant de William Christie en 1987 lors de sa recréation à l’Opéra-Comique. Le chef s’est depuis lors laissé le temps de peaufiner sa vision de l’œuvre, qu’il livre à la fois ce soir en version concert et sous la forme d’un enregistrement CD, avec peu ou prou la même distribution, aux exceptions très notables des rôles de Sangaride et de Cybèle.</p>
<p>Disons le d&#8217;emblée, la soirée est réussie s&rsquo;agissant de la direction musicale de Christophe Rousset mais décevante au niveau du plateau vocal. Le chef développe une version différente de ce qu’on a pu entendre ailleurs, notamment chez Christie : le clavecin est bien plus omniprésent, certains passages sont ajoutés, par exemple en début et fin d’acte IV ou retranchés (la fin du divertissement du Sommeil). Cela ne change pas radicalement l’œuvre, mais Christophe Rousset apporte en tout état de cause sa propre patte grâce à un fin travail des contrastes, très appréciés (même si ce point est encore plus abouti dans l&rsquo;enregistrement CD !). On relèvera ainsi le ralentissement du rythme dans la dernière partie du divertissement du Sommeil (« souviens-toi que la beauté, quand elle est immortelle »), des effets de sourdine dans les répétitions de portées ou encore des ornements, au plan vocal, récurrents mais toujours élégants. </p>
<p>Les <strong>Talens Lyriques</strong> sont fidèles à leur tradition d’excellence baroque et la qualité du son est comme à l’accoutumée exceptionnelle, l’œuvre étant jouée sur instruments d’époque. Le <strong>Chœur de chambre de Namur</strong> est en très grande forme et brille tant dans les séquences grandioses que dans le registre pathétique de l’acte final.</p>
<p>Le plateau vocal est assez inégal et constitue une certaine déception. <strong>Reinoud Van Mechelen</strong> séduit toujours nécessairement par la beauté de la voix, d’une superbe douceur de coton qui enveloppe le spectateur d’un volume crémeux. Son interprétation est toutefois insuffisamment nuancée, le haute-contre n’oscillant qu’entre l’excitation et la colère, sans palette d’émotion entre les deux. La mort du héros ne lui laisse pas d’autre choix que le <em>piano</em> mais c’est alors un peu tard… Etonnante posture, qui là aussi contraste fortement avec celle que Reinoud déploie au sein de l’enregistrement de l’opus. De son côté, <strong>Céline Scheen</strong> a d’indéniables atouts, au premier desquels figurent, justement, d’émouvants <em>pianissimi</em>. Mais c’est la diction qui pèche, certains mots étant véritablement inintelligibles. C’est en soi problématique mais cela l’est encore plus pour l’opéra baroque français, où le parler est essentiel.</p>
<p><strong>Judith Van Wanroij</strong> campe une Cybèle qui ne se hisse jamais au rang de véritable antagoniste. Curieusement assez détachée, sa Cybèle franchit les étapes de son évolution sans vraiment développer l’ethos d’une grande tragédienne. La voix est volumineuse et Judith Van Wanroij parvient toutefois à émouvoir dans son « Espoir si cher et si doux », mais le spectateur restera un peu sur sa faim. <strong>Philippe Estèphe</strong> n’est pas des plus convaincants en Célénus, d’abord peut-être en raison de son âge qui ne le destine pas immédiatement au rôle du roi. Le timbre ressort assez souvent nasalisé et son approche théâtrale fait du roi un personnage éteint et défaitiste dès le commencement, ce qui est contestable au vu du livret.</p>
<p>Les seconds-rôles sont également inégaux. <strong>Gwendoline Blondeel</strong> et <strong>Apolline Raï-Westphal</strong> réalisent toutes deux un sans-faute et plus encore&nbsp;: elles sont rayonnantes, l’émission est pure et le phrasé parfait. Investies, animées par le bon dosage d’émotion, elles sont évidemment promises à un brillant avenir baroque. Il faudra confier Sangaride à Gwendoline Blondeel dans un avenir proche&nbsp;! <strong>Romain Bockler</strong> ne semble pas des plus à l’aise en Idas. Son vibrato raisonne de manière parfois saccadée, même si cela se ressent moins dans les parties en duo.</p>
