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	<title>Paul CURIEVICI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Paul CURIEVICI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>JANÁČEK, Les Voyages de Mr Brouček &#8211; Bregenz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-les-voyages-de-mr-broucek-bregenz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Jul 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cet opéra de Janáček est rarement représenté. On comprend mal ce désintérêt, sinon du fait que, comportant deux histoires très différentes, il puisse paraître un peu moins bien adapté au théâtre que les autres chefs-d’œuvre du compositeur. Le personnage principal – Monsieur Brouček – est un peu Monsieur Prudhomme (« Monsieur Toulemonde »), prétentieux, imbu &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cet opéra de Janáček est rarement représenté. On comprend mal ce désintérêt, sinon du fait que, comportant deux histoires très différentes, il puisse paraître un peu moins bien adapté au théâtre que les autres chefs-d’œuvre du compositeur. Le personnage principal – Monsieur Brouček – est un peu Monsieur Prudhomme (« Monsieur Toulemonde »), prétentieux, imbu de lui-même mais plutôt pleutre, qui n’aspire qu’au calme et au repos dans sa confortable petite maison. Mais, par malchance, il lui arrive deux aventures extraordinaires : d’abord catapulté sur la Lune, il y retrouve les mêmes voisins et relations, et donc les mêmes problèmes que sur terre ; projeté ensuite dans la Prague du XVe siècle, il y revit également des aventures au goût de déjà vu…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/1-20260710_bregenzer_festspiele_die_ausfluege_des_herrn_broucek_141-corr-1-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-218020"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Photos Festival de Bregenz / Anja Koehler</sup></figcaption></figure>


<p>La première partie en deux actes, qui se déroule sur la Lune – considérée peut-être un peu abusivement comme la plus réussie des deux – est en tous cas la plus distrayante, au point d’être parfois donnée isolément. Imaginer la vie sur la Lune et l’apparence des Sélénites n’était pas vraiment une nouveauté, Cyrano de Bergerac, Haydn, Jules Verne, Offenbach et Méliès avaient déjà usé de la magie un peu enfantine, mais oh combien efficace, du sujet. Janáček apporte à cette comédie de l’absurde une bonne dose d’humour et de satire, rendant son œuvre particulièrement originale. On y retrouve des travers humains universels, qui en même temps donnent une impression de modernité : complaisance bourgeoise, paresse morale et éternelle incapacité de l’humanité à tirer les leçons de l’histoire. Mais la critique de notre monde n’est jamais cynique, l’ironie subtile n’est jamais méchante, et au contraire même on perçoit une réelle empathie du compositeur pour ses personnages.</p>
<p>L’intrigue est en elle-même simplissime : dans la première partie, la fille du sacristain, Málinka, est amoureuse du peintre Mazal, mais du fait de ses infidélités, annonce que pour se venger, elle va épouser Monsieur Brouček. Entendant cela, celui-ci répond qu’il veut bien, mais seulement sur la Lune. Il y est alors projeté en rêve, et y découvre des esthètes contemplatifs peu intéressants. Pendant ce temps, les deux jeunes amants se sont réconciliés. Dans la seconde partie, Brouček rêve qu’il vit à Prague au XVe siècle, à l’époque de la révolte religieuse des Hussites, dont il est plus ou moins obligé d’épouser la cause. Condamné comme espion à être brûlé dans un tonneau, il se réveille dans la taverne proche de chez lui.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/broucek_khp-anjakoehler_260098-corr-1-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-218019"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Photos Festival de Bregenz / Anja Koehler</sup></figcaption></figure>


