<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Emmanuel FRANCO - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/franco-emmanuel/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/franco-emmanuel/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Wed, 29 Jul 2026 20:43:16 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Emmanuel FRANCO - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/franco-emmanuel/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>ROSSINI, La gazza ladra &#8211; Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-la-gazza-ladra-bad-wildbad/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jul 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=218146</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans le panorama des opéras rossiniens, on admet couramment que Guillaume Tell est l’Everest dont la surrection a été précédée de la monumentale Semiramide. Cette production de La gazza ladra vient à point nous rappeler que d’autres sommets ont préparé l’apothéose, par leurs dimensions, leur structure et la place accordée aux chœurs, et cette œuvre &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-la-gazza-ladra-bad-wildbad/"> <span class="screen-reader-text">ROSSINI, La gazza ladra &#8211; Bad Wildbad</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-la-gazza-ladra-bad-wildbad/">ROSSINI, La gazza ladra &#8211; Bad Wildbad</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le panorama des opéras rossiniens, on admet couramment que <em>Guillaume Tell </em>est l’Everest dont la surrection a été précédée de la monumentale <em>Semiramide</em>. Cette production de <em>La gazza ladra </em>vient à point nous rappeler que d’autres sommets ont préparé l’apothéose, par leurs dimensions, leur structure et la place accordée aux chœurs, et cette œuvre est l’un d’eux. Créée à Milan en 1817 elle fut reprise à Naples quand Rossini y triomphait, enrichie en 1819 et 1820 d’airs alternatifs pour Fernando, le déserteur fugitif, et c’est cette version qui est à l’affiche à Bad Wildbad.</p>
<p>Elle est donnée dans la salle restaurée du Kurhaus, dépourvue de fosse comme l’était la Trinkhalle mais ceinte en hauteur d’une galerie que la mise en scène exploitera pour l’épisode de la trouvaille dans le clocher des « larcins » de la pie, trouvaille qui innocentera Ninetta au paroxysme du drame et permettra le dénouement heureux. La scène est pourvue d’un plateau tournant qui sera largement mis à contribution, dès l’ouverture, polluée – il n’y a pas d’autre mot pour le dire – par une pantomime probablement indéchiffrable par qui venait découvrir l’œuvre et, redisons-le inlassablement, c’est à ces néophytes susceptibles de devenir le public de demain qu’une mise en scène devrait d’abord penser. Cette ouverture célébrissime, qui commence comme une de ces marches impériales que Rossini put entendre dans les éphémères royaumes d’Italie de l’empire napoléonien, est magnifiquement exécutée par les musiciens de la Philharmonie Szymanowski de Cracovie, partenaires du festival. La précision de l’exécution, des couleurs, des rythmes, suscitent une ivresse sonore qui n’a rien de gratuit puisqu’elle expose les climats de l’ enchaînement dramatique dans une tension oppressante et délectable. Admirables les percussions, les cors, la flûte, une virtuosité au service de la lecture magistrale d’intensité et de finesse réalisée par <strong>José Miguel Pérez Sierra</strong>. Autre grand moment, la marche funèbre solennelle et implacable qui annonce l’exécution de Ninetta, dont Donizetti saura se souvenir pour <em>Maria Stuarda</em>.</p>
<p>La pantomime décriée regroupe sur scène les chœurs en tenues contemporaines, les hommes vêtus sans recherche, les femmes élégantes comme pour un cocktail, une disparité dont la fonction reste obscure. Deux parallélépipèdes verticaux à jardin et à cour déterminent un cadre de scène et deux autres éléments carrés que l’on déplace à la main ou grâce au plateau tournant peuvent quitter le fond de la scène et pivoter sur eux-mêmes, la face d’abord cachée révélant, par quelques objets déposés dans des niches, l’intérieur de la maison de maître où travaille Ninetta. On comprend que ce dispositif relève de contraintes économiques, mais était-il impossible de suggérer l’ environnement campagnard évoqué par les poires que Fabrizio va cueillir et les fraises récoltées par Ninetta autrement que par une projection aussi indistincte que fugace ?</p>
<p>Pour en finir avec les éléments peu convaincants de la proposition, un mot encore sur les costumes. Lucia, la riche paysanne a priori hostile au mariage de son fils Giannetto avec Ninetta, arbore une robe blanche et noire, les couleurs du plumage de la pie qu’elle a domestiquée. Pour le procès, les femmes sont en noir avec des épaulettes de plumes. Le podestà est en blanc à la campagne, en noir au tribunal, et Giannetto aussi. Le concept peut séduire, mais sa réalisation laisse dubitatif. Et les costumes contemporains détonent dans le contexte historique de l’œuvre, que le récit de Fernando et le rappel solennel du code pénal ne permettent pas d’ignorer.</p>
<p>Cela dit, la direction d’acteurs semble avoir été minutieuse et attentive, et certaines options, comme celle qui montre Fernando tendant les bras au Ciel avec insistance, comme attendant une réponse qui ne viendra pas, ou l’animation scénique lors de la scène du jugement sont particulièrement heureuses.</p>
<p>La distribution regroupe des élèves de l’Académie, qui tous ont déjà du métier, et des artistes confirmés. Parmi les premiers <strong>Gaja Vittoria Pellizzari</strong>, Ernestina la veille, est Lucia, dont l’agitation revêche et les présentions « de classe » finiront par céder à l’évidence de l’ honnêteté de Ninetta pour consentir à l’avoir pour belle-fille. Est-ce à dessein que son maquillage et sa coiffure évoquent  Cruella ? (Pour nous, lorsqu’elle chausse ses lunettes, elle semble la sœur de la comédienne Armelle dans son personnage de bourgeoise coincée.) <strong>Timoteo Bene Junior</strong> passe d’Eusebio à Antonio, le geôlier bienveillant qui pemet à Giannetto de retrouver Ninetta dans sa prison et qui s’épuise à le supplier de s’en aller. <strong>Giovanni Accardi </strong>, le trouble acolyte de Parmenione, est un sobre serviteur du podestat. <strong>Davide Zaccherini</strong>, le comte Alberto de la veille, est tour à tour Isacco, marchand ambulant défini comme un usurier évidemment avare, comme son nom l’indique, et il lance son appel avec la conviction requise, avant d’être un Préfet aussi sobre que nécessaire.</p>
<p>Il y a deux pères dans l’histoire. Fabrizio Vingradito, à en croire son nom, est un bon vivant qui lève volontiers le coude ; il est surtout le père affectueux d’un jeune homme dont il approuve l’amour pour leur servante jeune, jolie et dévouée. La voix nette de <strong>Matteo Torcaso </strong>exprime cette bienveillance, assortie à une gestuelle sobre et appropriée. L’autre est Fernando Villabella, &#8211; la similitude des initiales contribuera à renforcer le soupçon relatif à la malhonnêteté de Ninetta – un homme qui fait carrière dans l’armée. Au retour d’une campagne militaire, il demande une permission pour aller revoir sa fille et, brutalisé par l’officier qui refuse, il lève son épée. Désarmé, il est condamné à mort mais ses camarades l’aident à s’évader et le voici près de Ninetta, dans la situation lamentable d’un fuyard sans ressources et pourchassé. Dans ce rôle pathétique d’homme blessé, énergique mais si vulnérable, <strong>Emannuel Franco </strong>se révèle magistral : la netteté de l’élocution, le contrôle de l’émission, le dosage de l’émotion, vibrante mais jamais excessive, le dramatisme du jeu, pertinent mais contenu, font de cette prestation un élément fort de la représentation.</p>
<p>Un autre élément fort aurait dû être le personnage du podestat, caricature d’un potentat de province qui se croit irrésistiblement séduisant et recourt à la coercition et à la menace envers qui aurait l’audace de lui résister. Ce potentiel de ridicule et d’odieux, <strong>Nathanaël Tavernier </strong>ne l’exploite pas à plein et il propose un entre-deux inférieur aux attentes, avec une retenue scénique qui pourrait indiquer qu’il ne se sent pas à l’aise, en particulier dans l’épisode final où le personnage se rachète par une introspection où il exprime des regrets. C’est dommage car la voix est toujours aussi profonde et étendue que dans nos souvenirs.</p>
<p>Giannetto, le fils de Fabrizio et de Lucia, revient au village délivré des obligations militaires et est accueilli en héros guerrier. Mais il se soucie bien de Mars et de la gloire : son air d’entrée est un chant d’amour, auquel <strong>Patrick Kabongo </strong>confère de sa voix si souple toute l’ardeur et la suavité caressante nécessaires. Dramatiquement il saura incarner les émotions successives, de la sérénité au doute, avec justesse et sobriété. L’autre garçon de la maison est Pippo, un domestique qui semble étranger aux troubles sentimentaux et représenter l’ami idéal, toujours dévoué et fidèle. Ce rôle en travesti trouve en <strong>Francesca Di Sauro </strong>une interprète aussi convaincante que séduisante ; la voix est ronde, très souple, bien projetée, bien timbrée, ses interventions sont délectables et son jeu d’actrice est à la fois sobre, juste et efficace.</p>
<p>Il revenait à <strong>Claudia Muschio </strong>le redoutable rôle de Ninetta, la jeune fille confiante devant la vie, prête au bonheur avec Giannetto, malgré l’hostilité de la mère de ce dernier. Un malheureux concours de circonstance fait de sa vie un cauchemar où elle devient suspectée de vol, accusée et condamnée à mort. Seul un hasard imprévisible l’innocentera in extremis, ce qui désarmera la belle-mère et comme le deus ex machina fera son office – l’amnistie du Roi pour le militaire Fernando – tout est bien qui finit bien. Il est donc demandé à l’interprète d’exprimer une palette étendue de sentiments contrastés, avec des degrés d’intensité croissants. Claudia Muschio relève le défi sans trembler – en tout cas sa voix ne la trahit pas – et sa composition, aussi bien vocale que théâtrale est un sans-faute à saluer.</p>
<p>A quelques nuances près, une escalade menée à bien !</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-la-gazza-ladra-bad-wildbad/">ROSSINI, La gazza ladra &#8211; Bad Wildbad</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ROSSINI, La Cenerentola &#8211; Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-la-cenerentola-bad-wildbad/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Jul 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=195842</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entre la redécouverte de Pierre de Médicis et la version romaine d’Otello avec lieto fine – comprendre que Desdémone ne meurt pas – le festival Rossini de Bad Wildbad programmait une Cenerentola intéressante parce que la titulaire du rôle était Polina Anikina, découverte ici-même et dont l’Isabella l’an dernier avait constitué une révélation. La mise &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-la-cenerentola-bad-wildbad/"> <span class="screen-reader-text">ROSSINI, La Cenerentola &#8211; Bad Wildbad</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-la-cenerentola-bad-wildbad/">ROSSINI, La Cenerentola &#8211; Bad Wildbad</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Entre la redécouverte de <em>Pierre de Médicis </em>et la version romaine d’<em>Otello </em>avec <em>lieto fine</em> – comprendre que Desdémone ne meurt pas – le festival Rossini de Bad Wildbad programmait une <em>Cenerentola </em>intéressante parce que la titulaire du rôle était Polina Anikina, découverte ici-même et dont l’Isabella l’an dernier avait constitué une révélation.</p>
