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	<title>Stefan HERHEIM - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Stefan HERHEIM - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Les Vêpres siciliennes — Londres (RBO)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-les-vepres-siciliennes-londres-rbo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Sep 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Vêpres siciliennes restent un opera rarement monté de nos jours et il faut se féliciter de cette reprise qui permet au public de goûter une des partitions les plus intéressantes de Giuseppe Verdi. Les mélodies y abondent (Verdi vient de donner en trois ans Rigoletto, Il Trovatore et La Traviata, rien que ça) et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Les Vêpres siciliennes</em> restent un opera rarement monté de nos jours et il faut se féliciter de cette reprise qui permet au public de goûter une des partitions les plus intéressantes de Giuseppe Verdi. Les mélodies y abondent (Verdi vient de donner en trois ans <em>Rigoletto</em>, <em>Il</em> <em>Trovatore</em> et <em>La</em> <em>Traviata</em>, rien que ça) et c&rsquo;est pourquoi l&rsquo;ouverture reste un morceau souvent donné au concert. Le compositeur développe par ailleurs des formes plus complexes, toujours aussi harmonieuses, mais dramatiquement plus efficaces (1). Le livret de Scribe, un peu statique dans les deux premiers actes, exprime un dilemme cornélien assez classique mais souffre d&rsquo;une galerie de personnages qui ne suscitent guère l&#8217;empathie. À ces réserves minimes près, l&rsquo;ouvrage reste très plaisant et on ne sent pas passer ses près de trois heures de musique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="707" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Sicilian-Vespers-RBO-ROH-3233-1024x707.jpg" alt="" class="wp-image-199748"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Royal Opera © Tristram Kenton</sup></figcaption></figure>


<p>Le ténor ukrainien, <strong>Valentyn Dytiuk</strong> offre un Henri (Arrigo dans la version italienne) de belle stature. La voix est d&rsquo;une grande puissance, très homogène sur toute la tessiture. Le français est très compréhensible. Le timbre est toutefois un peu blanc et l&rsquo;émission très droite (un peu comme celle de certains ténors rossiniens, mais en version survitaminée). Sa jeunesse permet au chanteur de surmonter les difficultés de ce rôle terrifiant (jusqu&rsquo;à un contre ré de poitrine à l&rsquo;acte V, impressionnant à défaut d&rsquo;être particulièrement musical). Le chanteur est également bon acteur avec une belle présence scénique. L&rsquo;artiste est donc une belle découverte et il sera intéressant de suivre l&rsquo;évolution de sa voix et de son répertoire, peut-être dans des Verdi plus dramatiques, chez Puccini, voire un jour dans Wagner. <strong>Joyce El-Khoury</strong> offre un timbre chaud, un français naturel, une projection appréciable. En bonne tragédienne, le soprano sait exprimer les sentiments contradictoires de ce personnage complexe, mélange improbable entre les héroïnes patriotes et guerrières comme l&rsquo;Odabella dans <em>Attila</em> et les jeunes femmes plus sensibles mais soumises comme Maria Boccanegra. On passera sur quelques aigus un peu tendus dans l&rsquo;air d&rsquo;entrée et le <em>Boléro</em>, pour souligner ses magnifiques descentes chromatiques dans l&rsquo;air de l&rsquo;acte IV, « Ami !&#8230; Le cœur d&rsquo;Hélène pardonne eu repentir ! », dont le soprano restitue parfaitement toute la tendresse émue. <strong>Quinn Kelsey</strong> offre une voix de stentor, un souffle puissant, une belle homogénéité sur la tessiture,  mais surtout un chant d&rsquo;une grande intelligence, restituant idéalement, par le jeu des couleurs de la voix, les différentes émotions de son personnage. En Procida,<strong> Ildebrando D’Arcangelo</strong> nous a semblé en petite forme avec un air d&rsquo;entrée un peu sur des œufs, manquant d&rsquo;agilité et aux aigus détimbrés. Les choses s&rsquo;améliorent par la suite : le personnage est bien campé et le timbre est d&rsquo;une belle fraicheur. Les nombreux petits rôles sont bien assurés. Déjà présent en 2017, <strong>Neal Cooper</strong> (Thibault) offre une belle voix de ténor, sonore et claire. <strong>Vartan</strong> <strong>Gabrielian</strong> (Robert) est une basse pleine de noblesse. <strong>Thomas D. Hopkinson</strong> (Vaudémont) brule les planches. <strong>Jingwen Cai</strong> est une Ninette délicieuse. <strong>Blaise Malaba</strong> offre un Béthune plein d&rsquo;autorité. Enfin, <strong>Michael Gibson</strong> (Daniéli) et <strong>Giorgi Guliashvili</strong> (Mainfroid) complètent efficacement la distribution. Les chœurs sont puissants, leur français impeccable, et ils occupent la scène de manière efficace grâce à une direction théâtrale poussée.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="655" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Sicilian-Vespers-RBO-ROH-1971-1024x655.jpg" alt="" class="wp-image-199747"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Opera © Tristram Kenton</sup></figcaption></figure>


<p>À la tête d&rsquo;un orchestre impeccable et survolté, <strong>Speranza Scappucci</strong> offre une direction très lyrique et théâtrale, alerte et vive, combinant la noblesse du grand opéra français et l&rsquo;urgence typique du Verdi de cette époque. L&rsquo;orchestre sonne pleinement, avec de beaux détails d&rsquo;orchestration mis en valeur, sans que les chanteurs ne soient jamais mis en difficulté. Nommée récemment principal chef invité de l&rsquo;institution, Sperenza Scappucci fait une entrée en fanfare et sera triomphalement accueillie aux saluts.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="665" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Sicilian-Vespers-RBO-ROH-3440-1024x665.jpg" alt="" class="wp-image-199749"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Opera © Tristram Kenton</sup></figcaption></figure>


