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	<title>Frédéric CORNILLE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Frédéric CORNILLE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>GLASS, Akhnaten &#8211; Paris (Philharmonie)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Oct 2025 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Akhénaton, ce n’est pas seulement le pseudonyme d’un célèbre rappeur marseillais (Philippe Fragione), c’est surtout le second nom du pharaon Amenhotep [Aménophis] IV (XVIIIe dynastie, vers 1371/1365 à vers 1338/1335 avant Jésus-Christ), qui n’a pas atteint au caractère icônique de Néfertiti, Toutankhamon ou Cléopâtre. Pourtant, il a mérité une place particulière parmi les pharaons de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Akhénaton, ce n’est pas seulement le pseudonyme d’un célèbre rappeur marseillais (Philippe Fragione), c’est surtout le second nom du pharaon Amenhotep [Aménophis] IV (XVIII<sup>e</sup> dynastie, vers 1371/1365 à vers 1338/1335 avant Jésus-Christ), qui n’a pas atteint au caractère icônique de Néfertiti, Toutankhamon ou Cléopâtre. Pourtant, il a mérité une place particulière parmi les pharaons de l’Égypte antique, en imposant vers la 5<sup>e</sup> année de son règne (vers 1350/1347) une rupture multiforme, que les égyptologues ont intitulée « hérésie amarnienne ». Celle-ci a touché la religion (volonté de remplacer le polythéisme populaire par le culte officiel d’un dieu unique, Rê-Horakhty, le disque solaire <em>Aton</em>), l’art par une esthétique plus naturaliste, et la politique avec une nouvelle capitale, Akhetaton (actuelle Tell el-Amarna). L’expérience, pour n’avoir pas rencontré l’adhésion populaire, resta sans suite.</p>
<p>Le plus intéressant est la mise à l’écart du clergé d’Amon thébain par le pharaon, devenu l’intermédiaire direct avec le nouveau dieu. Il se trouve ainsi seul détenteur des pouvoirs temporel et spirituel, mais crée en même temps un noyau de résistance religieuse de ce clergé qui va conspirer à sa perte. Alors que l’Aïda de Verdi se débattait également dans un contexte de lutte d’influence entre le clergé et le pharaon, sur un sujet imaginé par l’égyptologue Auguste Mariette, chez Philip Glass ce sont des textes antiques qui constituent en eux-mêmes la trame de l’œuvre, qu’aucune intrigue amoureuse ne sous-tend. Et si Verdi avait tenté, plutôt infructueusement, de recréer une musique antique, Philip Glass propose essentiellement une atmosphère basée sur une musique « minimaliste » ou « répétitive », d’une infinie subtilité, dans la forme de longues mélopées qui sont certainement plus évocatrices de ce que l’on peut imaginer de la musique égyptienne antique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="568" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20251025_OBertrand_Philharmonie_6668-corr-MARGEE-1-1024x568.jpg" alt="" class="wp-image-202544"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Photos Philharmonie de Paris / Ondine Bertrand&nbsp;/ Cheeese</sup></figcaption></figure>


<p>On se trouve en présence d’une œuvre faite d’une succession de tableaux plus que d’une action véritable, qui s’apparente donc plus à un oratorio qu’à un véritable opéra, dont les sources historiques sont essentiellement issues du livre controversé <em>Œdipe et Akhenaton, mythe et histoire</em> (1967) du psychiatre Immanuel Velikovsky, que Glass souhaitait voir participer au livret, ce que sa mort empêcha. Néanmoins prévue pour être jouée sur scène, avec décors et costumes, elle trouve dans l’exécution en concert une force et un intérêt qui paraissent curieusement décuplés par rapport aux représentations scéniques, sans doute du fait que l’attention des spectateurs se concentre sur les parties musicales et vocales.</p>
<p>L’œuvre, créée en France à Strasbourg en 2002, est souvent représentée à travers le monde (en ce moment même au Liceu de Barcelone). Le chef <strong>Léo Warynski </strong>dirigeait déjà <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/akhnaten-nice-le-pharaon-au-masque-dor-streaming/">en 2020 la production de l’Opéra de Nice</a> (<a href="https://www.youtube.com/watch?v=jSAOrULT-F4&amp;t=627s">captation vidéo sans public à cause du covid</a>), puis à nouveau la <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/akhnaten-nice-le-triomphe-du-pharaon/">reprise de 2021 toujours à Nice</a>, dont on retrouve ce soir pratiquement la même distribution. Sa direction a gagné en unité, dans une sorte de sérénité menant à l’envoûtement quasi hypnotique des spectateurs, qui n’empêche pas une dynamique forte dans les moments importants. L’orchestre de Nice, maintenant bien rodé à ce type de musique, fait merveille (tout particulièrement les percussions et les cuivres), de même que les chœurs, d’une grande précision et aux sonorités bien étudiées.</p>
<p>Le plateau des solistes est dominé par la haute stature toute de noir vêtue du contre-ténor sopraniste martiniquais <a href="https://www.forumopera.com/v1/5questions/di_falco.html"><strong>Fabrice Di Falco</strong></a>, dont l’interprétation est saisissante dès sa première intervention. Ce chanteur à l’activité et au répertoire protéiformes conserve une voix d’une puissance et d’une souplesse infinies, rendant particulièrement impressionnante son incarnation du pharaon hérétique, dont la quête idéaliste a certainement des résonnances contemporaines. Son « Hymne au soleil », en particulier, est d’une totale perfection et son duo avec son épouse Néfertiti d’une grande douceur. Cette dernière est interprétée par <strong>Julie Robard-Gendre</strong>, longue robe rouge vif là où l’on aurait plutôt attendu un bleu pâle qui aurait évoqué sa fameuse coiffure du buste de Berlin. Cette mezzo, qui chante aussi bien Mozart qu’Offenbach, est tout à fait à son aise dans ce rôle, avec une voix riche en harmoniques se mariant parfaitement bien avec celle de son partenaire. Enfin, on a plaisir à retrouver <strong>Patrizia Ciofi</strong> dans le rôle de la reine mère Tiyi, qu’elle personnifie à merveille couverte de bijoux scintillants, dans une robe du dernier chic. Mais chose plus importante encore, elle apporte grâce à ses aigus parfaitement émis et projetés, une légèreté équilibrant l’ensemble des principaux rôles.</p>
<p>Les autres personnages historiques sont bien défendus par d’excellents chanteurs,  notamment <strong>Frédéric Cornille</strong> (Horemheb),<strong> Frédéric Diquero</strong> (le grand prêtre d’Amon) et<strong> Vincent Le Texier</strong> (Aÿ). Seul bémol à ce concert d’une très grande qualité, le rôle parlé du scribe qui commente l’action en anglais a été confié à la danseuse, chorégraphe et metteuse en scène de cette production à Nice, <strong>Lucinda Childs</strong>, qui transforme un texte important en une espèce de logorrhée insipide et surtout difficilement audible, là où un(e) acteur(trice) et diseur(seuse) professionnel(le) aurait pu donner une meilleure articulation, et pourquoi pas en français ? Mais peut-être a-t-elle été desservie par une sonorisation médiocre, et peut-être aussi cette manière de dire est-elle liée au style musical, et à une volonté du compositeur qu’elle connaît bien, puisqu’elle travaille avec lui depuis 1976 ?</p>
