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	<title>Catherine TROTTMANN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Catherine TROTTMANN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, Don Giovanni – Dijon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-dijon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Apr 2026 06:35:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le grand auditorium de Dijon plein comme un œuf, le public pouvait découvrir ce dimanche le Don Giovanni mis en scène par Agnès Jaoui déjà proposé à l’automne dernier par l’Opéra de Toulouse, à l’initiative de cette coproduction très attendue. Thierry Verger et Pierre Venissac avaient à l’époque chroniqué le spectacle et ses deux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le grand auditorium de Dijon plein comme un œuf, le public pouvait découvrir ce dimanche le <em>Don Giovanni</em> mis en scène par <strong>Agnès Jaoui </strong>déjà proposé à l’automne dernier par l’Opéra de Toulouse, à l’initiative de cette coproduction très attendue. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-toulouse/">Thierry Verger</a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-distr-b-toulouse/">Pierre Venissac</a> avaient à l’époque chroniqué le spectacle et ses deux castings. C’est à une troisième distribution que nous avons affaire ici, ce qui change sensiblement une œuvre où la caractérisation de chacun des personnages dépend fortement de la personnalité des chanteurs. L’opéra est ainsi servi avec une grande justesse par une metteuse en scène comédienne et chanteuse, dont la finesse d’observation de l’être humain est une évidence, à l’instar de ce qu’elle a pu démontrer au cinéma dans <em>Le Goût des autres</em>, par exemple, où elle parvenait à tirer le meilleur de son équipe.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_0779-_DonGiovanni_OperaDijon_MircoMagliocca-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-212216"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Mirco Magliocca</sup></figcaption></figure>


<p>Agnès Jaoui s’était expliquée de sa vision des protagonistes de <em>Don Giovanni </em>auprès de <a href="https://www.forumopera.com/agnes-jaoui-on-connait-tous-des-don-giovanni/">Clément Taillia</a> et l’on peut en apprendre davantage dans un <a href="https://www.calameo.com/read/00629793876c2f3bc0ada">entretien</a> donné ces jours derniers : la subtilité de cette approche des psychologies transpire et interpelle le spectateur. Décors, costumes, lumières et projections achèvent de ciseler cette conception de l’œuvre. Il en ressort une sensation d’être au théâtre, véritablement, avec une magnifique direction d’acteurs, mais également d’être au plus près de ces êtres de chair et de sang qui évoluent devant nous. Point d’effets spectaculaires et de trucs de mise en scène pour appâter le chaland, mais une véritable modestie dans la restitution des scènes : le chant et le texte, rien d’autre, peut-être, mais avec un art consommé. <br />On se délecte des décors d’<strong>Éric Ruf</strong>, sobres mais majestueux et ductiles, s’adaptant aux différentes configurations par simples rotations. Les costumes de <strong>Pierre-Jean Larroque</strong> sont eux aussi purs artifices de théâtre tout en ondoiements frémissants et gracieux, moires affriolantes rehaussées par d’élégants motifs fantaisistes, magnifiés par des jeux d’éclairages que <strong>Bertrand Couderc</strong> oriente du côté du nocturne, transformant cette folle journée en nuit profonde, noire et sépulcrale à souhait… Les vidéos de <strong>Pierre Martin Oriol</strong> aident à appuyer certains effets, comme ce clin d’œil que Méliès n’aurait sans doute pas boudé : la lune se transforme en visage rubicond tout sourire dehors, les ombres des personnages se font silhouettes dignes de l’<em>Intérieur </em>inquiétant de Degas, sortes de loups menaçants ou au contraire têtes décapitées projetées à ras du mur opposé. <br />Pas d’effet appuyé, donc, mais de multiples allusions et références, comme ce tableau à la charrette fleurie d’un mariage qu’on confondrait avec les visions des cartons de tapisseries du jeune Goya, toutefois annonciatrices des peintures noires à venir. C’est d’ailleurs à une Espagne qui oscille visuellement entre XVIIIe siècle et XIXe siècle que tend la mise en scène, à la fois intemporelle et ancrée dans un espace-temps familier, de Molière à Bluwal, en passant évidemment par les adaptations mozartiennes, celles de Losey en tête, qui nous plonge en plein XVIIIe siècle vénitien, sans oublier des incursions dans un répertoire plus gaulois, avec une scène digne de Cyrano, à travers le truculent « Deh vieni alla finestra ». Un univers familier, donc, mais avec son lot de surprises agréables, à commencer par l’artifice de la présentation du Commandeur, simple jeu de lumière sur une niche surélevée, mais terriblement efficace. C’est peu dire que cette mise en scène faussement sage et classique nous a emballée…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_1632_DonGiovanni_OperaDijon_MircoMagliocca-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-212214"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Mirco Magliocca</sup></figcaption></figure>


<p>La distribution est de premier plan et parfaitement homogène, mais c’est sans doute le Leporello d’<strong>Alejandro Baliñas Vieites</strong> qu’on retiendra, tant le personnage irradie et tient la dragée haute à son maître. Le baryton espagnol campe un valet tour à tour insolent et sage, truculent, drôle et irrésistible, d’une voix saine, insolemment puissante et bien timbrée. <br />Chère au cœur des Dijonnais (elle est née dans la ville), la ravissante soprano <strong>Catherine Trottmann</strong> est une Zerlina qui ne s’en laisse pas compter et en profite, habile interprète, pour glisser quelques ornements agiles et acrobatiques de son fait, pour la grande joie d’un public totalement conquis, comme on le comprend… Autre personnage féminin blessé, mais digne et majestueux, donna Anna est merveilleusement incarnée au plus près du drame (viol, deuil du père et harcèlement d’un amant pressé de consommer le mariage) par une <strong>Marianne Croux</strong> très en voix. La soprano franco-belge parvient à distiller le mal-être de son personnage avec la noblesse requise. <br />Dans le rôle d’une Elvira prête à tout passer à son pourtant irrécupérable époux (dont on sent que la personnalité a ce qu&rsquo;il faut pour énerver Agnès Jaoui), <strong>Karine Deshayes</strong> fait preuve de toute l’autorité dont elle est capable et transcende le rôle de victime pour dévoiler une femme et ses ambiguïtés, qui se débat dans ses contradictions en s’octroyant notre empathie. Une belle performance de plus à ajouter au palmarès plus que brillant de la mezzo. <br />Obligé de plier devant l’autorité du noble qui lui ravit sa belle le jour de ses noces, le baryton franco-allemand <strong>Frederic Mörth</strong> fait preuve de solidité tant dans le caractère que dans les graves sonores de son Masetto mieux que crédible. En commandeur, la basse <strong>Sulkhan Jaiani</strong> trouve un interprète idéal, glaçant et impérial à la fois. Et le ténor écossais <strong>Michael Gibson</strong> convainc aisément en Don Ottavio. <br />Reste le rôle-titre. Est-ce parce qu’Agnès Jaoui voit le séducteur comme une sorte de drogué désabusé et revenu de tout, obsédé par la seule consommation et son goût irréfréné pour l&rsquo;ensemble de ce qui porte jupon, toujours est-il que le Don Giovanni de <strong>Dario Solari</strong> nous apparaît trop unitaire et sans reliefs. Si l’on ne peut rien reprocher au baryton uruguayen au métier solide, son personnage peu reluisant se laisse constamment déborder par les autres chanteurs, la projection manquant par endroits de la force requise. Mais c’est là pinailler, car la voix est belle et la partition respectée à la lettre.</p>
