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	<title>Robert DEAN SMITH - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Robert DEAN SMITH - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>WAGNER, Die Walküre — Naples</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-walkure-naples-la-walkyrie-ou-la-metamorphose/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 May 2019 07:17:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si la première journée de l&#8217;anneau du Nibelung narre la transformation de Brunnhilde, de fille obéissante à son père en jeune femme autonome s’éveillant aux sentiments, les représentations de Die Walküre au Teatro San Carlo, où Juraj Valcuha est invité à diriger, métamorphosent l’orchestre napolitain, pourtant point faible de l’institution déjà souligné par les chroniqueurs &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si la première journée de <em>l&rsquo;anneau du Nibelung</em> narre la transformation de Brunnhilde, de fille obéissante à son père en jeune femme autonome s’éveillant aux sentiments, les représentations de <em>Die Walküre</em> au Teatro San Carlo, où <strong>Juraj Valcuha</strong> est invité à diriger, métamorphosent l’orchestre napolitain, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/otello-rossini-naples-triste-anniversaire">pourtant point faible de l’institution</a> déjà souligné par <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/madama-butterfly-naples-papillon-sans-aile">les chroniqueurs de forumopera</a>. La transformation se réalise ce soir en trois temps. Le premier acte s’écoule dans une lenteur hypnotique. C’est une nécessité autant qu’un choix du chef slovaque. Cela lui permet de patiemment construire l’équilibre entre ses pupitres et d’étager avec soin les leitmotivs et les dynamiques. Certes les cordes manquent encore cruellement de consistance, les cuivres peinent à maîtriser leur puissance et font montre d’une précision aléatoire. La petite harmonie et les violoncelles s’imposent en conséquence comme les deux jambes qui font avancer l’ensemble. Lenteur donc pour ne pas fragiliser un édifice aux fondations fébriles, langueur interprétative pour plonger ce premier acte dont une lecture très noire où tout l’espoir a fui le plateau. Si l’on en comprend tant les raisons sous-jacentes que le geste, on sort perplexe au premier entracte. Le deuxième puis dernier acte prennent le contrepied total : lumière, dextérité, consistance&#8230; sans devenir irréprochable l’orchestre et son chef embrassent le souffle lyrique wagnérien, portés par une distribution à faire pâlir d’envie les plus grandes maisons lyriques. La soirée culmine dans des adieux de Wotan où enfin les cordes possèdent tout le corps nécessaire pour enluminer de rubato la supplique du dieu.</p>
<p><strong>Egils Silins</strong>, bien connu de la scène parisienne, endosse le cache-œil du maître du Walhalla. De la puissance et du mordant il en a revendre : il en impose à l’orchestre même quand la tempête fait rage et soutien les assauts de la partition jusque dans une invocation à Loge quasi dictatoriale. Seule <strong>Ekaterina Gubanova</strong> peut lui rabattre le caquet. La mezzo russe fréquente tant le rôle de Fricka qu’elle fait de ses accents et emportements une seconde nature. Le métal possède toujours ce chatoiement clair-obscur qui sied à la déesse, quand l’actrice sait composer un port à la fois noble et blessé. La bourrasque est brève mais elle laisse le dieu et le public pantelant. <strong>Liang Li</strong> n’est pas encore un Hunding de la même trempe mais la noirceur et l’autorité de ses interventions le place sur le bon chemin. Les Walsung trouvent en <strong>Manuela Uhl</strong> et <strong>Robert Dean Smith</strong> un couple complémentaire. Pour elle, un timbre aux accents plaintifs, relais immédiat du personnage et de son désespoir doublé d’une assurance vocale et scénique certaine. Seules quelques stridences à l’aigu trahissent les limites de l’interprète notamment dans sa dernière intervention sur le leitmotiv de la rédemption par l’amour. A 63 ans, le ténor américain fait preuve d’une fraicheur vocale de jeune premier, d’un métier patiemment acquis dans les plus grands rôles sur les plus grandes scènes internationales. Mathématiquement pourrait-on dire, il chante un des Siegmund les plus aboutis qu’il nous ait été donné d’entendre, un Siegmund dont la rondeur du timbre sied aux emportements amoureux, un Siegmund puissant aux « Wälse » tenus sur une longueur de Guinness Record, un Siegmund tout en legato et en lyrisme. C’est avec une joie non feinte qu’<strong>Irène Theorin</strong> retrouve son Tristan de Bayreuth. Là encore le métier est indubitable chez celle que toute l’Europe connaît en Brunnnhilde, à l’exception de Paris qui se sera contenté d’une seule Elektra. Tout juste lèvera-t-on un sourcil à la simplification rythmique des derniers « hojotoho » que la suédoise opère par commodité. Tout le reste est irréprochable vocalement et d’une intelligence interprétative profonde. Irène Theorin montre toute l’évolution du personnage de cette jeunesse aveugle et enjouée, aux doutes, aux premières irisations de l’amour et à la révolte. La voix possède cette malléabilité capable des <em>crescendo</em> et des <em>forte</em> les plus puissants sans obérer la capacité à chanter piano les phrases le plus douces de la walkyrie.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/3_die_walkure_2019_ph.l.romano-0395_copia.jpg?itok=VlSx8Eqj" title="© L. Romano" width="468" /><br />
	© L. Romano</p>
<p>La mise en scène de <strong>Federico Tiezzi </strong>s’inscrit dans la veine symbolique et emprunte chez ses maitres des éléments disparates : là des lumières à la Wilson, ici une direction hiératique pour faire bonne mesure dans un décor unique constitué d’un cube fait de de squelettes de cubes. Quelques accessoires, dont certains incongrus (pourquoi les jumeaux reviennent-ils avec des éléments aussi triviaux que deux sacs à dos de randonnée avec matelas inclus… Hunding devait dormir bien profondément) et le tour est joué. L’ensemble se laisse voir sans parasiter ce qui reste avant tout une réussite musicale dans une salle, joyaux des théâtres italiens. </p>