<p>Créée<em> in loco</em> en 2013 et reprise en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-vepres-siciliennes-londres-roh-reprise-affadie/">2017</a>, en coproduction avec <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-vepres-siciliennes-copenhague-traitement-de-choc/">Copenhague</a>, la production de <strong>Stefan Herheim</strong> reste toujours aussi intéressante et spectaculaire. Comme on l&rsquo;a vu plus haut, l&rsquo;ouvrage est donné ici dans sa version française originale, laquelle tend depuis quelques années à supplanter la version traditionnelle en italien (c&rsquo;est donc la fin des Arrigo). Comme à son habitude, le metteur en scène norvégien propose deux niveaux de lecture avec d&rsquo;une part un niveau quasi littéral globalement respectueux des rebondissements du livret et, d&rsquo;autre part une lecture historique, l&rsquo;action étant transposée à l&rsquo;époque de la création de l&rsquo;ouvrage, donné pendant l&rsquo;exposition universelle de 1855. Au premier degré, le spectacle s&rsquo;apprécie par la magnificence de décors spectaculaires et multiples, des danseurs qui animent constamment le plateau (alors que le ballet, <em>Les Quatre saisons</em>, est ici coupé), des costumes magnifiques et une excellente direction d&rsquo;acteurs où chacun des nombreux rôles, y compris les plus petits, vient habiter la scène. La transposition nous amène au sein de l&rsquo;Opéra Le Peletier, ancêtre du Palais Garnier. Les Siciliens figurent le milieu artistique. Les soldats français deviennent la bourgeoisie aisée qui fréquente l&rsquo;opéra. On rappellera qu&rsquo;à l&rsquo;époque, les hommes de l&rsquo;aristocratie nobiliaire ou financière n&rsquo;hésitaient pas à recruter leurs maîtresses parmi les danseuses de l’Opéra, le Foyer de la Danse leur servant de terrain de chasse (on se réfèrera aux tableaux de Degas et on pourra lire, avec un certain écœurement, <a href="xhttps://www.forumopera.com/breve/lhabilleuse-orpheline/"><em>Les Cancans de l’Opéra ou le journal d’une habilleuse</em></a>). Durant l&rsquo;ouverture, nous assistons aux échauffements du corps de ballet dirigé par Procida. Les soldats font irruption et violent les jeunes femmes, Montfort se réservant la plus belle des ballerines. Procida a la jambe brisée. On revoit la ballerine revêtue de noir, enceinte, puis accompagné d&rsquo;un enfant qu&rsquo;elle élève dans la haine de son père, Montfort. Hélène (à l&rsquo;acte I) puis Procida (à l&rsquo;acte II) tentent vainement de susciter la révolte : les Siciliens (donc ici les artistes) aiment certes à se grimer en rebelles d&rsquo;opérette, mais il ne s&rsquo;en trouve quasiment aucun pour vraiment risquer sa vie contre l&rsquo;envahisseur (comprendre : se révolter contre la bourgeoisie). On imagine que des dents doivent grincer. L’art peut-il réellement servir de catalyseur à une révolte populaire ou ne reste-t-il qu&rsquo;une posture ?  Herheim traite ainsi de la domination de l&rsquo;argent sur l’art. Les quatre actes se déroulent assez clairement suivant cette grille de lecture. Le dernier (qui nous a semblé légèrement modifié, mais peut-être nos souvenirs nous jouent-ils des tours) est plus abscons. Habillé de la même robe noire que la mère d&rsquo;Henri durant l&rsquo;ouverture, Procida tue un à un les invités à la noces d&rsquo;Hélène et d&rsquo;Henri, soldats comme Siciliens, avec la pointe d&rsquo;un drapeau français. L&rsquo;arrivée de Montfort met un terme à cette fantaisie, tout le monde se relevant en parfaite santé. Si la musique et le texte nous décrivent le massacre final, celui-ci n&rsquo;a pas vraiment lieu : métaphore des révolutions avortées ? du cercle sans issue de la violence où la révolte et la répression se répètent éternellement ? illusion de la révolution (on pense à la fameuse phrase de Tancrède Falconeri dans <em>Le Guépard</em> : « Si nous ne sommes pas là, nous non plus, ils vont nous arranger une république. Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change ») ? Les pistes de réflexion ne manquent pas mais, à ce stade de l&rsquo;intrigue, on se serait volontiers contenter d&rsquo;une fin prosaïque, plus simple et plus claire. À cette minime réserve près, le spectacle reste un enchantement.</p>
<ol>
<li>
<pre>On ne donnera ici qu'un seul exemple avec le duo Montfort / Henri au IIIe acte : Montfort chante la mélodie principale tandis que Henri lit la lettre de sa mère sur une mélodie simplifié. Succèdent un récitatif, une strette, de nouveaux récitatifs avant que la forme initiale soit reprise mais inversée, Henri chantant le thème musical et Montfort le thème secondaire.</pre>
</li>
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		<title>Staatsoper Berlin : la saison 2025-26 est déjà sur les rails</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/staatsoper-berlin-la-saison-2025-26-est-deja-sur-les-rails/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Feb 2025 13:47:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que les saisons 2025-26 n’ont pas encore été dévoilées, l’Opéra d’État de Berlin (Staatsoper) annonce précocement la programmation de deux cycles complets de la Tétralogie pour l’automne 2025. Suite à l’immense succès, tant critique que public, de la nouvelle production de Dmitri Tcherniakov en 2022 avec un casting hors pair, l’institution berlinoise a décidé &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que les saisons 2025-26 n’ont pas encore été dévoilées, l’Opéra d’État de Berlin (Staatsoper) annonce précocement la programmation de deux cycles complets de la Tétralogie pour l’automne 2025.<br />
Suite à l’immense succès, tant critique que public, de la nouvelle production de <strong>Dmitri Tcherniakov</strong> e<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/das-rheingold-berlin-staatsoper-lor-resume-a-lanneau/">n 2022 avec un casting hors pair</a>, l’institution berlinoise a décidé de reprendre ce Ring à l’identique.<br />