<p>La production, qui fait appel à un appareillage scénique digne de Broadway, est tout à fait étonnante. Le metteur en scène américain <strong>Yuval Sharon</strong>, inspiré par le dadaïsme, nous entraîne sur les voies d’une saisissante déraison, qui se construit sur la scénographie spectaculaire de <strong>Jon Bausor</strong>, éclairée très efficacement par <strong>Yi Zhao</strong> et animée des vidéos étonnantes de <strong>Hannah Wasileski</strong>. La petite maison de Brouček, montée sur des vérins invisibles, se déplace en tous sens et tourne sur elle-même, au milieu d’images très évocatrices, au point qu’il y a des moments où l’on est tellement dans le domaine du rêve, que l’on ne sait plus très bien ce qui est réel sur scène et ce qui est le fait de créations graphiques. Dans la première partie, on assite à l’envol de la petite maison, qui tourne sur elle-même dans l’espace sidéral, avec Mr Brouček à l’intérieur, avant d’alunir le toit en bas. Elle est vite entourée de sélénites enfermés dans des boîtes colorées très mobiles. Dans la seconde partie, la petite maison est coincée entre le plateau, où évoluent les personnages habillés de magnifiques costumes, et une sorte de couvercle qui reflète en vidéo les acteurs qui se déplacent au-dessous.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/9-20260718_bregenzer_festspiele_die_ausfluege_des_herrn_broucek_272-corr-1-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-218028"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Photos Festival de Bregenz / Anja Koehler</sup></figcaption></figure>


<p>La distribution est particulièrement bien adaptée, dominée par l’anglais <strong>Peter Hoare</strong>, étonnant Matěj Brouček, jouant et chantant de façon sonore, bien dans le style, d’une manière simple et sans excès, un personnage plutôt sympathique quoique totalement déphasé. <strong>Mihails Culpajevs</strong> est à ses côtés un peintre au timbre percutant, qui personnifie avec un jeu tout à fait convaincant l’amant de Málinka. Celle-ci est chantée, avec un caractère à la fois primesautier et décidé, par <strong>Tatev Baroyan</strong>, d’une voix peut-être un peu dure, mais musicale et adaptée au personnage. Tous les autres chanteurs composent fort bien les figures joyeusement caricaturées de tout le petit monde qui meuble la vie quotidienne du héros, et qui l’accompagne dans ses pérégrinations. Le chant est parfait, les ensembles dynamiques, y compris le Prague Philharmonic Choir, et les surtitres très bien venus qui permettent de ne pas perdre un mot des dialogues.</p>
<p>Le chef <strong>Robert Jindra</strong> dirige l’excellent orchestre avec vivacité et doigté, rendant parfaitement le langage musical richement nuancé de Janáček. Drôle, festive et variée, mais prêtant aussi à la réflexion, cette production exemplaire nous a donc offert le plaisir de suivre en totalité les aventures <strong>de Mr Brouček</strong>, et constitue une totale réussite. Regrettons même qu’il n’y ait jamais eu de suite !</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-les-voyages-de-mr-broucek-bregenz/">JANÁČEK, Les Voyages de Mr Brouček &#8211; Bregenz</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>JANACEK, Věc Makropulos &#8211; Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-vec-makropulos-lyon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Jun 2024 21:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’œuvre fait presque office de rareté sur la scène française, n’était-ce la production entre King Kong et Monroe de l’Opéra de Paris. Pourtant Věc&#160;Makropulos cumule nombre d’avantages&#160;: un livret moderne entre polar et thriller&#160;; un sous-thème philosophique que le transhumanisme de certains mégalomanes contemporains réactive&#160;; une durée réduite à l’heure du refresh permanent de nos &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’œuvre fait presque office de rareté sur la scène française, n’était-ce la <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-laffaire-makropoulos-paris-bastille/">production entre King Kong et Monroe de l’Opéra de Paris</a>. Pourtant <i>Věc</i><em>&nbsp;Makropulos</em> cumule nombre d’avantages&nbsp;: un livret moderne entre polar et thriller&nbsp;; un sous-thème philosophique que le transhumanisme de certains mégalomanes contemporains réactive&nbsp;; une durée réduite à l’heure du <em>refresh</em> permanent de nos smartphones ; un compositeur au sommet de son art ; une musique qui épouse la parole et les affects avec un naturel troublant. Choix judicieux donc pour l’Opéra de Lyon qui <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-katia-kabanova-lyon/">nous donne rendez-vous avec Janáček régulièrement</a>.</p>
