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	<title>Sébastien DAUCÉ - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Sébastien DAUCÉ - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Un été avec&#8230; Sébastien Daucé</title>
		<link>https://www.forumopera.com/un-ete-avec-sebastien-dauce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Aug 2026 03:22:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que cet hiver, sa version de la messe de minuit de Charpentier voyagera de la Suisse jusqu&#8217;aux Etats-Unis, cet été en revanche, comme depuis six ans, c&#8217;est à bicyclette que Sébastien Daucé et ses musiciens écumeront la Normandie. &#8211; Votre programme de l’été sur scène ? D’abord retrouver Saintes où j’ai passé de glorieux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alors que cet hiver, sa version de la m<em>esse de minuit</em> de Charpentier voyagera de la Suisse jusqu&rsquo;aux Etats-Unis, cet été en revanche, comme depuis six ans, c&rsquo;est à bicyclette que Sébastien Daucé et ses musiciens écumeront la Normandie.</strong></p>
<p><strong>&#8211; Votre programme de l’été sur scène ?</strong></p>
<p>D’abord retrouver Saintes où j’ai passé de glorieux étés de jeunesse au Festival, pour créer un tout nouveau programme de <em>cantates</em> de Bach ! Ensuite enfourcher nos vélos pour sillonner le Cotentin et ses belles plages en jouant chaque soir de la musique de Charpentier, en arrivant juste à temps pour lancer notre festival des Promenades musicales du Pays d’Auge et soixante événements menés tambour battant. Après de grandes dévotions à Utrecht, temple de la musique ancienne, nous retrouverons la Normandie fin août avec un autre festival de jeunesse pour moi : Arques-la-Bataille.</p>
<p><strong>&#8211; Vos vacances, si vous pouvez en prendre ?</strong></p>
<p>Entre la Saône et Loire et le lac de Garde !</p>
<p><strong>&#8211; Un festival que vous recommandez ?</strong></p>
<p>Nos Promenades musicales du Pays d’Auge bien sûr ! Nous avons concocté une programmation mirifique où se côtoient de magnifiques ensembles européens (Grain de la Voix, Stile Antico), des virtuoses (Jean Rondeau, Manon Papasergio, Jean-Frédéric Neuburger) mais aussi beaucoup de jeunes artistes au talent fou (Camille Chopin, Lysandre Chalon, Marilou Jaquard). Chaque concert un nouveau lieu ou paysage à découvrir, et toujours l’occasion d’alterner l’ouïe et le goût avec des foodtrucks locaux.<br />
<strong>&#8211; Un livre que vous avez envie de lire ?</strong></p>
<p><em>L&rsquo;Œuvre au noir</em> de Marguerite Yourcenar, que je viens de trouver dans une petite librairie bourguignonne.</p>
<p><strong>&#8211; La musique qui tourne en boucle dans vos écouteurs ?</strong></p>
<p>De magnifiques enregistrements de Gérard Lesne (Charpentier, Dowland&#8230;) Parfois je suis surpris en réécoutant des disques que j’ai adoré, je les trouve vieillis après un long silence. C’est exactement l’inverse avec ceux de Gérard Lesne : outre ce timbre incroyablement beau, la musique, le soin du discours musical, l’intelligence des musiciens qui l’entourent sont un bonheur !</p>
<p><strong>&#8211; Votre plus beau souvenir estival ?</strong></p>
<p>Nos tournées à vélo avec l’ensemble Correspondances : en pleine nature, un sport doux, avec des musiciens que j’adore, pour jouer chaque soir dans un nouveau lieu soigneusement choisi, pour des gens qui la plupart du temps assistent pour la première fois à un concert de musique baroque : chaque année, c’est comme une remise à plat, quelque chose qui nous fait toucher terre et renouer en profondeur avec le sens de notre métier de musicien.</p>
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		<title>HAENDEL, Alceste &#8211; Bruxelles (Bozar)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-alceste-bruxelles-bozar/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Mar 2026 07:10:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Partition rare au concert, l’Alceste de Haendel est en fait une musique de scène, composé sur commande à l’automne 1749 pour la pièce éponyme de Tobias Smollett (1721-1771). Mais, pour des raisons qu’on ignore, il advint que cette pièce ne vit jamais le jour, la production fut annulée en dernière minute. Et le texte de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Partition rare au concert, l’<em>Alceste</em> de Haendel est en fait une musique de scène, composé sur commande à l’automne 1749 pour la pièce éponyme de Tobias Smollett (1721-1771). Mais, pour des raisons qu’on ignore, il advint que cette pièce ne vit jamais le jour, la production fut annulée en dernière minute. Et le texte de Smollett a été perdu depuis lors, de sorte que la musique de Haendel pour le premier et le quatrième acte est tout ce qui reste de cette belle aventure. Non dépourvue d’une belle intensité dramatique, particulièrement rayonnante et virtuose, la partition pourrait presque se suffire à elle-même, et mérite certainement l’exhumation.</p>
<p>Comme pour les opéras de Lully (1674) et de Gluck (1767), le sujet s’inspire d’un mythe grec repris dans une tragédie d’Euripide, relatant le sacrifice d’Alceste qui meurt pour sauver son mari Admète, roi de Thessalie. Pris de remords, celui-ci s’en va, tel Orphée, explorer les enfers pour tenter d’en ramener son épouse.</p>
<p>Et comme cette partition incomplète ne remplit pas une soirée entière, <strong>Sébastien Daucé</strong> et le Collegium Vocale Gent y ont ajouté une courte première partie (35 minutes tout au plus), principalement puisée dans l’Ode pour l’anniversaire de la Reine Anne, une partition plutôt convenue de 1713. C’est donc un programme un peu déséquilibré qui était proposé au public hélas clairsemé de ce samedi soir.</p>
<p>La première partie en effet laisse largement l’auditeur sur sa faim : d’une exécution très soignée mais sans réelle tension dramatique, desservie par des tempos lents et une vision un peu cérébrale, presque introvertie, l’Ode peine à convaincre. Ni l’orchestre ni les solistes ne parviennent à remplir le vaste espace de la grande salle du Palais des Beaux-Arts, et seuls les tutti avec chœur (seize chanteurs solistes inclus) ont un réel impact sonore. On soulignera cependant les qualités de fine musicienne de <strong>Manon Lamaison</strong>, voix particulièrement charmante et joyeuse qui domine cette première partie. <strong>Alex Potte</strong>r se montre moins convainquant, principalement par manque de volume sonore, en particulier lorsque les trompettes lui donnent la réplique.</p>