<p>La mise en scène et les décors sont signés de <strong>Jochen Schönleber,</strong> le surintendant, qui se les attribue désormais quasi-systématiquement, peut-être pour des raisons budgétaires. Quand le rideau s’ouvre, un homme pauvrement vêtu, peut-être un SDF, installe un tapis sur le trottoir. Une jeune femme qui porte un paquet veut lui donner l’aumône, il refuse, mais lui fait tirer une carte et lui prédit un bel avenir. En arrière-plan des hommes se croisent, chacun porteur d’un sac. Un groupe de jeunes ( ?) fait irruption sur la scène, brutalise le pauvre, qui doit déguerpir, la jeune fille reparaît, portant deux sacs, l’air épuisé, et le rideau se referme, l’ouverture a été donnée. Par la suite, l’apparition des personnages est accompagnée de projections vidéos qui les représentent dans des cadres dorés et tiennent lieu de décor. Ils ont tous l&rsquo;air ridicules, à l&rsquo;exception de Cenerentola et de Ramiro. La première apparaît, alors que le spectateur la voit sur scène alanguie sur un degré du poêle central, montant dans une voiture à cheval où l’attend un homme jeune, et l’on se dit que c’est la projection du rêve de la jeune fille qui imagine son prince charmant. Mais pourquoi voit-on Don Magnifico avec trois filles alors qu’il vient de renier Cenerentola ? Et pourquoi l&rsquo;homme dans la voiture avait-il les traits de Dandini et non ceux de Ramiro ? La direction d’acteur ne manque pas d’outrer ce qui peut l’être, mais qu’importe, cela plait, cela fait rire, et c’était sans doute le but recherché. Ajoutons pour finir que les accessoires sont mobiles et que les chanteurs, en particulier les choristes, paient de leur personne pour les installer et les enlever.</p>
<p>Les premiers personnages en scène sont les deux sœurs, péronnelles capricieuses et égoïstes. A jardin et à cour, sur deux portants mobiles, s’étale leur imposante garde-robe et elles se pavanent dans leurs atours bling-bling choisis par Claudia Möbius. Les affubler d&rsquo;une perruque blonde pour paraître au bal du prince est une bonne idée, qui explicite leurs modèles et trahit leur fausseté. <strong>Ellada Koller, </strong>soprano, et<strong> Verena Kronbichler</strong>, mezzosoprano, élèves de l’Académie, respectivement Clorinda et Tisbe, se montrent à souhait exubérantes, capricieuses et détestables.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025_cenerentola_28691-scaled-e1753730335859-1000x600.jpg?&amp;cacheBreak=1753781909307" />© Patrick Pfeiffer</pre>
<p>Le vétéran de la distribution est <strong>Filippo Morace</strong>, qui sait par cœur son Don Magnifico et n’a pas à forcer dans le cadre du petit Théâtre Royal. Le rôle est codifié et d’un interprète à l’autre on retrouve la même gamme de mimiques ou de grimaces, l’important étant qu’elles tombent à pic, et c’est le cas.</p>
<p>Dans la scène si drôle où il croit parler au Prince alors que Dandini est retourné à sa condition de domestique, il a pour partenaire <strong>Emmanuel Franco</strong>, dont l’abattage scénique est désormais bien connu, et dont la fraîcheur vocale lui permet de triller et de vocaliser sans relâche, pour notre satisfaction et pour servir au mieux le personnage balourd qui mime la distinction.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025_cenerentola_23061-scaled-e1753729721913-1000x600.jpg?&amp;cacheBreak=1753781909307" />© Patrick Pfeiffer</pre>
<p>Il est le substitut, dans le subterfuge destiné à permettre au prince de s’informer sur la vertueuse personne qui, selon Alidoro, vit dans cette maison, de Don Ramiro. On a le plaisir de retrouver <strong>Patrick</strong> <strong>Kabongo</strong> dans ce rôle dont il ne fait qu’une bouchée délicieuse à savourer pour les auditeurs, avec la retenue et les élans qui rendent le personnage touchant, et l’agilité et l’extension vocale qui donnent cette impression de facilité consubstantielle des exigences rossiniennes.</p>
<p>On attendait <strong>Polina Anikina</strong>, et elle était au rendez-vous : sans doute quelque ajustement sera utile sur certaines notes graves un peu trop poitrinées, mais pour le reste, comment ne pas béer devant cette fraîcheur, cet élan, cette extension vocale, cette agilité, cette virtuosité chez une élève du Conservatoire ? Chère Polina Anikina, si vous continuez sur cette lancée, on n’a pas fini de chanter vos louanges !</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025_cenerentola_22721-scaled-e1753729473173-1000x600.jpg" alt="Ils se sont reconnus !" />© Patrick Pfeiffer</pre>
<p>Dans la fosse, un chef applaudi par les chanteurs, <strong>José Miguel Pérez-Sierra</strong>, qui après son exploit de la veille dans <em>Pierre de Médicis</em>, reprend la routine en dirigeant sa quatrième Cenerentola. Nulle crainte que la répétition émousse sa direction : elle semble par instants survitaminée, et l’on se demande si tous vont suivre, mais aucun n’accident ne se produit, et cette effervescence crée une euphorie dont les spectateurs remercieront  les agents par de longues effusions finales. Il serait injuste de ne pas signaler l’attentive présence de <strong>Gianluca Ascheri</strong> au piano carré.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-la-cenerentola-bad-wildbad/">ROSSINI, La Cenerentola &#8211; Bad Wildbad</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ROSSINI, L&#8217;Italiana in Algeri &#8211; Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-litaliana-in-algeri-bad-wildbad/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jul 2024 03:59:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=168568</guid>

					<description><![CDATA[<p>Belle affluence et beau succès pour cette Italiana in Algeri qu’une intelligente transposition n’altère pas. Isabella n’est plus la rescapée d’un naufrage en mer mais fait partie des concurrents malheureux du Paris-Dakar, comme l’indique sa voiture vraisemblablement ensablée ou/et en panne. Des « corsaires » du désert la conduisent au «döner kebab» qu’on a découvert &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-litaliana-in-algeri-bad-wildbad/"> <span class="screen-reader-text">ROSSINI, L&#8217;Italiana in Algeri &#8211; Bad Wildbad</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-litaliana-in-algeri-bad-wildbad/">ROSSINI, L&rsquo;Italiana in Algeri &#8211; Bad Wildbad</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Belle affluence et beau succès pour cette <em>Italiana in Algeri</em> qu’une intelligente transposition n’altère pas. Isabella n’est plus la rescapée d’un naufrage en mer mais fait partie des concurrents malheureux du Paris-Dakar, comme l’indique sa voiture vraisemblablement ensablée ou/et en panne. Des « corsaires » du désert la conduisent au «döner kebab» qu’on a découvert dans la scène d’introduction et qui appartient à Mustafa. Le lieu est succinct : à cour, un comptoir sur lequel trône la vitrine contenant la broche ; à jardin une table et deux chaises ; en fond de scène une estrade que dévoile un rideau coulissant où apparaîtront tour à tour le bey vautré dans sa puissance sur le canapé et dans la dernière scène le véhicule précité, orienté en sens inverse pour ce départ qui est un retour.</p>
<p>Que ce dispositif soit simple ne signifie pas que la mise en scène de <strong>Jochen Schönleber </strong>soit rudimentaire, au contraire : ainsi dans la vitrine où tourne la broche, apparaissent les visages du bey et de son épouse, et cette vision qui les enferme dans un huis clos en les faisant rôtir à petit feu explicite leur relation. Dans un kebab il y a des broches, et elles apparaîtront à l’évocation du pal ; il y a aussi des hachoirs, et leur maniement par les choristes en tant qu’employés contribueront à l’effroi du pusillanime Taddeo. Et quand on remet au bey une épaisse liasse de billets qu’il compte avec la rapidité d’une machine, il n’y a aucun doute : c’est le patron, avec tous les sous-entendus que l’on voudra. C’est simple mais très efficace, et comme les costumes sont agréables à l’œil – encore que Taddeo soit affublé façon Liberace, était-ce nécessaire ? – cela suffit à notre bonheur. Seule vraie réserve, dans la scène des Pappataci, les spaghettis sur la tête du bey…</p>
<p>Cette sobriété, peut-être fille de la contrainte économique, et la complicité du cadre du Kurtheater, un écrin dont l’acoustique est incomparablement meilleure que celle de la Trinkhalle et dont les dimensions permettent de se concentrer sur le jeu des interprètes, sont des atouts pour la représentation. Tous membres de l’Académie à l’exception d’Emmanuel Franco, talent confirmé qui revient à Bad Wildbad pour le plaisir, les chanteurs font montre d’un engagement qui révèle toute la saveur des personnages et des situations. L’insipide Zulma devient, par la vis comica sous contrôle de <strong>Camilla Carol Farias</strong>, une ardente féministe muselée par sa condition mais dont les mimiques éloquentes sont aussi expressives qu’un discours. La douce Elvira ne perd pas un instant l’occasion de de radoucir Mustafa, et plus elle se fait empressée et prévenante et plus il se renfrogne et la rabroue. Alors elle se lamente, et les harmoniques aigües font de sa plainte une sirène propre à horripiler. Mention bien à <strong>Oksana Vakula&nbsp;</strong>!</p>
<p>Même Haly trouve son épaisseur et prend vie par la verve de <strong>Francesco Bossi</strong>, couronné l’an dernier et revenu se perfectionner, qui capte le public avec son air de sorbetto «&nbsp;le femmine d’Italia&nbsp;». Déjà nommé, <strong>Emmanuel Franco </strong>ne nous fait rien perdre des moindres nuances de Taddeo, cet homme pleutre, mesquin, ridicule et en même temps pitoyable, tant par ses mimiques que par sa voix flexible très bien projetée. Découvert l’an dernier in loco, le ténor <strong>Hyunduk Kim </strong>inquiète un peu au début car on ne retrouve pas la sûreté vocale et l’aplomb qui nous avaient séduit. Mais peu à peu il corrige le vibrato et son Lindoro atteint la qualité d’émission et d’expressivité espérées.</p>
<p>Après la <em>Messa di Gloria </em>on retrouve <strong>Dogukan Özkan</strong>. Comme son nom l’indique il est de famille turque, et on ne niera pas qu’à le voir, haute taille, épaisse barbe noire, on a pensé aux portraits des farouches sultans de la Sublime Porte. Mais cette apparence impressionnante n’est pas un cache-misère pour des dons d’acteur limités : son visage mobile exprime le ressenti avec une finesse précise qui nous a rappelé plusieurs fois le jeu de Lorenzo Regazzo. Quant à la prestation vocale, le rôle tombe exactement dans sa voix, ce qui rend l’écoute délectable puisqu’à aucun moment on ne sent l’effort, et même on trouve superflue la coquetterie qui lui fait couronner l’air « Già d’insolito ardore » par un aigu brillant.</p>