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		<title>SCHÖNBERG, Gurre-Lieder&#124;Gurrelieder — Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gurrelieder-paris-philharmonie-salonen-entre-lancien-et-le-moderne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Jun 2018 07:16:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Paul Valery avait-il la musique en tête quand il écrivait que « le meilleur dans le nouveau est ce qui répond à un désir ancien » ? Les Gurrelieder représentent bien cette aspiration commune à tant d&#8217;artistes qui découvrirent leur vocation entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Celle de se saisir des mythes, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Paul Valery avait-il la musique en tête quand il écrivait que « le meilleur dans le nouveau est ce qui répond à un désir ancien » ?</p>
<p class="rtejustify">Les <em>Gurrelieder</em> représentent bien cette aspiration commune à tant d&rsquo;artistes qui découvrirent leur vocation entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Celle de se saisir des mythes, légendes et fantasmes que le romantisme avait pu vouloir restituer dans tout un décorum antique, et de leur faire retrouver leur plus nue vérité. Nouveauté de l’expression pour ne garder que l’essence même de l’émotion. Nouveauté des moyens pour mieux saluer l’intemporalité, sinon l’antiquité du propos. Une certaine aspiration au dépouillement, à l’épure, a souvent guidé de telles intentions.</p>
<p class="rtejustify">Épure ? Chez le jeune Arnold Schoenberg, il faut s&rsquo;entendre sur la relativité de la notion : des personnages voulus comme des figures, le refus assumé du théâtre, la réduction du drame à quelques échanges distants, voilà l&rsquo;épure. Pour le reste, la volupté orchestrale et les ambitions vocales entendent bien déclencher ce maelström dont rêvait, en ces années wagnériennes, tout compositeur un rien ambitieux. </p>
<p class="rtejustify">Mais l&rsquo;ambition ne fait pas de mal quand elle est secondée par de tels moyens : la science de l&rsquo;instrumentation, qui donne à toutes les familles de l’orchestre un rôle bien caractérisé, les audaces harmoniques, qui annoncent évidemment la révolution qu&rsquo;opèrera bientôt la Seconde école de Vienne, la puissance d&rsquo;un mouvement créateur qui ne s&rsquo;essouffle pas devant l’épique ni ne renonce à l’introspectif font bien des <em>Gurrelieder </em>une de ces pièces charnières, dont on ne sait pas trop dire si elles liquident un mouvement artistique ou si elles en ouvrent un autre.</p>
<p class="rtejustify">Cet entre-deux convient à <strong>Esa-Pekka Salonen</strong>, artiste contemporain toujours attiré par les romantiques : on le sait au moins depuis ce concert qui, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/gurrelieder-paris-pleyel-le-triomphe-de-salonen">Salle Pleyel, réunissait déjà quelques protagonistes que l’on retrouve ce soir</a>. On ne saurait dire si c’est son expérience de compositeur qui lui ouvre plus facilement qu’à d’autres les portes de cette partition exigeante, toujours est-il que la fluidité des articulations, le naturel des transitions et des nuances, cette façon unique de modeler les écarts et les ruptures pour en extraire de la clarté (mais une clarté absolue, évidente), cet art-là fonctionne encore pleinement. L’acoustique de la Basilique de Saint-Denis, pourtant, n’est jamais facile à apprivoiser ; à 150 musiciens et choristes, cela devient franchement scabreux. Mais sans même avoir besoin de demander à son Philharmonia Orchestra, parfait ce soir, d’étendre trop les phrases, de hacher le discours un peu plus que d’habitude, il s’en sort. Mieux, il fascine, quand il guide les musiciens dans l’interlude fantomatique précédant l’intervention du Récitant, ou qu’il initie, méthodiquement, le long récit de la Waldtaube. Pas parce qu’il y montre la froideur analytique qu’on pourrait attendre de lui, mais justement parce qu&rsquo;il recherche, malgré la sobriété de son propos, l’expressivité. Le chemin de crête sur lequel il guide toutes les forces embarquées dans ce concert est bien ardu ; il n’en est que plus admirable.</p>
<p class="rtejustify">Ces forces sur ce chemin sont par moments violontées. Elles luttent, mais s’en sortent mieux que bien. Le Philharmonia, on l’a dit, offre de somptueuses sonorités, que l’on voudrait parfois un peu mieux individualisées, notamment du côté des cordes. Les Philharmonia Voices, associées aux chœurs de la Royal Academy of Music, du Royal College of Music et de la Guildhall School of Music and Drama, sont enfoncées si loin dans la nef qu’il est déjà fantastique qu’on les entende. Et si les solistes sont, eux, placés devant l’orchestre, ils font face à la même difficulté. On voit bien que <strong>Robert Dean Smith</strong> chante à plein poumons puisqu’il devient très rouge quand il ouvre la bouche – et, sérieusement, il montre un souffle impressionnant et un timbre inaltéré. Mais on ne l’entend pas toujours. Pas plus que <strong>Camilla Tilling</strong>, remplaçant au pied levé Alwyn Mellor. Cette superbe mozartienne a l’intelligence de ne pas forcer les moyens et de proposer une Tove doucement lyrique. La passion, de « Sterne jubeln » et de « Du sendest mir einen Liebesblick » demande pourtant les élans d’une Isolde, vraiment. Moins orthodoxe de technique, plus prosaïque de timbre, <strong>Michelle De Young</strong> n’a au moins de problème pour rendre audible et prégnant son chant du ramier. De même, la verve de <strong>Wolfgang Ablinger-Sperrhacke</strong> et les péroraisons rugueuses comme il faut de<strong> David Soar </strong>passent la rampe facilement. <strong>Barbara Sukowa</strong> endosse le monologue du récitant dans environ neuf représentations des <em>Gurrelieder </em>sur dix données à travers le monde, mais comment ne pas guetter, en cette immense artiste, les reflets de sa légendaire Rosa Luxembourg, ou de son Hannah Arendt ?</p>
<p class="rtejustify">Aux derniers accords, le public, qui comptait de nombreux bénéficiaires d’associations caritatives de la Seine-Saint-Denis, exulte, visiblement ému : éternellement nouvelle, cette partition a su répondre, au moins en partie, à un désir ancien – la mission est accomplie.</p>
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		<item>
