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	<title>Bruno DE SÁ - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Bruno DE SÁ - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>HAENDEL, Deidamia &#8211; Wexford</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-deidamia-wexford/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans l&#8217;une des biographies de référence consacrée à Haendel, Jonathan Keates juge Deidamia avec une grande sévérité. On sait qu&#8217;il s&#8217;agit du dernier opéra italien composé par le Saxon avant qu&#8217;il ne se consacre à l&#8217;oratorio en langue anglaise. En effet, après l&#8217;échec d&#8217;Imeneo, Haendel espérait reconquérir le public londonien, mais l&#8217;œuvre disparut de l&#8217;affiche &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans l&rsquo;une des biographies de référence consacrée à Haendel, Jonathan Keates juge <em>Deidamia</em> avec une grande sévérité. On sait qu&rsquo;il s&rsquo;agit du dernier opéra italien composé par le Saxon avant qu&rsquo;il ne se consacre à l&rsquo;oratorio en langue anglaise. En effet, après l&rsquo;échec d&rsquo;<em>Imeneo</em>, Haendel espérait reconquérir le public londonien, mais l&rsquo;œuvre disparut de l&rsquo;affiche après trois représentations et le compositeur délaissa définitivement l&rsquo;opéra. Keates écrit ainsi : « pour une fois, qu&rsquo;elle qu&rsquo;en fussent les causes, le jugement du public fût peut-être justifié. L&rsquo;écriture contient de nombreux passages ingrats, qui trahissent la hâte et la fatigue ».</p>
<p data-start="483" data-end="1163">Nous ne serons pas de son avis. Car en réalité, servie par une équipe artistique rompue à ce répertoire et par une mise en scène efficace, <em>Deidamia</em> se révèle être un opéra de très bonne facture : on ne boude pas son plaisir devant cette production très réussie, créée à Wexford, en coproduction avec le festival Haendel de Göttingen. Le livret, tout d’abord, est d’un charme certain. Il met en scène Achille, confié par sa mère au roi Lycomède sur l&rsquo;île de Skyros, pour le soustraire à l’appel des armes et à sa mort annoncée sous les murs de Troie. Déguisé en femme sous le nom de Pyrrha, Achille est supposé introuvable. Mais c’est sans compter sur la ruse d’Ulysse qui, accompagné de Phoenix, débarque sur l’île sous une identité d’emprunt et sème le trouble. Deidamia, la fille du roi, éperdument éprise d&rsquo;Achille sous son déguisement de femme, tente de déjouer les desseins d&rsquo;Ulysse ; c&rsquo;est peine perdue : faisant semblant d’abord de répondre aux avances d’Achille déguisé en femme (qui veut rendre jalouse Deidamia), le héros grec finit par voir qu’Achille/Pyrrha ne répond pas aux avances de Phœnix (ce qui entre nous ne prouve pas grand chose). Ulysse parvient définitivement à confondre Achille en plaçant des armes sous ses yeux, qu’il ne peut s’empêcher – comme tout garçon, bien sûr ! – de saisir. Cette intrigue mêlant travestissements et jeux amoureux rappelle l’une des plus grandes réussites de Haendel, <em data-start="1274" data-end="1285">Partenope</em>. Et si <em data-start="1293" data-end="1303">Deidamia</em> n’atteint pas toujours le même sommet d’inspiration musicale que certaines œuvres du compositeur, l’opéra recèle de fort beaux airs, une tonalité piquante et une dramaturgie remarquablement tenue, signée de la main de Paolo Antonio Rolli – une qualité qui, paradoxalement, fait parfois défaut dans ses ouvrages les plus célèbres.</p>
<p>La mise en scène signée – choses rare – par le chef d&rsquo;orchestre <strong>George Petrou</strong> joue à fond la carte de l&rsquo;ambiguïté, en prenant partie de l&rsquo;androgynie vocale et physique de l&rsquo;interprète d&rsquo;Achille, <strong>Bruno de Sà</strong>. Ce dernier incarne un personnage à la fois homme et femme, passant des bras de Deidamia à ceux d’Ulysse dans des jeux sensuels qui entretiennent volontairement le trouble dans le genre (à la création, le rôle d’Achille était tenu par une soprano, donc une femme jouant un homme déguisé en femme…). L&rsquo;action de l&rsquo;opéra, situant les personnages dans une Grèce antique imaginaire au milieu de colonnes en ruine, avec des costumes rappelant la vision qu&rsquo;en avait le XVIIIe siècle, se déroule en parallèle de situations plus contemporaines. Le plateau est occupé par des danseurs et des figurants incarnant des touristes en vacances à Skyros. Bronzette, flirt, séance photo, cérémonie de mariage, sirtaki, verres sirotés sur une plage au soleil couchant, exploration sous-marine : tous les clichés touristiques y passent, confrontant ainsi la vision imaginaire du XVIIIe siècle à celle de notre monde contemporain.</p>
<p>Chaque acte est introduit par une carte postale projetée sur le rideau noir, qui redescend à de multiples reprises pendant des airs, afin que le décor puisse être changé à l&rsquo;arrière-scène. Le résultat de l&rsquo;ensemble est très ludique, animé et coloré, parfois un peu chargé, mais il a le mérite de générer des micro-actions pendant les <em>da capo</em> et de déployer toutes les facettes des personnages au cours de leurs différents airs, grâce à une direction d&rsquo;acteur très maîtrisée. La mise en scène convoque ainsi diverses représentations de la Grèce : cartes postales, vases et statuaires antiques, références cinématographiques… On se permettra toutefois de pousser un coup de gueule quant à l&rsquo;usage de l&rsquo;intelligence artificielle pour la création d&rsquo;une fausse bande-annonce mettant en scène l’épopée d’Ulysse. Le résultat est non seulement d&rsquo;un goût douteux, mais il aurait été préférable de faire appel à un artiste visuel humain&#8230;</p>
<figure id="attachment_202095" aria-describedby="caption-attachment-202095" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-large wp-image-202095" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/WFO-2025-Deidamia-photo-3012-Padraig-Grant-1-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-202095" class="wp-caption-text">© Pádraig Grant</figcaption></figure>
<p>La distribution est éclatante et rend pleinement justice à l&rsquo;œuvre de Haendel, offrant tout au long de la soirée un véritable festival vocal. En premier lieu, <strong>Sophie Junker</strong> irradie en Deidamia, composant un portrait absolument idéal du personnage. La voix est moelleuse, l&rsquo;italien plein de mordant et l&rsquo;agilité redoutable, notamment dans l&rsquo;air qui conclut le premier acte, « Nasconde l’usignol », où Haendel joue avec des figuralismes gazouillants. Le lamento « Se il timore », déployé avec une grande sobriété, est désarmant de vérité dramatique. Mais c&rsquo;est surtout dans « Va, perfido ! », peut-être le sommet de la partition, que l&rsquo;art de la chanteuse atteint son apogée : son corps et sa parole semblent exprimer des affects contraires, retenant Achille dans ses bras tout en le maudissant, avec une grande variété d&rsquo;accents et un relief poignant. « M’hai resa infelice » est un autre air de lamentation et de fureur très réussi où la chanteuse fait preuve d&rsquo;une liberté physique et vocale profondément touchante. Chaque fois, on aurait bien aimé que l&rsquo;air soit repris ou qu&rsquo;il ne s&rsquo;arrête pas, pour pouvoir goûter plus longtemps la plénitude d&rsquo;une telle artiste.</p>
<p>Dans le superbe duetto final (« Ama : nell’armi, e nell’amar »), qui rappelle lointainement l&rsquo;écriture italienne que Haendel pratiqua à ses débuts, mâtinée d&rsquo;opéra vénitien, la voix de Sophie Junker se mêle superbement avec celle de <strong>Niccolò Balducci</strong>, interprétant Ulysse. Le jeune contre-ténor relève avec aplomb les défis de sa partie, jalonnée d&rsquo;airs très virtuoses. Dans « Perdere il ben amato », dont la section centrale explose dans une fureur saisissante, l’engagement scénique ne compromet jamais la souplesse vocale. Les aigus demeurent toujours assez tirés, mais le reste de la tessiture est homogène et d&rsquo;une belle variété de couleurs. Son autre air de bravoure, « Come all’urto aggressor », un peu écrasé par le dispositif (c&rsquo;est là qu&rsquo;on doit subir la bande-annonce d&rsquo;un film en IA), est rendu avec une grande rigueur technique et des attitudes physiques très <em>camp</em>, qui assument la superbe du personnage.</p>