<p>La fin de l’œuvre mêle les spectres des personnages historiques aux hordes de touristes inattentifs envahissant les sites archéologiques. Ayons en complément une pensée pour l’un des fils d’Akhenaton absent de l’opéra de Philip Glass, qui lui a préféré six de ses filles : Toutankhaton, qui après la mort de son père met fin au culte d’Aton, restaure le culte thébain d’Amon et règne brièvement sous un nom universellement connu aujourd’hui, Toutankhamon…</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/glass-akhnaten-paris-philharmonie/">GLASS, Akhnaten &#8211; Paris (Philharmonie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>MASSENET, Don Quichotte &#8211; Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/massenet-don-quichotte-marseille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Mar 2024 06:15:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Coproduction des Opéras de Saint-Etienne et de Tours, cette version du Don Quichotte de Massenet arrive à Marseille, vingt-deux ans après la précédente. Cette longue absence explique-t-elle le succès d’affluence, pour cette troisième et dernière représentation ? Fabrice Malkani, à Saint-Etienne, avait apprécié la mise en scène « dépouillée et poignante » de Louis Désiré, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Coproduction des Opéras de Saint-Etienne et de Tours, cette version du <em>Don Quichotte </em>de Massenet arrive à Marseille, vingt-deux ans après la précédente. Cette longue absence explique-t-elle le succès d’affluence, pour cette troisième et dernière représentation ? Fabrice Malkani, à Saint-Etienne, avait apprécié la mise en scène « dépouillée et poignante » de Louis Désiré, adjectifs auxquels nous souscrivons. Mais ce dépouillement est-il un choix délibéré ou contraint ? Quand on attend le spectacle de la fête espagnole au sein de laquelle l’arrivée de Don Quichotte crée un hiatus – rappelons que depuis <em>Don César de Bazan </em>Massenet a composé quatre opéras et un ballet inspirés de l’Espagne &#8211; il nous est montré un lit à baldaquin défraîchi où git un homme qu’une foule anonyme uniformément vêtue de noir observe. Comment ne pas penser à ces tableaux où des bourgeois contemplent des objets scandaleux, danseuses, animaux de zoo ou aliénés à La Salpêtrière ? Et comment ne pas se demander si des impératifs économiques n’ont pas imposé cette austérité scénique ?</p>
<p>Quel était le projet du maître d’œuvre, <strong>Louis Désiré</strong>&nbsp;? Sans note d’intention on en est réduit à des hypothèses. Pourquoi, objectera-t-on, ne pas s’abandonner à ce qui est proposé&nbsp;? Simplement parce que la proposition déçoit nos attentes. La séduction plastique, grâce aux éclairages de <strong>Patrick Méeüs,</strong> est indéniable, la danse des chapeaux colorés, la « caverne » aux portes en miroir, il y a de belles images, mais que disent-elles de l’œuvre ? Le livret nous dit que Don Quichotte meurt d’amour déçu. Ce lit omniprésent indique-t-il dès le début que Don Quichotte est si malade, mentalement et physiquement, que les épisodes représentés sont seulement le fruit de son imagination délirante ou alors des souvenirs recomposés ? Ces mystérieuses présences masculines, « statues vivantes », sont-elles messagères de l’au-delà ou fantasmes récurrents ? Ce même lit accueille au quatrième acte la fête chez Dulcinée, ici une orgie où la belle se donne à ses quatre prétendants. Deux d’entre eux sont des blancs-becs et Massenet a prévu pour ces rôles des chanteuses en travesti. En les déshabillant le metteur en scène rend évidente leur féminité et oriente l&rsquo;action de groupe vers un tableau dont on peut douter qu’il appartienne aux souvenirs ou aux fantasmes du héros. Et la perruque à la Marylin empruntée par Dulcinée n’éclaire pas davantage. Tout est à l’avenant, on peut donc dire que la cohérence est indiscutable. Quant à la pertinence…</p>
<p>Par bonheur, l’interprétation musicale et vocale emporte l’adhésion et soulèvera l’enthousiasme au rideau final. <strong>Nicolas Courjal </strong>semble se couler sans effort dans le personnage « hagard et rêveur », ce qui est le comble de l’art puisqu’il ne donne à aucun moment l’impression d’en faire trop, ni vocalement, ni scéniquement. Certes on pourrait le trouver trop proche de l&rsquo;innocent de Boris et pas assez Chevalier à la Longue Figure, mais il se conforme probablement aux indications reçues. A ses côtés <strong>Marc Barrard </strong>– déjà interprète du rôle à Saint-Etienne – atteint justement l&rsquo; équilibre délicat entre comique et pathétique, et donne l’illusion d’une sincérité émouvante. L’un et l’autre contrôlent bien leur émission et le public les enveloppe dans la même bruyante approbation aux saluts.</p>
<p>La séduisante Dulcinée d’ <strong>Héloïse</strong> <strong>Mas </strong>porte avec élégance les toilettes de <strong>Diego Méndez Casariego&nbsp;; </strong>si quelque problème de justesse nous a semblé fugitivement menacer l’aigu, la voix court et se courbe en volutes triomphantes tant pour vocaliser que pour paraphraser le «&nbsp;canto hondo&nbsp;» andalou. La mélancolie du personnage est peut-être un rien accentuée.</p>
<p>Le quatuor des prétendants est mené comme à Saint-Etienne par <strong>Camille Tresmontant </strong>et <strong>Frédéric Cornille</strong>, respectivement Rodriguez et Juan, et complété par <strong>Laurence Janot </strong>(Pedro) et <strong>Marie Kalinine </strong>(Garcias). Tous ces artistes savent dire et projeter comme il faut.</p>
<p>Bonne prestation aussi du chœur, préparé par Florent Mayet et excellente prestation des instrumentistes de l’orchestre – le solo de violoncelle&nbsp;! &#8211; qui semblent avoir apprécié particulièrement la direction de <strong>Gaspard Brécourt</strong>. Précise et énergique, elle est tout autant nuancée et ce n’est pas le moindre des plaisirs que donnait cette représentation.</p>
