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	<title>Laurent GOOSSAERT - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Laurent GOOSSAERT - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>OFFENBACH, Belle Lurette – Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-belle-lurette-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jan 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cela fait près de soixante ans que la troupe Les Tréteaux Lyriques, fondée en 1968, enchante les spectateurs par leurs représentations biennales d’œuvres d’Offenbach, ce qui fait d’eux certainement la plus ancienne troupe lyrique d’amateurs française toujours active, soutenue par un solide encadrement professionnel, et quelques chanteurs également professionnels. On avait beaucoup apprécié une exceptionnelle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cela fait près de soixante ans que la troupe <em>Les Tréteaux Lyriques</em>, fondée en 1968, enchante les spectateurs par leurs représentations biennales d’œuvres d’Offenbach, ce qui fait d’eux certainement la plus ancienne troupe lyrique d’amateurs française toujours active, soutenue par un solide encadrement professionnel, et quelques chanteurs également professionnels. On avait beaucoup apprécié une exceptionnelle <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/votre-cire-est-trop-bonne/"><em>Princesse de Trébizonde</em></a> en 2009, on a ensuite pu applaudir également à Paris <em>Le Pont des soupirs</em>, <em>La Créole</em>, <em>La Vie Parisienne</em>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-voyage-dans-la-lune-paris-croquons-la-pomme/"><em>Le Voyage dans la Lune</em></a>, <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-grande-duchesse-de-gerolstein-paris-mary-poppins-joue-babes-in-toyland/">La Grande Duchesse de Gerolstein</a>,</em> <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-paris-je-tadore-brigand/">La Périchole</a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-les-brigands-paris-gymnase/">Les Brigands</a></em>, œuvres données chacune une douzaine de fois. Cette année, la troupe a exhumé une œuvre oubliée, <em>Belle Lurette</em>, faisant ainsi un travail patrimonial de première importance.</p>
<p>Début octobre 1880, <em>Belle Lurette</em> est en répétitions au théâtre de la Renaissance. Offenbach, déjà très malade, ne peut être présent et décède le 5 octobre. Il s’agit donc comme <em>Les Contes d’Hoffmann</em>, d’une œuvre posthume. Son orchestration a été achevée par Léo Delibes, mais, depuis, l’œuvre a été très rarement jouée, et l’on retiendra surtout un enregistrement en allemand de larges extraits par la radio de Leipzig (<em>Die schöne Lurette,</em> 1958) disponible en CD, un film également en allemand de la DEFA (Babelsberg, 1960) par Gottfried Kolditz, au scénario un peu modifié et traité dans un style opérette viennoise, dont on peut trouver le  DVD, et l’enregistrement de l’ORTF-INA également abrégée (1965) avec Lina Dachary.</p>
<p>Belle lurette est un mot devenu aujourd’hui peu usité. Bien avant que Gotlib n’en fasse la copine de Gai Luron, il s’agit d’une expression apparue dans la seconde moitié du XIXe siècle et alors très à la mode. Dérivée de heurette, une petite heure, « depuis belle lurette » a évolué et a fini par signifier une relation avec un passé très lointain (il y a une éternité). L’héroïne d’Offenbach semblerait donc faire attendre très longtemps tous ses prétendants…</p>
<p>L’histoire est assez peu connue pour qu’on la rappelle ici : le duc de Marly se voit contraint par sa tante de se marier s’il souhaite hériter de sa fortune. Cédant à cette exigence, il épouse la première venue, Belle Lurette, une jeune blanchisseuse, première au service de Madame Marceline, connaissance de Malicorne, l’intendant du duc. Jolie, vive et pleine de caractère, Belle Lurette découvre peu après les noces qu’elle n’a été qu’un pion dans une affaire d’héritage, son mari ne nourrissant aucun sentiment à son égard. Refusant de se laisser traiter ainsi, Belle Lurette est bien décidée à devenir véritablement la duchesse de Marly. Rusée autant que charmante, elle ne tardera pas à conquérir le cœur de son époux.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/9-8793w-TL-Belle-Lurette-janv2026-G-Plagnol-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-206436"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Photos Les Tréteaux lyriques / G. Plagnol</sup></figcaption></figure>


<p>Le succès planétaire de <em>La Fille de Madame Angot</em> est assez récent (1872), et il peut paraître dangereux de partir à nouveau sur un sujet un peu fade dont l’action se situe sous le règne de Louis XV. Le thème du petit peuple travailleur, soldats et blanchisseuses, a souvent été à la base d’opérettes et opéras-comiques. Offenbach y ajoute son grain de folie : la chanson du jabot et l’odeur des homards sont dignes des petites cuillères de <em>Tulipatan</em> et du gril de <em>Pomme d’Api</em>. On y trouve même quelques pincées viennoises ! Au total, néanmoins, une œuvre au charme un peu désuet, marquée par la fatigue du compositeur. Il ne s’agit donc certes pas d’une œuvre majeure d’Offenbach, mais on a ici, grâce aux Tréteaux Lyriques, une exceptionnelle occasion de la découvrir dans de bonnes conditions musicales.</p>
