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	<title>Pierrick BOISSEAU - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Pierrick BOISSEAU - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, Tosca – Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-tosca-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Jun 2024 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Nancy, Toulon, Angers et Nantes, la production de Silvia Paoli de Tosca trouve une dernière escale à Rennes, où comme chaque année – en dehors de la pandémie –&#160;une diffusion simultanée est prévue sur la place de la Mairie tout comme devant le théâtre Graslin à une centaine de kilomètres de là. Cette dixième &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-nancy-confesseur-et-bourreau/">Nancy</a>, Toulon, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-tosca-angers/">Angers</a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-tosca-nantes/?utm_source=refresh&amp;utm_content=1718029884&amp;utm_medium=self&amp;utm_term=age-7035&amp;utm_campaign=auto-refresh-stale-content">Nantes</a>, la production de <strong>Silvia Paoli</strong> de <em>Tosca</em> trouve une dernière escale à Rennes, où comme chaque année – en dehors de la pandémie –&nbsp;une diffusion simultanée est prévue sur la place de la Mairie tout comme devant le théâtre Graslin à une centaine de kilomètres de là. Cette dixième édition confirme le succès populaire de l’opération. Devant le théâtre, le public se masse devant l’écran géant qui masque la façade de la Mairie. Certains sont organisés et viennent munis de chaises pliables et de victuailles. A l’entracte, <strong>Matthieu Rietzler</strong>, le directeur de l’Opéra de Rennes ou encore <strong>Marc Scoffoni</strong> (le Sacristain) viennent parler de l’œuvre. Des extraits d’archive (un témoignage de Montserrat Caballé par exemple) enrichissent l’expérience musicale. Sitôt les saluts terminés en salle, les solistes iront dans le foyer de l’opéra qui domine la place même pour saluer cet autre public qui leur réserve un très chaleureux accueil.</p>
<p>Si l’on rejoint nos confrères sur la qualité minimaliste et resserrée de la production, offrant une direction d’acteur soutenue et une lisibilité de chaque instant, on sera plus perplexe sur le tableau vivant qui conclut premier acte. Puisqu’il s’agit d’une épure, quel besoin de reproduire cette crucifixion présente dans l’église romaine, surtout dans une scène de « Te deum » organisée pour célébrer une victoire militaire ? Le procédé, hyperréaliste au point de virer au péplum, jure avec les traits en noir et blanc proposés auparavant et pendant tous les actes suivants, et qui donnent une force esthétique et tragique à la proposition. Le troisième acte, loin du toit du Château Saint Ange, alterne élégamment entre l’enferment de Mario dans une cellule immaculée et une scène ouverte sur de beaux éclairages d’aurore pour s’achever sur un monceau d’ossements tout approprié.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/TOSCA-HD-Capela7-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-164171"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Bastien Capela</sup></figcaption></figure>


<p>On sent aussi que Silvia Paoli, actrice de formation, accompagne ses chanteurs à chaque instant. Ainsi, <strong>Myrto Papatanasiu</strong>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-bruxelles-la-monnaie-tosca-ou-les-120-minutes-de-la-vie-de-pasolini/">dont le jeu caricatural nous avait parfois gêné à Bruxelles</a>, propose ici une Floria dont les émotions se lisent sur le visage ou dans des postures simples et tenues. Le soprano y gagne aussi en justesse interprétative même si la voix nous a paru moins fraiche qu’en Belgique, l’aigu s’avérant tiré à quelques reprises.<strong> Andeka Gorrotxategi</strong> propose un Cavaradossi robuste tout au long de la soirée auquel on reprochera uniquement quelques attaques par en-dessous peu élégantes dans une ligne par ailleurs soignée. <strong>Stefano Meo</strong> campe un Scarpia sadique au chant coloré auquel il manque un soupçon de puissance. Les seconds rôles participent au même niveau de la réussite et de la qualité globale de la distribution. Les chœurs d’Angers-Nantes Opéra achèvent une année fournie (ils complétaient les effectifs du <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-lohengrin-strasbourg/"><em>Lohengrin</em> à Strasbourg</a>) sur une très belle performance.</p>
