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	<title>Nika GULIASHVILI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Nika GULIASHVILI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>ENESCO, Œdipe &#8211; Bregenz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/enesco-oedipe-bregenz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis Sophocle, les recréations de l’histoire d’Œdipe sont innombrables, selon chaque époque, en passant par Jean Cocteau, Alfred Hitchcock, Pier Paolo Pasolini ou Steven Spielberg. Le mythe est revisité à l’aune d’acteurs prestigieux, parmi lesquels Jean Mounet-Sully occupe une place particulière, puisque Enesco raconte que c’est après l’avoir vu en 1906 dans le rôle à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis Sophocle, les recréations de l’histoire d’Œdipe sont innombrables, selon chaque époque, en passant par Jean Cocteau, Alfred Hitchcock, Pier Paolo Pasolini ou Steven Spielberg. Le mythe est revisité à l’aune d’acteurs prestigieux, parmi lesquels Jean Mounet-Sully occupe une place particulière, puisque Enesco raconte que c’est après l’avoir vu en 1906 dans le rôle à la Comédie-Française qu’il eut l’idée de faire de ce sujet un opéra. À l’instar de Sarah Bernhardt, dont il avait le style déclamatoire et la gestuelle, il est possible <a href="https://www.youtube.com/watch?v=cwoew9L84w4">de voir des images animées</a> (1) et <a href="https://www.youtube.com/watch?v=LkcFWN9fgRY">d’écouter la voix de Mounet-Sully</a>, un des acteurs français majeurs des années 1880 à 1910. Mais il s’agissait là d’un acteur du siècle précédent, dont le nom était certes encore vivace dans les années 1930, mais dont le jeu était déjà totalement démodé. Le texte du livret d’Edmond Fleg est de même aujourd’hui pour le moins dépassé.</p>
<p>La mezzo finlandaise Lilli Paasikivi, ancienne directrice de l’Opéra national d’Helsinki et nouvelle intendante du festival de Bregenz, promet de continuer à présenter à l’avenir des relectures d’opéras peu connus, à l’instar de cet <em>Œdipe</em>. Mais pour le cas présent, soyons bien clairs&nbsp;: certes, Œdipe tue son père et épouse sa mère, mais en fait il ne connaissait en rien l’identité des gens qu’il rencontrait. <em>Œdipe</em> constitue bien une espèce de quintessence de la tragédie, entre destin, libre arbitre et volonté des dieux, car aveuglé au sens figuré, il devient véritablement aveugle par choix, après s’être crevé les yeux.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/3-20250711_oedipe_302-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-194863"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Paul Gay (Œdipe) et Anna Danik (la Sphinge) © Photos &nbsp;© Bregenzer Festspiele / Daniel Ammann</sup></figcaption></figure>


<p>Tout cela est intéressant d’un point de vue sociologique, historique et pourquoi pas psychanalytique, mais paraît aujourd’hui bien éloigné des préoccupations de la jeune génération, qui n’a pas été nourrie aux textes classiques. Cela peut expliquer que le metteur en scène <strong>Andreas Kriegenburg</strong> n’ait pas voulu s’embarrasser des complexes traditionnels, et ait préféré laisser son décorateur <strong>Harald B. Thor</strong> proposer une esthétique un peu simpliste entre péplum italien de série B et imagerie saint-sulpicienne. Non que cela soit désagréable, car il y a quand même des moments forts, dont le combat dans un brouillard bleu clair évoluant vers le mauve foncé, ainsi que des scènes de foules entre joie et désespoir, toujours bien rendues par les excellents <strong>chœurs de Prague</strong>.</p>
<p>Afin de clarifier le propos – si tant est qu’il en était besoin – les quatre actes sont rebaptisés de façon un peu primaire «&nbsp;le feu, l&rsquo;eau, la cendre et le bois&nbsp;». Les beaux décors monumentaux d’<strong>Harald B. Thor </strong>se succèdent en illustrant ce parti-pris, sans vraiment soulever d’enthousiasme. Mais c’est dans le domaine musical et vocal que le drame éclate véritablement, servi par une équipe de très haut niveau. À commencer par la fosse, où le chef <strong>Hannu Lintu</strong> insuffle au bel orchestre des Wiener Symphoniker, habitués de Bregenz, un élan et une souplesse soulignés par une harmonie soignée des pupitres, et un équilibre parfait entre la fosse et le plateau.</p>
<p>On ne saurait trop se féliciter que ce soit un chanteur français qui assure le rôle-titre. <strong>Paul Gay</strong>, de sa haute stature et d’une voix à la fois puissante, musicale, sans faiblesse et d’une grande expressivité, impose un personnage torturé, dont l’évolution psychologique suit parfaitement celle des évènements. Très à l’écoute de ses partenaires, il est la cheville ouvrière de tout le spectacle, notamment dans les scènes où il est confronté à d’autres fortes personnalités, qu’il s’agisse du Tirésias d’<strong>Ante Jerkunica</strong>, du Créon de <strong>Tuomas Pursio</strong>, du berger de <strong>Mihails Čulpajevs</strong> ou du grand prêtre de <strong>Nika Guliashvili</strong>. Tous sont excellents, aussi bien dans le jeu, dans la projection sonore, que dans la prononciation du français, et contribuent largement à soutenir l’intérêt pour un texte parfois un peu ennuyeux, d’autant que le compositeur a donné la prééminence aux voix de barytons ou de basses (seules deux voix de ténors défendent deux rôles secondaires).</p>
<p>Les trois rôles féminins principaux ont également des voix proches dans la tessiture mezzo. On retrouve avec plaisir <strong>Marina Prudenskaya</strong> (Jocaste), dont on avait beaucoup aimé <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/aida-pom-pom-girl/">l’Amnéris de 2008 lorsqu’elle était en troupe à Stuttgart</a>. Elle joue parfaitement le rôle torturé de la reine malheureuse à tous points de vue, d’une voix qui tire plus vers le grand soprano lyrique, quasi falcon. La sphinge, plus admirable esthétiquement que véritablement inquiétante, est défendue très honorablement par <strong>Anna Danik</strong>, ainsi que la Mérope très expressive de <strong>Tone Kummervold</strong>. Tous les autres rôles secondaires sont parfaitement assurés, faisant de cette belle production, certes peu révolutionnaire, un spectacle de bonne tenue.</p>
<p>Prochaines représentations 20 et l28 juillet 2025.</p>
