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La leçon de chant électro-magnétique / Péchés de vieillesse — Bad Wildbad

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Spectacle
23 juillet 2022
L’art de la liaison

Note ForumOpera.com

3

Infos sur l’œuvre

Bouffonnerie musicale

Texte d’Ernest Bourget

Créé dans le salon parisien de Rossini le 11 février 1863

Détails

Mise en espace et adaptation scénique

Jochen Schönleber et Emmanuel Franco

Costume de Rossini

Cennet Aydogan

Lumières

Michael Feichtmeier

Surtitres allemands et français

Reto Müller

Le professeur de chant Pacifico Toccato

Emmanuel Franco

Jean Matois, le paysan normand

Remy Burnens

Un soprano

Katarzina Guran

Un mezzo

Iida Antola

Rossini

Ulrich Maier

Piano

Paolo Raffo

Bad Wildbad, 21 juillet 2022

En 2019 Forumopéra avait rendu compte, sous la plume de Laurent Bury, de l’enquête menée par Jérôme Collomb à propos d’une fantaisie musicale d’Offenbach intitulée La leçon de chant électro-magnétique. Ce chercheur avait remarqué que l’existence d’une édition antérieure à 1867 remettait en cause cette date, retenue pour celle de la création lors d’une exécution publique en Allemagne. Le fruit de ses recherches ne manque pas de sel : le « Mozart des Champs-Elysées » avait donné cette pochade dans le salon parisien de Rossini lui-même !

Dans le livret en forme de fascicule c’est le président de la société Rossini d’Allemagne, Reto Müller, qui raconte par le menu les circonstances ayant conduit le compositeur à retourner vivre à Paris en 1855. Rossini y retrouve les survivants de sa vie antérieure dans la capitale française, artistes et mondains, et dans l’aisance matérielle que sa fortune lui permet, efficacement secondé par une épouse à sa dévotion, il renoue avec une sociabilité propre à éloigner la neurasthénie dont il a souffert. Dans son appartement de Paris d’abord puis dans sa villa de Passy il reçoit régulièrement l’élite artistique. Il s’agit de faire de la musique entre gens de bonne compagnie. Et c’est ainsi que le 11 février 1863 Rossini et ses invités découvrent cette « bouffonnerie musicale ».

La composition musicale est basée sur un texte signé Ernest Bourget qui a déjà collaboré avec Offenbach pour des œuvres courtes. Ce littérateur qui a été à l’origine de la naissance de la SACEM, douze ans plus tôt, a imaginé qu’un professeur de chant a inventé une méthode scientifique pour transformer le plomb en or, autrement dit pour transformer en un temps record un chanteur exécrable en interprète exceptionnel. Sous une forme modernisée par le discours à prétention scientifique et progressiste – « électro-magnétique » – est-ce le charlatan de Cosi fan tutte ou de L’elisir d’amore qui se cache ? Non, la méthode semble fonctionner, mais alors le masque tombe : adieu les prétentions artistiques et bonjour l’âpreté mercantile car l’inventeur entend bien s’enrichir gloutonnement en exploitant sa créature !

Comment faire un spectacle de ce bref divertissement de salon ? Jochen Schönleber et Emmanuel Franco ont imaginé de montrer aux spectateurs les deux compositeurs. C’est le pianiste, Paolo Raffo,  qui est censé avoir la tête d’Offenbach. A la requête du volubile professeur Toccato, incarné par le vibrionnant  Emmanuel Franco il s’installe au clavier. Dans un fauteuil à oreilles tourné de trois quarts vers le fond de scène de façon à le dissimuler au public viendra s’asseoir Ulrich Maier qui a l’honneur de représenter Rossini. La vigilante Olympe aurait-elle permis que les hôtes de sa soirée musicale découvrent son illustre époux en robe de chambre ? On nous permettra d’en douter.

Heureusement ces approximations scéniques ne privent pas le spectacle de son intérêt. Puisque l’on sait qu’au cours de ces soirées musicales Rossini donnait la primeur à ses hôtes de ses nouvelles compositions et que des artistes, instrumentistes ou chanteurs, exécutaient devant lui des extraits de ses œuvres, il faut le faire, ce qui permet d’étendre l’impromptu offenbachien aux dimensions d’un court spectacle. C’est ainsi que, sous le prétexte de rassembler du public pour démontrer l’excellence de la méthode le paysan métamorphosé racole en coulisse des personnages qui deviendront les interprètes du « digest » rossinien.

Remy Burnens, qui avait campé avec aplomb le paysan normand dérouté par le discours du professeur sur le modèle des serviteurs moliéresques, dans un tissu de quiproquos et de coq-à-l’âne, – traduits en allemand par Reto Müller – déploie sa nouvelle voix dans Le Sylvain et il convainc que la méthode du professeur Toccato fait des miracles. En attendant les contrats mirifiques promis par Toccato il décide de donner une représentation à son bénéfice et invite les auditeurs éventuels à ne pas oublier son chapeau. Sa démonstration est perturbée par les pleurs d’un bébé que sa mère n’entend pas – incarnés par deux élèves de l’Académie de chant dirigée par Raul Gimenez – aussi va-t-il  lui appliquer l’instrument miraculeux et, merveille, cela marche aussitôt et l’enfançon – Katarzyna Guran – entonne La chanson du bébé qui autorise la scatologie avec la fraîcheur et la légèreté nécessaires pour la faire passer. Soumise au même procédé sa mère – Iida Antola – s’attaquera au rondo final d’Elena dans La donna del lago sans faire naître en nous le ravissement espéré. En duo elles interprèteront de manière fort réussie la mélodie Le gittane. Auparavant Remy Burnens a bien maîtrisé le récitatif et l’air « Pensa che sei mia figlia » que chantait Raul Gimenez à Pesaro il y a trente ans quand il interprétait le rôle d’Argirio dans Tancredi. De la même œuvre suit une variation pour harpe – arrangée pour piano – et violon sur le « Di tanti palpiti » où le pianiste a pour partenaire sa propre fille la jeune violoniste Matilde Raffo.

Revenu en scène pour récupérer son précieux matériel, l’extravagant professeur se joint aux trois autres chanteurs et le quatuor ainsi formé se lance dans l’Asia in faville, étincelant ensemble tiré d’Aureliano in Palmira. C’est une conclusion brillante à ce spectacle né de l’art de la liaison !

 

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Bouffonnerie musicale

Texte d’Ernest Bourget

Créé dans le salon parisien de Rossini le 11 février 1863

Détails

Mise en espace et adaptation scénique

Jochen Schönleber et Emmanuel Franco

Costume de Rossini

Cennet Aydogan

Lumières

Michael Feichtmeier

Surtitres allemands et français

Reto Müller

Le professeur de chant Pacifico Toccato

Emmanuel Franco

Jean Matois, le paysan normand

Remy Burnens

Un soprano

Katarzina Guran

Un mezzo

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Rossini

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Piano

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