<p>Malgré les quelques reprises sporadiques en France et en Allemagne, on ne dispose pas d’un matériel d’orchestre validé par Offenbach. Déjà fortement modifiée par Léo Delibes, tant musicalement qu’au niveau de la dramaturgie, la version originelle d’Offenbach disparaît au fil du temps, et donc jamais, en France, <em>Belle-Lurette</em> n’a été donnée dans sa vérité. Le chef d’orchestre <strong>Laurent Goossaert</strong>, grand connaisseur d’Offenbach, décide donc de retourner à la source : il réorchestre l’intégralité de l’œuvre à partir du matériau original, rétablit les numéros disparus, corrige les incohérences et retrouve les couleurs orchestrales du XIXᵉ siècle grâce à un orchestre de 19 musiciens, fidèle aux fosses parisiennes de l’époque et rendant au mieux leur couleur sonore.</p>
<p>De son côté, le metteur en scène <strong>Yves Coudray</strong> décide de transposer l’œuvre de la période Louis XV à celle, beaucoup plus proche de nos préoccupations d’aujourd’hui, des années 1880. Car Belle-Lurette n’est pas un opéra-bouffe, mais un opéra-comique, un genre où Offenbach délaisse la satire pour s’engager dans un portrait social proche du réalisme de Zola. Les blanchisseuses (elles étaient plus de 100 000 à Paris dans les années 1880) se retrouvent donc au cœur de l’action. Entre guinguettes, théâtres et luttes sociales, la mise en scène est alerte, solide et bien construite. Dans des décors simples mais qui suffisent à évoquer les trois lieux de l’action, les magnifiques costumes de <strong>Michel Ronvaux</strong> contribuent énormément à la qualité du spectacle. Une chorégraphie efficace quoiqu’un peu répétitive complète cette évocation imagée des classes sociales parisiennes mêlées de la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, qui ne sont pas sans constituer un miroir social contemporain.</p>
<p>Le rôle de Belle Lurette est assez lourd, d’autant que l’on peut le comprendre de diverses manières. Belle Lurette est une femme moderne au sens d’aujourd’hui, meneuse qui prône la liberté, dans tous les domaines, et met en pratique ses certitudes. Le choix d’Yves Coudray va plutôt vers la sagesse et la retenue, ce qui convient bien à <strong>Béatrice Grinfeld</strong>. Il s’agit pour la jeune cantatrice d’une double prise de rôle, d’abord en tant que soliste, et puis en tant que premier rôle. Elle y va tout à la prudence, et elle s’en sort plutôt bien, compte tenu des éléments que nous venons d’évoquer. Chanter ce rôle par groupes de trois jours de suite n’est pas sans danger, et elle a raison de ménager sa voix, le corolaire étant une certaine perte en puissance scénique, mais aussi vocale. Le résultat, dans les affres de la première, est néanmoins fort plaisant, et pour un début disons-le prometteur au niveau tant de l’aisance scénique, de la diction que de la musicalité et du chant.</p>
<p>Là où l’on imaginait plus Marlène Jobert que Delphine Seyrig, on gagne donc en sentimentalité ce que l’on perd en meneuse de représentation. Néanmoins, les parties « révolutionnaires avant l’heure », un peu façon Angot, sont fort bien campées, car Béatrice Grinfeld arrive à construire son personnage à travers ses diverses composantes, amusante et menaçante à la fois dans l’irrésistible révolutionnaire « Attaquez le gouvernement… attaquez tout, mais ne touchez jamais à la blanchisserie ! », plus sentimentale à plusieurs autres moments, comme à la fin dans les émouvants couplets « On s’amuse, on applaudit… »</p>
<p>Autour d’elle, on retrouve avec plaisir des chanteurs sympathiques qui, pour certains, sont dans la troupe depuis longtemps. Toujours particulièrement en verve, <strong>Jean-Philippe Monnatte</strong>, dans une grande forme vocale et jouant à la perfection Campistrel, le « principal amoureux de Belle Lurette », mène avec aplomb ses deux acolytes (« Nous sommes les trois amoureux »), et chante fort bien en particulier l’air « Belle Lurette a de beaux yeux ». <strong>Adrien Le Doré</strong> est, lui, un Malicorne tout en nuances, qui chante avec humour l’air de la statistique, avec aplomb le rondeau du Messager, et avec délicatesse les couplets « Ce fut à Londres que mon père&#8230; ». <strong>Didier Chalu </strong>(sergent Belhomme), met sa belle voix au service de la tradition du comique troupier, plus vrai que nature. Enfin, <strong>Marie-Charlotte Nantas</strong> campe une Marceline enjouée, même si sa voix n’est pas tout à fait celle du rôle. Les ensemble vocaux sont bien réussis, notamment ceux des blanchisseuses. Enfin, l’ensemble du chœur est bien coordonné et bien en situation.</p>