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		<title>MEYERBEER, Les Huguenots – Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/meyerbeer-les-huguenots-marseille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Jun 2023 07:17:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Qui a dit que Les Huguenots était un ouvrage impossible à distribuer ? L’Opéra de Marseille a fourni la preuve éclatante du contraire en réunissant pour sa nouvelle production du chef-d’œuvre de Meyerbeer une équipe qui, sans atteindre sans doute les fastes de « la nuit des sept étoiles » que le Met avait affichée &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Qui a dit que <em>Les Huguenots</em> était un ouvrage impossible à distribuer ? L’Opéra de Marseille a fourni la preuve éclatante du contraire en réunissant pour sa nouvelle production du chef-d’œuvre de Meyerbeer une équipe qui, sans atteindre sans doute les fastes de « la nuit des sept étoiles » que le Met avait affichée en 1894, brille par son homogénéité et l’engagement de chacun des protagonistes. Hélas, on ne peut en dire autant de la production, minimaliste, et de la direction d’acteurs on ne peut plus succincte. On a connu <strong>Louis Désiré</strong> plus inspiré. Décors et costumes se déclinent dans des tonalités résolument sombres, noir, gris, bleu marine, avec cependant quelques touches de couleurs, la robe jaune vif de Marguerite de Valois et celle de Valentine au premier acte, d’un superbe bleu intense, ainsi que le long manteau rouge de Marcel. L’intrigue se déroule à une époque indéterminée. Rien ne distingue dans leur apparence les catholiques des protestants, ce qui est regrettable notamment au troisième acte où l’action, déjà confuse dans le livret, s’avère parfaitement incompréhensible. Quelques idées cependant retiennent l’attention comme la présence aux côtés de Marguerite de Boniface de la Môle qui fut son amant selon Alexandre Dumas. Les décors sont constitués de murs gris anthracite qui encadrent le plateau nu, et d’une cloison percée d’une large ouverture qui, selon les tableaux, descend au premier plan pour séparer la scène en deux parties. De grands poufs verts au deuxième acte, des rangées de chaises au trois, constituent les quelques rares accessoires. Des rideaux en plastique transparent maculés de sang apparaissent à chaque fois que la guerre entre les deux factions est évoquée ainsi que tout au long du dernier tableau où le massacre de la Saint-Barthélemy, à peine esquissé sur le plateau, inspire bien peu de terreur. On est loin de l’aspect spectaculaire qui caractérise le grand opéra à la française.</p>
<pre style="text-align: center"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/P1550023-photo-Christian-DRESSE-2023-1294x600.jpg">
© Christian Dresse</pre>
<p>En dépit de ce décor austère on se laisse néanmoins emporter par le drame qui nous est conté grâce à une interprétation solide qui capte durablement l’attention. <strong>Gilen Goicoechea</strong>, <strong>Thomas Dear</strong>, <strong>Frédéric Cornille</strong> et <strong>Jean-Marie Delpas</strong> forment un quatuor de basses impeccables et déterminées de gentilhommes catholiques, tout comme les ténors <strong>Kaëlig Boché </strong>et <strong>Carlos Natale</strong> dotés de voix sonores et bien timbrées. Ce dernier se révèle particulièrement crédible dans son emploi de «&nbsp;méchant&nbsp;». Le Bois-Rosé d’<strong>Alfred Bironien </strong>à la voix bien projetée ne manque pas d’attraits. Doté d’une belle présence scénique et d’un timbre de bronze, <strong>François </strong>L<strong>is</strong> est un Comte de Saint-Bris imposant notamment dans la scène de la bénédiction des poignards où il fait preuve d’une autorité saisissante. Avec sa bonhommie <strong>Marc Barrard</strong> campe un Nevers insouciant au premier acte qui se laisse peu à peu envahir par le drame qui se joue. Sa voix en impose, en particulier dans la scène où, face à Saint-Bris, il refuse de participer au massacre. <strong>Eléonore</strong> <strong>Pancrazi </strong>porte avec élégance le costume masculin et incarne avec justesse ce page encore adolescent, sorte de cousin de Chérubin, secrètement troublé par Marguerite de Navarre. Son timbre ne manque pas de séduction. On lui pardonnera aisément un ou deux aigus stridents tant sa présence scénique et son jeu subtil ont séduit le public, qui lui a réservé une belle ovation. Grand habitué de l’Opéra de Marseille, <strong>Nicolas Courjal</strong> ajoute avec Marcel, un nouveau rôle majeur à son répertoire. Il incarne avec subtilité ce personnage fanatique dont il exalte le côté paternel vis-à-vis de Raoul. La profondeur de sa voix lui permet d’émettre avec aisance les nombreuses notes graves qui parsèment sa partition. Sa chanson huguenote, sobre est racée, est sans conteste l&rsquo;une des plus magistrale que nous avons entendue. <strong>F</strong><strong>lorina Ilie</strong> est une belle surprise. Son port altier et sa classe naturelle font d’elle une future reine de Navarre tout à fait crédible. De plus la soprano roumaine possède une voix pure et liquide associée à un souffle inépuisable qui font merveille dans son air d’entrée « O beau pays de la Touraine ». Ses vocalises dans la cabalette sont impeccables, quoiqu&rsquo;un peu trop sages à notre goût. <strong>Enea Scala</strong> reprend avec brio le rôle de Raoul de Nangis qu’il avait abordé <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-huguenots-bruxelles-la-monnaie-les-braves-et-meyerbeer/">l’an passé</a> à Bruxelles. Sa voix sonne avec davantage d’assurance et il parsème désormais son interprétation de nuances, tout à fait bienvenues dans son air d’entrée «&nbsp;Plus blanche que la blanche hermine&nbsp;», impeccablement ciselé. Très à l’aise sur le plateau, le ténor sicilien incarne avec fougue ce héros romantique, idéaliste et passionné notamment dans son air poignant «&nbsp;A la lueur de leurs torches funèbres&nbsp;». Présent sur la scène pendant presque tout l’opéra aucun signe de fatigue n’est perceptible dans sa voix jusqu’au trio final mené à un train d’enfer par le chef. A ses côtés <strong>Karine Deshayes</strong>, également présente à La Monnaie la saison passée, a peaufiné son personnage dont elle fait une héroïne tragique et exaltée tout à fait convaincante. La voix est large, le timbre glorieux et le registre aigu opulent. Son duo avec Marcel plus développé qu’à l’accoutumée, son air du quatrième acte « Parmi les pleurs mon rêve se ranime », particulièrement déchirant, et le trio final comptent parmi les plus grands moments de la soirée.</p>
<pre style="text-align: center"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/P1540378-photo-Christian-DRESSE-2023-1294x600.jpg">© Christian Dresse</pre>
<p>Au pupitre <strong>José Miguel Pérez-Sierra</strong> propose une direction enfiévrée et contrastée. Certains passages sont ralentis afin de produire un effet de suspension, d’autres pris à un train d’enfer, sont d&rsquo;une efficacité spectaculaire. Cependant, le chœur « Bonheur de la table »&nbsp; au premier acte, trop rapide, y perd un peu de son éclat. L’ensemble n’en demeure pas moins d’un très haut niveau. La partition comporte relativement peu de coupures, on regrettera cependant l’absence du second couplet de la cabalette de Marguerite au deuxième acte. En revanche nous avons entendus plusieurs pages rarement jouées comme par exemple l’intervention de Bois-Rosé « Toute la nuit, mes chers amis » au début du troisième acte. Soulignons enfin la magnifique prestation des chœurs préparés par <strong>Emmanuel Trenque</strong>, si importants dans cet ouvrage.</p>