<p>Aussi vrai que <i>Věc</i><em>&nbsp;Makropulos</em> dispose de tous les ingrédients pour se tailler une place au répertoire, elle ne souffre pas d’approximation et exige des artistes qui la servent d’exceller. Le chanté-parlé, une scansion rythmée, une instrumentation qui alterne entre ligne simple et opulence… tout cela doit être embrassé par le chef d’orchestre avec maestria. Il doit à la fois dépeindre, colorer et narrer, peut-être encore plus que dans d’autres répertoires. Ce soir, <strong>Alexander Joel</strong> n’y est pas encore. La narration piétine pendant le duo de dupe avec Berti, on cherche encore à entendre le venin d’Emilia notamment dans sa confrontation avec Prus. Janacek a ménagé des scènes de genre – les pas de deux avec Maxi – que le chef peine à détacher du continuum de l’intrigue principale. Si l’ensemble fonctionne au global, il y manque le frisson induit par l’irruption brutale de la mère originelle venue purger les comptes dans cet interminable procès en succession.&nbsp;</p>
<p>Le plateau vocal concède quelques difficultés. <strong>Paul Curievici</strong> (Vitek) s’abime à l’aigu dès les premières mesures, rapidement rejoint Denys Pivnitskyi (Albert) dont le chant presqu’exclusivement en force fatigue vite l’auditeur. On lui saura gré de faire de ces difficultés vocales un élément de sa composition scénique. Ce Berti désespéré et fou amoureux se révèle aussi crédible que pénible. <strong>Thandiswa Mpongwana</strong> dispose d’un beau métal, dont les aspérités font le charme… peut-être moins d’une diction qui lui permettrait d’insuffler vie et épaisseur à son personnage. <strong>Karoly Szemeredy</strong> (Maître Kolenaty) et <strong>Tomas Tomasson</strong> (Prus) endossent avec à-propos leurs rôles. Le premier entre facétie et sérieux croque un portait sans faute de l’avocat blasé et pince sans rire. Le second puise dans un timbre épais et charbonneux pour dessiner un Jaroslav sûr de lui jusqu’à la rencontre fatidique avec Emilia. Le personnage dispose de peu de répliques pour faire entendre la douleur que provoque la mort de son fils en même temps que la fascination entre Eros et Thanatos pour le vampire Marty. Le baryton y parvient avec un grand naturel. Les deux ténors plus légers trouvent en <strong>Marcel Beekman</strong> (Maxi) et <strong>Robert Lewis</strong> (Janek) deux interprètes idoines.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LAffaireMakropoulos2GP┬®JeanLouisFernandez_39-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-165950" width="910" height="606"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jean-Louis Fernandez</sup></figcaption></figure>


<p>Malgré toutes ses qualités, <i>Věc</i>&nbsp;<em>Makropulos</em> repose largement sur le rôle principal, Emilia Marty, aka Elina Markopoulos. L’histoire la conduit de l’opérette à la grande scène dramatique finale. <strong>Ausrine Stundyte</strong> n’a rien perdu de son magnétisme scénique naturel et d’un sens inné de la scène et du théâtre, qui lui font incarner chacun de ses personnages avec justesse. En revanche, l’instrument s’avère de plus en plus instable, même dans le confort de la rythmique du chanté parlé, et laisse des béances dans la ligne vocale. On craint pour la scène finale où le soprano retrouve in extremis chaire et consistance dans le timbre, en même temps que volume et projection.</p>
<p>Pain béni qu’une telle actrice pour <strong>Richard Brunel</strong> qui mène tout son plateau avec une précision d’horloger. Si le celui-ci empile les machineries parfois gratuitement (les meubles qui vont et viennent, les allers-retours entre le plateau haut et le plateau bas), la proposition jouit d’une lisibilité parfaite notamment dans les premières scènes où il faut bien comprendre quelles sont les pièces du puzzle. La direction d’acteur ne repose pas que sur les talents d’Ausrine Stundyte et chacun se voit confier la juste attitude ou le bon geste. Comme à son habitude, Richard Brunel ne cherche pas la relecture à tout prix, laissant le charme du livret opérer, à l’exception de l’ultime scène qui voit Emilia aller au bout de son geste de renoncement et bruler la formule magique de son père plutôt que de la céder à Krista. Cette proposition prend donc toute sa valeur dans son esthétisme et sa minutie et est accueillie chaleureusement aux saluts.