<p>La deuxième partie de la soirée fut bien meilleure, d’une part en raison de la grande qualité de cet <em>Alceste</em>, dont la trame dramatique bien fournie, qui sert de guide aux musiciens, est émaillée de véritables bijoux, par l’apparition de <strong>Guy Cutting</strong>, exceptionnel ténor qui domine largement la distribution, celle pleine d’humour de la basse <strong>Florian Störz</strong> dans le rôle de Caron, et par le remarquable et très énergique travail des chœurs, d’une précision exemplaire et d’un enthousiasme très communicatif.</p>
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		<title>J.S. BACH, Christ lag in Todesbanden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/j-s-bach-christ-lag-in-todesbanden/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Dec 2025 07:53:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour sa première incursion dans l’immense corpus des cantates sacrées de Bach, Sébastien Daucé a choisi trois cantates parmi les plus jouées, qui sont aussi, pour autant qu’on le sache, les plus anciennes dont on dispose. Plus accoutumé à nous présenter de la musique française, l’ensemble correspondances insiste ici sur la qualité rhétorique de la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour sa première incursion dans l’immense corpus des cantates sacrées de Bach, <strong>Sébastien Daucé</strong> a choisi trois cantates parmi les plus jouées, qui sont aussi, pour autant qu’on le sache, les plus anciennes dont on dispose. Plus accoutumé à nous présenter de la musique française, l’ensemble correspondances insiste ici sur la qualité rhétorique de la musique de Bach, l’expression du texte par l’écriture musicale elle -même, déjà parfaitement maîtrisée par ce jeune compositeur de 22 ans.</p>
<p>Composées à Mühlhausen, où Bach fut en poste assez brièvement, entre juin 1707 et juin 1708, à l’Église Saint-Blaise avant d’accepter le poste d’organiste et de maître de concerts à Weimar, elles sont donc aussi les plus anciennes de ses cantates sacrées. C’est la rénovation de l’orgue qui avait amené là le jeune Bach, qui contribua d’ailleurs en tant que conseiller à la refonte de l’instrument ; mais la vie musicale de cette petite ville aux moyens limités lui parut vite trop étriquée pour ses ambitions. Quatre cantates peuvent être attribuées de façon quasi certaine à cette période limitée, les trois qui sont enregistrées ici auxquelles s’ajoute la BWV 71 <em>Gott ist mein König</em>. Très directement inspirées de la longue tradition luthérienne que le jeune et brillant organiste avait fréquentée lors de son apprentissage avec son frère aîné, dans la lignée de tous ses ancêtres musiciens dont il tirait aussi sa légitime fierté, ces pages peuvent parfois paraître aussi subir une influence italienne, notamment dans les parties vocales solistes.</p>
<p>Si l’<em>Actus Tragicus </em>comporte effectivement un air pour chacun des quatre solistes, la BWV 131 ne fait appel qu’à la basse et au ténor. Et la célèbre BWV 4 est une suite de strophes chorales, dans lesquelles les interventions solistes sont limitées, et ne prennent pas la forme d’un air à part entière. Daucé s’est néanmoins entouré d’une équipe triée sur le volet, et les quatre solistes ici convoqués sont tous excellents. La voix céleste de la soprano <strong>Caroline Weynants</strong>, contraste singulièrement avec le timbre androgyne de <strong>Lucile Richardot</strong>, le ténor <strong>Raphaël Höhn</strong> est vaillant à souhaits et la basse <strong>Sebastian Myrus</strong> apporte la touche de noblesse et de profondeur qui équilibre l’ensemble. On soulignera aussi la qualité du petit chœur réuni pour cet enregistrement (quatre par voix chez les dames et trois chez les messieurs) rompu à la nécessaire virtuosité que requièrent ces pages à l’écriture tellement instrumentale.</p>
<p>Nul doute qu’il peut encore gagner en assurance, décontraction et fluidité, mais le pari est donc réussi, Sébastien Daucé est à présent mûr pour aborder les grandes pages chorales de Bach et apporter sa touche personnelle à cette musique qu’il fréquente depuis toujours sans avoir encore jamais osé s’y confronter pleinement.</p>
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		<title>CAVALLI, La Calisto – Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-nantes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 06:38:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Calisto de Cavalli a longtemps eu la réputation d’être une rareté, alors qu’elle a pourtant joui de nombreuses programmations si l’on se penche d’un peu plus près sur ce chef-d’œuvre du xviie siècle, comme l’a fait l’Avant-Scène Opéra. C’est évidemment la version de Jacobs et Wernicke qui s’est installée dans les mémoires, mais celle &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>La Calisto </em>de Cavalli a longtemps eu la réputation d’être une rareté, alors qu’elle a pourtant joui de nombreuses programmations si l’on se penche d’un peu plus près sur ce chef-d’œuvre du xvii<sup>e</sup> siècle, comme l’a fait l’<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/une-calisto-peut-en-cacher-une-autre/">Avant-Scène Opéra</a>. C’est évidemment la version de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/madeleine-coquine/">Jacobs et Wernicke</a> qui s’est installée dans les mémoires, mais celle qui est en train de faire le tour des salles cette triennale est en passe de devenir un classique et de contribuer à faire largement connaître l’un des opéras les plus érotiques qui soient. Créée à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-aix-en-provence/">Aix</a> au cours de l’été 2025, cette nouvelle production de <strong>Jetske Mijnssen</strong> a été immédiatement très admirée au festival tout comme elle l’a été à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-rennes/">Rennes</a> le mois dernier. Le succès est également au rendez-vous à Nantes (pour deux dates seulement, coupes budgétaires obligent) et l’on peut déjà présager un égal enthousiasme dans les prochains lieux : Angers, le TCE, Caen, Luxembourg et Avignon. On ne peut que saluer la réussite de cette impressionnante co-production dotée d’une bien belle distribution et d’une mise en scène intelligente et fascinante.</p>
