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	<title>Patrick CARFIZZI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sun, 24 Nov 2024 16:06:35 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Patrick CARFIZZI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, Tosca – New-York (streaming)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-tosca-new-york-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Nov 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée le 31 décembre 2017 et retransmise dans les cinéma dès le 27 janvier suivant, la production de Tosca signée David McVicar avait marqué un retour à la tradition voulu par la direction du Met après l’échec du spectacle imaginé par Luc Bondy qui avait scandalisé une partie non négligeable du public, nostalgique des mises &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée le 31 décembre 2017 et retransmise dans les cinéma dès le <a href="https://www.forumopera.com/breve/tosca-a-new-york-une-production-traditionnelle-qui-en-jette/">27 janvier suivant</a>, la production de Tosca signée <strong>David McVicar</strong> avait marqué un retour à la tradition voulu par la direction du Met après l’échec du spectacle imaginé par Luc Bondy qui avait scandalisé une partie non négligeable du public, nostalgique des mises en scène de Franco Zeffirelli. De fait, les décors et les costumes somptueux de <strong>John Macfarlane</strong> ne sont pas sans rappeler ceux des œuvres du réalisateur italien. Au premier acte, le rideau s’ouvre sur une réplique monumentale de l’église Sant’Andrea della Valle chaleureusement applaudie par les spectateurs. A l’acte suivant, le bureau de Scarpia est éclairé par un grand feu de cheminée qui crée une atmosphère étouffante en jetant sur les murs des lueurs rougeâtre. Enfin au trois, une statue gigantesque de l’archange Gabriel qui se détache sur un ciel tourmenté domine le plateau. La direction d’acteurs, pour efficace qu’elle soit, n’offre pas la moindre originalité et l’on n’a même pas tenté de l’adapter aux nouveaux protagonistes. Il aurait pourtant été facile à l’aide de quelques artifices d’atténuer la différence de taille entre le ténor et la soprano qui dépasse son partenaire de plus d’une tête.<br />Durant l’entracte un petit film instructif, truffé d’archives d’époque, sur les relations entre Puccini et le Met a été projeté.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="819" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Tosca.-Marty-Sohl.-8-1-1024x819.jpg" alt="" class="wp-image-177543"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Quinn Kinsley © Marty Sohl /Met Opera </sup></figcaption></figure>


<p>La distribution, comme souvent au Met est d’un très haut niveau jusque dans les plus petits rôles, tel celui du berger dont la pastourelle est chantée avec justesse et clarté par le jeune <strong>Luka Zylic</strong>. <strong>Tony</strong> <strong>Stevenson</strong> et <strong>Christopher Job</strong>, sont inquiétants à souhait en sbires de Scarpia. <strong>Kevin Short</strong> possède une voix sonore et bien projetée mais scéniquement on a du mal à imaginer que ce baryton à la carrure imposante sorte de prison, épuisé et affamé. <strong>Patrick Carfizzi</strong>, impayable Melitone la saison dernière dans <em>La Force du destin</em>, campe un sacristain truculent et drôle. <strong>Quinn Kelsey</strong> est un Scarpia proche de l’idéal, notamment au deuxième acte au cours duquel il évite soigneusement de sombrer dans la caricature du jouisseur libidineux mais conserve, jusque dans l’ignominie, une certaine dignité propre à son rang. <strong>Freddy De Tommaso</strong> effectue des débuts on ne peut plus prometteurs sur la scène du Met. Le timbre est séduisant, la quinte aiguë est d’une solidité et d’une insolence désarmantes. Le si aigu dans la phrase « La vita mi costasse, vi salvero’ »  est émis sans difficulté et le si bémol des « Vittoria, vittoria ! », longuement tenu, lui vaut une belle ovation. On pourrait cependant lui reprocher de chanter presque constamment en force, surtout au premier acte, sans doute pour ne pas être couvert par sa partenaire. Fort heureusement, quelques nuances bienvenues parsèment sa ligne de chant au trois où il nous livre un « E lucevan le stelle » particulièrement émouvant qui met en valeur son legato et la