<p>Courrez donc voir cette belle redécouverte d’une œuvre oubliée. Et rappelons que tous les bénéfices sont reversés à des associations caritatives.<br />Prochaines représentations au théâtre du Gymnase, Paris, les 15, 17, 18, 23, 24, 25, 29, 30, 31 janvier et 1<sup>er</sup> février 2026.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-belle-lurette-paris/">OFFENBACH, Belle Lurette – Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>OFFENBACH, Les Brigands &#8211; Paris (Gymnase)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-les-brigands-paris-gymnase/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jan 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cela fait plus de cinquante ans que les Tréteaux Lyriques, fondés en 1968, enchantent les spectateurs par leurs créations biennales, toujours d’œuvres d’Offenbach, ce qui fait d’eux la plus ancienne troupe lyrique d’amateurs toujours active. On avait beaucoup apprécié une exceptionnelle Princesse de Trébizonde en 2009, on a ensuite pu applaudir à Paris Le Pont &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cela fait plus de cinquante ans que les Tréteaux Lyriques, fondés en 1968, enchantent les spectateurs par leurs créations biennales, toujours d’œuvres d’Offenbach, ce qui fait d’eux la plus ancienne troupe lyrique d’amateurs toujours active. On avait beaucoup apprécié une exceptionnelle <em>Princesse de Trébizonde</em> en 2009, on a ensuite pu applaudir à Paris <em>Le Pont des soupirs</em>, <em>La Créole</em>, <em>La Vie Parisienne</em>, <em>Le Voyage dans la Lune</em>, <em>La Grande Duchesse de Gerolstein</em> et <em>La Périchole</em>, œuvres données chacune une douzaine de fois.</p>
<p>Ce soir, ce sont <em>Les Brigands</em> qui reviennent (précédente production en 2003). Bien sûr, la troupe a considérablement évolué, pour ne pas dire qu’elle a été entièrement renouvelée au fil du temps, et si les moyens se sont professionnalisés (chef, metteur en scène et encadrement), on reste quand même à distance des superproductions qui ont fait date et relancé l’intérêt pour cette œuvre longtemps oubliée (<a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">Genève 1986 dans l’étonnante mise en scène d’Alain Marcel</a>, Lyon 1987 mis en scène par Louis Erlo et Alain Maratrat et dirigée par John Eliot Gardiner, et bien sûr Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff à La Haye en 1992, Paris Bastille en 1993, et ses nombreuses reprises depuis à travers la France). Mais l’œuvre n’est pas simple à monter, faite d’un long premier acte qu’il faut animer, faute de quoi il risque de sombrer dans l’ennui, et deux actes après l’entracte qui foisonnent d’inventions musicales et scéniques.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/0941-TL-les-Brigands-dec23-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-154109"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Photo Gilles Pagnol</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Yves Coudray</strong>, grand connaisseur d’Offenbach, sait manier les troupes, tout en respectant l’œuvre. Ce soir, les carabiniers ont bien tous leurs bottes et arrivent en scène, contrairement au dicton, pile-poil à l’heure. Les groupes de personnages (brigands, Italiens et Espagnols) sont clairement différenciés. Et surtout, les moments de bravoure sont un régal&nbsp;: les entrées des carabiniers, l’arrivée des Espagnols, la cour de Mantoue avec ses problèmes d’argent. Bien sûr, sans que l’on puisse parler véritablement de transposition, les rapports avec l’époque de la création (la fin du Second Empire) et la nôtre ne sont pas éludés, avec une espèce de passage à travers les siècles, que chacun peut interpréter à sa guise. La direction musicale de <strong>Laurent Goossaert</strong> est, comme à son habitude, parfaitement en phase avec l’œuvre, tant au niveau des tempi que de la dynamique : un entrain qu’il communique avec humour au plateau, qui le lui rend bien. Les chœurs sont fort bien préparés, et font également merveille ; on retiendra notamment le fameux chœur de la fin du Ier acte « Ce sont les bottes, les bottes, les bottes, les bottes des carabiniers », alternant le pianissimo et le forte. On notera également les charmants costumes de <strong>Michel Ronvaux</strong>, un régal de style et de couleurs.</p>
<p>Les représentations des Tréteaux sont aussi l’occasion de découvrir de jeunes chanteurs professionnels qui viennent parfaire bénévolement leurs contacts avec des professionnels du monde lyrique et le public. <strong>Didier Chalu</strong> est un Falsacappa épatant. On a l’habitude de l’entendre interprété par des voix plus ténorisantes, mais il a toute l’étendue vocale nécessaire (y compris le falsetto), avec l’autorité physique et vocale ainsi que l’aisance scénique nécessaires au personnage. On note de plus une élocution parfaite, ici pas besoin de surtitres, et cela est valable pour toute la troupe. À ses côtés, la très jolie Fiorella de <strong>Delphine Hivernet</strong>, dont la voix n’est pas immense, mais très joliment menée, musicale et charmeuse à la fois, plus que véritablement brigande. De son côté, le Fragoletto de <strong>Juliette Hua</strong> est tout à fait convaincant scéniquement, ne serait un défaut de projection qui empêche sa jolie voix, également très musicale, de passer la rampe, notamment dans le médium.</p>
