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	<title>Jean-Philippe DESROUSSEAUX - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 17 Oct 2023 15:21:24 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Jean-Philippe DESROUSSEAUX - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PURCELL, The Fairy Queen — Tourcoing</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Mar 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deux ans après avoir rendu tout son lustre à l’Étoile de Chabrier, Alexis Kossenko et Jean-Philippe Desrousseaux viennent de relever un autre défi de taille : monter la Fairy Queen de Purcell en restituant la dimension théâtrale de ce semi-opéra, forme hybride parfois désignée en anglais par le terme ambigue et où la musique s&#8217;insère dans un drame parlé. Il s’agit ni plus ni moins &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Deux ans après avoir rendu tout son lustre à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/letoile-tourcoing-il-en-faut-peu-pour-etre-heureux">l’<em>Étoile </em>de Chabrier</a>, <strong>Alexis Kossenko</strong> et <strong>Jean-Philippe Desrousseaux </strong>viennent de relever un autre défi de taille : monter la <em>Fairy Queen</em> de Purcell en restituant la dimension théâtrale de ce semi-opéra, forme hybride parfois désignée en anglais par le terme <em>ambigue </em>et où la musique s&rsquo;insère dans un drame parlé. Il s’agit ni plus ni moins d’un coup de maître et quelques mots d’explication ne seront pas inutiles pour prendre la mesure de cette prouesse. </p>
<p> </p>
<p><em>Shocking</em> ! Si la pratique semble aujourd’hui devenue la norme et ne surprend plus personne, jouer<em>The Fairy Queen </em>sans ses dialogues parlés aurait provoqué un scandale du temps de Purcell. Ses contemporains prisaient par trop le théâtre pour goûter une succession de divertissements (<i>masks) </i>sans queue ni tête et n&rsquo;appréciaient guère l&rsquo;idée d&rsquo;un drame exclusivement chanté. Les tentatives d’imposer l’opéra, même en langue anglaise, furent longtemps vouées à l’échec et il faudra attendre Haendel pour que le genre commence véritablement à s’imposer à Londres. Jouer une<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/psyche-hardelot-semi-opera-mais-reussite-totale"> <em>Psyche</em> </a>(Locke) sans Psyche, comme Sébastien Daucé l’a magnifiquement osé, ou une <em>Fairy Queen</em> sans Obéron et Titiana représente un contresens dramaturgique que le public de l’époque n’aurait certainement jamais supporté. Toutefois, les producteurs modernes se heurtent à des obstacles épineux et ont d’ailleurs pris l’habitude de les éluder. Donnée dans son intégralité, <em>The Fairy Queen </em>durerait près de cinq heures et nécessiterait dix-sept comédiens ! Sans parler des danses nombreuses dont Purcell confiait la chorégraphie au maître à danser le plus populaire du royaume, Josias Priest. La barrière de la langue constitue un écueil supplémentaire qui, d’ailleurs, n’était sans doute pas étranger à l’accueil mitigé reçu par l’<em>I<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/the-indian-queen-lille-purcell-enfin-rendu-au-theatre">ndian Queen</a></em> superbement jouée à Lille en 2019.</p>
<p>D’entrée de jeu, Coing (Quint), un des artisans qui s’apprêtent à répéter une tragédie, s’adresse à l’auditoire en français, idiome qu’utiliseront également les autres protagonistes, au premier rang desquels Obéron et Titania. Certes, la partie déclamée se trouve considérablement réduite, mais elle suffit à éclairer l’imbroglio amoureux et les principaux ressorts de la pièce, concourant à la fois à la lisibilité et à la cohérence du spectacle. S’écarter de la lettre tout en préservant l’esprit de l’ouvrage : c’est le tour de force de cette adaptation, délicieusement enjouée et bien rythmée. La mécanique du rire est une mécanique de haute précision, en l’occurrence impeccablement réglée par Jean-Philippe Desrousseaux, qui l’interrompt à point nommé au profit de l’émotion et des échappées oniriques que ménage la partition de Purcell. Théâtre et musique avancent de concert au gré d’une approche très fusionnelle dont témoignent en particulier certains fondus enchaînés où l’orchestre se superpose sans les couvrir aux répliques des acteurs pour commencer l’introduction de l’air suivant, estompant les coutures de cet extravagant manteau d’Arlequin. </p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/the_fairy_queen_production_2022_atelier_lyrique_de_tourcoing_c_frederic_iovino-1596.jpg?itok=C9-o-_SR" title="Linfeng Zhu (Mortdefaim), Steven Player (Margaret Thatcher) et Victor Duclos (Jardinier) © Frédéric Iovino " width="468" /><br />