<pre>(1) Films <em>Œdipe-Roi</em> d’André Calmettes pour Film d’Art en 1908, et de Gaston Roudès pour les films Éclipse en 1912, avec Mounet-Sully dans le rôle d’Œdipe.</pre><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/enesco-oedipe-bregenz/">ENESCO, Œdipe &#8211; Bregenz</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>MOZART, Die Zauberflöte — Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-zauberflote-toulouse-un-conte-de-fees-du-xxie-siecle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Dec 2021 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Flûte enchantée est décidément un opéra pour temps de fêtes. Vingt-quatre maisons à travers le monde, de la Slovénie aux Etats-Unis, en passant par l’Allemagne (où elle est à l’affiche dans quatorze villes !) proposent en cette fin décembre l’avant-dernier opéra de Mozart. En France, Nancy y est allée de sa proposition et c’est aujourd’hui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>La Flûte enchantée</em> est décidément un opéra pour temps de fêtes. Vingt-quatre maisons à travers le monde, de la Slovénie aux Etats-Unis, en passant par l’Allemagne (où elle est à l’affiche dans quatorze villes !) proposent en cette fin décembre l’avant-dernier opéra de Mozart. En France, <a href="https://www.forumopera.com/die-zauberflote-nancy-tournez-maneges">Nancy</a> y est allée de sa proposition et c’est aujourd’hui Toulouse, en co-production avec l’opéra de Rouen-Normandie, qui se lance pour neuf représentations, confiées à <strong>Pierre Rigal</strong>, danseur et chorégraphe, qui fait ici ses débuts en tant que metteur en scène. Les huées entendues ici et là à son adresse au baisser de rideau de la première ne laissent pas d’interroger. Elles sont en réalité tout à la fois compréhensibles et injustifiées. Essayons de comprendre.</p>
<p><em>Die Zauberflöte</em> est une sorte de conte de fées avec ses attributs obligés et attendus : l’oiseleur, les animaux sauvages, le dragon, la flûte de pan, le jeu de clochettes, le méchant ou supposé tel, et la Reine de la Nuit sous son tapis d’étoiles. Vienne à manquer un seul de ces éléments et c’est tout l’édifice qui nous semble branlant ; comme de tout conte de fées ou assimilé, nous attendons qu’il nous replonge dans un univers stylisé, idéalisé. De tous ces attendus, bon nombre manquent à l’appel dans cette nouvelle production ; le carton-pâte tient lieu de décors (y compris pour les animaux dont le dragon descendu du ciel sous la forme d’un serpent chinois qui tient plus de la peinture sur vase que d’un dangereux reptile) : les montagnes, la lune, le soleil, les arbres font du coup bien chiches et peinent à entraîner le spectateur dans le conte de fées…transposé qui plus est dans le désert arabo-africain au XXIe siècle ; le clou si l’on peut dire étant cette station-service « Totalité » où les trois pompes à essence sont censées incarner les vertus prônées par Sarastro : Nature-Sagesse-Raison. Par ailleurs, nous ne sommes pas dans une période indéterminée du passé qui sied à ce genre de fable : ici, Monostatos et ses esclaves déboulent à bicyclette avec sur le dos ces énormes cubes des livreurs de plats cuisinés qui sillonnent aujourd’hui les centres-ville (clin d’œil un peu appuyé à la précarité du statut de ces travailleurs). Ajoutons à cela que les dialogues sont systématiquement dits en français par … deux personnages incarnant Mozart et Schikaneder en personne qui, tout au long de la représentation, joueront les Monsieur Loyal en traduisant donc, mais aussi en ajoutant des tirades à vocation visiblement pédagogique mais qui ralentissent ainsi l’action. Enfin, outre les sur-titres français, deux gros bandeaux de sur-titrage sont omniprésents et désignent les personnages ou commentent l’action : « Humain, trop humain » pour qualifier le désir de Monostatos pour Pamina ou encore « Papageno face à lui-même » dans la scène du jardin où il est à deux doigts de se pendre. Si l’on ajoute les intermèdes musicaux, heureusement peu sonores et dont la pertinence nous a échappé, on concèdera que les puristes n’y trouveront pas leur compte. Dont acte.</p>
<p><img decoding="async" alt="" height="312" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/_dsc9571_-_b._m._todenes_tamino_s._uyar_la_reine_de_la_nuit_m-a_bouchard_i._sherazadishvili_a._soare_-_credit_mirco_magliocca.jpg?itok=Y948jmmj" width="468" /><br />
	© Mirco Magliocca</p>
<p>Et pourtant. Pour mieux comprendre la proposition du metteur en scène, il est bon de resituer <em>Die Zauberflöte</em> dans le contexte de sa création en 1791. C’est un Mozart aux abois financièrement qui compose ce <em>Singspiel</em> sur le livret de son ami Emanuel Schikaneder ; l’œuvre est créée non pas sous les ors du Burgtheater comme l’opus précédent (<em>Così fan tutte</em> l’année d&rsquo;avant) mais dans le très trivial Theater auf der Wieden ou Schikanedertheater. Le public n’est pas du tout le même ; c’est celui des faubourgs populaires de Vienne qui vient autant pour le spectacle à voir que pour la musique à entendre. Mozart et Schikaneder vont lui en donner pour son argent et, du reste, l’œuvre aura immédiatement un grand succès. Succès dû à l’immédiate accessibilité de l’œuvre. Il nous semble que c’est ce qu’a tenté Pierre Rigal dans cette mise en scène. Faire en sorte que le public comprenne parfaitement l’action, la finesse des dialogues, quitte parfois, c&rsquo;est évident, à surligner de façon un peu voyante les intentions du librettiste. Se rapprocher du public, briser la barrière de la langue, pour que l’histoire parle encore au XXIe siècle. De ce point de vue-là la réprobation exprimée par une partie du public pourrait relever d’une méprise.</p>
<p>La réserve majeure concernant ce cast A (les neuf représentations se succédant à bon rythme jusqu’au 30 décembre, deux distributions alterneront), tient au défaut patent de maîtrise de la langue allemande de la part de chanteurs dont aucun n’est germanophone (heureusement, en un sens, que les dialogues parlés l’étaient en français). Abstraction faite de cela, nous retiendrons particulièrement <strong>Serenad Uyar</strong> qui se tire admirablement des mille et un chausse-trappes des deux airs de la Reine de la Nuit ; aucune faiblesse dans l’aigu, une conduite de la ligne de chant très exercée, avec ce qu’il faut de <em>rallentando</em> pour éviter la sortie de route ; ovation méritée. Il en va de même du Papageno de <strong>Philippe Estèphe</strong>, excellent acteur et à l’aisance vocable très appréciable. Le Sarastro de <strong>Luigi Di Donato</strong>, s’il n’a pas la noirceur de timbre attendu, ne tremble pas quand il doit aller chercher dans les tréfonds de la gamme les fa et fa dièse graves de ses deux airs, le tout avec une projection très correcte. Les trois dames (<strong>Andrea Soare</strong>, <strong>Irina Sherazadishvili</strong> et <strong>Marie-Andrée Bouchard-Lesieur</strong>) ont le privilège de débuter l’opéra par un trio qui relève d’une des plus belles inspirations de Mozart. La technique y est, mais le tempo nous a semblé quelque peu hâté. Le Tamino de <strong>Bror Magnus Tødenes</strong><strong> </strong>ne souffre pas de faiblesse dans la projection ; on aurait attendu dans « Dies Bildnis » davantage de nuance et de legato ; mêmes remarques pour Pamina ; le timbre plaît mais les redoutables arcanes du « Ach, ich fühl’s » (l’un des arias les plus piégeux de Mozart) exigent un doigté de magicienne qu’<strong>Anaïs</strong> <strong>Constans</strong> ne possède pas encore entièrement. La Papagena de <strong>Céline</strong> <strong>Laborie</strong> est délicieuse à souhait, le Monostatos de <strong>Paco Garcia</strong> joue plus le benêt que le retors. Il faut saluer l’enthousiasme de tous les protagonistes qui s’emparent avec gourmandise de la proposition du metteur en scène. Excellent jeu d’acteurs de l’ensemble, y compris des trois Knaben, solistes de la Maîtrise du Capitole.</p>