<figure id="attachment_202097" aria-describedby="caption-attachment-202097" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-large wp-image-202097" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/WFO-2025-Deidamia-photo-3173Padraig-Grant-1024x671.jpg" alt="" width="1024" height="671" /><figcaption id="caption-attachment-202097" class="wp-caption-text">© Pádraig Grant</figcaption></figure>
<p>Dans le rôle étonnant d&rsquo;Achille déguisé en femme, il fallait un artiste étonnant et <strong>Bruno de Sà</strong> est bien de ceux-là. Hormis quelques coups de glotte heurtés qui trahissent parfois une émission un peu en force, on ne peut qu&rsquo;être sidéré devant un tel phénomène vocal : l&rsquo;ambitus est vertigineux, courant jusqu&rsquo;au contre-ré dans l&rsquo;air « Ai Greci questa spada », où l&rsquo;artiste délivre une interprétation ébouriffante. Il sait idéalement jouer du trouble qu&rsquo;il suscite, notamment dans la scène où il dénude son épaule devant Ulysse, volant presque la vedette aux autres chanteurs rien qu&rsquo;en rayonnant sur le côté de la scène. Sa très étonnante cavatine qui suit, en réalité un air furieux, « Lasciami », est d&rsquo;une précision technique incisive. Sa grande liberté scénique et l&rsquo;amusement évident qu&rsquo;il semble avoir dans ce rôle, contagieux pour le public, excusera un italien parfois un peu flou.</p>
<p>La soprano britannique <strong>Sarah Gilford</strong> incarne Nerea, la suivante de Deidamia, avec une aisance confondante. Le timbre, délicieusement fruité, s’accorde à merveille avec le tempérament malicieux du personnage, et l’interprète se joue des exigences scéniques avec une facilité déconcertante, notamment dans « Quanto ingannata è quella », où elle doit ouvrir une valise tout en négociant un air semé de difficultés. Son timbre est cependant un peu proche de celui de Sophie Junker, là où on aurait aimé une différence plus grande entre la maîtresse et la suivante (peut-être un soprano léger plutôt que lyrique ?), mais cela ne relève pas de son fait. Les rôles de Fenice, le compagnon d&rsquo;Ulysse, et de Lycomede, roi de Skyros et père de Deidamia, sont moins importants, mais <strong>Rory Musgrave</strong> et <strong>Petros Magoulas</strong> y font une belle impression. Le premier forme un duo désopilant avec Nerea et s&rsquo;appuie sur une voix homogène et bien timbrée. Le second épate par sa longueur de souffle dans son premier air (« Nelle nubi intorno al fato ») et par un timbre qui allie souplesse, noblesse et maturité.</p>
<p>L&rsquo;<strong>Orchestre du festival de Wexford</strong>, placé sous la baguette de <strong>George Petrou</strong>, est bien évidemment méconnaissable par rapport au <em>Trouvère</em> de la veille, donné dans la même salle. Le premier violon est différent, un clavecin et un théorbe viennent s&rsquo;ajouter pour former le continuo avec un violoncelle et le diapason est abaissé&#8230; Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une interprétation sur instruments d&rsquo;époque, mais elle est résolument historiquement informée. Les tempos sont vifs et les contrastes marqués, certains airs étant traversés d&rsquo;accents abrupts, comme « Va perfido! », où l&rsquo;orchestre accompagne la chanteuse avec une équivalence dramatique serrée. D&rsquo;autres airs se déploient au contraire dans une suspension délicate, avec des cordes à peine vibrées, qui esquissent des nuances diaphanes. Cette alternance entre tension dramatique et instants suspendus crée un relief expressif constant, donnant à l’ouvrage une respiration dramatique d’une rare finesse. Qu&rsquo;on aimerait pouvoir revoir cette production à Göttingen, sûr que le spectacle gagne encore en intensité !</p>
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		<title>Concert du 14 juillet &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-du-14-juillet-paris-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre Venissac]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Jul 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Derrière le Concert de Paris, il pourrait y avoir un grand projet politique, celui d’un spectacle de musique classique fédérateur, festif et accessible à des dizaines de milliers de spectateurs peu familiers du répertoire. Il faudrait alors une ambition, et surtout une réflexion sur comment construire un spectacle adapté, comment réinventer les codes très engoncés &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Derrière le Concert de Paris, il pourrait y avoir un grand projet politique, celui d’un spectacle de musique classique fédérateur, festif et accessible à des dizaines de milliers de spectateurs peu familiers du répertoire. Il faudrait alors une ambition, et surtout une réflexion sur comment construire un spectacle adapté, comment réinventer les codes très engoncés du concert symphonique. Ce pourrait alors être une réussite de politique culturelle, et l’occasion de rappeler l’importance que peut revêtir l’audiovisuel public pour la démocratisation de l’art. Dommage que ce ne soit qu’un rêve. De nombreux spectateurs ont probablement été profondément émus, surpris ou réjouis à cette occasion, devant un répertoire qu’ils pensaient loin d’eux. D’autres plus habitués des concerts ont pu se réjouir de voir un niveau musical d’excellence à une heure de grande écoute sur une chaîne publique. Ils ont entièrement raison, et il est important que de tels programmes existent. Ce n’est pas pour autant qu’il faut applaudir par principe, car sa rareté ne fait que souligner la médiocrité habituelle de la télévision en matière de programmes culturels. Il ne faut pas en faire une norme.</p>
<p>En l’état, le Concert de Paris est un condensé des pires clichés de la musique classique : une vision bling-bling du récital, luxueuse et plate, dans un premier degré absolu, avec une absence totale de communication avec le public. Quand on voit les dernières règles vestimentaires imposées à la Scala (qui, à titre personnel, nous exaspèrent), on voit bien que ce n’est pas une esthétique entièrement disparue. Elle n’en parait pas moins totalement déplacée dans un contexte qui, rappelons-le, devrait être celui d’une fête collective. Le message politique envoyé est clair : le classique, c’est un monde des hautes sphères, qu’on fait l’honneur de rendre gratuit une fois par an. Ce n’est probablement pas volontaire, mais simplement dû à une authentique fainéantise. Le choix d’un présentateur aussi obséquieux et guindé que <strong>Stéphane Bern</strong> ne fait qu’abonder en ce sens, en multipliant au long de la soirée les hyperboles (et les approximations). Lorsqu’on a besoin de rappeler toutes les deux minutes à quel point une fête nous plaît, c’est qu’on ne s’y amuse pas tant que ça. Soyons clair, il ne s’agit pas d’en finir avec l’excellence, mais d’en finir avec l’idée d’un mouvement descendant de la culture vers le peuple.</p>