<p>«&nbsp;O che pezzo da Sultano&nbsp;» s’écrie Mustafa en voyant Isabella. Tout est fait, par son costume et sa coiffure, pour que <strong>Polina Anikina </strong>soit à l’image de ce cri du cœur&nbsp;: elle semble sortir des pages d’un magazine et à ce physique de mannequin elle allie une souplesse de danseuse qui lui donne toute la désinvolture scénique nécessaire. Et comme le ramage vaut le plumage, cette chanteuse nous offre une Isabella qui fera date&nbsp;: homogène et corsée, la voix court sans effort sur toute l’étendue de la tessiture, avec l’agilité et la volubilité requises. A aucun moment elle ne recourt aux expédients destinés à pallier quelque faiblesse ponctuelle&nbsp;; certes quelques vocalises n’étaient pas impeccables, mais que cette voix est belle&nbsp;!</p>
<p>Dans la fosse dont l’exigüité contraint des musiciens à occuper des loges d’avant-scène, <strong>José Miguel Pérez-Sierra </strong>glisse sa forte carrure, et ouvre les vannes à l’effervescence d’un tissu orchestral dont les composantes sonores prennent dans l’acoustique de ce théâtre de poche tout leur relief et leur couleur. Il maintient jusqu’au bout cette tension nerveuse qui soutient l’énergie de l’œuvre tout en jouant des ruptures, un peu comme au football, une de ses passions, de brefs ralentissements sont aussitôt suivis d’une accélération fulgurante. Tout l’art est de doser&nbsp;: on doit faire sentir les vibrations sans aller jusqu’au risque de capoter. Cet équilibre sur le fil nous a comblé&nbsp;!</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-litaliana-in-algeri-bad-wildbad/">ROSSINI, L&rsquo;Italiana in Algeri &#8211; Bad Wildbad</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ROSSINI, Adina — Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/adina-bad-wildbad-charmante-convention/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Jul 2022 14:47:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/charmante-convention/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Des « farces », ces courts opéras en un acte, Rossini n’en a plus écrit depuis 1812 quand en décembre 1817 on lui en demande un dans le genre larmoyant pour le Teatro San Carlo de Lisbonne. Le contrat, très rémunérateur, est signé en avril 1818 : le délai de livraison est de deux mois. Or Adina &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/adina-bad-wildbad-charmante-convention/"> <span class="screen-reader-text">ROSSINI, Adina — Bad Wildbad</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/adina-bad-wildbad-charmante-convention/">ROSSINI, Adina — Bad Wildbad</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Des « farces », ces courts opéras en un acte, Rossini n’en a plus écrit depuis 1812 quand en décembre 1817 on lui en demande un dans le genre larmoyant pour le Teatro San Carlo de Lisbonne. Le contrat, très rémunérateur, est signé en avril 1818 : le délai de livraison est de deux mois. Or <em>Adina </em>ne sera finalement créée qu’en 1826. Pourquoi ? Des hypothèses ont été avancées, la destinataire que le commanditaire voulait conquérir aurait quitté la ville, mais est-on aujourd’hui parvenu à des certitudes ? Quant à la composition, les rares versions qui ont survécu aux vicissitudes de l’histoire européenne divergent.</p>
<p><strong>Fabrizio Della Seta</strong>, chargé par la Fondation Rossini d’établir une édition critique, a rassemblé les preuves qui révèlent comment l’œuvre est une sorte de puzzle qui réunit des passages expressément composés pour l’œuvre nouvelle, de nombreux auto-emprunts et des interventions de collaborateurs anonymes. Pour autant des mystères subsistent, en particulier à propos d’un trio dont l’existence est tantôt mentionnée, tantôt niée, dans les deux cas à grand renfort d’arguments. <strong>Reto Müller</strong>, le musicologue du festival Rossini de Bad Wildbad, a opté pour l’insertion d’un trio extrait de <em>La schiava di Bagdad, </em>opéra en deux actes, musique de Pacini, livret de Vittorio Pezzi, créé à Turin en 1820.</p>
<p>On le voit, le sujet était à la mode : Romani, dont la première collaboration avec Rossini remontait à 1813, avait écrit un livret en deux actes que La Scala proposa à Rossini au début de 1817. Il préféra celui de <em>La gazza ladra </em>et conserva vraisemblablement sa copie du livret. Quand l’offre de Lisbonne lui parvint, avec ou sans la permission de Romani, Rossini confia le livret à Bevilacqua Aldobrandini. C’est pourquoi la confrontation révèle clairement que le livret d’<em>Adina</em> est une réduction de celui de Romani, même si Bevilacqua en revendiqua la paternité.</p>
<p>Une chose est certaine : après 1826 l’œuvre a très vite quitté la scène et n’a revu le jour que grâce à la Rossini Renaissance. Pourquoi ? Désaffection pour le genre, ces pièces à sauvetage où un dénouement aussi inattendu que conventionnel sauve in extremis les héros sympathiques ? Ici, un évanouissement providentiel va révéler au calife que cette jeune beauté qu’il voulait épouser et qu’il vient de condamner à mort car elle aime un autre homme n’est autre que sa propre fille jadis disparue. Evidemment il la gracie et l’unit à l’amoureux venu courageusement la délivrer. Tout allait finir dans le sang, tout finit dans les larmes de joie et le soulagement : ni cadavres ni inceste !</p>
<p>La réalisation scénique, comme toujours à Bad Wildbad, a tenu compte de l’exigüité du budget. <strong>Jochen Schönleber</strong>, qui a pris comme assistant pour la mise en scène l’interprète du calife, <strong>Emmanuel Franco</strong>, a aussi conçu le décor unique. Il s’agit d’un panneau en triptyque orné de portraits géants du calife qui représente l’intérieur du sérail. Son ameublement change plusieurs fois sans que l’on en perçoive l’impérieuse nécessité. Il est posé sur une estrade au centre de la scène, et dans le reste de l’espace vont et viennent ceux qui ne sont pas confinés, au premier rang desquels le calife et sa suite, et tous les autres, gardes et domestiques. Derrière le triptyque un panneau joue le rôle d&rsquo;un cadre auquel les lumières donneront des valeurs diverses, d’un bleu céleste au rouge menaçant.</p>
<p>Le calife est interprété par Emmanuel Franco<em>, </em>qui s’est fait la tête de Brejnev dans son uniforme bardé de médailles. Ce fidèle de Bad Wildbad, qui a par ailleurs collaboré à la mise en scène, possède l’extension vocale requise pour ce rôle de baryton basse, la souplesse indispensable pour bien chanter Rossini et le tempérament d’acteur affirmé pour cocher toutes les cases. Le soupirant intrépide cousin du Belmonte de Mozart, c’est <strong>César Arrieta</strong>, déjà présent dans d’autres éditions. Si la tenue scénique est bonne, la tenue vocale nous a moins subjugué : le vibrato est discret mais nous semble insistant, l’extrême aigu est ce soir tendu, et la justesse pas toujours impeccable. Son complice, le jardinier vénal, est campé avec conviction par <strong>Shi Zong</strong>, dont la voix profonde est parfois noyée dans les tonitruances de l’orchestre. Le secrétaire particulier du calife a un <em>aria di sorbetto</em> dont <strong>Aaron Godfrey-Mayes </strong>s’acquitte honorablement.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="339" src="/sites/default/files/styles/large/public/adina_ppp_6397.jpg?itok=CNSiTzDC" title="Scène finale : Adina (Sara Blanch) entre son père (Emmanuel Franco) et son futur époux (César Arrieta) © Patrick Pfeiffer" width="468" /><br />
	Scène finale : Adina (Sara Blanch) entre son père (Emmanuel Franco) et son futur époux (César Arrieta) © Patrick Pfeiffer</p>
<p>De <strong>Sara Blanch</strong>, nous avons déjà vanté les qualités, de sa Matilde de Shabran à sa Marie de <em>La fille du régiment. </em>C’est donc avec plaisir que nous retrouvons sa virtuosité vocale et son sens du théâtre qui lui permettent d’incarner de façon aussi séduisante que convaincante son personnage. On s’interroge bien un peu sur le fait qu’Adina ait été destiné semble-t-il à une voix qu’on dirait aujourd’hui de mezzo clair, Joyce Di Donato par exemple a chanté le rôle à Pesaro dans la reprise, après Alexandrina Pendatchanska qui n’était pas encore Alex Penda. Mais les ressources dans le registre aigu de Sara Blanch sont telles qu’elles ne peuvent que subjuguer, unies à la grâce et à la justesse de l’interprétation.</p>
<p>Il faudra un moment pour jouir sans mélange de la musicalité du chœur masculin du Philharmonique de Cracovie et des musiciens de l&rsquo;orchestre du même nom de la même ville. En effet l&rsquo;orchestration de l&rsquo;introduction est très puissante ; dans le cadre exigu du théâtre de cour, l&rsquo;intensité sonore sature l&rsquo;espace et les choristes bien que placés en bord de scène semblent vociférer sans que cela augmente la clarté de leur discours. Le malheureux Shi Zong en fait les frais, sa voix de bronze disparaissant dans la houle. Heureusement  ces excès ne durent pas et on peut ensuite se laisser porter avec satisfaction par la direction à la fois très précise et très souple de <strong>Luciano Acocella </strong>y compris dans les moments où l&rsquo;orchestre annonce le drame ou le souligne. Le dénouement multiplie les rires complices, et le bonheur est tel que certains spectateurs rechigneront à quitter la salle ! Les fins heureuses ont de l&rsquo;avenir !</p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/adina-bad-wildbad-charmante-convention/">ROSSINI, Adina — Bad Wildbad</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La leçon de chant électro-magnétique / Péchés de vieillesse — Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-lecon-de-chant-electro-magnetique-peches-de-vieillesse-bad-wildbad-lart-de-la-liaison/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Jul 2022 04:00:10 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/l-art-de-la-liaison/</guid>

					<description><![CDATA[<p>En 2019 Forumopéra avait rendu compte, sous la plume de Laurent Bury, de l&#8217;enquête menée par Jérôme Collomb à propos d&#8217;une fantaisie musicale d&#8217;Offenbach intitulée La leçon de chant électro-magnétique. Ce chercheur avait remarqué que l&#8217;existence d&#8217;une édition antérieure à 1867 remettait en cause cette date, retenue pour celle de la création lors d&#8217;une exécution &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-lecon-de-chant-electro-magnetique-peches-de-vieillesse-bad-wildbad-lart-de-la-liaison/"> <span class="screen-reader-text">La leçon de chant électro-magnétique / Péchés de vieillesse — Bad Wildbad</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-lecon-de-chant-electro-magnetique-peches-de-vieillesse-bad-wildbad-lart-de-la-liaison/">La leçon de chant électro-magnétique / Péchés de vieillesse — Bad Wildbad</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2019 Forumopéra avait rendu compte, sous la plume de Laurent Bury, de l&rsquo;enquête menée par <strong>Jérôme Collomb</strong> à propos d&rsquo;une fantaisie musicale d&rsquo;Offenbach intitulée <em>La leçon de chant électro-magnétique. </em>Ce chercheur avait remarqué que<em> </em>l&rsquo;existence d&rsquo;une édition antérieure à 1867 remettait en cause cette date, retenue pour celle de la création lors d&rsquo;une exécution publique en Allemagne. Le fruit de ses recherches ne manque pas de sel : le « Mozart des Champs-Elysées » avait donné cette pochade dans le salon parisien de Rossini lui-même !</p>
