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	<title>Jean-Sébastien BOU - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Jean-Sébastien BOU - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>MEYERBEER – Le Prophète, Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/meyerbeer-le-prophete-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Mar 2026 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un moment de réflexion intense sur les moyens dont dispose l’opéra pour rester (ou redevenir) un genre pertinent dans son époque, la calcification du répertoire est un problème central. On ne saurait oublier que l’antidote à cela ne se trouve pas que du côté de la création contemporaine (qu’il faut encourager et soutenir partout &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans un moment de <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-le-debat/l-opera-est-il-un-art-poussiereux-et-elitiste-1636644">réflexion intense sur les moyens dont dispose l’opéra pour rester (ou redevenir) un genre pertinent</a> dans son époque, la calcification du répertoire est un problème central. On ne saurait oublier que l’antidote à cela ne se trouve pas que du côté de la création contemporaine (qu’il faut encourager et soutenir partout où on en a les moyens). La redécouverte d’un patrimoine musical injustement oublié, qui signe aussi des retrouvailles avec un moment esthétique et socio-politique, a déjà plusieurs fois permis un renouvellement enthousiasmant du répertoire. On ne saurait oser parler si précocement d’un Meyerbeer revival, mais le triomphe du <em>Prophète</em> au TCE est un signe encourageant. Il est l’aboutissement d’une renaissance en Allemagne (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-prophete-karlsruhe-spectacle-total/">Karlsruhe en 2015</a>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-prophete-berlin-deutsche-oper-meyerbeer-est-grand-kunde-est-son-prophete/">Berlin</a> et Essen en 2017) puis en France (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-prophete-toulouse-john-osborn-souverain/">Toulouse en 2017</a>, Aix en 2023), qui devait bien finir par toucher Paris, berceau du mythe Meyerbeer, dont le nom trône en bonne place à Garnier. La dernière représentation dans l’opéra national remonte, semble-t-il, à… 1912. Pourtant, <em>Le Prophète</em> avait provoqué lors de sa création un vrai choc, qui était particulièrement dû à sa dimension spectaculaire : la mise en scène comprenait des lumières électriques (une première), de gigantesques toiles peintes, des patineurs pour le ballet de l’acte III, un sacre grandiose au IV et un effondrement du palais au V.</p>
<p>C’est cette dimension scénique qui a manqué à la version concert proposée par le TCE, dont le niveau musical était excellent, nous y reviendrons. Le nombre de personnages, leurs entrées et sorties incessantes, les didascalies internes difficiles à ignorer pour préserver un minimum de théâtre ont naturellement poussé les chanteurs à organiser un semblant de mise en espace, parfaitement bienvenu mais nécessairement inabouti et parfois un peu chaotique. On ne peut que formuler le vœu de voir <em>Le Prophète</em> rendu à sa dimension triomphale et politique, qui devrait sans doute permettre de racheter certaines fragilités dramatiques et poétiques du livret et certains traits surannés de la partition.</p>
<p>Reste une musique monumentale et rutilante, aux séductions instantanées, dont l’éclectisme permet des réussites sur plusieurs tableaux : le choral inquiétant des anabaptistes et son harmonie entêtante qui revient tout au long de l’opéra, les moments de ferveur du chœur, la cantilène naïve de Berthe au premier acte, le dilemme de Jean au II, la pitoyable scène de Fidès au III, le trio tant attendu du dernier acte et bien sûr, toute l’extraordinaire scène du sacre. La musique n’évite pas quelques facilités ou tics d’époque qui ont mal vieilli (on est frappé par le nombre de personnages qui répètent dix « Non ! » sur une gamme ascendante), mais on les pardonne devant le charme des moments pastoraux (le chœur lourdé de l’acte I ou le chœur bachique du II) et surtout la puissance des instants de drame.</p>
<p>La direction de <strong>Marc Leroy-Calatayud</strong> rend justice à la verve et aux dimensions les plus cuivrées de la partition de Meyerbeer : <strong>l’orchestre de chambre de Genève</strong> produit un son étincelant, une pâte qui sait se faire bondissante et tournoyante, qu’on aurait rêvée plus percutante dans les passages dramatiques. Signalons un beau violoncelle solo qui donne du relief à quelques phrases pathétiques. Les coupures (qui, outre celles pratiquées dès les premières représentations de l’œuvre, se concentrent essentiellement dans les musiques de ballet de l’acte III) sont justifiées par les impératifs d’une version concert. On note de même plusieurs décalages avec les chanteurs, qui sont bien compréhensibles quand on sait la rareté et la démesure de la partition, et quand on prend en compte la difficulté de diriger dos aux interprètes. <strong>L’Ensemble vocal de Lausanne</strong>, rejoint par des élèves de la <strong>Haute </strong><strong>École de Musique de Genève</strong>, est éblouissant de netteté et de diction. Leur impact est forcément réduit par la disposition, qui les confine à un lointain et immobile arrière-scène, et on aurait pu imaginer un effectif plus ample pour une telle œuvre, mais la qualité de leur interprétation est admirable. On a bonheur à retrouver la (désormais) <strong>Nouvelle Maîtrise des Hauts-de-Seine</strong>, pour le fameux chœur enfantin du sacre, avec deux jeunes solistes d’un excellent niveau.</p>
<p>La grande réussite est du côté du plateau. <strong>John Osborn</strong>, fin connaisseur du rôle, est un Prophète idéal. La voix, malgré le passage des ans, reste claire, ductile, moirée, et sait trouver à la fois les ressources d’une voix mixte aux douceurs infinies et d’un héroïsme trompetant, aux grands aigus confiants, qui fait merveille dans les finales. La diction française est par ailleurs superbe. Fidès est un rôle redoutable, dans lequel on a souvent vu l’origine des mezzos verdiens, mais qui exige aussi la maîtrise d’une grammaire proprement rossinienne – le rôle fut composé spécialement pour Pauline Viardot et ce n’est pas un hasard s’il a été ressuscité par Marilyn Horne dans les années 1970. <strong>Marina Viotti</strong>, à ce jeu, vous coupe le souffle : la voix a un timbre splendide, un ambitus vertigineux et homogène, un contrôle merveilleux qui lui permet sons filés et legato impeccablement dramatique. Elle est en outre une actrice à l’aise, qui n’a besoin que d’un regard ou de l’esquisse d’un geste pour faire croire à ce qu’elle chante, imposant son autorité et sa sincérité. Sa réussite est éclatante dans la scène à l’italienne « O prêtres de Baal » dont la cabalette « Comme un éclair précipité » est assumée avec toutes ses coloratures à une vitesse foudroyante. <strong>Emma Fekete</strong> déploie un soprano léger mais sonore, plutôt agile, pour composer une belle première Berthe, qui pourrait gagner en aisance avec les années. Elle offre avec Marina Viotti un duo remarquable à l’acte IV, où l’on entend les réminiscences d’une Norma et d’une Adalgisa unissant leurs fioritures et leurs roulades. <strong>Jean-Sébastien Bou</strong> campe un Oberthal tout en nerfs, très bien joué, servi par son baryton à la projection solide. Le trio des Anabaptistes qui ponctue si souvent l’opéra complète ce beau plateau : <strong>Marc Scoffoni</strong> est un Mathisen sonore, impérieux, théâtral qui se détache du trio. <strong>Christian Zaremba</strong>, en Zacharie, fait entendre une basse musclée. Le ténor <strong>Samy Camps</strong> semblait malade mais il défend jusqu’au bout, avec vaillance, le personnage de Jonas.</p>
<p>Espérons réentendre prochainement parler, à Paris, des folies, trop pures pour être innocentes, du mystique Jean de Leyde, dans une version aussi bien chantée qu’au TCE, mais cette fois sur scène.</p>
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		<title>POULENC, La Voix humaine / ESCAICH, Point d&#8217;orgue &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/poulenc-la-voix-humaine-escaich-point-dorgue-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Mar 2026 06:22:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On se souvient des conditions particulières dans lesquelles fut porté sur les fonts baptismaux le diptyque formé par La Voix humaine de Francis Poulenc et Point d’orgue de Thierry Escaich, voulu comme un dialogue entre les deux compositeurs. Lorsque le spectacle voit le jour le 3 mars 2021, en pleine période de pandémie, les salles &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On se souvient des conditions particulières dans lesquelles fut porté sur les fonts baptismaux le diptyque formé par <em>La Voix humaine</em> de Francis Poulenc et <em>Point d’orgue</em> de Thierry Escaich, voulu comme un dialogue entre les deux compositeurs. Lorsque le spectacle voit le jour le 3 mars 2021, en pleine période de pandémie, les salles sont encore fermées ; la création doit se faire sans public, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-voix-humaine-et-point-dorgue-paris-tce-un-cocktail-poulenc-escaich-streaming/">en streaming, depuis le Théâtre des Champs-Élysées</a>. Sept mois plus tard <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-voix-humaine-point-dorgue-bordeaux-un-trio-de-choc-de-tendresse-et-damour/">à Bordeaux</a>, les consignes sanitaires ont été assouplies ; le projet trouve enfin sa véritable dimension scénique. Le voilà cette saison de retour sur le lieu même de sa naissance, dans la même mise en scène, portés par les mêmes chanteurs qu’à la création mais avec un nouvel entourage musical.</p>
<p>Œuvre de courte durée – moins d’une heure –, <em>La Voix humaine</em> à sa création fut appariée avec <em>Isoline</em>, un opéra féérie d’André Messager sans lien aucun avec la tragédie lyrique de Poulenc. L’idée ici est de lui offrir un véritable symétrique destiné à renouer le dialogue entre « Elle » et « Lui ». Chez Poulenc – d’après Cocteau –, une femme seule au téléphone tente de retenir l’homme qui la quitte ; Escaich et Py imaginent ce qui pourrait advenir ensuite, en donnant enfin un visage et une voix à celui qui restait hors champ.</p>
<p>En un jeu biaisé de miroirs, <em>La Voix humaine</em> épouse les inflexions de la parole avec une souplesse chambriste, au moyen d’une écriture d’une transparence douloureuse tandis que <em>Point d’orgue</em> déploie un langage plus heurté, plus orchestral, où les tensions harmoniques et les irruptions du fantastique viennent troubler le réalisme initial.</p>
<p>Le mérite est grand pour l’Orchestre National de France dirigé par <strong>Ariane Matiakh</strong> de passer d’un univers à l’autre : assumer la pudeur déchirante de Poulenc puis les couleurs changeantes, zébrées de dissonances et de fractures que propose Escaich, dans un juste respect du rythme et de l’architecture sonore, avec pour enjeu premier la cohérence dramatique du diptyque. L’équilibre fragile entre les deux partitions reposent sur une même attention au texte, un même sens du théâtre, et un même goût pour les lignes vocales mises à nu. C’est déjà beaucoup, dira-t-on, si on veut voir le verre à moitié plein.</p>
<p>Le livret d’<strong>Olivier Py </strong>prend le relais là où Cocteau s’arrêtait. À « Elle », la femme abandonnée, répond « Lui », l’homme, poète et musicien, sous l’emprise diabolique de « L’autre », amant, dealer, malfaiteur, dans un climat où le réel bascule peu à peu vers l’onirique. C’est à Marguerite, Faust et Méphisto que l’on pense avant toute correspondance coctelienne – cherchez l’erreur ! « Elle », enceinte, réussira à être sauvée alors que « Lui » s’abandonnera à ses démons personnifiés par « L’autre ».</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Voixhumaine2-1294x600.jpg" />© Vincent Pontet</pre>
<p>Le décor spectaculaire imaginé par <strong>Pierre-André Weitz</strong> représente une chambre effectuant des rotations complètes sur elle-même au fil de certaines séquences, telle une machine à essorer les personnages. Aléas du direct en ce soir de première : un incident technique a empêché le dispositif de fonctionner dans <em>Point d’orgue</em>. Le résultat, d’une grande efficacité néanmoins, s’impose comme l’un des atouts majeurs de la production. Cette chambre, augmentée dans la deuxième partie d’une salle de bain et d’un vestibule, aide à glisser sans rupture d’une œuvre à l’autre comme si l’on restait prisonnier du même cauchemar.</p>
<p>Car ici « tout est noir », ainsi qu’aime à le répéter « Lui », seul dans sa nuit, violenté, humilié, accablé, la main en sang, le visage tuméfié. <strong>Jean-Sébastien Bou</strong> accepte les situations extrêmes auxquelles le soumet une écriture sans concession. Le texte n’est pas toujours compréhensible mais la voix, d’une grande souplesse expressive, rend perceptible l’ambiguïté du personnage, partagé entre culpabilité, désir et hantise.</p>
<p><strong>Cyrille Dubois</strong>, Joker désarticulé, comme branché sur une ligne à haute tension, donne à « L’autre » un relief saisissant, grâce à son timbre clair et sa diction très soignée – des trois chanteurs, il est le seul toujours intelligible. L’ardeur physique et vocale avec laquelle il se jette dans ce rôle démoniaque le pousse au-delà de ses limites. La voix, sursollicitée dans l’aigu, craque à plusieurs reprises, mais cette exacerbation n’est-elle pas consubstantielle à l’esprit de l’œuvre ?</p>
<p>Dans <em>La Voix humaine</em>, <strong>Patricia Petibon</strong> porte à elle seule le poids du drame, avec le tempérament qu’on lui connaît, jusqu’au-boutiste, au détriment d’une certaine graduation dans l’intensité des émotions. La ligne vocale, constamment suspendue entre parole et chant, la fragilité du timbre, les élans soudains composent cependant un portrait d’une grande force.<em> Point d’orgue</em> prend davantage en défaut un médium que l’on sent éprouvé par l’effort précédemment fourni.</p>
<p>Après <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/poulenc-dialogues-des-carmelites-paris-tce/">Dialogues des Carmélites</a></em> et <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/stravinsky-le-rossignol-poulenc-les-mamelles-de-tiresias-paris-tce/">Les Mamelles de Tirésias</a></em>, ainsi s’achève au Théâtre des Champs-Elysées la trilogie Poulenc par Olivier Py – à rebours de l’adage qui veut que l’on garde le meilleur pour la fin.</p>
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		<title>Trois raisons de découvrir La voix humaine / Point d’orgue au TCE</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/trois-raisons-de-decouvrir-la-voix-humaine-point-dorgue-au-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Publi-rédactionnel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Mar 2026 06:52:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Du 9 au 17 mars, impossible de passer à côté de la production de La Voix humaine et Point d’orgue au Théâtre des Champs-Élysées, la seconde de ces œuvres composée par Thierry Escaich constituant une réponse à la première. Voici trois raisons de se laisser embarquer : Un diptyque audacieux et résolument modernePoint d’orgue ne cherche &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Du 9 au 17 mars, impossible de passer à côté de la production de <em>La Voix humaine</em> et <em>Point d’orgue</em> au Théâtre des Champs-Élysées, la seconde de ces œuvres composée par Thierry Escaich constituant une réponse à la première. Voici trois raisons de se laisser embarquer :</p>
<ol>
<li><strong>Un diptyque audacieux et résolument moderne</strong><br /><em>Point d’orgue</em> ne cherche pas à imiter <em>La Voix humaine</em>, mais à en proposer un miroir libre et contemporain. Entre jazz atonal, pseudo-tango, choral et passages pour voix seule, Escaich et Py explorent toutes les nuances du texte et de la psychologie des personnages. Les flux continus de « phases », les changements d’atmosphère et la variété des configurations vocales créent un spectacle imprévisible. Même ceux qui connaissent déjà le monologue de Poulenc seront surpris.</li>
<li><strong>Une distribution qui fait le lien entre les œuvres<br /></strong>La production réunit <strong>Patricia Petibon</strong>, <strong>Jean‑Sébastien Bou</strong> et <strong>Cyrille Dubois</strong>, accompagnés par l&rsquo;Orchestre National de France dirigé par <strong>Ariane Matiakh</strong>. Ces voix, confrontées aux exigences du diptyque, permettent d’entendre le lien entre <em>La Voix humaine</em> et <em>Point d’orgue</em> sous un jour nouveau, dans un équilibre entre tradition et écriture contemporaine.</li>
<li><strong>Une mise en espace pensée pour l’articulation des actes intérieurs</strong><br /><strong>Olivier Py</strong> souligne le côté prophétique de <em>La Voix humaine</em>, en montrant comment la dépendance affective et technologique transforme les relations. Avec <em>Point d’orgue</em>, il prolonge le récit en donnant corps aux tensions psychologiques et sociales sous-jacentes, explorant fragilité, isolement et domination sans recourir à des effets superficiels. La mise en scène rend ainsi le diptyque plus vivant et intensément humain.</li>
</ol>
<p>&gt; Plus d&rsquo;informations et réservation sur <a href="https://www.theatrechampselysees.fr/saison-2025-2026/opera-mis-en-scene/voix-humaine-point-orgue">le site du Théâtre des Champs-Elysées</a> </p>