On retrouvera donc <strong>Christian Thielemann</strong> à la baguette, le Wotan/Wanderer de <strong>Michael Volle</strong>, le couple <strong>Andreas Schager</strong> (Siegfried) / <strong>Anja Kampe</strong> (Brünnhilde), mais aussi <strong>Vida Miknevičiūtė</strong> (Sieglinde), <strong>Johannes Martin Kränzle</strong> (Alberich), <strong>Claudia Mahnke</strong> (Fricka), <strong>Anna Kissjudit</strong> (Erda), <strong>Stephan Rügamer</strong> (Mime), <strong>Roman</strong> <strong>Trekel</strong> (Donner), <strong>Lauri</strong> <strong>Vasar</strong> (Gunther), <strong>Peter</strong> <strong>Rose</strong> (Fafner), <strong>Marina</strong> <strong>Prudenskaya</strong> (Waltraute).<br />
Sûre de son succès, l’institution berlinoise lance une campagne de souscription uniquement réservés aux abonnements, puisque dès le 18 février 2025 seuls des cycles complets peuvent être réservés, pour des prix allant de 75 à 1100 €.<br />
Premier cycle : du 27 septembre au 3 octobre. Second cycle, du 5 au 12 octobre 2025.<br />
A noter que le Deutsche Oper ne sera pas en reste, qui prévoit également deux cycles <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-berlin-deutsche-oper/">du Ring de <strong>Stefan Herheim</strong></a>, mais au printemps 2026.</p>
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		<item>
		<title>WAGNER, Götterdämmerung &#8211; Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-gotterdammerung-berlin-deutsche-oper/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 May 2024 05:12:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« It ain’t over till the fat lady sings » – autrement dit :  il ne faut jurer de rien. L’expression, inspirée à nos voisins d’outre-Manche par la dernière scène du Crépuscule des dieux, peut s’appliquer à cette dernière journée du Ring au Deutsche Oper. Après nous avoir brimbalé de voiles en valises, Stefan Herheim &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« It ain’t over till the fat lady sings » – autrement dit :  il ne faut jurer de rien. L’expression, inspirée à nos voisins d’outre-Manche par la dernière scène du <em>Crépuscule des dieux</em>, peut s’appliquer à cette dernière journée du <em>Ring </em>au Deutsche Oper. Après nous avoir brimbalé de voiles en valises, <strong>Stefan Herheim </strong>déjoue les pronostics en bouclant la boucle. Le brasier allumé par Brünnhilde à la fin de l’opéra enfante un piano posé en majesté au centre de la scène. Les dieux cèdent la place au théâtre et à la musique. Tout peut recommencer. A défaut d’une note d’intentions explicite, telle est notre interprétation, parmi d’autres. L’intérêt de ce type de mise en scène n’est-il pas de permettre à chacun d’y projeter son propre univers et ses propres interrogations ?</p>
<p>Finalement, ce que l’on retiendra de cette Tétralogie, c’est moins le fond – les messages dissipés dans l’accumulation de symboles, parfois abscons – que la forme – la fluidité du mouvement pensé en fonction de la musique, comme chorégraphié ; l’ingéniosité de la plupart des effets ; la beauté de certaines images ; la lisibilité du récit et le respect de ses grandes lignes.</p>
<p>Le dernier épisode du cycle ne fait pas exception. Les valises sont entreposées au Walhalla, le palais des Gibichungen déporté dans le foyer du Deutsche Oper, ainsi que dans la salle – ce qui amoindrit l’impact du rêve de Hagen mais nous vaut au deuxième acte une entrée des vassaux en fanfare. L’un des points forts scénique de cette dernière journée est l’envergure dramatique donnée à Gunther et Gutrune, trop souvent remisés au rayon des utilités. Le frère et la sœur sont moins des marionnettes dans les mains de Hagen que des êtres trop humains dépassés par les enjeux d’un monde encore inféodé aux règles divines.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Go776tterda776mmerung-2024_15hf_MerbethHilleyLehmanMoore-1294x600.jpg" /><span style="background-color: var(--ast-global-color-5); color: var(--ast-global-color-3); font-size: revert; font-weight: inherit;">© Bernd Uhlig</span></pre>
<p>De l’interprétation musicale ressort la battue orageuse de <strong>Donald Runnicles</strong>. Une constante dans les quatre épisodes. Nul mieux que le chef d’orchestre écossais pour monter le volume au maximum de sa puissance dès que la partition l’y invite. Le Walhalla s’effondre à grand fracas. Le double accent de la Marche funèbre de Siegfried tombe comme un couperet implacable, ou plus exactement comme l’épée de Hagen tranchant la tête du héros mort – une image saisissante. L’irruption martiale du choeur au deuxième acte, harangué par le rejeton d’Alberich, fait froid dans le dos. L’Orchestre du Deutsche Oper est une Koenigsegg Gemera aux deux mille trois cents chevaux qui voudrait parfois plus de sensibilité. Comme dans les deux premiers épisodes, au contraire du troisième, le chef d’orchestre privilégie la violence aux brumes évanescentes, le bruit des armes au fil mystérieusement déroulé par les Nornes. Mais ce parti-pris ne s’exerce jamais au détriment des voix. Au contraire l’attention portée aux chanteurs durant les quatre opéras est une autre constante à porter au crédit de la lecture musicale.</p>
<p>Pour règle également tout au long de la saga, l’avantage pris par les seconds rôles sur les premiers, à l’exception de <strong>Clay Hilley</strong>, Siegfried exceptionnel dans cette troisième journée, à l’égal de la deuxième, éblouissant de jeunesse, de vaillance, de clarté, soucieux aussi d’expression et donc de nuances – ce dont se dispensent bon nombre de ténors accaparés par les difficultés de la partition. Comme dans <em>La Walkyrie</em>, <strong>Riccarda Merbeth</strong> veut du temps pour prendre le contrôle d’une voix à son meilleur sur les cimes de la portée. L’aigu jaillit, cingle et transperce quand le reste s’avère plus aléatoire, la ligne fluctuante, le grave souvent inaudible. Mais il y a chez cette Brünnhilde, combinées à la bravoure, une volonté et une présence qui sont des signes distinctifs des grandes titulaires du rôle. <strong>Annicka Schlicht</strong>, Waltraute superbe et altière dans ses implorations ; <strong>Albert Pesendorfer</strong>, Hagen effrayant de noirceur, de puissance et de méchanceté ; <strong>Thomas Lehman</strong> et <strong>Felicia Moore</strong>, Günther et Guntrune, sains, solides dans leur « normalité » scénique ; <strong>Lindsay Ammann</strong>, <strong>Karis Tucker</strong>, <strong>Felicia Moore</strong> et <strong>Lea-ann Dunbar</strong>, Nornes puis Filles du Rhin (pour les deux premières), fluides et musicales  : tous distribués avec la même pertinence dans d’autres rôles au cours du cycle, apposent sur ce <em>Ring</em> berlinois un label de qualité.</p>