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-vec-makropulos-lyon/">JANACEK, Věc Makropulos &#8211; Lyon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>SMETANA, La fiancée vendue &#8211; Baugé</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/smetana-la-fiancee-vendue-bauge/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Aug 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un petit miracle, renouvelé chaque année depuis vingt ans, avec une puis deux, jusque quatre productions lyriques chaque saison, John Grimmett et son épouse ont construit de toutes pièces ce projet un peu fou de créer dans cette belle campagne angevine, une déclinaison de Garsington et de Glyndebourne, modeste par ses moyens, mais ambitieuse dans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un petit miracle, renouvelé chaque année depuis vingt ans, avec une puis deux, jusque quatre productions lyriques chaque saison, <strong>John Grimmett</strong> et son épouse ont construit de toutes pièces ce projet un peu fou de créer dans cette belle campagne angevine, une déclinaison de Garsington et de Glyndebourne, modeste par ses moyens, mais ambitieuse dans ses objectifs. En témoignent la programmation et ses distributions de haut vol, l’espace dédié, le public le plus varié, le repas tiré du panier, l’horaire, et, surtout, l’esprit convivial, chaleureux, qui réunit dans une même communion lyrique interprètes et auditeurs. Les compétences, les énergies, un public fidèle, de plus en plus nombreux attestent la réussite.</p>
<p>Le vent souffle en rafales, accompagné de pluie, et l’on s’habitue au bruit provoqué sur la structure qui abrite l’opéra. Bienvenu, le seul moment de répit, et de grâce, interviendra durant le début du dernier acte, et l’émotion n’en sera que plus vive.</p>
<p><em>La fiancée vendue</em>, très populaire dans les pays tchèque et morave, mais aussi dans le monde germanique où elle est régulièrement donnée, en allemand, est une rareté dans l’hexagone. Le mérite d’avoir eu l’audace de la programmer à Baugé est d’autant plus grand. La comédie est plaisante, où l’émotion et la farce se marient fort bien. Un couple de jeunes gens se voit imposer l’union de la jeune femme par un mariage arrangé. La finesse de chacun d’eux, leur esprit, permettront de déjouer les projets du marieur et des familles, pour une fin heureuse. Le dernier acte, avec l’épisode bouffe des bateleurs et de l’ours, couronnera l’ensemble. Pétillant, débordant d’énergie, aux caractères bien trempés, mais aussi d’une émotion sincère, l’ouvrage est propre à séduire le plus grand nombre.</p>
<p>La mise en scène de <strong>Bernadette Grimmett</strong>, contrainte par les moyens modestes de la réalisation, dépasse heureusement le stade de la mise en espace. Si le cadre scénique demeure, avec d’infimes changements pour les deux parties (l’entracte se situe au milieu du deuxième acte, après le duo Marienka-Vachek), la direction d’acteurs, y compris du chœur, les chorégraphies soignées, les costumes et les éclairages suffisent à expliciter l’action. L’efficacité est manifeste, ne serait-ce qu’à en juger par les réactions du public. La vie rurale morave, où le passage d’un cirque dépayse le public, une auberge-cabaret, tout est là.</p>
<p>L’orchestre, disposé sur trois rangs devant le vaste plateau, compte 18 cordes et une quinzaine de vents.&nbsp; Malgré son caractère relativement éphémère, et une disposition étirée, on est agréablement surpris par l’unité des pupitres, l’homogénéité des cordes, par la qualité des vents, exceptionnelle. L’orchestration magistrale de Smetana nous vaudra nombre de moments de bonheur, telles les interventions des clarinettes et des cors, précis, colorés, nuancés à souhait. Le discret artisan de cette réussite est le premier violon solo, <strong>Nandor Szederkenyi</strong>. &nbsp;Ce soir, la baguette est confiée à <strong>Kostantinos Diminakis</strong>, dont la carrière se déroule entre Athènes, Londres et le monde germanique. Son expérience de chef lyrique est manifeste, par l’attention qu’il porte aux voix, aux équilibres, à la précision et à la clarté du discours. Il impulse une vie authentique à cet ouvrage rare, avec finesse, sans lourdeur ni vulgarité. La polka – danse nationale tchèque, comme son nom ne l’indique pas – irrigue l’ouvrage, et l’orchestre s’y montre exemplaire. La verve des danses (furiant) s’y conjugue à l’intimité des passages lyriques. Jamais les scènes populaires n’y sentent la fête de la bière, comme trop fréquemment sur les scènes germaniques.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_6412-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1691864427671">© DR</pre>