<p>Mais il y a aussi des morceaux de bravoure où quantité de seconds rôles peuvent briller, comme <strong>Jean-Philippe Monnatte</strong> qui distille avec art l’air de Gloria-Cassis plein de sous-entendus («&nbsp;Jadis vous n’aviez qu’une patrie, maintenant vous en aurez deux&nbsp;» avec l’irrésistible ritournelle «&nbsp;Y a des gens qui se disent Espagnols, et qui ne sont pas du tout Espagnols&nbsp;»), <strong>Mathieu Fourticq</strong>, excellent baron de Campo-Tasso que ne désavoueraient pas nombre de scènes professionnelles, avec son air «&nbsp;nous avons ce matin tous deux…&nbsp;», <strong>Jean-Philippe Alosi</strong> qui se délecte de l’air fameux du caissier Antonio. On remarque aussi (mais il faudrait en citer beaucoup d’autres&nbsp;!) <strong>Myriam Berthieu</strong> (la princesse de Grenade) et <strong>Katell Martin</strong>, son extraordinaire duègne. Enfin, <strong>Apolline Bedouet</strong> est vraiment drôlissime dans le tout petit rôle de Pipetta, illustré autrefois à l’Opéra Bastille par Yolande Moreau.<br>Courrez applaudir ces brigands bénévoles bien sympathiques, d’autant qu’au lieu de détrousser les spectateurs, ils reversent tous leurs bénéfices à des associations caritatives (cette année Les Papillons blancs de Paris, La Salle à manger et La Ressourcerie).</p>
<p>Prochaines représentations les 18, 20, 21, 26, 27, 28 janvier et 1<sup>er</sup>, 3 et 4 février 2024</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-les-brigands-paris-gymnase/">OFFENBACH, Les Brigands &#8211; Paris (Gymnase)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>OFFENBACH, La Périchole — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-paris-je-tadore-brigand/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Jan 2022 05:15:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Fondée en 1968, l’association Les Tréteaux Lyriques compte 44 ans d’activité, ce qui en fait une des associations lyriques françaises d’amateurs les plus anciennes. Elle s’est spécialisée dans le répertoire d’Offenbach, dont elle produit tous les deux ans une des grandes œuvres. La troupe, constituée d’une quarantaine de chanteurs-comédiens, est aussi un tremplin pour jeunes &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Fondée en 1968, l’association Les Tréteaux Lyriques compte 44 ans d’activité, ce qui en fait une des associations lyriques françaises d’amateurs les plus anciennes. Elle s’est spécialisée dans le répertoire d’Offenbach, dont elle produit tous les deux ans une des grandes œuvres. La troupe, constituée d’une quarantaine de chanteurs-comédiens, est aussi un tremplin pour jeunes talents. Elle est encadrée par des professionnels pour la mise en scène, le travail des chœurs, la direction musicale, l’orchestre, les décors et les costumes. ForumOpera.com suit leurs activités avec intérêt depuis 2009<sup>1</sup>.</p>
<p>	De toutes les compositions d’Offenbach, <em>La Périchole</em> est peut-être la plus complexe, tant musicalement que scéniquement. Espagnolade transposée au Pérou, pour des raisons faciles à comprendre (l’impératrice et son entourage), elle est en fait plus subversive et novatrice qu’il n’y paraît de prime abord, notamment dans les relations femme-homme. C’est dire que le rôle du metteur en scène est ici fondamental. Saluons le travail exemplaire d’<strong>Yves Coudray</strong>, aguerri à ce répertoire qu’il défend depuis de nombreuses années, notamment alors qu’il était le directeur artistique du festival Offenbach d’Étretat. Sa lecture de l’œuvre est à la fois d’une grande clarté et d’une grande précision, au point que l’on a un peu  l’impression de la redécouvrir. La direction d’acteurs est soignée, privilégiant le côté sensible sans pour autant gommer les moments comiques, très efficaces, créant ainsi un grand équilibre entre les différentes facettes de l’opéra-bouffe. Cette mise en scène tout en finesse est remarquablement soutenue par la chorégraphie de <strong>Francesca Bonato</strong>, qui se joue de la relative exiguïté du plateau, et nous replonge dans les meilleurs moments de la troupe. L’ensemble de la fin du premier acte est à cet égard irrésistible. On apprécie également les beaux costumes de <strong>Michel Ronvaux</strong>. Mais tout cela ne serait rien sans le travail musical de l’orchestre Ad Lib et de son chef <strong>Laurent Goossaert</strong> qui, à partir de la version de 1874, a allégé l’orchestration sans en perdre l’esprit, et dirige avec doigté et humour un ensemble de musiciens qui se caractérise non seulement par l’excellence de son jeu, mais aussi par son implication dans l’aventure commune.</p>
<p><img decoding="async" alt="" height="468" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/5_4446_tl_la_perichole.jpg?itok=znoJ9Id1" width="468" /><br />