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		<title>BERLIOZ, Benvenuto Cellini &#8211; Bruxelles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/berlioz-benvenuto-cellini-bruxelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Jan 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Incroyable mais vrai : le Benvenuto Cellini de Berlioz n&#8217;avait jamais été représenté à Bruxelles en version scénique. A bien y réfléchir, est-ce si surprenant ?  Après sa chute parisienne en 1838, l&#8217;opéra ne fut plus représenté qu&#8217;à Weimar en 1852, grâce aux efforts de Liszt, mais ce demi-succès resta largement sans lendemain. L&#8217;œuvre a &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Incroyable mais vrai : le <em>Benvenuto Cellini</em> de Berlioz n&rsquo;avait jamais été représenté à Bruxelles en version scénique. A bien y réfléchir, est-ce si surprenant ?  Après sa chute parisienne en 1838, l&rsquo;opéra ne fut plus représenté qu&rsquo;à Weimar en 1852, grâce aux efforts de Liszt, mais ce demi-succès resta largement sans lendemain. L&rsquo;œuvre a presque disparu des écrans jusqu&rsquo;à ce que Colin Davis la ressuscite au milieu des années 60. L&rsquo;enregistrement fit grand bruit, mais la pièce est toujours rare à la scène. Berlioz semble avoir acté lui-même son échec, puisqu&rsquo;il réutilisa les plus belles mélodies de l&rsquo;opéra, celles qu&rsquo;il ne voulait absolument pas perdre, dans son ouverture de concert <em>Le carnaval romain,</em> en 1844, à ne pas confondre avec l&rsquo;ouverture de l&rsquo;opéra lui-même. Et pourtant, malgré quelques défauts, l&rsquo;œuvre est d&rsquo;une force irrésistible, que ce soit par sa vivacité mélodique et rythmique, la joyeuseté de son livret ou la profondeur des thèmes abordés. A condition bien sûr de trouver des interprètes capables de se frotter à ses difficultés diaboliques, ce qui semble être le cas pour cette production bruxelloise.</p>
<p><strong>Thaddeus Strassberger</strong> a bien compris que le personnage principal n&rsquo;est ni Cellini, ni le Pape, ni Teresa mais bien la ville de Rome. Il n&rsquo;a pas froid aux yeux, et décide de nous en mettre plein la vue. Sa Rome de la Renaissance sera un mélange de péplum façon Cinecittà et de références felliniennes, dans une débauche d&rsquo;effets visuels, de costumes somptueux et d&rsquo;allusions à la culture queer. Cela fonctionne remarquablement, même si une telle profusion peut parfois perdre le spectateur, mais c&rsquo;est voulu, et cela fait écho à une partition où Berlioz empile les trouvailles les plus originales, et le chaudron qu&rsquo;est la fosse d&rsquo;orchestre trouve plus d&rsquo;une fois son reflet sur scène. On mentionnera en particulier le travail du costumier <strong>Giuseppe Palella</strong>, qui a pris un plaisir visible à revisiter tous les classiques de la ville éternelle : dieux du Panthéon, pape, gardes suisses, carabinieri, muses et joyeux fêtards du carnaval. C&rsquo;est à la fois poétique et drôle. On sera plus réservé sur l&rsquo;idée de réintroduire le langage parlé dans le finale du premier acte, avec une « battle » de drag queens. Non que l&rsquo;idée soit mauvaise en soi, mais le retour de la parole après une heure de musique produit un effet très incongru. Qu&rsquo;on ne se méprenne pas cependant : Strassberger n&rsquo;est pas seulement sensible aux aspects festifs de l&rsquo;opéra. Il rend justice à ses moments de poésie, et à la méditation très profonde qu&rsquo;il contient sur le rôle de l&rsquo;artiste. La façon dont il fait tourner le décor sans bruit pour passer du vacarme de l&rsquo;atelier à la solitude de Cellini et à son sublime « Sur les monts les plus sauvages » est magistrale.  Les apparitions du pape sont aussi des exemples d&rsquo;équilibre entre la satire et le sérieux.</p>
<p>La pièce ayant fait la preuve qu&rsquo;elle tient bien sur scène, est-elle jouable pour les musiciens ? La créativité de Berlioz est telle qu&rsquo;aucune interprétation sur le vif ne peut lui rendre pleine justice. Exemple : la première scène, où Teresa et Cellini se donnent rendez-vous, avec Fieramosca qui se cache à l&rsquo;arrière et cherche à déjouer leurs plans. Les chanteurs doivent faire de la dentelle en musique, alors que les acteurs doivent interpréter une scène de boulevard, avec portes qui claquent et jeu de cache-cache. La quadrature du cercle. En ce sens, <em>Benvenuto Cellini</em> est une œuvre platonicienne : elle existe sous une forme idéelle et parfaite dans le cerveau de Berlioz, et les diverses productions qu&rsquo;on en donne ne font que s&rsquo;approcher plus ou moins d&rsquo;un horizon inaccessible. Ceci étant posé, l&rsquo;équipe de La Monnaie a de solides atouts. La baguette d<strong>&lsquo;Alain Altinoglu</strong> ruisselle de couleurs. Visiblement heureux de diriger une partition dont il dit le plus grand bien dans le programme de salle, le chef tire le meilleur d&rsquo;un O<strong>rchestre symphonique de La Monnaie</strong> en grande forme. Les instrumentistes s&rsquo;ébrouent dans la partition avec joie, et font plus d&rsquo;une fois songer à de jeunes poulains lancés dans leur premier galop. Le brio individuel (tuba, cor anglais, timbales) n&#8217;empêche pas la cohésion de l&rsquo;ensemble, et l&rsquo;écoute vis-à-vis des chanteurs est exemplaire. Les <strong>chœurs de La Monnaie</strong> sont presque au même niveau, et nous régalent dans le <em>Chant des ciseleurs</em>. Mais ils ne peuvent s&#8217;empêcher de se prendre les pieds dans le tapis à plusieurs reprises dans le finale de premier acte. Il faut être indulgent tant l&rsquo;écriture de Berlioz « nargue les ressources des meilleurs ensembles du monde », pour reprendre les termes de Piotr Kaminski dans <em>1001 opéras</em>. Au-delà des aspects purement techniques, l&rsquo;esprit de <em>Benvenuto</em> est bien là, dans ce mélange étincelant de rire et de tendresse, ce côté incandescent, cette effervescence qui semble inextinguible.</p>
<p>La distribution est de premier ordre, soudée dans un esprit commun et totalement investie au service de l&rsquo;opéra et de la vision du metteur en scène. Commençons par la seule déception : le Balducci de <strong>Tijl Faveyts</strong> : la voix est engorgée, ne se projette pas vraiment bien, et la diction est confuse. Dans une ville majoritairement francophone, c&rsquo;est gênant, surtout que c&rsquo;est le trésorier du pape qui ouvre l&rsquo;opéra, et que cela plombe un peu la suite. Le contraste est d&rsquo;autant plus frappant que le reste de l&rsquo;équipe offre un français de premier ordre. Par exemple la Teresa de <strong>Ruth Iniesta,</strong> qui compose un personnage désopilant, mélange subtil entre la muse et l&rsquo;allumeuse. La voix est d&rsquo;une fraîcheur remarquable, et son parcours de belcantiste lui permet d&rsquo;affronter sans trembler la cabalette de son air « Quand j&rsquo;aurai votre âge », et de montrer comment Berlioz, tout en rejetant l&rsquo;opéra italien de son temps, n&rsquo;entendait pas renoncer à la virtuosité et à ses possibilités expressives. Et ce timbre a des pointes « sucrées » qui le rendent terriblement séduisant. Excellent acteur, le Fieramosca de <strong>Jean-Sébastien Bou</strong> sacrifie parfois le soin de la ligne à un jeu très énergique. C&rsquo;est souvent drôle, mais on aimerait mieux entendre son bel instrument de baryton. L&rsquo;Ascanio de <strong>Florence Losseau</strong> touche au sublime : ligne souveraine, vocalisation au cordeau, timbre pulpeux, français impeccable et bien projeté. Et les nuances qu&rsquo;elle met sur « moi je chante, moi je ris » dans son deuxième air montrent qu&rsquo;elle a beaucoup réfléchi sur son rôle, lequel gagne à dépasser le cliché de l&rsquo;élève espiègle.</p>
<p>Chanter un pape sur scène ne doit pas être facile, surtout que Berlioz semble hésiter constamment entre respect et irréverence. <strong>Ante Jerkunica</strong> réussit une synthèse admirable : sa stature colossale lui permet de surjouer le prélat compassé. Voilà pour la truculence de Berlioz contre l&rsquo;Eglise. Mais le bouillant Hector voulait aussi écrire un rôle de basse qui mette en valeur l&rsquo;onction et la majesté d&rsquo;un pontife. Jerkunica joue alors de son timbre d&rsquo;airain, de son volume immense, de sa musicalité tranquille et du magnétisme musical que suscite chacune de ses apparitions. Nous n&rsquo;avons pas l&rsquo;habitude d&rsquo;entendre une voix d&rsquo;une telle noirceur dans l&rsquo;opéra français, où l&rsquo;on privilégie souvent des timbres plus clairs, mais ces accents dignes d&rsquo;un Hunding ou d&rsquo;un Fasolt fonctionnement parfaitement.</p>
<p>Reste à parler du miracle <strong>John Osborn</strong>. Miracle, le mot n&rsquo;est pas trop fort tant nous assistons ici à une osmose entre un rôle et un chanteur. Osborn <em>est</em> Cellini , comme Birgit Nilsson <em>était</em> Brünnhilde ou Maria Callas <em>était</em> Violetta. La partie semble écrite pour lui : il en a toutes les notes, tous les murmures, tous les élans. Rien ne parait difficile : les larges cantabile de ses deux airs, les aigus crucifiants du duo avec Teresa, les apartés du carnaval, les trépignements de la scène finale. Partout, le ton adéquat, la voix allégée ou donnée à plein, le français aisé à comprendre et vécu de l&rsquo;intérieur. Aucun signe de fatigue à l&rsquo;issue de cette performance, l&rsquo;artiste sortant de cette fournaise l&rsquo;oeil sec et le cheveux en ordre. Il est intéressant de noter que le rôle produit souvent ce type d&rsquo;identification complète. Au disque, Nicolaï Gedda et Gregory Kunde donnaient la même impression. Faut-il croire que Berlioz a admirablement réussi son projet de mettre en scène un artiste auquel tous les autres puissent s&rsquo;identifier ?</p>
<p>Reste à espérer que, armée de tant d&rsquo;atout, cette production bruxelloise soit vue par le plus grand nombre, et qu&rsquo;elle soit un jalon sur le chemin qui permettra à <em>Benvenuto Cellini</em> d&rsquo;entrer dans le répertoire de toutes les maisons d&rsquo;opéra.</p>
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		<title>OFFENBACH, Les Contes d&#8217;Hoffmann &#8211; Paris (Opéra-Comique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-les-contes-dhoffmann-paris-opera-comique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Sep 2025 07:37:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On nous avait prévenus : Les Contes d’Hoffmann, créés à Strasbourg la saison dernière et repris à l’Opéra Comique jusqu’au 5 octobre, tournent le dos à une tradition apocryphe. L’absence de partition définitive autorise toutes les adaptations possibles de l’ultime chef d’œuvre d’Offenbach*. Lotte De Beer a pu constituer sa propre version en toute légitimité, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On nous avait prévenus : <em>Les Contes d’Hoffmann</em>, créés <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-les-contes-dhoffmann-strasbourg/">à Strasbourg la saison dernière</a> et repris à l’Opéra Comique jusqu’au 5 octobre, tournent le dos à une tradition apocryphe. L’absence de partition définitive autorise toutes les adaptations possibles de l’ultime chef d’œuvre d’Offenbach*. <strong>Lotte De Beer</strong> a pu constituer sa propre version en toute légitimité, supprimer là un couplet, ici des pages entières de musique, offrir un acte de Venise comme on ne l’a jamais entendu, opter indifféremment pour les récitatifs parlés ou chantés, au mépris de l’élan dramatique et – plus embarrassant – de l’émotion, sans que les puristes ne soient en droit de pousser des cris d’orfraie. Était-il cependant nécessaire d’écrire de nouveaux dialogues, chargés dans le même temps de combler les vides narratifs induits par les coupures et d’ajouter au récit un niveau de lecture actuel, destiné à conjurer ce que Catherine Clément appelait « la défaite des femmes » ? A l’épreuve de la scène, ces <em>Contes</em> sont moins d’Hoffmann que de Nicklausse – la Muse – à laquelle revient l’essentiel du discours, à la fois narratrice et moralisatrice. L’enfer, c’est bien connu, est pavé de bonnes intentions, d’autant que d’expérience, chez Offenbach en particulier, la réécriture des dialogues est un procédé qui ne fonctionne jamais. Et ce n’est pas le moindre mérite d’<strong>Héloïse Mas</strong> d’alterner parole et chant à haute dose la soirée entière. La conteuse l’emporterait sur la chanteuse surexposée si « Vois sous l’archer frémissant » au 3<sup>e</sup> acte n’illustrait la maîtrise de la nuance, l’art de moduler l’intensité, les couleurs et les contrastes pour donner chair à la musique</p>
<p>Autre enseignement tiré de l’expérience : si tentant soit sur le plan dramatique de confier les quatre rôles féminins à une même interprète, le compte n’y est pas : il n’existe pas de chanteuse capable de résoudre la quadrature du cercle, aujourd’hui comme hier. <strong>Amina Edris</strong> n’échappe pas à la règle, contrainte de contourner les coloratures d’Olympia, de durcir les traits de Giulietta, sans finalement s’épanouir dans Antonia autant que le voudrait sa véritable nature de soprano lyrique. Reste une romance de la Tourterelle, sensible, tenue sur le fil où dans le frisson du médium passe comme l’ombre de Victoria De Los Angeles.</p>
<p>Des affinités de <strong>Michael Spyres</strong> avec Hoffmann, il n’est pas question de débattre. Bien qu’américain, le ténor se distingue par la justesse de sa diction française. Clarté donc, bravoure aussi et compréhension intime d’un rôle dans lequel il se jette sans filet, au péril d’une voix qui à trop flirter avec plusieurs répertoires semble parfois chercher sa véritable identité. Fatigue ou appréhension d’un soir de première, le registre supérieur en voix de poitrine révèle ses limites. L’intelligence de l’interprète vient alors en renfort pour balayer toutes réserves d’un geste vocal toujours opportun. Intonation, dynamique, accentuation : l’artiste reste exceptionnel.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Hoffmann-1-1-1294x600.jpg" />© Stefan Brion</pre>
<p>L’inconvénient d’une telle version est qu’elle laisse peu de places aux autres personnages : diable sacrifié dont il n’est pas certain que <strong>Jean-Sebastien Bou</strong> possède les attributs néfastes – la noirceur, l’ambiguïté inquiétante, la puissance maléfique ; <strong>Raphaël Brémard</strong> réduit aux couplets de Franz posés dans l’acte de Munich comme un cheveu sur la soupe, qui ratent leur effet comique. <strong>Nicolas Cavallier</strong> porte beau en Crespel mais Luther au prologue se contente de servir des bières. Tout juste note-t-on dans les second rôles, <strong>Matthieu Justine</strong> encore hésitant en Nathanaël mais percutant et idiomatique en Spalanzani.</p>
<p>A l’aide d’un Orchestre philharmonique de Strasbourg aux pupitres clairement détachés et d’un ensemble Aedes également limpide, <strong>Pierre Dumoussaud</strong> renoue avec les origines de la partition – opéra-comique donc, débarrassé de toute emphase, dégraissé quitte à tempérer ses ardeurs lyriques, cependant équilibré, vif, animé d’une énergie et d’une précision qui souligne les détails sans perdre la notion d’ensemble.</p>
<p>La mise en scène de <strong>Lotte de Beer</strong> opte pour un décor unique, sorte de chambre noire utilisée pour briser les perspectives et étudier les comportements. Le rideau tombe plus souvent qu’à son tour afin de permettre les changements de tableau. Quelques jolies trouvailles alternent avec d’autres moins judicieuses – la poupée gigantesque, amusante au premier abord se révèle une chausse-trappe scénique, rendant incongrue la présence de l’interprète d’Olympia. Certains choix interrogent mais n’est-ce pas l’objet d’une telle approche de susciter la discussion ? En ce sens, la metteuse en scène a réussi son pari.</p>
<pre>* Lire à ce propos <a href="https://www.forumopera.com/pierre-dumoussaud-les-metteurs-en-scene-et-les-musiciens-nont-pas-la-meme-attitude-vis-a-vis-du-texte-musical-ou-litteraire-parce-que-leurs-missions-different/">l'interview de Pierre Dumoussaud par Edouard Brane</a></pre>
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		<title>Regards sur Béatrice Uria Monzon : « Elle était solaire »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/regards-sur-beatrice-uria-monzon-elle-etait-solaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Jul 2025 10:02:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Béatrice URIA-MONZON]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Roberto ALAGNA, ténor « Béatrice est mon amie, ma complice, ma Chimène, ma Didon, ma Santuzza , ma Carmen et tant d’autres héroïnes.Elle est ma jeunesse, elle est là, près de moi et en moi, compagne et artiste de rêve, symbole et protagoniste de nos espoirs, de notre devenir. Elle est la symbiose parfaite d’une &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Roberto ALAGNA, ténor</strong></p>
<p>« Béatrice est mon amie, ma complice, ma Chimène, ma Didon, ma Santuzza , ma Carmen et tant d’autres héroïnes.<br>Elle est ma jeunesse, elle est là, près de moi et en moi, compagne et artiste de rêve, symbole et protagoniste de nos espoirs, de notre devenir. Elle est la symbiose parfaite d’une interprète et son personnage. Pas besoin de mots pour expliquer cette fusion. <br>Elle est ma Carmen et ma Béa pour toujours. »</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Roberto Alagna &amp; Béatrice Uria-Monzon | TV &quot;300 CHOEURS&quot; - Extraits de CARMEN (Bizet) France 3" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/m-sjJJWy_Wo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