<p>En effet, Jetske Mijnssen a choisi d’oublier le merveilleux et les effets spéciaux des machineries de scène nécessaires pour remplir les premiers théâtres payants vénitiens en plein milieu du xvii<sup>e</sup> siècle. Elle ne se gargarise pas davantage de l’ambiance grivoise et des ressorts comiques de l’œuvre, mais préfère transposer l’intrigue dans un xviii<sup>e</sup> siècle qui évoque fort judicieusement les <em>Liaisons dangereuses</em> de Choderlos de Laclos et les jeux pervers de conquêtes amoureuses destructrices ainsi que de relations de pouvoir. Les costumes sont l’élégance même et le décor consiste en une salle qui n’est pas sans évoquer le langage raffiné d’un Giorgio Strehler. Le rococo est ici épuré à l’extrême, les boiseries xviii<sup>e</sup> siècle richement décorées se faisant sages lambris cérusés, sublimés par un dispositif scénique ingénieux, sous forme de rotonde tournante, qui cèle ou découvre les protagonistes. Mais la transposition ne s’arrête pas au Siècle des Lumières : le propos rappelle les heures sombres du xx<sup>e</sup> siècle au moment de l’épuration de la Libération et le meurtre de Jupiter par Calisto (vraie liberté par rapport à l’histoire) rend le propos ultra contemporain. Une scène en particulier est spécifiquement cruelle, d’un sadisme froid au possible, celle de la punition de la ravissante nymphe Calisto par Junon (qui préfère s’en prendre à la belle plutôt que de se venger directement de son époux volage). Au lieu de se voir métamorphoser en ourse, Calisto se fait tondre méthodiquement et froidement. Voilà de quoi éclairer sous un jour résolument moderne Ovide et donner à ce <em>dramma per musica</em> une résonance actuelle qui devrait toucher et interroger tout un chacun.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-Calisto-©-Monika-Rittershaus-12-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-204152"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Monika Rittershaus</sup></figcaption></figure>


<p>Le plateau vocal est lui aussi de toute beauté : <strong>Lauranne Oliva</strong> est une Calisto ravissante qui dégage un charme irrésistible. Sa voix est idéalement timbrée, souple et nuancée. Ses émois tout comme ses désillusions nous vont droit au cœur. <strong>Alex Rosen</strong> est un superbe Jupiter/Diane, scéniquement très à l’aise en aristocrate à la Valmont mâtiné de Don Giovanni, convaincant dans tous les registres, y compris quand il utilise sa voix de fausset pour incarner Diane, à l’effet comique garanti. Tout aussi impériale, <strong>Giuseppina Bridelli</strong> sait rendre perceptibles les contradictions de son personnage : la chaste Diane qui, en réalité, est l’esclave de pulsions sexuelles totalement débridées. Tous les personnages de cette histoire sont d’ailleurs obsédés par le désir amoureux, bien souvent physique et sans issue. La direction d’acteurs fine et maîtrisée leur permet à tous d’en exposer clairement tous les aspects, entre flamme hypocrite et lubricité déchaînée, y compris dans les chorégraphies impayables de <strong>Dustin Klein</strong> qu’ils exécutent eux-mêmes avec brio. Seule Junon est véritablement frustrée et refroidie, quoique brûlante de jalousie vengeresse, ce qu’<strong>Anna Bonitatibus</strong> réussit à rendre avec grand art, de son bel instrument aux couleurs ambrées dont les éclats se font puissance déferlante ou douce plainte tout juste audible. D’abord houspillé puis triomphant, l’Endymion de <strong>Rémy Bres-Feuillet</strong> est tout de virtuosité et d’ornementations délicieuses à l’oreille. Le Mercure de <strong>Dominic Sedgwick</strong> n’est pas en reste, en parfait acolyte de Jupiter. Petit accroc à la distribution, <strong>Zachary Wilder</strong>, souffrant, se contentera de mimer son rôle sur scène, caché derrière un masque, tandis que <strong>Clément Debieuvre</strong> le remplace, au pied levé, vaillamment et efficacement dans la fosse. Les trois Furies complètent efficacement la distribution qui excelle dans le <em>parlar cantando</em> d’un grand naturel de déclamation tout comme dans les ensembles et dans les airs de bravoure.</p>
<p>La partition originale, prévue pour six musiciens, est efficacement arrangée par <strong>Sébastien Daucé</strong> pour son <strong>Ensemble Correspondances</strong> d’une quarantaine de musiciens. Le théâtre de Nantes leur propose un écrin idéal et l’on goûte les couleurs et la richesse de cet orchestre, dont on remarque avec bonheur le percussionniste, particulièrement virtuose ce soir. Un bien beau spectacle.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="[ LA CALISTO ] ENTRETIEN AVEC LE DIRECTEUR MUSICAL SÉBASTIEN DAUCÉ" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/Gpayb8nT1tE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>
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		<item>
		<title>CAVALLI, La Calisto &#8211; Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après une création remarquée cet été, en plein air, au Théâtre de l’Archevêché dans le cadre du Festival d’Aix-en-Provence, La Calisto entame à l&#8217;Opéra de Rennes – producteur délégué – une longue tournée en salle qui la mènera aux quatre coins de l&#8217;hexagone jusque fin 2027. Le rideau se lève sur un Prologue détourné : Les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après une création remarquée cet été, en plein air, au Théâtre de l’Archevêché dans le cadre du<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-aix-en-provence"> Festival d’Aix-en-Provence</a>, <em>La Calisto</em> entame à l&rsquo;Opéra de Rennes – producteur délégué – une longue tournée en salle qui la mènera aux quatre coins de l&rsquo;hexagone jusque fin 2027.</p>
<p>Le rideau se lève sur un Prologue détourné : Les funérailles auxquelles nous assistons sont-elles celles de Calisto qui se voit promettre l&rsquo;éternité comme semble l&rsquo;indiquer le texte ? Que nenni, découvrirons-nous trois heures plus tard, il s&rsquo;agit de celles de Jupiter – décidément rien moins que divin puisque Calisto vient de l&rsquo;assassiner. Voilà qui tord assez brutalement le mythe et confirme les turpitudes fort humaines auxquelles sont confrontés les Dieux de l&rsquo;Olympe.</p>
<p>Ce choix dramaturgique questionne un peu inutilement le spectateur, alors que tout au long de la soirée, le cadre de l&rsquo;action respecte scrupuleusement la reconstitution historique : les lambris cérusés de <strong>Julia Katharina Berndt</strong> dévoilent alternativement toutes les pièces d&rsquo;une demeure aristocratique grâce à une tournette centrale du meilleur effet. Plus élégants encore, les costumes crées par <strong>Hannah</strong> <strong>Clark</strong> sont tout simplement éblouissants, déclinant des soies pastel d&rsquo;un suprême raffinement.<br />
Ceci dit, là encore, choix incongru, nous ne sommes pas en 1651 mais plus d&rsquo;un siècle plus tard dans un contexte totalement XVIIIe. Celui-ci convoque immédiatement les univers d&rsquo;un Mozart ou d&rsquo;un Choderlos de Laclos.</p>
<p>Il faut dire que les tribulations de Calisto ou d&rsquo;Endymion résonnent nettement des thèmes des <em>Liaisons Dangereuses</em> : les Grands s&rsquo;ennuient et se distraient entre cruauté et égoïsme, au détriment d&rsquo;êtres naïfs ou purs qu&rsquo;ils broient négligemment. Poignardant son subordonneur, Calisto, refuse de n&rsquo;être qu&rsquo;une Volanges ou une Tourvel avant l&rsquo;heure.<br />