	Delphine Hivernet (La Périchole) et Vincent Ducros (Piquillo) © Photo Les Tréteaux Lyriques</p>
<p><strong>Delphine Hivernet</strong>, que l’on connaît par ailleurs pour ses talents de comédienne, est une excellente Périchole. Sa voix chantée, un peu retenue au début de cette soirée de première, trouve rapidement son assurance et s’affirme au fil de la représentation. Quant à sa voix parlée, elle est placée naturellement et n’est donc entachée d’aucun des défauts que l’on peut observer chez un grand nombre de chanteurs lyriques. Elle distille avec art et gentillesse ses airs, sans une once de vulgarité, celui de la lettre, de la griserie, mais aussi « Mon Dieu, que les hommes sont bêtes », et bien sûr « Tu n’es pas beau, tu n’es pas riche, et pourtant, je t’adore brigand ». A ses côtés, <strong>Vincent Ducros</strong> est un Piquillo à la fois drôle et émouvant, apportant au couple un équilibre parfait. <strong>Jean-Philippe Monnatte</strong> est épatant en vice-roi, encadré de ses deux sbires <strong>Jean-Philippe Alosi</strong> et <strong>Adrien le Doré</strong>, tous trois aussi bons chanteurs que comédiens. Les trois cousines paraissent encore bien sages et peu dévergondées, mais il leur reste quelques représentations pour affirmer un peu plus leurs personnalités. Une mention spéciale pour le désopilant prisonnier et son petit couteau de <strong>Marc Lesieur</strong>.</p>
<p>	Les chœurs sont tout à fait excellents, tant vocalement que scéniquement, et l’ensemble de la troupe a bien travaillé l’articulation et la prononciation, ce qui rend intelligible les textes tant parlés que chantés. Ils jouent tous fort bien, et l’on se souviendra en particulier des policiers du dernier acte, dignes des bobbies des <em>Pirates de Penzance</em>. Bref, on passe vraiment un excellent moment, sans aucun temps mort, et l’on sort en fredonnant mentalement les airs les plus connus. Venez applaudir et soutenir cette sympathique équipe qui défend avec ardeur le spectacle vivant (rappelons que les bénéfices sont reversés à des associations caritatives).</p>
<p>	Prochaines représentations les 27 et 29 janvier 2022 à 20 h 30, 30 janvier à 15 h, 3, 4 et 5 février à 20 h 30 et 6 février à 15 h.</p>
<p>1. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/votre-cire-est-trop-bonne"><em>La Princesse de Trébizonde</em> en 2009</a>, <a href="https://www.forumopera.com/breve/quand-litalie-respire-le-pont-des-soupirs-doffenbach"><em>Le Pont des Soupirs</em> en 2011</a>, <a href="https://www.forumopera.com/breve/redecouvrons-la-creole-a-paris-nom-dun-sabord"><em>La Créole</em> en 2013</a>, <a href="https://www.forumopera.com/la-vie-parisienne-paris-gaveau-paris-sera-toujours-paris"><em>La Vie Parisienne</em> en 2015</a>, <a href="https://www.forumopera.com/le-voyage-dans-la-lune-paris-croquons-la-pomme"><em>Le Voyage dans la Lune</em> en 2018</a> et <a href="https://www.forumopera.com/la-grande-duchesse-de-gerolstein-paris-mary-poppins-joue-babes-in-toyland"><em>La Grande duchesse de Gerolstein</em> en 2020</a>.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-paris-je-tadore-brigand/">OFFENBACH, La Périchole — Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>OFFENBACH, La Grande-duchesse de Gérolstein — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-grande-duchesse-de-gerolstein-paris-mary-poppins-joue-babes-in-toyland/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jan 2020 23:19:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Tréteaux Lyriques, troupe d’amateurs encadrée sur scène et musicalement par de solides professionnels, a été créée en 1968. Elle propose depuis lors, tous les deux ans, une œuvre d’Offenbach. Installée pour plusieurs semaines sous les ors fanés du théâtre du Gymnase, elle y apporte un vent de jeunesse et de folie qui doit faire &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les Tréteaux Lyriques</strong>, troupe d’amateurs encadrée sur scène et musicalement par de solides professionnels, a été créée en 1968. Elle propose depuis lors, tous les deux ans, une œuvre d’Offenbach. Installée pour plusieurs semaines sous les ors fanés du théâtre du Gymnase, elle y apporte un vent de jeunesse et de folie qui doit faire tressaillir les mânes de Marie Bell.</p>
<p>	Quand une troupe de ce type s’attaque à une œuvre de la difficulté de <em>La Grande Duchesse</em>, il lui faut d’abord – financièrement parlant – se démarquer des superproductions comme celle de Laurent Pelly, qui continue de tourner autour du monde, ou d’autres plus récentes comme celle de Stefano Mazzonis di Pralafera à Liège qui se déroulait dans les cuisines d’un restaurant, ou encore celle plutôt trash de Renaud Doucet à Cologne. Ce soir, le postulat est astucieux : on se trouve dans une chambre d’enfant où un clone de Mary Poppins étale ses états d’âme ; pour la consoler, la petite fille (d’autres soirs c’est un petit garçon, ce qui doit mieux fonctionner, en dehors de toute considération de genre), lui propose de devenir la grande duchesse de ses jouets guerriers. <em>Star Wars</em> ne sera jamais loin, avec le casque noir de Dark Vador pour le général Boum, et le sabre laser pour « le sabre de mon père ». L’armée elle-même est composée de troupes en pyjama armées de parapluies et coiffées de pots de peinture. C’est plutôt drôle et cela passe bien dans la salle.</p>