<p><strong>Roselyne BACHELOT, ancienne Ministre de la Culture</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Quand une artiste de l’envergure de Béatrice Uria-Monzon part pour le grand voyage, vous revient alors en un chagrin insondable et une gratitude vibrante les héroïnes qu’elle a transfigurées de sa magnifique personnalité, Carmen, Charlotte, Chimène, Dalila, Sarah, Eboli, Tosca pour ne citer que celles pour lesquelles je l’ai applaudie. Puis, comme une dague plantée en plein cœur, c’est la Santuzza déchirante de ce soir d’aout 2009 au Théâtre antique d’Orange qui envahit tout l’espace de l’émotion.</p>
<p style="font-weight: 400;">Ce n’est sans doute pas le personnage que Béatrice aurait choisi si un critique lui avait demandé de dresser le palmarès de ses rôles. Mais il est des moments où la communion est si forte que l’on comprend au plus profond ce qui fait la pâte humaine d’un interprète.</p>
<p style="font-weight: 400;">Je l’ai rencontrée sur le mode amical, joyeuse et chaleureuse, en gala caritatif où sa générosité n’était jamais prise en défaut, en compagnonnage lors de jurys de concours expliquant aux concurrents avec humanité et sans démagogie comment ils ou elles pouvaient progresser, et&nbsp; en sortie de scène après tant de triomphes qui nous avaient transportés.&nbsp;</p>
<p style="font-weight: 400;">Béatrice, c’était d’abord le respect absolu de l’œuvre. Pas d’échappatoire, de trucage, de ces facilités que ne détectent que les spécialistes. Au moment où l’on croit sauver l’art lyrique par la politique du grand n’importe quoi, sa rigueur devrait servir de fil conducteur aux barbares qui le martyrisent.</p>
<p style="font-weight: 400;">Béatrice, c’était aussi la certitude qu’on sert l’œuvre et le personnage non pas en se moulant dans un académisme réducteur, mais en fouillant les tréfonds de sa sensibilité pour mieux les cerner. «&nbsp;Je veux &nbsp;faire bouger les choses&nbsp;» nous disait-elle pour la sortie de son album <em>Assoluta. </em>Le respect pour elle n’était pas de l’immobilisme.</p>
<p style="font-weight: 400;">Béatrice, c’était aussi une dignité absolue sans morgue et sans facilité populacière. C’est sans doute cette dimension que j’avais intimement comprise en cette nuit d’aout&nbsp;: interpréter une simple paysanne en lui donnant la stature d’une aristocrate, donner à une fille du peuple la grandeur d’un destin brisé.</p>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2021, comme ministre de la Culture, j’avais fait Béatrice commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres. Si la dignité de Grand-Croix avait existé dans cet Ordre, c’est bien ceinte de cette écharpe qu’elle serait au paradis.</span></p>