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		<title>WAGNER, Siegfried &#8211; Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-siegfried-berlin-deutsche-oper/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 May 2024 06:55:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ring au Deutsche Oper : troisième épisode. Stefan Herheim resserre les fils de sa trame narrative. Moins de digressions visuelles et de corps étrangers. Le livret, rien que le livret, ou presque. Alberich rode sur le plateau plus souvent qu’à son tour – l’attraction de l’anneau sans doute. Quelques figurants applaudissent le réveil de Brünnhilde &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ring</em> au Deutsche Oper : troisième épisode. <strong>Stefan Herheim</strong> resserre les fils de sa trame narrative. Moins de digressions visuelles et de corps étrangers. Le livret, rien que le livret, ou presque. Alberich rode sur le plateau plus souvent qu’à son tour – l’attraction de l’anneau sans doute. Quelques figurants applaudissent le réveil de Brünnhilde puis copulent allègrement durant le duo final, histoire de montrer la manière de procéder aux deux héros en quête d’un mode d’emploi, le nez plongé dans la partition – un des gimmicks de la mise en scène. Une partie du public n’a que modérément apprécié la leçon, sanctionnée par une bordée de huée au tomber de rideau. Pour le reste, les leitmotivs scéniques relevés dans les épisodes précédents remplissent leur office. Les valises entassées campent le décor et aidées par la vidéo se transforment en dragon terrifiant. Le piano facilite les entrées et les sorties. Les voiles simulent le feu autour du rocher de Brünnhilde, ou le planisphère lorsque Siegfried part à la conquête du monde, Nothung reforgée en main.</p>
<p>Débarrassée d’interrogations, l’attention peut se concentrer sur l’interprétation musicale. <strong>Donald Runnicles</strong> atteint dans cette deuxième journée le point d’équilibre qu’on lui reprochait de ne pas avoir trouvé dans les épisodes précédents. Le rapport entre tension dramatique et poésie sonore est préservé. Les murmures de la forêt sont tissés dans une tulle translucide. L’orage au prélude du troisième acte éclate dans un tonnerre de décibels ; le réveil de Brünnhilde aveugle ; et en même temps, le récit avance, animé d’une juste pulsion, vif, fluide, captivant. Un regret : le rôle de l’oiseau confié à un jeune soliste du Knabenchores der Chorakademie Dortmund, valeureux mais engagé dans un rude combat avec la justesse dont hélas il ne sort pas vainqueur.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Siegfried-B2_33HilleyStemme-1294x600.jpg" />© Bernd Uhlig</pre>
<p>Deux nouveaux personnages occupent le devant de la scène : Siegfried et Mime, ce dernier entrevu dans <em>Rheingold</em>. Deux ténors ; deux typologies vocales différentes ; deux chanteurs formidables. La mise en scène veut le gnome clone de Wagner – pied de nez à l’antisémitisme* du compositeur ? Originaire de Taïwan, <strong>Ya-Chung Huang</strong> use d’une large palette de couleurs, certaines blafardes, pour caractériser Mime tel qu’on se le figure, pitoyable et répugnant, naïf et machiavélique, victime et bourreau. D’une voix d’acier, <strong>Clay Hilley</strong> franchit les obstacles dressés sur les pas de Siegfried avec une endurance admirable. Heldentenor évidemment, sans la brutalité que l’on associe parfois à cette typologie, élégant au contraire, attentif au texte, sa clarté, son phrasé, avec pour seul talon d’Achille, un aigu parfois serré – non que la note soit imprécise ou extraite au forceps mais on devine alors des limites sinon imperceptibles. Ultime exploit : le duo final, inéquitable en ce qu’il confronte une soprano au saut du lit à un ténor soumis quatre heures durant à rudes épreuves n’accuse aucun déséquilibre.</p>
<p>Brünnhilde précautionneuse après avoir chanté <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-berlin-deutsche-oper/">Sieglinde l’avant-veille</a>, <strong>Elisabeth Teige</strong> conserve dans la voix ce grelot que l’on peut trouver inadapté au tracé héroïque de la ligne. L’aigu, systématiquement <em>forte</em>, trahit l’effort. Le public ne lui réserve pas moins un triomphe. <strong>Iain Paterson</strong> reste un Wotan aux pieds d’argile, <strong>Tobias Kehrer</strong> un Fafner impérial et <strong>Jordan Shanahan</strong> un Alberich en mal de noirceur. On se demande pourquoi avoir changé d’Erda en cours de route – la déesse était chantée par Lauren Decker dans <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-berlin-deutsche-oper/">Das Rheingold</a></em> –, sauf à considérer l’inégalité des registres de <strong>Lindsay Ammann</strong> comme marqueur de l’ambivalence du personnage.</p>
<pre>* Certaines analyses voient dans le personnage de Mime une caricature du Juif.</pre>