<p>La distribution, soli, chœurs et orchestre, est internationale. La couleur propre à la langue tchèque fait défaut (1), puisque le choix a été fait de chanter l’ouvrage dans notre langue (2). Le surtitrage (français et anglais) est d’autant mieux venu que la prononciation française de plusieurs solistes ne suffirait pas à la compréhension. Ceci étant, saluons l’exploit de prises de rôles par une majorité de chanteurs non francophones.</p>
<p>Avant de détailler la distribution, souligner la qualité exceptionnelle des nombreux ensembles s’impose. Millimétrés, équilibrés, des multiples duos au quintette plein de ferveur du III, pas une ombre au tableau. Deux tourtereaux, dont la duplicité facétieuse déjouera les intrigues intéressées du marieur, sont au cœur de l’action. <strong>Danae Eleni</strong>, formée à Londres, après avoir remporté de nombreux prix, s’est dotée d’un très large répertoire, de Monteverdi à Bernstein. La Marienka qu’elle incarne ce soir est exceptionnelle. Figure attachante, fine, rusée, épanouie, sensible, elle est servie par des moyens superlatifs d’une grande soprano lyrique, avec la fraîcheur, la rondeur et la souplesse attendues. L’élégance des phrasés, la virtuosité des traits de son ultime duo sont un régal. De surcroît, actrice de talent, l’émotion est constante, au travers de la plus large palette expressive. Le Yenik de <strong>Jack Dolan</strong> est de stature imposante. Bien que britannique, son émission pourrait laisser supposer qu’il est originaire d’Europe centrale. Son aisance, ses aigus naturels, son splendide legato donnent vie à son personnage, à sa tendresse passionnée comme à son calcul vainqueur. <strong>Paul Curievici </strong>incarne Vachek, le bègue. D’essence comique jusqu’au grotesque (l’ours), le rôle est ici pleinement chanté, jamais aboyé. Pathétique il nous touche dans son air du III, comme il nous avait fait sourire dans ses premières interventions. La composition n’était pas aisée, elle est aboutie.&nbsp;<strong>Nicolas Bercet,</strong> baryton-basse familier des ouvrages légers, nous vaut un Ketzal d’une aisance vocale et dramatique remarquable. Personnage central, le marieur fanfaron, intéressé, roublard, s’il n’a peut-être pas les basses profondes d’un Osmin, refuse de l’outrance : il sera drôle sans jamais inquiéter, ce qui est fort bien. Evidemment son français est d’une clarté constante.&nbsp;Le seul regret qu’inspire le Micha du baryton coréen <strong>Woochul Eun</strong> est de caractère scénique. La voix est solide (il chante au Volksoper de Vienne), mais la jeunesse de ses traits comme sa corpulence rendent peu crédible son rôle du riche fermier, veuf remarié, père de Vachek et de Yenik.</p>
<p>Les seconds rôles jamais ne déméritent. Le Krouchina de <strong>Michael Georgiou</strong>, son épouse Ludmilla, <strong>Béatrice de Larragoiti</strong>, sont bien servis. <strong>Karlene Moreno-Hayworth</strong> trouve dans son Esmeralda un rôle parfaitement approprié. La fraîcheur de l’émission, les évolutions chorégraphiques, le jeu sont remarquables. Savoureux, le directeur de cirque d’<strong>Olivier Trommenschlager </strong>n’est pas moins juste&nbsp;: l’abattage, la voix et la présence n’appellent que des éloges. Pour brève que soit son intervention, Hata, la marâtre, de <strong>Deborah Holborn</strong>, beau mezzo, ne dépare pas cette distribution homogène.&nbsp;Le chœur (3) se montre vocalement exemplaire et d’une aisance scénique réelle.</p>
<p>Malgré les conditions climatiques les moins favorables, une soirée mémorable, riche en émotions, servie par une équipe dont l’engagement et les compétences sont indéniables. Pourquoi nos scènes sont-elles si rares à programmer ce bijou, dont l’intrigue est propre à séduire tous les publics, d’autant que l’écriture de Smetana est d’un bonheur constant&nbsp;?</p>
<pre>(1) Jack Dolan (Yenik), remplaçant Roberto Abate, a chanté en tchèque, ce qui n’a pas déparé l’ensemble.