<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>


<p><strong>Bertrand DE BILLY, chef d&rsquo;orchestre</strong></p>
<p>J&rsquo;ai travaillé pour la première fois avec Béatrice Uria-Monzon à l&rsquo;occasion d&rsquo;une production de <em>Hamlet</em>, d&rsquo;Ambroise Thomas, au Liceu de Barcelone, avec Natalie Dessay et Simon Keenlyside. Elle interprétait la Reine Gertrude, et donnait à ce personnage une dimension dramatique captivante. Mais en coulisses, c&rsquo;est par son sens de l&rsquo;auto-dérision qu&rsquo;elle se distinguait. J&rsquo;ai compris dès ce moment-là que Béatrice faisait partie de ces artistes qui prennent leur travail très au sérieux sans se prendre eux-mêmes au sérieux. Une qualité rare et précieuse ! En travaillant Carmen avec elle, j&rsquo;ai aussi découvert un autre aspect de sa personnalité artistique : sa capacité à se remettre en question, sa volonté d&rsquo;essayer de nouvelles choses. Avoir été l&rsquo;une des plus grandes interprètes de Carmen ne l&#8217;empêchait pas de rester curieuse et ouverte, à l&rsquo;écoute. Enfin, un autre souvenir marquant me revient en mémoire, celui de son Eboli, dans le<em> Don Carlos</em> de Verdi, en version française, à l&rsquo;Opéra de Vienne. Ce rôle constituait un vrai défi pour elle, défi qu&rsquo;elle a relevé avec panache, parce qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas cherché à travestir sa voix. Elle a gardé ce qu&rsquo;elle avait de mieux en elle, et qu&rsquo;elle pouvait apporter à ce rôle : son timbre chaud et capiteux, « Samt und Seide » comme on dit en Allemagne (« velours et soie »), sa superbe présence scénique, et son format vocal, d&rsquo;essence profondément lyrique. Et elle a obtenu, à Vienne, dans ce rôle si difficile, un grand succès, grâce à son talent, son intelligence et son humilité. Autant de qualités dont, avec son humour, nous nous souviendrons toujours lorsque nous penserons à Béatrice.</p>


<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>


<p><strong>Jean-François BORRAS, ténor</strong></p>
<p>Je suis très ému par sa disparition. J’ai eu le privilège de faire son dernier opéra <em>Mefistofele</em> de Boito à Toulouse en juin 2023. Elle était en pleine forme, souriante et espiègle. J’ai connu Béatrice relativement tard sur <em>La Vestale</em> de Spontini au Théâtre des Champs-Elysées. Lors de la présentation du metteur en scène, nous nous sommes regardés et nous nous sommes directement parlé comme si nous nous connaissions depuis des années. C’était une très belle femme, une immense artiste avec son caractère mais toujours le sourire aux lèvres. Elle fut ma Marguerite aux Chorégies d’Orange. C’était aussi une artiste généreuse avec les jeunes et une amatrice de bon vin et de la vie.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/jean-francois-borras-souvenirs-de-monte-carlo/"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/mefistofele_Jean-Francois-Borras-Faust-Beatrice-Uria-Monzon-Marguerite-©-Philippe-Gromelle-2018-18-c-philippe-gromelle.jpg" alt=""/></a><figcaption class="wp-element-caption">Avec Béatrice Uria-Monzon dans Mefistofele en 2018 © Philippe Gromelle</figcaption></figure>


<p><strong>Jean-Sébastien BOU, baryton</strong></p>
<p>Ce qui était fascinant chez Béatrice, c’était sa capacité à se livrer telle qu’elle était sur scène dans toute sa vérité et toute son humanité. Lorsqu’elle chantait, lorsqu’elle jouait, lorsqu’elle évoluait sur un plateau, le temps s’arrêtait et nous partagions émotionnellement son histoire. C’était une magnifique artiste parce que c’était une magnifique personne. Il est rare de rencontrer quelqu’un d’aussi généreux dans une vie. Je vous envoie également une photo d’elle que j’ai faite alors que nous étions en pause à l’Opera de Paris. <em>Le soulier de satin</em> est la dernière production où nous avons partagé la scène. C’était en 2021.<br>Jean-Sébastien</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="472" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/57792ee7-6d1d-45bc-85cb-75ee9d3156d4-472x1024.jpg" alt="" class="wp-image-195308"/><figcaption class="wp-element-caption">Béatrice Uria Monzon par Jean-Sébastien Bou, Paris.</figcaption></figure>


<p><strong>Yann BEURON, ténor</strong></p>
<p>J’ai connu Béatrice sur <em>Così fan tutte</em> en 1996, la seule Dorabella de sa carrière je pense. Magnifique de mon point de vue. De timbre surtout. Puis nous nous sommes retrouvés la dernière fois sur la création du <em>Soulier de satin</em> en 2021. Je serai économe. Elle était solaire, cela la définissait essentiellement à mes yeux. Et adorait rire. Et j’adorais la faire rire. Elle était bon public…suis profondément peiné.&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://www.radiofrance.fr/s3/cruiser-production-eu3/2021/06/54eccbf9-59ee-4256-8f2e-86be5ec51b8f/640x340_1_2_le_soulier_de_satin_opera_national_de_paris-20-21-c-elisa_haberer_onp-41-.jpg" alt=""/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Le Soulier de Satin de Marc-André Dalbavie, 2021, Opéra de Paris.</em></figcaption></figure>


<p><strong>Laurent CAMPELLONE, chef d&rsquo;orchestre</strong></p>
<p>Béatrice faisait partie de ces artistes qui entrent en scène et nous saisissent immédiatement d’un état bouleversant : être à la fois pleinement un personnage et demeurer la vérité de soi-même. Béatrice épousait chaque incarnation de tout son être, avec une sincérité et un engagement sans limite. Mais, elle le faisait toujours du haut de toute son élégance et de toute son intelligence. Pour cela, on ressortait chaque fois d’une représentation chantée par Béatrice en ayant appris des choses fondamentales sur un rôle qu’on connaissait pourtant déjà.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>Un souvenir de Béatrice au Festival Berlioz de 2006. Elle interprétait&nbsp; <em>La Mort de Cléopâtre</em>.</p>
<p>Nous avions eu une séance de travail passionnante au piano avant que de répéter avec l’orchestre. Alors qu’elle était encore une fois sublime de justesse, son humilité face à cette partition et sa volonté d’aller toujours plus loin dans la compréhension des ressorts de chaque mot et de chaque note n’avaient pas de limite.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>Je me souviens du concert. Et plus<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>particulièrement, de toute la palette de couleurs de sa voix dans la dernière partie de la cantate, lorsque le venin de la vipère commence à glacer le sang de Cléopâtre et que le rythme de son cœur (les contrebasses de l’orchestre) commence à défaillir, à devenir irrégulier jusqu’à cesser. Sous la voûte étoilée de ce mois d’août, tout le monde avait été saisi par tant de vérité : Cléopâtre était là. Et tous nos cœurs réunis devenaient, mesure après mesure, son cœur qui s’arrêta d’un seul coup de battre et nous laissa tous suspendus dans le néant.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p>Depuis l’annonce de sa mort, je repense à ce moment de musique inouï.</p>
<p>Moment de musique qui, parce que c’était cela aussi Béatrice, avait eu, bien entendu un prolongement humain de partage et de générosité tout aussi puissant.</p>
<p>De retour à l’hôtel après la fin du concert, très tard donc, alors que le service de restauration était terminé depuis longtemps, elle avait, en un seul sourire, fait chavirer le patron en lui disant simplement : «&nbsp;Même si je suis encore une fois morte sur scène, vous n’allez pas me laisser mourir de faim quand même !&nbsp;». Les frigos et celliers de cet établissement, renommé pour sa formidable cuisine, s’étaient ouverts instantanément. Et nous avions alors passé un moment extraordinaire à table, avec force pâtés en croûte, fromages et vins de la vallée du Rhône, à parler de la joie de vivre et du bonheur qui était le notre de pouvoir porter chaque soir vers le public les traits sublimes des compositeurs que nous admirons tant.</p>
<p>Laurent Campellone</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://cult.news/app/uploads/2025/07/Lecteur-spotify-1-e1752942364103.jpg" alt=""/></figure>


<p><strong>Marc-André DALBAVIE, compositeur</strong></p>
<p>Béatrice a été très importante pour la création de mon opéra le <em>Soulier de Satin</em> à l&rsquo;opéra de Paris en 2021. Elle chantait le rôle d&rsquo;Isabel et comme compositeur et comme chef d&rsquo;orchestre, notre collaboration a été formidable. Néanmoins, je n&rsquo;ai pas pu approfondir mes contacts avec Béatrice car c&rsquo;était pendant la période COVID et les rapports en dehors des répétitions étaient inexistants. Je ne suis pas assez proche de Béatrice pour écrire quelque chose sur elle dans cette circonstance. Je ne la connais pas assez et je le regrette. Je garde malgré tout un souvenir émerveillé de notre très courte mais très intense collaboration.</p>
<p>Marc-André Dalbavie</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/187867064_6283252065021856_6908073737013533791_n-1000x600.jpg?v=1753033033" alt=""/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Le Soulier de Satin de Marc-André Dalbavie, 2021, Opéra de Paris.</em></figcaption></figure>