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		<title>LEHÁR, La Veuve joyeuse — Nice</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-veuve-joyeuse-nice-une-veuve-toute-neuve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Andre Peyregne]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Dec 2021 05:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Encore un état au bord de la faillite ! Pas de panique, c’est de la principauté du Pontevedro qu’il s’agit. Vous l’avez reconnu, c’est l’Etat de la Veuve joyeuse. Du coup, le metteur en scène Benoît Bénichou qui a monté cette opérette à Nice a fait ni une ni deux et l’a transposée dans le monde &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Encore un état au bord de la faillite ! Pas de panique, c’est de la principauté du Pontevedro qu’il s’agit. Vous l’avez reconnu, c’est l’Etat de <em>la Veuve joyeuse</em>.</p>
<p>Du coup, le metteur en scène <strong>Benoît Bénichou</strong> qui a monté cette opérette à Nice a fait ni une ni deux et l’a transposée dans le monde de la crise financière de 2008. Alerte à Wall Street, la veuve débarque à Paris en star d’Hollywood !</p>
<p>Ah, on n’est plus sous les habituels lambris des salons mondains du XIXe mais dans le décor délabré d’une ambassade en ruine. Les platras tombent des murs et du plafond comme à Gravelotte. Attention la tête !</p>
<p>Rassurez-vous, le spectacle est tout sauf sinistre. Benoît Bénichou a réalisé un fantastique travail de traduction et réactualisation du texte. Il l’a taillé à coup de serpe et a supprimé le personnage du fantaisiste Figg. Résultat, une action resserrée avec un texte – en vers, s’il vous plaît – collant parfaitement à la musique.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/dsc_3279.jpg?itok=3EzS5rQT" title="La scène des grisettes (Photo Dominique Jaussein)" width="468" /><br />
	La scène des grisettes © Dominique Jaussein</p>
<p>Dans cette affaire, les spectateurs deviennent les invités de la réception qui se déroule sur scène. C’est comme si l’Opéra de Nice avait été transformé en ambassade du Pontevedro. On y voit avant le spectacle les chanteurs arriver en Mercedès, sur un tapis rouge, dans le hall d’entrée au milieu du public.  Pendant le spectacle il descendent dans la salle. Au cours de l’entracte, ils se mêlent aux spectateurs et chantent même dans les escaliers. La fête à tous les étages ! </p>
<p>Le spectacle est truffé de vidéos émouvantes et enveloppé de fabuleux éclairages dus à un magicien de la lumière, Mathieu Cabanes.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="295" src="/sites/default/files/styles/large/public/dsc_3020.jpg?itok=dxv6OKK3" title="Camille Schnoor, la découverte de la soirée (Photo Dominique Jaussein)" width="468" /><br />
	Camille Schnoor, la découverte de la soirée © Dominique Jaussein</p>
<p>De la lumière, il y en a aussi dans la voix de l’interprète de la Veuve  – une découverte : <strong>Camille Schnoor</strong>. C’est la première fois que cette Niçoise encore peu entendue en France se produit sur scène dans sa ville natale. On ne vous dit pas son émotion, celle de sa famille, de ses amis ! Ils l’ont connue enfant, ils la retrouvent star. Et avec quelle aisance, quel style, quelle souplesse dans la voix !</p>
<p>Son Danilo de cœur est incarné par <strong>Frédéric Cornille</strong>. Il n’y a qu’éloge à faire de ce beau baryton à la voix ronde, égale, musicale.</p>
<p>Nous n’avons pas reconnu en <strong>Samy Camps</strong> le délicieux ténor léger qui avait été naguère distingué aux Victoires de la musique. Sa voix est en train d’évoluer vers un registre plus fort, plus ample. Mais la mutation n’est pas achevée. Attendons…</p>
<p>La délicieuse <strong>Amélie Robins</strong> n’était pas, au soir où on l’a entendue, dans sa forme habituelle, présentant un vibrato excessif. Là encore, faisons confiance en l’avenir&#8230;</p>
<p>Le très bon <strong>Philippe Ermelier</strong> est un de ces chanteurs comédiens dont une opérette ne saurait se passer. Il est impayable dans son rôle d’ambassadeur. Ca tombe bien, l’ambassade du Pontevedro n’a plus d’argent !</p>
<p>Un reste de distribution de qualité, un choeur et un orchestre pétillants sous la direction d’un maître es opérette, <strong>Bruno Membrey</strong>, achèvent de rendre la salle aussi joyeuse que la Veuve. Elle a applaudi à tout rompre cette « Veuve » toute neuve.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p style="margin-bottom: 0cm;border: none;padding: 0cm;line-height: 100%"> </p>
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		<title>MASSENET, Don Quichotte — Saint-Etienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/don-quichotte-saint-etienne-baume-dulcifiant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jan 2020 22:59:54 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/baume-dulcifiant/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Avec Don Quichotte, l&#8217;un des derniers opéras de Massenet, l’Opéra de Saint-Étienne distille le « baume dulcifiant » qu’avait appelé de ses vœux le compositeur cloué au lit en 1909 par des douleurs rhumatismales. Dans la mise en scène dépouillée et poignante de Louis Désiré, le personnage du Chevalier de la longue figure, inspiré par une pièce &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal">Avec <em>Don Quichotte</em>, l&rsquo;un des derniers opéras de Massenet, l’Opéra de Saint-Étienne distille le « baume dulcifiant » qu’avait appelé de ses vœux le compositeur cloué au lit en 1909 par des douleurs rhumatismales. Dans la mise en scène dépouillée et poignante de <strong>Louis Désiré</strong>, le personnage du Chevalier de la longue figure, inspiré par une pièce de Jacques Le Lorrain, apporte un démenti aux critiques qui voient dans cet opéra une trahison du <em>Don Quichotte</em> de Cervantes. L’action scénique qui semble jaillir de la seule imagination ou de la force des souvenirs du héros, même si elle s’écarte en partie du récit de « l’Ingénieux Hidalgo », n’en possède pas moins la grandeur de son premier modèle tout autant que sa bonté d’âme.</p>