<p>	En revanche, j’ai beaucoup moins aimé les tripatouillages de la partition. Que l’on coupe ici ou là, surtout dans le deuxième acte, passe encore (dommage quand même que « le carillon de ma grand-mère » soit passé à la trappe). Et je suis encore plus réservé sur les citations musicales contemporaines – courtes il est vrai, mais quand même… – qui  émaillent la soirée. Celles-ci commencent avant même l’ouverture, sur la musique de la chanson de Mary Poppins « Feed the birds, tuppence a bag ». Les références scéniques étaient-elles si obscures qu’il ait fallu les souligner aussi lourdement ? Bien sûr, Offenbach lui-même adorait pratiquer de telles citations, mais c’était dans le corps de sa composition, et non pas émietté à l’éparpille. Mais tout cela est plus une affaire de puristes, car les spectateurs, dont beaucoup voyaient l’œuvre pour la première fois, en étaient malgré tout ravis.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="312" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/100748_ttl_la_grande_duchesse_de_gerolstein.jpg?itok=xGT6qjn7" width="468" /><br />
	Thibault Mercier (Fritz) et Françoise Saignes (La Grande Duchesse) © Photo Gilles Plagnol</p>
<p>L’autre difficulté est d’avoir une « vraie » Grande Duchesse, et elle est bien là ce soir grâce à <strong>Françoise Saignes</strong>, pince sans rire, aguicheuse prise à ses propres pièges, drôle et surtout pas du tout vulgaire, bref une très belle interprétation, à la fois dans l’esprit et dans le ton. Elle a tout à fait la voix du rôle, un mezzo chaud et plein sur toute la tessiture. Connaissant bien ce type de répertoire, qu’elle aime et sert avec humour, elle s’intègre parfaitement dans cette production. A ses côtés, des amateurs de talent défendent fort bien les autres rôles principaux, dont <strong>Jean-Philippe Alosi</strong>, général Boum sonore au jeu précis, et <strong>Thibaud Mercier</strong>, Fritz ténorisant très joliment et également très bon acteur.</p>
<p>	La mise en scène d’<strong>Adrien Jourdain </strong>est vive et bien en situation, même si la surface du plateau freine parfois les élans des masses chorales fort bien préparées par <strong>Jean Nouvel-Alaux</strong> qui, ce soir, a assuré brillamment le doublage vocal du rôle du Prince Paul joué par un acteur (Frédéric Ernst, victime en cette période de grève d’une chute de vélo avec bras cassé, doit reprendre son rôle incessamment). Les décors de <strong>Justine Mélisse</strong> sont un peu minimalistes, mais les beaux costumes, notamment féminins, de <strong>Joyce Besançon</strong> animent efficacement l’espace. La direction musicale de <strong>Laurent Goossaert</strong>, vive et enjouée, privilégie peut-être un peu trop les vents au détriment des cordes nettement moins sonores.<br />
	On passe une bonne soirée, on rit souvent, mais on regrette quand même une plus grande rigueur vis-à-vis de l’œuvre d’Offenbach.</p>
<p>	Prochaines représentations les 18, 29,30, 31 janvier et 1<sup>er</sup> et 2 février 2020.</p>
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		<title>OFFENBACH, Le Voyage dans la lune — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-voyage-dans-la-lune-paris-croquons-la-pomme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jan 2018 06:55:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cinquante ans déjà que la troupe d’amateurs Les Tréteaux lyriques s’attaque au grand répertoire dit léger, notamment d’Offenbach. Jamais le mot « amateurs » n’a mieux été utilisé dans le sens de « ceux qui aiment », car tous se donnent à fond dans ces opérations périlleuses, et le résultat est tout simplement bluffant. Il convient néanmoins de nuancer &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cinquante ans déjà que la troupe d’amateurs <strong>Les Tréteaux lyriques</strong> s’attaque au grand répertoire dit léger, notamment d’Offenbach. Jamais le mot « amateurs » n’a mieux été utilisé dans le sens de « ceux qui aiment », car tous se donnent à fond dans ces opérations périlleuses, et le résultat est tout simplement bluffant. Il convient néanmoins de nuancer le propos en soulignant que, d’une part, l’encadrement (mise en scène, décors et costumes, orchestre et direction d’orchestre) est professionnel et d’une solidité sans faille, et que d’autre part les chanteurs qui assument les rôles principaux sont amateurs dans le sens où cette activité ne constitue pas leur source de revenus, mais ont tous fait de solides études musicales, vocales et théâtrales et sont titulaires, pour la plupart, d’un CFEM.</p>