	Linfeng Zhu (Mortdefaim), Steven Player (Margaret Thatcher) et Victor Duclos (Jardinier) © Frédéric Iovino </p>
<p>Il faudrait disposer de moyens faramineux pour renouer avec les fastes de la création au Queen’s Theatre en 1692 et ses changements de décor à vue – démons et furies jaillissant de trappes et divinités descendant du ciel sur des chars dorés. Sans surprise, l’Atelier Lyrique ne s’est pas lancé dans cette aventure périlleuse. <em>The Fairy Queen </em>se déroule dans les ruines de la cathédrale de Coventry : une unité de lieu propice pour démêler les fils de l’intrigue. Nos apprentis tragédiens sont interrompus en pleine répétition par des étudiantes d’Oxford bientôt rejointes par Elizabeth II (<strong>Chantal Cousin</strong>), dans un emblématique ensemble fuschia (signé <strong>Alice Touvet</strong>), Margaret Thatcher en tailleur bleu, <em>of course</em>, sa rigidité offrant un contraste savoureux avec l’allure débonnaire d’un Boris Johnson plus vrai que nature (Alain Buet). Dans ses notes d’intention, Desrousseaux affirme vouloir rendre hommage à l’univers de Shakespeare, singulièrement ses mises en abyme où les acteurs deviennent spectateurs, et décocher « un clin d’œil à l’anglomanie. » En vérité, le goût immodéré pour tout ce qui est anglais est à peine évoqué. Le metteur en scène convoque plutôt certaines images d’Épinal et nous déride en brocardant les <em>people</em>, gentiment irrévérencieux à l’endroit même de la souveraine qui compulse un mode d’emploi du Brexit ou ronfle bruyamment. Le dialogue de Corydon et Mopsa au III se transforme ainsi en une course poursuite désopilante où Boris Johnson lutine une Lady Di forcément réfractaire (campée par un travesti, autre œillade au théâtre élisabéthain). Toutefois, une autre figure se détache, muette, mais omniprésente et au charisme singulier : cette Dame de Fer qui se met à danser, toujours raide comme un piquet, sans perdre de sa superbe ni quitter sa sacoche (dans un premier temps du moins), d’où elle sortira compulsivement un nécessaire à thé. C’est une idée de génie d’avoir fait appel au chorégraphe britannique <strong>Steven Player</strong> pour intégrer la danse au projet et composer ce personnage totalement décalé, autonome comme un <em>mask</em>, un show dans le show, fascinant.</p>
<p>Musicalement, une fois n’est pas coutume, il nous faut d’abord mentionner la parure instrumentale de cette <em>Fairy Queen</em> car le bonheur réside dès les premières mesures dans la fosse – mais il investira rapidement aussi le plateau – où Alexis Kossenko<strong> </strong>nous a concocté un festin inédit. Tournant résolument le dos à l’approche italienne de l’orchestre purcellien, il s’appuie sur l’héritage insulaire du <em>consort</em>, caractérisé par « une écriture très contrapuntique dont les voix sont d’importance rigoureusement égale » pour « ré-équilibrer toutes les parties sans en pénaliser aucune ». Il a également pris en compte l’influence prépondérante de la musique française, favorisée par la Cour et exercée par les artistes émigrés entre 1660 et 1690. <strong>Les Ambassadeurs – La Grande Écurie </strong>réunissent donc l’effectif d’une bande de violons « en tous points proportionnée », soit trois quatre instruments par partie (violons I, violons II, alti et basses de violons). L’usage des basses de violons (forme originale du violoncelle) ne s’effacera qu’après 1700 et leur sonorité profonde, relève Alexis Kossenko, rend inutile le recours à des contrebasses. De fait, certains passages de <em>Fairy Queen </em>révèlent particulièrement bien leur ampleur comme leur envoûtante noirceur.   </p>