<p>Jeune baguette montante de la scène lyrique, <strong>Clelia Cafiero</strong> s’attaque ici à son premier Puccini en tant que cheffe d’orchestre. Elle en possède déjà le sens dramatique et narratif et sait, elle aussi, mettre son plateau dans le confort nécessaire. La réduction orchestrale choisie limite cependant les possibilités de palette tonales et l’Orchestre des Pays de la Loire nous a paru plus sec qu’en d’autres occasions. Ces quelques réserves ne doivent pas détourner d’un succès scénique global et de représentations qui auront fait le plein dans le théâtre comme dans la cité.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-tosca-rennes/">PUCCINI, Tosca – Rennes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>PUCCINI, Tosca – Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-tosca-nantes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 May 2024 03:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après le Grand Théâtre d’Angers et avant l’Opéra de Rennes, cette passionnante production de Tosca s’arrête au Théâtre Graslin de Nantes. Brigitte Maroillat avait entendu la première distribution italo-polonaise à Angers dans les deux rôles principaux et ce sont des interprètes respectivement grecque et basque pour Floria Tosca et Mario Cavaradossi qui reprennent ici les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après le Grand Théâtre d’Angers et avant l’Opéra de Rennes, cette passionnante production de <em>Tosca</em> s’arrête au Théâtre Graslin de Nantes. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-tosca-angers/">Brigitte Maroillat</a> avait entendu la première distribution italo-polonaise à Angers dans les deux rôles principaux et ce sont des interprètes respectivement grecque et basque pour Floria Tosca et Mario Cavaradossi qui reprennent ici les rôles en alternance.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/TOSCA-HD-Capela7-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-164171"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Bastien Capela pour Angers Nantes Opéra</sup></figcaption></figure>


<p>Lorsque le rideau se lève sur une structure avec voiles de chantiers dans un volume tout nu, on se dit qu’on est bien loin des marbres et fastes des décors d’origine et l’on se met à craindre un grand vide abyssal doublé d’un manque d’imagination total. Or, c’est à une magnifique épure que l’on assiste, où tout fait sens et se met au service de la profusion sonore sensuellement luxuriante de Puccini, dont on commémore ici fort dignement l’anniversaire de la disparition. La mise en scène de <strong>Silvia Paoli</strong> est remarquable de sobriété et de précision. Elle-même actrice, la jeune italienne est une épatante directrice d’acteurs. Chaque personnage est juste et, cerise sur le gâteau, les artistes ont le physique de leur rôle. De quoi favoriser encore, s’il le fallait, l’empathie avec l’univers voulu par Silvia Paoli décrit par elle comme « un espace qui laisse les interprètes seuls et véritables protagonistes ». Il faut souligner le travail de la costumière <strong>Valeria Donata Bettella</strong> dont les créations intemporelles et très seyantes sont un régal pour les yeux. Les lumières sculptées par <strong>Fiammetta Baldisserri</strong> sont également au cœur du dispositif, notamment par le jeu sur les ombres, ce qui donne par exemple à Scarpia des airs de grand guignol ou de héros expressionniste à la Fritz Lang, sorte de M le Maudit ou S le Salaud. Selon les propos de la metteuse en scène, Scarpia est le héros absolu du drame, musicalement omniprésent : « c’est un satyre fanatique, l’incarnation même de l’abus de pouvoir ». C’est dit. L’univers visuel qui entoure les trois protagonistes principaux plonge dans différents univers capables de convenir à tous publics, du manga aux films de super héros en passant par la peinture classique (sans oublier les fans du minimalisme, bien sûr). Le premier acte se termine cependant sur une spectaculaire et merveilleuse recréation picturale à la Caravage qui reprend la composition de Mattia Preti dans le chœur de l’église Sant’Andrea della Valle pour la <em>Crucifixion de Saint André </em>; une scène que n’aurait pas renié Pasolini dans <em>La Ricotta</em>. Le tableau vivant qui se crée ainsi devant nos yeux magnifie un <em>Te Deum </em>impeccable. Toute l’équipe technique est féminine à l&rsquo;exception d’<strong>Andrea Belli</strong> dont on admire le travail de scénographie tout comme celui de collaboration aux mouvements de <strong>Rosabel Huguet</strong>. Une affaire de femmes, donc, principalement, pour un spectacle dans l’air du temps.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/TOSCA-HD-Capela20-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-164173"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Bastien Capela pour Angers Nantes Opéra</sup></figcaption></figure>