<p class="MsoNormal">Pour cet ultime voyage qui récapitule toute une vie, les décors de Diego Méndez Casariego ne prévoient nulle feria, nulle place publique, ni cheval, ni moulin à vent, ni forêt, mais des tentures noires, un sol imitant la terre battue, une estrade et un lit à baldaquin qui est aussi carrosse funéraire. Dans le cadre sombre et noir de cet ultime voyage, les réminiscences de l’existence se succèdent de manière onirique, saisies par les lumières de <strong>Patrick Méeüs </strong>: foule aux chapeaux colorés, scènes érotiques autour de Dulcinée, traversée d’un miroir brisé avant la rencontre avec des brigands vite impressionnés par la grandeur d’âme de Don Quichotte, fête triste et mélancolique, restitution à Dulcinée du collier volé par les brigands, déclaration d’amour et cruelle déconvenue, adieux enfin du Chevalier laissant un Sancho Pança inconsolable à qui est léguée par son maître l’Île des Rêves. À chacun de ces épisodes président quatre êtres mi-anges mi-démons, blancs et noirs, statues vivantes au torse d’albâtre et messagers psychopompes. Dans cet univers d’une insondable tristesse, que seule éclaire parfois de son reflet doré la statuette de Don Quichotte sur son cheval, la consolation vient de la musique et du chant.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/don-quichotte-margaux-klein-9.jpg?itok=HmH3nqMv" title="Don Quichotte, Opéra de Saint-Étienne 2020 © Margaux KLEIN" width="468" /><br />
	Don Quichotte, Opéra de Saint-Étienne 2020 © Margaux KLEIN</p>
<p class="MsoNormal">Merveilleux baryton-basse, remarquable acteur et diseur, <strong>Vincent Le Texier</strong>, en chemise de nuit, avec sa voix puissante et touchante, est un Don Quichotte hagard et rêveur, qui s’émeut et s’emporte puis se perd dans ses songes, capable aussi d’articuler avec naturel des phrases comme : <em>« Cette gaîté m’emparadise ! / Je voudrais que la joie embaumât les chemins… »</em>. De ce rôle écrasant il ressort épuisé aux saluts, tout comme le baryton <strong>Marc Barrard</strong>, Sancho Pança d’une extraordinaire présence en dépit d’un accoutrement qui – conformément à la conception du personnage – pourrait facilement paraître ridicule et qui ici ne l’est jamais parce que le chant est d’une précision, d’une clarté parfaites, avec des sommets comme l’air du dernier acte <em>« O mon maître, o mon Grand »</em>.</p>
<p class="MsoNormal">La Dulcinée de <strong>Lucie Roche</strong> est dotée d’un mezzo puissant s’épanouissant dans les graves pleins et sonores, d’une grande élégance vocale dans les vocalises et qui sait se faire velours à l’acte IV. Sa présence scénique est rehaussée par les robes éblouissantes dans lesquelles elle virevolte dans un double contraste avec l’immobilité et la gaucherie du Chevalier et de son écuyer.</p>
<p class="MsoNormal">L’expressivité et la qualité de diction des trois personnages principaux sont partagées par <strong>Frédéric Cornille</strong> (Juan) et <strong>Camille Tresmontant</strong> (Rodriguez). L’ensemble est complété avec bonheur par <strong>Julie Mossay</strong> (Pedro) et <strong>Violette Polchi</strong> (Garcias), tandis que le <strong>Chœur lyrique Saint-Étienne Loire</strong> fournit une prestation soignée, mobile et bien synchronisée.</p>
<p class="MsoNormal">Sous la direction particulièrement subtile de <strong>Jacques Lacombe</strong>, qui met en évidence des contrastes de tempo et de volume sonore, l’<strong>Orchestre Symphonique Saint-Étienne Loire</strong> joue pleinement le rôle consolateur attendu, avec une richesse de timbres (les vents notamment, comme le cor anglais pour la Sérénade de l’acte I) et de nuances (l’étonnante prière de l’acte III accompagnée à l’orgue), une précision des attaques et le chatoiement des cordes (en particulier le solo de violoncelle du deuxième Interlude).</p>
<p class="MsoNormal">C’est une belle contribution à la redécouverte de cette lecture du <em>Quichotte</em> et de cet opéra aujourd&rsquo;hui moins connu de Massenet.</p>
<p class="MsoNormal"> </p>
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		<title>BIZET, Carmen — Saint-Etienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/carmen-saint-etienne-une-equipe-qui-gagne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Jun 2019 22:02:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Saint-Gall et Ténérife, cette coproduction arrive à St-Etienne, après une escale à Rennes, il y a deux ans. Réussir Carmen impose déjà des solistes pleinement investis. L’opéra de Saint-Etienne réussit le pari d’une équipe extraordinaire d’entente comme de qualités individuelles. La distribution vocale, proche de l’idéal, nous vaut une Carmen subtile, puissante, dont l’évolution &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après Saint-Gall et Ténérife, cette coproduction arrive à St-Etienne, après une escale à Rennes, il y a deux ans. Réussir <em>Carmen</em> impose déjà des solistes pleinement investis. L’opéra de Saint-Etienne réussit le pari d’une équipe extraordinaire d’entente comme de qualités individuelles. La distribution vocale, proche de l’idéal, nous vaut une Carmen subtile, puissante, dont l’évolution est parfaitement maîtrisée. La voix d’<strong>Isabelle Druet</strong> est somptueuse, le chant ample, timbre sombre aux graves capiteux, avec un soutien et des phrasés admirables. Seul regret : la direction d’acteur ne lui permet pas d’atteindre un jeu pleinement convaincant, traduisant la lascivité ensorcelante, l’effronterie, le tempérament de feu de la bohémienne andalouse. <strong>Florian Laconi</strong> n’a certainement jamais mieux incarné Don José. La santé vocale, l’aisance, le charme, la distinction, la force, le lyrisme avec le métal, la vérité du jeu forcent l’admiration et nous émeuvent. L’air de la fleur, long cri de passion douloureuse, est éblouissant, et le dernier acte d’un souffle dramatique particulièrement intense et juste. <strong>Ludivine Gombert</strong> nous vaut une Micaëla touchante, voix égale, longue, bien timbrée aux aigus aisés. Bien que familier du rôle du torero adulé, le baryton ni Martin, ni Verdi, ni basse de <strong>Jean Kristof Bouton</strong> convainc davantage par le jeu que par la voix, aux graves faibles et dépourvue de la projection comme du panache attendu. Ce sera la seule réserve. Morales , <strong>Frédéric Cornille</strong>, est un beau baryton, sonore, dont les couplets sont la première satisfaction de la soirée. <strong>Jean-Vincent Blot</strong>, solide basse, autoritaire et sonore, campe un Zuniga remarquable. C’est particulièrement dans les ensembles (trio des cartes, quintette) que sont valorisées les autres voix. <strong>Julie Mossay</strong>, Frasquita délurée, <strong>Anna Destraël</strong>, Mercédès capiteuse, comme le Dancaïre de <strong>Yann Toussaint</strong> et le Remendado de <strong>Marc Larcher</strong> sont extraordinaires. Couleurs, équilibre, projection, intelligibilité, leurs ensembles forcent l’admiration. Les chœurs n’appellent que des éloges. Celui des enfants, déjà, pittoresque, charmant, mais aussi et surtout les nombreux numéros de la partition où, militaires, cigarières, contrebandiers, public des arènes, se voient confier un rôle important. Leur puissance, leurs timbres, la cohésion ainsi que leur parfaite articulation méritent d’être soulignées.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="293" src="/sites/default/files/styles/large/public/carmen_3_1.jpg?itok=Hnk7GYO4" title="Carmen (acte 3) © Cyrille Cauvet" width="468" /><br />