longueur de son souffle. Enfin, <strong>Lise Davidsen</strong>, nouvelle coqueluche du Met dont la seule présence a justifié sans doute cette retransmission, ne parvient pas à rendre pleinement justice à son personnage. Cette voix qui s’épanouit admirablement chez Wagner ou Richard Strauss, qui a livré une Leonora mémorable dans <em>La Force du destin</em> la saison passée, trouve ici sa pierre d’achoppement. Les moyens ne sont pas en cause, le timbre est magnifique, le volume vocal est impressionnant mais non dénué d’une certaine froideur. Cette Tosca manque cruellement de sensualité et de passion au premier acte, notamment dans l’air « Non la sospiri la nostra casetta » et demeure quasi impavide face aux menaces de Scarpia au deuxième. Seule sa prière, délicatement nuancée, est chargée d’émotion.  Enfin, son troisième acte, touchant de bout en bout, finit par emporter l’adhésion. Au rideau final, elle sera saluée par une ovation unanime, provoquée sans doute par l’impact de son immense voix dans la salle, peu perceptible au cinéma. Belle prestation des chœurs préparés par leur nouveau chef, <strong>Tilman Michael</strong>, à qui l’on doit un Te Deum grandiose au premier acte.<br />A la tête d’un Orchestre du Met somptueux dont admire les cordes soyeuses et chatoyantes ainsi que les vent rutilants, <strong>Yannick Nézet-Séguin</strong> propose une direction extrêmement fouillée et énergique dès les premiers accords qui résonnent avec puissance.  </p>
<p>Le samedi 25 janvier, le Metropolitan Opera retransmettra dans les cinémas du réseau Pathé Live une nouvelle production d’<em>Aïda</em> avec Angel Blue dans le rôle-titre. </p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-tosca-new-york-streaming/">PUCCINI, Tosca – New-York (streaming)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VERDI, la forza del destino – New-York (Streaming)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-forza-del-destino-new-york-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Mar 2024 08:32:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La retransmission dans les cinémas de La Force du destin proposée par le Met était l’une des plus attendues de la saison, d’abord parce qu’il s’agit d’une nouvelle production et surtout parce que Lise Davidsen y effectuait ses débuts dans un rôle verdien sur la scène new-yorkaise après y avoir chanté essentiellement du Wagner et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La retransmission dans les cinémas de <em>La Force du destin</em> proposée par le Met était l’une des plus attendues de la saison, d’abord parce qu’il s’agit d’une nouvelle production et surtout parce que Lise Davidsen y effectuait ses débuts dans un rôle verdien sur la scène new-yorkaise après y avoir chanté essentiellement du Wagner et du Richard Strauss. Malheureusement la diffusion a été sérieusement perturbée pendant les trois premiers quarts d&rsquo;heure de la représentation par des interruptions intempestives de l’image et/ou du son dans la salle où nous nous trouvions au point que plus de la moitié des spectateurs avaient jeté l’éponge lorsqu’enfin tout est rentré dans l’ordre au début de l’air de Leonora « Son giunta » à l’acte deux. Nous n’avons donc pas pu écouter son premier air ni toute la scène de l’auberge qui ouvre cet acte. Il restait néanmoins suffisamment de musique pour apprécier le travail des différents protagonistes.&nbsp;&nbsp;</p>
<p>Tout en respectant les nombreuses péripéties auxquelles sont confrontés les personnages, <strong>Mariusz Treliński</strong> nous raconte une histoire différente de celle que propose le livret, facilement compréhensible grâce aux intertitres qui ponctuent chaque changement de tableau et aux vidéos pertinentes de <strong>Bartec Macias</strong> qui donnent aux spectateurs dans les cinémas, l’impression d’assister à un film d’action. L&rsquo;intrigue se déroule de nos jours et débute dans l’Hôtel Calatrava, un luxueux établissement dans lequel le maître des lieux, un dictateur en uniforme, préside une sorte de rassemblement fasciste. Il s’agit en fait d’une réception en l’honneur de l’anniversaire de sa fille Leonora. On nous apprend qu&rsquo;après la mort accidentelle de Calatrava une guerre a éclaté qui va s’étaler sur plusieurs années jusqu’au dénouement de l’action. A la fin du premier tableau de l’acte deux