Cette modernité projetée sur le mythe irrigue tous les choix de <strong>Jetske Mijnssen</strong> qui insuffle au livret une grande contemporanéité dans les thèmes abordés – harcèlement, consentement, fluidité des genres et des pratiques sexuelles … -.</p>
<p>Une fois acceptées, ces distorsions ne nuisent en rien au bonheur du spectateur. Car Si l’œil est charmé, l&rsquo;oreille l&rsquo;est plus encore par la remarquable qualité du plateau vocal. De <strong>Dominic Sedgwick</strong>, Mercure à la voix pleine à <strong>Théo Imart</strong> au timbre tout aussi séduisant en passant par le Pan si convaincant de <strong>Bastien Rimondi</strong>, le touchant Endymion de <strong>Paul-Antoine Bénos-Djian</strong> ou la délicieuse Lymphée travestie de <strong>Zachary Wilder</strong>, sans oublier la Diane de haut vol de <strong>Giuseppina Bridelli</strong>, tous les rôles sont à la fête.<br />
Excellents comédiens, nourris par une direction d&rsquo;acteurs acérée, particulièrement variée, les chanteurs font montre d&rsquo;autant d&rsquo;élégance que de naturel, d&rsquo;une réjouissante intelligence dans le style comme dans l&rsquo;interprétation.</p>
<p>Dominant les autres artistes de son imposante stature, <strong>Milan Siljanov</strong> n&rsquo;a pas à forcer son naturel et l&rsquo;autorité naturelle de sa voix pour incarner Jupiter. Il est d&rsquo;autant plus à contre-emploi en Diane travestie, cabotinant avec une jubilation communicative en voix de fausset.</p>
<p>Jouisseur cynique, comme Valmont, il rend d&rsquo;autant plus touchante la merveilleuse Calisto de <strong>Lauranne Oliva</strong> qui profite de la somptuosité du timbre, de la richesse de la voix de poitrine, de l&rsquo;aisance des vocalises et d&rsquo;une incarnation sensible pour des extases sensuelles pleines de fraîcheur et des <em>Lamenti</em> bouleversants. La scène où les esprits sylvestres, aux ordres de Junon, lui imposent l&rsquo;humiliation d&rsquo;une tonsure est proprement saisissante.<br />
<strong>Anna Bonitatibus</strong> y foudroie tout autant en épouse bafouée dans un air somptueux qui murmure sans jamais détimbrer, éructe sans jamais se départir d&rsquo;un art idéalement maîtrisé.</p>
<p>Soutien sans faille de cette équipe de choc depuis la fosse, <strong>Sébastien Daucé</strong> retrouve avec une joie manifeste <strong>l&rsquo;Ensemble</strong> <strong>Correspondances</strong>. La complicité des musiciens est évidente dès l&rsquo;ouverture avec ce son rond qui se nuance d&rsquo;infinies couleurs tout au long de la soirée. La belle énergie de l&rsquo;orchestre souligne l&rsquo;acuité du travail rythmique et l&rsquo;art des atmosphères.</p>
<p>Faussement classique, superbement interprétée,<em> la Calisto</em> ne saurait dévier de son orbite glorieuse : à Angers-Nantes Opera les 22, 23 et 30 novembre prochains, au Théâtre des Champs Elysées du 4 au 6 mai 2026, au Théâtre de Caen les 20 et 21 mai 2026, aux Théâtres de la Ville de Luxembourg en octobre 2027 avant d&rsquo;achever sa course à l&rsquo;Opéra Grand Avignon les 13 et 14 novembre 2027.</p>
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		<title>J.-S. BACH, Cantates de jeunesse &#8211; Ambronay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/j-s-bach-cantates-de-jeunesse-ambronay/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Sep 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’abbaye d’Ambronay serait-elle fontaine de Jouvence ? À Ambronay ce soir, un public en partie vieillissant – même si tous les âges (Omnes generationes !)  sont représentés – sort ragaillardi d’un concert qui présente trois cantates de jeunesse de Bach, composées en 1707 ou 1708. Avec Sébastien Daucé et son ensemble Correspondances, nous retrouvons en effet un &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’abbaye d’Ambronay serait-elle fontaine de Jouvence ? À Ambronay ce soir, un public en partie vieillissant – même si tous les âges (<em>Omnes generationes !</em>)  sont représentés – sort ragaillardi d’un concert qui présente trois cantates de jeunesse de Bach, composées en 1707 ou 1708.</p>
<p>Avec <strong>Sébastien Daucé</strong> et son ensemble <strong>Correspondances</strong>, nous retrouvons en effet un jeune Jean-Sébastien Bach (vingt-deux ans à l’époque), que l’on peut s’imaginer sans la perruque poudrée de rigueur sur les représentations habituelles (et de fait plus tardives), un Jean-Sébastien qui n’est pas encore le « cantor de Leipzig », un Bach d’avant Weimar, pétri de culture musicale allemande, française et italienne, enthousiaste et novateur. Voilà qui apporte un regain de vitalité et d’espoir dans un monde si sombre, et qui transmet un peu de la tranquille énergie du jeune Bach.</p>
<p>Ces cantates pourtant sont complaintes, cris de détresse, chant funèbre, reconnaissance du péché et de la mort – mais elles sont aussi espoir, cris d’allégresse, chant de réjouissance, annonce du salut et célébration de la vie.</p>
<p>Selon une formule éprouvée, le concert se présente comme une pièce en trois parties, un drame en trois actes : le bien nommé « <em>Actus tragicus</em> » (Cantate BWV 106 « Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit ») est encadré par la toute première cantate de Jean-Sébastien Bach qui nous soit parvenue (BWV 131 « Aus der Tiefe rufe ich, Herr, zu dir »), plus proche d’un motet par sa structure simple, toute désignée pour ouvrir la soirée, et la cantate très élaborée, composée sur un texte de Luther, que constitue la BWV 4 (« Christ lag in Todesbanden »), faisant une large place au genre du concerto.</p>