<p>Dans le livret en forme de fascicule c&rsquo;est le président de la société Rossini d&rsquo;Allemagne,<strong> Reto</strong> <strong>Müller</strong>, qui raconte par le menu les circonstances ayant conduit le compositeur à retourner vivre à Paris en 1855. Rossini y retrouve les survivants de sa vie antérieure dans la capitale française, artistes et mondains, et dans l’aisance matérielle que sa fortune lui permet, efficacement secondé par une épouse à sa dévotion, il renoue avec une sociabilité propre à éloigner la neurasthénie dont il a souffert. Dans son appartement de Paris d’abord puis dans sa villa de Passy il reçoit régulièrement l&rsquo;élite artistique. Il s&rsquo;agit de faire de la musique entre gens de bonne compagnie. Et c&rsquo;est ainsi que le 11 février 1863 Rossini et ses invités découvrent cette « bouffonnerie musicale ».</p>
<p>La composition musicale est basée sur un texte signé <strong>Ernest Bourget</strong> qui a déjà collaboré avec Offenbach pour des œuvres courtes. Ce littérateur qui a été à l’origine de la naissance de la SACEM, douze ans plus tôt, a imaginé qu’un professeur de chant a inventé une méthode scientifique pour transformer le plomb en or, autrement dit pour transformer en un temps record un chanteur exécrable en interprète exceptionnel. Sous une forme modernisée par le discours à prétention scientifique et progressiste – « électro-magnétique » – est-ce le charlatan de <em>Cosi fan tutte </em>ou de <em>L’elisir d’amore</em> qui se cache ? Non, la méthode semble fonctionner, mais alors le masque tombe : adieu les prétentions artistiques et bonjour l’âpreté mercantile car l’inventeur entend bien s’enrichir gloutonnement en exploitant sa créature !</p>
<p>Comment faire un spectacle de ce bref divertissement de salon ? Jochen Schönleber et Emmanuel Franco ont imaginé de montrer aux spectateurs les deux compositeurs. C’est le pianiste, <strong>Paolo Raffo,  </strong>qui est censé avoir la tête d’Offenbach. A la requête du volubile professeur Toccato, incarné par le vibrionnant  <strong>Emmanuel Franco </strong>il s’installe au clavier. Dans un fauteuil à oreilles tourné de trois quarts vers le fond de scène de façon à le dissimuler au public viendra s’asseoir <strong>Ulrich Maier</strong> qui a l’honneur de représenter Rossini. La vigilante Olympe aurait-elle permis que les hôtes de sa soirée musicale découvrent son illustre époux en robe de chambre ? On nous permettra d’en douter.</p>
<p>Heureusement ces approximations scéniques ne privent pas le spectacle de son intérêt. Puisque l’on sait qu’au cours de ces soirées musicales Rossini donnait la primeur à ses hôtes de ses nouvelles compositions et que des artistes, instrumentistes ou chanteurs, exécutaient devant lui des extraits de ses œuvres, il faut le faire, ce qui permet d’étendre l’impromptu offenbachien aux dimensions d’un court spectacle. C’est ainsi que, sous le prétexte de rassembler du public pour démontrer l’excellence de la méthode le paysan métamorphosé racole en coulisse des personnages qui deviendront les interprètes du « digest » rossinien.</p>
<p>Remy Burnens, qui avait campé avec aplomb le paysan normand dérouté par le discours du professeur sur le modèle des serviteurs moliéresques, dans un tissu de quiproquos et de coq-à-l’âne, – traduits en allemand par <strong>Reto Müller – </strong>déploie sa nouvelle voix dans <em>Le Sylvain</em> et il convainc que la méthode du professeur Toccato fait des miracles. En attendant les contrats mirifiques promis par Toccato il décide de donner une représentation à son bénéfice et invite les auditeurs éventuels à ne pas oublier son chapeau. Sa démonstration est perturbée par les pleurs d’un bébé que sa mère n’entend pas – incarnés par deux élèves de l’Académie de chant dirigée par Raul Gimenez &#8211; aussi va-t-il  lui appliquer l’instrument miraculeux et, merveille, cela marche aussitôt et l’enfançon – <strong>Katarzyna Guran –</strong> entonne <em>La chanson du bébé </em>qui autorise la scatologie avec la fraîcheur et la légèreté nécessaires pour la faire passer. Soumise au même procédé sa mère – <strong>Iida Antola </strong>– s’attaquera au rondo final d’Elena dans <em>La donna del lago </em>sans faire naître en nous le ravissement espéré. En duo elles interprèteront de manière fort réussie la mélodie <em>Le gittane. </em>Auparavant Remy Burnens a bien maîtrisé le récitatif et l’air « Pensa che sei mia figlia » que chantait Raul Gimenez à Pesaro il y a trente ans quand il interprétait le rôle d’Argirio dans <em>Tancredi</em>. De la même œuvre suit une variation pour harpe – arrangée pour piano – et violon sur le « Di tanti palpiti » où le pianiste a pour partenaire sa propre fille la jeune violoniste <strong>Matilde Raffo.</strong></p>
<p>Revenu en scène pour récupérer son précieux matériel, l’extravagant professeur se joint aux trois autres chanteurs et le quatuor ainsi formé se lance dans <em>l’Asia in faville, </em>étincelant ensemble tiré d’<em>Aureliano in Palmira</em>. C’est une conclusion brillante à ce spectacle né de l’art de la liaison !</p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-lecon-de-chant-electro-magnetique-peches-de-vieillesse-bad-wildbad-lart-de-la-liaison/">La leçon de chant électro-magnétique / Péchés de vieillesse — Bad Wildbad</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ROSSINI, La scala di seta — Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-scala-di-seta-bad-wildbad-evviva-rossini/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Jul 2021 09:50:06 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/evviva-rossini/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Giulia, une jeune fille qui vit chez son tuteur Dormont, a épousé secrètement son amoureux Dorvil. Aussi les jeunes gens, contraints de dissimuler leur intimité conjugale, se rencontrent-ils nuitamment : il la rejoint par une échelle de soie qu’elle installe à son balcon. L’arrivée de Blansac, le prétendant au mariage que le tuteur destine à Giulia, &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-scala-di-seta-bad-wildbad-evviva-rossini/"> <span class="screen-reader-text">ROSSINI, La scala di seta — Bad Wildbad</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-scala-di-seta-bad-wildbad-evviva-rossini/">ROSSINI, La scala di seta — Bad Wildbad</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Giulia, une jeune fille qui vit chez son tuteur Dormont, a épousé secrètement son amoureux Dorvil. Aussi les jeunes gens, contraints de dissimuler leur intimité conjugale, se rencontrent-ils nuitamment : il la rejoint par une échelle de soie qu’elle installe à son balcon. L’arrivée de Blansac, le prétendant au mariage que le tuteur destine à Giulia, crée une situation d’alerte pour les amoureux. Germano, un serviteur stupide, croit comprendre que Giulia a donné à Blansac un rendez-vous nocturne et pour faire l’informé il le dit à ce dernier, que sa fatuité pousse à n’en pas douter. A minuit donc Blansac se présente et comme Giulia ne lui répond pas il insiste. Le bruit attire le tuteur qui découvre la présence de Dorvil, le mariage de Giulia déjà consommé et s’y résigne, d’autant que Blansac accepte d’épouser Lucilla, disponible et disposée. Ainsi l’amour sincère et la jeunesse ont triomphé des calculs de l’âge mûr.</p>
<p>Cette intrigue est aussi vieille que le théâtre et depuis l’antiquité ces personnages sont devenus des types, y compris celui du serviteur dont les maladresses entraînent des catastrophes. C’est le cas de Germano, une sorte de factotum au service du tuteur que ses hormones mâles doivent travailler parce qu’il est prompt à s’échauffer et se rêve en séducteur irrésistible. Quand Dorvil évoque la réputation d’homme à femmes de Blansac, Germano décide aussitôt de se faire voyeur pour apprendre sur le vif. L’effet comique est garanti, d’autant qu’il est redoublé par le personnage de Lucilla, cousine de Giulia, elle aussi fort désireuse de s’instruire par l’exemple. Le substrat érotique sous-jacent est indéniable.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="336" src="/sites/default/files/styles/large/public/la_scala_ppp_2845_0.jpg?itok=TKdFvGPG" title="Eugenio Di Lieto (Blansac) et Claudia Urru (Giulia) © Patrick Pfeiffer" width="468" /><br />
	Eugenio Di Lieto (Blansac) et Claudia Urru (Giulia) © Patrick Pfeiffer</p>
<p>Fallait-il pour autant le rendre manifeste et systématique ? Ainsi dans la scène d’ouverture Germano attribue la nervosité de sa patronne à la proximité du mariage. Le ton se veut apaisant et sentencieux, comme l’avis d’un homme expérimenté sur le sujet, ce qu’il n’est pas et c’est la première manifestation de sa sottise. Certes le texte se prête à équivoque, mais c’est ce qui en fait le sel ; on s’en prive en montrant Germano qui se déhanche en jouant avec la fermeture éclair de sa salopette tel un Chippendale confirmé. Ne peut-on faire confiance aux spectateurs, qui ont l’aide des surtitres de Reto Müller ? Germano est puceau, il le confirmera en évoquant son échec avec Tognetta. Et Lucilla, elle aussi curieuse des choses de l’amour – entendre : ignorante – doit-elle être aussi entreprenante, avec Blansac ? Ces deux exemples pour asseoir notre affirmation : <strong>Stefania Bonfadelli</strong>,  responsable de la mise en scène, des costumes et des décors, ne fait pas dans la dentelle. Un dernier : Dormont surgit dans la nuit armé d’un revolver qu’il gardera pointé sur tous les autres, et qu’il déchargera alors que tout est résolu et que les lumières s’éteignent. L’effet pour l’effet.</p>
<p>A scène ouverte elle a conçu et expose l’intérieur d’un appartement probablement en réfection car deux hommes en salopette vont et viennent au milieu d’un désordre hétéroclite,  l’un a peut-être des plans en main, qu’il consulte de temps à autre, l’autre donne çà et là des coups de pinceau. En fond de scène une jeune fille en pantalon arrose on ne sait trop quoi, tandis qu’une autre va et vient dans le décor sans que l’on comprenne pourquoi. Un homme âgé en fauteuil roulant survient et semble examiner le chantier ; d’après ses gestes il n’est pas content. Cette agitation perpétuelle est probablement destinée à  soutenir l’intérêt du spectateur, car elle dure aussi longtemps que l’ouverture. Faut-il une fois encore dire que ce parti pris est une erreur, sinon une faute ? Qu’il ne révèle rien à un néophyte ? Et qu’il ne peut pas combler les informés qui voudraient savourer sans perturbations inutiles l’inventivité de Rossini ?</p>