que nous n’avons guère pu voir, Leonora prend la fuite en voiture, mais elle a un accident, montré en vidéo, dont elle se sort quasiment indemne, à proximité du monastère où officie le Padre Guardiano. Celui-ci se montre aussi sévère que son père puisqu’il la soumet à une séance de flagellation avant d’accepter de l’héberger. Les deux rôles sont incarnés par la même basse à dessein. En effet, lors du trio final, Guardiano apparait tel un fantôme au-dessus du couple Alvaro / Leonora, vêtu de l’uniforme de Calatrava. Le troisième acte se déroule sur un champ de bataille où la guerre fait rage, une vidéo qui n’est pas sans rappeler une séquence d’<em>Apocalypse Now </em>nous montre un escadron d’hélicoptères qui foncent vers le public. Le dernier tableau nous plonge dans une ambiance d’après-guerre, le décor représente une ville à-demi détruite par les bombardements dans laquelle errent des sans-abris en haillons, où l’antre de Leonora n’est autre qu’une station de métro sale et délabrée. Durant l’entracte le metteur en scène polonais explique lors de son interview qu’il a été influencé par la situation actuelle d’autant plus que la Pologne est voisine de l’Ukraine. Quant au dictateur propriétaire d’un hôtel de luxe, libre à chacun d’y voir une allusion à un candidat à l’élection présidentielle des Etats-Unis.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="808" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-Forza-del-Destino.-Photo-Karen-Almond-Met-Opera-7-1024x808.jpg" alt="" class="wp-image-157527"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>La forza del destino © Karen Almond Met Opera</sup></figcaption></figure>


<p>La distribution réunit une équipe d’interprètes de haut vol, qui incarnent avec conviction leurs personnages. Les seconds rôles sont tous remarquablement tenus. Citons la Curra accorte de <strong>Stephanie Lauricella</strong>, l’alcade sonore de <strong>Christopher Job</strong> et l’excellent Trabuco de <strong>Carlo Bosi</strong>. <strong>Patrick Carfizzi</strong> campe un Melitone sans éclat, moins ridicule qu’à l’accoutumée lors de la distribution des vivres aux affamés. On regrette tout de même que sa harangue aux soldats à la fin de l’acte trois soit passée à la trappe. La Preziosilla de <strong>Judit Kutasi,</strong> aux aigus perçants, a paru en retrait durant son « Rataplan » où l’on attend une interprétation plus brillante. Elle semble avoir été plus à son affaire au deuxième acte où elle apparaît en artiste de cabaret. <strong>Solomon Howard</strong> tire sans difficulté son épingle du jeu dans le double rôle qui lui est confié. Aussi crédible en dictateur impitoyable qu’en moine sadique, la basse américaine possède un timbre sombre et un registre grave sonore qui lui permet d’asseoir son autorité. Soliste du Théâtre Bolchoï de Moscou<strong> Igor Golovatenko</strong> possède une véritable tessiture de baryton Verdi. Son timbre velouté et son art du legato font merveille dans son grand air « Urna fatale », tandis que son investissement théâtral atteint des sommets lors de ses duos spectaculaires avec le ténor. <strong>Brian Jagde</strong> possède les moyens exacts que réclame le rôle d’Alvaro qu’il chante sans difficulté, avec une fidélité exemplaire à la partition. Son grand air du trois « La vita è inferno all’infelice » chargé d’émotion lui a valu une ovation méritée de la part du public. On regrettera cependant qu’il soit avare de nuances et que son chant se limite trop souvent à une alternance forte/mezzo forte. <strong>Lise Davidsen</strong>, grande triomphatrice de la soirée, trouve en Leonora un rôle à la mesure de ses grands moyens. La soprano norvégienne parvient à transcender sa froideur naturelle pour livrer une incarnation gorgée de générosité, de sensibilité et d’une émotion qui vous prend aux tripes aussi bien dans « Madre pietosa vergine » dont les redoutables montées vers l’aigu ne lui posent aucun problème, que dans « Pace, pace » qu’elle aborde avec une somptueuse messa di voce et qu’elle agrémente d’un si bémol pianissimo sur la phrase « invan la pace ». A la tête d’un Orchestre du Metropolitan Opera en grande forme, <strong>Yannick Nézet-Séguin</strong> dirige avec énergie et un sens inné du théâtre cette partition hétéroclite dont il met en valeur les différents affects. A cet égard le prélude de l’acte trois avec son solo de clarinette créé d’emblée un climat d’une tristesse infinie.  </p>