<p>Le chef a également choisi le diapason grave (la = 392) importé de France et c’est un pupitre complet de hautbois, avec le rare hautbois ténor, qui double les cordes ou alterne avec elles. Cerise sur le gâteau, les trompettes naturelles (<strong>Jean-François Madeuf</strong>, <strong>Jean-Daniel Souchon</strong>), fort sollicitées dans <em>The Fairy Queen</em>, rutilent comme jamais, parfois même au risque de voler la vedette à l’orchestre. Le continuo (gambe, clavecin et théorbe), qui rivalise d’éloquence avec les solistes du chant, est judicieusement placé côté cour et d’autres musiciens investissent aussi ponctuellement la scène comme le hautbois accompagnant la voix dans <em>The Plaint</em> (<strong>Antoine Torunczyk</strong>). Nous nous attendions au violon, mais Purcell a bel et bien jeté son dévolu sur un hautbois, lui destinant « probablement le premier solo d’importance écrit pour lui en Angleterre », observe Alexis Kossenko. Rien de puriste dans ce choix, mais, au-delà de l’hédonisme sonore, une conscience aiguë, n’en doutons pas, de l’impact de la couleur sur le climat d’une page. Sa sensibilité transparaît aussi dans les mouvements lents et fort brefs qui distillent une atmosphère de rêve éveillé et dont il exalte la poésie extraordinairement suggestive, subtilisant les textures, affinant les nuances dynamiques (l’arrivée de la Nuit ou l’entrée de l’Hiver). S’il lui arrive d’étirer un <em>tempo </em>(<em>The Plaint</em>), il peut aussi cravacher ses troupes, mais cette fébrilité ne compromet jamais l’articulation ni la précision du geste. </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/the_fairy_queen_production_2022_atelier_lyrique_de_tourcoing_c_frederic_iovino-0135.jpg?itok=FbyEc29I" title="Victor Duclos (Lysandre) et Rachel Redmond (La Bonne) © Frédéric Iovino " width="311" /><br />
	Victor Duclos (Lysandre) et Rachel Redmond (La Bonne) © Frédéric Iovino </p>
<p>Autre option historiquement plausible : confier les airs pour <em>countertenor </em>à un ténor aigu et non à un falsettiste (contre-ténor), a fortiori à ce diapason. Des ténors hautes-contre figuraient d’ailleurs parmi les musiciens français qui émigrèrent en Angleterre au XVIIe siècle et la musique de <em>The </em><em>Fairy Queen</em> évolue dans une tessiture confortable pour un ténor, contrairement à certaines autres pièces pour <em>countertenor </em>de Purcell. Il suffit d’écouter « One charming night » pour s’en convaincre : la voix de <strong>Robert Getchell</strong> s’élève et s’ouvre quand, sur ces mêmes notes, celles de la plupart des falsettistes manquent de projection et paraissent ternes. Si, à nos oreilles, il ne confère pas vraiment « du brillant et de la vaillance » (A. Kossenko) aux parties dont il hérite, sa préciosité sied plutôt bien au lascif roi des fées ici harnaché comme un général d’opérette. Cantonnée scéniquement au rôle de Bonne, <strong>Rachel Redmond</strong> prend sa revanche sur le plan musical. Rien d&rsquo;étonnant chez cette purcellienne de haut vol – souvenez-vous de son merveilleux album <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/a-fancy-fantasy-on-english-airs-tunes-pour-affronter-lhiver-ecoutez-a-fancy"><em>A Fancy </em></a>avec le Caravansérail. Son soprano délié et frais comme la rosée illumine tout ce qu’elle chante et l’air de la Nuit (« See, even Night herself is here ») n&rsquo;a jamais été aussi voluptueusement phrasé. </p>
<p>La reine des Fées s&rsquo;exprime par le mezzo clair et satiné de <strong>Coline Dutilleul</strong>. Alors que « Ye gentle spirits of the air » flatte son velours et laisse entrevoir une flexibilité prometteuse, sa lecture à la fois habitée et sophistiquée de <em>The Plaint </em>(« O let me ever, ever weep ») éveille davantage encore notre intérêt. En outre, l’actrice s’empare avec brio de Titania, impérieuse et vamp à souhait. Un nom à retenir ! Vétéran de la distribution, <strong>Alain Buet</strong> signe une prestation infiniment délectable. Bluffant en Boris Johnson, il nous régale en Drunken Poet harcelé par les jouvencelles d’Oxford, puis son baryton toujours enveloppant nous offre un pur moment de grâce avec « Hush, no more » (Sleep), heureusement prolongé en compagnie du chœur (<strong>Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing</strong>) – autre héros de cette belle réussite collégiale dont la performance culmine dans l’allégresse du dernier acte. Aussi drôle en Puck étourdi qu’en Lady Di roulant des yeux effarés, <strong>Benedict Hymas</strong> – à ne pas confondre avec <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/semele-et-maintenant-les-planches">Hugo</a>, son frère, lui aussi ténor – manque un peu de nerf dans l’air de Phoebus (« When a cruel long winter ») mais affiche une autre vigueur dans celui d’Autumn (« See, see my many coloured fields »). <strong>Vincent Violette</strong> campe un Coing haut en couleurs et sa verve nous captive immédiatement. Métamorphosés en jeunes premiers ou en dulcinées, ses compagnons sont tout aussi dégourdis et truculents : le Lysandre dandy de <strong>Victor Duclos</strong>, l’Héléna de <strong>François Mulard</strong> avec son air de Tony Curtis dans <em>Certains l’aiment chaud </em>ou encore l’Hermia survoltée de <strong>Linfeng Zhu. </strong></p>