<p>D’autant que sous la direction à la fois sûre et légère de <strong>José Miguel Pérez-Sierra </strong>les musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Cracovie sont ce soir exemplaires. Verve, mystère, brillant, tendresse, agitation, rien ne manque à la gamme des émotions suggérées par l’écriture musicale selon les conventions de l’époque, régénérées par la sève d’un compositeur de vingt ans. L’équilibre est quasi parfait avec le plateau, et la jointure idéale avec la vigilante présence de <strong>Gianluca Ascheri </strong>qui assure le continuo des récitatifs secs au pianoforte avec la volubilité et la précision qui contribuent à la vie du discours. Tout tombe à pic musicalement et réalise pour notre plaisir l’agencement d’horlogerie conçu par Rossini.</p>
<p>De la distribution émergent les jeunes premiers et le serviteur balourd. <strong>Claudia Urru</strong> gère bien une voix aussi longue et agile que le rôle le réclame, assez ronde, homogène, et si sa composition scénique semble parfois un peu appliquée, ou l’apparent encombrement scénique la gêne, elle s’efforce d’exprimer le malaise du personnage. <strong>Michele Angelini</strong>, que le Corrado nous avait révélé, a conservé sa projection ferme, la voix sa remarquable étendue et son agilité propice aux vocalises rapides. Il a aussi conservé son goût du risque car il n’hésite pas à tenter le diable en cherchant à s’élever plus que nécessaire. Nous comprenons la tentation, mais quand le chant est perçu comme un défi aventureux est-on encore dans le bel canto ? Mais l’effet est certain sur le public, qui apprécie et le fait savoir bruyamment. <strong>Emmanuel Franco</strong>, qui accomplit un tour de force car il a appris le rôle en quelques jours, confirme les dons que de précédentes éditions avaient révélés : une voix sonore, homogène,  bien projetée, une <em>vis comica</em> certaine et une présence scénique de premier plan, soutenue par force mimiques expressives. Dans les rôles mineurs de Lucilla, <strong>Meagan Sill </strong>chante joliment son air et se montre très désinvolte en scène, tandis que <strong>Remy Burnens</strong> campe le Dormont mal en point et colérique conçu par la mise en scène. Reste le cas de Blansac. Des principaux personnages il est le seul à n’avoir pas d’air. Depuis l’initiative d’Alberto Zedda de lui attribuer un air pour basse écrit par Rossini à la même époque, au motif qu’en remplaçant un mot par un autre il irait comme un gant à Blansac, cet air est souvent inséré dans l’œuvre. Tel a été le choix à Bad Wildbad, où il sert de carte de visite au personnage qui l’interprète dès son entrée. Alberto Zedda insistait sur les difficultés de ce morceau tripartite. Pour nous, elles excèdent les capacités d’<strong>Eugenio di Lieto </strong>; le timbre n’est pas des plus séduisants, la projection est modeste et manque l’éclat de l’esprit conquérant. Il en vient à bout grâce au contrôle du chef sur l’accélération et la puissance. Passé cet écueil, il s’engage dans l’incarnation de ce pâle Don Giovanni avec conviction.</p>
<p>Des insuffisances, donc, des irritations, mais que pèsent-elles quand la musique pure enchante, quand les airs ont le brio, le ton, l’esprit espéré, quand les ensembles – le quatuor dont la dernière partie annonce les futurs délires collectifs – sont parfaitement exécutés ? On les balaie et on remercie, comme l’ont fait très longuement les spectateurs conquis. Evviva Rossini !</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>
	 </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-scala-di-seta-bad-wildbad-evviva-rossini/">ROSSINI, La scala di seta — Bad Wildbad</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Romilda e Costanza</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/romilda-e-costanza-une-lacune-enfin-comblee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Jan 2021 05:40:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/romilda-e-costanza-une-lacune-enfin-comblee/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quatrième opéra composé par Meyerbeer et premier opéra écrit pour un théâtre italien, Romilda e Costanza restait le seul ouvrage lyrique italien du compositeur à ne pas disposer d’enregistrement commercial (encore que L&#8217;Esule Di Granata n&#8217;existe qu&#8217;en extraits). Réalisée sur le vif en 2019, cette captation du Festival de Wilbad (concert chroniqué à l&#8217;époque par &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/romilda-e-costanza-une-lacune-enfin-comblee/"> <span class="screen-reader-text">Romilda e Costanza</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/romilda-e-costanza-une-lacune-enfin-comblee/">Romilda e Costanza</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quatrième opéra composé par Meyerbeer et premier opéra écrit pour un théâtre italien, <em>Romilda e Costanza</em> restait le seul ouvrage lyrique italien du compositeur à ne pas disposer d’enregistrement commercial (encore que <em>L&rsquo;Esule Di Granata</em> n&rsquo;existe qu&rsquo;en extraits). Réalisée sur le vif en 2019, cette captation du Festival de Wilbad (<a href="/romilda-e-costanza-bad-wildbad-genereuse-prise-de-risque">concert chroniqué à l&rsquo;époque par notre confrère Maurice Salles</a>) vient enfin combler cette lacune. L&rsquo;intrigue de l&rsquo;ouvrage est tellement compliquée et pleine de rebondissements invraisemblables que nous renonçons à trop entrer dans son détail. L’action, totalement fantaisiste, se déroule au Moyen Âge dans le palais des Comtes de Provence. Teobaldo, prince de Provence et fils d’Arrigo, revient victorieux d’une campagne contre le duc de Bretagne où son père a perdu la vie. Romilda et Costanza aiment toutes deux le prince : Costanza (fille de Lotario, du comte de Sisteron) a été promise à Teobaldo depuis son enfance, mais le prince a épousé en secret Romilda (fille du duc de Bretagne). Costanza conçoit des soupçons sur la fidélité de Tebaldo, et craint qu’il ne soit amoureux de Romilda, et inversement. Parallèlement, le jaloux Retello complote avec Albertone l’assassinat de son frère jumeau Teobaldo afin de prendre la place de celui-ci sur le trône. Enfin, Pierotto, frère de lait de Teobaldo, doit épouser Annina, nièce d’Albertone. Selon les dernières volontés de son père, Teobaldo doit finalement épouser Romilda (ce qui tombe bien me direz-vous puisque c’est déjà fait). Retello se propose pour épouser celle-ci, ce qui n’obligerait pas Teobaldo à revenir sur son engagement officiel vis-à-vis de Costanza, mais celui-ci refuse, à la grande confusion de Retello, Lotario, Costanza et leurs partisans. Teobaldo finit par dévoiler son mariage avec Romilda. Après une courte échauffourée, Teobaldo est fait prisonnier par son frère jumeau. L’acte II débute par quelques péripéties sans beaucoup d’importance, puis Costanza vient se lamenter sur son sort. Les jeunes mariés Pierotto et Annina lui apprennent qu’un prisonnier masqué est enfermé au château et qu’on l’a entendu crier le nom de Romilda (ce qui met en fureur Costanza). Déguisée en page, Romilda informe Pierotto de l’arrestation de Teobaldo. Costanza, qui n’a pas reconnu Romilda, fait le serment d’aider à sauver Teobaldo, et Romilda lui promet de lui livrer sa rivale (!). Pour trouver dans quelle cellule le prince est enfermé, Pierotto propose à Costanza de chanter une ballade (quel manque de psychologie…) mais son chant ne suscite aucune réponse de l’intéressé, ce qui n’est bien évidemment pas le cas quand c’est Romilda déguisée qui chante (le jeune homme répond donc à un page plutôt qu’à sa fiancée : voilà de quoi égayer les psychanalystes). Teobaldo est délivré. La petite troupe tombe sur ses ennemis et, pour faire cesser le combat, Teobaldo dévoile l’identité réelle de Romilda. Costanza essaie sans succès de tuer Romilda et Teobaldo est renvoyé en cellule. Ugo, l’écuyer de Teobaldo, surprend le projet de Retello de tuer Teobaldo. Avec les soldats restés fidèles au prince, et des paysans révoltés contre Retello, Ugo s’apprête à attaquer le château. Retello demande à Albertone de tuer Teobaldo. Costanza essaie de retourner son père afin d’obtenir son pardon et menace Retello de révéler ses complots contre son frère. Une fois vaincu, Retello accuse Albertone d’avoir assassiné Teobaldo malgré sa défense. Mauvaise idée : en définitive, Albertone, repentant, n’a pas exécuté les ordres de Retello, et Teobaldo est vivant. Comme nous sommes dans un opéra semi seria, Costanza pardonne au prince le manquement à sa parole et promet sa fidélité à Romilda.</p>
<p>Ce livret abracadabrantesque est dû à la plume de Gaetano Rossi, que Meyerbeer connaissait comme auteur du texte de <em>La cambiale di matrimonio</em> et du <em>Tancredi</em> rossinien. A l&rsquo;instigation de Meyerbeer, il avait également composé le livret de sa cantate pour soprano et clarinette <em>obbligato</em>, <em>Gli Amori di Teolinda</em>, créée à Vérone la même année. Rossi écrira plus tard les livrets de<em> Semiramide</em>, d’<em>Emma di Resburgo</em> et d’<em>Il Crociatto</em> <em>in Egitto</em>. Le librettiste est ici beaucoup moins inspiré que pour <em>Tancredi</em>, ces situtations dramatiques factices n&rsquo;étant guère propices à l&rsquo;expression des émotions.  A l’origine, l’opéra devait être créé pour le Teatro San Benedetto de Venise. Meyerbeer compose gratuitement et paye même le librettiste (pas assez, compte tenu du résultat). Voyant les sacrifices financiers que le compositeur est prêt à consentir pour son œuvre, le directeur du San Benedetto essaie de lui faire payer une partie des coûts de production. C’en est trop et l’ouvrage sera créé au Teatro Nuovo de Padoue. La première est un succès et sera reprise à Venise (contre rétribution cette fois), Florence, Milan, Copenhague et Munich.</p>
<p>Encore sous le choc de <em>Tancredi</em>, Meyerbeer est ici très influencé par le style rossinien et on retrouvera quelques formules familières qui se limitent généralement à un accord introductif, une ou deux mesures ici ou là, qui nous semblent familières. Certaines arias féminines nous évoquent au contraire une époque antérieure et même (vaguement) Mozart. L’inspiration mélodique n’est pas à la hauteur de celle du Cygne de Pesaro, toutefois la musique est plaisante et variée, et de plus en plus inspirée au fur et à mesure de l&rsquo;ouvrage, comme si le compositeur se dégageait progressivement du modèle rossinien. L&rsquo;orchestration est fouillée et on retrouve également ce grand sens du développement typique de Meyerbeer. A titre d&rsquo;exemple, le quatuor « Ah ! vive ! è desso !  » s&rsquo;articule en deux parties de près de 4 minutes chacune, puis se transforme en grand ensemble concluant la scène 1 de l&rsquo;acte II (il s&rsquo;agit du moment où Teobaldo est délivré grâce à Pierotto, Costanza et Romilda déguisée en page). Autre illustration avec le duo Romilda &#8211; Pierotto où Meyerbeer ne se contente pas de reproduire la même mélodie dans deux tonalités. Quoiqu&rsquo;encore débutant, le compositeur cherche clairement à se démarquer des simples imitateurs de Rossini et, à ce titre, la découverte de cette ouvrage est passionnante.</p>