<p>Le samedi 23 mars, le Metropolitan Opera retransmettra dans les cinémas du réseau Pathé Live <em>Roméo et Juliette</em> Avec Benjamin Bernheim et Nadine Sierra.           </p>
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		<title>PUCCINI, Tosca — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-new-york-veni-vissi-vici/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marceau Ferrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Oct 2018 05:38:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2009, on arrachait au public new-yorkais l&#8217;éternelle Tosca de Franco Zeffirelli pour la remplacer par la nouvelle production de Luc Bondy, immédiatement abhorrée par ce public conservateur. La version de David McVicar inaugurée en décembre 2017 vient rétablir l&#8217;ordre des choses. Déjà abondamment commentée lors des prises de rôles de Sonya Yoncheva et d’Anna Netrebko, cette mise &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2009, on arrachait au public new-yorkais l&rsquo;éternelle <em>Tosca</em> de Franco Zeffirelli pour la remplacer par la nouvelle production de Luc Bondy, immédiatement abhorrée par ce public conservateur. La version de <strong>David McVicar</strong> inaugurée en décembre 2017 vient rétablir l&rsquo;ordre des choses. Déjà abondamment commentée lors des prises de rôles de <a href="/tosca-new-york-a-marquer-dans-les-annales">Sonya Yoncheva</a> et d’<a href="/tosca-new-york-anna-netrebko-la-diva-en-diva">Anna Netrebko</a>, cette mise en scène ne prétend pas réinventer l’œuvre mais entend plutôt offrir un écrin idéal aux chanteurs, des décors somptueux et une direction d’acteurs millimétrée. David McVicar réalise de magnifiques tableaux grâce à un travail abouti sur les couleurs, le clair-obscur et le rythme des ensembles. La procession religieuse dans l’église Sant’Andrea della Valle est sublimée par un halo surnaturel qui irradie depuis l&rsquo;autel. Cet habile jeu de lumières devient le fil conducteur d&rsquo;une approche qui laisse une place prépondérante aux chanteurs.</p>
<p><strong style="font-size: 14px">Sondra Radvanovsky </strong>effectue un retour triomphal au Met, cinq ans après sa dernière Tosca à New-York. Ses « Mario, Mario » hors-scène lui valent d’être applaudie avant même son entrée. La soprano américaine fend l’orchestre avec sa projection phénoménale doublée d’une technique à toute épreuve. Ses <em>pianissimi</em> filés dans « Vissi d’arte » et les graves qu&rsquo;elle rugit contre Scarpia au II confirment qu&rsquo;elle est une des meilleures <em>spinto </em>actuelles. Son parti-pris vocal peut cependant finir par agacer tant le vibrato est omniprésent et la ligne un peu ampoulée. Sa complicité avec <strong>Joseph Calleja</strong> est évidente. Ce dernier est un Cavaradossi vaillant qui concilie héroïsme et sensibilité. Si la technique n&rsquo;est pas un problème pour le ténor maltais, cette voix tendue, au vibrato serré et au timbre métallique peine à rendre son personnage attachant. Malgré des <em>pianissimi</em> interminables et une maîtrise remarquable du <em>diminuendo</em>, l’ensemble manque d’éclat avec des aigus ternes comme dans « O dolci mani », trop rapide et sans subtilité.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/tosca_1816s.jpg?itok=TcpFavAZ" title="Sondra Radvanovsky (Tosca) et Joseph Calleja (Cavaradossi) Acte III - Photo: Marty Sohl / Met Opera" width="468" /><br />
	Sondra Radvanovsky (Tosca) et Joseph Calleja (Cavaradossi) Acte III © Marty Sohl / Met Opera</p>
<p>Appelé à remplaçer Wolfgang Koch à la dernière minute, <strong>Željko Lučić </strong>peut compter sur son expérience pour assurer le Scarpia d&rsquo;un soir. La voix n&rsquo;est pas dénuée de mordant mais le baryton manque de puissance et finit rapidement englouti par le choeur lors du <em>Te Deum</em>. S&rsquo;il module sa voix avec des <em>piani </em>délicieusement insidieux pour se faire galant, c&rsquo;est théâtralement que Lučić s&rsquo;impose en incarnant un Scarpia manipulateur à l&rsquo;aura sinistre. Les rôles secondaires sont assez inégalement distribués. On peine à entendre l&rsquo;Angelotti de <strong>Oren Gradus</strong> dont on devine pourtant le timbre de bronze. <strong>Patrick Carfizzi </strong>est un sacristain hilarant qui brille par sa projection remarquable. Déjà présents la saison dernière, <strong>Brenton Ryan</strong> et<strong> </strong><strong>Christopher Job</strong> sont parfaits en funestes sbires. Enfin, le berger de <strong>Davida Dayle</strong> déçoit par son timbre nasillard et poussif.</p>