<p>Le divertissement du Sommeil est une réussite de par l’excellente performance de <strong>Kieran White</strong>, <strong>Nick Pritchard</strong> et <strong>Antonin Rondepierre. L</strong>a douceur de leurs aigus permet à l’enchantement d’opérer et la solennité, la retenue ainsi que la sobriété du jeu en font un vrai moment de grâce. Le baryton <strong>Olivier Cesarini</strong> laisse en revanche le spectateur plus sceptique. La partition est à l’évidence trop grave pour lui et ce n’est pas surprenant puisque le rôle de Phobétor fonctionne mieux lorsqu’il est chanté par une basse. Le Songe Funeste de <strong>Vlad Crosman</strong> n’a qu’une ou deux portées et s’en sort sans difficulté.</p>
<p>L&rsquo;année 2024 est une fastueuse pour les passionnés d’<em>Atys&nbsp;</em>puisque ce n’est pas une mais deux productions qui sont proposées au public. Après Christophe Rousset à Versailles, c’est Alexis Kossenko et ses Ambassadeurs qui prennent le relais à partir du mois de mars, à Avignon, Tourcoing et Paris (Théâtre des Champs-Elysées). Qui gagnera donc la guerre des Atys&nbsp;?</p>
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		<title>Anti-Melancholicus</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/anti-melancholicus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Apr 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après un premier disque remarqué présentant trois cantates de Weimar (La Cité Céleste, Paraty, 2017), l’ensemble Alia Mens, dirigé par Olivier Spilmont, consacre un CD à trois autres cantates de Jean-Sébastien Bach. Le choix des œuvres répond au désir de proposer un parcours lumineux, à l’image du titre choisi, Anti-Melancholicus, remède à la mélancolie mais &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après un premier disque remarqué présentant trois cantates de Weimar (<em>La Cité Céleste</em>, Paraty, 2017), l’ensemble <strong>Alia Mens</strong>, dirigé par <strong>Olivier Spilmont</strong>, consacre un CD à trois autres cantates de Jean-Sébastien Bach. Le choix des œuvres répond au désir de proposer un parcours lumineux, à l’image du titre choisi, <em>Anti-Melancholicus</em>, remède à la mélancolie mais aussi arrachement à la tentation du désespoir – puisque la mélancolie, proche de l’acédie pour les théologiens du Moyen Âge, était pour Luther une maladie du diable et un redoutable péché.</p>
<p>En affirmant le pouvoir de la musique, ce nouveau disque d’Alia Mens est une réussite&nbsp;: la puissance du chant et de la musique est magnifiée par la sobriété et la précision de l’exécution. Loin des dérèglements et des excès de la mélancolie, l’équilibre constant des instruments et des voix communique une forme d’apaisement joyeux qui mêle l’allégresse à la sérénité. Pourtant, la teneur des textes ne cache rien des difficultés de l’existence ni de la détresse humaine. Le programme, conçu «&nbsp;comme un itinéraire, comme le dessin d’un cheminement symbolique&nbsp;» par Olivier Spilmont, s’ouvre sur ce qui est sans doute la première cantate de Bach (probablement composée en 1707), <em>Aus der Tiefen rufe ich, Herr, zu dir</em> (<em>Des profondeurs, je crie vers toi, Seigneur</em>, BWV 131)&nbsp;: le tempo initial très lent, particulièrement retenu, invite au recueillement qui précède l’entrain avec lequel le chant se déploie.</p>
<p>Les quatre solistes – la soprano <strong>Élodie Fonnard</strong>, le contre-ténor <strong>William Shelton</strong>, le ténor <strong>Thomas Hobbs</strong> et le baryton <strong>Romain Bockler</strong>, jeunes interprètes talentueux – partagent avec les instrumentistes le sens de l’expressivité contenue, et cette faculté de rendre perceptible, au-delà du verbe et de la musique, la puissance spirituelle d’une œuvre admirablement servie par la sobriété de son interprétation.</p>
<p>Précision des attaques, clarté de l’élocution, intelligence du verbe, superposition des mélodies vocales et instrumentales, tout concourt ici à une forme de perfection qui va bien au-delà de la simple séduction de l’oreille et qui invite à la méditation spirituelle. Ces qualités sont présentes dans l’ensemble du parcours, grâce à une maîtrise remarquable des volumes sonores permettant tantôt de faire entendre une fusion des voix et des timbres des instruments, tantôt de souligner les effets de réponse et d’écho.</p>