<p>La soprano <strong>Myrtò Papatanasiu</strong> est diva jusqu’au bout des gants. Les yeux aussi noirs que ceux de son personnage, parfaitement insupportable de jalousie inquiète (mais pourquoi pas justifiée puisqu’on peut tout à fait concevoir que Cavaradossi s’éprenne véritablement de l’Attavanti qu’il sublime en Marie-Madeleine…), merveilleusement belle, la soprano Grecque semble naturellement tragédienne, à l’image d’une certaine Maria, Tosca absolue. Pas de chandeliers à la Sarah Bernhardt ou à la Zeffirelli, ici, après le baiser de Tosca, mais une froide détermination mêlée de panique. Le suicide final consiste à se faire sauter le caisson plutôt que de se lancer dans le grand saut, mais le geste impressionne et la belle s’effondre au beau milieu du charnier composé d’un amoncellement de squelettes, ce qui ne manque pas de faire frémir l’assistance. Vocalement, le constat est plus mitigé, quoique finalement favorable. Une certaine aigreur de timbre, de nombreuses aspérités ou certaines approximations correspondent parfaitement au personnage et aux tourments qu’elle affronte vaillamment. Le <em>Vissi d’arte</em> est en revanche pure splendeur et délicatesse et la belle achève de convaincre dans une dernière scène poignante et déchirante. <strong>Andeka Gorrotxategi</strong> incarne aux côtés de Myrtò Papatanasiu un Cavaradossi de rêve, aussi crédible scéniquement que vocalement. S’il craque malencontreusement son «&nbsp;Vittoria&nbsp;», il fait ensuite chavirer tout le théâtre dans un «&nbsp;E lucevan le stelle&nbsp;» d’anthologie. Voix puissante, timbre sensuel et séduisant, sens de la nuance, tout cela est très poétique, délicat et parfois jouissif. On a entendu des Scarpia plus noirs, voire glaçants, mais <strong>Stefano Meo </strong>ne dépare en rien dans le rôle du salaud intégral, suivi par une horde de sbires mi-flics, mi-chiens renifleurs noirs et silencieux qui le rendent plus inquiétant encore. Si la performance vocale égalait celle de l’acteur, nous aurions le Scarpia parfait. La puissance n’est pas toujours au rendez-vous, mais c’est là chipoter, parce que les chœurs sont particulièrement sonores dans le <em>Te Deum </em>où l’Italien fait toutefois preuve d’une morgue, d’une perversion démoniaque et d’une lubricité intense. Hué à Angers où l’on a sans doute confondu l’homme avec son personnage, Stefano Meo ne s’est pas laissé démonter, comme <a href="https://www.forumopera.com/cinq-questions-a-stefano-meo/">il le confie en entretien</a>. Sardonique, il le demeure ici jusqu’aux saluts, où il arrive, d’une allure empreinte de fatuité et de perversité pour cette fois, être reçu par une ovation continue par un public debout.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/TOSCA-HD-Capela35-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-164179"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Bastien Capela pour Angers Nantes Opéra</sup></figcaption></figure>


<p>Les autres interprètes sont tous excellents, de <strong>Jean-Vincent Blot</strong> qui campe un Angelotti très digne et déterminé, au sacristain vibrionnant et drolatique de <strong>Marc Scoffoni</strong> en passant par le lumineux pâtre que propose <strong>Hélène Lecourt</strong>. Et dans ce triomphe des femmes à l’ouvrage, saluons également le superbe travail de <strong>Clelia Cafiero</strong>, fine spécialiste puccinienne (elle en parle très bien <a href="https://www.forumopera.com/puccini-vu-par-clelia-cafiero/">dans nos colonnes</a>). À la tête de l’Orchestre national des Pays de la Loire composé d’une quarantaine de musiciens dans cette réduction pour orchestre de chambre par Riccardo Burato, la jeune cheffe nous fait entendre un tissu musical d’un riche chromatisme qui a enveloppé la salle et permis d’entendre de très belles et plutôt rares sonorités, au plus près du drame. Le public nantais a fait une ovation de plus d’un quart d’heure à ce spectacle, du jamais vu, selon une amatrice qui soulignait qu’elle n’avait jamais vécu ça dans ce théâtre qu&rsquo;elle fréquente pourtant depuis des décennies. Et cela tombe bien : un large public va pouvoir se faire une idée de cette <em>Tosca</em> qui va être diffusée gratuitement sur grands écrans dans plus de cinquante villes. C’est la cinquième fois, après le <em>Vaisseau fantôme </em>en 2019, la <em>Chauve-Souris</em> en 2021, <em>Madame Butterfly</em> en 2022 et <em>L’Elixir d’amour </em>l’an passé, qu’un opéra va ainsi être diffusé dans toute la Bretagne et au-delà, dans le cadre d’un dispositif de plus en plus populaire.&nbsp;</p>