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		<title>WAGNER, Die Walküre &#8211; Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-berlin-deutsche-oper/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 May 2024 04:44:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après un prologue engageant, le Ring imaginé par Stefan Herheim au Deutche Oper se grippe. Die Walküre ne tient pas les promesses de Das Rheingold. Abandonnées, les valises s’amoncellent dans le Walhalla. Du piano ne surgit plus la moindre image mémorable. Les voiles ont perdu leur pouvoir suggestif. Le metteur en scène aurait-il grillé ses &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-berlin-deutsche-oper/">un prologue engageant</a>, le <em>Ring</em> imaginé par <strong>Stefan Herheim</strong> au Deutche Oper se grippe. <em>Die Walküre</em> ne tient pas les promesses de <em>Das Rheingold</em>. Abandonnées, les valises s’amoncellent dans le Walhalla. Du piano ne surgit plus la moindre image mémorable. Les voiles ont perdu leur pouvoir suggestif. Le metteur en scène aurait-il grillé ses cartouches ? Afin d’animer la longue succession de duos qui forme la première journée de la Tétralogie, Stefan Herheim ajoute des éléments étrangers au drame sans convaincre du bien-fondé de ses intentions. Le fils sauvageon d’Hunding et de Sieglinde rode autour des jumeaux incestueux. Devenu encombrant à la fin de l’acte, sa mère l’égorgera sans plus de sentiments. Les migrants entrevus au Prologue deviennent les spectateurs muets du bras de fer entre Fricka, Wotan et Brunnhilde sans que leur présence ne se justifie d’une quelconque manière. Ils reviendront au troisième acte, toujours aussi inutiles, assister aux adieux du père et de la fille. La représentation de l’accouchement de Sieglinde – sur le piano, il va sans dire –, a le mérite de faire le lien avec la suite de l’épopée mais l’inconvénient de parasiter l’embrasement final. Et comment expliquer que les héros du Walhalla violentent les Walkyries lors de leur chevauchée si ce n’est par la volonté d’introduire sur scène un mouvement coûte que coûte, au détriment de la cohérence dramatique. Reste que le geste, même gratuit, n’altère jamais la lisibilité de l’intrigue et qu’il s’exerce toujours en accord avec la musique. Un indice pour les épisodes à venir : la salle jusqu’alors plongée dans le noir s’éclaire lorsque Wotan clame son fameux « Das Ende… ». Le monde d’aujourd’hui soudain mis en lumière représenterait-il la fin prophétisée par le dieu ?</p>
<p>Si cette première journée ne remplit pas son office, c’est aussi en raison de la direction d’orchestre. Comme la veille, <strong>Donald Runnicles</strong> refuse d’assumer le lyrisme de la partition. Les musiciens du Deutsche Oper ne sont jamais aussi stimulés – et stimulants – que dans les climax orageux. L’équilibre, la dynamique, le dosage des contrastes, la gestion du crescendo sonore, du pianissimo au fortissimo, demeurent les points forts de la lecture musicale. C’est beaucoup mais ce n’est pas assez pour enfiévrer les étreintes de Siegmund et Sieglinde et allumer le feu autour de Brunnhilde endormie.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Walku776re-2024_06hf_FrankTeige-1294x600.jpg" />© Bernd Uhlig</pre>
<p>Autre déception, les voix. Certes, les huit Walkyries affichent une entente exemplaire. <strong>Annika Schlicht</strong> confirma qu’elle est une Fricka de grande classe – et sera acclamée au tomber de rideau en conséquence. La scène de ménage avec Wotan, souvent critiquée pour son vain bavardage, n’accuse pas la moindre longueur lorsque, comme ici, la ligne de chant ne concède rien à l’expression. A l’égal de Fafner la veille, <strong>Tobias Kehrer</strong> tire Hunding vers le haut, à se demander comment Sieglinde peut envisager de renoncer à un tel timbre et un tel legato. Mais ces deux-là n’occupent pas assez le devant de la scène pour compenser les insuffisances des premiers rôles.</p>
<p>Malgré une vaillance et une longueur de souffle appréciable lorsqu’il s’agit de tenir les « Wälse » au-delà du raisonnable, <strong>Daniel Frank</strong> ne peut offrir à Siegmund qu’un timbre de fer blanc, un chant plat et une émission nasale qui privent le Walsung de son éclat farouche. <strong>Elisabeth Teige</strong> n’a ni la chair, ni l’ampleur requis par les élans lyriques dont Wagner a gratifié Sieglinde.<strong> Iain Peterson </strong>est ce Wotan dont <em>Rheingold</em> dénonçait les lacunes, impuissant à s’affirmer face à Fricka puis à habiter les contours sinueux de son monologue. Mais, contre toute attente le baryton s’empare du troisième acte, avec une énergie insoupçonnée, fulmine, menace, châtie, se consume dans des adieux d’une probité exemplaire, puis dissipe ses dernières forces dans l’incantation au feu. De même <strong>Riccarda Merbeth</strong>, après s’être réfugiée le deuxième acte durant dans un <em>sprechgesang</em> destiné à pallier l’absence de grave et de médium, retrouve ses moyens dans un troisième acte qu’elle habite entièrement avec bravoure, l’aigu dardé, la voix regagnée sur l’étendue de la tessiture, Brünnhilde ressuscitée conquérant des sommets que l’on n’espérait plus.</p>
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		<title>WAGNER, Das Rheingold &#8211; Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-berlin-deutsche-oper/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 May 2024 05:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Premier épisode du Ring mis en scène par Stefan Herheim au Deutsche Oper, dont Thierry Verger avait partiellement rendu compte en 2021, sans excès d’enthousiasme – « Plongée en absurdie » titrait-il à propos de Die Walküre tandis que Gotterdammerüng n’était selon lui sauvé que par la musique. La découverte du cycle dans son intégralité permettra-t-elle de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Premier épisode du <em>Ring</em> mis en scène par <strong>Stefan Herheim</strong> au Deutsche Oper, dont Thierry Verger avait partiellement rendu compte en 2021, sans excès d’enthousiasme – « Plongée en absurdie » titrait-il à propos de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-walkure-berlin-deutsche-oper-plongee-en-absurdie/"><em>Die Walküre</em></a> tandis que <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gotterdammerung-berlin-deutsche-oper-une-fin-de-ring-pour-tout-rattraper/"><em>Gotterdammerüng</em></a> n’était selon lui sauvé que par la musique. La découverte du cycle dans son intégralité