		<title>Das Lied von der Erde — Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/das-lied-von-der-erde-paris-philharmonie-le-chant-de-ma-terre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Mar 2017 00:15:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A tous ceux qui ricanent avec hauteur dès qu’un artiste parle de politique, il faudrait montrer le Budapest Festival Orchestra et Ivan Fischer. Voilà une formation de tout premier ordre, dirigée par un des chefs les plus élégants de notre époque ; ils ne font pas mystère du dégoût que leur inspire le gouvernement de Viktor &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">A tous ceux qui ricanent avec hauteur dès qu’un artiste parle de politique, il faudrait montrer le Budapest Festival Orchestra et <strong>Ivan Fischer</strong>. Voilà une formation de tout premier ordre, dirigée par un des chefs les plus élégants de notre époque ; ils ne font pas mystère du dégoût que leur inspire le gouvernement de Viktor Orban ; ils en payent le prix fort, subissent les remontrances publiques du maire de Budapest, voient leur budget raccourci et leurs activités menacées ; ils continuent à faire résonner, dans les salles du monde entier, une excellence qui, tournant le dos à l&rsquo;uniformité, assure, mieux que les discours nationalistes, la défense d’une identité culturelle solide et fière.</p>
<p class="rtejustify">Et quelle identité ! Elle s&rsquo;impose déjà chez Beethoven, rayonnante et affirmée dans une <em>1<sup>ère</sup> Symphonie </em>résolument classique ; elle laisse la fantaisie jallir du dialogue entre les instruments qui, à chaque instant, peut souligner une nuance comme on dirait un mot d&rsquo;esprit. Elle dit toute sa force dans <em>Le Chant de la Terre </em>de Gustav Mahler ; elle comprend chaque inflexion d&rsquo;une musique qui se réfère tant aux chants populaires de l&rsquo;Europe Centrale ; elle saisit chaque revirement d&rsquo;une oeuvre prise souvent comme un cycle de Lieder, voulue pourtant en symphonie par son compositeur. Les assauts des cuivres, à défaut d&rsquo;être d&rsquo;une implacable perfection, entraînent férocement le grain inimitable des cordes dans une course à l&rsquo;abîme épique, nerveuse, saccadée. Mais sur ce paysage rocailleux, Fischer laisse les bois proposer le répit, poser des touches de douceur, offrir leur paisible indolence. De ce tableau tout en contrastes, rendu possible par un sens inouï de l&rsquo;architecture sonore et de la polyphonie, retenons au hasard « Von der Jugend », sculpté comme une petite pièce de haute orfèvrerie, « Von der Schönheit », où l&rsquo;orage frappe aussi prestement qu&rsquo;il se retire, et bien sûr « Der Abschied », rompu, intermittent, sériel presque, qui laisse la salle au bord de l&rsquo;asphyxie. </p>
<p class="rtejustify">On devine qu&rsquo;au sein de cet ensemble où chaque instrument a sa voix, les voix sont traitées en instruments. Celui de <strong>Gerhild Romberger</strong>, surtout, est d&rsquo;un authentique alto, ce qui ne s&rsquo;entend pas tous les jours : unité des registres, moiré du timbre, humilité d&rsquo;une éloquence qui est avant tout justesse, ligne, chant. Mais celui de <strong>Robert Dean Smith</strong> aussi, qui conserve intégrité et agilité – même si le chanteur est désormais bien à la peine dans les aigus. Symphonie ou Lieder ? Si le mystère du <em>Chant de la Terre </em>reste entier, c&rsquo;est de son identité, là encore, que l&rsquo;on se sent plus proche après un tel concert&#8230;</p>
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		<item>
		<title>WAGNER, Tristan und Isolde — Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-munich-waltraud-meier-les-adieux-dune-isolde-pas-comme-les-autres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jul 2015 05:22:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rares sont les chanteurs dont les adieux à un rôle donnent lieu à des représentations spéciales. Faut-il que l’Isolde de Waltraud Meier ait été l’une des incarnations lyriques majeures de ces dernières années pour qu’un tel privilège vienne la couronner. Car il est inutile de le cacher, tout l’enjeu des deux représentations de Tristan und &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Rares sont les chanteurs dont les adieux à un rôle donnent lieu à des représentations spéciales. Faut-il que l’Isolde de <strong>Waltraud Meier</strong> ait été l’une des incarnations lyriques majeures de ces dernières années pour qu’un tel privilège vienne la couronner. Car il est inutile de le cacher, tout l’enjeu des deux représentations de <em>Tristan und Isolde </em>programmées au Festival de Munich est là : voir et entendre Waltraud Meier endosser une dernière fois un costume qu’elle porte régulièrement depuis 22 ans. Un costume qui n’a cessé d’évoluer au gré des productions et des expériences. Dans la mise en scène souvent intense, fine mais aussi systématique et prosaïque de <strong>Peter Konwitschny</strong>, Waltraud Meier conserve l’hiératisme noble dessiné par Peter Sellars à l’Opéra Bastille (10 ans, déjà&#8230;). Au cœur d’une esthétique qui use, avec des bonheurs divers, de la dialectique du théâtre dans le théâtre, elle se rappelle la femme de chair et de sang, totalement vraie et éperdument amoureuse imaginée avec Patrice Chéreau à la Scala, montrant ainsi combien son interprétation a mûri au fil des ans. La voix aussi a mûri, pour ne pas dire plus… Dans la belle acoustique de l’Opéra de Munich, Waltraud Meier passe sans encombre la fosse d’orchestre mais doit composer avec un aigu désormais difficile – des deux contre-uts qui suivent ses retrouvailles avec Tristan, elle esquive le premier et tente, courageusement mais vainement, le deuxième. Est-ce être aveuglé que de ne pas prêter attention à ces scories ? Ce serait folie de s’y arrêter, quand le phrasé, d’une maîtrise époustouflante, impose toujours et dès les premières mesures un personnage magnétique, quand l’intime compréhension du texte sourd de chaque réplique avec l’éclat de la vérité, quand les lignes apaisées de « O sink hernieder, Nacht der Liebe » offrent encore des instants suspendus. La Liebestod, éperdue et dévorante, où Meier risque tout et triomphe de tout, les trente minutes d’intenses ovations qui suivent, tout cela dit bien, au final, que cette soirée n’était décidément pas comme les autres.</p>
<p class="rtejustify">Pour cette soirée pas comme les autres, il fallait un entourage à l’avenant : c’est presque toujours le cas. Belle voix, pas toujours audible dans les tréfonds de son agonie, <strong>Robert Dean Smith</strong> impose un Tristan qui n’a jamais la faiblesse de céder à la vocifération et aux débordements histrioniques quand le chant devient trop difficile. Le chant, <strong>Rene Pape</strong> en donne une fois de plus une magistrale leçon, avec ce Roi Marke qui sait, tout en restant somptueux, montrer des blessures déchirantes. De même, si le Kurwenal solide comme un roc d’<strong>Alan Held </strong>a bien les accents un peu rudes attendus au I, il ne lui manque rien de l’humanité qui, au III, donne toute sa dimension au personnage. Des principaux protagonistes, il n’y a finalement que <strong>Michelle Breedt</strong>, Brangäne sincère dans son engagement mais un peu matrone pour les appels du II, qui ne suscite pas pleinement l’adhésion.</p>