<p>De la complexité de cette écriture, on ne perçoit que la beauté, une extraordinaire expressivité et une apparente simplicité en dépit de la richesse de l’instrumentation et de la composition. La direction tout en sobriété de Sébastien Daucé rend tangible l’osmose avec les musiciens et les chanteurs. La sérénité prime sur le tragique, l’accent est mis sur le dialogue, la communication – entre les interprètes et le chef, entre les musiciens, entre les musiciens et les chanteurs – à l’exemple de la basse <strong>Lysandre Châlon</strong> et du hautbois de <strong>Johanne Maître</strong> dans l’<em>Arioso</em> de la première cantate –, entre l’ensemble <strong>Correspondances</strong> et le public. Dans l’<em>Actus tragicus</em>, le halo léger des flûtes à bec (<strong>Lucile Perret</strong>, <strong>Matthieu Bertaud</strong>) et des violes de gambe (<strong>Mathilde Vialle</strong>, <strong>Mathias Ferré</strong>) crée, dans ce prélude qu’est la <em>Sonatina</em>, un climat de douceur – alors même qu’il s’agit d’un chant funèbre – au  sein duquel s’élève le chœur homophone, puis fugué, affirmant, avec une technique impeccable et un phrasé saisissant, la valeur de la vie divine (« Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit »). Le parti pris d’une interprétation sereine, optimiste, de la cantate dite « tragique » fait ressortir aussi la beauté de la simple vie humaine, comme le montre la fin <em>a cappella</em> de la deuxième intervention du chœur, qui se conclut par l’appel de la soprano, la lumineuse <strong>Caroline Weynants</strong> : « Ja, komm, Herr Jesu ! », tandis que le tendre alto de <strong>Blandine de Sansal</strong> enchaîne avec l’aria « In deine Hände… ». La diction des interprètes rend justice à l’importance du texte, soulignant par exemple les occurrences des mots « stille » (« calme, paisible ») et « Schlaf » (« sommeil ») dans l’<em>Arioso</em> et le <em>Choral</em> suivant.</p>
<p>Dans l’économie du concert, conçu comme un déploiement progressif, la cantate « Christ lag in Todesbanden » s’ouvre sur une brillante exécution de la <em>Sinfonia</em> grâce aux violons virtuoses, mais sans extravagance, de <strong>Simon Pierre</strong> et de <strong>Paul Monteiro</strong>, qui donnent à entendre à la fois la connaissance qu’avait Bach de la musique italienne de son temps, et la façon dont il l’a adaptée à son aire culturelle et religieuse. C’est sans doute, dans ce programme, l’œuvre qui comporte le plus de contrastes et d’effets vocaux et instrumentaux : chromatisme appuyé sur le mot « Tod » (« mort ») à plusieurs reprises, figuralisme sur le mot « Würger » (« étrangleur, bourreau »), allégresse absolue dans le duo final, que Caroline Weynants et le ténor <strong>Florian Sievers</strong> savent rendre communicative.</p>
<p>En soulignant la qualité exemplaire de chaque interprète, aux instruments et au chant (chacune et chacun mériterait d’être cité nommément), on signalera encore les remarquables interventions de la basse <strong>René Ramos Premier</strong>, qui allie la puissance sonore et la sensibilité.</p>
<p>Il faut enfin savoir gré à l’organisation du festival d’avoir prévu dans le programme de salle le texte intégral des cantates en version bilingue, permettant au public de suivre le détail des paroles dont on sait l’importance que leur accordait le compositeur.</p>
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		<title>Paroles d&#8217;artistes : notre boîte à bijoux d&#8217;archives audio</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dossier/paroles-dartistes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Aug 2025 23:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Paroles d&#8217;artistes ambitionne de retrouver dans les larges archives audio et vidéo des rédactrices et rédacteurs de Forumopera, des témoignages exclusifs &#8211; drôles ou sensibles &#8211; des artistes qui font le monde de l&#8217;opéra. Tous nos contenus sont extraits d&#8217;interviews réalisées par des membres de l&#8217;équipe. 28.08.2025Philippe Herreweghe et l&#8217;art mnémotechnique.Il ouvre la partition et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Paroles d&rsquo;artistes ambitionne de retrouver dans les larges archives audio et vidéo des rédactrices et rédacteurs de Forumopera, des témoignages exclusifs &#8211; drôles ou sensibles &#8211; des artistes qui font le monde de l&rsquo;opéra. Tous nos contenus sont extraits d&rsquo;interviews réalisées par des membres de l&rsquo;équipe.</p>


<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Paroles d&#039;artistes" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/videoseries?list=PLCojEbyMSN9XvNW_Qr60loOQpinTYJaXI" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<p><strong>28.08.2025</strong><br /><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtu.be/lqlLih26u34?si=k0r9sD7olzrZdwXv">Philippe Herreweghe et l&rsquo;art mnémotechnique.</a><br />Il ouvre la partition et il nous montre comment il s&rsquo;y prend.</p>
<p><strong>26.08.2025</strong><br /><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtu.be/diBwqH2sRXE?si=PoSPW1vHxRnJ3aA3">Leo Nucci : Le baryton au coeur d&rsquo;or</a><br />Il y a quinze ans, l&rsquo;immense artiste nous disait la crainte que s&rsquo;amenuise le sentiment d&rsquo;humanité. </p>
<p><strong>18.08.2025</strong><br /><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtu.be/ABAjeJvPQsk?si=q4jrP8ZEEosWaYu3">Annick Massis : entend bien devenir « une vieille joyeuse ».</a><br />Réflexion subtile sur le temps qui passe.</p>
<p><strong>10.08.2025<br /></strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtu.be/5_eiVclAOds?si=xRvkGPDPeZ1JLP__">Sandrine Piau : « tant qu&rsquo;on peut voir le visage d&rsquo;un enfant dans celui d’un adulte, on est sauvé »</a><br />Quand la soprano française parle à la manière de Maeterlinck<strong><br /><br />09.08.2025<br /></strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtu.be/0oYge6Ehy8Y">Hugues Cuenod à 103 ans « 60 ans de carrière « sans voix ni technique »</a><br />Il avait pris l&rsquo;habitude de dire « comment voulez-vous que je perde ma voix, je n&rsquo;en ai jamais eue »<br /><strong><br />08.08.2025<br /></strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/paroles-dartistes-angel-blue-lopera-na-pas-besoin-du-black-face/">Angel Blue : « L’opéra n’a pas besoin du black-face »</a><br />La polémique a deux ans, Angel Blue a depuis conquis Vérone.</p>
<p><strong>06.08.2025<br /></strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtu.be/wITnoZxTHNE?si=ATso0VlY_mBs1UDf">Alberto Zedda : « Rossini permet de trouver des réponses esthétiques à des questionnements éthiques »</a><br />Et en bonus, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtube.com/shorts/3XUWAk--wK8?feature=share">une réflexion sur Rossini et Mantegna.</a><br />Comme cet incroyable artiste nous manque.</p>
<p><strong>04.08.2025<br /></strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtube.com/shorts/cgSAcowKrxo">Dominique Visse et son affriolant manteau de vison</a><br />Un jeune homme a l&rsquo;ondoyante coiffure, dans la nuit, un manteau de vison. Qui sait, sur un malentendu ?</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Sonya Yoncheva : “Une chanteuse a le droit d’avoir une famille, une courtisane d’aspirer à l’amour”" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/zC-GFL9b7Ps?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


<p><strong>31.07.2025<br /><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtube.com/shorts/hzZmKHxtzZo">Sébastien Daucé : Ce moment où les artisans devinrent artistes</a><br /></strong>Nous avons le plaisir d&rsquo;échanger avec le jeune fondateur de l&rsquo;ensemble Correspondance depuis de longues années.&nbsp;</p>