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<p><strong>Karine DESHAYES, mezzo-soprano</strong></p>
<p>BUM , parmi tous les grands rôles qu’elle a interprétés , était pour moi l’incarnation même de Carmen. Lorsque je l’ai entendue la première fois à L’Opéra de Paris à la fin des années 90, sa voix , son timbre chaud , sa présence scénique, sa classe et son élégance naturelle m’ont marquée à jamais. J’ai ensuite eu la chance de chanter à ses cotés dans <em>Carmen</em> aux Chorégies d’Orange en 2004 dans la production de Jérôme Savary. Alors que j’étais en prise de rôle pour Mercedes et que je faisais mes débuts à Orange, elle s’est montrée très généreuse avec moi, m’a beaucoup soutenue et même guidée. Dés lors nous sommes devenues des amies proches … elle a toujours suivi ma carrière jusqu’en avril dernier, où elle est venue m’écouter dans Norma à Toulouse. <br>Béatrice était une femme extraordinaire, qui aimait la vie, rire, les soirées entre amis… et qui a toujours été souriante et attentionnée.</p>
<p>Karine Deshayes</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://images.ladepeche.fr/api/v1/images/view/64d11e0ce7d6aa1f510d4dcd/large/image.jpg?v=1" alt=""/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Béatrice Uria Monzon, Karine Deshayes et Chantal Perraud sont à l’affiche de l’édition 2023 du festival lyrique du Grand Villeneuvois./ DDM G.G.&nbsp;DDM G.G.</em></figcaption></figure>


<p><strong>Julien DRAN, ténor</strong></p>
<p>Selon moi, Béatrice, était tout ce qu’un.e artiste doit représenter : l’élégance, la classe, l’intégrité, la générosité et la simplicité dans la grandeur. Elle était perfectionniste et l’intensité avec laquelle elle montait sur scène était stupéfiante. Elle a, pour moi, toujours été un exemple du chemin que ceux qui désirent brûler les planches doivent suivre.<br>J’ai eu l’honneur et l’immense plaisir de partager la scène avec Béatrice quelques fois et la fierté que j’en éprouvais me marque encore maintenant, et pour le reste de ma vie.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;<br></span>En tant que femme, j’ai aussi eu la chance d’être touché par sa générosité, son écoute et son soutien indéfectible. Je lui en serai éternellement reconnaissant.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;<br></span>Une grande dame, une immense artiste qui va beaucoup manquer à toutes les personnes qu’elle a touché.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;<br></span></p>
<p>Julien DRAN</p>


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<p><strong>Delphine HAIDAN, mezzo-soprano</strong></p>
<p>Un des plus beaux timbres de voix , une amie fidèle depuis plus de 30 ans ,une femme genereuse et courageuse<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>! Elle va me manquer</p>
<p>Delphine Haidan</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://www.olyrix.com/files/picture/photos/PhotoPage/46461/mickael-bardin-delphine-haidan-et-beatrice-uria-monzon.jpg" alt=""/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Mickaël Bardin, Delphine Haidan et Beatrice Uria-Monzon © Vichy Culture</em></figcaption></figure>


<p><strong>Jean-François LAPOINTE, baryton</strong></p>
<p>Béatrice était une grande artiste et une femme d&rsquo;exception. Nous avons fait plusieurs <em>Carmen</em> ensemble. Elle transcendait l&rsquo;image qu&rsquo;on se faisait du rôle. Elle m&rsquo;a toujours impressionné. Je garde aussi en tête son petit côté rebelle presque rockeuse. Je la vois encore arriver sur sa grosse moto à Toulouse dans les années 90. Elle était belle, elle était libre, elle était magnifique!<br>Je crois que de toutes les productions que nous avons faites ensemble, c&rsquo;est <em>Cléopâtre</em> de Massenet à l&rsquo;Opéra de Marseille qui nous aura permis de développer notre plus grande complicité scénique. Je garderai toujours dans mon coeur ce souvenir merveilleux et précieux où nous avons incarné ces personnages mythiques. Béatrice était une reine magistrale, éblouissante. Elle est maintenant éternelle.</p>
<p>Jean-François Lapointe</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://www.resmusica.com/wp-content/uploads/2013/06/Massenet-Cléopâtre-photo-Christian-Dresse.jpg" alt=""/></figure>



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<p><strong>Antoine PALLOC, pianiste et chef de chant</strong></p>
<p>Il y a des chanteurs et il y a des artistes, des âmes, des êtres chantants avec qui il n&rsquo;est pas utile de répéter car la musique, la connexion et le partage se font naturellement.<br>Béa appartient à cette catégorie : en un clin d&rsquo;œil rieur et heureux, le partage, la connexion, la connivence sont là, simplement, joyeusement et tendrement. Le travail peut commencer pour aller au plus profond des émotions en quête de cette vérité, de sincérité que tout artiste recherche.<br>Cette force généreuse et créatrice, Béatrice, Béa, ma cocotte, BUM, LA BUM, l&rsquo;a toujours eue, avec classe et élégance, en humilité, en simplicité, en doutes, en questions, en travail, en rigueur, mais toujours en joie de vivre.</p>
<p>Antoine Palloc</p>


<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/BUM3.jpg" alt="" class="wp-image-195200"/><figcaption class="wp-element-caption"><em>L&rsquo;Instant Lyrique de Béatrice Uria Monzon et Antoine Palloc, Paris, 2021</em></figcaption></figure>


<p><strong>Alexandra MARCELLIER, soprano</strong></p>
<p>Béatrice Uria-Monzon, c’était bien plus qu’une voix : c’était une présence, une lumière, une force tranquille. Dès notre première rencontre à Agen, elle a marqué ma vie. Elle était une artiste rare, une vraie, animée par une passion brûlante pour la musique, pour la vie, pour les autres et pour la nature. Elle avait ce lien profond avec la terre, avec ce qui est essentiel, vrai, vivant. Je la revois dans son jardin, rayonnante, enracinée, pleinement elle-même. Ce que j’aimais profondément chez elle, c’était cette alliance unique de grandeur et de douceur, de feu et de grâce, de générosité et de pudeur. Même face à la maladie, elle ne montrait jamais sa peur, préférant protéger ceux qu’elle aimait. Elle m’a transmis l’exigence, la liberté, le courage, et cette idée précieuse qu’il faut vivre pleinement. Aujourd’hui, chaque note que je chante lui est dédiée. Béatrice était, et restera, l’un des piliers de ma vie.</p>


<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/94C89936-9014-435D-A98B-756180E2B1A7-1024x673.jpg" alt="" class="wp-image-195138" width="910" height="598"/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Alexandra Marcellier et Béatrice Uria Monzon, collection privée</em></figcaption></figure>


<p><strong>Christophe GHRISTI, directeur du Capitole de Toulouse</strong></p>
<p class="elementToProof">De Béatrice Uria-Monzon, j&rsquo;ai évidemment beaucoup d&rsquo;images sur scène. J&rsquo;en évoquerai deux.</p>
<p class="elementToProof">La première dans mon souvenir, alors que j&rsquo;étais tout jeune dramaturge au Capitole : Béatrice chantait Carmen, Michel Plasson dirigeait. Elle faisait sa première entrée sur une passerelle à quelques mètres du sol (sublime décor de Frigerio), les bras nus, les cheveux négligeamment attachés, narguant le monde entier, d&rsquo;une beauté tranchante et irrésistible. Plasson l&rsquo;enveloppait de mille rayons de soleil. Et, je m&rsquo;en souviens extrêmement bien, je m&rsquo;étais dit du haut de ma jeunesse imprudente : « plus jamais je n&rsquo;entendrai Carmen comme ça ». Et en effet, j&rsquo;en ai entendu d&rsquo;autres, et des magnifiques, mais plus jamais ce sentiment de volupté et de vérité sans limite, absolument nietzschéen.</p>
<p class="elementToProof">La dernière, pendant <em>Mefistofele</em> au Capitole en juin 2023, ses derniers spectacles. Béatrice était très déprimée, sans doute déjà épuisée par le mal qui allait se déclarer peu après. Sublime en scène, elle éblouissait dans ce rôle pourtant si ingrat de Hélène de Troie, arrivant pour un seul tableau à la fin d&rsquo;un ouvrage si prolixe. A la dernière, elle m&rsquo;a dit avoir le triste sentiment qu&rsquo;elle venait de chanter là pour la dernière fois. J&rsquo;ai ri et j&rsquo;ai balayé ses craintes d&rsquo;un revers de la main, avec mes projets pour elle dans la tête.</p>
<div class="elementToProof">Les grands artistes sont bien des médiums, ils sentent les vérités auxquelles un simple humain n&rsquo;a pas accès.</div>
<p>Christophe GHRISTI</p>


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<p><strong>Olivier FREDJ, metteur-en-scène</strong></p>
<p>Béatrice était une magicienne. Rayonnante de bonheur quand elle s&rsquo;occupait de ses plants de tomates et dressait les grandes tables de sa maison, en haut de sa colline. Des vues peintes par son père, une colline sur laquelle trônait sa maison, toujours ouverte aux amis. J&rsquo;ai rencontré Béatrice à Bruxelles, elle était ma Lady Macbeth, y prenait le rôle. Elle travaillait d&rsquo;arrache pied ses « trois cerveaux » comme elle les appelait. Celui de la voix et de la musique, celui du texte et du sens, celui de la mise en scène et de ses partenaires de jeux. Elle irradiait, pourtant terrorisée à tout instant de ne pas être à la hauteur. Parce que c&rsquo;était elle, elle est devenue Lauren Bacall dans l&rsquo;acte I, Jackie Kennedy à l&rsquo;acte II, Nancy Reagan<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>au III&#8230; et sublime plus que tout dans la fragilité du somnambulisme. Comme état physique, je souhaitais qu&rsquo;elle se nourrisse de la fameuse scène de Pina Baush dans Café Muller. Elle la regarda, une fois, avec moi, puis répéta la scène. Dés la première tentative, devant une salle de répétition médusée, elle a lancé, inquiète, au jeune débutant que j&rsquo;étais : « ça va, comme ça, c&rsquo;est bien? ». C&rsquo;était bien. Et je comprenais dans son souci de bien faire qu&rsquo;elle ne savait pas, ne voulait pas sans doute savoir à quel point elle dégageait quelque chose qui transcendait les directions données. J&rsquo;ai essayé de longues années à le lui faire entendre, à ce qu&rsquo;elle ose cette confiance dans ce qu&rsquo;elle proposait. En vain, elle était au service d&rsquo;un tout, et l&rsquo;inquiétude de ne pas être assez ne s&rsquo;apaiserait qu&rsquo;aux pieds de ses tomates, plus tard, ailleurs. J&rsquo;ai l&rsquo;impression qu&rsquo;on s&rsquo;était reconnus. Parce qu&rsquo;on ne s&rsquo;attachait qu&rsquo;à l&rsquo;ensemble, qu&rsquo;au résultat global, bien au delà de nos enjeux personnels. Je garderai toujours deux images d&rsquo;elle, chez elle, un verre de vin et une cigarette si rarement<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>possible quand elle travaillait, à rire aux larmes sur la terrasse. Et celle empruntée à Blue Velvet, en Lady Macbeth, une lampe de chantier à la main en guise de micro, ouvrant la bouche d&rsquo;un hurlement muet, son corps entier disparu dans cette Lady. Adieu ma Lady, je suis sur que je ne suis pas le seul que tu as changé par ta présence.</p>
<p>Olivier FREDJ</p>