<p class="rtejustify">Et puis l’oreille est forcément clémente pour des chanteurs que n’épargne pas la direction de <strong>Philippe Jordan</strong>. Très applaudi, à la tête d’un orchestre riche en couleurs mais parfois imprécis (faute de temps, les répétitions ont, paraît-il, été expédiées), le chef choisit un rythme (lent) et un volume (fort) qui ne sont pas pour aider les voix à passer la rampe. Mais on finit par l&rsquo;oublier :  150 ans après la création, <em>in loco, </em>de <em>Tristan</em>, c&rsquo;était surtout Isolde que nous étions venus écouter&#8230; </p>
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		<title>WAGNER, Tristan und Isolde — Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-toulouse-tout-pres-des-etoiles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2015 02:34:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Toute reprise d’une production est l’occasion de la réévaluer. Comme en 2007, la conception de ce Tristan und Isolde minimaliste, où le plateau est nu pour laisser entier l’espace céleste en fond de scène, nous semble pour l’essentiel pertinente et juste. D’où vient alors que le spectacle ne nous émeut pas comme alors ? La qualité &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Toute reprise d’une production est l’occasion de la réévaluer. Comme en 2007, la conception de ce <em>Tristan und Isolde</em> minimaliste, où le plateau est nu pour laisser entier l’espace céleste en fond de scène, nous semble pour l’essentiel pertinente et juste. D’où vient alors que le spectacle ne nous émeut pas comme alors ? La qualité vocale des nouveaux interprètes n’est pas en cause. Cela peut tenir à une subjectivité moins disponible, mais peut-être aussi à des éléments objectifs, en particulier visuels. Sans doute la panne de la machinerie, annoncée après le premier entracte par Frédéric Chambert, nous a-t-elle privés de la nuit étoilée qui devait planer sur le duo d’amour du deuxième acte, et a-t-elle contraint à l’immobilité au troisième acte le bloc suspendu au-dessus de Tristan, de crainte qu’en s’abaissant il ne vienne écraser le ténor. Mais le plus gênant relève des costumes et des coiffures. Conçus pour la distribution de 2007 ils ne siéent pas particulièrement aux interprètes actuels des rôles titre. Fallait-il conserver les coupes et les couleurs d’origine, dans la mesure où elles ne les flattent pas ? Que les lecteurs qui trouveraient cette interrogation frivole sachent bien qu’elle relaie une perplexité largement partagée aux entractes.</p>
<p>Faute donc de l’image d’un couple exceptionnel de jeunes gens – car le roi Mark a l’âge d’être leur père – on a au moins une vaillance vocale qui leur permet de mener à bien leurs marathons respectifs. Hormis un suraigu poussé comme un cri dans une des vagues trop sonores de l’orchestre, la voix d’<strong style="line-height: 1.5">Elisabete Matos</strong> impressionne par sa puissance, son homogénéité – la voix a du corps sur toute l’étendue – son endurance et une souplesse notable. Sans doute aurait-on aimé sentir flotter jusqu’à mourir son dernier mot, pour entrer avec elle dans l’au-delà créé par la musique, mais une performance si contrôlée mérite le respect.  Son Tristan, <strong style="line-height: 1.5">Robert Dean Smith</strong>, a été sur la même scène l’Empereur de <em style="line-height: 1.5">La Femme sans ombre </em>et André Chénier. On retrouve avec satisfaction la musicalité si appréciée alors ; on découvre une endurance et une vaillance qui semblent s’être épanouies, lui permettant de se faire entendre dans presque tous les déferlements venus de la fosse, et on savoure un grandiose troisième acte où, comme rajeuni par une coiffure et un maquillage différents, il exprime avec une subtilité raffinée les divers états d’âme du personnage. Autre grande voix, celle d’une <strong style="line-height: 1.5">Daniela Sindram</strong>, dans le rôle de Brangaene ; l’annonce qu’elle était souffrante l’a probablement rassurée, et sans doute devait-elle éprouver quelque malaise, mais à l’entendre on ne l’eût pas deviné, l’ampleur, l’expressivité  et la longueur de la voix étant bien celles nécessaires, et la présence scénique ne laissant rien à désirer, jusque dans ses silences. Solide le roi Mark de <strong style="line-height: 1.5">Hans-Peter König</strong>, qui, peut-être en raison de la mise en scène, semble tarder à entrer dans le drame mais émouvant dans son douloureux soliloque. Solide et hargneux comme il faut le Kurwenal de <strong style="line-height: 1.5">Stefan Heidemann</strong>, capable de tendresse douloureuse au troisième acte. Belle composition, malgré sa brièveté, de <strong>Thomas Dolié</strong> en Melot, confié ici à un baryton. Dans les deux rôles du Marin (invisible à l’acte I) et du Berger <strong style="line-height: 1.5">Paul Kaufmann</strong> séduit aussitôt par la clarté de l’émission et la souplesse de la voix. <strong style="line-height: 1.5">Jean</strong>&#8211;<strong style="line-height: 1.5">Luc Antoine</strong>, artiste du chœur, complète la distribution dans l’intervention du Pilote. Ses camarades, depuis la coulisse, prêtent aux marins la pétulance requise.</p>
<p>Dans la fosse, les musiciens de l’Orchestre national du Capitole – soixante-dix-huit dont quinze supplémentaires – en sont à leur huitième collaboration avec <strong style="line-height: 1.5">Claus Peter Flor</strong>. Au nom de cette familiarité on comprend mal, quand il obtient des cordes d’arachnéennes finesses  et de la petite harmonie des séquences et des mariages capiteux de timbres et de couleurs, qu’ il fasse parfois tonner l’orchestre sans tenir compte de la puissance sonore des instruments actuels, avec les conséquences que l’on devine pour les chanteurs, contraints à forcer. Les premières notes de l’ouverture n’ont pas assez ce départ insidieux qui fait qu’on prend conscience de la musique alors qu’on est déjà son prisonnier, mais le prélude du troisième acte emporte sans réserve au septième ciel. Ce sont les aléas du direct : si le bonheur n’est pas parfait, on n’en est pas loin tout de même !</p>