<p><strong>30.07.2025</strong><br /><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.instagram.com/reel/DMuZoMuA3_E/?utm_source=ig_web_copy_link">Marcello Giordani : de la brièveté de la vie</a><br />L&rsquo;immense ténor se confiait à nous quelques jours avant de disparaître à la surprise générale.</p>
<p><strong>29.07.2025</strong><br /><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtube.com/shorts/zC-GFL9b7Ps">Sonya Yoncheva : “Une chanteuse a le droit d’avoir une famille, une courtisane d’aspirer à l’amour”</a><br />Plaidoyer pour la liberté des femmes à travers leurs conditions.</p>
<p><strong>21.07.2025</strong><br /><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtube.com/shorts/mAPDKUef8AE">Cecilia Bartoli : Autoportrait vocal chromesthésique</a><br />Nous rencontrions la diva romaine au Plaza Athénée&nbsp;</p>
<p><strong>20.07.2025</strong><br /><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtu.be/sgSGCFVFDCg">Kazushi Ono tente l&rsquo;abolition de la parole face à la partition du Turandot</a><br />Nous avons rencontré Kazushi Ono en 2019.</p>
<p><strong>14/07/2025</strong><br /><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtu.be/SPtIRW-g0Xg">Thomas Hampson au sujet des masterclass rugueuses de Frau Schwarzkopf : « Elle n&rsquo;était pas un dragon »</a><br />Nous avons rencontré Thomas Hampson en 2015.</p>
<p><strong>14/07/2025</strong><br /><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtube.com/shorts/n1MK9YxfgzI">Sir Antonio Pappano : « Puccini était-il un dandy patenté ? »</a><br />Retrouvez <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtu.be/xlprFW7IEfs">l&rsquo;interview complète</a></p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/dossier/paroles-dartistes/">Paroles d&rsquo;artistes : notre boîte à bijoux d&rsquo;archives audio</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>CAVALLI, La Calisto &#8211; Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-aix-en-provence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival d’Art lyrique d’Aix-en-Provence donne l’occasion au lyricomane attentif aux mises en scène (c’est bien le jeu à Aix !) d’assister deux soirs de suite à deux transpositions des œuvres au programme. Une qui laisse sur sa faim (le Don Giovanni de Robert Icke) et l’autre pleinement réussie, celle que propose Jetzke Mijssen de La &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Festival d’Art lyrique d’Aix-en-Provence donne l’occasion au lyricomane attentif aux mises en scène (c’est bien le jeu à Aix !) d’assister deux soirs de suite à deux transpositions des œuvres au programme. Une qui laisse sur sa faim (le <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-aix-en-provence/">Don Giovanni</a></em> de Robert Icke) et l’autre pleinement réussie, celle que propose <strong>Jetzke Mijssen</strong> de <em>La Calisto</em>, troisième opéra de Francesco Cavalli admis à la programmation à Aix (après <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/helene-et-les-garcons/">Elena</a></em> en 2013 et <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/erismena-aix-en-provence-nouveau-miracle-dalarcon/">Erismena</a></em> en 2017).<br />
Dans l’écrin incomparable d’un théâtre de l’Archevêché aéré d’une brise rafraichissante sans être dérangeante, nous voilà spectateurs d’une histoire de cœur savamment transportée dans le XVIIIe siècle aristocratique. Jetzke Mijssen prend le parti de « dé-diviniser » les personnages (la source littéraire étant le livre II des <em>Métamorphoses</em> d’Ovide), et d’en faire les protagonistes humains, trop humains, d’un quasi-vaudeville qui va mal tourner et où toutes les conventions de la « bonne société » sont respectées. Ainsi aurons-nous droit à un décor astucieux (avec une scène circulaire tournante en son milieu) figurant un magnifique salon lambrissé avec son cortège de domestiques, des costumes (signés <strong>Hannah Clark</strong>) du meilleur goût rappelant les plus belles heures des salons chics, des danses de salon (réalisées par les chanteurs eux-mêmes) sur des musiques additionnelles de Cavalli mais aussi de Giacomo Arrigoni, Carlo Farina entre autres.<br />
Toutes les conditions sont donc réunies pour que le spectateur soit emporté par cette histoire qui convoque nombre de thématiques contemporaines dont Mijssen s’empare avec gourmandise : le consentement, le mouvement #MeToo, le victim-blaming, le harcèlement sexiste et sexuel, le culte de la chasteté, les nuances de l’amour, la fluidité des genres, ou encore l’amour lesbien. Autant de sujets que Cavalli et son librettiste Giovanni Faustini ne pouvaient évoquer en 1651, même dans une ambiance vénitienne très permissive, que sous le couvert de l’allégorie et de la fine allusion. Ici, l’allégorie, traditionnellement mise en scène dans le prologue, est  astucieusement contournée : lorsque le rideau se lève, la Nature, l’Eternité et le Destin prennent corps en Pan, Junon et Satyre : ils entourent le cercueil noir de Calisto et prédisent à celle-ci l’immortalité…dans leurs mémoires.<br />
Le premier acte nous renvoie au début de l’histoire et à ses développements : Jupiter accompagné de son fils Mercure est illuminé par la beauté de Calisto, la chaste nymphe compagne de chasse de Diane. Pour la séduire, il va prendre les traits de Diane, qui a conquis le cœur de Calisto. Mais lorsque Calisto, une fois séduite dans l’obscurité d’une grotte par Jupiter/Diane reverra la vraie Diane, celle-ci ne comprendra pas les avances délibérées de sa nymphe et en prendra ombrage. Ajoutons une Junon furieuse de la nouvelle infidélité de son époux Jupiter et qui, au lieu de lui en tenir rigueur, se vengera sur l’objet de sa flamme (Calisto donc), n’oublions pas quelques amourettes secondaires (le berger Endymion aime Diane et en est aimé secrètement, Pan est l’amoureux éconduit de Diane et tente de la reconquérir) et nous aurons tous les ingrédients d’un jeu amoureux qui va mal finir. Dans le livret original, Junon, pour se venger de Calisto, finit par la transformer en ourse et Jupiter, saisi de remords, décide de la changer en constellation (la Grande Ourse). Mijssen opère une ultime pirouette pour rendre la conclusion crédible : Calisto fait semblant de céder aux charmes de Jupiter – alors que son amour la porte décidément vers Diane – et finit par trucider celui qui a abusé d’elle. Bien vu l’artiste.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-Calisto-—-Festival-dAix-en-Provence-2025-©-Monika-Rittershaus_10-1294x600.jpg" alt="" width="624" height="289" />