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<p><strong>Michel PLASSON, chef d&rsquo;orchestre</strong></p>
<p class="s6"><span class="s7">Béatrice… c’était le timbre et le charme&nbsp;!</span></p>
<p class="s6"><span class="s7">Elle avait ce charme, pas celui qu’on affiche, pas celui qu’on joue mais celui qui ne s’use pas, qui ne se montre pas, qui ne s’exploite pas. Elle portait le charme comme gravité. Comme les planètes, comme le magnétisme. Un mystère venu d’ailleurs. Elle ne l’utilisait pas, elle l’avait, tout simplement. Et c’est ça qui me bouleversait. Le charme, le vrai, est inexplicable. Ce n’est ni technique, ni scolaire. C’est au-delà. Et Béatrice l’avait, elle le portait comme une étoile brillante au firmament. </span><span class="s7"><br></span><span class="s7"><br></span><span class="s7">Elle n’était jamais dans l’artifice. Elle était vraie. Dérangeante de vérité parfois. Et cette vérité, je voulais la révéler, pas la diriger. Accompagner, oui mais indiquer, jamais. Car ce que je cherche, dans la musique, c’est la personne. Et avec Béatrice, il y avait une personne entière, grave, joyeuse, troublante.</span></p>
<p class="s6"><span class="s7">Elle avait un timbre très particulier. Franco-espagnol peut-être ? Ni tout à fait espagnol, ni tout à fait français. Mais surtout un timbre à elle. Le timbre, c’est l’ADN du chanteur. On ne le change pas, il est inaltérable. Le sien était surtout singulier. Ce timbre racontait quelque chose. On sentait derrière lui un cœur qui n’était pas toujours heureux. Et moi, j’y sentais une fragilité, une absence de bonheur. Cette tristesse délicate mêlée à la lumière était bouleversante.</span></p>
<p class="s6"><span class="s7">J’ai eu pour elle une tendresse rare. Une tendresse que je n’ai pas eue pour beaucoup de chanteuses. Et je le dis sans détours car avec elle, il n’y avait pas de faux-semblants.</span></p>
<p class="s6"><span class="s7">Elle est partie. Et je sens qu’elle n’a pas tout dit, pas tout chanté. Mais ce qu’elle a laissé, c’est cette vibration intérieure qui dépasse les rôles et les scènes. Elle était accordée à quelque chose de plus grand. Et ça, ça ne s’oublie pas.</span></p>
<p>Michel Plasson</p>


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<p><strong>José VAN DAM, baryton-basse</strong></p>
<p>Béatrice était une chanteuse unique. Une belle âme, une grande artiste, une superbe voix et une personnalité en dehors du commun avec qui il était toujours très agréable de partager la scène. <br>Quelle tristesse de la savoir partie….</p>
<p>José van Dam</p>


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<p><strong>Maurice XIBERRAS, directeur de l&rsquo;Opéra de Marseille</strong></p>
<p>Écrire quelques lignes sur Béatrice est difficile pour moi.</p>
<p>J&rsquo;avais beau m&rsquo;attendre à cette nouvelle, mais depuis je suis anéanti et pense à tous nos multiples souvenirs communs, amicaux et artistiques.</p>
<p>Mon « histoire » avec Béatrice, commence il y a fort longtemps lorsqu&rsquo;elle&nbsp; était stagiaire au Cnipal à Marseille dans la phalange consacrée aux apprentis choristes.</p>
<p>Je passais voir des amis chanteurs, et je suis interpellé par une voix que j’entendais derrière une porte. J&rsquo;écoute avec curiosité , la personne sort.&nbsp; C&rsquo;était Béatrice qui prenait un cours avec son professeur Pali Marinov. Je m&rsquo;enhardis en me présentant et en lui disant que la qualité de sa voix était plus que prometteuse et celle d&rsquo;une soliste. Depuis ce jour, nous sommes restés amis.</p>
<p>Le hasard des parcours a voulu que je devienne Directeur de l&rsquo;Opéra de Marseille et bien entendu j&rsquo;ai tout de suite appelé Béatrice. Elle m&rsquo;a fait le cadeau de venir à de nombreuses reprises à Marseille,, se sentant à la « maison » comme elle le disait.&nbsp; Je pense à <em>Carmen</em> bien sur, à <em>Hérodiade</em>, à <em>Roberto Devereux</em>, <em>Gioconda</em>, <em>Le Cid</em> et<em> Les Troyens</em> avec Roberto, <em>Le Roi d&rsquo;Ys</em>, <em>Cléopâtre</em>&#8230; A chaque fois c&rsquo;était un plaisir renouvelé. Tout d&rsquo;abord celui d&rsquo;amis qui se retrouvent, comme si ils s&rsquo;étaient quittés la veille , mais également un délice aux couleurs de bonheur musical et artistique.</p>
<p>Malgré son statut de star internationale , Béatrice était restée d&rsquo;une simplicité étonnante, avenante, à l&rsquo;écoute de jeunes chanteurs ou de la moindre personne qui avait envie de lui parler.</p>
<p>Elle laisse un grand vide, un gouffre dans mon cercle d&rsquo;amis. Je pense à sa fille, à son compagnon, aux personnes qui ont pu l&rsquo;aimer .</p>
<p>Il nous reste de nombreux témoignages où on la voit incandescente et investie. Mais il va me falloir du temps avant de pouvoir la réécouter ou la revoir.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/regards-sur-beatrice-uria-monzon-elle-etait-solaire/">Regards sur Béatrice Uria Monzon : « Elle était solaire »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>LULLY, Proserpine &#8211; Namur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lully-proserpine-namur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Jul 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=193782</guid>

					<description><![CDATA[<p>Deux jours avant Beaune, point culminant de la tournée de cette production, mais plus de deux semaines après Versailles où elle avait commencé, les Talens Lyriques étaient de passage à Namur, fief du chœur de chambre, investissant la très belle salle du Grand Manège. Ce concert fait partie du festival de Namur 2025, qui présente &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Deux jours avant Beaune, point culminant de la tournée de cette production, mais plus de deux semaines après <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lully-proserpine-versailles/">Versailles</a> où elle avait commencé, les Talens Lyriques étaient de passage à Namur, fief du chœur de chambre, investissant la très belle salle du Grand Manège. Ce concert fait partie du festival de Namur 2025, qui présente cette année une programmation d’une fort grande richesse.</p>
<p>Devant une salle un peu clairsemée, et c’est grand dommage quand on sait comme les places à Beaune s’arrachent à vil prix, c’est une prestation de grande qualité, sans véritable faiblesse que <strong>Christophe Rousset</strong> a dirigée d’une main très sure, insufflant, selon son habitude, énergie, rigueur et charme tout au long des plus de trois heures de spectacle.</p>
<p>Certes, <em>Proserpine</em> n’est sans doute pas le meilleur opéra de Jean-Baptiste Lully, et certainement pas le meilleur livret de Philippe Quinault. Comme l’a très bien expliqué mon confrère Clément Mariage, l’intrigue principale, qui ne manque pas de force dramatique dans la deuxième partie de l’œuvre, se trouve très diluée dans les deux premiers actes par des intrigues secondaires un peu fades, dont la lente évolution peine à émouvoir, et que la musique convenue de Lully ne parvient pas à relever. La présentation de cette tragédie en version de concert dessert probablement le propos de l’œuvre, dont l’attrait réside aussi dans les ballets et les machineries qui en accompagnaient la création en 1680. Aux dires des contemporains de l’événement, la participation du décorateur Jean Berain (1640-1711), très apprécié du Roi et élève de Le Brun, relevait grandement l’intérêt du spectacle. Même si les équipes des Talens Lyriques ont tenté d’en suggérer l’idée en incluant les didascalies dans les surtitres (c’est une bonne initiative qui permet aux spectateurs de savoir et regretter ce qu’ils ratent…) les somptueux décors manquent, comme manquent aussi la visualisation des surprises scéniques et les pyrotechnies, orages, éruption volcanique, tremblement de terre, incendie des moissons etc… qui émaillent le livret.</p>
<p>L’absence de ballet se fait aussi sentir ; de nombreux spectateurs regretteront les nymphes peu vêtues auxquelles Pluton jetait un regard lubrique, et trouveront que les intermèdes dansés paraissent bien fades lorsqu’ils sont seulement musicaux. Et que dire des machineries, qui vous envoyaient le char de Cérès dans les cieux, ou celui de Pluton dans les enfers, nacelles de carton-pâte traversant les airs à grands renforts de poulies grinçantes ! Toute cette théâtralité très en vogue à la cour de Louis XIV, outre qu’elle impressionnait le spectateur, relevait aussi l’intérêt du livret et contribuait au divertissement. Ce qu’on essaye de dire ici, c’est que, indépendamment de la qualité des intervenants, le spectacle est fort long et les effets dramatiques trop dilués pour soutenir efficacement l’intérêt du public. L’œuvre se termine pourtant sur une puissante ode à la paix, toujours bienvenue par les temps qui courent.&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Proserpine@Alexandra-Syskova-11-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-193786"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© DR</sup></figcaption></figure>


<p>On soulignera néanmoins la grande qualité musicale de l’interprétation, tant du côté de l’orchestre, des chœurs comme des solistes, et la belle énergie qui traverse l’ensemble des troupes tout au long de la soirée.</p>
<p>De <strong>Marie Lys</strong>, qui chante le rôle-titre, on retiendra la très belle souplesse vocale, la grande efficacité dramatique, qui lui permet de trouver la juste couleur vocale pour faire face à une grande diversité de situations ou de sentiments. Elle n’est jamais prise en défaut de virtuosité, donne beaucoup de relief au rôle et fait preuve d’un grand professionnalisme. A ses côtés <strong>Ambroisine Bré</strong>, qui chante Aréthuse, paraît plus neutre, même si la voix est très plaisante et la diction précise. Son air du premier acte, «&nbsp;Vaine fierté, faible rigueur&nbsp;» est donné avec une émouvante intériorité. <strong>Véronique Gens</strong> qui cumule le plus d’expérience au sein de cette distribution, chante le rôle de Cérès. Il concentre sur lui une part importante de l’intrigue, principalement dans la deuxième partie de la soirée, à partir de l’acte III. Semblant ménager sa voix pendant toute la première partie, elle renoue ensuite avec ses talents de grande tragédienne qu’elle déploie avec autorité et vigueur. Quatrième figure féminine de la distribution, <strong>Appoline Raï-Westphal</strong>, voix légère et bien timbrée, endosse le rôle de la nymphe Cyané, témoin malgré elle du rapt de l’héroïne.</p>
<p>Du côté des rôles masculins, on relèvera surtout la très belle prestation de <strong>Olivier Gourdy</strong> en Pluton, rôle qu’il endosse avec beaucoup d’impact, et dont il donne une vision nuancée, entre virilité conquérante et émotion sincère. Il brille surtout à l’acte IV. La voix est puissante et sonore et la diction française excellente. Puissant également mais nettement moins soigné et un peu caricatural, <strong>Jean-Sébastien Bou </strong>(Crinise) pousse l’expressivité à ses limites, crachant son texte avec plus d’énergie que de réelle musicalité. On a beaucoup aimé la prestation de <strong>Nick Pritchard</strong> dans le modeste rôle de Mercure. Sa voix de ténor très expressive et pleine de charme convainc sans peine, même si la diction est encore améliorable. Excellente performance également de la part de <strong>Laurence Kilsby</strong>, à qui est dévolu le rôle de Alphée, le jeune premier de la distribution, rôle qu’il endosse avec une belle ardeur juvénile et une projection impeccable. Seule petite déception, l’Ascalaphe de <strong>Olivier Cesarini</strong>,&nbsp;dont la voix nous a paru engorgée par moment et la diction manquant de clarté. <strong>David Witczak</strong> prête sa profonde voix de basse et sa belle prestance scénique au tout petit rôle, mais ô combien symbolique, de Jupiter&nbsp;!</p>
<p><strong>Thibaut Lenaerts</strong> sur qui repose toute la préparation des chœurs s’est aussi vu confier de petits rôles de complément. On ne saurait trop souligner l’importance dramatique et la qualité de réalisation du chœur de chambre de Namur, qui joue ici un rôle essentiel dans le déroulement de l’intrigue en venant soutenir le propos des solistes et commenter l’action. Ses interventions, nombreuses et très réussies, en particulier à l’acte III, sont essentielles à l’introduction du climat tragique de l’œuvre, à laquelle ils consacrent toute leur énergie et tout leur talent.</p>
<p>L’orchestre des Talens Lyriques, particulièrement en forme, déroule la partition sans faiblir, le chef assurant les enchaînements de façon très dynamique, en mettant en exergue tout ce qui peut apporter du relief et de la couleur à la musique de Lully. Marie-Ange Petit, infatigable percussionniste, s’y entend comme personne pour faire tomber les éclairs, gronder la foudre ou évoquer les enfers, le continuo est d’une remarquable inventivité, les cuivres ajoutent une touche d’authenticité par la nuance un peu crue de leurs instruments, et les cordes moulinent tant qu’elles enflamment une partition qui ne réussit pourtant pas à convaincre complètement en version de concert.</p>
<p>Cette production fera prochainement l’objet d’une parution discographique pour le label Château de Versailles Spectacles.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lully-proserpine-namur/">LULLY, Proserpine &#8211; Namur</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>LULLY, Proserpine – Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lully-proserpine-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Jun 2025 05:01:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=192489</guid>