<p>À la tête de l’<strong>Orchestre Dijon Bourgogne</strong>, la Viennoise <strong>Katharina Müllner </strong>parvient à servir la foisonnante partition mozartienne avec intelligence et humilité. Les tempi sont cohérents et majestueux, rapides quoique sans précipitation, toujours au service de l’immense œuvre de Mozart. Un bien beau spectacle…</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-dijon/">MOZART, Don Giovanni – Dijon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Joseph Kosma, « À la belle étoile »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/joseph-kosma-a-la-belle-etoile/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 03:45:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un très beau projet discographique que celui initié par Thomas Tacquet, et Dimitri Malignan avec leur collection, « Voix étouffées &#8211; Missing Voices », consacrée à des compositrices et compositeurs victimes du totalitarisme et singulièrement du nazisme. Sur un ensemble de dix parutions prévues par les deux complices sur plusieurs années, la première consacrée à Arnold Schönberg, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Un très beau projet discographique que celui initié par <strong>Thomas Tacquet</strong>, et <strong>Dimitri Malignan</strong> avec leur collection, « Voix étouffées &#8211; Missing Voices », consacrée à des compositrices et compositeurs victimes du totalitarisme et singulièrement du nazisme. Sur un ensemble de dix parutions prévues par les deux complices sur plusieurs années, la première consacrée à Arnold Schönberg, « L’Arrangeur arrangé », a vu le jour en 2024. En cette année 2026, c’est la publication d’œuvres de <strong>Joseph Kosma</strong>, qui attire l’attention du mélomane. Celui qui se croit bien au fait de ses musiques écrites pour le cinéma, et en particulier de ses chansons sur des paroles de Jacques Prévert, ne pourra être qu’étonné par sa méconnaissance du reste de l’œuvre. Voilà une injustice que corrige aujourd’hui Thomas Tacquet, pianiste et chef sur ce projet.</p>
<p>Au rythme de deux publications par an, ces objets prêts à défier le temps que sont les CD répareront donc l’outrage de ceux qui persécutaient ces artistes, espérant les faire disparaître. Le deuxième CD de la série a été consacré à Henriëtte Bosmans avec « Le diable de la nuit », une compositrice et pianiste néerlandaise que peu connaissent. Celui dédié à Joseph Kosma sera suivi de deux autres enregistrements : l&rsquo;un s&rsquo;intéressera à Dan Belinfante, compositeur néerlandais et résistant, mort en 1945 à Auschwitz (Dan pour Daniel), l&rsquo;autre à Erich Itov Kahn, un compositeur allemand qui émigra aux USA en 1941, après avoir été emprisonné dans divers camps d’internement sur le territoire français durant l’occupation.</p>
<p>Joseph Kosma est né à Budapest en 1905 et mort en France en 1969. Il ne doit pas être confondu avec Vladimir Cosma, artiste franco-roumain, né en 1940, également compositeur de musiques de films. Justement, ce que nous découvrons, c&rsquo;est que Joseph Kosma est l’auteur d’une œuvre variée et riche dont veut témoigner ce beau CD appelé « À la belle étoile », volume 3 donc de la collection. Pour commencer et dans la tradition tonale, « une petite rhapsodie tsigane », <em>Zourika, </em>donne le ton sur la piste un. Manière forte d’ouvrir ce programme d’à peu près une heure puisque cette musique, témoignage du folklore national, sonne aussi antinazie – on connaît le sort réservé aux tsiganes pendant la guerre.<br />
Dès la deuxième piste, Thomas Tacquet interprète au piano un <em>Lamentoso</em> émouvant composé en 1926, alors que Joseph Kosma doit vivre en Hongrie sous la férule de la dictature Horthy et ses lois antisémites promulguées dès septembre 1920. C’est d&rsquo;une œuvre militante quoique aussi s’adressant au cœur que veut aussi témoigner cet enregistrement, une musique que composera toute sa vie Joseph Kosma.</p>
<p>En 1929, grâce à une bourse, le compositeur peut s’installer à Berlin ; il y fréquente les membres de la troupe de Bertold Brecht et sera ami avec le compositeur Hanns Eisler. Joseph Kosma n’hésitera d&rsquo;ailleurs pas à écrire pour le théâtre et le cabaret à destination du peuple, lui qui est un ami d’Hélène Weigel. De ces musiques écrites à Berlin, on a une idée grâce à la <em>Sonatine für Zwei Geigen</em> (piste 3), à laquelle le jeu des deux violonistes, <strong>Luka Ispir</strong> et <strong>Michael Riedler</strong>, rend tout son caractère novateur.<br />
En 1933 Berlin n’est plus sûr, ni l’Allemagne, et Kosma émigre avec son épouse, Lilli Apel à Paris. Après deux ans de misère, le compositeur hongrois rencontre Jacques Prévert et l’essentiel de sa carrière se décide alors. En 1935 il compose « À la belle étoile », une chanson achetée par Jean Renoir pour son film, « Le crime de monsieur Lange ». Ce qui ouvre la voie à une collaboration de plus de 70 chansons entre Kosma et Prévert ; une histoire d’amitié pour la vie aussi qui donnera ces chefs-d’œuvre pour des films tels que <em>Les Portes de la nuit</em> (« Les enfants qui s’aiment ») de Marcel Carné. Kosma écrit aussi la musique de « La grande illusion » de Renoir en 1937. Il sera un des compositeurs fétiche de l’école du réalisme poétique. Le CD donne à entendre cependant d’autres voix du compositeur. Il participe ainsi en tant que pianiste et directeur musical aux programmes d’un cabaret franco-allemand à Paris, fréquente d&rsquo;autres Hongrois de Paris comme le photographe Brassaï et le chef-décorateur Alexandre Trauner, tous de la bande de Prévert.</p>
<p>Mais dès l’invasion allemande en 1940 il faut partir sur les routes de la France. Kosma se cache un peu partout, d’abord dans un petit village du Béarn où, entre divers travaux agricoles, il va composer <em>Les Esquisses béarnaises</em> à danser, sous-titrées « Chants et danses des Pyrénées » en manière de cadeau aux villageois (pistes 7 à 14). Puis il s’installe près de Montpellier où il livre <em>Cinq chansons</em> p<em>opulaires du Languedoc</em> (pistes 15 à 19) publiées seulement en 1952.<br />
Grâce à Prévert, Kosma travaille toujours pour le cinéma, et c&rsquo;est sous pseudonyme qu&rsquo;il composera les partitions des<em> Visiteurs du soir</em> et des<em> Enfants du paradis</em>. Il rejoint enfin un maquis avant de retrouver Paris après la Libération. Il obtient la nationalité française en octobre 1948 et se remarie avec Marie Merlin.</p>
<p>Dans son œuvre, on trouve beaucoup de compositions sur les paroles de divers poètes et écrivains comme Sartre, Aragon, Desnos. Thomas Tacquet a cependant plutôt choisi sur son CD de nous présenter des œuvres composées sur des poèmes de l&rsquo;amie du compositeur désormais français, Madeleine Riffaud, poétesse et résistante, une œuvre pour deux chœurs mixtes (pistes 23 et 24) ainsi qu’une très belle mélodie populaire « Lou Bouyé » (piste 22) sur des paroles d’un ami instituteur communiste et résistant. Le chœur dirigé par Thomas Tacquet, c’est <strong>Fiat Cantus</strong> qu’il a créé et qui se révèle ici tout à fait excellent. La mezzo <strong>Anne-Lise Polchlopek</strong> et la soprano <strong>Catherine Trottmann</strong> s’illustrent joliment en solo ou en duo dans quelques chansons telles que « Les oiseaux du souci », « Rue Saint-Julien le pauvre » et sur les pistes 25 à 28 dédiées à une musique de scène des plus intéressantes, « Le cercle de craie » d’après un conte chinois.<br />
Le programme se clôt avec une véritable rareté. Alors que les époux Rosenberg ont été arrêtés aux USA en 1953 pour espionnage, et qu’ils sont condamnés à mort, Joseph Kosma met en musique la dernière lettre d’Ethel Rosenberg à ses deux fils, « Si nous mourrons » (piste 30), extrêmement émouvante, et qui fait honneur aux chœurs populaires que le Parti communiste fait fleurir après guerre. Un parti dont Joseph Kosma, sympathisant depuis toujours, devient adhérent en 1952, lui qui sera resté toute sa vie fidèle à ses idéaux de création artistique par et pour le peuple.<br />
Voilà donc né sous une belle étoile un CD très médité qui redonne vie à une œuvre de grand mérite, qui se devait d’être en effet ramenée au grand jour.</p>