	Carmen (acte 3) © Cyrille Cauvet</p>
<p><strong>Alain Guingal</strong> connaît bien l’ouvrage, qu’il a souvent dirigé. L’efficacité dramatique, l’intensité expressive sont bien au rendez-vous. Cependant, routine ou parti-pris, on s’étonne de la lecture sans relief que nous offre parfois l’orchestre symphonique de Saint-Etienne, dès le prélude. A la nonchalance à laquelle invite la première scène (« Sur la place, chacun passe… ») est substituée une fébrilité qui dérange. La légèreté, les respirations instrumentales sont fréquemment oubliées, les hispanismes quelque peu gommés, la couleur estompée. Ductile, parfait d’attention pour le trio des cartes, vocalement et dramatiquement remarquable, l’orchestre ne parviendra à une plénitude chaleureuse, subtile, dramatique incontestable qu’aux derniers actes. Les bois (malgré une flûte quelconque dans l’entracte précédant le III) auront également attendu pour conjuguer leurs timbres.</p>
<p>Les jeunes occupaient principalement les tout premiers rangs des fauteuils d’orchestre. D’un seul mouvement, spontané, ils se levèrent au baisser du rideau pour crier leur enthousiasme, suivis de tout le public. Les longues acclamations comme l’attente de plusieurs dizaines de personnes à la sortie des artistes, témoignent du bonheur des spectateurs pour cette réalisation, dont les qualités sont manifestes.</p>
<p>Pourtant, la mise en scène de <strong>Nicola Berloffa</strong> interrogeait au début. Elle fonctionne dans un cadre unique, charpente brunâtre à combinaisons ingénieuses, particulièrement au dernier acte, où les choristes assistent, dos au public, à la projection d’extraits opportunément empruntés au film muet de Lubitsch (1918). Le premier acte paraît figé, sans imagination ni couleurs. Ponctuellement, l’invraisemblable affleure (un coup de petit sac de Micaëla envoie un homme athlétique au sol …), les choristes sont plus souvent plantés comme des poireaux que doués d’une vie autonome. L’artifice y est patent. Le deuxième, chez Lilas Pastia, avec sa belle chanson andalouse et le quintette, puis celui dans la montagne sont mieux servis par la mise en scène et la direction d’acteurs. Le dernier fait oublier toutes les réserves tant sa justesse, son inventivité, sa force expressive sont patentes. Les costumes d&rsquo;<strong>Ariane Isabell Unfried</strong>, cohérents, déçoivent par leur caractère sombre, grisâtre. Autant ils sont aussi légitimes pour les migrants que les contrebandiers devenus passeurs, autant surprennent les uniformes et sous-vêtements noirs, comme les combinaisons des cigarières, sous de courtes blouses, sable, chaussées d’élégants talons hauts, les pelisses, les costumes de la foule allant aux arènes. Les danseuses sont en jaune, et la coupe de leur habit renvoie au film, mais la première apparition de Micaëla se fait dans une robe de dentelle&#8230; rouge. On ne comprend pas, tout comme les éclairages qui maintiennent le plateau dans une semi obscurité quasi invariable. Où sont la lumière, le soleil brûlant ? Au total, une réalisation exemplaire par ses qualités vocales, inégale quant à sa mise scène et à son travail orchestral, mais il est vrai que c’était la première. Les Stéphanois auront droit à trois représentations de cette <em>Carmen</em>. On se prend à regretter qu’une telle équipe, brillante, jeune, totalement engagée, n’ait pas davantage d’occasions d’offrir le fruit de son travail.</p>
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		<title>GANNE, Les Saltimbanques — Avignon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-saltimbanques-avignon-cest-lamour/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Apr 2019 06:25:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La salle fredonne la valse finale du premier acte « C’est l’amour qui flotte dans l’air à la ronde », connue de chacun, agréable, facile, qui s’inscrit si aisément dans les mémoires. Tout n’a pas été oublié des Saltimbanques, un des derniers fleurons de l’opérette française, au tournant de la Belle époque. Le livret original, savoureux, efficace &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La salle fredonne la valse finale du premier acte « C’est l’amour qui flotte dans l’air à la ronde », connue de chacun, agréable, facile, qui s’inscrit si aisément dans les mémoires. Tout n’a pas été oublié des <em>Saltimbanques</em>, un des derniers fleurons de l’opérette française, au tournant de la Belle époque. Le livret original, savoureux, efficace et frais, était-il désuet, daté, au point de justifier une réécriture de l’essentiel des textes parlés ? La bluette de la gentille Suzon ne suffirait-elle plus ? <strong>Mireille Larroche</strong> jette un regard lucide et désenchanté sur le monde du spectacle, en particulier au premier acte, où le misérable cirque est à la peine dans un quartier de banlieue.  Elle impose une progression inattendue qui nous fait traverser le monde du cinéma, puis celui du show télévisuel, racoleur, au rythme d’une comédie musicale. Les moyens mobilisés sont considérables. La vie constante de la scène, la direction millimétrée des acteurs entraînent l’adhésion : acrobates, jongleurs, choristes, musiciens de scène (orchestre d’harmonie, accordéoniste, contrebassiste) animent l’espace de façon harmonieuse. Les décors, simples et efficaces, les lumières n’appellent que des éloges. Les costumes – remarquables dans leur diversité et dans leurs couleurs – permettent de composer de superbes tableaux aux finales de chacun des actes. Comme l’exige le genre, la polyvalence est de règle : certes les chanteurs chantent, mais ils sont aussi comédiens, danseurs, instrumentistes pour certains, acrobates, comme les choristes qui se joignent au corps de ballet. Les textes parlés, réduits à l’essentiel, font la part belle à la musique et au spectacle.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/19s269-1050.jpg?itok=qysi3twU" title="Les Saltimbanques, premier acte © Opéra Grand Avignon" width="468" /><br />
	Les Saltimbanques, premier acte © Opéra Grand Avignon</p>