<p><strong>Carlo Rizzi</strong> peut compter sur un choeur superbement préparé par <strong>Donald Palumbo</strong>. Le chef italien sait tirer parti de chaque variation et conduit souverainement l&rsquo;orchestre du Metropolitan Opera. Il s&rsquo;assure de ne jamais couvrir ses chanteurs, quitte à brider par moment la puissance de l&rsquo;orchestre. Ces intentions sont louables mais finissent par saper l&rsquo;intensité de certains passages qui auraient pu être encore plus saissisants comme le final du II, inapte à refléter la fébrilité d’une femme sur le point de commettre un crime.</p>
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		<title>PUCCINI, Tosca — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-new-york-anna-netrebko-la-diva-en-diva/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Apr 2018 05:13:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Samedi soir électrique au Lincoln Center de New York, quand peu avant 20h, une foule de près de 4000 passionnés d’art lyrique prend place dans un Metropolitan Opera plein à craquer. Ce n’est pas tous les soirs que la soprano leader de sa génération fait ses débuts en Floria Tosca. Une diva en diva ! La &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Samedi soir électrique au Lincoln Center de New York, quand peu avant 20h, une foule de près de 4000 passionnés d’art lyrique prend place dans un Metropolitan Opera plein à craquer. Ce n’est pas tous les soirs que la soprano leader de sa génération fait ses débuts en Floria Tosca. Une diva en diva ! La mise en abyme accroît encore l’excitation, sans compter que c’est le mari à la ville de la chanteuse qui assure le remplacement de Marcelo Alvarez initialement distribué en Mario Cavaradossi. La production de David McVicar est connue depuis les fêtes de Noël. Sonya Yoncheva y triomphait aux côtés de Vittorio Grigolo <a href="https://www.forumopera.com/tosca-new-york-a-marquer-dans-les-annales">comme le racontait notre confrère Jean-Michel Pennetier</a>. Nous le rejoignons dans son appréciation de la proposition scénique du metteur en scène britannique : fidèle, fastueuse mais peut-être un rien trop propre à l’image d’un Angelotti moins échappé d’une geôle que d’un défilé de mode sur la Cinquième Avenue. La direction d’acteur s’avère excellente surtout quand deux félins s’affrontent : <strong>Anna Netrebko</strong> et <strong>Michael Volle</strong>.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="409" src="/sites/default/files/styles/large/public/tos_neb_0396b.jpg?itok=BjiNLUAI" title="© Ken Howard / Metropolitan Opera " width="468" /><br />
	© Ken Howard / Metropolitan Opera </p>
<p>La prise de rôle de la soprano russe est tout simplement phénoménale, déjà par l’amplitude d’une voix torrentielle, belle et homogène, prenant racine dans des graves charnus et colorés, puis s’envolant vers des aigus triomphants, notamment les uts du deuxième acte qu’elle assène avec une facilité déconcertante. La longueur du souffle et la maitrise absolue de son instrument offrent au Met un « Vissi d’arte » recueilli qui s’achève dans un<em> morendo </em>suspendu sur un fil de voix. Aux prouesses techniques et aux splendeurs vocales dont elle est coutumière, Anna Netrebko ajoute un charisme scénique qui seconde parfaitement ce que déjà la voix disait tout à fait.  Elle badine, accuse, menace… en somme elle propose un personnage déjà abouti dès son arrivée dans Sant&rsquo;Andrea.</p>
<p>A cette déjà grande Tosca répond un Scarpia idéal. <strong>Michael Volle </strong>est davantage connu au Met comme ailleurs pour ses Hans Sachs infatigables et autres rôles wagnériens. Le baron figure pourtant à son répertoire pour notre plus grand bonheur. Là aussi, la voix est suffisamment énorme pour glacer l’ambiance dès son arrivée au milieu des réjouissances dans l’Eglise ou pour survoler le « Te Deum ». Ainsi armé, Michael Volle se glisse dans les traits du chef de police avec une immense finesse tant vocale et scénique. Si la voix a du muscle et que le chanteur en impose déjà par sa taille, son interprétation sera très loin de ces barons simplement violents et démonstratifs. Il ressemble davantage à la bête tapie dans l’ombre qui jauge sa proie, joue avec elle le temps d’un baisemain, l’encercle et se rapproche pas à pas. Par d’infimes nuances, de discrets regards et mimiques, Michael Volle réussit à nous montrer un Scarpia qui jouit autant de la machination qu’il trame que de la satisfaction de son désir.</p>