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		<title>PINTSCHER, Nuit sans aube – Paris (Opéra-Comique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/pintscher-nuit-sans-aube-paris-opera-comique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quatrième opéra de Matthias Pintscher, qui fut pendant dix ans directeur musical de l’Ensemble intercontemporain, Nuit sans aube a été créé en français à l’Opéra-Comique deux mois jour pour jour après sa création en version allemande au Staatsoper unter den Linden de Berlin, sous le titre Das kalte Herz (Le Cœur froid). Alors que le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quatrième opéra de Matthias Pintscher, qui fut pendant dix ans directeur musical de l’Ensemble intercontemporain, <em>Nuit sans aube</em> a été créé en français à l’Opéra-Comique deux mois jour pour jour après sa création en version allemande au Staatsoper unter den Linden de Berlin, sous le titre <em>Das kalte Herz</em> (Le Cœur froid). Alors que le projet original avait pour titre <em>Nacht ohne Morgen</em> (Nuit sans aube), les Allemands ont préféré donner à l’opéra le titre du conte de Wilhelm Hauff qui a inspiré le livret, très célèbre outre-Rhin. Ce conte merveilleux tourne autour d&rsquo;un charbonnier de la Forêt Noire qui échange son cœur pour un cœur de pierre en contrepartie d&rsquo;une richesse éternellement renouvelée. Devenu incapable d&rsquo;éprouver des sentiments, il se montre cruel avec son entourage au point de tuer sa femme. Décidé à inverser son destin, il récupère son cœur, obtient la résurrection de sa femme et retourne à une vie pauvre mais bien entourée.</p>
<p>Dans le livret de Daniel Arkadij Gerzenberg, Peter n’est plus un petit charbonnier faillible dévoré par une <em>Sehnsucht</em> romantique qui le pousse à l’erreur puis à la rédemption ; il est un homme unidimensionnel, sans histoire, qui a été « élu » candidat au sacrifice par Anubis, dieu des morts égyptien et son serviteur Azaël, double de l’ange de la mort Azraël (tous les deux féminisés dans le livret). Outre l&rsquo;ajout de ces figures qui n&rsquo;ont rien à voir avec le conte initial, l’histoire est assez confuse, toute continuité narrative étant congédiée au profit de la simple volonté des dieux du mal : une opportune « loi du silence » est régulièrement évoquée entre les personnages pour éviter d&rsquo;avoir à expliquer les détails de l&rsquo;intrigue. On ne saura jamais pourquoi Peter est dévoré de souffrance, ni pourquoi il doit être sacrifié, ni pourquoi c’est à sa mère que revient la responsabilité du sacrifice – le jeu des costumes suggère même que la mère serait en réalité Anubis elle-même. Cette mère réalise tout à coup qu’elle a commis un acte terrible quand elle tient le cœur de son fils, et le rideau tombe sur un Peter rendu totalement insensible par l’opération sanglante. On comprend bien que Gerzenberg tenait à oublier la dimension morale du conte (qui enseigne que la richesse matérielle n’est rien en comparaison d’un cœur plein), mais en l’état le livret est erratique et il perd le spectateur, quand il ne le désintéresse pas tout simplement de l’histoire. On a du mal, dès lors, à sympathiser pleinement avec le caractère angoissé de la musique, puisqu’elle ne trouve pas de traduction crédible sur scène. Délinéariser et déconstruire une narration ne peut se faire qu’avec une idée assez précise de l’effet qu’on veut obtenir et des moyens musicaux, vocaux, scéniques avec lesquels on pourra compenser la perte de la cohérence du récit.</p>
<p><figure id="attachment_209922" aria-describedby="caption-attachment-209922" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-209922 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/3-Nuit-sans-aube-DR-S.-Brion-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-209922" class="wp-caption-text">© Stéphane Brion</figcaption></figure></p>
<p>Il est dommage que le texte empêche l’auditeur de rentrer pleinement dans le spectacle car la partition de <strong>Matthias Pintscher</strong> possède plusieurs qualités dignes d’intérêt. La musique est le plus souvent un tissu, ou plutôt un brouillard, tantôt grave (oscillations des contrebasses et violoncelles), tantôt aigu (notes tenues souvent discordantes). Cette nappe harmonique est traversée d’événements sonores doux ou brusques, évoquant la forêt et ses bruits inquiétants, notamment au moyen d’une orchestration riche en percussions et en instruments au timbre grave. L’atmosphère sonore sert aussi de support au déploiement de plusieurs mélodies, avec quelques effets de leitmotiv et des associations entre un personnage et un instrument (le hautbois pour Clara). L’apparition d’Anubis et les deux sections qui encadrent le moment du sacrifice sont assez marquantes, avec la répétition entêtante d’un motif de six notes descendantes évoquant des cloches martelées. L’épaisseur sonore est souvent très réduite et une place majeure est faite à des moments de quasi-silence, où un fil de son ne subsiste que pour donner un sens et une couleur à cette pause. Les quelques moments de déchaînement féroce post-wagnérien n’en sont que plus saisissants (par exemple dans la deuxième des quatre <em>Waldmusiken</em> qui servent d’interludes orchestraux). La plupart du temps, la masse instrumentale décroît quand les chanteurs entrent en scène, et elle s’efface dans la dernière scène de Peter, entièrement a cappella (l&rsquo;effet est saisissant). L’écriture vocale est extrêmement variée, le rôle de Clara est un soprano léger avec quelques coloratures, la Mère chante par sauts de registres importants, Anubis est une espèce de Turandot sur tous les plans (costume, rôle, écriture vocale), Azaël est un rôle entièrement parlé, Peter est un rôle très bavard et syllabique au début de l’opéra, mais sa tessiture s’allonge dans les dernières scènes. L’<strong>Orchestre</strong> <strong>philharmonique de Radio France</strong> est dirigé par le compositeur lui-même pour l’occasion et déploie des couleurs sombres parfaitement adaptées au sujet.</p>
<p><figure id="attachment_209920" aria-describedby="caption-attachment-209920" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-209920 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/1-Nuit-sans-aube-DR-S.-Brion-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-209920" class="wp-caption-text">© Stéphane Brion</figcaption></figure></p>
<p>Le plateau vocal est assez inégal. On apprécie énormément la déesse Anubis de <strong>Marie-Adeline Henry</strong>, en aigus métalliques meurtriers servis par une belle projection, et une présence hiératique qui va très bien à ce personnage sanguinaire. <strong>Catherine Trottmann</strong> relève avec brio le défi du rôle de Clara, et elle impressionne par sa maîtrise de l’aigu et du suraigu, où elle s’autorise <em>piani</em> et <em>crescendi</em>. Pour servir la mère de Peter, <strong>Katarina Bradi</strong><strong>ć </strong>(seule rescapée de la distribution berlinoise) démontre une intensité appréciable mais la voix est souvent inaudible et s’étouffe dans certaines zones de passage entre les registres. <strong>Evan Hughes</strong> est un Peter plutôt décevant qui n’aide pas à faire fonctionner l’espace scénique : la voix ne semble jamais vraiment libre (vibrato absent, résonance limitée), certains aigus sont hors de portée, et le jeu est monotone (yeux écarquillés, souffle court, main tendue). On aurait aimé entendre ce que Samuel Hasselhorn (qui a créé le rôle à Berlin) faisait de cette partition. En revanche, l’Azaël de la comédienne <strong>Hélène</strong> <strong>Alexandridis</strong> est une vraie réussite et ses moments de déclamation sur la musique sont l’un des sommets dramatiques de la soirée.</p>