permettra-t-elle de tempérer son jugement ? Il est trop tôt pour répondre. Souhaitons que les dernières images de la saga aident à mieux comprendre les premières. A l’issue du prologue, certains partis-pris s’ils demeurent obscurs n’entravent pas la lisibilité du récit, stimulé par un travail permanent sur le geste et le mouvement. Les idées foisonnent. Il faudrait revoir le spectacle plusieurs fois pour mieux en saisir la portée (un <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-der-ring-des-nibelungen-deutsche-oper-berlin-herheim-a-la-hauteur-du-mythe/">coffret DVD Naxos</a> est disponible à cet effet). Des éléments de décor font office de leitmotiv : le piano, élément clé du dispositif, d’où jaillissent personnages et accessoires au gré de l’histoire ; l’anneau maléfique luminescent ; les valises portées par une cohorte de figurants, tour à tour migrants ( ?), ombres heureuses d‘un paradis originel ( ?) et soldats du Nibelung ; les voiles gigantesques utilisées pour enchainer les tableaux à vue et évoquer à l’aide de projections vidéo des cimes enneigées, l’antre de la terre ainsi qu’à la fin de l’opéra, l’arbre dans lequel Wotan plante l’épée – geste qui prépare l’épisode suivant. Si l’on peine à comprendre toutes les allusions, si quelques effets font pschitt – les métamorphoses d’Alberich –, bon nombre de scènes en mettent plein les yeux. Et que demande-t-on a un <em>Ring</em> finalement ? De retrouver son âme d’enfant face à un conte dont l’enchantement perdure bien que l’on en connaisse ficelles et issue. A ce titre, l’approche de Stefan Herheim comble nos vœux.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Rheingold_118WeltonBlondelle-1294x600.jpg" />
© Bernd Uhlig</pre>
<p>Vocalement, le Walhalla serait à portée d’oreille si deux des principaux interprètes ne se situaient en deçà de nos attentes, élevées s’agissant de personnages essentiels à l’épopée. <strong>Iain Patterson</strong> est un Wotan sans envergure. La vaillance de l’aigu ne peut seule racheter l’insuffisance des autres registres. La présence, l’autorité, l’éclat… : l’attirail des qualités exigées dans le prologue font défaut à ce dieu, déjà crépusculaire, vaincu avant même d’avoir combattu. Il manque aussi à <strong>Jordan Shanahan </strong>une palette à la Soulages, l’impact et le dégradé infini de teintes sombres pour qu’Alberich, sinistre et inquiétant sous son maquillage de clown, puisse étaler les noirceurs de son âme. C’est donc sans surprise qu’au tomber de rideau l’applaudimètre consacre <strong>Thomas Blondelle</strong>. La voix saine, projetée transcende un rôle trop souvent réduit à un irritant glapissement. Déguisé en en Joker, ce Loge vif-argent use pour manipuler ses comparses d’un vocabulaire intarissable et d’une somme d’intentions sans cesse renouvelées. Au même niveau de caractérisation, même si moins mis en lumière par la partition, citons l’Erda de <strong>Lauren Decker</strong>, authentique voix de contralto au large vibrato dont l’apparition fait comme à chaque fois sensation ; le Fafner héroique de <strong>Tobias Kehrer</strong> qui démontre que ténèbres et clarté ne sont pas antinomiques ; la Fricka,de <strong>Annika Schlicht</strong>, mezzo-soprano égal et dépourvu de duretés, redoutable car inhabituellement séduisante. S’agissant de rôles appelés à revenir dans les prochains épisodes, voilà qui augure bien de la suite.</p>
<p><strong>Donald Runnicles </strong>n’entre pas dans ce <em>Ring </em>par la grande porte. On a connu mi bémol fondateur plus insondable et étoffe instrumentale mieux tissée. L’acoustique de la salle porte sa part de responsabilité dans la pixellisation sonore même si les musiciens du Deutsche Oper baignent dans leur liquide amniotique. Les cuivres sont glorieux. Plus que les sortilèges orchestraux – les reflets ondoyants du Rhin, la majesté du Walhalla – dominent le flux continu du discours, l’équilibre et l’échelle des volumes, du murmure au paroxysme effrayant qu’atteignent certains climax. La chasse à l’homme qui ouvre <em>La Walkyrie</em> n’a pas encore débuté que l’on sent déjà l’haleine fétide de la meute en furie.</p>
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		<title>Deutsche Oper Berlin 2023-24 : tout Wagner !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/deutsche-oper-berlin-2023-24-tout-wagner/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Mar 2023 07:00:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Juste après le Staatsoper, c’est au tour du Deutsche Oper de Berlin de dévoiler sa future saison 2023/24. Près de 40 pièces sont au programme dont 6 nouvelles productions et notamment un Nixon in China en juin qu’il faudra voir : dans une mise en scène de Franziska Kronfoth avec Thomas Lehman dans le rôle-titre, Heidi Stober &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Juste après le Staatsoper, c’est au tour du Deutsche Oper de Berlin de dévoiler sa future saison 2023/24. Près de 40 pièces sont au programme dont 6 nouvelles productions et notamment un <em>Nixon in China</em> en juin qu’il faudra voir : dans une mise en scène de <strong>Franziska Kronfoth</strong> avec <strong>Thomas Lehman</strong> dans le rôle-titre, <strong>Heidi Stober</strong> (Pat Nixon) et <strong>Kyle Miller</strong> (Chou-En-Lai). On suivra aussi une nouvelle <em>Anna Bolena</em> (<strong>Federica Lombardi</strong>, <strong>Vasilisa Berzhanskaya</strong> et <strong>Riccardo Fassi</strong>), le rare <em>Intermezzo</em> signé <strong>Tobias Kratzer</strong> avec <strong>Maria Bengtsson</strong>, <em>Il</em> <em>Trittico</em> (<strong>Violeta Urmana</strong>), <em>La Dame de Pique</em> avec <strong>Sondra Radvanowsky</strong> et <strong>Hanna Schwarz</strong> et enfin un très attendu <em>Written on Skin</em> mis en scène par <strong>Katie Mitchell</strong> et dirigé par <strong>Marc Albrecht</strong> avec l’Agnès de <strong>Vera-Lotte Boecker</strong>.</p>