© Monika Rittershaus</pre>
<p><strong>Sébastien Daucé</strong>, le directeur musical de l’Ensemble Correspondances a opéré un imposant travail éditorial pour adapter une partition prévue à l’origine pour… six musiciens et être donnée dans un théâtre (San Cassiano à Venise) avec une jauge d’une centaine de spectateurs. Ce soir, ce sont une quarantaine de musiciens qui œuvrent à proposer une version sans doute unique puisque délibérément adaptée aux lieux et au contexte. Le chef est astucieusement positionné au milieu des musiciens, quasiment en bordure de scène, ce qui permet une connivence de tous les instants entre chef et chanteurs.<br />
La distribution est sans défaut. Le rôle-titre est tenu par <strong>Lauranne Oliva</strong>, premier prix de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/lauranne-oliva-premier-prix-de-paris-opera-competition-2023/">Paris Opéra compétition en 2023</a>, qui figure une parfaite nymphe innocente. La pureté, la clarté et la douceur de la voix, toujours bien posée et capable de belles nuances, marqueront à coup sûr cette représentation. Jupiter est également remarquablement distribué : il fallait à la fois l’autorité d’une basse figurant un dieu/père/amant et la capacité de travestir la voix, lorsque Jupiter devient Diane. <strong>Alex Rosen</strong> se joue de ces nombreuses transpositions de registre, en utilisant la voix de tête (certes bien moins séduisante que la voix de poitrine) et en étant capable de changer fréquemment de registre, parfois dans la même phrase, ce qui n’a pas manqué d’ajouter un bel effet comique. La Diane de <strong>Giuseppina Bridelli</strong> sait rendre la complexité du personnage. Le soprano est souple, le timbre envoûtant. Mention spéciale pour <strong>Anna Bonitatibus</strong>, Junon presque démoniaque et qui nous sert un « Racconsolata e paga » au III, d’une rare intensité dramatique. L’Endymion de <strong>Paul-Antoine Bénos-Djian</strong> est torturé à souhait, son haute-contre porte et s’emporte à souhait. Distribution sans défaut disions-nous, très bien complétée par <strong>Zachary Wilder</strong> en Linfea, <strong>David Portillo</strong> (Pan), <strong>Dominic Sedgwick</strong> (un Mercure qu’on adore détester), <strong>Théo Imart</strong> (Satyre) et le Sylvain de <strong>José Coca Losa</strong>.</p>
<p>Cette production sera donnée dès le mois d’octobre 2025 à Rennes, puis à ANO en novembre, ainsi que Caen et le Théâtre des Champs-Elysées en mai 2026.</p>
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		<title>Rennes 2025-26: L&#8217;Opéra en partage</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/rennes-2025-26-lopera-en-partage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Jun 2025 05:48:25 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=192801</guid>

					<description><![CDATA[<p>« L&#8217;Opéra en partage », voilà la bannière sous laquelle Matthieu Rietzler dévoile sa nouvelle saison le jour-même de l&#8217;opération Opéra sur Ecran(s) qui fait résonner la Flûte Enchantée, gratuitement, dans plus de 70 lieux entre Bretagne et Pays de Loire. Cette nouvelle saison débute dès le 30 août avec un premier temps fort en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« L&rsquo;Opéra en partage », voilà la bannière sous laquelle Matthieu Rietzler dévoile sa nouvelle saison le jour-même de l&rsquo;opération <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.opera-rennes.fr/fr/evenement/opera-sur-ecrans-la-flute-enchantee">Opéra sur Ecran(s)</a> qui fait résonner <em>la Flûte Enchantée</em>, gratuitement, dans plus de 70 lieux entre Bretagne et Pays de Loire.</p>
<p>Cette <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.opera-rennes.fr/fr/programmation">nouvelle saison</a> débute dès le 30 août avec un premier temps fort en plein air le 30 aout. Le très beau <em>Rinaldo</em> de la Co[opéra]tive applaudi ici même en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/rinaldo-rennes-demons-et-merveilles/">2021</a> reprend du service, en plein air, à l&rsquo;éco-musée de la Bintinais après que Claire Dancoisne l&rsquo;ait adapté cet été pour le Festival de Saint-Céré.</p>
<p>Pour le reste, fidèle à ses partenariats fructueux, Rennes accueillera des incontournables comme <em>Lucia di Lammermoor</em> en février 2026, sous le regard de Simon Delétang, coproduit avec Angers-Nantes Opéra, mais également Massy, le Théâtre Impérial de Compiègne – Opéra de Compiègne et le Théâtre de Lorient – CDN.</p>
<p>D&rsquo;autres œuvres sont plus audacieuses, à l&rsquo;exemple de cet alléchant <em>Robinson Crusoé</em> de Jacques Offenbach, également à l&rsquo;affiche du Théâtre des Champs-Elysées sous la houlette de Laurent Pelly – et applaudit dans plus de 80 communes à l&rsquo;occasion d&rsquo;Opéra(s) sur écrans en juin prochain &#8211; ou encore<em> La Calisto</em> de Francesco Cavalli coproduit avec le Festival d’Aix-en-Provence sous la houlette de Sébastien Daucé et de son ensemble Correspondances dans une mise en scène prometteuse de Jetske Mijnssen dès le mois d&rsquo;octobre.</p>
<p>Ces deux spectacles sont crées en complicité avec Angers-Nantes Opéra, tout comme le nouvel opus de la Co[opéra]tive, mis en scène par David Lescot, en janvier 2026&nbsp;: l&rsquo;opéra de chambre de Pauline Viardot, <em>Cendrillon</em>.</p>
<p>Enfin, après leur <em>Carnaval Baroque</em>, Vincent Dumestre et Le Poème Harmonique proposeront cette fois une version méconnue de<em> L’Avare</em> de Molière, mise en musique par Francesco Gasparini.</p>
<p>Enfin, la création contemporaine ne sera pas oubliée en mai 2026 avec <em>I didn’t know where to put all my tear</em>s croisant la musique de Benjamin Britten et celle de Marko Nikodijević en création mondiale le 29 mars 2026 à l’Opéra national de Nancy-Lorraine</p>
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		<title>CHARPENTIER, David et Jonathas &#8211; Lille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/charpentier-david-et-jonathas-lille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Dec 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;opéra de Lille s&#8217;achève la tournée de ce David et Jonathas applaudi de Caen au Luxembourg, en passant par Nancy ou encore Paris, au Théâtre des Champs Elysées. Les cinq actes de ce drame biblique ont été conçus par Charpentier associés à une tragédie latine aujourd&#8217;hui perdue. A l&#8217;exemple des semi-operas de Purcell, le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[A l&rsquo;opéra de Lille s&rsquo;achève la tournée de ce<em> David et Jonathas</em> applaudi de Caen au Luxembourg, en passant par Nancy ou encore Paris, au Théâtre des Champs Elysées.