<p>Reste enfin la mise en scène de <strong>James Darrah Black</strong>, qui comporte des idées très efficaces, mais reste assez monotone dans son évocation d’un cauchemar constant, et son sens exact est tout aussi élusif que celui du livret. Un écran de taille moyenne délimite l’avant-scène sur laquelle se passe la majorité de l’opéra. Il figure une forêt inquiétante traversée de phénomènes surnaturels, surmontée d’un ballet grotesque de loups morts, chacun suspendu par une patte à un crochet de boucher. Ce tableau, efficace quand on le voit pour la première fois, n’est varié que lorsque surgit Anubis, sur un fond totalement rouge inquiétant. Plus que ces décors, on aime assez la direction d’acteurs et l’occupation de l’espace scénique, souvent très efficace, avec une foule de figurants dont le ballet est minutieusement réglé. On garde en tête plusieurs tableaux marquants.</p>
<p>Ce bilan en demi-teintes ne doit pas nous empêcher de nous réjouir que de grandes institutions comme le Staatsoper et l’Opéra-Comique s’attachent à faire vivre la création contemporaine avec tous leurs moyens.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>HAENDEL, Ariodante – Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Dec 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Heureux Ariodante ! Après une magnifique série de représentations au Palais Garnier, le chef-d’œuvre de Haendel est présenté à Versailles de la plus belle des façons. La mise en scène de Nicolas Briançon transpose l’Écosse médiévale dans un XVIIIᵉ siècle poétique, où nature et théâtre se fondent dans un espace en perpétuelle métamorphose, comme animé &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Heureux </span><i><span style="font-weight: 400;">Ariodante</span></i><span style="font-weight: 400;"> ! Après une magnifique série de </span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-paris-garnier-3/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">représentations</span></a><span style="font-weight: 400;"> au Palais Garnier, le chef-d’œuvre de Haendel est présenté à Versailles de la plus belle des façons. La mise en scène de </span><b>Nicolas Briançon</b><span style="font-weight: 400;"> transpose l’Écosse médiévale dans un XVIIIᵉ siècle poétique, où nature et théâtre se fondent dans un espace en perpétuelle métamorphose, comme animé par les passions des personnages. Les décors d’</span><b>Antoine Fontaine</b><span style="font-weight: 400;"> déploient un cadre large et profond où se succèdent palais modulable, jardin, forêt sombre et ruines baignées de clair de lune. De superbes toiles peintes, parfaitement adaptées à l’écrin de l’Opéra Royal, composent un univers mouvant d’une scène à l’autre et capable d’évoluer au sein même d’une aria – ainsi ces bosquets qui traduisent la joie de Ginevra et d’Ariodante au premier acte. L’ensemble passe avec naturel de l’introspection des airs aux séquences dramatiques, comme le spectaculaire duel entre Polinesso et Lurcanio. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La gestuelle mêle vocabulaire baroque et expression plus contemporaine pour accompagner les affects des scènes. Les costumes réalisés par <b>David Belugou</b> ajoutent à la superbe esthétique de l&rsquo;ensemble tout comme les passages chorégraphiés de <strong>Pierre-François Dollé,</strong> qui rythment l’action par une succession de tableaux où les danseurs deviennent tour à tour protagonistes de l&rsquo;action. </span><span style="font-weight: 400;">Dans une esthétique très différente de celle du Palais Garnier, cet </span><i><span style="font-weight: 400;">Ariodante</span></i><span style="font-weight: 400;"> montre combien une mise en scène peut toucher un large public sans renoncer à l’exigence, lorsqu’elle choisit d’accompagner la musique plutôt que de lui imposer un concept plaqué sous prétexte d’audace.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Malgré des vocalises parfois hachées (« Con l’ali di costanza ») et un grave qui parfois se dérobe, </span><b>Franco Fagioli </b><span style="font-weight: 400;">maîtrise jusqu’au bout des ongles le bel canto handélien et porte le personnage d’Ariodante dans le corps et dans le sang. Certaines outrances peuvent surprendre, mais quel chanteur est-il capable de livrer un « Scherza infida » d’une telle intensité, mené à coups de </span><i><span style="font-weight: 400;">messa di voce</span></i><span style="font-weight: 400;"> et de variations de tessitures comme autant de coups de poing ? Cette générosité vocale finit par imposer une admiration réelle pour un interprète qui risque tout. Dans « Dopo notte », jouant ouvertement avec le public, il retrouve ce mélange de liberté, d’audace et de virtuosité qui électrise une soirée. Et il laisse alors entrevoir ce que le castrat Carestini aurait pu susciter chez les spectateurs londoniens à la création. Nul ne le saura jamais, mais l’illusion fonctionne pleinement. N’est-ce pas, après tout, l’un des principes mêmes de l’opéra seria ?</span></p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Ariodante-Opera-Royal-de-Versailles-Decembre-25-Credit-Edouard-Brane-39-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-204783"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Edouard Brane</sup></figcaption></figure>


<p><span style="font-weight: 400;">Dans le rôle de Ginevra, créé par Anna Maria Strada – la première Alcina –, </span><b>Catherine Trottmann</b><span style="font-weight: 400;"> semble d’abord un peu manquer d&rsquo;assise dans les airs du premier acte sollicitant le grave, notamment « Volate, amori ». Mais, se jetant elle aussi corps et âme dans son personnage, la soprano bouleverse dans un deuxième acte magnifiquement construit et offre, au troisième, un « Manca, oh Dei » d’une grande tenue : beauté des aigus, legato soutenu et fragilité assumée. <strong>Théo Imart</strong>, au lendemain d’un <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/vivaldi-magnifico-theo-imart-versailles/" target="_blank" rel="noopener">marathon Vivaldi</a> au Salon d’Hercule, incarne un Polinesso pleinement habité vocalement, avec une voix homogène sur toute sa tessiture.</span><span style="font-weight: 400;"> Son interprétation, moins strictement machiavélique qu’à l’ordinaire, confère au personnage une fragilité inattendue. Rayonnante Dalinda, </span><b>Gwendoline Blondeel</b><span style="font-weight: 400;"> séduit par son piquant, ses aigus lancés comme des flèches et une diction vive qui fait merveille. La virtuosité, jamais prise en défaut, touche toutefois quelques limites dans son « Neghittosi, or voi che fate? » au troisième acte. Une fois de plus, </span><b>Laurence Kilsby </b><span style="font-weight: 400;">enchante en Lurcanio, qu’il illumine d’une tendresse et d’une mélancolie constantes. Les vocalises redoutables de « Il tuo sangue » ne lui échappent jamais, et les da capo virevoltants sont menés avec une aisance qui force l’admiration. Dans le rôle du Re di Scozia, </span><b>Nicolas Brooymans</b><span style="font-weight: 400;"> impose enfin une présence naturelle, mêlant autorité, puissance vocale jusque dans l&rsquo;extrême grave.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’œuvre était ce soir légèrement écourtée : quelques da capo ont été supprimés, tout comme les lignes du récitatif accompagné de Ginevra qui ferme le deuxième acte. Cela n’enlève rien à la qualité de l’exécution musicale, qui n&rsquo;appelle au contraire que des éloges. Dès une ouverture menée avec puissance, la direction de </span><b>Stefan Plewniak</b><span style="font-weight: 400;">, à la fois inventive et attentive aux chanteurs, imprime un rythme soutenu sans jamais sacrifier l’émotion. Alerte et magnifiquement coloré par deux traversos dans les moments tendres, l’</span><b>Orchestre de l’Opéra Royal</b><span style="font-weight: 400;"> s’impose comme l’un des nombreux atouts de cette remarquable représentation.</span></p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-versailles/">HAENDEL, Ariodante – Versailles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Rennes 2025-26: L&#8217;Opéra en partage</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/rennes-2025-26-lopera-en-partage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Jun 2025 05:48:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« L&#8217;Opéra en partage », voilà la bannière sous laquelle Matthieu Rietzler dévoile sa nouvelle saison le jour-même de l&#8217;opération Opéra sur Ecran(s) qui fait résonner la Flûte Enchantée, gratuitement, dans plus de 70 lieux entre Bretagne et Pays de Loire. Cette nouvelle saison débute dès le 30 août avec un premier temps fort en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« L&rsquo;Opéra en partage », voilà la bannière sous laquelle Matthieu Rietzler dévoile sa nouvelle saison le jour-même de l&rsquo;opération <a href="https://www.opera-rennes.fr/fr/evenement/opera-sur-ecrans-la-flute-enchantee">Opéra sur Ecran(s)</a> qui fait résonner <em>la Flûte Enchantée</em>, gratuitement, dans plus de 70 lieux entre Bretagne et Pays de Loire.</p>