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		<title>Verdi &#8211; Otello</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/verdi-otello-maure-ou-espagnol/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Dec 2014 06:07:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tout commence mal : une tempête d’ouverture mal captée, éteinte par un orchestre qui semble marcher sur des œufs, et un chœur qui pêche par statisme. On croit alors tenir la raison pour laquelle cet Otello est resté 5 ans au placard. Mais après quelques minutes, les choses changent : les preneurs de son retombent sur leurs &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Tout commence mal : une tempête d’ouverture mal captée, éteinte par un orchestre qui semble marcher sur des œufs, et un chœur qui pêche par statisme. On croit alors tenir la raison pour laquelle cet <em>Otello</em> est resté 5 ans au placard. Mais après quelques minutes, les choses changent : les preneurs de son retombent sur leurs pattes, et le chef semble saisir sa baguette à pleine main pour nous donner à entendre le drame verdien dans toute son âpreté. <strong>Friederich Haider</strong> n’a pas la réputation d’un Karajan ou d’un Solti, mais ce qu’il parvient à produire en termes de tension, d’arc dramatique, tient du miracle, surtout de la part d’une phalange aussi méconnue que la <strong>philharmonie d’Oviedo</strong>, stupéfiante de rebond et de ressources sonores.</p>
<p class="rtejustify">Sur le papier, la distribution paraissait encore plus improbable que l’orchestre : que venait faire dans cette galère un ténor au profil aussi wagnérien que <strong>Robert Dean Smith</strong> ? Pouvait-on imaginer un rôle à la vocalité plus éloigné de la sienne, qui fut Lohengrin, Tristan, le Waldemar des <em>Gurre-Lieder</em> ? Mais la musique, c’est bien plus que des cases et des colonnes sur du papier. C’est une affaire de chair et de sang. Lorsqu’un artiste de talent est galvanisé par un chef, il peut bousculer tous les schémas et sortir de son répertoire habituel. Le ténor américain nous gratifie d’un Otello vif-argent, aux aigus éclatants et longuement tenus, mais qui sait montrer ses fêlures aux moments qui l’exigent. On est très loin d’une quelconque vocalité « latine », mais le chef-d’œuvre de Verdi est universel, et son rôle-titre se prête à des approches diversifiées.</p>
<p class="rtejustify">Etait-il bien raisonnable de confier le rôle de Desdémone à une soprano aussi peu connue que <strong>Raffaella Angeletti </strong>? Malgré la qualité de ses prestations, souvent soulignées sur notre site, la soprano italienne ne fait pas une carrière à la hauteur de son potentiel. Ce coffret est une nouvelle pièce à ajouter au dossier « grands chanteurs méconnus », parce qu’on tient là un des plus belles incarnations du rôle depuis des années : voix puissante, belle, sachant s’alléger mais ne perdant jamais sa substance. Le duo du III est passionnant, la chanson du Saule est étreignante, la mort de l’héroïne nous laisse bouleversés. Avis à tous les directeurs d’opéra ! Pour compléter le trio de tête, <strong>Sebastian Catana</strong> choisit un Iago posé et classique, à l’opposé de tous les histrionismes qui ont défiguré la partie depuis des décennies. Certains trouveront son incarnation tiède, nous avouons y trouver une jouvence pour les oreilles lassées de l’expressionisme.</p>
<p class="rtejustify">Tout est-il donc parfait dans cet <em>Otello</em> capté à Oviedo ? Non, comme on l’a souligné en introduction, <strong>l’Orféon Donostiarra</strong> a du mal à entrer dans la peau d’un chœur d’opéra. Ses interventions manquent de nerf, et certains rôles secondaires, comme Lodovico et Montano, laissent à désirer. Mais pour son orchestre, pour son Otello improbable mais éclatant, pour sa Desdémone si émouvante et son impeccable Iago, on reviendra souvent à ce coffret.</p>
<p class="rtejustify">___</p>
<p><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.amazon.fr/gp/product/B00NWZISRC/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=B00NWZISRC&amp;linkCode=as2&amp;tag=forumopera-21&amp;linkId=6D2BMZI6AMCA5AC6">Commander le CD &#8211; Otello Naxos</a><img decoding="async" alt="" border="0" height="1" src="http://ir-fr.amazon-adsystem.com/e/ir?t=forumopera-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=B00NWZISRC" style="border:none !important;margin:0px !important" width="1" /></strong></p>
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		<title>WAGNER, Tristan und Isolde — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/pour-lhistoire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Fort]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2014 23:24:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Au fil des reprises, cette production aura épuisé les descriptions et les qualificatifs. Elle aura aussi épuisé la résistance du public, qui désormais s’y rend dans la certitude d’assister à un classique de la mise en scène contemporaine. L’exposition au Grand Palais à Paris des œuvres de Bill Viola (jusqu’au 21 juillet) participe de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Au fil des reprises, cette production aura épuisé les descriptions et les qualificatifs. Elle aura aussi épuisé la résistance du public, qui désormais s’y rend dans la certitude d’assister à un classique de la mise en scène contemporaine. L’exposition au Grand Palais à Paris des œuvres de<strong> Bill Viola </strong>(jusqu’au 21 juillet) participe de cette institutionnalisation. Le décès de Gérard Mortier enfin empreint cette production qu’il voulut emblématique du sceau de l’éternité.</p>
<p>
			Notre œil même s’est fait à l’austérité statique des chanteurs et aux variations vidéo alternant brouillages, caméra portée, contrastes, jeux liquides, et bien entendu aux deux comédiens offrant leur anatomie à des usages variés qui n’en laisse rien méconnaître.</p>