Les cinq actes de ce drame biblique ont été conçus par Charpentier associés à une tragédie latine aujourd&rsquo;hui perdue. A l&rsquo;exemple des semi-operas de Purcell, le récit en est donc lacunaire. Wilfried N’Sondé s&rsquo;est vu confier la tâche d&rsquo;un nouveau livret – plutôt un métatexte d&rsquo;ailleurs – qui éclaire les choix de mise en scène plus qu&rsquo;il ne comble les ellipses de la narration.
Ce texte est porté par la comédienne <strong>Hélène Patarot</strong>, « Reine des oubliés », figure de la compassion soignant Saül, enfermé à l&rsquo;asile et qui se remémore douloureusement son passé, à moins qu&rsquo;il ne le cauchemarde.
L&rsquo;infirmière y rend hommages aux victimes de tous les conflits. Ainsi s&rsquo;universalise le propos jusqu&rsquo;au tableau final qui révèle une fosse commune où ces sacrifiés se dressent, debout, enfin rendus à la dignité.

Les costumes de Fanny Brouste se font l&rsquo;écho de ce « hors temps » dans un très intéressant travail de colorimétrie et de matières, en particulier dans la première partie où les oripeaux composites convoquent de multiples traditions, notamment celles – puissamment évocatrices – des carnavals de village des siècles passés avec leurs masques grotesques et outranciers.
Les visages floutés par la gaze et le grimage grossier semblent sortis d&rsquo;un tableau d&rsquo;Ensor. Ces silhouettes anonymisées sont contredites par les couleurs primaires portées par les héros éponymes qui évoquent l&rsquo;esthétique graphique d&rsquo;un Peduzzi.
Des mannequins manipulés par les choristes disent également combien les humbles ne sont que des pions sur l&rsquo;échiquier de la grande histoire tandis que les lumières, sublimes, dramatisent l&rsquo;espace et magnifient l&rsquo;ensemble.


<pre class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="613" height="409" class="wp-image-178448" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/David_et_Jonathas_©Philippe_Delval_theatre_de_Caen_5-copie.webp" alt="" />                                                        David et Jonathas ©Philippe_Delval</pre>


Si l&rsquo;on regrette que les danses soient interprétées rideau fermé,<strong> Jean Bellorini</strong> – en charge à la fois de la mise en scène, de la scénographie et des lumières –offre néanmoins un spectacle visuellement superbe qui échappe au statisme y compris dans les nombreuses interventions du choeur. Magnifiques, ces dernières résonnent comme autant d&rsquo;échos aux émois irrationnels de l&rsquo;âme malade du roi.
<strong>L&rsquo;Ensemble Correspondances</strong> allie perfection du style, variété des couleurs, énergie et intelligence des transitions rythmique ; ainsi qu&rsquo;une remarquable symbiose voix/orchestre. <strong>Sébastien Daucé</strong> cisèle avec un art consommé la partition de Charpentier, toujours généreux, toujours sensible. Ses musiciens varient le tissage de ses velours dans des chatoiements sans cesse renouvelés. Les interventions solistes du chœur démontrent la même qualité individuelle de ses interprètes.

La faiblesse de la direction d&rsquo;acteur – reproche entendu au fil des reprises – est un écueil qui semble avoir été surmonté car on adhère aisément aux émotions des personnages même si, indéniablement, l&rsquo;opposition viscérale entre Saül et David souffre de l&rsquo;absence de la pièce de théâtre et reste assez obscure pour qui n&rsquo;est pas familier du texte biblique.

Le jeune héros est incarné avec un bel engagement par<strong> Petr Nekoranec</strong>. Le timbre est percussif, les vocalises nettes, les nuances prenantes comme dans « Malgré la rigueur de mon sort ». Ceci dit, le ténor atteint les limites de sa tessiture – le rôle est écrit pour haute-contre – avec des aigus précautionneux au point de reculer ou détimbrer.

Face à lui, Saül bénéficie de la présence habitée, du legato et de l&rsquo;excellente diction de <strong>Jean-Christophe Lanièce</strong>. Il est aussi sobre que poignant dans « Objet d&rsquo;une implacable haine » ou encore face au décès de son fils. Il propose un superbe duo avec <strong>Alex Rosen</strong> en Achis, roi des Philistins plein de prestance mais mis ailleurs en difficulté par une partition un peu grave pour lui.
<strong>Étienne Bazola</strong> – à l&rsquo;émission d&rsquo;un beau naturel – est pour sa part parfaitement convaincant en Joabel,

Crée pour le collège jésuite de Louis le Grand, la distribution était, à l&rsquo;origine, entièrement masculine. Ici, <strong>Gwendoline Blondeel</strong> se saisit des oripeaux de Jonathas, privant la partition de son homo-érotisme mais lui apportant la lumière d&rsquo;un soprano perlé, si libre, si bien conduit et d&rsquo;une pureté bouleversante, notamment dans le cornélien « A-t-on jamais souffert une plus rude peine ».
<strong>Lucile Richardot</strong>, compagne de route régulière de l&rsquo;Ensemble Correspondances – écoutée avec bonheur en leur compagnie au festival de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/gloria-sveciae-rocamadour/">Rocamadour</a> – est l&rsquo;autre femme de la distribution. Plus monolithique que cet été, sa Pythonisse fait le choix d&rsquo;orner le cuivré de son timbre d&rsquo;un tranchant séduisant, accroché haut, tout à fait probant.

La folie paranoïaque de Saül précipite sa chute mais notre compassion va moins vers lui que vers les jouets de l&rsquo;histoire, victimes anonymes – oh combien contemporaines – de ce délire mortifère.<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/charpentier-david-et-jonathas-lille/">CHARPENTIER, David et Jonathas &#8211; Lille</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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