<p>Cette <a href="https://www.opera-rennes.fr/fr/programmation">nouvelle saison</a> débute dès le 30 août avec un premier temps fort en plein air le 30 aout. Le très beau <em>Rinaldo</em> de la Co[opéra]tive applaudi ici même en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rinaldo-rennes-demons-et-merveilles/">2021</a> reprend du service, en plein air, à l&rsquo;éco-musée de la Bintinais après que Claire Dancoisne l&rsquo;ait adapté cet été pour le Festival de Saint-Céré.</p>
<p>Pour le reste, fidèle à ses partenariats fructueux, Rennes accueillera des incontournables comme <em>Lucia di Lammermoor</em> en février 2026, sous le regard de Simon Delétang, coproduit avec Angers-Nantes Opéra, mais également Massy, le Théâtre Impérial de Compiègne – Opéra de Compiègne et le Théâtre de Lorient – CDN.</p>
<p>D&rsquo;autres œuvres sont plus audacieuses, à l&rsquo;exemple de cet alléchant <em>Robinson Crusoé</em> de Jacques Offenbach, également à l&rsquo;affiche du Théâtre des Champs-Elysées sous la houlette de Laurent Pelly – et applaudit dans plus de 80 communes à l&rsquo;occasion d&rsquo;Opéra(s) sur écrans en juin prochain &#8211; ou encore<em> La Calisto</em> de Francesco Cavalli coproduit avec le Festival d’Aix-en-Provence sous la houlette de Sébastien Daucé et de son ensemble Correspondances dans une mise en scène prometteuse de Jetske Mijnssen dès le mois d&rsquo;octobre.</p>
<p>Ces deux spectacles sont crées en complicité avec Angers-Nantes Opéra, tout comme le nouvel opus de la Co[opéra]tive, mis en scène par David Lescot, en janvier 2026&nbsp;: l&rsquo;opéra de chambre de Pauline Viardot, <em>Cendrillon</em>.</p>
<p>Enfin, après leur <em>Carnaval Baroque</em>, Vincent Dumestre et Le Poème Harmonique proposeront cette fois une version méconnue de<em> L’Avare</em> de Molière, mise en musique par Francesco Gasparini.</p>
<p>Enfin, la création contemporaine ne sera pas oubliée en mai 2026 avec <em>I didn’t know where to put all my tear</em>s croisant la musique de Benjamin Britten et celle de Marko Nikodijević en création mondiale le 29 mars 2026 à l’Opéra national de Nancy-Lorraine</p>
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		<title>Angers-Nantes Opéra 2025-26 : Fragilisé mais déterminé</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/angers-nantes-opera-2025-26-fragilise-mais-determine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Jun 2025 08:24:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La création imminente et ambitieuse de la Messe pour une planète fragile sur un texte de &#160;de la poétesse sud-africaine Antjie Krog et une musique de Guillaume Hazebrouck viendra clore la semaine prochaine la saison 2024-25 d&#8217;Angers Nantes Opéra. Voilà huit ans maintenant qu&#8217;Alain Surrans a quitté l&#8217;opéra de Rennes pour Angers Nantes Opéra, tout &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La création imminente et ambitieuse de la <a href="https://www.angers-nantes-opera.com/messe-pour-une-planete-fragile"><em><i>Messe pour une planète fragile</i></em></a> sur un texte de &nbsp;de la poétesse sud-africaine <strong>Antjie Krog et une musique de Guillaume Hazebrouck viendra clore la semaine prochaine la saison 2024-25 d&rsquo;Angers Nantes Opéra.</strong></p>
<p>Voilà huit ans maintenant qu&rsquo;Alain Surrans a quitté l&rsquo;opéra de Rennes pour Angers Nantes Opéra, tout en conservant des liens forts avec la maison bretonne qu&rsquo;il avait dirigé pendant quatorze ans, impulsant de nombreuses et fructueuses collaborations. Il achèvera son mandat en Pays de Loire le 1er janvier prochain, cédant la place à Alexandra Lacroix de manière sereine et concertée.</p>
<p><a href="https://www.angers-nantes-opera.com/#3">L&rsquo;ultime saison</a> qu&rsquo;il programme conserve son ambition en dépit du contexte brutal qui est celui des coupes budgétaires drastiques imposées par la Région Pays de Loire ainsi que par le département de Loire Atlantique. Les deux métropoles ainsi que le ministère de la Culture ont partiellement amorti le choc par effort financier complémentaire. Si les levers de rideaux passent de 72 à 60, sacrifiant en particulier les programmations baroques, de danse et de certains projets du chœur, en revanche, il semble hors de propos de transiger avec la qualité des propositions.</p>
<p>Les coproductions les plus prestigieuses promettent le meilleur comme <em>La Calisto</em> de Francesco Cavalli avec le Festival d’Aix-en-Provence en novembre ou encore, début juin, <em>Robinson Crusoé</em> de Jacques Offenbach avec le Théâtre des Champs-Elysées sous la houlette de Laurent Pelly et des décors, costumes, réalisés par les ateliers d’Angers-Nantes Opéra.</p>
<p>En mars, une large coproduction rassemblera les opéras de Rennes et Massy, le Théâtre Impérial de Compiègne – Opéra de Compiègne et le Théâtre de Lorient – CDN pour <em>Lucia di Lammermoor</em>.</p>
<p>Alain Surrans ne renonce pas à l&rsquo;innovation avec <em>Solaris</em>, un vidéo-opéra contemporain écrit par Othman Louati dont l&rsquo;opéra &#8211; <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/louati-les-ailes-du-desir-rennes/"><em>les Ailes</em></a> <em>du Désir</em>, toujours avec Miroirs Etendus &#8211; avait déjà été applaudi dans le cadre de la Co[opéra]tive.</p>
<p>Cette dernière, incontournable, sera à nouveau présente en mars 2026 avec <em>Cendrillon</em> de Pauline Viardot.</p>
<p>Enfin Patricia Petibon illuminera dès novembre la version de concert de <em>l’Amour sorcier</em> et <em>La Vie brève</em> de Manuel de Falla,</p>
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		<title>D&#8217;après Puccini, La Bohème 2050 &#8211; Culturebox</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dapres-puccini-la-boheme-2050-culturebox/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Apr 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Face au réchauffement climatique, Versailles est un refuge » nous annonce un bandeau qui signale La Bohème 2050, un spectacle télévisuel à revoir en replay sur la plateforme france.tv (Des rediffusions sont par ailleurs prévues sur France 5 le 4 mai à 14h30 et sur France 3 le 17 mai). Voilà toute l&#8217;originalité du &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« Face au réchauffement climatique, Versailles est un refuge » nous annonce un bandeau qui signale <em>La Bohème 2050</em>, un spectacle télévisuel à revoir en replay sur la plateforme france.tv (Des rediffusions sont par ailleurs prévues sur France 5 le 4 mai à 14h30 et sur France 3 le 17 mai). Voilà toute l&rsquo;originalité du projet du ténor <strong>Sébastien Guèze</strong>, qui a su déployer une belle énergie pour réécrire avec ses complices scénaristes le chef-d&rsquo;œuvre de Puccini et faire exister le premier exemple mondial du BIOpéra (ce genre décarboné qu&rsquo;appelle son essai pensé lors de la venue au monde de son premier enfant en 2020 et publié après le confinement) en emmenant entre autres, France Télévisions et Château de Versailles Spectacles dans l&rsquo;aventure. De l&rsquo;opéra en prime-time sur une chaîne publique, Culturebox (ex France 4), ce n&rsquo;est pas si courant. Et quelle plus belle manière de marquer la « Journée mondiale de la Terre » (en danger) en ce 22 avril tout en faisant réfléchir à l&rsquo;avenir du genre lyrique ? Le spectacle télévisé, qui veut montrer l&rsquo;exemple d&rsquo;une « réinvention artistique et écologique », a donné lieu à un rapport d&rsquo;expérimentation prouvant qu&rsquo;il a permis de réduire de quatre vingts pour cent son empreinte carbone. Cette <em>Bohème 2050</em> exemplifie donc le Plan de Transformation de l&rsquo;Economie des Opéras de France, voulu aussi par le ténor pour lutter contre la précarisation des artistes (<strong>Sébastien Guèze</strong> est également cofondateur de l&rsquo;association solidaire pour les chanteurs <strong>Unisson </strong>créée en 2020) et la baisse drastique des levers de rideau due à la disparition progressive des investissements publics. Reste à voir si les recommandations de son essai et dudit rapport seront suivies par les professionnels.</p>