<p>Si la dernière œuvre enregistrée est à peu près contemporaine de la première – il s’agit de la cantate funèbre <em>Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit</em> (<em>Le temps de Dieu est le meilleur des temps</em>, BWV 106), également appelée <em>Actus tragicus</em> – on peut entendre au centre de cet «&nbsp;itinéraire&nbsp;» une cantate de 1726, <em>Meine Seufzer, meine Tränen</em> (<em>Mes soupirs, mes larmes</em>, BWV 13), que Bach qualifiait de concerto d’église. L’expressivité marquée par les accents initiaux des mots (« <em>Seufzer&nbsp;</em>», «&nbsp;<em>Tränen&nbsp;</em>», «&nbsp;<em>ächzen&nbsp;</em>», «&nbsp;<em>weinen&nbsp;</em>»&#8230;) alterne avec le recueillement des notes tenues, comme autant d&rsquo;ouvertures vers l’infini qui modifient la perception ordinaire, tout comme le lyrisme consolateur du hautbois.</p>
<p>Dans la <em>Sonatina</em> de la dernière cantate (BWV 106), le rapport au temps se trouve lui aussi réinventé, par la sérénité initiale des flûtes, dont la douceur révèle une profondeur que souligne l’architecture sonore formée par les cordes, &nbsp;débouchant sur le silence avant l’animation progressive du chœur «&nbsp;<em>Gottes Zeit&nbsp;</em>».</p>
<p>Un livret soigné accompagne le CD (label Paraty), avec non seulement le texte intégral des cantates en allemand, français et anglais, mais aussi un commentaire musicologique de Gilles Cantagrel et un texte de présentation d’Olivier Spilmont.</p>
<p>On ne saurait trop recommander ce disque à tous les amoureux de Bach et à quiconque souhaite découvrir (ou redécouvrir) ses cantates.</p>
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		<title>DESMAREST, Circé — Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/circe-versailles-circe-apres-un-long-voyage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Jan 2022 08:15:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce n’est pas sans heurts que la résurrection de la Circé d’Henri Desmarest a pu se faire. D’abord prévue pour mars 2020, la représentation avait été annulée en raison du premier confinement. Reprogrammé la saison suivante avec une distribution toute différente, le concert avait dû une fois encore être reporté. Mais mardi dernier, malgré la situation sanitaire &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce n’est pas sans heurts que la résurrection de la <em>Circé</em> d’Henri Desmarest a pu se faire. D’abord prévue pour mars 2020, la représentation avait été annulée en raison du premier confinement. Reprogrammé la saison suivante avec une distribution toute différente, le concert avait dû une fois encore être reporté. Mais mardi dernier, malgré la situation sanitaire incertaine, <em>Circé</em> a enfin pu être donné devant un public, ce qui ne s’était pas produit depuis la fin du XVIIe siècle. Malheureusement, Véronique Gens, titulaire du rôle principal, était annoncée souffrante – Circé serait-elle maudite ? On ne peut, dans ce contexte, que louer l’abnégation et la bravoure des organisateurs et de tous les participants de cette production, d’avoir permis et assuré le maintien de cette recréation précieuse.</p>
<p>Le livret de Louise-Geneviève Gillot de Saintonge, également librettiste de <em>Didon</em> – première œuvre de Desmarest redécouverte il y a deux ans – s’inspire de l’<em>Odyssée</em> et a pour cadre le séjour d’Ulysse sur l’île de la reine et magicienne Circé. Elle aime éperdument Ulysse ; celui-ci lui rend son amour en apparence, mais ne le fait que par ruse, pour s’assurer de ne pas être ensorcelé. Il aime toujours Éolie, une nymphe qui débarque sur l’île au début de l’acte III. Une autre nymphe, Astérie, proche de Circé, est quant à elle éprise d’un membre de la suite d’Ulysse, Polite. Mais elle est convoitée par Elphénor, qu’elle repousse.</p>
<p>L’entrelacement de ces intrigues galantes donnent lieu à une succession de scènes de dépit et d’amour, de jalousie et de tendresse, dans un langage qui aligne les lieux communs de style et de situation. Seule la très belle apparition d’Éolie au milieu de l’acte IV, à la recherche d’Ulysse, torturé par les Euménides que Circé a invoquées, reconsidère un <em>topos</em> d’une manière originale. Perdue, ne retrouvant plus son chemin, elle s’exclame : « Hélas ! on s’égare aisément / Quand on n’a que l’Amour pour guide », redonnant ainsi un sens, par la situation concrète dans laquelle elle se trouve, à cette moralité ordinaire qui veut qu’être amoureux rende aveugle et altère le jugement.</p>