<p>Le théâtre musical anglais est trop rarement donné pour ne pas signaler que L&rsquo;Ensemble Correspondance reprendra <em>Cupid and Death</em>, le <em>mask </em>de Shirley, Gibbons et Locke au Théâtre Raymond Devos le 19 mars à 17h00. </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>L&#8217;Etoile brillera à Tourcoing</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/letoile-brillera-a-tourcoing/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Feb 2020 15:15:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après l&#8217;empereur Titus et sa clémence la saison passée, c’est au roi Ouf Ier et à sa démence que l’atelier lyrique de Tourcoing s’intéresse : un changement de régime et de style radical que cette Etoile de Chabrier, mise en scène par Jean-Philippe Desrousseaux et dirigée par Alexis Kossenko, à l’affiche du 7 au 11 février. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après l&#8217;empereur Titus et sa clémence la saison passée, c’est au roi Ouf I<sup>er</sup> et à sa démence que l’atelier lyrique de Tourcoing s’intéresse : un changement de régime et de style radical que cette <em>Etoile</em> de Chabrier, mise en scène par <strong>Jean-Philippe Desrousseaux</strong> et dirigée par <strong>Alexis Kossenko</strong>, à l’affiche du 7 au 11 février.</p>
<p>L’occasion d’entendre le Lazuli d’<strong>Ambroisine Bré</strong>, la princesse Laoula d’<strong>Anara Khassenova </strong>ou encore le<strong> </strong>Hérisson de Porc-épic de<strong> Nicolas Rivenq</strong>,<strong> </strong>dont voici déjà quelques images :</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/lZiWA-Z73Do" width="560"></iframe></p>
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		<title>CHABRIER, L&#039;Etoile — Tourcoing</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/letoile-tourcoing-il-en-faut-peu-pour-etre-heureux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Feb 2020 13:47:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Qui a dit qu’il fallait à l’opéra de l’or et des éléphants ? Qui a même osé penser qu’il fallait des stars internationales ? L’Atelier lyrique de Tourcoing vient de prouver qu’il ne faut rien de tel pour proposer la plus réjouissante et la plus enthousiasmante des représentations. Evidemment, L’Etoile de Chabrier n’appelle pas comme Le Trouvère &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Qui a dit qu’il fallait à l’opéra de l’or et des éléphants ? Qui a même osé penser qu’il fallait des stars internationales ? L’Atelier lyrique de Tourcoing vient de prouver qu’il ne faut rien de tel pour proposer la plus réjouissante et la plus enthousiasmante des représentations. Evidemment, <em>L’Etoile</em> de Chabrier n’appelle pas comme <em>Le Trouvère</em> les quatre (ou cinq) plus grands chanteurs du monde, mais il y faut des qualités pas si courantes. Et si <strong>Alexis Kossenko</strong> dirige la Grande Ecurie et la Chambre du Roy, c’est peut-être parce qu’en matière de finesse d’écriture orchestrale et de subtilité harmonique, la musique de l’Auvergnat ne le cède en rien devant celle d’un Rameau. Plus connu dans le baroque, le chef assume pleinement la parodie, le pastiche, le clinquant délibéré et l’orientalisme de pacotille revendiqués par la partition, mais aussi son humour qui fait ici de Chabrier l’héritier direct d’Offenbach.</p>