<p>Exploitant les espaces connus ou moins connus du Château de Versailles (parc, escaliers, souterrains), cette réalisation de <em>La Bohème 2050</em> a tout d&rsquo;un exploit technique. Filmée d&rsquo;une traite, en une seule semaine, acte par acte et par changement de lieux, les artistes chantant en direct sur la bande son de l&rsquo;orchestre (à l&rsquo;éloquence toute puccinienne), cette <em>Bohème </em>intelligemment réécrite pour l&rsquo;adapter à un jour d&rsquo;été 2050 ( « la pire année » du siècle avec sa canicule à près de cinquante degrés, ses coupures de courant qui rendent inutiles les climatiseurs), est raccourcie d&rsquo;une heure et recentrée sur le quatuor des premiers rôles : Rodolfo, Marcello, Musetta et Mimi, une intelligence artificielle dans un corps de femme censée apporter des solutions aux humains en temps de crise climatique. Mimi se mourra faute de bonnes conditions pour la survie de son corps humain. Et cela fonctionne. Le dernier acte filmé en une seule prise avec le soleil se couchant en arrière plan est à l&rsquo;image du spectacle tout entier, dense et émouvant ; un vrai défi pour les chanteurs (tous habillés de costumes créés dans un processus vertueux de recyclage). Les bohémiens sont donc ici des artistes qui vivent cachés à Versailles, seul endroit où on étouffe un peu moins qu&rsquo;ailleurs en 2050. Deux jeunes diseurs adolescents (<strong>Leah Aubert</strong>, <strong>Valentin Campagne</strong>) ouvrent chaque acte en expliquant l&rsquo;histoire et ses personnages et en résumant les ellipses narratives dans un langage moderne censé rendre accessible l&rsquo;oeuvre aux plus jeunes comme au public le plus éloigné du genre lyrique. <strong>Sébastien</strong> <strong>Guèze</strong> (Rodolfo bouillant) et <strong>Yoann Dubruque</strong> (un Marcello plaisant), cachés dans les arrière cuisines, ironisent au premier acte car même les privilégiés qui vivent au-dessus de leur tête étouffent comme eux. Il est amusant d&rsquo;entendre Rodolfo et Marcello évoquer en italien sous-titré en français « la clim trompeuse qui envoie de l&rsquo;air chaud » et « ces idiots de panneaux solaires » !</p>
<p>Exit la visite du propriétaire Benoît, la scène de Parpignol et l&rsquo;arrivée du régiment et toutes les scènes non essentielles à la nouvelle intrigue. La rencontre de Rodolfo et de Mimi (superbe <strong>Vannina Santoni</strong>) se fait dans les souterrains, et l&rsquo;air fameux « Che gelida manina » se justifie par le mauvais état de cette IA  qu&rsquo;Alcindoro (<strong>Frédéric Longbois</strong>, efficace Mr Loyal) va présenter lors d&rsquo;une fête organisée au château (acte II). Le « Raconto di Rodolfo » puis le duo d&rsquo;amour sont beaux, même si le ténor est toujours très (trop ?) vaillant. Il forme avec la blonde soprano un beau couple d&rsquo;opéra. L&rsquo;arrivée remarquée à l&rsquo;acte II de la Musetta de<strong> Catherine Trottmann</strong> nous confirme qu&rsquo;elle possède un mezzo capiteux, bien fait pour colorer son personnage d&rsquo; « oiseau sanguinaire » (« Quando me&rsquo;n vo soletta per la via »). On ne peut qu&rsquo;avoir les yeux de Marcello pour elle. Les jeunes narrateurs nous rappellent au début de l&rsquo;acte III que Mimi a commencé à dépérir alors que Rodolfo l&rsquo;a enlevée aux privilégiés du Château. Elle est fascinée par les discours des Bohémiens car tous « parlent de leurs rêves de sobriété et de solidarité ». Divers plans de coupe révélant la beauté de Versailles nous amènent à la scène de la Barrière d&rsquo;Enfer devenue parc. L&rsquo;image orangée métaphorise depuis le début du film la chaleur écrasante, celle-ci rendant inévitable la séparation de Mimi et Rodolfo (« Addio senza rancore »). Face à une Vannina Santoni à l&rsquo;expressivité idéale, au chant tout en nuances, on aimerait plus de contrôle de la générosité de l’émission et moins d&#8217;emphase dans celui de Sébastien Guèze. Le quatuor des deux couples un peu écourté, l&rsquo;adieu des deux amants se fait sur les marches du grand escalier dans les jardins. L&rsquo;acte IV pourrait s&rsquo;appeler « Impressions, soleil couchant » pour un plan séquence tourné en temps réel, quasiment sans répétition. Devant la colonnade de marbre du Trianon, Rodolfo et Marcello se plaignent de l&rsquo;absence de leurs amies, bientôt rejoints en un beau chahut par Colline (<strong>Jean-Vincent Blot</strong>) et Schaunard (J<strong>oé Bertili</strong>). Par un de ces changements brusques de registres qu&rsquo;affectionne Puccini, l&rsquo;irruption de Musetta puis de Mimi interrompt ces jeux folâtres et l&rsquo;opéra se conclut en un duo bouleversant entre Vannina Santon<strong>i</strong> à la voix très fluide et aux accents purs ( « Mi chiamamo Mimi » et le Rodolfo alors renversant de Sébastien Guèze avec son appel déchirant dans le soir tombant.</p>
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		<title>RAMEAU/BAILLEUX &#8211; Pigmalion</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rameau-bailleux-pigmalion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=cd-dvd-livre&#038;p=188004</guid>

					<description><![CDATA[<p>Qui est l’artiste et qui est la statue dans ce nouvel enregistrement de Pigmalion ? Nous serions tenté de répondre que c’est Camille Delaforge et son ensemble Il Caravaggio qui édifient ici, dans un tour de force, une sculpture musicale aussi ébouriffante que subtile.  L’agencement de l’enregistrement, en premier lieu, a tout d’une construction finement &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rameau-bailleux-pigmalion/"> <span class="screen-reader-text">RAMEAU/BAILLEUX &#8211; Pigmalion</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span data-contrast="auto">Qui est l’artiste et qui est la statue dans ce nouvel enregistrement de </span><i><span data-contrast="auto">Pigmalion </span></i><span data-contrast="auto">? Nous serions tenté de répondre que c’est </span><b><span data-contrast="auto">Camille Delaforge </span></b><span data-contrast="auto">et son ensemble</span><b><span data-contrast="auto"> Il Caravaggio</span></b><span data-contrast="auto"> qui édifient ici, dans un tour de force, une sculpture musicale aussi ébouriffante que subtile.</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:6,&quot;335551620&quot;:6,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">L’agencement de l’enregistrement, en premier lieu, a tout d’une construction finement ciselée. Non content de se voir proposer une nouvelle version de ce qui est considéré comme l’acte de ballet le plus parfait de Rameau, l’auditeur découvre une œuvre inédite du non moins mystérieux Antoine Bailleux. L&rsquo;entreprise a tout de l&rsquo;excavation qui a nécessité pour Camille Delaforge la mise en forme d’une matière longtemps restée inerte. On sait peu de choses d’Antoine Bailleux, né en 1720 et mort aux environs de 1800, dont la postérité a essentiellement retenu ses compositions de musique de chambre, soit quelques cantatilles. </span><i><span data-contrast="auto">Pigmalion </span></i><span data-contrast="auto">est composé aux alentours de 1760 et impose un style clairement italianisant, bien installé en France à la suite de la Querelle des Bouffons. </span></p>