<p>L’orchestre du Capitole sous la direction de <strong>Frank Beermann</strong> nous offre une ouverture de toute beauté avec un équilibre quasi parfait entre cordes et vents ; par la suite, de menus décalages, bien compréhensibles un soir de première, n’obèrent pas une impression de grande maîtrise désormais coutumière.</p>
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		<item>
		<title>TCHAÏKOVSKI, La Dame de pique — Nice</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-dame-de-pique-nice-lenifiante-lena/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Feb 2020 16:52:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En un bel exemple de coopération régionale, les Opéras d’Avignon, Marseille, Nice et Toulon, et la Région Sud, avec son opérateur culturel Arsud, ont décidé d’unir leurs forces pour coproduire un ambitieux spectacle. Quand la nouvelle avait été annoncée, Forum Opéra s’en était fait l’écho, et cette Dame de pique est maintenant présenté à Nice, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En un bel exemple de coopération régionale, les Opéras d’Avignon, Marseille, Nice et Toulon, et la Région Sud, avec son opérateur culturel Arsud, ont décidé d’unir leurs forces pour coproduire un ambitieux spectacle. Quand la nouvelle avait été annoncée, Forum Opéra s’en était fait l’écho, et cette Dame de pique est maintenant présenté à Nice, en attendant Toulon en avril, puis en octobre prochain, Marseille et Avignon. Habitué à des mises en scène plus conservatrices, le public marseillais risque d’avoir un choc en découvrant la production signée <strong>Olivier Py</strong>, qui entrelace ses propres obsessions à celles de Tchaïkovski, en associant <em>Le Lac des cygnes</em> au troisième des opéras pouchkiniens du compositeur. Un danseur constamment en scène apparaît comme le cygne noir, attrait de l’interdit, référence à ce que la baronne von Meck appelait le « sale petit secret » de son protégé. Tout se déroule dans une sorte de théâtre à l’abandon, dans un lieu un peu misérable, dostoïevskien, hanté par des personnages vivant déjà dans l’ombre de la mort (le crâne des vanités classiques, sur lequel s’ouvrait Wozzeck à Athènes en janvier, trône à nouveau en bonne place). Le divertissement mozartien voit ses personnages allégoriques adopter l’apparence physique de Lisa, Hermann et Eletski, tandis que la comtesse est une vieille femme fumant le cigare qui revient sur scène après son décès. Et comme l’intrigue se déroule dans un pays en quête de sa propre identité, partagé entre son admiration pour la France et son goût pour les formes artistiques nationales (voir l’intervention de la gouvernante qui reproche aux jeunes compagnes de Lisa de chanter « à la russe » plutôt qu’à la française), des vues d’immeubles staliniens apparaissent par moments, pour nous rappeler que l&rsquo;action se déroule sur les bords de la Léna, ainsi qu’une banderole « 1812-1942 » évoquant les dates de la glorieuse résistance russe à l’envahisseur. Face à ce spectacle très pyeux, une partie du public a réagi par de vigoureuses huées.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="249" src="/sites/default/files/styles/large/public/3802408.jpg?itok=oEHdhVcY" title="Marie-Ange Todorovitch, Oleg Dolgov © DR" width="468" /><br />
	Marie-Ange Todorovitch, Oleg Dolgov © DR</p>
<p>Pourtant, s’il y a un membre de l’équipe artistique qui aurait pu être contesté, c’est plutôt le chef <strong>György G. Ráth</strong>, dont la direction lente et plate dévitalise complètement une partition au romantisme exacerbé. Les qualités de l’Orchestre philharmonique de Nice ne sont pas en doute mais, plombé par les choix de son directeur musical, il est contraint d’offrir une interprétation sans relief et sans énergie. Espérons que les autres étapes de cette coproduction seront plus réussies sur ce plan, l’orchestre et le chef changeant à chaque fois. Du côté des chœurs, Nice et Toulon ont réussi le mariage de leurs effectifs maison, même si les artistes des deux formations restent souvent cachés derrière les portes-fenêtres aux vitres cassées qui constituent la majeure partie du décor.</p>
<p>Quant aux solistes, ils semblent avoir échappé à la léthargie infligée par le chef, à l’exception peut-être du Tomski bien terne d’<strong>Alexander Kasyanov</strong>, dont le récit du passé de la comtesse, au premier acte, passe pratiquement inaperçu. Du personnage ambigu qui est ici le sien vis-à-vis d’Hermann, mi-protecteur, mi-démon, il ne traduit dans son chant que la première facette. Heureusement les autres têtes d’affiche se situent à un niveau bien plus satisfaisant. La voix saine d’<strong>Oleg Dolgov</strong> possède toute la vaillance nécessaire au héros, mais sans basculer dans l’hystérie. En Lisa, <strong>Elena Bezgodkova</strong> parvient à concilier les couleurs juvéniles attendues et la solidité indispensable ; par son chant élégant, <strong>Eva Zaïcik</strong> nous épargne aussi les Pauline-matrones qu’on rencontre parfois, et la mise en scène la fait intervenir bien davantage que le livret ne le prévoit. <strong>Marie-Ange Todorovitch</strong> compose une comtesse assez admirable, poitrinant quand il le faut, distillant avec délicatesse – et bien sûr dans un français limpide – les couplets de Grétry. <strong>Serban Vasile</strong> est un Eletski à la hauteur des exigences de son air, très applaudi, mais l’on remarque surtout la belle noirceur de timbre de <strong>Nika Guliashvili</strong> dans le petit rôle de Sourine. Si <strong>Nona Javakhidze</strong> dessine avec panache sa gouvernante, <strong>Anne Calloni </strong>ne semble pas du tout avoir la voix de Prilepa, où une authentique soprano colorature serait plus à sa place.</p>
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		<item>
		<title>VERDI, Aida — Sanxay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/aida-sanxay-vingt-ans-apres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Aug 2019 03:49:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2009, pour son 10e anniversaire, le festival des Soirées lyrique de Sanxay avait présenté Aida (plus de 10 000 spectateurs). Pour fêter cette année le 20e anniversaire, Christophe Blugeon, créateur de ces manifestations musicales et toujours leur directeur artistique, a décidé de reprendre la même œuvre, mais avec une équipe entièrement renouvelée, sauf la chorégraphe &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2009, pour son 10<sup>e</sup> anniversaire, le <a href="https://www.forumopera.com/actu/les-soirees-lyriques-de-sanxay">festival des Soirées lyrique de Sanxay</a> avait présenté <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-petit-mickey-qui-na-pas-peur-des-grands"><em>Aida</em> (plus de 10 000 spectateurs)</a>. Pour fêter cette année le 20<sup>e</sup> anniversaire, Christophe Blugeon, créateur de ces manifestations musicales et toujours leur directeur artistique, a décidé de reprendre la même œuvre, mais avec une équipe entièrement renouvelée, sauf la chorégraphe <strong><a href="http://www.operasanxay.fr/artistes#laurence-fanon">Laurence Fanon</a></strong> dont le travail avait été unanimement apprécié. Les principes fondateurs de ce festival, destiné essentiellement à un public de proximité, demeurent inchangés, avec la participation de quelque 250 bénévoles qui travaillent à la réalisation des costumes, des décors et des repas, ainsi qu’à l’accueil et au placement dans une ambiance bon enfant… La plupart des solistes, artistes des chœurs et musiciens sont logés chez l’habitant.</p>