<p>D’ailleurs, le point de départ de <em>L’Etoile</em> est étrangement semblable à celui de <em>La Périchole </em>: un potentat quelque peu tyrannique se promène incognito dans la ville et désespère de trouver celui de ses habitants qui lui dira du mal du gouvernement. Sauf que le roi Ouf I<sup>er</sup> ne cherche pas la vérité, mais simplement une victime à empaler. Le livret d’Eugène Leterrier et Albert Vanloo est un petit chef-d’œuvre du genre, avec des couplets qui ne dépareraient pas dans <em>L’Amour masqué</em> (« Un mari, ça passe, ça passe… »).</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="294" src="/sites/default/files/styles/large/public/84720826_10157804787740967_9036881464486002688_n.jpg?itok=AN1IF1yg" title="© François-Xavier Guinnepain" width="468" /><br />
	© François-Xavier Guinnepain</p>
<p>Evidemment, encore faut-il trouver la manière de donner à voir l’opéra-bouffe en question. Là où d’autres ont opté pour la transposition vers une époque ou un lieu plus proche des nôtres, <strong>Jean-Philippe Desrousseaux</strong> joue lui aussi le jeu de l’exotisme, comme y invite l’onomastique (Laoula, Siroco, Lazuli….). Pas de décors monumentaux : trois palmiers et quelques pans de murs suffisent pour le village du premier acte, et pour le palais, un discret hommage à <em>Shéhérazade</em> imaginée par Léon Bakst. Quant aux costumes, ils mélangent allègrement tous les pays jadis regroupés sous le vocable d’Orient : djellabas d’Afrique du nord au premier acte, robes de sultanes turques et turbans de l’Inde aux suivants, et même sari pour la toute fin. Seule l’ambassade amenant au roi Ouf sa fiancée est clairement occidentale, avec tenue coloniale pour Hérisson de Porc-Epic et robes à tournure pour les dames. Le démarrage semble un peu trop sage, mais quand arrive un pal un peu plus animé qu’à l’ordinaire et tout droit sorti de certaine gravure de Dürer – on s’en voudrait de gâcher le suspens pour ceux qui assisteront au spectacle le 9 ou le 11 février – le spectateur est conquis, et tout le reste de la soirée engendre une gaieté communicative. Rarement aura-t-on entendu rire d’aussi bon cœur à « Et puis crac » ou « C’est un malheur, un grand malheur ».</p>
<p>Surtout, le spectacle repose sur la parfaite adéquation des interprètes avec leur rôle. Assistant à la mise en scène, <strong>Denis Duval</strong> excelle dans son rôle parlé de Chef de la Police, si brève que soit son intervention. Tapioca particulièrement gâté par la mise en scène, le ténor <strong>Denis Mignien</strong> complète idéalement le quatuor formé par la princesse et sa suite. <strong>Nicolas Rivenq</strong> est irrésistible dans son rôle de diplomate obséquieux et légèrement stupide. <strong>Juliette Raffin-Gay</strong> doit attendre longtemps son air, mais elle s’en acquitte avec beaucoup de classe. Applaudi à Tourcoing <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/pelleas-et-melisande-tourcoing-lakmelisande-on-en-redemande">notamment en Golaud</a>, <strong>Alain Buet </strong>semble d’abord un brin trop sérieux pour incarner l’astrologue Siroco, mais cette impression a vite fait de se dissiper, et l’on savoure ses graves, notamment dans le fameux duo de la Chartreuse verte. <strong>Carl Ghazarossian</strong> trouve en Ouf I<sup>er</sup> un emploi parfaitement à sa mesure, phrasant délicatement les couplets du Pal et soulignant le pseudo belcanto du susdit duo. Mais surtout, on fond littéralement devant les deux rôles principaux. Révélation absolue pour <strong>Anara Khassenova</strong> : cette jeune soprano kazakhe établie en France depuis 2012 pourrait donner à plus d’un des leçons de français chanté, et dit même tout son (copieux) texte parlé sans le moindre accent ! Et tout en ayant la fraîcheur qui convient au personnage, la voix est charnue comme un fruit mûr, avec une parfaite aisance d’un bout à l’autre de la tessiture. Confirmation totale pour <strong>Ambroisine Bré</strong>, jusqu’ici entendue dans de petits rôles baroques, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/alceste-versailles-sans-blague">dans </a><em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/alceste-versailles-sans-blague">Alceste</a> </em>ou <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/isis-beaune-la-vache-qui-pleure"><em>Isis</em> dirigé par Christophe Rousset</a>, par exemple, mais son Lazuli lui permet enfin d’éclater avec un personnage de premier plan où elle comble toutes les espérances qui avaient pu être placées en elle. A l’espièglerie du jeune colporteur elle ajoute un timbre superbe et une diction précise qui donnent à penser qu’elle ira loin et qu’elle n’a pas fini de nous surprendre.</p>
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