<p>Ne faisons pas porter le chapeau aux artistes invités. La plupart sont très sincères dans leur démarche d’ouverture et de partage, que certains adressent d’ailleurs même en dehors des scènes (<strong>Julie Fuchs</strong>). Le niveau musical est globalement celui qu’on attend d’un événement de cette ampleur, bien que compliqué par la disposition de la scène et le vent. On a ainsi tout du long l’impression que l’écoute est compliquée sur scène, d’où une certaine prudence dans les premiers passages. Le programme a le mérite d’être bien rythmé, malgré de trop nombreux moments obligés. Quitte à célébrer la musique française, on aurait pu lui rendre meilleur hommage en évitant le sempiternel <em>Rondo capriccioso</em> de Saint-Saëns, et on aurait surtout pu proposer la version française originale du <em>Boléro</em> des Vêpres Siciliennes, au lieu de l’italienne. Surtout, on regrette une volonté manifeste de lisser tout ce qui sort du moule classique, avec des arrangements parfois très regrettables. Retenons tout de même quelques jolis moments, pas forcément les plus attendus. Ainsi, <strong>Dom La Nena</strong>, avec l’excellente <strong>Maîtrise de Radio France</strong>, amène un peu de naturel au milieu de cet océan de glamour, lors d’un très joli <em>Saudade fez um samba</em>. <strong>Florian Sempey</strong> et <strong>Bruno de Sá</strong> semblent prendre un plaisir très communicatif à leurs interventions des <em>Carmina Burana</em>, tandis que <strong>Rihab Chaieb</strong> est une révélation très intéressante en Dalila, investie et émouvante. Plus attendus mais pas moins pertinents, <strong>Julie Fuchs</strong> avec Satie et <strong>Benjamin Bernheim</strong> en Werther sont toujours à la juste place stylistiquement.<br />
La partie instrumentale soliste est desservie par un mauvais programme, même si l’on sait gré à la violoniste <strong>Bomsori</strong> de jouer le jeu du grand spectacle.</p>
<p>Il faut saluer les musiciens de l’<strong>Orchestre National de France</strong> pour garder leur cohésion et leur précision dans des conditions que l’on devine difficiles, d’autant plus que ces productions bénéficient rarement d’un temps de répétition suffisant. La soirée va en s’améliorant pour eux, ainsi que pour <strong>Cristian Macelaru</strong>, qui donne l’impression de gagner en lâcher-prise au fur et à mesure. Plusieurs pupitres se distinguent au cours de la soirée, dont les percussions dans l’extrait des <em>Indes galantes</em>, qui apportent un relief et un rebond rythmique bienvenus. Il faut aussi mentionner les solistes du <em>Boléro</em>, dans un arrangement (plutôt astucieux) de <strong>Didier Benetti</strong> qui rajoute une complexité en divisant la phrase entre plusieurs instruments, demandant ainsi des transitions très fluides. Reste l’impression d’une direction peut-être moins à l’aise avec le lyrique, tant la plupart des airs souffrent d’un problème de communication avec les solistes. Le <strong>Chœur</strong>, et encore plus la <strong>Maîtrise de Radio-France</strong>, sont parfaitement préparés par <strong>Lionel Sow</strong> et <strong>Sofi Jeannin</strong>, avec une homogénéité et un engagement notables.</p>
<p>Un nouveau Concert de Paris est fini, et avec lui la même interrogation que les années précédentes : une fois passé le feu d’artifice, qu’en reste-t-il ? Quelques jolis moments, certes, mais surtout le souvenir flou d’un spectacle sans audace ni relief. Le public et les artistes méritent mieux que ça.</p>
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		<title>Marias do Brasil : les voix de Lapinha et d’Apparecida &#8211; Paris (Châtelet)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/marias-do-brasil-les-voix-de-lapinha-et-dapparecida-paris-chatelet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Jul 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Voici que s&#8217;achève bientôt la très officielle « saison croisée France-Brésil », décidée et mise sur pied par les présidents Lula da Silva et Emmanuel Macron. Quel dommage qu’on en ait si peu parlé ! En effet, elle n’a guère eu l’important rayonnement et la popularité qu&#8217;on attendait d’un tel événement (trop politique ? trop peu médiatisé ?). Une bonne &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Voici que s&rsquo;achève bientôt la très officielle « saison croisée France-Brésil », décidée et mise sur pied par les présidents Lula da Silva et Emmanuel Macron. Quel dommage qu’on en ait si peu parlé ! En effet, elle n’a guère eu l’important rayonnement et la popularité qu&rsquo;on attendait d’un tel événement (trop politique ? trop peu médiatisé ?). Une bonne nouvelle cependant concernant la musique :  le concert de l’orchestre de jeunes <em>Tom Jobim</em> de São Paulo accueilli le 11 juillet par l’Académie de l’Opéra de Paris à la Sorbonne, avec, en soliste, le baryton <strong>Laurent Naouri</strong>.</p>
<p>Mais c’est surtout en dehors de ce circuit officiel qu’ont eu lieu deux concerts brésiliens importants que le Châtelet a accueillis les 5 et 6 juillet et qui ont marqué les esprits. Même s’ils ont été annoncés de façon trop discrète, un public conséquent y a assisté. On doit ces deux événement à l’initiative de musiciens brésiliens désireux de faire connaître la grande musique de leur pays loin des sentiers battus. C’est le pianiste et producteur <strong>Giancarlo Stafetti</strong>, installé à Paris et <strong>Ricardo Bernardes</strong>, chef de l’orchestre <em>Americantig</em>a, basé à Lisbonne et spécialisé dans la musique baroque luso-brésilienne, qui en ont eu l’idée à São Paulo. Ils ont aussitôt contacté, là-bas, la metteuse en scène <strong>Ligiana Costa</strong> et la vidéaste et réalisatrice de films <strong>Vic Von Poser</strong> (associées pour les lumières à <strong>Abigail Fowler</strong>) afin de faire de cet événement un véritable spectacle théâtral qui raconterait leur pays à travers la musique.</p>
<p>De retour à Paris, <strong>Giancarlo Stafetti</strong> a joint l’Ambassade du Brésil (l’ambassadeur est un excellent pianiste !) qui les a soutenus aussitôt. La Ville de Paris a mis alors le Théâtre du Châtelet gracieusement à leur disposition et le prestigieux Instituto Guimarães Rosa du Brésil a apporté son soutien financier.</p>
<p>Pour le premier concert, surtout consacré à de grands compositeurs brésiliens du XXe siècle, ils ont fait appel à la grande pianiste brésilienne <strong>Cristina Ortiz</strong> qui a notamment interprété un concerto de <strong>João Guilherme Ripper</strong>, compositeur contemporain carioca qui sait fédérer autour de ses œuvres un public vaste et populaire. Pour le second concert, en hommage à deux sopranos afro-brésiliennes légendaires, deux chanteurs habituels de l’ensemble s’imposaient, en l’occurrence la soprano <strong>Luanda Siqueira</strong> et le sopraniste <strong>Bruno de Sá</strong> dont la carrière internationale a été fulgurante. Au lever du rideau le public découvrit donc avec bonheur que le concert annoncé était un spectacle haut en couleurs mené avec rigueur depuis la coulisse par le régisseur <strong>Ivan Cavalcanti</strong>. Un véritable exploit car artistes et techniciens n’avaient pu répéter que peu de temps sur le plateau du Châtelet !</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Bruno-de-Sa-et-Luanda-Siqueira.png?&amp;cacheBreak=1752165209330" /></p>
<p>Pour raconter la vie surprenante des sopranos <strong>Joaquinha Maria Lapinha</strong> et <strong>Maria d’Apparecida</strong> la vidéaste a réalisé un défilé d’images et de courts films accompagnant une voix off qui assure le récit, les vagues de l’océan déferlant régulièrement sur l’immense tulle noir en avant-scène et sur l’écran en arrière-plan, comme ces vies d’artistes que l’Atlantique avait porté vers l’Europe. Joaquinha Lapinha (ca 1786-1811) a été la première cantatrice noire brésilienne à franchir l’océan quand elle fut invitée à chanter à Lisbonne en 1793, lors de l’inauguration du théâtre São Carlos. Elle y fit sensation et, à son retour au Brésil, elle fut nommée « première actrice » du Théâtre Royal de Rio où elle chanta notamment le <em>Barbier de Séville</em> de Paisiello. Les musicologues sont parvenus, récemment, à retracer quelque peu sa vie. Quant à Maria d’Apparecida (1926-2017), après des auditions sans succès et rejetée à cause de sa couleur de peau au Teatro Municipal de Rio, elle obtint un prix au concours de chant de Vercelli et s’installa à Paris. Son talent la fit vite remarquer et, en 1967, l’Opéra de Paris fit appel à elle pour remplacer au pied levé <strong>Maria Callas</strong>, souffrante, dans le rôle de Carmen. L’Opéra partit ensuite en tournée en Amérique Latine et Maria interpréta l’opéra de Bizet au Teatro Municipal de Rio où elle fut enfin acclamée par le public.</p>