<p>	La mise en scène de ce <em>Voyage dans la lune </em>par <strong>Rémi Préchac</strong> est confondante de vivacité et d’inventivité, il n’y a pas un temps mort, chacun sait exactement ce qu’il a à faire et pourquoi. Les mouvements et la gestuelle des choristes et figurants sont étonnants, mêlant la technique théâtrale à la danse. Il utilise parfaitement le grand plateau du Casino de Paris où se sont illustrés tant de meneuses de revues exceptionnelles, auxquelles ce spectacle est comme un clin d’œil. L’utilisation de projecteurs de haute technicité permet de compléter le décor astucieux de <strong>Christophe Auzolles</strong> en créant des atmosphères « lunaires » et féériques fort appropriées, permettant d’éviter un réalisme approximatif, notamment pour le quatrième acte. Enfin, les costumes de <strong>Janie Loriault</strong> sont d’une drôlerie et d’une efficacité totales, et l’on est frappé par leur finition dans les détails, digne des plus grandes scènes.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="312" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/7763w_tl_vlune_2017.jpg?itok=dHycEtEC" width="468" /><br />
© Photo Tréteaux Lyriques / Gilles Pagnol</p>
<p>Musicalement, on retrouve avec plaisir <strong>Laurent Goossaert</strong> et son orchestre Ad Lib., dans une formation allégée, mais d’une parfaite efficacité. Tempi, balancement, nuances et style sont on ne peut plus offenbachiens, et surtout en parfait équilibre avec le plateau. Et le chef sait établir une connivence aussi bien avec les chanteurs qu’avec le public, qu’il fait participer à l’ouverture façon concert viennois du nouvel an. Reste la question de l’adaptation, dans la mesure où il est quasiment impossible aujourd’hui de donner cette œuvre dans une version intégrale conforme à la création (673 costumes en 1875 !). Ici, la partition est globalement respectée, sauf quelques manques dont le ballet des flocons de neige et les airs additionnels de Popotte, et l’assimilation du rôle de Quipasseparla avec celui de Caprice. Les textes parlés sont simplement parfois raccourcis mais non détournés et font bien rire ainsi. Seules concessions au monde d’aujourd’hui, le téléphone portable utilisé par Microscope pour communiquer avec sa maîtresse restée sur la Terre, et les banderoles « promotions », « soldes » et « prix fous » du marché aux femmes qui, paradoxalement, font beaucoup rire les dames dans la salle.</p>
<p>	« Il nous faut de l’amour, nous voulons de l’amour ! » chante la belle Hélène. Le propos est ici fort proche, mais faisant référence à la pomme, le fruit défendu du « péché originel », et les interprètes font bien passer le message, avec humour et gentillesse. Le prince Caprice, contrairement à la création où le rôle, travesti, était tenu par Zulma Bouffar, a été confié à <strong>David Faggionato</strong> qui a énormément progressé en technique vocale depuis sa déjà belle prestation dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/votre-cire-est-trop-bonne"><em>La Princesse de Trébizonde </em>en 2009</a>. Sa voix n’est pas immense, mais il sait très bien s’en servir, notamment dans les romances en demi-teinte. Il campe un prince Caprice amusant et dynamique faisant penser à une rock star (Mick Jagger). A ses côtés, <strong>Estelle Gombaud</strong> est une princesse Fantasia épatante, à la voix ravissante, à la jolie technique et à la plastique itou. On connait bien les autres piliers de la troupe, qui font également merveille, <strong>Jean-Philippe Monnatte</strong> en roi Vlan autoritaire à la voix sonore et percutante, avec une articulation parfaite (ce qui peut d’ailleurs être dit de toute la troupe), <strong>Jean-Philippe Alosi </strong>en Microscope, désopilant, parfois lunaire façon Harry Langdon, mais gardant aussi les pieds sur terre, si l’on peut dire, <strong>Rémy Buclin</strong> en roi Cosmos énorme pour ne pas dire ubuesque comme son costume l’évoque, encombré d’une reine Popotte vêtue d’une robe extraordinaire, et digne de la Bonemine des aventures d’Astérix, jouée avec autorité et humour par <strong>Katell Martin</strong>. <strong>Evelyne Hellgouarc’h</strong>, qui chante également à ravir, complète la distribution avec <strong>Marc Chapel </strong>et <strong>Frédéric Thiriez</strong>, sans oublier les chœurs et tout particulièrement les gardes de la fille du roi. On passe grâce aux Tréteaux Lyriques un grand moment jubilatoire, bien rare aujourd’hui, c’est un spectacle à ne pas manquer, d’autant plus que les bénéfices en sont versés à des associations caritatives.</p>
<p>Prochaines représentations les 19, 20 et 21 janvier 2018.</p>