<p>	Le résultat est à la hauteur de ces efforts, car le spectacle, hautement professionnel, peut s’enorgueillir de pouvoir rivaliser avec d’autres productions lyriques européennes de plein air. Les costumes de <strong><a href="http://www.operasanxay.fr/artistes#jerome-bourdin">Jérôme Bourdin</a></strong>, oscillant entre les côtés « historique » et « kitsch », sont particulièrement soignés ; sa scénographie – vague évocation d’une Atlantide de péplum – tient parfaitement la route en permettant d’échapper aux trop longues interruptions pour changements de décors, encore qu’un seul entracte aurait suffi. Quant à la mise en scène très classique de <strong><a href="http://www.operasanxay.fr/artistes#jean-christophe-mast">Jean-Christophe Mast</a></strong>, elle évite les principaux écueils de l’œuvre, mais reste encore trop enfermée dans le cadre de scène, malgré deux moments qui montrent tout l’intérêt que pourrait présenter une telle possibilité.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="312" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/10-0032-aida-2019-presse-david_tavan-07-08-19.jpg?itok=-vmZxoJo" width="468" /><br />
	© Photo David Tavan</p>
<p>La distribution, de qualité, permet au public local de découvrir (ou de redécouvrir car certains ont déjà chanté en France) des artistes de haut niveau international. Les voix sont bien équilibrées entre elles, parfaitement adaptées au plein air et à la belle acoustique du lieu. Bien dirigés, les chanteurs font montre en même temps de qualités de jeu scénique plutôt convaincantes. Quant aux danseurs, portés par une excellente chorégraphie fondée sur des danses tribales africaines, ils ont particulièrement subjugué le public.</p>
<p>	Ce soir, Aïda n’est pas la boniche de service comme on l’a vraiment trop souvent vu, passant l’aspirateur ou roucoulant au téléphone. Elle retrouve ici son rang de princesse malheureuse, prisonnière d’Amnéris autant que de son amour pour Radamès. La soprano russe <strong><a href="http://www.operasanxay.fr/artistes#elena-guseva">Elena Guseva</a></strong>, élégante et racée, sait être successivement véhémente ou touchante. Elle déploie une voix très nuancée, et son « air du Nil » est particulièrement réussi ne serait l’ut final, comme souvent. Le ténor géorgien <strong><a href="http://www.operasanxay.fr/artistes#irakli-kakhidze">Irakli Kakhidze</a></strong> (Radamès) a la puissance du personnage et même si sa gestuelle est un peu limitée, elle paraît plutôt naturelle. Sans jamais forcer sur ses moyens vocaux bien adaptés, il reste un peu trop souvent dans le registre <em>forte</em>, mais avec une constante expressivité.</p>
<p>	La mezzo russe <strong><a href="http://www.operasanxay.fr/artistes#olesya-petrova">Olesya Petrova</a></strong> arrive à faire oublier une posture scénique un peu lourde par une jolie voix égale sur toute la tessiture. A l’aise dans les moments d’agressivité, elle sait aussi faire sentir par l’expression vocale toutes les tendances divergentes du personnage d’Amnéris, et ressortir des instants de grâce magnifiés par le chant à son entrée, lors des difficiles phrases musicales de la scène dans ses appartements, et du « mi sento morir » au début de sa scène finale.</p>
<p>	Deux autres chanteurs ont subjugué le public dans des genres bien différents. <a href="https://www.forumopera.com/actu/vitaliy-bilyy-sa-voix-est-plus-italienne-que-russe">Le baryton ukrainien</a><strong> <a href="http://www.operasanxay.fr/artistes#vitaliy-bilyy">Vitaliy Bilyy</a></strong>, bien connu du public parisien, est un Amonasro d’exception, tout en nuances et sans aucuns des excès que l’on regrette parfois dans ce rôle qui, pour être court, n’en est pas moins important. Encore plus court, le messager du <a href="https://www.forumopera.com/actu/luca-lombardo-nous-sommes-des-instruments-a-vent">vétéran</a> <strong><a href="http://www.operasanxay.fr/artistes#luca-lombardo">Luca Lombardo</a></strong> nous donne une grande leçon de beau chant, avec une voix claire et une prononciation parfaite, et cerise sur le gâteau, pour une fois un personnage harassé par la longue course qu’il vient d’effectuer là où tant d’autres arrivent tout frais et guillerets. La somptueuse basse coréenne <strong><a href="http://www.operasanxay.fr/artistes#in-sung-sim">In-Sung Sim</a></strong> (Ramfis) est la voix la plus forte et sonore de la soirée, mais a tendance à bouger légèrement dans l’extrême grave. Le Géorgien <strong><a href="http://www.operasanxay.fr/artistes#nika-guliashvili">Nika Guliashvili</a></strong> est un roi traditionnel, de même que la prêtresse bien chantante de <strong><a href="http://www.operasanxay.fr/artistes#sophie-marin-degor">Sophie Marin-Degor</a></strong>.</p>
<p>	Le jeune chef d’orchestre italien <strong>Valerio Galli</strong> fait montre de toutes les qualités d’un grand chef lyrique, attentif au plateau et habile à rattraper les petites faiblesses d’un orchestre et de chœurs (pas assez étoffés) parfois un peu dépassés par la tâche. Il sait insuffler un véritable élan à l’œuvre, et lui donner les respirations et les changements de tempi qui font battre à l’unisson tous les cœurs, qu’ils soient sur scène ou dans l’auditoire. Un spectacle solide dans une production traditionnelle, un nouveau fleuron ajouté à tous ceux déjà présentés par ce festival bien sympathique.</p>
<p>Prochaines représentations les 12 et 14 août 2019</p>
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		<title>ROSSINI, Semiramide — Saint-Etienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/semiramide-saint-etienne-une-sophistication-discutable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Mar 2018 06:56:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lors des représentations nancéiennes de cette production de Semiramide, Christophe Rizoud avait aimé l’idée de départ de la mise en scène mais regretté qu’elle tourne court. De Nancy à Saint-Etienne, le spectacle ne nous a pas davantage convaincu. En qualifiant cet opéra d’œuvre baroque, Nicola Raab n&#8217;effectue-t-elle pas un contresens ? Peut-être, en effet, Rossini &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Lors des <a href="/semiramide-nancy-franco-fagioli-face-a-un-impossible-defi">représentations nancéiennes de cette production de <em>Semiramide</em></a>, Christophe Rizoud avait aimé l’idée de départ de la mise en scène mais regretté qu’elle tourne court. De Nancy à Saint-Etienne, le spectacle ne nous a pas davantage convaincu. En qualifiant cet opéra d’œuvre baroque, <strong>Nicola Raab</strong> n&rsquo;effectue-t-elle pas un contresens ? Peut-être, en effet, Rossini a-t-il voulu, alors que le préromantisme tend au réalisme, élever un « tombeau » à un art qui depuis un siècle exalte l’expression idéalisée des sentiments et offrir ainsi à son épouse – Isabella Colbran, la créatrice du rôle de Semiramide – de somptueux adieux à la scène. Mais il est indéniable qu’en choisissant pour héroïne la mythique souveraine de Babylone, il indique clairement son objectif esthétique : la grandeur tragique.</p>