<p>Evidemment, cette relecture affecte aussi la musique : les numéros sont réorganisés, certaines pages « modernisées » (on pouvait difficilement faire défiler les troupes américaines sur une musique très française, et datée), mais l’essentiel est bien là, de l’ouverture aux airs, ensembles et chœurs. Au sortir, tout en ayant échappé à la trivialité, on est encore sous le charme de la légèreté spirituelle et de l’émotion. Les duos, trios, les deux quatuors de la partition sont autant de réussites. Après un dénouement aussi heureux que surprenant, l&rsquo;ajout au finale d’un ensemble chanté par les Gigoletti, en salle, a cappella, est bienvenu.</p>
<p>La distribution fait la part belle à ces quatre principaux interprètes. C’est aussi l’occasion pour nombre de jeunes chanteurs, apparaissant parfois dans une production locale ou régionale, de sortir de l’ombre Trop rare à la scène, <strong>Dima Bawab</strong>, dont chacune des apparitions est saluée par la critique, est en pleine ascension. Soprano léger d’une stature juvénile, à la diction impeccable, au timbre chaleureux, la Suzanne qu’elle campe, fraîche, vive, délurée et indépendante, serait idéale si l’émission de la voix parlée, ingrate, ne semblait contredire le personnage. Marion est <strong>Ségolène Bolard</strong>, au timbre chaud et aux graves solides, dont on regrette seulement une intelligibilité incertaine. <strong>Cyril Héritier</strong> donne à Paillasse une indéniable vérité. La qualité de son chant doit être soulignée, malgré quelques accrocs vocaux, liés à la fatigue, durant son dernier air, déplacé, chargé d’émotion (« Renonce à ton rêve orgueilleux »). Grand Pingouin, dès sa <em>Chanson du saltimbanque</em>, impose son personnage d’Hercule au grand cœur. <strong>Frédéric Cornille</strong> est un beau baryton à la voix solide et sonore. <strong>Jean-François Baron</strong>, André, n’est plus le sympathique lieutenant du livret original. Il est ici journaliste, acteur à l’ascension rapide, séducteur, superficiel, infatué de sa personne. Son chant, dès le duo avec Suzon, est de belle facture. Les époux Malicorne (<strong>Alain Itlis</strong> et <strong>Raphaële Andrieu</strong>) partagent une émission, chantée et parlée, sonore, claire, comme un jeu toujours juste. Il faudrait citer chacune et chacun des petits rôles dont les répliques sont indispensables. Les chœurs, puissants, homogènes malgré de rares décalages, se hissent à un niveau enviable. A la tête de l’Orchestre Régional Avignon-Provence, <strong>Alexandre Piquion</strong> démontre ce soir toutes ses qualités. Il s’est fait une excellente réputation comme chef de chœur (TCE, Châtelet…) et on garde en mémoire sa <em>Rita</em> à la Péniche opéra. Sa familiarité des œuvres lyriques, sa connaissance de l’ouvrage, son attention constante au chant comme à l’orchestre nous valent une conduite exemplaire, dynamique, précise et inspirée, qui respire. Le pot-pourri un peu désuet de l’ouverture promettait de belles pages, et cette promesse fut tenue, en particulier au ballet qui achève le deuxième acte, d’une rare qualité : mélancolique, champêtre en son début, avec des enchaînements ravissants.</p>
<p>Sans autre prétention que le divertissement, ce spectacle séduisant et abouti mérite une plus large diffusion.</p>
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		<title>VERDI, La traviata — Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-traviata-marseille-merci-chef/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Dec 2018 00:41:12 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/merci-chef/</guid>

					<description><![CDATA[<p>En 2014, cette production de La Traviata où la mise en scène de Renée Auphan s’efface humblement devant les données de l’histoire pouvait paraître d’une sagesse timide. En 2018, elle paraît déjà classique, au bon sens du terme, tant cette vision de l’œuvre permet au spectateur de s’en approcher directement, sans être contraint de décrypter &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2014, cette production de <em>La Traviata </em>où la mise en scène de <strong>Renée Auphan</strong> s’efface humblement devant les données de l’histoire pouvait paraître d’une sagesse timide. En 2018, elle paraît déjà classique, au bon sens du terme, tant cette vision de l’œuvre permet au spectateur de s’en approcher directement, sans être contraint de décrypter une interprétation déformante. On retrouve donc sans déplaisir la structure unique conçue par <strong>Christine Marest</strong> pour servir de décor aux différents lieux de l’action, que des accessoires – candélabres, sièges, tentures – servent à singulariser. Nul souci de « moderniser » pour se rapprocher du public contemporain, ni d’ancrer dans un créneau temporel très précis. Les meubles suggèrent la deuxième moitié du 19<sup>e</sup> siècle, mais la fourchette est vaste et les styles ne sont pas strictement définis, et ce même flou concerne les costumes de <strong>Katia Duflot</strong>, l’habit de soirée ayant traversé les époques et les tenues de jour ne cherchant pas à caractériser. Seule la longueur des jupes renvoie certainement à l’avant-1914. On pourrait ergoter sur l’élégance des toilettes de ces dames du demi-monde, qui semblent avoir toutes fréquenté des cours de savoir-vivre. Mais Verdi souhaitait-il que sa <em>Traviata </em>devienne un spectacle réaliste ? Sans doute pas. Le réalisme, ici, est dans le sujet, non dans la peinture.</p>
<p>Le sujet, c’est la réprobation infâmante dont la société « bienpensante » accable, en 1852, les femmes qui ont une vie en marge des bienséances bourgeoises. C’est le cas des « théâtreuses », comédiennes et chanteuses, que leur profession amenait à se produire en public, et donc à renoncer à la pudeur des honnêtes femmes. C’était encore plus vrai quand elles avaient des enfants nés hors mariage d’une liaison adultérine, comme Giuseppina Strepponi, cantatrice devenue la compagne de Verdi. A son beau-père qui s’insurge, l’homme répond par une lettre et le compositeur par <em>La Traviata</em>. La réprouvée qu’il met en scène, si elle mène une vie « scandaleuse », c’est parce que des hommes puissants l’y ont installée et l’y maintiennent. L’opéra ne milite pas en faveur des prostituées, mais stigmatise la bonne conscience des pharisiens. Sur scène, le col d’ecclésiastique que porte Germont est le signe de son appartenance à ces moralisateurs odieux, pour qui le pécheur est toujours l’autre, a fortiori s’il s’agit d’une femme. Son repentir, à la fin de l’œuvre, correspond-il à une conversion ? Sans doute la sincérité de Violetta l’a touché ; mais cela modifie-t-il ses préjugés ?</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/p1030231_photo_christian_dresse_2018.jpg?itok=hNcQIV65" title="Violetta (Nicole Car) et Germont (Etienne Dupuis) © Christian Dresse" width="468" /><br />
	Violetta (Nicole Car) et Germont (Etienne Dupuis) © Christian Dresse</p>