<p>Parmi les reprises, c’est Wagner qui est à l’honneur avec l’intégralité de son œuvre, si l’on excepte les quatre opus de jeunesse. 10 pièces donc dont le <em>Ring</em> controversé de <strong>Stefan Herheim</strong> qui sera donné trois fois (on pourra donc voir cinq tétralogies complètes à Berlin en 2024 !), <em>Der Fliegende Holländer</em> (<strong>Michael Volle</strong>), <em>Die Meistersinger</em> (<strong>Clay Hilley</strong>), <em>Parsifal</em> (<strong>Klaus-Florian Vogt</strong>). A noter encore dans son calepin <em>Madama Butterfly</em> avec <strong>Asmik Grigorian</strong>, une <em>Tosca</em> de gala (<strong>Nylund</strong>, <strong>Grigolo</strong>, <strong>Schrott</strong>) et enfin une <em>Gioconda</em> avec <strong>Joseph</strong> <strong>Calleja.</strong></p>
<p>L’intégralité de la programmation est à retrouver sur le <a href="https://deutscheoperberlin.de/de_DE/home">site du Deutsche Oper</a> Berlin.</p>
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		<title>Wagner &#8211; Der Ring des Nibelungen, Deutsche Oper Berlin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-der-ring-des-nibelungen-deutsche-oper-berlin-herheim-a-la-hauteur-du-mythe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Feb 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En novembre 2021, alors que les restrictions étouffaient encore nombre de théâtres européens, le Deutsche Oper de Berlin parvenait à monter la nouvelle intégrale de son Ring, dans la mise en scène très attendue de Stefan Herheim, destinée à remplacer celle de Götz Friedrich après plus de 40 ans de bons et loyaux services. L&#8217;exploit &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En novembre 2021, alors que les restrictions étouffaient encore nombre de théâtres européens, le Deutsche Oper de Berlin parvenait à monter la nouvelle intégrale de son <em>Ring</em>, dans la mise en scène très attendue de <strong>Stefan Herheim</strong>, destinée à remplacer celle de Götz Friedrich après plus de 40 ans de bons et loyaux services. L&rsquo;exploit était double : logistique et artistique. Notre collègue envoyé sur place à l&rsquo;époque s&rsquo;était montré sceptique <a href="https://www.forumopera.com/die-walkure-berlin-deutsche-oper-plongee-en-absurdie">au sujet de <em>La Walkyrie</em></a> et du <a href="https://www.forumopera.com/gotterdammerung-berlin-deutsche-oper-une-fin-de-ring-pour-tout-rattraper"><em>Crépuscule des Dieux</em>.</a> Mais ce <em>Ring </em>doit être vu dans son intégralité pour livrer sa substantifique moelle. C&rsquo;est que Herheim y montre une créativité explosive, qui se déploie à plusieurs niveaux. Il y a d&rsquo;abord le niveau purement visuel, qui est une fête presque permanente. Puisque Wagner a voulu une épopée empreinte de magie et de sortilèges, le Norvégien n&rsquo;hésite pas à sortir le grand jeu en termes d&rsquo;éclairages, d&rsquo;effets spéciaux, de projections, de démultiplication des décors, dans une débauche qui console de tant de mises en scène volontairement appauvries, le dernier exemple en date étant celui de Tcherniakov au Staatsoper voisin. Le second niveau est celui d&rsquo;une littéralité sublimée, que l&rsquo;on pourra aussi dire « de second degré ». Depuis combien de temps n&rsquo;avions-nous pas vu une Brünhilde avec un casque ailé ? Ou un Siegfried vraiment revêtu d&rsquo;une peau de bête, puis d&rsquo;une cote de maille, portant fièrement épée, anneau et cor ? En fait, la plupart des mélomanes de moins de 50 ans n&rsquo;ont jamais fait cette expérience, qui ne fait aucunement peur à Stefan Herheim, surtout que ces littéralismes aident à rendre l&rsquo;histoire visible et presque tangible. Et qu&rsquo;ils s&rsquo;insèrent dans un cadre plus vaste, celui de la distanciation, qui est le troisième niveau. C&rsquo;est que Herheim n&rsquo;oublie pas ses débuts dans le Regietheater, et qu&rsquo;il parsème donc sa narration d&rsquo;éléments contemporains ou décalés : le grand piano à queue au milieu de la scène, les valises qui forment une partie des décors, les figurants habillés en réfugiés. Certaines de ces idées sont banales (les partitions de l&rsquo;opéra qu&rsquo;on feuillette), et n&rsquo;apportent rien. D&rsquo;autres sont purement géniales, comme la figuration d&rsquo;Alberich en monstre tiré d&rsquo;un roman de Stephen King, ou le fait de grimer Mime en sosie de Wagner, provocation qui obligera les wagnériens réticents à se confronter à l&rsquo;antisémitisme du maitre, surtout que le nain est habillé en déporté d&rsquo;Auschwitz. Si l&rsquo;on passe sur l&rsquo;un ou l&rsquo;autre moment manqué (les toutes premières minutes de <em>L&rsquo;Or du Rhin</em>, la Chevauchée des Walkyries), voici un Ring admirablement illustré, qui se regarde avec un plaisir visuel constant, et où les chanteurs sont dirigés au cordeau par un metteur en scène qui sait où il veut nous emmener. On mettra au sommet un <em>Siegfried </em>de toute beauté, peut-être le meilleur de l&rsquo;entière vidéographie, qui cumule émotion et humour à un niveau de virtuosité éblouissant.</p>
<p>La parution d&rsquo;un nouveau <em>Ring </em>est souvent l&rsquo;occasion d&rsquo;un état des lieux du chant wagnérien. Le bilan est positif, voire franchement réjouissant. Au point qu&rsquo;on se demande pourquoi le directeur de casting a cédé à la mauvaise habitude contemporaine de changer certains titulaires de rôles d&rsquo;un volet à l&rsquo;autre. <strong>Derek Welton</strong> livre certes un Wotan du <em>Rheingold</em> correct et probe, mais <strong>Iain Paterson</strong> ne donne aucun signe particulier de fatigue dans les deux opéras suivants, et il aurait pu assurer le prologue. De même, l&rsquo;Alberich si finement ciselé de <strong>Marcus Brück</strong>, véritable orfèvre de bel canto germanique, aurait été intéressant à entendre dans <em>Siegfried </em>et dans sa scène avec Hagen. Son remplaçant,<strong> Jordan Shanahan</strong>, est d&rsquo;un type vocal plus usuel, avec un timbre très dramatique et un mordant qui confirment que les Alberich de grande qualité sont désormais nombreux sur le circuit international. Ne jetons la pierre à personne cependant au sujet de ces changements de distribution : à la fin de 2021, il fallait encore jongler avec un nombre décourageant de règlementations et d&rsquo;obligations de quarantaines.</p>