<p>Pour atteindre cet objectif, il donnera à l’œuvre des dimensions extraordinaires, assorties à celles des bâtiments réalisés, selon la légende, sous le règne de Semiramide, temple majestueux, fastueux palais, ou imposant mausolée royal. Quand sur la scène on ne voit qu’une estrade qui joue elle-même le rôle de scène, le reste du plateau devient les coulisses de ce théâtre dans le théâtre. Cette réduction des lieux et des espaces va à contresens des intentions du compositeur. Qu’on ne se méprenne pas : il ne s’agit pas d’exiger le respect absolu des didascalies. Mais si on transpose, que ce soit à bon escient. Avec <em>Semiramide</em>, Rossini annonce déjà Meyerbeer : le défilé des Assyriens et des Indiens, dès l’ouverture, c’est du grand spectacle. Rassembler les artistes du chœur en deux groupes uniformément vêtus de noir est frustrer le spectateur des couleurs « orientales » qui devraient accompagner celles que le compositeur a confiées à l’orchestre. Or ce décoratif n’est pas optionnel : la diversité ethnique, vestimentaire, musicale, participe de la grandeur de l’empire cosmopolite sur lequel règne Semiramide. L’escamoter revient à amputer l’œuvre de cette dimension esthétique.</p>
<p>En outre, la mise en abyme qui montre une cantatrice en costume Louis XV interpréter le rôle écrit par Rossini, par-delà la transgression chronologique, facilite-t-elle la réception de l’œuvre pour le spectateur d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ? Que retiendra-t-il d’une intrigue où les complots de coulisse et les conflits de caractère semblent les mêmes à la tête d’un empire ou à la tête d’un théâtre ? Les parallèles ne manquent pas de sel mais s’écartent des intentions du compositeur. Quant aux jeux de miroir, si suggestifs soient-ils, sont-ils pertinents ? Assur est-il si narcissique qu’il ait besoin de s’y regarder ? Oui, s’il est un comédien inquiet de son apparence, non s’il est le personnage de Rossini. Quand ils sont pertinents, sont-ils clairs ? La culotte de Semiramide au deuxième acte complète le tableau : après la robe de la séductrice du premier acte, voici la guerrière. Mais ce vêtement apparaît dans l’espace « en coulisse » et l’affrontement entre la reine et le dignitaire devient alors la scène qui oppose la directrice de troupe à son ancien amant : on est descendu d’un cran ! La même culotte réapparaît ensuite sous le panier, avec le risque d’évoquer quelque triviale « pantalonnade », rupture de ton inadmissible dans la tragédie. Ce va-et-vient incessant entre personnages et interprètes aboutit à des ambiguïtés dans les jeux de scène au détriment de l’opéra : il est inconcevable avant la dernière scène qu’Arsace touche le corps de Semiramide, comme il est peu convaincant que la reine caresse le visage d’Assur à l’acmé de leur affrontement. Et pour rester dans ce domaine du traitement des personnages, la princesse Azema devient une « utilité » bonne à tout, accessoiriste, habilleuse, figurante, dénuée de toute grandeur. Quant à Idreno, qui devrait être l’incarnation de la noblesse courtoise et de l’élégance, un adjuvant de la grandeur, il n’est pas loin d’un pantin ridicule dans une gestuelle archaïque.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/semiramide_321.jpg?itok=-KACfiwB" title="Aude Extremo (Arsace) et Karine Deshayes (Semiramide) © cyrille cauvet opéra" width="468" /><br />
	Aude Extremo (Arsace) et Karine Deshayes (Semiramide) © cyrille cauvet opéra</p>
<p>Dans un tel contexte scénique, très contraignant pour les interprètes, on ne peut qu’admirer la qualité de leur réponse. Les artistes des chœurs obéissent à la lettre, pour autant qu’on ait pu le percevoir, aux consignes de placement et de mobilité. A quelques acidités près dans le groupe des sopranos, l’ensemble se donne généreusement et avec une bonne réussite. <strong>Jennifer Michel, </strong>sous-employée, fait crânement acte de présence en Azema, et <strong>Nika Guliashvili</strong> délivre un sonore appel de l’au-delà pour l’Ombre de Nino. Dans le rôle souvent amputé de Mitrane, <strong>Camille Tresmontant </strong>démontre un bel appétit pour la scène. <strong>Thomas Dear </strong>dont la voix profonde est bien conduite, jamais forcée, est un Oroe digne comme il convient. <strong>Manuel Nuñez Camelino </strong>détrompe nos appréhensions et campe un Idreno qui, sans être un foudre de virtuosité et dans les limites d’une voix qu’il a la sagesse de ne pas forcer, est honorablement décoratif, puisque en dehors de sa noblesse de sentiments et d’attitudes le personnage n’a pas de réelle épaisseur.  Déjà interprète du rôle d’Assur à Erl l’an dernier, <strong>Daniele Antonangeli </strong>laisse perplexe : le début est prometteur, timbre, étendue, et puis le tonus semble manquer, ce que traduit peut-être une attitude persistante où la tête, penchée en avant, semble rentrer dans la poitrine, ce qui ne semble pas la meilleure position pour la meilleure projection. Ce chanteur est-il d’un naturel réservé qui l’empêche de s’investir à fond dans le personnage hautain et brutal de l’opéra, ou est-il bridé par la mise en scène qui ne l’aide pas dans cette voie, la dispute avec Idreno où ils semblent vissés à leurs sièges Louis XV s’accordant mal de la véhémence des accents.</p>
<p>Deux prises de rôle pour Arsace et Semiramide. Saint-Etienne a opté pour une voix de femme pour incarner le héros chargé par le destin de punir les meurtriers de son père, suivant la leçon de Rossini qui avait confié le rôle d’Arsace à Rosa Mariani. <strong>Aude Extremo </strong>a une projection bonne, les accents sont fermes, la longueur de souffle est réelle, l’agilité, la vélocité aussi, et propres à satisfaire aux requis du chant rossinien. Pourtant, alors que la voix est très étendue, elle veut l’assombrir encore et va jusqu’à produire des sons gutturaux, oubliant manifestement la règle qui veut que le chanteur donne l’illusion d’une voix entièrement homogène et ne fasse pas sentir les passages. Quel que soit le plaisir qu’elle peut éprouver à produire ces sons extrêmes, ils n’ajoutent rien de bon à une prestation globalement satisfaisante et dont on peut penser qu’elle a une marge de bonification. Donc, un début des plus prometteurs.</p>
<p>C’est aussi l’impression dominante de la Semiramide de <strong>Karine Deshayes</strong>, qui semble décidée à explorer les héroïnes rossiniennes, et particulièrement les rôles d’Isabella Colbran. Après <a href="/armide-montpellier-karine-deshayes-sur-la-plus-haute-marche-du-podium">sa flamboyante Armide</a>, elle se collette donc avec le chant du cygne de Madame Rossini. Si l’on a l’impression d’une certaine prudence initiale qui lui fait éviter de chercher à éblouir par le registre aigu qu’elle a réussi à conquérir, on ne peut en même temps qu’admirer l’intelligence de la gestion des ressources : la ligne d’arrivée est loin et il faudra tenir. Et la suite confirme l’intuition, la maîtrise technique allie contrôle de l’émission, agilités volubiles, fusées dardées, propres à servir la rhétorique rossinienne dans les règles de l’art. La conduite de la voix a été telle qu’aucune baisse de régime ne viendra altérer l’impression de générosité, autrement dit de facilité, qui est la pierre angulaire du beau chant. On ne s’étendra pas sur les mérites de la comédienne, tant ils sont connus et font partie intrinsèque de son art.</p>