					<description><![CDATA[<p>En 1677, Philippe Quinault est contraint à l’exil&#160;: son dernier livret écrit pour Lully, Isis, a été perçu à la Cour de manière trop évidente comme une transposition mythologique des déboires de Madame de Montespan avec certaines des autres favorites du roi. Quinault est autorisé à revenir peu de temps après et écrit pour Lully &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">En 1677, Philippe Quinault est contraint à l’exil&nbsp;: son dernier livret écrit pour Lully, <em>Isis</em>, a été perçu à la Cour de manière trop évidente comme une transposition mythologique des déboires de Madame de Montespan avec certaines des autres favorites du roi. Quinault est autorisé à revenir peu de temps après et écrit pour Lully en 1680 le livret de <em>Proserpine</em>. Cette tragédie lyrique rapporte l&rsquo;épisode bien connu de l&rsquo;enlèvement de Proserpine par Pluton, en accordant une place prépondérante à la figure de Cérès, la mère de Proserpine, qui apparaît dès le premier acte délaissée par le père de son enfant, Jupiter. Audacieux choix, puisque là encore, la figure de la femme délaissée par « le plus puissant des dieux » pouvaient évoquer des intrigues d&rsquo;actualité&#8230; On ne s&rsquo;étonnera pas cependant qu&rsquo;une œuvre sur le thème de l&rsquo;amour maternel ait pu faire dire à Madame de Sévigné, dans une lettre adressée à sa fille le 9 février 1680 : « [cet] opéra est au-dessus de tous les autres ».</p>
<p style="font-weight: 400;">Peuplée d&rsquo;une multitude de personnages, l’action est traversée d’intrigues secondaires qui, si elles peuvent parfois brouiller la lisibilité du drame, composent une véritable carte du Tendre. Chaque détour offre une variante du sentiment amoureux, de ses douceurs comme de ses violences, et forme un florilège du discours galant. Le fleuve Alphée aime avec constance la nymphe Aréthuse malgré ses réserves – elle l&rsquo;aime en retour, mais ne peut lui avouer. Le fleuve lui annonce alors qu&rsquo;il préfère soupirer à présent pour Proserpine, ce qui ne manque pas de blesser et désespérer Aréthuse, qui finira par avouer ses sentiments à Alphée de manière détournée. Dans le même temps, la nymphe est poursuivie par Ascalaphe, qui sera finalement changé en hibou par Proserpine. Quant à Pluton, sa passion est brutale : il tombe sous le charme de Proserpine dès qu’il l’aperçoit, l’enlève sans ménagement, puis tente de la retenir aux Enfers à coups de menaces voilées et de chantages mesquins. L&rsquo;amour maternel et filial qu&rsquo;entretiennent Cérès et Proserpine complète cette cartographie du sentiment et des inclinations, menée de manière très subtile par Quinault, chaque situation donnant lieu à la formulation d&rsquo;une maxime édifiante telle que « c&rsquo;est quelquefois un grand malheur que d&rsquo;être trop aimable » ou « c&rsquo;est toujours un bien de changer de peine ».</p>
<p>La partition de Lully ménage quelques beaux moments, mais il n&rsquo;est pas certain qu&rsquo;elle fasse partie des plus inoubliables du compositeur. C&rsquo;est surtout dans les scènes entre Alphée et Aréthuse que le compositeur déploie son art musical, si étroitement lié à l&rsquo;expression dramatique. La mélodie et l&rsquo;expression vocale y soutiennent le texte avec une grâce qui suscite un intérêt constant. L&rsquo;orchestre se déploie dans les danses, les divertissements et les ensembles, mais Lully commence aussi à s&rsquo;émanciper de l&rsquo;alternance stricte entre le continuo et l&rsquo;orchestre. Les scènes les plus frappantes du livret, comme la chute des Géants à la fin de l&rsquo;acte I ou l&rsquo;incendie des récoltes par Cérès à la fin de l&rsquo;acte III, devaient gagner en force grâce aux machineries déployées sur la scène, la musique n&rsquo;étant pas forcément des plus évocatrices en l&rsquo;occurence. On retiendra surtout, outre les duos Alphée-Aréthuse déjà cités, un prologue éclatant et glorieux, un chœur avec échos au troisième acte, les lamentations de Cérès dans le même acte et le divertissement du quatrième, plein de charmes.</p>
<p>Dans la fosse, <strong>Christophe Rousset</strong> et ses <strong>Talens lyriques</strong> déploient comme à leur habitude dans cette musique une splendeur de timbres et de couleurs qui chavirent assurément l&rsquo;auditeur. L&rsquo;attention est portée à la caractérisation de chaque scène et les instrumentistes sont irréprochables. Pourtant, cette excellence plastique dans l&rsquo;exécution musicale tend parfois plus vers la contemplation que vers la tension dramatique : oserait-on dire que tout cela nous a semblé parfois un peu trop beau, et pas assez théâtral ? De même, bien qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de partis pris interprétatifs toujours discutables et liés à des sensibilités particulières plutôt qu&rsquo;à une quelconque vérité historique, on notera que les chanteurs de la distribution ont une tendance à un peu trop « chanter », à couvrir excessivement leur émission vocale plutôt qu&rsquo;à laisser le texte vibrer à fleur de lèvres, aspirant plus au « beau chant » qu&rsquo;à l&rsquo;immédiateté théâtrale de la tragédie en musique.</p>
<p>Ses quelques réserves émises, on ne peut que saluer l&rsquo;excellence d&rsquo;ensemble de cette distribution. <strong>Marie Lys</strong> offre à Proserpine une voix charnue, qui charme d’emblée par la pulpe du timbre et le mordant de l’expression. Que la chanteuse célèbre d’abord les plaisirs de la vie bucolique puis exprime aux Enfers sa douleur déchirante, le portrait est toujours brossé avec justesse. C’est surtout dans les imprécations adressées à Ascalaphe à l&rsquo;acte III, le condamnant à être métamorphosé en hibou, que l’interprète atteint des sommets : grâce à un usage audacieux et expressif de la voix de poitrine, elle confère à la jeune fille la densité d’une figure autoritaire et tragique. <strong>Véronique Gens</strong>, qui a marqué de son empreinte tant de grands rôles de la tragédie lyrique, ne semble pas très inspirée par le personnage de sa mère, Cérès. On redoute d’abord une méforme, tant sa voix paraît éteinte et atone dans la première partie. Heureusement, elle retrouve en deuxième partie l’éclat de sa projection, le sens de son phrasé et sa noblesse déclamatoire, sans pour autant parvenir à faire palpiter pleinement son personnage de femme outragée et de mère abandonnée. Tout cela manque du feu que Cérès répand sur les récoltes à la fin de l&rsquo;acte IV. &nbsp;La troisième héroïne féminine de l’œuvre est la nymphe Aréthuse, incarnée avec<span class="Apple-converted-space"> une grande sensibilité par </span><strong>Ambroisine Bré</strong>. Le timbre si singulier de la chanteuse confère d&#8217;emblée dans le prologue une présence glorieuse et émouvante à la figure allégorique de la Paix. Les reflets moirés de la voix apporte ensuite un caractère vibrant à son Aréthuse, d’autant plus qu’elle ne perd jamais de vue la justesse de l’incarnation et la saveur des mots.</p>
<p>Son soupirant Alphée est interprété par <strong>Laurence Kilsby</strong>, lumineux de timbre et de présence scénique. Le phrasé est ciselé dans un français cristallin, avec ce qu&rsquo;il faut de retenue et d&rsquo;élan pour donner sa chance au personnage d&rsquo;enfin séduire Aréthuse. Comment lui résister ? Le Pluton d&rsquo;<strong>Olivier Gourdy</strong> offre un parfait contraste à cet Alphée, présentant un soupirant plus violent et autoritaire. La voix est puissante et le chanteur impressionne par sa fougue et son assurance. De son côté, <strong>Olivier Cesarini</strong> est un Ascalaphe plus discret, un peu pâle de timbre et timide de projection, mais l&rsquo;artiste mériterait d&rsquo;être entendu en une autre occasion. Quant à <strong>Jean-Sébastien Bou</strong>, sa ligne de chant est un peu débraillée par endroits mais l&rsquo;interprète est plein de verve, accordant une présence affirmée au personnage de la Discorde et à ses récitatifs tortueux. On l&rsquo;aperçoit hélas assez peu en Crinise dans la suite de l&rsquo;œuvre. Enfin, <strong>Nick Pritchard</strong> en Mercure délicat, <strong>David Witczak</strong> en Jupiter providentiel, <strong>Apolline Raï-Westphal</strong> en Cyané émouvante et <strong>Thibaut Lenaerts</strong> dans divers petits rôles complètent avec bonheur cette distribution.</p>
<p>Le <strong>Chœur de Chambre de Namur</strong> est idéal d&rsquo;équilibre, de présence et de musicalité d&rsquo;ensemble. Les choristes donnent à la fin de l&rsquo;ouvrage un élan irrésistible, glorieux et lumineux dans leurs habits de divinités infernales et terrestres enfin réconciliées, scandant cet ordre : « Que l&rsquo;on enchaîne pour jamais / la discorde et la guerre / dans les enfers, dans les cieux, sur la terre, / tout doit jouir d&rsquo;une éternelle paix. » Puisse-t-il être mieux entendus d&rsquo;ici que ce concert soit repris, à Namur le 3 et à Beaune le 5 juillet prochains ! Ce très beau concert nous aura en tout cas offert une parenthèse heureuse dans un monde où la Discorde n&rsquo;a toujours pas été terrassée.</p>
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		<title>STRAUSS, Der Rosenkavalier &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-der-rosenkavalier-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 May 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Réponse du berger à la bergère. Il y a quelques jours à Dresde, Roméo et Juliette peinait à épouser les codes stylistiques de l’opéra français. Que penserait aujourd’hui le mélomane saxon du Rosenkavalier à l’affiche du Théâtre des Champs-Elysées jusqu’au 5 juin ? Trouverait-il à son goût la manière dont l’Orchestre national de France répond – &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Réponse du berger à la bergère. Il y a quelques jours <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-romeo-et-juliette-dresde/">à Dresde, <em>Roméo et Juliette</em></a> peinait à épouser les codes stylistiques de l’opéra français. Que penserait aujourd’hui le mélomane saxon du <em>Rosenkavalier</em> à l’affiche du Théâtre des Champs-Elysées jusqu’au 5 juin ?</p>