(2) D’après l’édition réalisée pour l’Opéra-comique, publiée par Max Eschig, en 1928.
(3) Formé à l’origine des chanteurs professionnels de l’opéra d’Angers, brutalement licenciés lors de la fusion avec Nantes, il n’a cessé de se renouveler, avec les mêmes exigences de qualité vocale et scénique.</pre>
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		<title>BRITTEN, A Midsummer Night&#039;s Dream — Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-songe-dune-nuit-dete-montpellier-rever-sans-rire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 May 2019 06:29:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A notre époque friande de second degré, il semble difficile de prendre certaines œuvres au sérieux, comme si l’étiquette « comédie » impliquait non seulement une fin heureuse mais aussi la nécessité de rire ou de sourire constamment. S’il est légitime de vouloir amuser le public, il doit être également permis d’adopter une posture différente, sans chercher &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A notre époque friande de second degré, il semble difficile de prendre certaines œuvres au sérieux, comme si l’étiquette « comédie » impliquait non seulement une fin heureuse mais aussi la nécessité de rire ou de sourire constamment. S’il est légitime de vouloir amuser le public, il doit être également permis d’adopter une posture différente, sans chercher à tout prix le chatouillement des zygomatiques. Avec ce <em>Songe d’une nuit d’été</em> de Britten, coproduit avec le Deutsche Oper de Berlin, l’Opéra de Montpellier propose un spectacle qui ne tente pas de rendre le spectateur hilare, et c’est devenu assez rare pour qu’on le souligne. L’Américain <strong>Ted Huffman </strong>est jusqu’ici connu dans le monde francophone pour s’être attaqué à des œuvres qui, censément, n’engendrent pas la mélancolie : <em>Les Mamelles de Tirésias </em>à Bruxelles en 2014, et plus récemment un <em>Orphée aux enfers</em> qui a promené ses dieux-bibendums à Nancy, à Nantes et à Montpellier. Avec l’opéra que Benjamin Britten et Peter Pears ont tiré de la pièce de Shakespeare, s’il n’est pas exclu de sourire, du moins le côté divertissant est-il limité aux scènes explicitement « comiques », c’est-à-dire celles des artisans qui répètent une tragédie dans la forêt. Les deux couples d’amants ne sont pas ici ridiculisés, et leurs errances, aussi bien physiques que sentimentales, ne prêtent pas à rire. Quant aux personnages féeriques, s’il est assez habituel qu’Oberon et Tytania gardent leur sérieux, il n’est pas aussi courant de voir Puck traité dans le même esprit : pour une fois, le serviteur du roi des fées n’est ni adolescent, ni androgyne, ni ridicule, c’est un homme jeune (le comédien <strong>Nicholas Bruder</strong>) dont l’attitude flegmatique nous épargne l’habituelle (et vite lassante) scansion exaltée. Même le divertissement final, le drame de Pyrame et Thisbé massacré par les artisans athéniens, ne sert pas de prétexte à l’avalanche de pitreries d’usage, grâce à la présence de mannequin géant pour incarner les deux protagonistes. Ce <em>Songe-</em>ci mise explicitement sur l’onirisme, on le comprend dès le lever du rideau, qui découvre un plateau totalement nu mais envahi par d’épaisses volutes de fumée, où les enfants formant les chœur des esprits arborent, comme Oberon et Tytania, frac gris perle et coiffure brillantinée ; le roi des fées et Puck ont droit, en plus, à un chapeau (très) haut-de-forme. Seul accessoire durant les deux premiers actes, des échelles montant jusqu’aux nuages ou jusqu’à la lune, référence plus ou moins avouée à la toile de Mirò <em>L’Echelle de la fuite</em>. On peut aussi penser aux paysages lunaires de Tanguy, à tout un univers surréaliste où règne la poésie plutôt que le rire.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/songe7_0.jpg?itok=8RYqa1dC" title="© Marc Ginot" width="468" /><br />
	© Marc Ginot</p>