<p>Ce plateau est soutenu avec habileté par <strong>Giuseppe Grazioli, </strong>qui met l’orchestre en sourdine pour soutenir les chanteurs quand c’est nécessaire. L’ouverture ne donne pas le sentiment d’une intention particulière et son exécution n’éveille pas d’émotion particulière, peut-être parce que le souci d’éviter la faute l’emporte sur un projet interprétatif. Globalement l’exécution est correcte, en dépit de quelques menues bavures aux cuivres. La scène finale est remarquable par son intensité dramatique, comme si elle avait été particulièrement travaillée, et après tout, c’est l’impression dernière qui reste ! Le public, particulièrement attentif et silencieux – aucune toux intempestive ! – fête longuement le plateau, et particulièrement Karine Deshayes et Aude Extremo. Comment aurait-il accueilli les artisans du visuel ? Au-delà de sa séduction, aurait-il aimé la sophistication de la proposition ? Pour nous elle s&rsquo;est superposée aux intentions de Rossini.</p>
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		<title>VERDI, Un ballo in maschera — Toulon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-ballo-in-maschera-toulon-ne-pas-trahir-verdi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Jan 2017 04:33:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour que Un ballo in maschera satisfasse aux exigences de la censure, Verdi accepta de transformer Stockholm en Boston et le roi de Suède Gustave III en gouverneur anglais au début du XVIIIe siècle. Il renonçait ainsi à prendre pour référence de son œuvre un événement réel, l’assassinat du souverain suédois. Pourquoi donc Nicola Berloffa &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour que <em>Un ballo in maschera </em>satisfasse aux exigences de la censure, Verdi accepta de transformer Stockholm en Boston et le roi de Suède Gustave III en gouverneur anglais au début du XVIIIe siècle. Il renonçait ainsi à prendre pour référence de son œuvre un événement réel, l’assassinat du souverain suédois. Pourquoi donc <strong>Nicola Berloffa</strong> a-t-il axé sa mise en scène sur cette voie abandonnée par l’auteur ? Sa transposition se réfère explicitement, dès l’ouverture et jusqu’à la scène finale, à l’assassinat du président Lincoln qui est « reconstitué ». L’idée peut sembler ingénieuse mais elle est en porte-à-faux avec le choix de Verdi.</p>
<p>En outre elle introduit un décalage entre le texte et ce qui est montré. Ainsi l’Ulrica vilipendée par le juge est ici une vieille Indienne vénérée par une cohorte de dévotes, le chœur célèbre Riccardo en « fils de l’Angleterre », et celui-ci décide au dernier acte d’y renvoyer Amelia et Renato. Cette option a des conséquences évidentes sur les costumes de <strong>Valeria Donata Betella</strong> : l’entourage du roi porte l’habit noir des notables vers 1860 et celui des conjurés le chapeau à large bord et le long manteau des aventuriers d’<em>Il était une fois dans </em>l’Ouest. Quant à Amelia et à Oscar lorsqu’il se travestit pour le bal, leur sont dévolues des robes à tournure dans le goût de la même époque. Elle détermine aussi les décors, signés <strong>Fabio Cherstich </strong>dont la base permanente représente deux loges de théâtre, le lieu où Lincoln fut assassiné. Elles peuvent être juxtaposées, séparées, opposées, ou disposées symétriquement en biais. Toujours présentes, même comme décor latéral, étaient-elles nécessaires dans l’antre d’Ulrica ou sur les côtés de l’aire d’exécution des condamnés ? Leurs dimensions rendaient-elles impossible de les mettre dans la coulisse ? Certes, on comprend qu’ainsi utilisées elles permettent de ne pas employer d’autres matériaux et donc d’économiser les ressources… Autre source de gêne, le traitement de certaines scènes laisse rêveur. Ainsi l’exaltation de Riccardo à lire le nom d’Amalia est privée de son caractère de confidence par la proximité des sièges occupés par les notables ; plus tard la procession et la transe des dévotes d’Ulrica ainsi que leur simulacre de communion semblent plus inspirés par le candomblé, voire le vaudou, que par les croyances des Amérindiens. Et pourquoi les conjurés et leurs partisans sont-ils toujours prêts à mettre en joue tout ce qui bouge ? On s’en lasse vite, car ces gesticulations agressives et répétées ne débouchent sur rien. Du même ordre est le jeu de scène qui montre Riccardo allumer plusieurs cigares, comme ses partenaires de conjuration. Quant à l’apparition d’une hypothétique épouse ou compagne de Riccardo, contribue-t-elle à autre chose qu’à de la confusion ? Même les lumières de <strong>Marco Giusti</strong> déconcertent parfois, comme à l’acte II, où la difficulté d’une scène nocturne – montrer quand l’obscurité devrait empêcher de voir – semble avoir été traitée par le mépris tant on ne perçoit pas de différence sensible dans les éclairages.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/_mg_0082_amelia.jpg?itok=ucFo8Ywc" title="Alex Penda (Amelia) © Frédéric Stephan" width="468" /><br />
	Alex Penda (Amelia) © Frédéric Stephan</p>
<p>Et pourtant ces options erronées, ces approximations, comme elles pèsent peu devant le plaisir de l’écoute ! Si <strong>Didier Siccardi</strong>, dans le court rôle du juge, avait été moins engorgé, le satisfecit aurait été plein et entier. Les deux conjurés, respectivement <strong>Nika Guliashvili</strong> (Tomaso) et <strong>Federico Benetti</strong> (Samuele) et c’est peut-être un mérite de la direction d’acteurs, ont évoqué pour nous les futurs Bardolfo et Pistola, dans leur tenue de western et leurs attitudes identiques. <strong>Mikhael Piccone </strong>tire le meilleur parti de l’apparition de Silvano, d’une voix franche et décidée. L’Oscar d’<strong>Anna Maria Sarra </strong>a la pétulance vocale et la vivacité scénique qui doivent exprimer les effusions juvéniles comme des bouffées de vitalité, et comme elle a les aigus dans la voix et que sa composition est des plus séduisantes on savoure l’exhibition. Appelée à la rescousse il y a peu, <strong>Enkhelejda Shkosa </strong>chante sa première Ulrica, et on ne court guère de risques à prédire qu’il y en aura beaucoup d’autres, tant l’autorité, les couleurs et l’étendue de la voix donnent à sa composition un relief des plus saisissants. A <strong>Dario Solari</strong> échoit le rôle difficile du mari qui n’a pas su comprendre que sa femme avait besoin de lui ; il entre porteur de la mallette des affaires courantes et il a le maintien un peu gauche de l’homme absorbé dans ses préoccupations pour la sécurité de son chef, et même la voix a une sorte de raideur. Est-ce un effet de l’art ou un état initial ? Quelle que soit la réponse, la détermination amère du second acte comme l’âpreté initiale du troisième accompagnent une attitude et un ton nouveaux. L’interprétation s’accomplit dans le soliloque où Renato doit lire en lui-même, la voix exprime les sentiments successifs et la douleur avec une clarté qui n’exclut pas une