<p>			Cette reprise à l’Opéra de Paris ne vaut-elle, dès lors, que par le cast nouveau et la présence dans la fosse de <strong>Philippe Jordan</strong> ? Au moment où la mise en scène wagnérienne continue de susciter de nouvelles visions (Castellucci, Girard, Neuenfels, Waltz, Guth…), il semble au contraire que la production de <strong>Peter Sellars</strong> et Bill Viola soit déjà d’un autre temps. Les tendances contemporaines sont retournées puiser dans l’inépuisable arsenal symbolique, métabolisant le bric-à-brac décoratif pour lui faire avouer de nouveaux secrets, au rebours du jansénisme de Sellars et Viola. La théâtralité même est réapparue en force, adoubant avec éclat les travaux de Patrice Chéreau, dont la fécondité est aujourd’hui observable partout (chez Claus Guth en particulier). Dans l’épure de Sellars et Viola, désormais que la provocation des corps dénudés a cessé d’effaroucher le bourgeois, se manifeste une esthétique dont la postérité n’est pas certaine. C’est cela aussi, sans doute, qui en fait le prix et lui vaut tant de révérence. Il ne serait pas surprenant que l’histoire ne place cette production dans la lignée parfaite de Wieland Wagner, offrant à la musique une contrepartie de lumière et d’ombre, de silhouettes et de suggestion, et non des corps en désordre immergés dans un monde rétif. Ce que ces nouvelles représentations dès lors apportent, c’est la distance nouvelle avec laquelle il est permis de juger de cette production – et ainsi de mieux vérifier ce qu’elle doit à son temps, à la culture même de son commanditaire (Mortier), et à la simple imagination de ses inventeurs, à leur sensibilité, à ce qu’ils savent et imaginent de <em>Tristan</em>. Or c’est bien ce dernier aspect qui désormais s’impose.</p>
<p>			Ainsi, la notion de « rituel » qui si souvent a défini cette vision n’est pas fausse, en ce qu’elle décrit une approche où le cérémoniel s’impose au corps et les contraint, où la codification gestuelle désavoue le naturel. Encore ce rituel doit-il célébrer quelque chose. Ce n’est pas le cas chez Sellars. La codification hiératique n’est pas au service d’une continuité dramaturgique – ne serait-ce que parce que <em>Tristan</em> n’est pas <em>Parsifal</em>. Si rituel il y a c’est un rituel tragique. C’est-à-dire la pleine conscience qui hante les protagonistes que le destin anéantit leurs velléités et supprime toute liberté. De là ces postures et cette raideur. De là des images qui sont comme la transcription visible d’impressions intérieures que la réalité terre à terre (l’écran surplombe le plateau) dénonce et évince. Œuvre par excellence du désenchantement et de la désillusion, <em>Tristan</em> opposerait ainsi des aspirations oniriques (les images) à une tristesse du réel (le plateau, avec ses cages lumineuses que sont les rectangles projetés au sol). Explicitation presque clinique de cette ambivalence dramatique, la mise en scène de Sellars est dissection plus encore qu’elle n’est rituel ; elle est imagerie plus qu’elle n’est théâtre. La fascination qu’elle exerce est de l’ordre de l’hypnose, car nous-mêmes sommes pris dans cette glaciation de l’imaginaire au profit d’une réalité qui, tel Melot poignardant Tristan dans le dos, nous abuse et nous déçoit.</p>
<p>			A cela, il faut des protagonistes à même d’exprimer non seulement leur condition tragique mais la possible exubérance d’âme qui leur est si brutalement refusée. <strong>Violeta Urmana </strong>et <strong>Robert Dean Smith</strong> y réussissent avec éclat. La soprano lituanienne qui nous avait déçu dans ses dernières prestations in loco (Santuzza, Gioconda) s’impose comme une très grande Isolde. Le velouté de sa voix, la solidité absolue de l’instrument, l’intensité de la présence font de son Isolde une héroïne fière et forte, mais d’une tendresse et d’une chaleur constantes. Robert Dean Smith est un Tristan bouleversant de retenue et de subtilité musicale. Le duo du II est d’un cantabile, d’une intériorité, exceptionnels. L’énergie déployée au III par les deux protagonistes n’est pas performance physique, mais déchirure ; le pansement douloureusement est arraché.</p>
<p>			Franz-Josef Selig est l’incarnation même de l’esprit de cette production, où il apparaît depuis sa création. Son Roi Marke est immense de douceur amuïe. Il est rejoint dans cette dimension par une <strong>Janina Baechle</strong> qui, par la vibration, l’intensité, est la sœur d’Isolde – ou son ange-gardien impuissant.</p>
<p><strong>Jochen Schmeckenbecher</strong> campe, lui, un Kurwenal bonhomme et brave, explicitement détaché de ce qui tourmente son maître. <strong> Dietmar Kerschbaum</strong> est un marin touchant. <strong>Raimund Nolte</strong> est un Melot efficace. Les chœurs de l’Opéra de Paris, préparés par <strong>Patrick Marie Aubert</strong>, et répartis dans la salle rééditent l’admirable performance du <em>Hollandais</em> et du concert donné en mars 2013. En quelques saisons, ce chœur aura acquis dans ce répertoire une maîtrise et une qualité simplement réjouissantes. Connu pour sa connaissance approfondie du répertoire français, Patrick Marie Aubert aura ainsi révélé ses affinités évidentes avec le répertoire wagnérien, pour le plus grand profit du public parisien.</p>
<p><strong>Philippe Jordan</strong> est chez lui dans ce répertoire. Il modèle l’orchestre de l’Opéra en pleine pâte, sans jamais céder à la complaisance sonore : tout est respiration, ligne, et récit. La symbiose avec les chanteurs est permanente, palpable – ensorcelante. C’est lui qui alimente le foyer du spectacle, et fait brûler ce que la production, avec un chef moins engagé, pourrait menacer d’éteindre, surtout dans l’espace si vaste de Bastille.</p>
<p>			L’avenir de cette production au sein du répertoire de l’Opéra de Paris n’est pas certain, tant pour des raisons juridiques que pour des raisons évidentes d’amortissement. A n’en pas douter, elle restera comme un jalon marquant de l’histoire de l‘esthétique wagnérienne.<br />
			 </p>
<p>			 </p>
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		<title>SCHÖNBERG, Gurrelieder — Paris (Pleyel)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gurrelieder-paris-pleyel-le-triomphe-de-salonen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Mar 2014 22:11:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  « Qu’on se promène de nuit dans une grande ville : partout on entend des instruments se faire violer avec une fureur solennelle – le tout entremêlé de sauvages hurlements. Qu’est-ce donc ? Les adolescents, qui sont en train de faire leurs dévotions à Wagner. » L’amer constat de Nietzsche (Wagner provoque la « &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			« <em>Qu’on se promène de nuit dans une grande ville : partout on entend des instruments se faire violer avec une fureur solennelle – le tout entremêlé de sauvages hurlements. Qu’est-ce donc ? Les adolescents, qui sont en train de faire leurs dévotions à Wagner. </em>» L’amer constat de Nietzsche (Wagner