<p>L’exécution musicale n’est pas tout à fait à la hauteur des enjeux. Direction et orchestre manquent un peu de d&rsquo;incisivité et de précision. A la décharge du chef <strong>Luciano Acocella</strong>, maître d&rsquo;œuvre de cette résurrection et qui a reconstruit l&rsquo;ouvrage, il semblerait que les corrections de la partition aient pris beaucoup de temps sur les répétitions, au détriment du travail musical et dramatique. En Romilda, <strong>Chiara Brunello</strong> a pour elle un beau médium et un timbre naturellement émouvant qui rappelle celui de Martine Dupuy. Mais les parties les plus virtuoses la voient à la peine, avec des aigus tendus autour du sol. La Costanza de <strong>Luiza Fatyol </strong>est encore moins assurée techniquement. Le timbre est intéressant et la voix dispose d&rsquo;une belle assise dans le médium, mais les nombbreux contre-ut de sa grande scène de l&rsquo;acte II sont autant d&rsquo;épreuves. En revanche, le Teobaldo de <strong>Patrick Kabongo </strong>est absolument excellent et domine le plateau. Le ténor français d’origine congolaise a pour lui un timbre d’un beau métal, une grande musicalité et une bonne technique belcantiste, avec notamment une belle facilité à émettre des sons piano dans le registre aigu, sans recourir à la voix mixte ni détimbrer, un peu à la manière de Rockwell Blake. Sollicité jusqu&rsquo;au contre-ut, le suraigu ne lui pose aucun problème. A l’occasion, il sait également émouvoir, comme dans son air (plus mozartien que rossinien)  « Ombra amata ». On appréciera l’abattage du baryton <strong>Giulio Mastrototaro</strong>, dans le rôle comique du frère de lait de Teobaldo (rôle qui rappelle à l&rsquo;occasion le Don Magnifico de <em>La Cenerentola</em>) mais là encore les moyens vocaux sont insuffisants avec trop de tensions dans le haut de la tessiture. Autre personnage comique, l&rsquo;Albertone d&rsquo;<strong>Emmanuel Franco</strong> est un peu léger mais plaisant si l&rsquo;on passe sur un léger vibratello. Les seconds rôles sont très bien tenus, en particulier les deux basses<strong> </strong><strong>Javier Povedano</strong> (Retello) et <strong>Timophey Pavlenko</strong> (Ugo).</p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/romilda-e-costanza-une-lacune-enfin-comblee/">Romilda e Costanza</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>GARCIA, I tre gobbi — Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/i-tre-gobbi-bad-wildbad-un-final-rossinien-pour-son-interprete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jul 2019 05:02:03 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/un-final-rossinien-pour-son-interprte/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Parmi les bijoux que l&#8217;on peut découvrir à Bad Wildbad, un nouvel opéra de salon daté de 1831 et signé du célèbre baryténor rossinien Manuel Garcia, sur un livret de Goldoni dont le musicien Vincenzo Ciampi avait tiré un intermezzo en deux parties créé pour le carnaval 1749 au Teatro San Moise. C&#8217;est un divertissement &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/i-tre-gobbi-bad-wildbad-un-final-rossinien-pour-son-interprete/"> <span class="screen-reader-text">GARCIA, I tre gobbi — Bad Wildbad</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/i-tre-gobbi-bad-wildbad-un-final-rossinien-pour-son-interprete/">GARCIA, I tre gobbi — Bad Wildbad</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Parmi les bijoux que l&rsquo;on peut découvrir à Bad Wildbad, un nouvel opéra de salon daté de 1831 et signé du célèbre baryténor rossinien Manuel Garcia, sur un livret de Goldoni dont le musicien Vincenzo Ciampi avait tiré un intermezzo en deux parties créé pour le carnaval 1749 au Teatro San Moise. C&rsquo;est un divertissement où le libertinage qui faisait la réputation de Venise est justifié par quelqu&rsquo;un qui en vit. En effet on y voit une dame déclarer d&#8217;emblée que sa beauté fait sa renommée mais qu&rsquo;elle en connaît la fragilité, car le temps l&#8217;emporte.  Elle a donc l&rsquo;intention de l&rsquo;exploiter au mieux en s&rsquo;entourant de courtisans riches et généreux. On annonce aussitôt un galant : qu&rsquo;il vienne, ce parvenu né roturier et désormais si riche qu&rsquo;il prétend à un titre. On le découvre bossu et vaniteux, car il explique que sa gibbosité dorsale est née en contrepoids de ses pensées. S&rsquo;en effraie-t-elle ? Mais non, cela vous donne de la grâce, et puis, qui a de l&rsquo;argent est toujours beau ! La perche tendue est saisie au vol,  et il énumère ses richesses. La voilà décidée, en aparté, à prendre la bourse sans le bossu et sans y toucher se fait offrir un diamant. Il se croit déjà marié quand on annonce à la rusée un autre visiteur titré. Aussitôt elle en fait un frère incommode et vite brutal, et le premier se met à l&rsquo;écart dans une autre pièce.</p>
<p>Le nouveau venu cumule : il a une bosse sur la poitrine et il bégaie, cela expliquant peut-être ceci. En outre il semble particulièrement laid car l&rsquo;hôtesse le définit comme «un monstre». Il expose laborieusement son cas : les filles lui courent après, mais elles le laissent froid, il ne pense qu&rsquo;à elle. Alors elle lui demande si, en cas de mariage, il serait jaloux si l&rsquo;on courtisait sa femme ? Pourquoi, répond-il, ne suis-je pas très beau ? Mais on annonce un autre visiteur. Permettez-vous ? dit-elle. Faites, je me retire à côté.</p>
<p>Voici maintenant un bossu double, par devant et par derrière qui se définit professeur de maintien, ou de danse, ce qui lui vaut l&rsquo;ironie à peine voilée de la dame, à laquelle il est imperméable car il est très content de lui. Mais puisqu&rsquo;il est aussi gracieux, est-il aussi généreux ?  Comment, ne puis-je être aimé pour moi-même ? La voilà contrainte de sortir du bois : si vous voulez-que je vous aime, faites tinter les écus. Oh, quelle jolie montre, j&rsquo;avais la même, je l&rsquo;ai perdue, oh, comme c&rsquo;est gentil ! Vous m&rsquo;aimerez donc ? demande-t-il ? Oh, tellement !</p>
<p>Mais on entend du bruit : oh, c&rsquo;est mon frère le brutal, prenez garde. Surgit le premier galant ; ils s&rsquo;observent et elle va de l&rsquo;un à l&rsquo;autre jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;ils se retirent. Mais le bègue apparaît et les deux qui n&rsquo;étaient pas loin reviennent et le découvrent  : un nouveau frère ? L&rsquo;imposture ne prend pas et les bossus un et trois se fâchent, alors elle les chasse et tout le monde maudit tout le monde.</p>
<p>Evidemment les deux bossus rivaux vont se défier pour l&rsquo;honneur, mais la bataille de chiffonniers va tourner court parce le bègue va essayer de les amener à ses vues : il aime aimer en compagnie. Chacun des deux autres le presse d&rsquo;intercéder en sa faveur, à peine est-il parti que la dispute recommence. Mais surgit une femme masquée, à la vénitienne, qui prétend venir de la part de leur belle et leur délivre la nouvelle règle en vigueur. La jalousie est bannie, s&rsquo;ils ne veulent pas aimer de compagnie, qu&rsquo;ils aillent tous deux se faire voir ailleurs. D&rsquo;ailleurs, qui croit être seul se trompe : les femmes d&rsquo;un seul ne se contentent.</p>
<p>Résignés les rivaux tentent encore de se persuader que leur charme personnel les fera triompher ; l&rsquo;échange de sarcasmes pourrait dégénérer mais l&rsquo;arrivée de la dame les calme. Bon gré mal gré ils vont devoir s&rsquo;accommoder de ce partage ; aimer en compagnie, c&rsquo;est aimer en liberté.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/foto_07_i_tre_gobbi_0.jpg?itok=poeUEZV2" title="Parpagnacco (Javier Povedano) et Emmanuel Franco (Macacco) © dr" width="468" /><br />
	Parpagnacco (Javier Povedano) et Emmanuel Franco (Macacco) © DR</p>
<p>Il serait évidemment absurde de nier le substrat sexuel sous-jacent à cette histoire que Goldoni affirmait tenir de sa grand-mère sous la forme d&rsquo;un conte, et qui pourrait en effet dériver de la littérature médiévale. L&rsquo;association des difformités physiques à des faiblesses morales ou à des dispositions anormales dans le domaine de la sensualité est probablement aussi ancienne que l&rsquo;humanité. Ici elle accompagne le thème de la séductrice dont la nature est telle qu&rsquo;il vaut mieux s&rsquo;en accommoder et celui de l&rsquo;insondable vanité masculine. On pourrait évidemment y lire un constat cruel sur la vie amoureuse des personnes atteintes de difformités, mais ce n&rsquo;était pas le propos de Goldoni.</p>
<p><strong>Jochen Schönleber</strong> exploite donc l&rsquo;oeuvre en mettant l&rsquo;accent sur les obsessions des personnages masculins, dans une zone en dessous de la ceinture. Un peu, pourquoi pas, mais beaucoup, c&rsquo;est trop surtout quand cela devient insistant comme l&rsquo;ostentation par Parpagnacco d&rsquo;une banane gainée dans un étui comme métaphore de son sexe. Le personnage du bègue a des attitudes simiesques, puisqu&rsquo;il s&rsquo;appelle Macacco ; il semble avoir des goûts assez éclectiques, et l&rsquo;indifférence qu&rsquo;il évoque pour les jeunes filles qui lui courent après, s&rsquo;il n&rsquo;affabule pas, trahirait plutôt une propension à préférer ses semblables. Quand au dernier, amoureux avant tout de lui-même et prêt à quelque larcin en douce, même si on le devine en train de bousculer la dame derrière le  fauteuil à haut dossier &#8211; ce qui est peu pertinent avec le dessein de celle qui ne semblait pas disposée à s&rsquo;offrir pour rien &#8211; il semble bon à toutes mains, comme on disait jadis. C&rsquo;est de bon augure pour la réussite de l&rsquo;amour en compagnie.</p>
<p>Si cette conception scénique semble atteindre son but, amuser,  elle réduit beaucoup l&rsquo;impact de la drôlerie du texte de Godoni, car les gags sont privilégiés. Ainsi celui de la bombe désodorisante que l&rsquo;hôtesse use sans beaucoup de résultat sur la personne de Parpagnacco. Il faudrait encore signaler une désinvolture certaine dans le déplacement d&rsquo;un air, ou les bosses, absentes puis présentes mais jamais au complet, mais demander à un metteur en scène de se soumettre aux oeuvres au lieu de faire l&rsquo;inverse revient à prêcher dans le désert. Au moins a-t-il organisé l&rsquo;espace de façon que des courses poursuites soient possibles. Les costumes sont censés correspondre à la personnalité de chacun; ceux des hommes nous ont semblé plus inspirés que les tenues de madama Vezzosa.</p>
<p>Les trois interprètes masculins sont impeccables, vocalement et scéniquement.<strong> Javier Povedano </strong>est le fat content de lui, inconscient des aveux qui trahissent sa caque originelle, et il incarne avec drôlerie celui qui « a la plus grosse ». <strong>Emmanuel Franco</strong> mérite un éloge appuyé car il soutient sans faiblir la composition doublement exigeante qui est exigée de lui, pour ses bégaiements et pour les attitudes d&rsquo;un personnage aux comportements simiesques puisque son nom est Macacco.<strong> Patrick Kabongo</strong>, l&rsquo;avant-veille père émouvant au même endroit, révèle une <em>vis comica</em> irrésistible, à force de poses plastiques qu&rsquo;il enchaîne comme on présente une carte de services. le personnage est très amusant, mais on est sans doute loin du magot empoté qu&rsquo;on imagine en lisant Goldoni. Bref, tous trois chantent bien et c&rsquo;est au fond l&rsquo;essentiel puisque cette oeuvrette était destinée à l&rsquo;usage des élèves de Manuel Garcia. </p>