<p><span data-contrast="auto">La cantatille de Bailleux est bien sûr nettement plus brève que l&rsquo;acte de Rameau et ne met pas en scène des personnages, l’histoire du héros étant rapportée par une narratrice. L’approche est plus tragique que chez Rameau, la statue ne prenant pas vie, laissant Pigmalion prisonnier de la perfection inanimée de son art.</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:6,&quot;335551620&quot;:6,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:279}"> </span><span data-contrast="auto">Si le </span><i><span data-contrast="auto">Pigmalion </span></i><span data-contrast="auto">de Bailleux sonne déjà comme un opéra de Grétry et frappe par sa patine très moderne, la version de Rameau est bien évidemment taillée d’une roche toute différente, développant complexité harmonique et agréments mélodiques.  La clôture de l’enregistrement par un extrait du </span><i><span data-contrast="auto">Mariage forcé</span></i><span data-contrast="auto"> de Lully permet de conclure sur une note </span><i><span data-contrast="auto">piano </span></i><span data-contrast="auto">et un apaisement bienvenu après les ébouriffantes pièces de Rameau et Bailleux.</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:6,&quot;335551620&quot;:6,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">En deuxième lieu, Camille Delaforge s’impose en sculptrice du son aussi parce qu’elle donne à entendre un superbe remodelage de l’œuvre de Rameau. Les enregistrements existants, sans être nombreux, donnent une bonne idée de ce qui était possible de faire de cet acte de ballet. La cheffe donne une véritable leçon de direction musicale : la matière orchestrale est comme pétrie de l’intérieur et la partition semble prendre vie sous nos yeux !</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:6,&quot;335551620&quot;:6,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:279}"> L</span><span data-contrast="auto">a multiplicité de contrastes et de nuances est sidérante et donne à l’auditeur l’impression de ne pas seulement entendre l&rsquo;acte de ballet sous un jour nouveau, mais véritablement d’accéder aux intentions mêmes du compositeur, par une fine restitution de toute l’intelligence de la partition. Le tout est martelé d’un dynamisme toujours élégant et quelques effets laisseront l’auditeur béat : le crescendo magnifique qui précède « D’où naissent ces accords ? » ou encore les effets d’échos de l’Entrée du peuple qui vient admirer la Statue. </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:6,&quot;335551620&quot;:6,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">En troisième lieu enfin, les performances vocales se coulent naturellement dans l’armature musicale ainsi élaborée. Pouvait-il y avoir un meilleur choix que</span><b><span data-contrast="auto"> Mathias Vidal </span></b><span data-contrast="auto">pour incarner Pigmalion ? Lui qui se distingue, justement, par un travail d’orfèvre du mot, une approche toute en texture de la musicalité, un vibrato particulièrement torsadé ? Sans surprise, sa performance est un triomphe. L’alchimie avec Camille Delaforge est audible et permet à Mathias Vidal de déployer toutes les facettes de son art : pianissimi, vocalises, vibrato ultra maîtrisé – chaque portée est animée par le même souffle de vie. « L’Amour Triomphe » est grandiose, solennel, monumental. Le haute-contre franchit vaillamment les vocalises de « Règne, Amour » qui en ressort somptueux. </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:6,&quot;335551620&quot;:6,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Le reste du plateau vocal s’intègre habilement à cet ensemble. </span><b><span data-contrast="auto">Catherine Trottman </span></b><span data-contrast="auto">convainc tant chez Rameau que chez Bailleux. La soprano campe le rôle de l’Amour avec toute la grâce escomptée et relève sans difficulté les défis de l’aria “Amour, quelle cruelle flamme”, tout en légèreté sautillante. </span><b><span data-contrast="auto">Louise Bourgeat </span></b><span data-contrast="auto"> traduit avec talent l’étonnement de la Statue qui prend vie </span><span data-contrast="auto">tandis que </span><b><span data-contrast="auto">Laura Jarrell </span></b><span data-contrast="auto">incarne une Céphise expressive. </span><b><span data-contrast="auto">Apolline Raï-Westphal</span></b><span data-contrast="auto"> envoûte l’auditeur par la finesse de son émission et sa voix cristalline dans l’extrait du </span><i><span data-contrast="auto">Mariage forcé</span></i><span data-contrast="auto"> de Lully. Le </span><b><span data-contrast="auto">Choeur de l’Opéra Royal </span></b><span data-contrast="auto">illustre, enfin, toute sa rigueur, tant au plan de la musicalité que de la diction. </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:6,&quot;335551620&quot;:6,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">C’est assurément une nouvelle référence pour </span><i><span data-contrast="auto">Pigmalion </span></i><span data-contrast="auto">de Rameau, qui nous convaincrait presque que la musique se touche autant qu’elle s’entend ! </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:6,&quot;335551620&quot;:6,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
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		<title>MOZART, Don Giovanni &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louise Momal]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jan 2025 22:06:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est l’éternelle question. Don Giovanni, dramma giocoso, est-il plus tragique que comique, ou plus comique que tragique ? Doit-on donner le pas à la damnation du mécréant libertin, aux affres de Donna Anna et aux serments de vengeance de Don Ottavio ? Ou bien sont-ce plutôt les malices de valet de Leporello, les échanges de manteau au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est l’éternelle question. <em>Don Giovanni</em>, <em>dramma giocoso</em>, est-il plus tragique que comique, ou plus comique que tragique ? Doit-on donner le pas à la damnation du mécréant libertin, aux affres de Donna Anna et aux serments de vengeance de Don Ottavio ? Ou bien sont-ce plutôt les malices de valet de Leporello, les échanges de manteau au clair de lune et les minauderies de Zerlina qu’il faut hisser au premier plan ? Au Théâtre des Champs-Élysées, où était donné hier soir le chef-d’œuvre mozartien, l’ambigüité reste entière. Efficace et bien servie par une distribution engagée théâtralement, la mise en espace de <strong>Mohamed El Mazzouji</strong>, met l’accent sur l’aspect comique de la partition, souligné par un duo Don Giovanni – Leporello très bien dirigé, complice, tirant vers la farce.</p>
<p>Le choix de la version de Vienne fait également peser la balance du côté comique. Certes, l’opéra se finit sur la mort de Don Giovanni, sans sextuor final pour clore la soirée, certes Donna Elvira gagne en dignité et en tragique avec l’ajout de « In quali eccessi, o numi ». Mais pour Vienne Mozart a également remplacé l’air de Don Ottavio « Il mio tesoro intanto », air noble aux accents légèrement martiaux, par un duo comique pour Leporello et Zerlina, « Per queste tue manine », substitution qui contribue à donner à l’acte II encore plus de légèreté que les jeux de double de Don Giovanni et Leporello ne le font déjà.</p>
<p>Pierre angulaire de ce retour à une version de Vienne de puriste, sans rajout de l’air de Don Ottavio au détriment du duo de Leporello et Zerlina, pratique courante, l’orchestre <strong>Les Ambassadeurs – La Grande </strong><strong>É</strong><strong>curie</strong> joue avec bonheur la partition de Mozart sur instruments d’époque. Le pincé du hautbois, le son légèrement sourd du cor, la sécheresse parfois des cordes donnent à l’œuvre un caractère légèrement rugueux, plus viscéral que ce que l’on attend d’ordinaire chez Mozart, et cela est ici très heureux. Attentif aux chanteurs, <strong>Mathieu Romano</strong> dirige l’ensemble avec une belle fougue. Les ensembles, qu’il s’agisse du final du I, le sextuor « Mille torbidi pensieri » au II ou le dîner final, sont tous extrêmement réussis. Peu sollicité par la partition, le chœur <strong>Ensemble Vide </strong>fait tout de même impression, fugacement, au premier acte, très frais dans « Giovinette che fate all’amore ». Au deuxième acte, en revanche, les hommes sont en nombre un peu trop réduits pour donner aux voix de l’au-delà du festin de pierre toute leur force et faire réellement trembler l’auditoire.</p>