provoque la « corruption du goût » et la « corruption des idées » de la jeunesse) a un fond de vérité : le wagnérisme, avec toutes les poses et les imitations qu’il implique, a servi de table d’apprentissage à maints compositeurs dont les premières œuvres datent de la fin du XIXe siècle. Débuts de Bruckner, de Mahler, de Pfitzner, placés sous l’égide, momentanément indépassable, du Leitmotiv. Débuts aussi de Schoenberg qui entreprit, à 25 ans à peine, l’écriture de ses gigantesques <em>Gurrelieder</em>. Comme il se doit, les musiciens forment une foule compacte (150 instrumentistes, 160 choristes, 6 solistes), au service d’une trame où l’amour se mêle à la mort, dans un statisme hautement symbolique qui regarde sans vergogne vers <em>Tristan</em>. Les <em>Gurrelieder</em> sont pourtant bien plus qu’un pêché de jeunesse. Les textures sonores minérales (le prélude !), qui raffinent heureusement les boursouflures que l’on perçoit encore par moments, montrent un art trop puissant pour avoir Wagner comme seule aube : les chœurs, dans la troisième partie, ont un parfum « Sturm und Drang » qui n’est pas sans rappeler le Schumann des <em>Scènes de Faust</em>, auquel une bonne dose d’expressionisme aurait été ajoutée opportunément.</p>
<p>
			Le romantisme, le Jugendstill, la seconde école de Vienne et jusqu’aux prémisses de l’atonalisme : c’est donc tout cela qu’il faut saisir, dans les<em> Gurrelieder</em>, et c’est tout cela que les interprètes doivent laisser entendre. Pour guider l’Orchestre Philharmonique de Radio-France dans cette tâche hors-norme, qui mieux qu’<strong>Esa-Pekka Salonen</strong> ? On sait le talent incomparable du chef-compositeur pour rendre limpides les partitions les plus délicates. Prompte à construire une véritable narration musicale, sa battue, tout à la fois précise et passionnée, sécurise et galvanise dans un même mouvement des musiciens chauffés à blanc, portés à un niveau exceptionnel, chez eux dans le déploiement de sonorités oniriques comme dans le brutal martellement des passages les plus percussifs de l’œuvre, enchaînant les climats, dans l’interlude qui précède « Tauben von Gurre », avec une virtuosité stupéfiante. Une même excellence anime les forces conjuguées des chœurs de Radio-France et de la Radio de Leipzig, que des parties extrêmement divisées ne perdent jamais : le chœur final, dans ces conditions, est de ces moments de musique qui vous laissent hagard.</p>
<p>			C’est des solistes que viennent alors les seules réserves à exprimer. Presque personne, depuis Ben Heppner, n’a su trouver le mélange de lyrisme et d’héroïsme, l’aisance dans l’aigu comme dans le grave qu’exige Waldemar ; on ne saurait dire si <strong>Robert Dean Smith </strong>y est parvenu, dont la voix émerge à peine du maelström sonore. Si <strong>Katarina Dalayma</strong>n n’a pas ce problème, et si elle montre, une fois de plus, une magnifique texture de timbre, on rêverait, dans l’idéal, d’une Tove au chant plus lyrique – et au Si aigu plus libre. Grande voix aux intonations parfois engorgées, <strong>Michelle De Young</strong> réussit, heureusement, un Lied ambigu et inquiétant, superbement engagé. Tandis que <strong>Gabor Bretz</strong> et <strong>Wolfgang Ablinger-Sperrhacke</strong> apportent une touche bienvenue d’ironie et de burlesque à l’ensemble,<strong> Barbara Sukowa </strong>saisit, ce soir comme dans son enregistrement avec Claudio Abbado, tout ce que <em>Pierrot Lunaire</em> doit à la partie du récitant. Triomphe d’une salle comble et comblée : c’est bien le moins.<br />
			 <br />
			 </p>
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		<title>Récital Wagner — Paris (Pleyel)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/casadesus-prolonge-lannee-wagner/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Feb 2014 06:11:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Quelques semaines après la fin de l’année Wagner, le compositeur du Ring ne semble plus faire recette dans une Salle Pleyel modérément remplie, samedi soir, à l’occasion d’une soirée consacrée à quelques fameux extraits. Les Grandes Voix ont pourtant mis les petits plats dans les grands, en conviant pour l’occasion Anja Kampe, Sieglinde pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Quelques semaines après la fin de l’année Wagner, le compositeur du <em>Ring</em> ne semble plus faire recette dans une Salle Pleyel modérément remplie, samedi soir, à l’occasion d’une soirée consacrée à quelques fameux extraits. Les Grandes Voix ont pourtant mis les petits plats dans les grands, en conviant pour l’occasion<strong> Anja Kampe</strong>, Sieglinde pour Gergiev au disque, bientôt pour Kirill Petrenko à Bayreuth, Senta et Leonore (<em>Fidelio</em>) à Munich, à Londres et à Vienne, mais curieusement absente des scènes parisiennes, si l’on excepte une Walkyrie en concert, il y a deux ans, au Théâtre des Champs-Elysées. Sa voix claire mais puissamment projetée, donne d’emblée à « Der Männer Sippe » un opportun mélange de jeunesse et de gravité, qui s’amalgament et s’abandonnent dans un « Du bist der Lenz » d’une belle plénitude, caresse l’oreille du spectateur le plus délicat. Isolde, que la cantatrice n’a pas encore osée, la dépasse pour le moment : en écoutant ce chant si profondément lyrique se plier aux écarts du duo deuxième acte, avant de se lancer, à volume et à souffle perdus, dans la <em>Liebestod</em>, on se réjouit que les pages les plus dramatiques du premier acte n’aient pas été tentées. C’est égal, cette belle artiste a obtenu du public parisien les ovations qu’elle reçoit et mérite aux quatre coins du monde, et c’est justice.</p>
<p>			Si l’on se réjouissait d’entendre à ses côtés Gary Lehman, l’annonce de sa défection, puis de son remplacement par <strong>Robert Dean Smith</strong>, a laissé plus dubitatif, la grande musicalité du ténor américain n’ayant pas toujours suffi à convaincre qu’il avait pleinement le format d’un héros wagnérien. La tessiture de Siegmund, bien sûr, ne lui pose pas de problème, et il assure sans difficulté de longs « Wälse ! » à la fin d’ « Ein Schwert verhiess mir der Vater ». Mais à cette voix parfois métallique, il manque une étoffe, à cette technique parfois appliquée, un panache, à la probité de l’artiste, une insolence que l’on ne trouvera pas plus dans son Tristan, personnage qu’il s’apprête à retrouver au printemps à l’Opéra Bastille : là, les moyens atteignent leurs limites naturelles, et la sensualité morbide du duo peine à se faire bien entendre.</p>