pudique retenue. Son rival, l’homme heureux que ses ennemis disent sans cœur mais dont la majorité chante les louanges, c’est le ténor <strong>Gaston Rivero</strong> qui l’incarne avec aisance ; il lui donne l’assurance de celui à qui tout réussit et qui peut-être à cause du bien-être qui est le sien, ne mesure pas le désarroi où se débattent ses proches. Si nous sommes moins sensible à l’interprétation, c’est qu’elle nous semble moins « sentie », même si dans le deuxième acte elle est irréprochable, peut-être parce que le personnage, au fond, ne devient profond que quand il est condamné. Reste Amelia, la femme honnête qui voudrait extirper hors d’elle ce sentiment dont elle devine la force dangereuse. Dès l’entrée d’ <strong>Alex Penda</strong>, on est happé par l’image d’une femme au malaise perceptible, et dans sa façon d’être, de se tenir, et dans sa voix qui libère son secret mais semble honteuse de le faire. D’un acte à l’autre elle saura subtilement adopter des attitudes différentes pour montrer l’évolution du personnage en fonction des situations et de ses sentiments. On l’en savait capable, mais c’est l’intensité de son immersion qui surprend : dans sa voix passent les émotions les plus ténues, la passion, les craintes, la honte, la douleur, autant de subtilités qu’une couleur modulée, une inclinaison de la tête, une note enflée ou retenue révèlent, fruits d’une maîtrise technique irréfutable, d’une musicalité exemplaire et d’un engagement artistique total. Alors, bien qu’admiratif d’une gestion de la voix qui lui permet de donner l’illusion, dans les élans les plus passionnés, d’être plus grande qu’elle ne l’est, les notes émises cessent d’être des sons pour devenir l’expression d’une âme.</p>
<p>Autour de ce plateau relevé les forces de la maison font bonne figure, à commencer par les chœurs, remarquables de cohésion, de fermeté et de clarté. De retour dans la fosse après <em>Ariadne auf Naxos </em>et <em>Don Giovanni, </em><strong>Rani Calderon </strong>déconcerte quelque peu tant il semble avoir décidé, pendant le prélude, de tenir en lisière les contrastes. Mais si l’on a pu craindre un instant que la lecture manque de fermeté, on se rassure vite et les accents qui ouvrent les actes deux et trois sont autant de chocs qui ont le tranchant absolu du malheur en marche, et disent aussi sec qu’il est inéluctable. En même temps il veille efficacement à la précision des ensembles et on peut dire à cet égard que cette représentation est une vraie réussite. Les musiciens répondent bien, souplesse des vents, mobilité des cordes, et les épisodes où la musique danse ont la légèreté voulue par Verdi pour évoquer d&rsquo;abord le raffinement d’une cour européenne et qu&rsquo;il avait conservée pour des aristocrates anglais. Dans la fosse, c’est sûr, il n’a pas été trahi !   </p>
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		<title>VERDI, Rigoletto — Sanxay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rigoletto-sanxay-chaud-malgre-les-11deg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Aug 2016 20:07:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si le mistral n’y souffle pas, le ciel peut être chiche en Poitou. Les spectateurs, chaudement vêtus, ne se sont pas découragés pour autant, et n’auront pas été déçus. Nul ne pouvait prédire en 2000 que Rigoletto, qui ouvrait l’extraordinaire aventure du festival, réapparaîtrait, magnifié, pour cette dix-septième édition. Le vaste amphithéâtre gallo-romain, au milieu &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si le mistral n’y souffle pas, le ciel peut être chiche en Poitou. Les spectateurs, chaudement vêtus, ne se sont pas découragés pour autant, et n’auront pas été déçus. Nul ne pouvait prédire en 2000 que <em>Rigoletto</em>, qui ouvrait l’extraordinaire aventure du festival, réapparaîtrait, magnifié, pour cette dix-septième édition. Le vaste amphithéâtre gallo-romain, au milieu des champs, à l’écart d’une modeste bourgade, accueille mieux que jamais une production très professionnelle, bonne enfant, chaleureuse malgré la fraîcheur, mais musicalement aussi exigeante que bien des scènes réputées.</p>
<p>La mise en scène, contrainte par le plein-air, outrepasse heureusement une simple mise en espace. Les voix ne sont pas amplifiées et passent fort bien, malgré l’absence de mur de fond. <strong>Agostino Taboga</strong> signe un beau livre d’images dans lequel vont évoluer les chanteurs, habillés avec un goût très sûr par <strong>Shizuko Omachi</strong>. Un grand portique, posé en biais, noir, puis aux parois de miroirs, autorise les entrées comme les sorties. Il partage l’espace et constituera l’élément commun aux deux premiers actes. Le troisième se déroulera autour du bouge de Sparafucile et de sa sœur, joliment figuré par sa poutraison. La direction d’acteurs, conventionnelle, n’en est pas moins efficace.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/rigoletto024_0.jpg?itok=NRD59Kn6" title="© Patrick Lavaud" width="468" /><br />
	© Patrick Lavaud</p>
<p>La distribution, aguerrie au répertoire verdien, se signale par sa jeunesse et sa maturité. Si le Duc, Rigoletto et Gilda dominent naturellement, elle ne comporte aucune faiblesse, y compris dans les petits rôles. <strong>Carlos Almaguer</strong> campe un Rigoletto de classe : la voix est profonde, expressive, sonore et sait se montrer  tendre et pathétique, empreinte d’une grande douceur. Du mordant, de l’aplomb aussi. Le Duc de <strong>Stefan Pop</strong>, sans mièvrerie, d’une lumineuse aisance, viril, solaire, toujours aristocrate, séducteur né, est une grande voix, au soutien irréprochable, à l’élocution claire, mais pourquoi le vibrato s’élargit-il singulièrement dans les tenues finales ? La tentation de forcer le trait ? <strong>Olga Pudova</strong> incarne une Gilda émouvante, innocente, délicate, à l’érotisme juvénile. L’intelligence du rôle est manifeste. La qualité d’émission, perlée, aérienne, le soutien, une technique très sûre suffisent à convaincre et nous changent de certaines sopranos lyriques qui ont simplement oublié la jeunesse de l’héroïne.  On regrette de ne pas entendre davantage <strong style="line-height: 1.5">Ketevan Kemoklidze</strong>, magnifique mezzo géorgienne habitée par Maddalena. Naturellement sonore, l’émission est ronde, pleine. Tout juste manque-t-il un soupçon de vulgarité à la prostituée complice des crimes de Sparafucile. Celui-ci est <strong style="line-height: 1.5">Felipe Bou</strong>, parfait dans cet emploi, qui sollicite peu le registre grave, excellent comédien par  ailleurs. <strong style="line-height: 1.5">Armen Karapetyan</strong> est un solide Marullo tout comme <strong style="line-height: 1.5">Nika Guliashvili</strong> qui nous vaut un tragique Monterone. <strong style="line-height: 1.5">Blandine Folio-Peres</strong> et F<strong style="line-height: 1.5">abien Leriche</strong>, comtesse et comte de Ceprano, <strong style="line-height: 1.5">Aline Martin</strong>, Giovanna, sans oublier <strong style="line-height: 1.5">Alfred Bironien</strong>, Borsa, participent pleinement à la réussite de la production.</p>