<p>Musicalement, l’œuvre est très proche du style lulliste, bien que l’orchestration paraisse plus riche par endroits. L’intervention des bassons à la fin du récitatif accompagné d’Elphénor « L’inhumaine me fuit » – qui n’a presque rien à envier sur le plan expressif à « Enfin il est en ma puissance » – est particulièrement marquante. De même, le trio masculin lors de la scène du sommeil d’Ulysse, très directement inspirée du sommeil d’Atys, est d’une invention mélodique et harmonique étonnante. On peut aussi évoquer l’air d’entrée d’Éolie, au début de l’acte III, d’une grande fraîcheur de ton, et la scène finale de Circé, adroitement développée jusqu’au « chaos » provoqué par la magicienne avant le baisser du rideau. <em>Circé</em> n’est pas une œuvre décisive dans l’histoire de la tragédie lyrique en France, mais elle reste d’une belle facture.</p>
<p>L’enregistrement qui paraîtra d’ici un an révèlera peut-être mieux encore les richesses de la partition de Desmarest. En effet, les <strong>Nouveaux Caractères</strong> et <strong>Sébastien d’Hérin</strong> ne nous avaient pas habitués à de telles approximations de mises en place et à une telle uniformité d’expression : serait-ce dû à des changements de titulaires covidés, et donc à un manque de répétitions ? Les quelques passages solistes des instrumentistes témoignent pourtant de leur assurance et de leur engagement : mentionnons notamment <strong>Félix Leclerc</strong> aux percussions nombreuses et <strong>Isaure Lavergne</strong> au basson, qu’elle troque plus d’une fois pour des flûtes à bec.</p>
<p>Parée de la même robe écarlate qu’elle portait pour chanter <a href="https://www.forumopera.com/armide-de-lullyfrancoeur-paris-tce-armide-a-la-sauce-lully">Armide de Lully/Francœur au Théâtre des Champs-Élysées</a>, <strong>Véronique Gens</strong>, pourtant souffrante et secouée par moments de quintes de toux, impose son autorité en Circé. Le verbe haut malgré une projection très affaiblie, elle garde ses qualités de déclamation et son maintien altier. Là encore, on ne peut qu’attendre l’enregistrement pour prétendre découvrir la dimension qu’elle comptait donner au rôle de Circé, surtout dans la scène finale, où la direction incertaine du chef ne l’aidait pas ce soir-là à passer outre son indisposition passagère.</p>
<p>Face à elle, <strong>Mathias Vidal</strong> apparaît plus véloce et énergique encore qu’habituellement, ce qui pourrait ne pas correspondre à l’image qu’on se fait du rusé Ulysse, mais ces qualités épousent parfaitement la dimension galante du personnage de Saintonge et Desmarest. On admire toujours chez lui cette franchise d’émission et cette clarté déclamatoire qui permettent d’accéder immédiatement à la ligne musicale et au texte. </p>
<p>Après avoir chanté cet automne aussi bien <a href="https://www.forumopera.com/robert-le-diable-bordeaux-denfer">Meyerbeer</a> que <a href="https://www.forumopera.com/alcina-paris-les-charmes-fanes-dalcina">Haendel</a>, <strong>Nicolas Courjal </strong>se voit attribué un rôle lulliste, et le plus sombre de l’œuvre, celui du jaloux Elphénor, qui met fin à ses jours à l&rsquo;acte III. La largeur de l’émission et l’expressivité un peu exagérée ne sont peut-être pas dans le plus pur style de la tragédie lyrique, mais s&rsquo;avèrent d’une efficacité redoutable : toutes les  interventions de son personnage acquièrent une charge singulière. </p>
<p><strong>Caroline Mutel</strong>, au timbre tramé d’une délicate acidité, campe une Astérie affirmée et d’une belle présence, mais qui aurait pu parfois mordre plus dans le texte. L&rsquo;Éolie de <strong>Cécile Achille</strong> est pleine de charme et de caractère. La jeune chanteuse est douée de très grandes qualités d&rsquo;expression, alliées à un timbre fruité. Enfin, un peu sur la réserve dans le prologue, <strong>Romain Bockler</strong> se révèle être un solide et élégant Polite.</p>
<p>Les choristes chantant masqués, ils font ce qu&rsquo;ils peuvent pour que leurs voix n&rsquo;apparaissent pas trop floues, mais on perd forcément en netteté d&rsquo;élocution. On observe très rapidement que chacun des membres du chœur aurait pu être distribué en soliste, surtout quand on entend le registre aigu magnifiquement timbré de <strong>Mathieu Montagne</strong> ainsi que l&rsquo;abattage, les couleurs et l&rsquo;autorité d&rsquo;<strong>Arnaud Richard</strong> en Phaebetor. <strong>Cécile Granger</strong> et <strong>Marie Picaud</strong>, qui tenaient des petits rôles solistes d&rsquo;Amour et de nymphes, étaient également remarquables. </p>