<p>La représentation n’apporte pas la réponse, et c’est au spectateur qu’il reviendra de s’interroger sur ce qu’il aurait fait à la place des personnages, s’il parvient à cette empathie. La distribution réunie est en tout cas de nature à la susciter. <strong>Antoine Garcin </strong>n’a aucune peine à être le docteur Grenvil mais est-ce faute d’indications précises – la mise en scène a été réalisée par Emma Martin – son attitude figée pendant les retrouvailles de Violetta et d’Alfredo manque vraiment de naturel. <strong>Frédéric Cornille, </strong>lui, parvient à donner un peu de relief aux brèves interventions du marquis d’Obigny. Reprenant leurs rôles de baron Douphol et de Gastone <strong>Jean-Marie Delpas </strong>et <strong>Carl Ghazarossian </strong>retrouvent leurs marques sans effort apparent. Parmi les nouveaux venus, <strong>Carine Séchaye</strong> est une Annina inattendue, car la figure maternelle habituelle devient ici celle d’une sœur compatissante sans que cela change quoi que ce soit à la relation des personnages. Flora est échue à la sculpturale <strong>Laurence Janot</strong> dont la plastique irréprochable est le condiment de ses interventions et à qui sa formation de danseuse permet un numéro provocant de danse de salon en situation avec le personnage.</p>
<p><strong>Etienne Dupuis </strong>campe avec une musicalité constante un Germont dont le grimage est impuissant à masquer la jeunesse, mais au timbre prenant, à l’expressivité communicative quoique mesurée, et qui manque un peu de l’agressivité initiale destinée à le rendre odieux, mais pas au point d’en éprouver de la frustration. A faire dans la nuance, on pourra trouver que son évocation de la Provence n’a pas la chaleur que l’on va trouver chez son fils, mais celui-ci a l’avantage d’être campé par un Sicilien, dans la voix duquel l’élan vocal et l’élan vital se confondent. On ne saurait oublier, quand on écoute <strong>Enea Scala </strong>se lancer dans « O mio rimorso », que <em>Il Trovatore</em> a été créé deux mois avant <em>LaTraviata</em>, car son Alfredo a l’énergie mâle du guerrier Manrico. Cette interprétation crâne est très séduisante ; cet Alfredo a la vaillance vocale qu’on aime à Marseille et assez d’intelligence pour en user avec modération. Sa Violetta a le charme de <strong>Nicole Car</strong>, dont le port de tête et la grâce physique séduisent à l’instant ; mais la voix ne semble pas être au mieux, car rapidement les aigus sonnent tendus, la plupart émis en force, et celui qui devrait couronner la fin du premier acte est ébauché et aussitôt ravalé. Etait-ce tension avant les scènes écrites pour un soprano d’agilité ? Les deux actes suivants se passeront beaucoup mieux, très bien même, et l’engagement théâtral constant renforcera encore l’impact de l’interprétation vocale, si bien qu’aux saluts les ovations diront que la performance efface la peccadille. Lucia Valentini-Terrani, gravement malade, n’avait pas eu cette chance !</p>
<p>Autres triomphateurs, le chœur et l’orchestre de la maison. Homogènes, précis, expressifs, les artistes des chœurs témoignent de la qualité de leur préparation. Le compliment peut s’étendre sans complaisance à l’orchestre, dont la réactivité ne s’est pas relâchée un instant. Si on avait pu craindre, à l’exécution du prélude, qu’il n’annonce qu’une soirée d’honnête routine on est rapidement détrompé par la nervosité des contrastes rythmiques qui épouse les échanges et les circonstances. Manifestement <strong>Nader Abassi</strong> sait où il va et si la rumeur de la fête et les joutes verbales peuvent sembler surlignées par une fosse envahissante, on n’en savoure que davantage le contrôle qu’il exerce et le partenariat qu’il a su créer pour faire de l’orchestre, aux deux actes suivants, le témoin du drame. L’ensemble halète avec les personnages, ralentit son souffle pendant leurs échanges, mais ne peut retenir ses cris ou ses gémissements quand les émotions deviennent trop fortes, aux moments-clés des épanchements. On entend les plaintes mais on entend aussi les ricanements, quand l’orchestre, de témoin engagé, redevient observateur. La diversité qui naît de cette lecture si fouillée restitue à l’œuvre son originalité. Merci, chef ! </p>
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		<title>Opéra du jour : à l’ouest lyrique, du nouveau !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/opera-du-jour-a-louest-lyrique-du-nouveau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 May 2015 09:33:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Bastion lyrique le plus à l&#8217;ouest de Paris, Opéra du jour clôturait mardi dernier, 12 mai, au Théâtre du Ranelagh une saison qui marquait ses dix années d’existence. Qui mieux que Mozart pour refermer cette décennie, lui dont le nom revient comme un leitmotiv dans une programmation initiée en 2006 par Cosi fan tutte. Il &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Bastion lyrique le plus à l&rsquo;ouest de Paris, <a href="http://www.forumopera.com/actu/opera-du-jour-au-banc-dessai">Opéra du jour</a> clôturait mardi dernier, 12 mai, au Théâtre du Ranelagh une saison qui marquait ses dix années d’existence. Qui mieux que Mozart pour refermer cette décennie, lui dont le nom revient comme un leitmotiv dans une programmation initiée en 2006 par <em>Cosi fan tutte</em>.</p>
<p>Il suffit, séduit, d’écouter <strong>Isabelle du Boucher</strong> présenter chacun des airs interprétés pour comprendre les liens profonds qui unissent la fondatrice de l’association avec le compositeur des <em>Noces de Figaro</em>. Qu’il soit Comte ou Don, <strong>Frédéric Cornille</strong> a l’allure et l’aplomb d’un grand seigneur mais Papageno correspond davantage à sa vocalité. Aux traits furieux de « Tiger », le tempérament de <strong>Marie Planinsek</strong> préfère l’épanchement douloureux d’Illia et de Pamina, mieux à même de souligner la grâce du legato. Accompagnateur zélé, <strong>Olivier Cangelosi</strong> sort de l’ombre le temps d’une <em>Fantasina</em> composée par Hummel à partir de l’air de Figaro, « Non piu andraï ».</p>
<p>De Mozart à son petit homonyme des Champs-Elysées, il y a un pas qu’Opéra du jour franchira la saison prochaine avec une série de représentations de <em>La Belle Hélène</em>. Isabelle du Boucher annonce aussi la création d’un festival lyrique qui, dès janvier 2016, proposera une fois par mois, toujours au Théâtre du Ranelagh, un grand opéra du répertoire dans une version de poche. Ainsi, perdure dans l’Ouest parisien à rebours d’un contexte économique et culturel préoccupant, une tradition musicale qui remonte au 18<sup>e</sup> siècle. A l’heure où une réforme scolaire s&rsquo;applique à rayer de la carte les fondements de notre culture, puisse l&rsquo;association bénéficier des subventions nécessaires à la poursuite d’une entreprise que le contexte actuel rend encore plus salutaire.</p>
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