<p>Au Châtelet, le 6 juillet, le spectacle commençait au XVIIIe siècle par un duo amoureux, chanté et dansé de belle manière, puis s’enchaînaient des mélodies très populaires au Brésil comme la petite valse de <strong>Nepomuceno</strong> (XIXe siècle), le père de la musique « classique » brésilienne (au piano, Giancarlo Stafetti), les mélodies interprétés par les deux solistes et l’orchestre telles <em>Dona Janaína</em> de <strong>Mignone </strong>(XXe siècle) consacrée à une divinité yoruba et <em>Uirapuru</em>, l’oiseau mythique de la selva, de l’amazonien <strong>Henrique. </strong>Enfin – moment magique ! – l’orchestre a joué un <em>lundu </em>afro-brésilien populaire (l’ancêtre du maxixe et de la samba), tandis que, sur l’écran, évoluait un danseur au costume rouge flamboyant. Tout au long de la soirée, la mise en scène tracée au cordeau par Ligiana Costa n’a laissé aucun temps mort à l’action et a tenu le spectateur en haleine à l’écoute de ces vies aventureuses. Autres moments forts : l’air <em>« Ninfas do Tejo (Nymphes du Tage) », </em>extrait du « drame lyrique », <em>A Ulissea, </em>du compositeur mulâtre <strong>José Maurício Nunes Garcia</strong> (1767-1830), le « Haydn brésilien », dans lequel la voix chaleureuse de Luanda Siqueira se joue de tous les pièges tendus par tant de vocalises périlleuses ! Puis Bruno de Sá, parfait dans tous les genres musicaux et remarquable acteur, a donné une interprétation bouleversante des <em>Bachianas brasileiras n°5</em> de <strong>Villa-Lobos </strong>où sa voix a pu s’épanouir totalement avec une homogénéité sans faille des graves aux aigus lumineux et amples. Il a profondément ému l’auditoire qui lui a réservé une ovation. La sonorisation du Châtelet a été utilisée à bon escient étant donnés les impératifs techniques et l’immense plateau à nu. Un coup de chapeau à l’excellent ingénieur du son du Châtelet !</p>
<p>Le spectacle a conquis tous les spectateurs. Et c’est peu dire que les acclamations étaient au rendez-vous !  Fasse le ciel que ce spectacle tourne bientôt en France et au Brésil !</p>
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		<title>Concert de Paris 2025 : voici le programme !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/bernjamin-bernheim-elina-garanca-aida-garifullina-julie-fuchs-au-programme-du-concert-de-paris-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Jul 2025 16:34:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme chaque année, le Concert de Paris se tiendra le 14 juillet prochain au Champ de Mars à Paris et sera retransmis en direct sur France 2, France.tv et France Inter, ainsi qu&#8217;en simultané par l’UER-Eurovision sur les antennes de plus de 20 pays. Côté lyrique, le concert accueillera le ténor Benjamin Bernheim, que la rédaction &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme chaque année, le <a href="https://www.maisondelaradioetdelamusique.fr/evenement/concert-de-paris-1"><strong>Concert de Paris</strong></a> se tiendra le 14 juillet prochain au Champ de Mars à Paris et sera retransmis en direct sur France 2, France.tv et France Inter, ainsi qu&rsquo;en simultané par l’UER-Eurovision sur les antennes de plus de 20 pays.</p>
<p>Côté lyrique, le concert accueillera le ténor <strong>Benjamin Bernheim</strong>, que la rédaction de Forum Opéra vient de couronner parmi ses « <a href="https://www.forumopera.com/saison-2024-25-les-coups-de-coeur-de-la-redaction/" target="_blank" rel="noopener">Coups de coeur de la saison 2024/2025</a> » pour son interprétation de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/massenet-werther-paris-tce/" target="_blank" rel="noopener">Werther</a> au Théâtre des Champs-Elysées. Pour notre plus grand plaisir, seront également présents <strong>Aida Garifullina, Julie Fuchs, Rihab Chaieb, Bruno de Sa </strong>et<strong> Florian Sempey</strong>.</p>
<p><strong>Programme  :</strong></p>
<p>Hector Berlioz<br />La damnation de Faust : « Marche hongroise »<br />Orchestre National de France</p>
<p>Giuseppe Verdi<br />I Vespri Siciliani : Boléro d’Elena<br />Orchestre National de France<br />Aida Garifullina soprano</p>
<p>Georges Bizet<br />Carmen : Couplets du toréador<br />Orchestre National de France<br />Florian Sempey baryton</p>
<p>Georg Friedrich Haendel<br />Zadok the Priest<br />Orchestre National de France<br />Chœur de Radio France</p>
<p>Erik Satie<br />Je te veux<br />Orchestre National de France<br />Julie Fuchs soprano</p>
<p>Maurice Ravel<br />Rapsodie espagnole : « Feria »<br />Orchestre National de France</p>
<p>Camille Saint-Saëns<br />Rondo capriccioso<br />Bomsori violon</p>
<p>Jules Massenet<br />Werther : « Pourquoi me réveiller »<br />Orchestre National de France<br />Benjamin Bernheim ténor</p>
<p>Carlos Lyra, Ronaldo Boscoli / Iain Farrington<br />Saudade fez um samba<br />Orchestre National de France<br />Maîtrise de Radio France<br />Dom La Nena violoncelle</p>
<p>Clarice Assad<br />Baiao’n Blues<br />Orchestre National de France</p>
<p>Edward Elgar<br />Variations Enigma : « Nimrod »<br />Orchestre National de France<br />Gautier Capuçon violoncelle</p>
<p>Camille Saint-Saëns<br />Samson et Dalila : « Mon cœur s’ouvre à ta voix »<br />Orchestre National de France<br />Rihad Chaieb mezzo-soprano</p>
<p>Michel Legrand / Adrien Bekerman<br />Les Demoiselles de Rochefort<br />Bohdan Luts violon<br />Saehyun Kim piano</p>
<p>Jean-Philippe Rameau<br />Les Indes galantes : « Forêts paisibles »<br />Orchestre National de France<br />Chœur de Radio France<br />Julie Fuchs soprano<br />Florian Sempey baryton</p>
<p>Heitor Villa-Lobos / Juliana Ripke<br />Bachianas Brasileiras n°5 : Aria<br />Orchestre National de France<br />Bruno de Sa sopraniste</p>
<p>Carl Orff<br />Carmina Burana : extraits<br />Orchestre National de France<br />Florian Sempey baryton<br />Bruno de Sà sopraniste<br />Maîtrise de Radio France<br />Chœur de Radio France</p>
<p>Léo Delibes<br />Lakmé : « Duo des fleurs »<br />Orchestre National de France<br />Aida Garifullina soprano<br />Rihab Chaieb mezzo-soprano</p>
<p>Ludwig van Beethoven<br />Symphonie n°9 : « Hymne à la joie »<br />Orchestre National de France<br />Chœur de Radio France</p>
<p>Claude Rouget de Lisle / Hector Berlioz<br />La Marseillaise<br />Orchestre National de France<br />Chœur de Radio France<br />Maîtrise de Radio France<br />Benjamin Bernheim ténor</p>
<p><strong>Artistes participant au concert :</strong></p>
<p>Aida Garifullina, soprano<br />Julie Fuchs, soprano<br />Bruno de Sa, sopraniste<br />Rihab Chaieb, mezzo-soprano<br />Benjamin Bernheim, ténor<br />Florian Sempey, baryton<br />Gautier Capuçon, violoncelle<br />Dom La Nena, violoncelle<br />Kim Bomsori, violon</p>