<p> </p>
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		<title>The French connection — Froville</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/the-french-connection-froville-the-french-connection/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Jun 2021 03:14:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Trois siècles avant le trafic de cocaïne par des Marseillais Outre-Atlantique (et son exploitation cinématographique), c&#8217;est à l’approche d&#8217;une autre exportation que nous invitent Franck Emmanuel Comte et ses amis. En 1651, Cromwell avait contraint Charles II à l’exil en France, auprès de son cousin Louis XIV. Il y découvre la musique versaillaise, dont la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Trois siècles avant le trafic de cocaïne par des Marseillais Outre-Atlantique (et son exploitation cinématographique), c&rsquo;est à l’approche d&rsquo;une autre exportation que nous invitent<strong> Franck Emmanuel Comte</strong> et ses amis. En 1651, Cromwell avait contraint Charles II à l’exil en France, auprès de son cousin Louis XIV. Il y découvre la musique versaillaise, dont la séduction est telle qu’à son retour sur le trône, en 1660, il sera accompagné de musiciens français. Cambert s’installera à Londres et y fondera la <em>Royal Academy of Music</em>, avant d’y disparaître. Ainsi, prédécesseurs des Italiens, les Français exerceront-ils une influence considérable sur les musiciens d’Outre-Manche.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="412" src="/sites/default/files/styles/large/public/franck_emmanuel_comte.jpg?itok=xnP3suz_" title="Festival de Froville © YB" width="468" /><br />
	Festival de Froville © YB</p>
<p>L’ouverture de <em>Pomone</em>, de Cambert, introduit le programme soigneusement élaboré du concert. La <em>Psyché</em> de Matthew Locke est mise en regard avec celle de Lully. Se succèdent ensuite diverses versions de<em> The Tempest </em>(Locke, Humphrey et Purcell), avant que d’autres extraits de masques de ce dernier ne concluent. N’étaient la langue du chant et la présence éventuelle de <em>grounds</em>, il paraît malaisé pour qui ne connaît les œuvres de les situer de part et d’autre du Channel. La démonstration est pertinente. L’objectif était moins de nous convaincre que de nous émouvoir, et la réussite est incontestable. On se souvient avec bonheur de la magnifique <em>Francesina</em> (<a href="/cd/la-francesina-handels-nightingale-le-plus-beau-recital-haendelien">le plus beau récital haendelien</a>). Les musiciens du Concert de l’Hostel Dieu renouvellent l’exploit. Leur jeu, virtuose, coloré, toujours animé, à la plus large palette expressive, n’appelle que des éloges. Chacun mériterait d’être cité, du violon solo à la hautboïste-flûtiste… Le premier air de la <em>Psyché</em> de Locke nous révèle la voix et le jeu d’<strong>Axelle Verner</strong>, mezzo somptueuse, épanouie, au timbre chaud, aux graves solides, dont la conduite et l’ornementation de la ligne font forte impression. Ses compagnes sopranos, <strong>Gwendoline Blondeel</strong> et <strong>Cindy Favre-Victoire</strong> ne sont pas en reste et nous valent un admirable trio des nymphes (<em>Psyché</em>, de Lully). Quant à <strong>Romain Bockler</strong>, son air du froid (du <em>King Arthur</em> de Purcell) confirmerait si besoin était ses qualités vocales et dramatiques. Malgré l’absence d’entracte, liée aux conditions sanitaires et horaires (couvre-feu à 21 h), pas un instant l’attention n’est distraite de cette musique qui nous renvoie à des temps moins tourmentés. Retour aussi aux sources pour tous les chanteurs rassemblés ce soir, qui retrouvent le cadre d’un tournant de leur carrière internationale, puisque lauréats du prestigieux concours de chant baroque. La dixième édition est programmée en septembre (<a href="/breve/le-chant-baroque-en-competition-a-froville">le chant baroque en compétition à Froville</a>), accompagnée des mêmes musiciens. On attend qu’un enregistrement fixe ces moments d’un bonheur partagé par les interprètes comme par le très nombreux public qui se pressait dans la belle nef romane de Froville.</p>
<p> </p>
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