<p><strong>Yusif Eyvazov</strong> a fort à faire pour se hisser au niveau de jeu de ses partenaires. La voix n’a, pour nous, toujours guère plus de séduction qu’elle n’en avait <a href="https://www.forumopera.com/macbeth-londres-roh-anna-netrebko-entre-deux-voix">à Londres il y a quelques semaines</a> : affecté d’un vibrato très serré à l’aigu qui pourtant s’estompe quand les notes sont émises forte (ce qui nous vaut de bien virils « vittoria » au deuxième acte), un grave qui s’engorge et rend la diction pâteuse. En revanche, les nuances et la musicalité du ténor azerbaïdjanais sont bien présentes et viennent orner les deux grands airs de Mario. Dommage que « E lucevan le stelle », pourtant pris piano et parsemé de demi-teintes soit entaché de quelques coups de glotte et d’un accent histrionique final. Les seconds rôles (sacristain drôle à souhait et bien projeté de <strong>Patrick Carfizzi</strong>) tiennent leur rang et attestent de la qualité scénique que le Metropolitan réunit à chaque levé de rideau.</p>
<p><strong>Bertrand de Billy</strong> pioche quelque peu ce soir, lui qui la veille dirigeait <a href="https://www.forumopera.com/cendrillon-new-york-joyce-didonato-deux-fois-cendrillon"><em>Cendrillon </em>jusque tard</a>, reprenait du métier<a href="https://www.forumopera.com/luisa-miller-new-york-avec-les-tripes"> pour <em>Luisa Miller</em> jusque 15h30</a> le jour même et revient avec toute la tension qui pèse sur une première tant attendue. Cela explique surement des décalages et des faux-départs avec et l’orchestre et les chanteurs (Yusif Eyvazov en particulier, lui-même se montre parfois fâché avec le rythme). Rien de rédhibitoire et d’incorrigible. Chacun est retombé sur ses pattes et il faut toutefois saluer les recherches de couleurs qui viennent iriser les cordes et la petite harmonie. Surtout malgré ces scories, Bertrand de Billy parvient à enlever la fosse et le plateau dans la course à la mort qu’est <em>Tosca</em>, tout en ménageant les respirations lyriques des pages amoureuses que l’on connait. Fort de ce sens du théâtre (qui lui manque pourtant souvent quand il dirige à Paris) et deux interprètes hors du commun le deuxième acte sera dantesque, tout aussi beau que suffocant. </p>
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		<title>PUCCINI, Tosca — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tosca-new-york-a-marquer-dans-les-annales/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jan 2018 03:37:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rarement une production d’opéra aura connu autant de déboires que la nouvelle Tosca du Metropolitan : annulation de Jonas Kaufmann quelques semaines après l’annonce de la saison, renoncement de Kristine Opolais (dont le « Vissi d’arte » au dernier gala du Met n’avait pas été très convaincant),  départ d’Andris Nelsons (qui se trouve justement être le mari d’Opolais), forfait de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Rarement une production d’opéra aura connu autant de <a href="/breve/tosca-decidement-malchanceuse-au-met">déboires</a> que la nouvelle <em>Tosca</em> du Metropolitan : annulation de Jonas Kaufmann quelques semaines après l’annonce de la saison, renoncement de Kristine Opolais (dont le « Vissi d’arte » au dernier <a href="/gala-du-cinquantenaire-du-metropolitan-opera-au-lincoln-center-new-york-pluie-detoiles-au">gala du Met </a>n’avait pas été très convaincant),  départ d’Andris Nelsons (qui se trouve justement être le mari d’Opolais), forfait de Bryn Terfel (pour cause de fatigue vocale) et éviction de James Levine dans les <a href="/breve/le-metropolitan-opera-suspend-ses-relations-avec-james-levine">conditions de scandale</a> que l’on sait. Puis Sonya Yoncheva ses <em>Bohème</em> parisiennes pour cause de bronchite persistante. Après une première pas tout à fait réglée (situation compréhensible au vu des circonstances), le spectacle trouve son rythme pour aboutir à une représentation mémorable ce samedi, avec retransmission mondiale à la clé. La nouvelle mise en scène de <strong>David McVicar </strong>est d&rsquo;un grand classicisme, rappelant les fastes de la production Zefferelli. <a href="/breve/tosca-au-met-retour-vers-le-futur">Un retour vers le classicisme totalement assumé par l&rsquo;institution</a>. Elle remplace celle de Luc Bondy très décriée. Plastiquement, les tableaux sont superbes et la direction d&rsquo;acteurs, juste et fouillée. Il s&rsquo;agit certainement la meilleure des trois (!) productions données en trois jours ce weekend.</p>