<p>Le problème, car il y en a un, est le personnage de madama Vezzosa. En français, madame Charmante. faut-il l&rsquo;entendre comme une antiphrase? Alors le travail d&rsquo;<strong>Eleonora Bellocci</strong> est parfait car elle se montre d&#8217;emblée insupportable, d&rsquo;une nervosité hystérique qui passe dans sa voix et la rend désagréable. Mais pourquoi ne serait-elle pas charmante, réellement, une sirène désireuse de séduire et sachant qu&rsquo;elle n&rsquo;y parviendra pas si elle se montre trop acide ? Sans doute le rôle de l&rsquo;intermezzo est d&rsquo;amuser, et pour cela les chanteuses n&rsquo;hésitent pas à jouer de leur voix pour forcer le trait. Si c&rsquo;est de cela qu&rsquo;il s&rsquo;agit, nous en avons souffert sans nous amuser. Car le personnage est souvent brutal dans ses manières, alors que la cruauté verbale de Goldoni suffirait, croyons-nous, à rendre piquantes les situations. Madama Vezzosa n&rsquo;est pas Livietta, elle ne court pas les rues. Le mystère pour nous reste entier car la veille l&rsquo;interprète avait su subjuguer dans un Der Hölle Rache étincelant.</p>
<p>Jouée au piano avec une verve irréprochable par<strong> Andrès Jesus Gallucci</strong>, qui participe encore au spectacle,  la musique de Manuel Garcia, sans être impérissable, révèle la sûreté d&rsquo;écriture pour la voix, et le final endiablé montre que l&rsquo;interprète de Rossini avait bien assimilé les leçons du Maître. Le public est ravi. </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/i-tre-gobbi-bad-wildbad-un-final-rossinien-pour-son-interprete/">GARCIA, I tre gobbi — Bad Wildbad</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>MEYERBEER, Romilda e Costanza — Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/romilda-e-costanza-bad-wildbad-genereuse-prise-de-risque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jul 2019 06:28:28 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/gnreuse-prise-de-risque/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour être élu à Bad Wildbad, il ne suffit pas à un titre d’être rare : il faut aussi qu’il n’existe pas d’enregistrement de la version retenue. Aussi Emma di Resburgo a-t-elle dû laisser la place à Romilda e Costanza, toujours de Meyerbeer. Créé à Padoue en 1817 l’opéra a été composé sur un livret de &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/romilda-e-costanza-bad-wildbad-genereuse-prise-de-risque/"> <span class="screen-reader-text">MEYERBEER, Romilda e Costanza — Bad Wildbad</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/romilda-e-costanza-bad-wildbad-genereuse-prise-de-risque/">MEYERBEER, Romilda e Costanza — Bad Wildbad</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour être élu à Bad Wildbad, il ne suffit pas à un titre d’être rare : il faut aussi qu’il n’existe pas d’enregistrement de la version retenue. Aussi <em>Emma di Resburgo </em>a-t-elle dû laisser la place à <em>Romilda e Costanza</em>, toujours de Meyerbeer. Créé à Padoue en 1817 l’opéra a été composé sur un livret de Gaetano Rossi, le même qui avait écrit le <em>Tancredi </em>dont la découverte, deux ans plus tôt, a bouleversé le compositeur allemand. Ils se connaissaient pour avoir déjà travaillé ensemble à une cantate, mais Meyerbeer veut à tout prix que le collaborateur de Rossini devienne le sien pour son premier opéra en Italie.</p>
<p>Hélas, si l’on juge de l’efficacité d’un livret par sa simplicité, celui de <em>Romilda e Costanza </em>n’est pas loin d’un record de complication. Au Moyen-Age, le duc de Provence, qui a deux fils jumeaux, vient de mourir. L’un deux, Teobaldo, revient victorieux de la guerre contre le duc de Bretagne. Son frère Retello, qui administre la Provence depuis le décès du père, le voit comme un rival à neutraliser.  Costanza, promise à Teobaldo depuis l’enfance, rêve à ces retrouvailles mais est inquiète : le bruit court qu’il est amoureux de Romilda, la fille du Duc de Bretagne et qu’elle l’accompagne. Pour la calmer son père, un seigneur provençal, lui dit qu’en refusant de l’épouser Teobaldo devrait renoncer au trône. Elle est en train de sonder les sentiments du jeune homme quand surgit un écuyer qui n’est autre que Romilda qui n’a pu se résigner à attendre en Bretagne que Teobaldo l’appelle. La méfiance réciproque est immédiate entre les deux femmes. Or à l’ouverture du testament qui dicte les volontés paternelles, Teobaldo est désigné comme son successeur et délié de l’engagement envers Costanza afin de s’unir à Romilda pour établir une alliance avec la Bretagne. Le père de Costanza, Lotario, est furieux mais Retello propose d’épouser lui-même Romilda, ce qui contraint Teobaldo à révéler qu’ils sont déjà mariés. Le frère frustré décide alors, aidé par des nobles provençaux mécontents, de combattre son frère et la lutte commence, au grand effroi de Romilda et Costanza qui tremblent pour Teobaldo. Défait par le nombre, ce dernier est jeté en prison.</p>
<p>Et cela n’est évidemment que le premier acte ! Au deuxième dans le château isolé où Pierotto, qui ignore l’arrestation de son frère de lait Teobaldo, exulte car il se marie, des soldats amènent un prisonnier mystérieux. Puis arrive Costanza, partagée entre chagrin, jalousie et colère, qui promet à Romilda – pour elle l’écuyer fidèle de Teobaldo – de tout faire pour sauver l’ingrat. En échange Romilda s’engage à lui livrer sa rivale. Désormais sans frein, Retello confie à son conseiller la mission d’exécuter son frère. Après avoir trouvé l’endroit où est enfermé Teobaldo grâce à un chant familier, Pierotto le délivre mais ils sont surpris et arrêtés. Pour sauver Romilda Teobaldo révèle qui elle est et Retello doit la protéger de Costanza qui s’est jetée sur elle pour la tuer. Cependant les amis de Teobaldo ont agi et la capitale de la Provence s’est déclarée pour lui. Une troupe de fidèles conduite par le véritable écuyer donne l’assaut. Retello accuse alors accuse son conseiller d’avoir tué son frère, mais un homme masqué surgit ; c’est Teobaldo, que le bourreau a épargné, et qui s’apprête à jouer les Titus. Costanza ne peut faire moins que de pardonner l’infidélité de Teobaldo et devenir l’amie de Romilda.</p>
<p>Défini comme mélodrame semi-serio, cet opéra n’a pas sombré mais en dehors de quelques reprises européennes après la création, auxquelles la fortune de Meyerbeer a peut-être contribué, il ne lui a pas survécu. Ce concert contribuera-t-il à le relancer ? De l’aveu des principaux intéressés, la préparation en a été laborieuse, en raison d’un grand nombre d’erreurs dans les partitions disponibles, dont la correction a pris beaucoup de temps et réduit d’autant le temps disponible pour les répétitions. Encore pouvons-nous nous estimer heureux qu’une soprano en troupe en Allemagne ait accepté de remplacer Silvia Della Benetta, contrainte par des motifs familiaux à renoncer à incarner la tourmentée Costanza.</p>
<p>D’autres l’ont déjà dit, Meyerbeer quand il écrit cette œuvre est sous influence. Mais plutôt que d’imitation il nous semble plus juste de parler d’imprégnation. Il admire tellement Rossini qu’il adopte des utilisations de timbres ou des traits d’écriture pour les cordes ; par ailleurs sa science de l’orchestration est réelle et il sait jouer lui aussi des reprises rythmiques, des accroissements, des accélérations et du crescendo. Mais ces moyens tournent aux procédés dont la juxtaposition trahit la recherche d’effets et l’absence d’un projet musical. En fait, l’admiration de Meyerbeer pour Rossini devient un corset qui étiole sa personnalité, et on le perçoit dès l’ouverture, où les couleurs et la puissance des timbres sont utilisées pour annoncer la succession des climats avec une sagesse qui sent l’application.</p>
<p>Les conditions de la préparation expliquent sans doute que certains aspects de certains rôles ne soient pas nettement relevés. Ainsi Pierotto, le premier en scène, est un balourd sympathique dont le peuple raille la fierté qu’il exprime naïvement d’être le frère de lait du prince Teobaldo. Il devrait être comique, mais pour <strong>Giulio Mastrototaro </strong>comme pour presque tous ses partenaires, jouer et chanter simultanément serait une prise de risque inconsidérée. Le chœur réussit pourtant la gageure de donner un semblant de spontanéité à ses assauts empressés autour de la nièce de Pierotto, petit rôle qui suffit à <strong>Claire Gascoin</strong> pour exposer une belle couleur. <strong>Javier Povedano </strong>s’impose en mauvais frère, la voix et le visage sont sombres à souhait et la rapidité de la reprise en chant syllabé est bien soutenue avant le final où la voix élargie manifeste la volonté de puissance. Auprès de lui dans le rôle du conseiller qui se voudrait machiavélique sans avoir le cynisme nécessaire, <strong>Emmanuel Franco</strong>, très remarquable dans l’insinuation et qui distillera plus tard très subtilement une sorte de recette des ambitieux. Ils forment un quatuor dont le final semble puisé dans l’encrier de Rossini.</p>
<p>Seule en scène, Costanza chante alors une cavatine qui laisse à découvert <strong>Luiza Fatyol </strong>dans un premier aperçu mitigé, avec une articulation un peu molle et des aigus tirés ; ces impressions se corrigeront, en particulier dans le duo avec Romilda avant le final de l’acte I et dans la scène en solo de l’acte II, où l’interprète fera valoir nuances, souplesse, une certaine agilité, sans que les aigus aient gagné en moelleux. Le rôle de Lotario, son père qui a tout intérêt au mariage prévu, est rempli sans indignité par le ténor <strong>César Cortès</strong>.</p>
<p>Paraît Teobaldo et avec <strong>Patrick Kabongo</strong> une leçon de chant. Son air est structuré en plusieurs moments correspondant à des sentiments différents, ce qui entraîne un chant différent. Le premier est une évocation douloureuse du père disparu, où le sentiment tantôt rétrécit la voix, qui monte à l’aigu en falsetto, tantôt se fait plus intense, et alors la voix enfle et l’aigu devient vigoureux. Moment repris avec force ornements ! Mais le chœur pousse le héros à se souvenir de sa gloire, alors le chant devient affirmation de soi, ce qui l’amène à évoquer celle qu’il aime, et la gloire devient le baume de la douleur. C’est un moment admirable où l’on entend non des sons articulés – la prononciation de l’italien est parfaite – mais une ligne qui garde sa pureté et un souffle devenu musique.</p>
<p>Dans la scène suivante Romilda fait son entrée sur une cavatine. Le timbre clair de mezzo de <strong>Chiara Brunello </strong>déconcerte, comme l’impression qu’elle s’élance parfois sans filet, et une palette de couleurs peu étendue. Peut-être sommes-nous victime de l’habitude, pour les rôles en travesti, de voix plus corsées, plus fermes et plus incisives ? Après tout, Romilda n’a jamais été un homme, peut-être est-il erroné d’apprécier la voix de Chiara Brunello à l’aune de ces personnages masculins. Reste que la projection reste modeste et au deuxième acte, peut-être fatigue, certains élans frôleront le cri. Peu ou pas perceptible le substrat comique de la scène avec Pierotto, avec ses équivoques.</p>
<p>Il serait injuste de ne pas mentionner, dans le bref rôle du véritable écuyer de Teobaldo, la basse <strong>Timophey Pavlenko </strong>que la profondeur et la portée de son organe devraient aider à sortir rapidement du lot.</p>