<p>Trouverait-il à son goût la manière dont l’Orchestre national de France répond – sans démériter – aux exigences instrumentales de la partition – sa densité harmonique, ses textures lumineuses, parfois chambristes, parfois opulentes, ses combinaisons inouïes de timbres, ses alliages subtils, ses superpositions insolites, ses effets de miroitement, de scintillement, ou au contraire d’opacité mystérieuse ? Reconnaîtrait-il cette éloquence toute viennoise avec laquelle Richard Strauss sculpte la matière orchestrale, entre nostalgie d’un temps révolu et vertige d’un monde qui déjà vacille ? On peut en douter. La direction de <strong>Henrik Nánási</strong> écoute le théâtre autant que la musique. Les voix sont soutenues mais jamais couvertes. Transitions et structures sont maîtrisées à vive allure – pour éviter les quelques longueurs, on suppose (sans vraiment les dissiper). L’action l’emporte sur l’émotion, laquelle ne survient qu’à la fin de l’opéra – <em>è tardi</em>…</p>
<p>Selon toute vraisemblance, notre spectateur saxon serait aussi déconcerté par la mise en scène de <strong>Krzysztof Warlikowski</strong>, non en raison de son caractère subversif, mais parce qu’au contraire l’approche paraît étonnamment sage venant d’un artiste connu pour ses relectures radicales. Le thème du travestissement au centre de l’intrigue favorise quelques débordements « <em>genderfluid</em> » – rien de bien méchant, cela permet aux costumes de <strong>Małgorzata Szczęśniak</strong> de combiner trash et glamour. L’action est déportée de la Vienne du XVIIIe siècle dans le monde du cinéma aujourd’hui. La transposition n’entrave pas la lisibilité de l’intrigue. Les références se bousculent – et le jeu consiste à les deviner. Une mise en abyme, à travers la projection de films en noir et blanc, offre un deuxième degré de lecture : cette Maréchale confrontée à la perte de sa jeunesse n’est-elle pas une métaphore du cinéma, lui aussi soumis aujourd’hui à l’érosion de son rayonnement ? Le soin accordé au dessin des personnages, y compris les plus secondaires, est à porter au crédit d’une mise en scène vivement huée en fin de la soirée.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Rosenkavalier6-1294x600.jpg" />© Vincent Pontet</pre>
<p>Appelée à remplacer Marina Viotti, <strong>Niamh O&rsquo;Sullivan</strong> apprendra – n’en doutons pas – à mûrir son Octavian : conserver la fraîcheur et l’insolence d’une voix au vibrato assumé, égale et longue sur la tessiture, mais ajouter couleurs et nuances destinées à enrichir l’expression d’un rôle, il est vrai, mal traité scéniquement. L’ambiguïté voulue par Warlikowski n’aide pas à la caractérisation. S’il est encore tôt pour la mezzo-soprano irlandaise, il est un peu tard pour <strong>Regula Mühlemann</strong>. Depuis ses débuts remarqués à Salzbourg en 2012, son soprano a gagné en richesse harmonique, moins léger, plus lyrique, quand on voudrait Sophie en apesanteur sur les cimes de la portée, cristalline et aérienne. <strong>Peter Rose</strong> a roulé la bosse de son Baron un peu partout dans le monde, sans que l’on puisse déterminer si son approche résolument comique du personnage est un effet de la mise en scène ou une habitude ancrée à force de pratique. Quoiqu’il en soit, Ochs gagnerait à plus de subtilité.</p>
<p>Dans l’armada des seconds rôles, un grand nombre étant tenu par les membres du Chœur Unikanti, citons <strong>Francesco Demuro</strong> – en Rocky Balboa ? – ténorisant jusqu’à la caricature son « Di Rigori Armato » ; <strong>Eleonore Pancrazi</strong> vampant littéralement Annina ; <strong>Jean-Sébastien Bou</strong>, Faninal d’une dignité inébranlable ou encore la Marianne piaffante de <strong>Laurène Patern</strong><strong>ò</strong>.</p>
<p>Reste enfin <strong>Véronique Gens</strong>, Maréchale dotée en partage au 3e acte de la rousseur de Rita Hayworth et de l’allure de Cate Blanchett. La prise de rôle était attendue, et risquée tant Marie-Thérèse véhicule de fantasmes et d’exemples impérissables. A chacun ses modèles, la soprano française établit une filiation naturelle avec la Comtesse Amalviva, quand d‘autres moins mozartiennes, plus wagnériennes, apportent un métal et une ampleur bienvenus dans les passages culminants de l&rsquo;opéra. Le sens du texte, indispensable à la conversation en musique, relève de l’évidence pour l’interprète reconnue du répertoire mélodique. La solidité du médium vient en renfort de l’expression. La palette vocale alterne pianissimi délicats et aigus éclatants pour épouser au plus près les humeurs changeantes de Bichette. Noblesse, introspection, pudeur, sensibilité : voilà une Maréchale entre légèreté viennoise, mélancolie profonde et chic dévastateur, aux pieds de laquelle déposerait une rose d&rsquo;argent même le plus intraitable des Saxons.</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="???? TRAILER / Le Chevalier à la rose I R. Strauss I V. Gens, P. Rose, N. O&#039;Sullivan..." width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/WbcjSrIeSAk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>MASSENET, Werther &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/massenet-werther-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Mar 2025 11:17:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2022 à Bordeaux, Benjamin Bernheim hissait son premier Werther à des hauteurs vertigineuses. Trois ans plus tard, sur la scène du Théâtre des Champs Elysées, le ténor pousse l’interprétation un cran au-dessus, au point d’amener à se poser la question : peut-on faire mieux ? On sait combien l’opéra français convient à cette voix qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/werther-bordeaux-il-est-ne-le-divin-werther/">En 2022 à Bordeaux</a>, <strong>Benjamin Bernheim</strong> hissait son premier Werther à des hauteurs vertigineuses. Trois ans plus tard, sur la scène du Théâtre des Champs Elysées, le ténor pousse l’interprétation un cran au-dessus, au point d’amener à se poser la question : peut-on faire mieux ? On sait combien l’opéra français convient à cette voix qui a fait de la prononciation de notre langue son paradigme. Mais donner à comprendre les mots ne suffit pas ; Benjamin Bernheim les illustre. L’éblouissement de « soleil », l’éclat de « lumière », la pâleur de « mort » : chaque parole est imagée, chaque phrase est pensée dans son essence sémantique sans que ce surcroît d’intentions ne touche au maniérisme. Avoir étrenné la mise en scène de <strong>Christof Loy</strong> la saison dernière à la Scala aide le chanteur à incarner un Werther torturé, moins romantique et rêveur qu’inquiétant, toxique, voire sadique par la manière dont il use du sentiment amoureux pour torturer Charlotte. Le chant outrepasse le parti-pris scénique pour se poser en référence par sa palette de couleurs, son usage des nuances, son art de la demi-teinte, toutes qualités utilisées à des fins expressives. « Pourquoi me réveiller » suscite dans une salle sinon silencieuse une légitime ovation. Passée l’invocation à la nature, encore contrainte au regard de ce qui suivra, il faudrait citer chaque air, chaque intervention pour donner une idée de ce qui finalement tient de la syzygie lyrique : l’alignement stellaire d’une voix de ténor à son point d’acmé artistique, d’une interprétation accomplie et d’un des rôles les plus emblématique du répertoire français.</p>
<p>Il faut plus de temps à <strong>Marina Viotti</strong> pour décorseter sa première Charlotte, sauf à supposer que la réserve dont fait d’abord preuve la mezzo-soprano soit un parti pris. L’épouse d’Albert claquemurée dans son devoir se dépare après l’entracte de ses principes pour laisser parler ses sentiments et, libérée de toute entrave, brûle du feu théâtral que nous appelions de nos vœux depuis le lever de rideau. L’Air des lettres, mieux dessiné, amorce une transformation que l’Air des larmes concrétise, la voix comme débarrassée de son empois, le son toujours rond et lustré, l’émission toujours égale avec des graves nourris, des aigus fulgurants sans que le passage d’un extrême à l’autre ne paraisse artificiel, mais l’ampleur du geste vocal, sa puissance et son intensité tragique retrouvées.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Werther4-1-1294x600.jpg" />© Vincent Pontet</pre>
<p>Exception faite de <strong>Jean-Sébastien Bou</strong>, Albert idiomatique et stylé, dépassant les convenances du mari jaloux pour proposer un personnage complexe et humain jusque dans son inhumanité finale, les seconds rôles n’atteignent pas cette hauteur de vue interprétative. <strong>Sandra Hamaoui</strong> pose Sophie en rivale de Charlotte d’un soprano sans façon, moins léger que d’habitude aux dépens de la pureté et du charme perlé qui caractérisent la jeune fille. <strong>Marc Scoffoni</strong> est un Bailli articulé mais d’une clarté peu paternelle, et le comique de <strong>Yuri Kissin</strong> (Johann) et <strong>Rodolphe Briand</strong> (Schmidt ) s’avère trop appuyé pour alester les propos des deux boit-sans-soif – à leur décharge, Massenet n’a pas eu l’humour léger.</p>
<p>Les solistes et le chœur d’enfants de la Maîtrise des Hauts-de-Seine chantent Noël avec une fraîcheur et une justesse réjouissantes pour les oreilles. S’il donne à entendre comme rarement la mélancolie du saxophone alto, jusqu’alors peu utilisé à l&rsquo;opéra, le choix d’instruments anciens, avec des cuivres tonitruants et des cordes chétives, ternit la partition en même temps qu’il porte préjudice à la direction de <strong>Marc Leroy-Calatayud</strong>, vivante, contrastée et attentive aux chanteurs.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Werther3-1-1294x600.jpg" />© Vincent Pontet</pre>
<p><strong>Christof Loy</strong> séquestre le drame devant un mur tapissé d’un papier peint rayé, comme les barreaux d’une prison, unique décor que l’on espère en vain se voir lever pour dévoiler le jardin d’hiver derrière la porte – cette véranda dissimulée étant le symbole d’un monde auquel Werther, comme le spectateur, ne peut accéder. Cette approche carcérale, en restreignant l’espace scénique favorise la précision du geste. Les costumes transposent l’action dans des années 50 glamoureuses, avec au premier acte une référence au complet bleu et jaune imaginé par Goethe pour son héros. La lettre du livret n’est trahie qu’au dernier tableau. L’interlude symphonique entre le troisième du quatrième acte, joué normalement rideau fermé, montre Charlotte luttant avec Albert pour retrouver Werther. Deux coups de pistolet – supprimés à l’origine par Massenet – déchirent la musique. Werther meurt dans les bras de Charlotte sous le regard accablé et accablant d’Albert et de Sophie. Bien qu’innocente si on la compare à bon nombre de mises en scène aujourd’hui, ou justement parce que jugée trop sage, cette lecture du chef d’œuvre de Massenet a été conspuée par une partie de la salle au tomber de rideau, tandis qu’à l’inverse tous les artistes ont reçu leur juste part d’acclamations.</p>
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