<p>Lionel Sow, chef de chœur<br />Sofi Jeannin, cheffe de chœur<br />Chœur de Radio France<br />Maîtrise de Radio France<br />Orchestre National de France<br />Cristian Măcelaru, direction</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Benjamin Bernheim and Ludovic Tézier: Au fond du temple saint (Bizet)" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/MHzm3jEoe8I?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>HAENDEL, Alcina &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-alcina-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Dec 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il ne se passe presque plus une année sans qu&#8217;une nouvelle production d’Alcina, qu&#8217;elle soit scénique ou en concert, ne voie le jour en France. Et qui s’en plaindrait ? Véritable tube du répertoire baroque, le chef-d’œuvre de Haendel garantit presque à coup sûr un succès auprès du public. Pourtant, même avec une distribution irréprochable &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il ne se passe presque plus une année sans qu&rsquo;une nouvelle production d’<em>Alcina</em>, qu&rsquo;elle soit scénique ou en concert, ne voie le jour en France. Et qui s’en plaindrait ? Véritable tube du répertoire baroque, le chef-d’œuvre de Haendel garantit presque à coup sûr un succès auprès du public. Pourtant, même avec une distribution irréprochable et une direction musicale solide, les représentations de l’œuvre n’atteignent que rarement les sommets attendus. La production présentée ce soir au Théâtre des Champs-Élysées, bien que de très bonne tenue, n’aura ainsi pas totalement réussi à marquer les esprits.</p>
<p>Du bel canto italien aux héroïnes mozartiennes, en passant par le romantique français et allemand, <strong>Elsa Dreisig</strong> ne cesse de diversifier son répertoire. Pour ses débuts en Alcina, son premier grand rôle baroque, la soprano affiche une aisance technique stupéfiante. Avec une projection royale – presque en décalage avec la quinzaine d&rsquo;instrumentistes qui l&rsquo;accompagne –, pas une seule note du rôle ne lui échappe, que ce soit dans les vocalises périlleuses de « Ombre pallide » ou les ornements du da capo de « Ma quando tornerai ». Cependant, si Elsa Dreisig impressionne par sa maîtrise, elle peine encore à émouvoir pleinement. « Ah, mio cor », malheureusement interrompu par des applaudissements malvenus à la fin de la partie centrale, et « Si, son quella » n’ont ainsi pas totalement déployé toute l’émotion attendue. Un somptueux « Mi restano le lagrime » final, dans lequel Elsa Dreisig allège sa voix pour révéler les fragilités du personnage, laisse cependant entrevoir l’Alcina d’exception qu’elle pourrait devenir.</p>
<p><strong>Sandrine Piau</strong>, en Morgana, se présente presque comme l’antithèse de sa consœur. Si la voix semble un peu fatiguée (aigus prudents, vocalises de « Tornami a vaghegiar » moins assurées qu’à son habitude), son incarnation demeure passionnante de bout en bout. Très investie scéniquement, la cantatrice habite pleinement son personnage et offre le moment musical le plus émouvant de la soirée au troisième acte : un bouleversant « Credete al mio dolore », où le dialogue entre la voix et le violoncelle solo, d&rsquo;une merveilleuse finesse, se clôt par une cadence inouïe. En Ruggiero,<strong> Juliette Mey</strong> laisse entrevoir une grande baroqueuse en devenir : aisance sur toute la tessiture, virtuosité impeccable, élégance dans l’ornementation et les trilles, le tout porté par un swing haendélien des plus naturels. Toutefois, la mezzo ne parvient pas à transformer complètement l’essai, avec un « Sta nell’ircana » quelque peu en retrait. Privée de son troisième air, <strong>Jasmin White</strong> campe une Bradamante parfaitement à l’aise dans la tessiture grave et l’agilité du rôle. <strong>Stefan Sbonnik</strong> prête à Oronte une sensibilité et une élégance touchantes, bien que son timbre vocal manque un peu de caractère. Dans le rôle du jeune Oberto, <strong>Bruno de Sá</strong> se distingue par une interprétation aussi séduisante (musicalité, audace) qu’agaçante (cadences dans le suraigu peu à propos). Enfin, <strong>Alex Rosen</strong> incarne excellemment Melisso, confirmant la solidité de son interprétation, déjà remarquée dans la récente gravure dirigée par Marc Minkowski.</p>
<p>Dirigeant du clavecin, <strong>Francesco Corti</strong> captive par une intensité et une inventivité sans faille. Soutenant au mieux les chanteurs, notamment dans des da capo particulièrement originaux, il excelle à mettre en valeur les dynamiques et les contrastes de la partition. Les valeureux instrumentistes de<strong> Il Pomo d’Oro,</strong> soumis à une grande exigence, se révèlent des accompagnateurs de tout premier ordre. On ne peut cependant que regretter, une fois encore, le faible effectif instrumental, qui limite parfois l’ampleur sonore et la profondeur émotionnelle de certains passages. Une Alcina de belle tenue, donc, à laquelle il manquait peut-être cette étincelle de magie capable de transformer une belle soirée en un moment d’exception.</p>
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		<title>HASSE, Serpentes ignei in deserto &#8211; Th. Noally, Les Accents</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/hasse-serpentes-ignei-in-deserto-th-noally-les-accents/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clement Demeure]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Nov 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Singulier titre que Serpentes ignei in deserto, latin pour «&#160;serpents de feu dans le désert&#160;». Nom de la prochaine opération militaire américaine&#160;? Stage de survie masculiniste&#160;? Flambée de gonorrhées chez les Bédouins&#160;? Trois fois non, car il s’agit bien d’un oratorio, inspiré d’un épisode biblique. Après des années d’errance dans le désert, les Hébreux trouvent &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Singulier titre que <em>Serpentes ignei in deserto</em>, latin pour «&nbsp;serpents de feu dans le désert&nbsp;». Nom de la prochaine opération militaire américaine&nbsp;? Stage de survie masculiniste&nbsp;? Flambée de gonorrhées chez les Bédouins&nbsp;? Trois fois non, car il s’agit bien d’un oratorio, inspiré d’un épisode biblique.</p>
<p>Après des années d’errance dans le désert, les Hébreux trouvent le temps long, et certains doutent des faveurs divines. Sacrilège&nbsp;! On connaît la patience du Dieu de l’Ancien testament&nbsp;: il arrose les désespérés de serpents dont la morsure provoque de terribles brûlures. Un ange annonce qu’il suffira de fondre un serpent d’airain dont la vue guérira les malheureux.</p>
<p>Cet oratorio en une seule partie fut créé autour de 1736 à l’<em>Ospedale degli Incurabili</em>, l’un des quatre hospices de Venise où de jeunes recluses recevaient la formation de l’élite musicale du temps, jusqu’à devenir elles-mêmes des instrumentistes et chanteuses de tout premier rang, enchantant Vénitiens et voyageurs cachées derrière les grilles des églises. Là où la Pietà, rendue célèbre par les œuvres de Vivaldi, brillait pour ses instrumentistes hors pairs, l’hospice des <em>Incurabili</em> se distinguait par l’excellence du chant, et ce dès la fin du siècle précédent sous la houlette de maîtres successifs comme Carlo Pallavicino, Carlo Francesco Pollarolo puis Porpora, tous adulés des théâtres. C’est Johann Adolf Hasse qui vient composer pour l’institution dans les années 30. Lié à Naples où il avait parachevé sa formation, l’illustre Saxon était également très attaché à la Sérénissime.</p>
<p><em>Serpentes ignei in deserto</em> témoigne du soin apporté par Hasse à cette commande tout comme du très haut niveau technique et artistique des membres de l’<em>ospedale</em>, alors à son apogée. Dans la tradition de l’oratorio italien, ce sont les émotions qui sont théâtralisées plutôt qu&rsquo;une action, dont on n’a que la narration. Six personnages se succèdent pour poser les quelques jalons de la fable morale et exprimer leurs états d’âme. La flamboyance du belcanto baroque assure l’intérêt de l’épisode, avec des airs variés, expressifs, et de remarquables récitatifs accompagnés.</p>