<p>Par chance, l’animation que se refuse la scène, on la trouve dans la musique, dont les moments comiques ne sont nullement gommés. Au contraire, la direction pleine d’allant de <strong>Tito Muñoz</strong> ne craint pas d’adopter des tempos souvent plus vifs qu’à l’accoutumée ; l’ex-directeur musical de l’Opéra de Nancy s’est toujours épanoui dans le répertoire du XXe siècle, et il prouve une fois de plus ses affinités avec les compositeurs de notre temps. L’orchestre Montpellier Occitanie joue le jeu, mais l’on remarque surtout la performance du <strong>Chœur Opéra Junior</strong>, tant vocale que scénique, la présence des esprits produisant une impression remarquable dès le lever du rideau. Bravo à cette cinquantaine de jeunes artistes (parmi lesquels les garçons sont en très nette minorité).</p>
<p>De la distribution se détache un nom, le plus connu des mélomanes français : <strong>Marie-Adeline Henry</strong>, qui délaisse un instant ses incarnations mozartiennes pour être une Helena au tempérament affirmé et à la voix particulièrement puissante. Autre personnalité que l’on aura beaucoup vu dans les Opéras de France cette année, <strong>Florie Valiquette</strong> retrouve ici un style musical qui lui convient peut-être mieux que <em>Le Postillon de Lonjumeau</em> : son aisance dans l’aigu et l’agilité de sa voix lui permettent de s’imposer en Tytania. On n’en dira pas autant de l’Oberon de <strong>James Hall</strong>, le contre-ténor semblant constamment sur sa réserve, sans jamais acquérir l’autorité qui sied au monarque féerique. <strong>Dominic Barberi</strong> est en revanche un Bottom éloquent, bien que privé des facéties dont le rôle est en général chargé : la voix possède une belle assise dans le grave, et le chanteur s’autorise des hi-hans fort bienvenus. Parmi le reste de la distribution, globalement satisfaisante, on distinguera encore l’Hermia élégante de <strong>Roxana Constantinescu </strong>ou le timbre riche de l’Hippolyta de <strong>Polly Leech</strong>.</p>
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		<title>WAGNER, Tristan und Isolde — Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-montpellier-le-jour-et-la-nuit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Jan 2019 08:34:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le jour et la nuit, ces deux éléments structurants du texte wagnérien de Tristan und Isolde, décrivent avec évidence cette version de concert donnée à l’Opéra Berlioz de Montpellier. Pour profiter d’un troisième acte de haute tenue, mené par le Tristan révolté de Stefan Vinke et la baguette pathétique de Michael Schønwandt, il aura fallu &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le jour et la nuit, ces deux éléments structurants du texte wagnérien de <em>Tristan und Isolde</em>, décrivent avec évidence cette version de concert donnée à l’Opéra Berlioz de Montpellier. Pour profiter d’un troisième acte de haute tenue, mené par le Tristan révolté de<strong> Stefan Vinke</strong> et la baguette pathétique de <strong>Michael Schønwandt</strong>, il aura fallu endurer un premier acte à l’ouverture maniérée, un Tristan fâché avec la justesse et une Isolde trémulante dans le médium et acide dès les premières marches du registre supérieur.</p>
<p>	L’orchestre lui aussi présente une face de Janus : somptuosité des cordes, les violoncelles en premier lieu, et des cuivres aussi rigoureux qu’une petite harmonie qui se désagrège jusqu’à oublier tout à fait les dernières mesures de la reprise de l’accord de Tristan à la fin du monologue du roi Marke. Heureusement le directeur musical de l’orchestre national Montpellier Occitanie impose dès les premières imprécations d’Isolde une dynamique toute autre que ce prélude étiré comme une noix de beurre trop chiche pour la tartine sur laquelle on tente de l’étaler. Surtout il peut s’appuyer sur des solistes en état de grâce : le premier violon et l’alto se chantent une romance toute érotique pendant les appels de Brangäne et pleurent Isolde avec nostalgie au diapason de Tristan agonisant. Depuis la coulisse ouverte, le cor entêtant égrène sa mélopée morbide.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="302" src="/sites/default/files/styles/large/public/10._tristan_isolde_oonm_marc_ginot.jpg?itok=Dq8kZ2e4" title="© Marc Ginot" width="468" /><br />