<p>Du côté des solistes, commençons par souligner l’homogénéité de la distribution, qualité indispensable chez Mozart. <strong>Louis Morvan</strong>, jeune basse aux graves fournis, endosse à la fois le rôle du Commandeur et de Masetto. Dans le rôle du paysan jaloux, il est un peu trop en retrait, timide scéniquement, et manquant d’énergie, de mordant, de diction dans « Ho capito, signor sì ». Ce Masetto se fait bien trop marcher sur les pieds. En Commandeur, en revanche, si le trac l’empêche de faire impression au premier acte, il est très convaincant au deuxième, impeccable vocalement, marmoréen face à l’absence de repentir de Don Giovanni. <strong>Catherine Trottmann</strong> est une Zerlina délicieuse à la voix fine et fruitée, tirant parfaitement son épingle du jeu en accentuant le côté espiègle de la paysanne face à Leporello, son côté victime prise au piège face à Masetto. Bien que les extrapolations vers l’aigu qu’elle ajoute dans ses deux airs ne soient sans doute pas nécessaires, Mozart se suffisant toujours à lui-même, elle est de bout en bout très musicienne, irrésistible dans le duo avec Leporello. Dommage que l’on n’ait pas entendu son premier cri à l’aide hors-scène dans le final de l’acte I, peut-être par la faute de la mise en espace, ce qui a un peu déstabilisé l’ensemble.</p>
<p>Remplaçant au pied levé le ténor initialement annoncé, <strong>Cyrille Dubois</strong> est égal à lui-même en Don Ottavio : irréprochable. Il brille par sa diction impeccable et l’élégance de sa ligne de chant. Remarquable dans les ensembles auxquels il apporte dynamisme et mordant, il ne fait qu’une bouchée de son seul air, « Dalla sua pace », ciselé et tout en piani délicats. Avouons avoir trouvé <strong>Marion Lebègue</strong> moins convaincante en Donna Elvira. Dotée d’un très beau mezzo au médium onctueux et charnu, elle nous a paru un peu à l’étroit dans le rôle de l’amante trompée qui la force régulièrement à des aigus légèrement acides et fâchés avec la justesse. Elle est plus à l’aise dans les ensemble où elle est moins sollicitée. C’est dans le trio au début du II, « Ah taci, ingiusto core », face à Leporello et Don Giovanni, qu’elle nous a paru la plus épanouie, et de fait la plus touchante. En Donna Anna, <strong>Marianne Croux</strong> emporte l’adhésion. Son soprano est superbe, clair, frais, coloré, irisé dans l’aigu, d’une souplesse remarquable dans la vocalise. Aussi à l’aise dans l’héroïsme un peu tapageur d’ « Or sai chi l’onore » que dans le legato contemplatif de « Non mi dir », où elle touche à l’âme, elle a toute la prestance et la dignité scénique de Donna Anna. Incontestable.</p>
<p>Enfin, dans le duo de tête, deux barytons aux qualités et aux tempéraments très différents, mais qui se valent bien. <strong>Thomas Dolié</strong> est un Leporello étonnamment sensible et touchant, très clown triste, qui n’hésite pas à donner de superbes piani vers l’aigu à la fin du redoutable « Madamina, il catalago è questo », conférant aux finals « quel che fa » une dimension sinistre et introspective aussi originale que bien trouvée. Excellent de bout en bout, très drôle, très physique, il se joue parfaitement de l’élocution rapide exigée de ce rôle bouffe. Dans le rôle-titre, pour finir, <strong>Florian Sempey</strong> impressionne par la beauté incontestable, assez renversante, de son baryton parfaitement homogène sur toute la tessiture, sonore et charmeur. Son Don Giovanni est plus viveur que séducteur, bruyant, charismatique au point de virer parfois à l’histrion. Son « Fin ch’han dal vino » est d’ailleurs trop tapageur, recourant systématiquement au cri dans ses dernières phrases. Ailleurs, pourtant, il est capable de tous les raffinements, notamment dans un « Deh vieni alla finestra » remarquable de ligne, de douceur et de nuances, ou dans sa séduction de Zerlina à grands renforts de piani délicats dans le récitatif précédant « Là ci darem la mano ». Surtout, dans la scène finale, le comédien est saisissant, servi par une voix d’une solidité qui lui permet tous les éclats terrifiés. Et finalement, malgré les quelques réserves exprimées plus haut, on doit s’incliner devant l’artiste.</p>
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		<title>De belles promesses lyriques chez Jeanine Roze production en 2024-25</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/de-belles-promesses-lyriques-chez-jeanine-roze-production-en-2024-25/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Sep 2024 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme chaque année, la nouvelle saison proposée par Jeanine Roze production réserve de très belles surprises. Outre les habituels rendez-vous du dimanche au Théatre des Champs-Elysées ainsi que de nombreux récitals instrumentaux, l&#8217;affiche lyrique et vocale proposée en 2024/2025 est des plus attirantes. Au TCE, on retrouvera ainsi une Resurrezione de Haendel le 4 octobre, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme chaque année, la <a href="https://www.jeanine-roze-production.com/" target="_blank" rel="noopener">nouvelle saison</a> proposée par <strong>Jeanine Roze production</strong> réserve de très belles surprises. Outre les habituels rendez-vous du dimanche au Théatre des Champs-Elysées ainsi que de nombreux récitals instrumentaux, l&rsquo;affiche lyrique et vocale proposée en 2024/2025 est des plus attirantes.</p>
<p>Au TCE, on retrouvera ainsi une <em>Resurrezione</em> de Haendel le 4 octobre, sous la direction de <strong>Julien Chauvin</strong> avec une belle distribution (<strong>Emöke Barath</strong>, <strong>Elsa Benoit</strong>, <strong>Lucile Richardot</strong>, <strong>Emiliano Gonzalez-Toro</strong>, <strong>Robert Gleadow</strong>). Le 6 octobre,<strong> Natalie Dessay</strong> et <strong>Shani Diluka</strong> proposeront leur spectacle <em>Rossignols ! </em>Le 16 décembre, un <em>Couronnement de Poppée</em> sera donné, avec le <strong>Banquet Céleste</strong> accompagnant <strong>Catherine Trottman</strong> (Poppea) et <strong>Ray Chenez</strong> (Nerone) dans les rôles-titres. Une <em>Flûte enchantée</em> sera proposée le 17 novembre pour le jeune public.</p>
<p>Le 20 janvier 2025, <strong>Alexis Kossenko</strong> dirigera Les Ambassadeurs &#8211; La Grande Écurie pour un <em>Don Giovanni </em>prometteur en version de concert : <strong>Florian Sempey</strong> dans le rôle-titre, <strong>Ana Maria Labin</strong> (inoubliable Alcina cet été à Beaune) en Donna Anna, aux côtés de <strong>Léo Vermot-Desroches</strong>, <strong>Marion Lebègue</strong>, <strong>Edwin Fardini</strong>, Catherine Trottmann, <strong>Louis Morvan</strong>. Le 3 juin 2025, <strong>Thomas Dunford</strong> et son Ensemble Jupiter célébreront le répertoire anglais de Purcell et Dowland jusqu&rsquo;aux Beatles.</p>
<p>Ne manquez pas non plus les multiples concerts et récitals de la saison : de Grigory Sokolov à Adam Laloum, de Nikolaï Lugansky à Félicien Brut, ou encore du Trio Wanderer à Benjamin Grosvenor, les belles affiches ne manqueront pas en 2024/2025 chez Jeanine Roze.</p>


<div style="text-align:center;"><div style="margin:8px 0px 4px;"><a href="https://www.calameo.com/books/00592343914c6b156d5e1" target="_blank" rel="noopener">JEANINE ROZE PRODUCTION SAISON 2024-2025</a></div><iframe src="//v.calameo.com/?bkcode=00592343914c6b156d5e1" width="300" height="194" frameborder="0" scrolling="no" allowtransparency="" allowfullscreen="" style="margin:0 auto;"></iframe><div style="margin:4px 0px 8px;"><a href="http://www.calameo.com/">Publish at Calameo</a></div></div>
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