<p>L’équipe réunie par Erato est de très haut vol. Prenant le contrepied des conditions de la création, Noally a voulu faire appel à une équipe masculine pour interpréter les Hébreux, tous sopranos ou contraltos. On y mesure les progrès accomplis par l’art contre-ténoral en un quart de siècle ! Au vétéran <strong>Philippe Jaroussky</strong> échoit naturellement Moïse. Les récitatifs exposent l’usure du timbre, dont les couleurs n’évoquent guère la barbe blanche du prophète – pas plus, sans doute, que la chanteuse d’origine. Qu’importe : la musicalité et l’autorité forcent le respect, dans la virtuosité inentamée de l’air d’entrée comme, plus encore, dans la magnifique péroraison « Ara excelsa ».</p>
<p>Les autres Hébreux n’ont qu’un air. <strong>David Hansen</strong> a été judicieusement distribué. L’Australien assume ce que le rôle a d’aigu tout en conservant une solide assise dans le médium et le grave. Si l&rsquo;émission apparaît ici tendue, là tassée, cela sied à l’angoisse d’Eliab, celui qui doute, dont les vocalises inquiètes lancent l’œuvre dans le tumulte. À l’inverse, <strong>Bruno de Sá</strong> se préoccupe surtout de faire du beau son, et le fait très bien. Sa voix possède la lumière qu’appelle Josue, voix de l’espérance.</p>
<p>Impeccable Nathanaël, <strong>Jakub Jósef Orliński</strong> est un peu stoïque s’agissant de décrire l’horreur des serpents. <strong>Carlo Vistoli</strong> trouve dans l’imploration d’Eleazar matière à faire valoir son timbre comme son style. Sa voix épouse joliment celle de Bruno de Sá dans l’unique duo de l’œuvre.</p>
<p>Unique voix féminine, <strong>Julia Lezhneva</strong> a droit à deux airs dans le rôle de l’ange, de toute évidence écrit pour une star de l’<em>ospedale</em>. On connaît ses défauts : tendance à attaquer les aigus par en-dessous, avec des effets miaulant, exhibitionnisme vocal la poussant à accélérer le tempo et prolonger les cadences au-delà du musical. Force est de constater que la diva a été plutôt bien cadrée : éloquente et toujours surnaturellement agile, Lezhneva trille comme personne et déroule en souriant les doubles croches de l’irrésistible « Aura beata ». Mais la surprise vient du sublime « Caeli, audite », où elle varie ses effets sur 12 minutes, avec des finesses qu’on ne lui connaissait pas. Du grand art.</p>
<p>Cet air étiré illustre idéalement le talent de <strong>Thibault Noally</strong>, dont la pulsation exprime le mystère divin dont l’ange se fait le héraut. Tous les autres affects de l’œuvre sont justes et savamment dosés, sans jamais rien de mécanique&nbsp;; les affinités de Noally avec l’oratorio et avec l’école napolitaine sont glorieusement confirmées. Sous sa direction, l’ensemble <strong>Les Accents</strong> ne mérite que des éloges. Un enregistrement à la fois sensible et brillant, qui vient avantageusement s’ajouter à celui du pionnier Jérôme Corréas, qui défendait honorablement l’œuvre avec des chanteurs engagés mais moins virtuoses.</p>
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		<title>Bruno de Sá, Mille Affetti</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bruno-de-sa-mille-affetti/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Oct 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=cd-dvd-livre&#038;p=173995</guid>

					<description><![CDATA[<p>L&#8217;époque est décidément des plus curieuses pour l&#8217;industrie discographique de la musique classique. Alors que l&#8217;on continue de déplorer le manque d&#8217;intégrales lyriques, malgré les efforts récents de certaines maisons de disques, les récitals, eux, se multiplient à un rythme effréné. À titre d&#8217;exemple, depuis 2018, Jakub Józef Orliński sort un opus chaque année, et, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;époque est décidément des plus curieuses pour l&rsquo;industrie discographique de la musique classique. Alors que l&rsquo;on continue de déplorer le manque d&rsquo;intégrales lyriques, malgré les efforts récents de certaines maisons de disques, les récitals, eux, se multiplient à un rythme effréné. À titre d&rsquo;exemple, depuis 2018, Jakub Józef Orliński sort un opus chaque année, et, dans le cas présent, </span><b>Bruno de Sá </b><span style="font-weight: 400;">publie déjà, deux ans après </span><a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bruno-de-sa-roma-travestita-de-ci-de-sa/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">« Roma Travestita »</span></a><span style="font-weight: 400;">, un second récital chez Erato. Si l&rsquo;on comprend que ces parutions peuvent servir de cartes de visite, elles arrivent peut-être trop tôt dans la carrière de jeunes artistes encore en pleine maturation. Ce « Mille affetti » en est la plus parfaite illustration.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le CD cherche à mettre en lumière la richesse des sentiments et des émotions véhiculés dans certains airs d&rsquo;opéra <em>seria</em> de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Avec six morceaux en première mondiale, le récital brille avant tout par la rareté de son programme, dévoilant les trésors d&rsquo;une époque où les castrats, bien que toujours sollicités, étaient en plein déclin. On se réjouit ainsi de découvrir le </span><i><span style="font-weight: 400;">Mesenzio, re d’Etruria</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Cherubini, composé pour </span><a href="https://www.quellusignolo.fr/castrats/porri.html" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">Francesco Porri</span></a><span style="font-weight: 400;"> et créé à Florence en 1782, ou encore la grande scène de l’</span><i><span style="font-weight: 400;">Andromeda</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Johann Friedrich Reichardt (Berlin, 1788). La redécouverte d’un </span><i><span style="font-weight: 400;">Turco in Italia</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Franz Seydelmann, antérieur d&rsquo;une vingtaine d’années à celui de Rossini, se révèle également savoureuse. Ici, le personnage de Selim – authentique basse bouffe chez Rossini – est confié à un castrat soprano ! Dans ce florilège de découvertes, l&rsquo;inclusion de l’</span><i><span style="font-weight: 400;">Exsultate, jubilate</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Mozart, déjà enregistré plus de 150 fois au disque, et accompagné d&rsquo;une vidéo de promotion dont on laissera le lecteur juger de la pertinence, interroge. Fallait-il vraiment ajouter cette œuvre à un programme si original, d’autant qu’elle constitue l’un des moments les moins inspirés du disque ?</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">À l&rsquo;écoute de cet opus, on ressort avant tout impressionné par la performance technique du chanteur, plutôt que véritablement conquis ou ému. L&rsquo;investissement de Bruno de Sá est indéniable : il parvient à retranscrire les crescendos émotionnels des grandes scènes d’opéra, et rend palpable l’ambiguïté entre théâtralité et dévotion dans le </span><i><span style="font-weight: 400;">Salve Regina</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Zingarelli. Sa voix de soprano est fascinante à bien des égards : le registre aigu est d&rsquo;une facilité déconcertante et d&rsquo;une grande brillance, bien que parfois un rien strident et utilisé de manière excessive. On peut s’interroger sur l’opportunité de ce contre-ut tenu à la fin de l’aria de Cherubini, ou encore d&rsquo;un contre-mi bémol bien inutile dans la cadence de l’aria du </span><i><span style="font-weight: 400;">Turco in Italia</span></i><span style="font-weight: 400;">. Par ailleurs, si la maîtrise de la vocalise est remarquable, l&rsquo;équilibre entre les registres est parfois précaire, comme en témoigne l&rsquo;aria d&rsquo;</span><i><span style="font-weight: 400;">Andromeda</span></i><span style="font-weight: 400;">. De même, la partie grave de l’</span><i><span style="font-weight: 400;">Exsultate, jubilate</span></i><span style="font-weight: 400;"> semble échapper au chanteur, dévoilant une certaine fragilité dans ce registre. Plus gênant, </span><span style="font-weight: 400;">la voix un peu mince et légèrement acide de Bruno de Sá manque sensiblement de diversité dans les couleurs. Dans l&rsquo;aria « Lungi da te », extrait de </span><i><span style="font-weight: 400;">Mitridate</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Mozart et avec cor obligé, là où, en dix minutes, Cecilia Bartoli bouleversait en explorant toute une palette d&rsquo;émotions, la version de Bruno de Sá, qui semble interminable, laisse une impression d’uniformité.