	© Marc Ginot<br />
	 </p>
<p>Dommage donc que les deux premiers actes nous laissent en état de frustration. La Brangäne de la chevronnée <strong>Karen Cargill </strong>ne se départira jamais d’une émission nasale, même si la fréquentation du rôle et le métier de diseuse de la britannique soutiennent l’interprétation. Au deuxième acte, ses premiers appels, pourtant placés en scène et non en coulisses, manquent de souffle et de volume pour se marier avec les délices des solistes. Guère de problème pour <strong>Jochen Kupfer</strong> dont les moyens impressionnent. Son Kurwenal en impose à tous. Le problème est que cela ne l’incite nullement à la sobriété et qu’il passe à côté de la vérité du rôle par ses excès de grandiloquence qui lui font hoqueter son texte. Bien plus justes en comparaison s’avèrent <strong>Paul Curievici</strong> (Melot) et <strong>Jean-Philippe Elleouet-Molina</strong> (un pilote) dont les courtes interventions sont appliquées. Mention spéciale pour la chanson du marin au beau lyrisme de <strong>Yu Shao</strong>, aussi interprète du berger du dernier acte. <strong>Stephen Milling</strong> s’impose comme l’un des meilleurs Marke que l’on ait entendu ses dernières années, n’était un aigu un rien amenuisé. La voix profonde et chaleureuse se pare de mille couleurs et effets. La diction superlative et la sobriété de l’interprète s’allient à ses qualités. Voici un roi Marke amoureux tant de son ami que de sa promise, dont la douleur sourd au détour d’un reproche ou écume au bord d’une lèvre agitée d’un spasme.</p>
<p>	<strong>Katherine Broderick </strong>dont la carrière commence à prendre de l’ampleur et qui a fait le choix judicieux d’intégrer à Karlsruhe la troupe d’un théâtre allemand solide, s’attaque donc à Isolde. Elle en possède certainement le tempérament et il faut mettre à son crédit une très belle caractérisation qui fait de son récit et de sa malédiction au premier acte un des temps forts de son interprétation. Pourtant, à l’heure actuelle, on doute de l’adéquation de ses moyens avec ceux – extrêmes – qu’exige la princesse irlandaise. Très vite, le vibrato vient entacher un médium pourtant étoffé, les graves s’amenuisent à mesure que l’aigu s’acidifie. Avec intelligence, elle joue de ces aigreurs pour marquer la colère et l’ironie de son personnage mais au deuxième acte, le duo manque tout à fait de lyrisme et de douceur. Même dichotomie au retour du second entracte, la déploration initiale retrouve les couleurs qu’il faut avant que l’endurance ne vienne manquer dans une <em>Liebestod</em> d’un prosaïsme achevé, à l’opposé de la magnificence atteinte par l’orchestre.</p>
<p>	Stefan Vinke quant à lui, chante quasiment faux tout le premier acte et ne sait opposer qu’un timbre nasalisé à l’extrême pendant le duo du deuxième. On craint très vite une dernière partie au calvaire. Ce crépuscule sera le salut d’un interprète qui rejoint donc ceux qui s’économisent pendant les deux tiers de l’œuvre pour se consumer dans le dernier. Le premier monologue manque encore un rien d’abandon, reproche que la vaillance et les déchirements du deuxième viennent balayer. Certes, quelques vulgarités et consonnes crachées ne sont pas du plus bel effet, mais jamais la vaillance ne lui fera défaut sans que pour autant l’on ait l’impression que Tristan meurt en pleine forme. Surtout, Stefan Vinke dépasse l’ingratitude de son timbre et fait frissonner le lyrisme et l’amour dans ses appels déchirant à Isolde.</p>
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