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		<title>OFFENBACH, La Vie parisienne — Paris (Gaveau)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-vie-parisienne-paris-gaveau-paris-sera-toujours-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Nov 2015 15:14:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tout juste une semaine après les tragiques événements parisiens du 13 novembre, cette représentation de La Vie parisienne est dédiée par les artistes « à toutes les victimes du fanatisme ». Après cet instant de pensée et de recueillement, le porte-parole de la troupe ajoute « nous jouerons, chanterons et danserons ce soir pour que la vie parisienne ne &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Tout juste une semaine après les tragiques événements parisiens du 13 novembre, cette représentation de <em>La Vie parisienne</em> est dédiée par les artistes « <em>à toutes les victimes du fanatisme</em> ». Après cet instant de pensée et de recueillement, le porte-parole de la troupe ajoute « <em>nous jouerons, chanterons et danserons ce soir pour que la vie parisienne ne s’arrête pas</em> ».</p>
<p class="rtejustify">Cela fait de nombreuses années que nous suivons Les Tréteaux Lyriques, où se mêlent des professionnels et des amateurs, et dont nous avions tout particulièrement apprécié en 2009 <a href="/spectacle/votre-cire-est-trop-bonne"><em>La Princesse de Trébizonde</em></a>. Aujourd&rsquo;hui, grâce à la metteuse en scène <strong>Mirabelle Ordinaire</strong>, on retrouve cette troupe sympathique au meilleur de sa forme, dans une production un peu sage mais professionnelle, sensible et soignée, sans une once de vulgarité. La direction d’acteurs est réussie, respectant au pied de la lettre la tradition dans ce qu’elle a de positif. Après un démarrage un peu laborieux, les ensembles sont fort bien menés, comme en particulier « Tout tourne tourne tourne », ou « Il est gris », malgré l’exiguïté de la scène.</p>
<p class="rtejustify">Il faut dire que la Salle Gaveau n’est certes pas faite pour recevoir des spectacles scéniques : le plateau est petit, avec seulement trois portes étroites pour y accéder, sans cintres ni portants, et sans fosse d’orchestre. Il fallait donc trouver une solution pour permettre au spectacle de se dérouler de façon plausible et avec fluidité. Ce qui est obtenu grâce aux éléments scéniques de <strong>Philippine Ordinaire</strong>, qui nous transportent d’un buffet de gare aux divers salons où se déroule l’action. Quelques tables juponnées de nappes colorées, de grands paravents réversibles, des plantes vertes, c’est simple, joli et efficace, et l’on gagne en unité et en rapidité ce que l’on perd en spectaculaire. Les costumes de <strong>Françoise Raybaud</strong> et <strong>Sylvie Blondeau</strong> sont également soignés, et parfois même amusant comme le Brésilien couleurs cacatoès, et l’ensemble, transposé sous la Troisième République, s’adapte fort bien au décor 1900 de la salle.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="298" src="/sites/default/files/styles/large/public/02_dsc_9235.jpg?itok=Bni1W6RJ" title="© Photo Gilles Plagnol." width="468" /><br />
	© Gilles Plagnol</p>
<p class="rtejustify">La version choisie est celle en 4 actes, un peu hybride dans la mesure où elle nous prive de l’acte IV dit « de Madame de Quimper-Caradec » et de son air extraordinaire « Vengons-nous, vengeons-nous, il faut nous venger », qui explique certains éléments restant sans cela obscurs, et surtout qui fait basculer l’action en permettant aux femmes de reprendre à ce stade la main. Mais l’air rarement donné de la baronne de Gondremarck, « Je suis encor tout éblouie », bien défendu par  <strong>Juliette Hua, </strong>a été conservé, redonnant ainsi plus de corps à ce rôle autrement un peu effacé. La production n’a pas non plus cédé à la modernisation des textes, tout au plus entend-on « La Dessay dans Don Pasquale et puis aussi Mylène Farmer », qui remplace de façon amusante « La Patti dans don Pasquale et Térésa dans Le Sapeur ».</p>
<p class="rtejustify">Comme toujours dans ce type de troupe, quelques personnalités dominent l’ensemble. On retrouve ainsi avec plaisir <strong>Jean-Philippe Monnatte</strong>, qui campe un baron de Gondremarck absolument désopilant et d’une justesse de ton totale, surtout quand il découvre la supercherie dont il a été victime. Ses qualités vocales et sa prestance donnent au rôle une grande autorité qui n’éclipse pas ses partenaires mais au contraire les met en valeur. Le bottier Frick de <strong>Rémy Buclin</strong> est tout aussi drôle et bien chantant, de même que la gantière Gabrielle d’<strong>Estelle Gombaud</strong>, piquante et vive à souhait. <strong>Elodie Romand</strong> (Métella) manque encore un peu de ce côté cocotte demi-mondaine jouant avec les hommes comme avec autant de pantins, mais a fort bien assuré. Quant à <strong>Géraldine Monnier</strong> (Pauline), c’est le côté un peu canaille et racoleur du personnage qu’il lui reste à acquérir. Du côté des hommes, le couple <strong>Jean-Philippe Alosi</strong> et <strong>Frédéric Lenoir</strong> (Gardefeu et Bobinet) a tout l’allant nécessaire, de même que le Brésilien de <strong>Marc Chapel</strong>. Le reste de la distribution ne démérite pas. Les voix sont parfaitement adaptées aux rôles, et la direction musicale de <strong>Laurent Goossaert </strong>entraîne ses troupes avec son entrain habituel, fort communicatif. Un joli spectacle à voir pour casser la triste morosité ambiante.</p>
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