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;accompagnement orchestral, assuré par le vaillant </span><b>Wrocław Baroque Orchestra</b><span style="font-weight: 400;"> sous la direction de </span><b>Jaroslaw Thiel</b><span style="font-weight: 400;">, est quant à lui irréprochable. Les musiciens soutiennent le sopraniste avec finesse, et illustrent à merveille la fougue de l&rsquo;ouverture très </span><i><span style="font-weight: 400;">Sturm und Drang</span></i><span style="font-weight: 400;"> du </span><i><span style="font-weight: 400;">Tobia</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Mysliveček. Au final, cet album, bien que fascinant par son audace, reste inabouti. Mais Bruno de Sá, qui se prépare par exemple à incarner … Donna Elvira en 2025 au Komische Oper de Berlin, n’a sans doute pas dit son dernier mot…</span></p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="EXSULTATE, JUBILATE ⎜ MILLE AFFETTI - BRUNO DE SA [OFFICIAL VIDEO]" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/5-XF7DTGVqM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>Concert Bruno De Sà  &#8211; Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bruno-de-sa-en-concert-bayreuth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Sep 2024 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jakub Josef Orlinski devait ouvrir le cycle des concerts proposés par le Festival Baroque de Bayreuth, six en tout, dont un de Sandrine Piau, mais sa santé ne le lui permit pas. Qui pour le remplacer&#160;? Ce serait Bruno de Sà, sopraniste qui avait créé l’évènement en 2022 en interprétant sur la même scène du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Jakub Josef Orlinski devait ouvrir le cycle des concerts proposés par le Festival Baroque de Bayreuth, six en tout, dont un de Sandrine Piau, mais sa santé ne le lui permit pas. Qui pour le remplacer&nbsp;? Ce serait <strong>Bruno de Sà</strong>, sopraniste qui avait créé l’évènement en 2022 en interprétant sur la même scène du Théâtre de la Margravine le rôle de la reine Cleofide dans <em>Alessandro nell’Indie </em>de Leonardo Vinci. L’étendue de sa voix et son moelleux, l’homogénéité de l’émission, la hauteur et la rondeur de ses aigus nous avaient ébloui. Alors, pourquoi l’enchantement ne s’est-il pas renouvelé&nbsp;? Serait-ce à cause d’un programme composé majoritairement d’airs à performance, où nous avons surtout entendu du son, et encore pas toujours séduisant&nbsp;? Autant sa voix nous avait ravi par l’illusion qu’elle donnait d’une voix «&nbsp;naturelle&nbsp;», autant ce 6 septembre elle ne nous a vraiment ému que dans l’air de Porpora chanté en deuxième partie, «&nbsp;Parto, ti lascio&nbsp;» où les agilités bien présentes restent soumises à l’expression de la tristesse, où la virtuosité des éclats doit composer avec une dilatation infinie de la ritournelle qui confine à la fascination de l’auditeur. Il faudra attendre les bis pour retrouver un peu de cette émotion.</p>
<p>Alors, resté extérieur aux deux pièces à caractère religieux de la première partie, le <em>Gloria </em>de Haendel et le motet <em>In furore iustissime irae</em> de Vivaldi, dont la théâtralité rend la piété factice, nous les avons subies, parce que l’émission des sons, devenue plus libre une fois la voix échauffée, nous parvenait comme l’objectif prépondérant sur le sens. Cette déception sera moindre en deuxième partie, où le chanteur abandonne son costume sombre paré d’une longue écharpe retombant de l’épaule droite pour un costume framboise orné de plumes noires sur la même épaule, ornement pour le moins étrange, entre bersaglieri et vaudou. Mais l’air d’Aci reste sur la veine de la recherche de l’exploit, avec les suraigus en guirlande et les effets de miroir avec le hautbois qui favorisent la démonstration de la longueur du souffle. Mais les aigus les plus hauts manquent pour nous de moelleux et le dernier est carrément risqué.</p>
<p>En interprétant ensuite l’air de Cleopatra de <em>Marc ’Antonio e Cleopatra </em>de Hasse, Bruno de Sà est fidèle à son choix de chanter les rôles qui vont dans sa voix, fussent-ils féminins. L’air est essentiellement rapide et répétitif, orné de banderilles suraiguës redoublées dans la reprise, et aucun trille ne manque, y compris dans le duo avec le violon, et cela déchaîne l’enthousiasme. Est-ce à ce moment que le facétieux Bruno de Sà prend son téléphone et affecte d’appeler – ou le fait-il vraiment ? – Jukob Orlinski pour lui faire entendre et lui montrer l’auditoire en délire ?</p>
<p>Nous avons déjà dit que le moment fort de ce concert, pour nous, était l’air d’Arminio extrait de <em>Germanico in Germania </em>de Porpora, que renonçant à ses facéties scéniques – esquisser des pas de samba faute de breakdance&nbsp; (sic) – le chanteur interprète assis sur le bord de la scène, les jambes dans le vide de la fosse.</p>
<p>Avec l’air d’Aminta de <em>L’Olimpiade </em>de Vivaldi Bruno de Sà reprend la veine des rafales de suraigus&nbsp;; cet exploit déchaîne l’auditoire, mais nous n’entendons que du son émis mécaniquement et la rapidité des vocalises manque d’en bousculer la précision. Un dernier suraigu encore plus aigu, et les hurlements jaillissent en abondance, approbateurs et quémandeurs de bis. Bruno de Sà sera généreux et en accordera plusieurs, dont nous ne garantissons pas de les avoir exactement identifiés.</p>
<p>Ce sera donc successivement «&nbsp;Furie di donna irata&nbsp;» de Lucinda dans <em>La buona figluola </em>de Piccini, , l’air de Bellezza «&nbsp;Tu del Ciel&nbsp;» extrait d’ <em>Il trionfo del tempo e del Disinganno </em>de Händel et de Riccardo Broschi l’air d’Arbace «&nbsp;Son qual nave&nbsp;» de l’opéra <em>Artaserse. </em>Est-il nécessaire de dire l’extase des auditeurs conquis&nbsp;?</p>
<p>Délectable en revanche sans la moindre ombre dans toutes ses interventions, l’ensemble <em>Il Pomo d’Oro, </em>formation dont les individualités sont autant de solistes valeureux qui semblent organiquement liés et placés ce soir là sous la direction musicale très précise et sensible d’<strong>Alfia Bakieva</strong>. On est heureux que ces artistes aient eux aussi reçu leur tribut de la gratitude bruyante du public.</p>
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		<title>Demandez le programme des festivals d’été ! #15 &#8211; Vézelay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/demandez-le-programme-des-festivals-dete-15-vezelay/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Jun 2024 05:25:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La 24e édition des Rencontres musicales de Vézelay sera « exploratrice, foisonnante et spirituelle », nous promet François Delagoutte, son directeur. En quatre jours – d’une rare intensité – à raison de deux grands concerts à La Madeleine, mais aussi dans d’autres sites patrimoniaux proches, les découvertes seront nombreuses. Qu’on en juge : Le jeudi 22 août, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La 24<sup>e</sup> édition des Rencontres musicales de Vézelay sera « exploratrice, foisonnante et spirituelle », nous promet <strong>François Delagoutte</strong>, son directeur. En quatre jours – d’une rare intensité – à raison de deux grands concerts à La Madeleine, mais aussi dans d’autres sites patrimoniaux proches, les découvertes seront nombreuses. Qu’on en juge :</p>