<p>Les lieux de projection gratuite de l’opéra, samedi 8 juin à 20h, sont précisés sur la page dédiée du site d&rsquo;<a href="https://www.angers-nantes-opera.com/opera-sur-ecrans-tosca">Angers Nantes Opéra</a> et celui de l’<a href="https://www.opera-rennes.fr/fr/evenement/opera-sur-ecrans-tosca">Opéra de Rennes</a>. L’opéra sera également diffusé en direct, notamment sur les sites internet de France 3 Bretagne et Pays de la Loire puis en replay sur France.tv.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-tosca-nantes/">PUCCINI, Tosca – Nantes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>PUCCINI, Tosca &#8211; Angers</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-tosca-angers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 May 2024 06:45:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sur la scène du Grand Théâtre d’Angers, en ce centenaire puccinien, cette production de Tosca n’aurait pas été pour déplaire au compositeur, tant elle est à l’évidence une affaire de femmes sur le plateau et dans la fosse. Silvia Paoli a un indéniable talent pour créer des images fortes à partir d’un décor uniforme qui n’ancre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Sur la scène du Grand Théâtre d’Angers, en ce centenaire puccinien, cette production de <em>Tosca</em> n’aurait pas été pour déplaire au compositeur, tant elle est à l’évidence une affaire de femmes sur le plateau et dans la fosse. <strong>Silvia Paoli</strong> a un indéniable talent pour créer des images fortes à partir d’un décor uniforme qui n’ancre le drame dans aucune époque pour mieux le transposer dans l’universel et l’intemporel.  La cheffe <strong>Clelia Cafiero</strong> n’a, quant à elle, pas son pareil, pour tisser un soyeux tapis musical d’une épaisseur digne du drame puccinien. Par ces deux talents combinés, le spectacle est percutant, radical et sans détour, au réalisme et aux effets cinématographiques. Dépouillé de tout vernis d’apparats inutiles, il place la musique et les protagonistes au centre de tout.</p>
<p>Cette <em>Tosca</em>, telle que présentée ici, aurait pu aisément s’appeler Scarpia, tant le chef de la police est la figure dominatrice, de la proposition scénique. Mais est-ce bien étonnant, dans la mesure où dans l’œuvre même de Puccini, tout à la fois odieux et esthète, il est le cœur battant du drame en s’octroyant un droit de vie ou de mort, sur un peintre, plus révolutionnaire qu’artiste, aimée par une diva en proie à une jalousie paranoïaque. Mais dans l&rsquo;approche de Silvia Paoli, le sardonique épicurien, est vu non pas comme un salaud sublime, mais comme une ordure lubrique, incarnation du mal portée à son paroxysme, évidente dénonciation de tous les Scarpia en puissance qui sévissent encore aujourd&rsquo;hui. Un Scarpia tout de noir vêtu et des sbires sans visage. Un Scarpia sadomasochiste qui dissimule sous une maniaquerie empruntée, toute sa purulence intrinsèque de tortionnaire et de violeur.</p>
<p>Dans un environnement volontairement aseptisé d’un blanc immaculé, Sant’Andrea della valle et le Palais Farnese sont dévêtus de leurs atours pour laisser place au drame nu et à ses protagonistes emportés par la houle des évènements. Le tout sublimé par les superbes lumières de <strong>Fiammetta Baldisseri</strong>.  Le décor est réduit à quelques objets : l&rsquo;échafaudage du peintre à l’acte I , une tablée de convives à l’acte II et un plateau vide aux murs amovibles évoquant la geôle de Cavaradossi à l&rsquo;acte III. Silvia Paoli impose ici la vision qu’elle se fait de l’opéra de Puccini :  minimalisme, livret concis et musique puissante qui va droit au but et qui nous ramène inlassablement à Scarpia. Comme dans ce superbe contre-jour du début de l’acte III, où les corps de danseurs s’amoncèlent sur la scène personnifiant les victimes de l’oppression et la terreur du Prince noir du vice.</p>