<p>La  qualité réelle de l’orchestre est une agréable surprise : reconstitué chaque festival autour d’un « noyau dur » constitué de musiciens de la formation symphonique régionale, il est pleinement engagé et la plénitude, l’équilibre, la précision des attaques, la dynamique sont au rendez-vous. <strong>Eric Hull</strong>, familier du répertoire lyrique, dirige avec toute l’attention, toute l’énergie, la finesse et l’élégance requises.  Le chœur d’hommes remplit fort honorablement son contrat : là encore, l’engagement lié à des qualités vocales réelles emporte l’adhésion.</p>
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		<title>GOUNOD, Faust — Soustons</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/faust-soustons-est-ce-toi-boulgakov-reponds-reponds-vite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Jul 2016 02:20:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’Opéra Bastille, depuis quelques années, les metteurs en scène se cassent les dents sur le Faust de Gounod, sans parvenir à en proposer une lecture cohérente qui puisse dignement succéder à celle de Jorge Lavelli, qu’on aurait bien fait de conserver quelques saisons encore. Avec des moyens dont c’est peu dire qu’ils sont sans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l’Opéra Bastille, depuis quelques années, les metteurs en scène se cassent les dents sur le <em>Faust</em> de Gounod, sans parvenir à en proposer une lecture cohérente qui puisse dignement succéder à celle de Jorge Lavelli, qu’on aurait bien fait de conserver quelques saisons encore. Avec des moyens dont c’est peu dire qu’ils sont sans commune mesure avec ceux de l’Opéra de Paris, qu’allait donc proposer l’Opéra des Landes, pour la quinzième édition de ce festival implanté à Soustons, près de Dax ? Quand le rideau s’ouvre, on découvre un <em>Faust</em> actualisé, le vieux docteur étant devenu psychanalyste, et lorsque ce disciple de Freud invoque Satan, ce n’est pas une, mais trois créatures diaboliques qui entrent : un chat noir, un homme en noir portant lunettes noires, et un troisième homme en noir ayant « un riche manteau sur l’épaule », le seul à chanter pour le moment. L’inquiétante étrangeté de ces trois intrus se substitue à tout effet fantastique, et le rajeunissement de Faust attendra le deuxième acte. Lors de la kermesse, c’est l’acolyte de Méphistophélès qui interprète la Chanson du Rat, et il est assez piquant que cet autre diable ait alors pour nom Wagner… mais ce deuxième homme en noir se voit aussi confier l’air du Veau d’or. Et c’est alors que la lumière se fait dans notre esprit : le metteur en scène <strong>Olivier Tousis</strong> a lu le roman de Boulgakov, <em>Le Maître et Marguerite</em>, fortement influencé par le <em>Faust</em> de Goethe, où le diabolique magicien Woland est accompagné d’un chat maléfique et de divers autres acolytes. Cette clef de lecture reste néanmoins discrète, en dehors peut-être de la transformation finale de la prison en hôpital psychiatrique, qui sert également de cadre à certains chapitres du roman. Du spectacle réglé à Soustons, on retiendra surtout une admirable maîtrise des scènes de masse, même si l’agitation truculente de la kermesse aurait peut-être pu être estompée lors de moments comme l’air de Valentin ou la rencontre de Faust et Marguerite. Après l’entracte, les tableaux s&rsquo;enchaînent de manière pleinement convaincante, en particulier un chœur des soldats transformé en incroyable défilé réunissant des militaires de toutes sortes, de 1914 à nos jours : après avoir chanté « Gloire immortelle de nos aïeux » avec les mouvements stéréotypés des guerriers, leur ultime geste est de se voiler la face.</p>
<p class="rtecenter"><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/_dsc0865.jpg?itok=ABfqFeoS" title="© Michel Carrincazeaux Morceux" width="468" /></p>
<p>Marguerite accueillie au paradis © Michel Carrincazeaux Morceux</p>
<p>Compte tenu des contraintes de la salle utilisée, la partition est donnée dans une réduction pour quatorze musiciens, que dirige avec une tension continue le chef français <strong>Philippe Forget</strong>, régulièrement invité par l’Opéra de Lyon pour des œuvres du XIX<sup>e</sup> siècle ou pour des créations contemporaines. Ainsi dégraissée, la musique de Gounod perd tout sfumato et gagne une netteté de trait qui, revers de la médaille, expose les forces et les faiblesses des instrumentistes devenus autant de solistes. L’Orchestre de l’Opéra des Landes se montre tout à fait à la hauteur de la tâche, hormis quelques quasi-inévitables couacs du côté des cuivres. Après un démarrage qui laissait craindre un léger déficit de puissance du côté des pupitres féminins, le Chœur préparé par Frédéric Herviant s’affirme comme un protagoniste avec lequel il faut compter.</p>
<p>L’avantage des festivals moins richement dotés que les manifestations les plus prestigieuses est de donner à entendre de jeunes chanteurs prometteurs. Le dédoublement de la figure diabolique (le chat noir ne chante pas) nous vaut deux Méphistophélès, mais un seul aurait largement suffi à notre bonheur : <strong>Jesús de Burgos </strong>s’exprime hélas avec un accent à couper au couteau et manque souvent de rigueur rythmique. Son confrère <strong>Nika Guliashvili</strong>, vu à plusieurs reprises au festival de Sanxay, possède un timbre plus opulent et une diction plus correcte, à moins que le souvenir de Boris Christoff ne rende plus indulgent face aux Méphistos slaves ; seul l’aigu gagnerait à être moins couvert, pour éviter des A transformés en O (« Porle ! » semble ordonner le diable à Faust au premier acte).</p>
<p>Heureusement, tous les autres personnages sont confiés à des chanteurs parfaitement francophones. Dotée d&rsquo;un timbre chaleureux, <strong>Maela Vergnes</strong> compose un Siébel extrêmement crédible, en grand jeune homme dégingandé portant casquette à l’envers, tandis que <strong>Laetitia Montico</strong> est une pittoresque Dame Marthe sous son trop lourd chignon.<strong> Pierre-Yves Binard</strong> est un Valentin solide, moins marmoréen que certains barytons qui l’ont précédé dans ce personnage, très émouvant dans sa mort donnée en version complète. <strong>Pierre-Emmanuel Roubet</strong> est un Faust juvénile à souhait, à l’aigu facile, qui livre une cavatine très maîtrisée, mais qui devra simplement veiller à juguler une tendance à pousser un peu le son dès qu’il monte dans la portée. Superbe prestation enfin de <strong>Cécile Limal</strong>, que la production aide à faire de Marguerite une jeune femme bien moins nunuche que ce n&rsquo;est parfois le cas. Cette soprano s’est jusqu’ici surtout produite à Saint-Céré ou en Italie, mais l’on espère que s’ouvriront bientôt pour elle les portes des théâtres de notre pays, tant elle montre de qualités d’articulation et de phrasé. Même s’il lui manque peut-être encore le trille ouvrant l’Air des bijoux, son aisance vocale en impose dans un rôle d’autant plus exigeant qu’il inclut ici la scène de la Chambre, encore trop souvent coupée sur les plus grandes scènes.</p>
<p>Dernière représentation ce soir à 20h30. Renseignements sur le site d&rsquo;<a href="http://www.opera-des-landes.com/">Opéra des Landes</a>.</p>
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