<p>Dans les conditions dont nous avons parlé, les chœurs, l’orchestre et le chef font de leur mieux. <strong>Luciano Acocella</strong> ne s’estime pas satisfait du résultat. Il est le mieux placé pour en juger ; mais n’ayant pas ses critères de connaissance de l’œuvre et d’exigence nous voudrions dire bravo et merci à tous les artistes qui ont osé prendre des risques.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/romilda-e-costanza-bad-wildbad-genereuse-prise-de-risque/">MEYERBEER, Romilda e Costanza — Bad Wildbad</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Alternatives rossiniennes — Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/alternatives-rossiniennes-bad-wildbad-un-concert-pour-specialistes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jul 2019 22:00:41 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/un-concert-pour-spcialistes/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Des raretés, voire des inédits : une fois encore, Reto Müller, président de la société Rossini d’Allemagne, a réussi la gageure de composer un programme hors des sentiers battus pour le festival Rossini de Bad Wildbad où il est en charge de la recherche scientifique. Il a réuni une série d’airs alternatifs composés par Rossini en &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/alternatives-rossiniennes-bad-wildbad-un-concert-pour-specialistes/"> <span class="screen-reader-text">Alternatives rossiniennes — Bad Wildbad</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/alternatives-rossiniennes-bad-wildbad-un-concert-pour-specialistes/">Alternatives rossiniennes — Bad Wildbad</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Des raretés, voire des inédits : une fois encore, <strong>Reto Müller</strong>, président de la société Rossini d’Allemagne, a réussi la gageure de composer un programme hors des sentiers battus pour le festival Rossini de Bad Wildbad où il est en charge de la recherche scientifique. Il a réuni une série d’airs alternatifs composés par Rossini en diverses circonstances, pour tenir compte d’interprètes différents des créateurs, ou pour s’adapter aux ressources d’un théâtre, ou en vue de modifier le climat d’une scène finale, dans un panorama allant de <em>L’inganno felice </em>(1812) à la <em>Semiramide</em> parisienne de 1825.</p>
<p>Enfin, c’est peut-être parler un peu vite que d’attribuer à Rossini toute la musique de ces fragments.D’abord parce qu’on sait qu’il lui est arrivé d’insérer dans des œuvres qu’il signait des pièces écrites par des collaborateurs, le cas le plus fameux étant probablement celui du <em>Stabat mater </em>que nous avons évoqué assez longuement ici pour ne pas y revenir. Ensuite parce que certaines découvertes restent des attributions même si le faisceau de repères conjugué par les musicologues enquêteurs abouti à un très fort indice de probabilité. Ensuite encore parce que certaines traces sont très partielles, très succinctes, inexploitables en l’état. Enfin parce que si des documents attestent leur existence, on manque toujours des preuves matérielles de certaines modifications.</p>
<p>C’est pourquoi ce concert nous a semblé être d’abord un divertissement de musicologues pour musicologues. Après le jeu de piste de la recherche des vestiges et l’analyse croisée des sources a commencé celui de la reconstitution, conduite selon les critères scientifiques les plus rigoureux. On ne doute pas de l’excitation et du plaisir qu’a pu trouver Stefano Piana à proposer une reconstruction du finale de<em> Semiramide</em> qui fut donné sur la scène du Théâtre Italien en 1825. Pourquoi Rossini renonça-t-il à la fin abrupte de Venise, où le dernier soupir de la reine poignardée est aussitôt suivi par un chœur général célébrant le nouveau souverain ? Peut-être pour être plus fidèle à Voltaire, dans la patrie de ce dernier ? Il modifia donc la dernière scène : avant d’expirer, dans un long récitatif, Semiramide accorde son pardon à Arsace et l’autorise à épouser Azema, la princesse héritière de la dynastie évincée. Sa mort déclenche alors, selon des témoins de l’époque, une déploration des prêtres, un chœur exclusivement masculin.</p>
<p>Problème : à ce jour on n’a trouvé aucune trace de cette page, qui transformait profondément le climat du final. Alors que dans la version originale le chant de triomphe du peuple exalte l’avènement de l’élu du destin, le chœur de Paris est un point d’orgue au drame vécu par les personnages. <strong>Stefano Piana</strong> a donc composé un « à la manière de », en s’inspirant évidemment de tous les paramètres rossiniens à sa disposition. La pratique n’est pas unique : ce faisant il mettait ses pas dans ceux du regretté Philip Gossett, auquel il rend un vibrant hommage dans le programme de salle, qui s’était livré au même exercice en 1986 pour un concert à l’Opéra de Paris.</p>
<p>Ces informations, si elles intéressent sans doute le fervent rossinien, l’aident-elles mieux à savourer le concert ? Peut-être, si sa connaissance des œuvres concernées par le concert est à ce point exhaustive qu’il peut à la simple écoute apprécier l’intérêt des variations proposées par rapport au modèle de l’édition critique. N’étant pas savant à ce point nous nous bornerons à apprécier les prestations des artistes réunis pour l’évènement.</p>
<p>Tour à tour Isabella de <em>L’inganno felice, </em>Aldimira de <em>Sigismondo</em>, Dorliska dans <em>Torvaldo et Dorliska</em>, <strong>Silvia Della Benetta</strong> prête à ces héroïnes qui sont autant de victimes le ruban satiné de sa voix, où alternent élans passionnés et plaintes élégiaques, avec les ports de voix, les trilles et les sons filés de rigueur, avant d’être une pathétique Semiramide, qui au seuil de la mort abandonne sa superbe et cesse d’être la souveraine concupiscente pour devenir enfin la mère aimante qu’elle ne fut jamais. Si elle est mise en vedette à juste titre par le programme, <strong>Victoria Yarovaya </strong>aurait été digne du même rang, tant le récitatif et la cavatine alternatifs écrits pour Isabella dans <em>L’Italiana in Algeri </em>semblent une enivrante quintessence de la séduction du personnage. A travers la voix, qui s’étale, sinue ou cabriole, c’est un festival de nuances grâce auxquelles le funambulisme vocal ne compromet jamais l’expressivité, impressions entièrement confirmées dans un autre air, toujours pour la même œuvre, où l’autorité du personnage va de pair avec un charme enveloppant assaisonné de trilles péremptoires. Eduardo dans une version de <em>Matilde de </em>Shabran, Calbo dans un trio de <em>Maometto secondo</em> elle est encore Arsace dans le final reconstitué de <em>Semiramide</em>, avec toujours la même agilité fascinante et une aptitude à colorer les sons qui transmet directement l’émotion.</p>
<p>Ayant chanté Tancredi le matin même on comprend que <strong>Diana Haller</strong>, dans l’air d’entrée d’Eduardo, héros de <em>Eduardo e Cristina</em>, manque un peu de l’éclat nécessaire au retour du guerrier victorieux, même si l’interprète doit aussi communiquer la fragilité cachée liée au secret dangereux de son mariage secret avec la fille du souverain. Heureusement les quelques stridences initiales s’éteignent et à la fin de la cavatine la voix sonne bien mieux. Dans le duo alternatif de <em>Sigismondo</em>, où elle chante le rôle-titre, la voix s’allie extrêmement bien à celle de Silvia Della Benetta. Néanmoins on ne peut s’empêcher de penser que demander à un artiste ayant chanté un rôle lourd le matin de se produire en soirée est une exigence excessive. Certes, certains le peuvent, et s’en glorifient, mais les chanteurs n’ont pas tous la même endurance !</p>
<p>Au ténor <strong>César Cortès</strong>, élève de l’Académie du festival, sont échues quatre interventions. Dans les trois amoureux, le poète Giocondo de <em>La pietra del paragone, </em>Lindoro de <em>l’Italiana in Algeri</em>, Torvaldo, le mari menacé de la trop séduisante Dorliska, le timbre n’est pas de ceux qui accrochent, certains aigus sont tendus et d’autres frôlent le nasal. C’est en Erisso, le père de la malheureuse Anna du <em>Maometto secondo</em>, qu’il fait oublier son statut d’apprenti et s’impose de façon très satisfaisante. Cette remarque vaut aussi pour <strong>Shi Zong</strong>, basse chinoise à la voix très sonore mais qui semble un rien à la peine dans la cavatine du Conte Asdrubale, de <em>La pietra du paragone, </em>où on sent l’application et dont les vocalises laissent à désirer. De même l’air de fureur de Gernando, dans <em>Armida</em>, une autre reconstruction de Stefano Piana, manque de vigueur et met paradoxalement le chanteur en difficulté dans le bas. En revanche il semble métamorphosé dans le trio de <em>Maometto secondo </em>où la voix sonne vigoureuse et avec une belle clarté d’émission.</p>
<p>Ayant remplacé le ténor prévu à la première de <em>Corradino cuor di ferro</em>, <strong>Francisco Brito</strong> chante l’air « Anima mia, Matilde », une curiosité puisque dans l’édition napolitaine qui a été choisie à Pesaro Corradino n’a pas d’air à proprement parler même si lors des récitatifs ou des ensembles les agilités à parcourir composent un programme belcantiste à part entière. Fatigue probable pour lui aussi car il nous semble un peu moins brillant que lors de la répétition de la veille, mais reste assez performant dans les acrobaties pour séduire et se faire justement acclamer. Si la voix du baryton <strong>David Oller</strong> serait sans doute trop claire pour Oroe tel que nous le connaissons dans la version de Venise elle convient très bien à l’air du malheureux Fernand, le père de Ninetta de <em>La gazza ladra</em>, que l’injustice d’un officier a réduit à la fuite pour échapper à une condamnation à mort. La projection est bonne, l’intention est de chanter « héroïque », comme il sied à un militaire qui a toujours servi avec ferveur, avec le risque que le souci d’expressivité ne mène le chant à frôler « l’arraché ».</p>
<p>Petite déception en ce qui concerne l’orchestre. Malgré la direction d’orfèvre de <strong>José Miguel Pérez-Sierra</strong>, qui accompagne, soutient, berce, cisèle, suscite le chant, il a probablement manqué une ou deux répétitions car la précision n’a pas l’évidence de la représentation du matin. En revanche les interventions des chœurs ont la même qualité, particulièrement impressionnante dans la reconstitution de la déploration finale de la <em>Sémiramide</em> parisienne.</p>
<p>Destiné à célébrer les trente ans d’existence de la Deutsche Rossini Gesellschaft, ce concert devait marquer la solennité de la circonstance. Mais dans un esprit bien rossinien de facétie, il s’achève sur un pasticcio en forme d’hommage à la Société auquel participent tous les chanteurs, qui se livrent à maintes agilités avant de conclure en chœur : vive la DRG, amusante conclusion à ce savant programme.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/alternatives-rossiniennes-bad-wildbad-un-concert-pour-specialistes/">Alternatives rossiniennes — Bad Wildbad</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