<p>Dans une telle lecture, les chanteurs sont donc en première ligne et doivent se montrer à la hauteur. Et tel est le cas en premier lieu de <strong>Stefano Meo</strong> qui personnifie ici un Scarpia puissant, noir et dominateur avec un « Te Deum » impeccable. L’effet théâtral en est remarquable et la haute et imposante stature du chanteur y est aussi pour beaucoup. La voix est sonore, lumineuse, nuancée. Le baryton s&rsquo;investit ardemment dans cette conception scénique au point de se faire huer par certains spectateurs au rideau final fustigeant ici l’abject personnage qu&rsquo;il a magistralement interprété. Face à ce monstre flamboyant, <strong>Izabela</strong> <strong>Matuła </strong>est en majesté en Tosca. Pure diva, elle incarne la cantatrice avec une voix puissante et dramatique. Le timbre superbe et son sens aigu de la nuance permettent à la soprano polonaise de côtoyer les sommets dans sa confrontation avec Scarpia à la fin de l’acte II laquelle constitue un superbe et puissant moment de théâtre dans un clair-obscur étudié. Le rôle est brillamment assumé jusqu&rsquo;au registre grave sonore, avec des aigus tranchants qui donnent une force indéniable à son incarnation. Le Mario Cavaradossi de <strong>Samuele Simoncini</strong>, plus en retrait, peine à convaincre dans « Recondita Armonia ». La voix est peu assurée dans le registre haut et le timbre sonne guttural. Mais le ténor se ressaisit par la suite notamment dans les duos où, s’appuyant sur sa partenaire, véritable moteur de leurs têtes à têtes, il semble reprendre confiance. La voix est mieux projetée et les aigus plus clairs. Les seconds rôles sont parfaitement incarnés, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de l&rsquo;Angelotti sonore et imposant de <strong>Jean-Vincent Blot</strong>, du virevoltant Sacristain de <strong>Marc Scoffoni,</strong> de l&rsquo;inquiétant Spoletta de <strong>Marc Larcher </strong>paré d&rsquo;un seyant manteau de fourrure<strong>, </strong>ou du Pâtre incarné par un ange et chanté en coulisse par <strong>Hélène Lecourt</strong>.</p>
<p>En spécialiste du répertoire puccinien (cf son interview du dossier <em>Puccini 100</em>), <strong>Clelia Cafiero</strong> contribue pleinement à la puissance dramatique du spectacle. Fine coloriste, délicate dans les progressions, toujours soucieuse de l&rsquo;équilibre entre fosse et plateau, elle tire le meilleur de l&rsquo;<strong>Orchestre National de la Loire</strong>, limité à une quarantaine de musiciens, qui s’illustre ici par un bel engagement dans une réduction pour orchestre de chambre de <strong>Riccardo Burato</strong>. Sans forcer les tempi, Clelia Cafiero, avec son habituelle énergie fédératrice, maintient de bout en bout la tension, et crée une osmose stylistique, entre musiciens et chanteurs, à laquelle s’adjoint avec talent le <strong>Chœur d’Angers Nantes Opera</strong>. L’attention de la cheffe italienne est telle pour chacun des protagonistes du spectacle que ceux ci s’investissent avec énergie et enthousiasme. Du bel ouvrage chaleureusement salué par un public conquis.</p>
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		<title>VERDI, Un ballo in maschera — Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-ballo-in-maschera-rennes-upside-down/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Apr 2019 07:59:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De la Poméranie à Boston, Verdi déplaça son Bal Masqué à plusieurs reprises d’un bout à l’autre de la planète pour apaiser une censure peu encline à montrer un régicide, qui plus est inspiré d’une histoire vraie. Rennes après Luxembourg, Nancy, Nantes et avant Maastricht accueille une superbe production qui renoue avec la version d’origine &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>De la Poméranie à Boston, Verdi déplaça son<em> Bal Masqué</em> à plusieurs reprises d’un bout à l’autre de la planète pour apaiser une censure peu encline à montrer un régicide, qui plus est inspiré d’une histoire <a href="https://www.forumopera.com/actu/gustave-iii-lautre-fantome-de-lopera">vraie</a>. Rennes après Luxembourg, Nancy, Nantes et avant Maastricht accueille une superbe production qui renoue avec la version d’origine tout en soulignant de quelques clins d’œil les voyages successifs que connut l’œuvre : l’action évoque bien l’assassinat du monarque suédois Gustave III tout en en transposant l’action de la fin du XVIIIe siècle à l’époque de la création de l’œuvre par Verdi. Le souverain fut assassiné lors d’un bal à l’opéra de Stockholm, mais c’est Naples qui commanda l’oeuvre à Verdi et ce sont ici les ors du San Carlo que restitue la mémorable scénographie.</p>