<p>			Quand les voix faiblissent, c’est vers l’orchestre que l’on se tourne : le geste à la fois exalté et précis de Jean-Claude Casadesus, au pupitre, obtient de musiciens incandescents, une<em> Walkyrie</em> rageuse puis, surtout, un <em>Tristan </em>passionné, théâtral, vibrant, les préludes des premier et dernier actes permettant de mesurer les splendeurs instrumentales dont est capable la formation lilloise. A peine quitté son siège, on se dit qu’on reprendrait bien d’une deuxième année Wagner…</p>
<p>			 </p>
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		<title>STRAUSS, Ariadne auf Naxos — Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ariadne-auf-naxos-baden-baden-lafficheur-ne-tient-pas-toutes-ses-promesses/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Feb 2012 14:37:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>    Nouvelle production d’Ariadne auf Naxos au Festspielhaus de Baden-Baden avec une affiche prestigieuse : Fleming, Koch, Thielemann et même le vétéran René Kollo en Intendant. D’où vient alors ce sentiment de demi-déception à l’issue de la représentation ? Peut-être en premier lieu de la mise en scène de Philippe Arlaud bien sage, trop sage même. &#8230;</p>
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					Nouvelle production d’<em>Ariadne auf Naxos au </em>Festspielhaus de Baden-Baden <em>avec </em>une affiche prestigieuse : Fleming, Koch, Thielemann et même le vétéran René Kollo en Intendant. D’où vient alors ce sentiment de demi-déception à l’issue de la représentation ?</p>
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					Peut-être en premier lieu de la mise en scène de <strong>Philippe Arlaud</strong> bien sage, trop sage même. Arlaud le confiait à Catherine Jordy <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=3433&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01dateformat=%25d-%25m-%25Y&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=37">ici même</a><em> : Ariadne auf Naxos</em> est l’un des opéras « des plus faciles à aborder », soit, mais est-ce une raison pour en faire si peu ? Car hormis quelques bonnes idées (tous les éléments loués par le riche propriétaire pour le spectacle qu’il a commandé sont encore dans des caisses plus ou moins déballées, les ballons gonflés à l’hélium de la troupe italienne, le compositeur juché sur le piano telle une île déserte à la fin du Prologue, etc.), tout paraît pris au premier degré. On est loin des véritables réflexions sur l’œuvre qu’ont pu offrir un Robert Carsen ou un Claus Guth par exemple.</p>
<p>				La direction d’acteurs est certes soignée, mais chaque personnage est stéréotypé voire caricatural : la prima donna du Prologue fait la diva à outrance, le compositeur s’énerve beaucoup et le majordome est presque insupportable (qui plus est campé par un <strong>René Kollo</strong> en faisant des tonnes et aboyant un peu trop sa partie&#8230;). Mais ailleurs, il ne se passe pas grand chose, que ce soit dans le grand air de Zerbinette ou dans le duo final (même si « l’envol » des chaises est poétique). On comprend la ligne directrice du travail de Philippe Arlaud : une épure progressive, mais tout cela reste assez inoffensif. Il serait peut-être temps pour le Festspielhaus d’inviter des metteurs en scènes ayant une plus forte personnalité (Arlaud est invité presque chaque année et, pour l’heure, ne nous a jamais transcendé&#8230;)<br />
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					On ne pourra pas faire le même reproche de manque de caractère à l’équipe musicale, à commencer par <strong>Christian Thielemann</strong>, l’exemple même du chef qui ne laisse pas indifférent ! Nous sommes personnellement partagé par ce chef qui a l’habitude d’alterner au sein d’une même soirée de véritables moments inspirés à une battue relâchée ou lourde. Thielemann opère ainsi un superbe travail sur la pâte orchestrale si particulière de cet opéra « de chambre » et il excelle dans les moments élégiaques. Par contre, la farce ne lui réussit guère et l’on ne s’amuse que bien peu lors des scènes italiennes. Et puis, toujours ce pêché mignon : un geste lourd et surligné. Il en est ainsi, par exemple, des timbales introduisant les interventions du majordome : elles conviendraient fort bien pour le final de la Troisième symphonie de Mahler mais paraissent disproportionnées ici.</p>
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					Attendait-on trop de <strong>René Fleming </strong>? Elle déçoit aussi et ce n’est que dans le duo final que la chanteuse américaine semble se lâcher enfin et qu’elle ne se contente plus, comme auparavant, de ne faire que de beaux sons (mais quels beaux sons !). Un peu tard. Serait-ce le remarquable <strong>Robert Dean-Smith</strong> qui la sort de sa torpeur ? Le ténor tient en effet crânement sa partie réputée pourtant inchantable et ce, sans mièvrerie. <strong>Sophie Koch</strong> est, de même, impeccable. Mieux : elle est proche de la perfection et on voit mal qui pourrait mieux chanter ce rôle aujourd’hui. Le timbre est splendide, le legato à se damner, les aigus triomphants et la caractérisation pleine de fougue et de force. C’est d’ailleurs elle qui obtient la plus grande ovation au rideau. Car avec <strong>Jane Archibald</strong>, on est un cran en dessous en termes de classe. On n’a pourtant que peu de reproches à faire à cette Zerbinette sur le plan vocal (si ce n’est qu’elle escamote les trilles et que la voix semble parfois se rétrécir dans l’extrême aigu) mais on s’ennuie quelque peu&#8230; Pas de quoi offrir une ovation après son grand air, surtout lorsque l’on a eu le bonheur d’entendre Diana Damrau dans le même rôle par le passé&#8230;</p>
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					Les acolytes de Zerbinette sont en revanche très bons, notamment un élégant Harlekin de <strong>Nikolay Borchev</strong>, tout comme les seconds rôles, très soignés. Il en est ainsi du beau Maître de Musique de <strong>Eike Wilm Schulte</strong> ou des trois voix féminines qui accompagnent Ariadne (Naïade, Dryade, Echo).</p>
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					Et terminons sur une dernière touche positive : l’admirable orchestre de la <strong>Staatskapelle de Dresde</strong> qui comble tant par sa sonorité que par la qualité de ses solistes (c’est à dire pratiquement tout le monde dans cette œuvre !).</p>
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