<p>Le jeudi 22 août, <strong>Bruno de Sà</strong>, <em>les Accents</em> et <strong>Thibault Noally</strong> au violon et à la direction ; les <em>Vêpres à la Vierge</em> de Monteverdi par la <em>Cappella Mediterranea</em> et le <em>Chœur de chambre de Namur</em>, dirigés par <strong>Leonardo Garcia Alarcon </strong>;</p>
<p>Le vendredi 23, un oratorio de Ziani (avec des œuvres de Vivaldi) par <em>l’Escadron volant de la Reine</em> ; des psaumes de la pénitence (de Lassus à Arvo Pärt) par la <em>Cappella Amsterdam</em> ;</p>
<p>Le samedi 24, Dufay et ses contemporains byzantins avec l’<em>Ensemble Irini</em> ; associée à des œuvres de Brahms et Bruckner, la <em>Symphonie de Psaumes</em> de Stravinski, confiée à <em>Léo Warinski</em> qui dirigera <em>les Métaboles</em> et l’Orchestre philharmonique de Strasbourg ;</p>
<p>Dimanche 25, <em>Vox luminis</em>, qu’anime <strong>Lionel Meunie</strong>r, propose déjà une cantate de Bach (<em>Der Friede sei mit uns</em>), où le public est invité à chanter le choral final ; puis son <em>Oratorio de Pâques</em>, associé à la <em>Missa paschalis</em> de Zelenka.</p>
<p>Sans oublier les nombreuses animations, ateliers et récitals abordant toutes les expressions musicales, des traditions orales au scat, on ne sait où donner de l’oreille, ou de la voix et du geste. D’autant que le cadre admirable et simple aura séduit bien des écrivains et artistes depuis fort longtemps, c&rsquo;est l’assurance d’émotions partagées.</p>
<p><span style="color: #3366ff;">www.lacitedelavoix.net   </span>renseignements et réservations : 03 86 94 84 40</p>
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		<title>Divo Diva &#8211; Paris (Théâtre des Champs Elysées)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/divo-diva-paris-theatre-des-champs-elysees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 May 2024 04:49:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Hier soir, au Théâtre des Champs Elysées, il nous a été donné d’entendre un concert en forme de feu d’artifice vocal, dont le fil conducteur était le plaisir évident de faire de la musique ensemble. Heureuse initiative que de réunir de jeunes chanteurs dans une programme alliant Haendel, Vivaldi et Porpora. Le bonheur, l’allégresse et &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Hier soir, au Théâtre des Champs Elysées, il nous a été donné d’entendre un concert en forme de feu d’artifice vocal, dont le fil conducteur était le plaisir évident de faire de la musique ensemble. Heureuse initiative que de réunir de jeunes chanteurs dans une programme alliant Haendel, Vivaldi et Porpora. Le bonheur, l’allégresse et l&rsquo;énergie avec lesquels chacun s’est fondu dans ce répertoire, confèrent aux accords et désaccords des cœurs et des émotions humaines beaucoup de profondeur de couleurs, et aussi d’expressivité. Cette osmose de quatre voix dans l’écrin d’une direction intense, mais toute en subtile retenue, de <strong>Thibault Noally</strong> à la tête de son ensemble <strong>Les Accents</strong> a, à l’évidence, séduit le public.</p>
<p><strong>Bruno de Sà</strong>&nbsp;met d’emblée le feu aux poudres dès l’ouverture du programme, avec «&nbsp;Vorresti a me sul ciglio » extrait de <em>Carlo il Calvo</em> de Porpora, et plus tard avec le pyrotechnique «Trà le follie diverse…Siam navi&nbsp;» de <em>L’Olimpiade</em> de Vivaldi. Le chanteur construit ses personnages scéniques de manière très étudiée, tant sur le plan vocal que sur les codes vestimentaires, entre classicisme et <em>fashion queer</em>, du costume gris clair avec un long foulard stylé porté en cape au tee-shirt à paillettes sous une veste rayée Borsalino. Comme toujours, la théâtralité et les élans vertigineux et spectaculaires de ces airs sont pleinement assumés avec panache et aisance, et le tout dans une chorégraphie toute personnelle. Sur le plan vocal, Bruno de Sà éblouit littéralement par la clarté et l’agilité de son instrument. Il n’y a aucune tension dans cette voix, contrairement à bien des sopranistes, bien que l’on serait davantage tenté d’user du terme « soprano » pour qualifier la voix de Bruno de Sà tant son émission est d’une telle pureté. Le chanteur nous laisse ici en état de sidération, comme à chacune de ses apparitions, tant sa grâce et sa singularité illuminent la scène.</p>
<p>Surprise&nbsp;! Nous attendions Lauranne Oliva la Révélations des Victoires 2024, dont le nom ne cesse de circuler comme la future étoile scintillante. Et c’est finalement <b>Sophie Junker</b>, qui se présente sur scène en invité inattendue, parée d’une magnifique robe de soirée fuchsia enveloppant dans son drapée, une maternité à venir. A la prime jeunesse, succède ainsi l’expérience, et la soprano que nous retrouvons avec plaisir, est ici égale à elle-même. La voix est charnue à l’ample medium et l’aigu solaire dans les passages les plus vifs. Son « Ama e sospira » d’<em>Alcina</em> a belle et fière allure. Elle sait captiver tant dans l’allégresse que dans la vérité des accents introspectifs de «La Gioa ch’io sento » de Mitridate au coté d’<b>Eva Zaïcik. </b>Comme à son habitude, cette dernière séduit par sa voix pure aux beaux graves, et la belle maitrise des ornements notamment dans « Gelido in Ogni vena » extrait de <em>Farnace</em> de Vivaldi. A fleur de lèvre dans une retenue expressive ou dans des accents enlevés et mordants, elle emporte ici l’adhésion de l’auditeur et l’enthousiasme du public qui l&rsquo;a gratifiée de chaleureux applaudissements. Elle nous livre également un surprenant duo Sesto/Cornelia « Madre ! Mia vità ! Son nata largrimar » de <em>Giulio Cesare</em> aux coté de Bruno de Sà qui suscite d’emblée le trouble en jouant sur le contraste au-delà des sexes entre le grave de la mezzo et les aigus cristallins du sopraniste.</p>
<p><strong>Christophe Dumaux</strong> n’en finit pas, lui aussi, de nous surprendre. Il habite l’air « T’ubbidiro crudele…Fammi combattere » d<em>’Orlando</em> avec un bel abattage, dans le plus parfait style Haendélien. Toutes voiles dehors, il empoigne les mots et transcende sa ligne de chant de rythmes percutants. Les vocalises sont exécutées avec vaillance. Doté d’une énergie centrifuge, le contre-ténor sait toutefois doser ses effets, et servir à merveille la tonalité singulière du superbe « Bramo haver mille vite » d’<em>Ariodante</em> aux côtés de Bruno de Sà avec lequel il entretient ici une complicité teintée de facétie qui fait plaisir à voir. Il atteint un moment de grâce dans le duo avec Sophie Junker,&nbsp;«&nbsp;Ti abbraccio&nbsp;»<em>&nbsp;</em>de&nbsp;<em>Rodelinda</em>&nbsp;dont le raffinement délivré par les deux chanteurs donne ici une parure subtile et émouvante à une étreinte fulgurante en forme d’adieu.</p>
<p>Le concert se termine en beauté avec le trio de <em>Germanico in Germania</em>, « Temi lo sdegnio mio » porté par les timbres moelleux de Bruno de Sà, Sophie Junker, et Christophe Dumaux, lesquels servent à merveille le ton doux amer, presque ironique, de cet air <em>d’opera seria</em>. Le trio se transformera en quatuor, avec le retour sur scène d’Eva Zaîcik, pour gratifier le public de bis afin de prolonger cette réjouissante fête vocale.</p>
<p>L’accompagnement des&nbsp;<strong>Accents</strong>&nbsp;est au diapason des voix, grâce à l’approche de&nbsp;<strong>Thibault Noally</strong>, attentif à toutes les nuances et aux contrastes. L’ensemble, toujours très équilibré, déploie une grande intensité mais sans emphase inutile, dans une exécution particulièrement élégante. Thibaut Noally fait montre d’une belle virtuosité au violon dans le Concerto pour violon en ré majeur, RV 212a de Vivaldi. Quand l’inspiration rencontre l’énergie, elle donne une parure étincelante à l’étreinte fulgurante des exaltations des sentiments humains portées par ce répertoire. Quelle belle soirée !</p>
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