<p>Le jeu du théâtre dans le théâtre est donc le fil rouge de toute la représentation. Nous changeons sans cesse de perspective, déambulons de la salle aux planches en passant par les coulisses avant que la magnifique scène finale ne crée un improbable et très photogénique renversement : nous voilà comme allongés sur le sol, contemplant le plafond du théâtre. La mise en abyme permet ainsi de passer de la version officielle des faits à leur vérité cachée. Ainsi l’amour bouleverse-t-il la cohérence du monde, le prisme par lequel on l’envisage. La métaphore s’applique également au régicide, parce que chez Verdi la dimension politique d’une œuvre n’est jamais accessoire. L’envisager, c’est oser un point de vue radicalement nouveau, c’est concevoir l’impensable.</p>
<p>Les très belles lumières de <strong>Nathalie Perrier</strong>, comme les somptueux costumes de <strong>Luis F. Carvalho</strong>, subliment encore ce cadre fastueux. Seul bémol, au début de l’acte II, rien de terrorisant dans l’apparition censée effrayer Amélia, alors qu’une simple lumière en contre-plongée aurait fait des masques de l’avant scène les ombres engloutissant le personnage, comme les prémices du drame à venir.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/le_bal_masque-1_21.jpg?itok=KFzPFPSj" title="© Jean-Marie Jagu" width="468" /><br />
	© Jean-Marie Jagu</p>
<p>Dans cet écrin,<strong> Jean-Philippe Guilois</strong> adapte la mise en scène de <strong>Waut Koeken</strong> avec la volonté affichée de travailler la variété des caractères, la sincérité des personnages tout comme l’alternance du tragique et du comique. Danseur de formation, il chorégraphie avec élégance des moments de ballet mais également des tableaux arrêtés d’une insigne séduction. Sa direction d’acteurs fait merveille avec les choeurs qui sont caractérisés de manière individuelle . C’est pareillement le cas des seconds plans de grande qualité aux voix bien campées que proposent <strong>Jean-Vincent Blot, Pierrick Boisseau</strong> et <strong>Sulkhan Jaiani</strong>.</p>
<p><strong>Hila Baggio</strong> figure quant à elle un Oscar tout en vivacité au soprano pétillant et frais qui s&rsquo;enrichirait de plus de rondeur et de moelleux. Son incarnation contraste parfaitement avec le mezzo d’or sombre d’<strong>Agostina Smimmero</strong>. Ulrica, la sibylle se pare par son truchement de nuances raffinées et de graves amples et sensuels.</p>
<p>Du côté des trois rôles principaux, si les ensembles fonctionnent fort bien, on observe un certain déséqulibre. Après un air d’entrée qui le met à la peine, des aigus qui sentent l’effort, parfois trop bas, <strong>Stefano Secco</strong> semble plus à l’aise sous la défroque du marin au deuxième acte. Malheureusement, son jeu pèche par monolithisme. On peine à croire à son amour fou pour l’épouse de son plus proche ami, on est plus touché par sa fin magnanime, lorsqu’il demande la clémence pour ses assassins. Un recours plus généreux – et moins détimbré &#8211; aux <em>piani</em>, à la <em>mezza voce</em> enrichirait alors notablement son interprétation.</p>
<p>C’est justement ce qu’offrent les deux autres protagonistes du drame pour leur première incursion sur les scènes lyriques hexagonales. Ami et époux trahi, prenant la tête des conjurés, le Comte Anckarström de <strong>Luca Grassi</strong> jouit d’une belle qualité d’émotions, d’une unité des registres notable valorisant un timbre au bronze vaillant. Verdienne émérite, <strong>Monica Zanettin</strong> campe, elle, une Amélia au timbre limpide, à la projection puissante, bien centrée, qui déploie un remarquable nuancier de couleurs et de sentiments.</p>
<p><strong>Pietro Mianiti</strong>, enfin, encadre l&rsquo;ensemble du plateau d’une direction notoirement précise, particulièrement soutenante pour les chanteurs. Les tempi sont énergiques, les contrastes affirmés. Malheureusement, il peine parfois à obtenir de l’Orchestre National des Pays de Loire la pâte sonore que mériterait la partition. Certains soli instrumentaux enchantent par leur délicatesse, tandis que d’autres gagneraient à plus de musicalité. Le Chœur d’Angers Nantes Opéra se révèle lui aussi légèrement inégal, avec des imprécisions dans les vocalises ou les finales contrebalancées par un bel engagement scénique à saluer et des fins de tableaux très réussies.</p>
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