<p>Pour cette prise de rôle, <strong>Sonya Yoncheva</strong> est apparue dans une forme exceptionnelle, avec une projection torrentielle, des aigus d’une sureté et d’une puissance phénoménales. Le personnage est d’emblée extraordinairement attachant, celui d’une jeune femme amoureuse, touchante dans ses minauderies du premier acte, fière puis brisée dans son affrontement avec Scarpia au deuxième, et exaltée au dernier. On pourra regretter l’absence de <em>pianissimi</em> dans son « Vissi d’arte », mais la sobriété de l’interprétation évite l’impression d’un morceau de bravoure dissocié de son contexte dramatique. Comme dans <em>Norma</em> par exemple, Yoncheva est toujours là où on ne l’attend pas, et donc pas nécessairement dans les grands airs, mais dans un multitude de détails dramatiques ou vocaux qui construisent un personnage crédible et d’une rare humanité.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="347" src="/sites/default/files/styles/large/public/tos17_3110a_-_copie.jpg?itok=qFfVIiXh" title="© Ken Howard/Metropolitan Opera" width="468" /><br />
	© Ken Howard/Metropolitan Opera</p>
<p>On n’attendait pas nécessairement <strong>Vittorio Grigòlo</strong>, ténor lyrique, en Mario. Malgré une voix un peu dépourvu de largeur et un timbre très clair, le ténor italien survitaminé efface ces réserves : la puissance de la voix est telle qu’elle passe sans problème l’orchestration fournie de Puccini. Le chanteur est parfois peu rigoureux avec le tempo (mais le rôle s’y prête). C’est souvent pour la bonne cause, avec un « E lucevan le stelle » particulièrement ciselé. Les duos avec Yoncheva sont de petits miracles tant les voix, si différentes, s’accordent et se complètent magnifiquement, et tant la complicité scénique des deux artistes est évidentes. Le Mario de Grigòlo ne croit pas une seconde à la grâce de Scarpia (une option que l’on rencontre assez régulièrement : c’est ainsi que le jouait Luciano Pavarotti). Mais pour une fois, Mario ne meurt pas en héros, fier devant le peloton d’exécution. Car notre petit voltairien n’est finalement qu’un révolutionnaire en carton, qui s’effondre devant le poids d’une fatalité acharnée à sa perte dans une descente aux enfers inéluctable. Peintre amoureux le matin, il se retrouve moins de 24 heures plus tard, brisé, torturé, son amante inconsciente de leurs morts prochaines, et prêt à être fusillé. Et il en crève de trouille notre Mario, contraint de porter lui-même le fanal qui, ultime cruauté, éclaire la cible qu’il est devenu. Remarquable composition qui déchire le cœur.</p>
<p>Pour parfaire le tout, on aurait aimé avoir en Scarpia un Bryn Terfel, même vocalement fatigué, digne successeur du légendaire Tito Gobbi. <strong>Željko Lučić</strong> offre en effet une composition très (trop) sobre, et fait de Scarpia un fonctionnaire de la terreur, sans scrupule, manipulateur, mais sans cynisme. Nulle cruauté dans la scène de torture : on suit la procédure et c’est tout. Nuls accents sardoniques lorsqu’il envoie Spoletta arrêter Angelotti « Nel pozzo del giardino », révélant à Mario que Tosca a violé sa promesse de ne rien dire… L’ensemble des seconds rôles vont du bon à l’excellent (<strong>Patrick</strong> <strong>Carfizzi</strong> en Sacristain, <strong>Brenton</strong> <strong>Ryan</strong> en Spoletta). La direction d’<strong>Emmanuel</strong> <strong>Vuillaume</strong> est idéale, au service de l’œuvre sans narcissisme orchestral, accompagnant parfaitement le plateau. Tout au long de ce drame, la tension ne faiblit pas. On sort de la représentation terrassé par l’émotion, marqué profondément par l&rsquo;intensité terrible de ces deux heures.</p>
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