<p>Commençons par les relatives déceptions, qui sont peu nombreuses : la Fricka d&rsquo;<strong>Annika Schlicht,</strong> si elle a grand air en scène, nous parait un peu trop usée, surtout pour<em> L&rsquo;Or du Rhin. </em><strong>Brandon Jovanovich</strong> en Siegmund est un peu court de souffle et d&rsquo;héroïsme, par rapport à ce qu&rsquo;il promettait en début de carrière. <strong>Iain Paterson</strong> ne marque pas réellement en matière de timbre dans Wotan, et il lui manque l&rsquo;émail qui le rendrait reconnaissable. Mais il faut reconnaitre que la tessiture est assurée jusque dans ses moindres recoins, et que l&rsquo;incarnation scénique ne manque pas d&rsquo;autorité, ce qui est d&rsquo;autant plus remarquable qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un remplaçant de dernière minute.</p>
<p>Tous les autres protagonistes vont du remarquable à l&rsquo;exceptionnel. <strong>Thomas Blondelle</strong> recrée le rôle de Loge, avec une souplesse et une insolence qui sont un régal. <strong>Tobias Kehrer</strong> déroule des graves d&rsquo;airain en Fafner aussi bien qu&rsquo;en Hunding. <strong>Elisabeth Teige</strong> bouleverse en Sieglinde rendue folle d&rsquo;amour, qui fait presque ressentir l&rsquo;orgasme dans son aigu rayonnant. <strong>Nina Stemme</strong> est fidèle à elle-même, et délivre une Brünhilde impeccable vocalement et frémissante d&rsquo;héroïsme, comme elle le fait depuis 25 ans sur toutes les scènes du monde. Mais les deux grandes révélations du coffret sont Mime et Siegfried, tous deux relativement peu connus. Le ténor taïwanais <strong>Ya-Chung Huang</strong> travaille de manière dialectique : si son jeu scénique désopilant révèle toute la duplicité et le ridicule du personnage, il veille à ne pas laisser son beau chant se faire contaminer par l&rsquo;expressionisme de tant de hurleurs, et on est presque triste de le voir mourir sous les coups d&rsquo;épée de Siegfried, après qu&rsquo;il se soit quasiment mis à nu dans un cérémonial d&rsquo;une grande force.</p>
<p><strong>Clay Hilley</strong> est un nom à inscrire d&rsquo;ores et déja en lettres d&rsquo;or au panthéon du chant wagnérien. Le timbre est tout d&rsquo;éclat et de fraîcheur, très exactement celui que Wagner rêvait pour son héros « qui ne connait pas la peur », la musicalité est d&rsquo;un raffinement extrême, et la puissance n&rsquo;est jamais prise en défaut. En plus, on a affaire à un excellent acteur, qui suit le projet dramaturgique de Herheim avec enthousiasme : montrer le personnage sous son côté balourd et sympathique, ce qui permet assez rapidement de faire abstraction de son tour de taille. Il faut le voir gambader au moment du récit de sa jeunesse à la fin du <em>Crépuscule des Dieux </em>: tant de fraicheur et d&rsquo;endurance forcent l&rsquo;émerveillement. Gunther, Erda, Gutrune, les Nornes et les Filles du Rhin sont de la meilleure eau, et font plus qu&rsquo;assurer. Le Hagen d&rsquo;<strong>Albert Pesendorfer</strong> est plus difficile à juger. Selon qu&rsquo;on voit le rôle avec plus ou moins de noirceur, ce chant très brutal et à la limite de la justesse sera apprécié&#8230; ou pas.</p>
<p>Au fil des années, <strong>Donald Runnicles </strong>a développé un son wagnérien assis sur de solides fondations, et <strong>l&rsquo;orchestre du Deutsche Oper de Berlin</strong> sonne bien en place. Si on met de côté une <em>Walkyrie </em>un peu en retrait, où les timbres sont comme élimés, la fosse montre une belle constance et les chanteurs sont soutenus avec ce qu&rsquo;il faut de vigueur et de moelleux. Certes, ce n&rsquo;est pas la plus typée des directions d&rsquo;orchestre, ni une phalange que l&rsquo;on reconnait au premier coup d&rsquo;oreille, et on est loin des fulgurances de Böhm ou de Solti. Mais compte tenu des années de disette qu&rsquo;on a connues en la matière, ce <em>Ring </em>admirablement mis en scène et superbement chanté est à thésauriser.</p>
<p> </p>
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		<title>Theater an der Wien 2022-23 : une saison de raretés</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/theater-an-der-wien-2022-23-une-saison-de-raretes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Apr 2022 04:35:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On aura beau feuilleter le programme de la prochaine saison du Theater an Der Wien, on aura du mal à trouver un des blockbusters de l’opéra. Sauf à considérer que La petite renarde rusée (mis en scène par Stefan Herheim) ou Der Freischütz peuvent prétendre à pareil titre. La Liberazione de Caccini, L’arbore di Diana &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On aura beau feuilleter le programme de la prochaine saison du Theater an Der Wien, on aura du mal à trouver un des blockbusters de l’opéra. Sauf à considérer que <em>La petite renarde rusée</em> (mis en scène par<strong> Stefan Herheim</strong>) ou <em>Der Freischütz</em> peuvent prétendre à pareil titre. <em>La Liberazione</em> de Caccini, <em>L’arbore di Diana</em> de Vincente Martin y Soler sur un livret de Da Ponte (mise en scène <strong>Rafael Villalobos</strong>), <em>Il Venceslao</em> de Caldara ou encore <em>Der Idiot</em> de Weinberg donnent une idée de l’audacieuse programmation de la deuxième scène viennoise. Ajoutez<em> La gazza ladra</em>, <em>Il Tamerlano</em>, <em>Belshazzar</em>, <em>Lulu</em> ou encore <em>Die Stumme Serenade</em> de Korngold et le tableau est complet. Les distributions et détails sont en ligne <a href="https://www.theater-wien.at/en/events?filter=cat_1">sur le site du Theater an der Wien</a>.</p>
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		<title>WAGNER, Götterdämmerung — Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gotterdammerung-berlin-deutsche-oper-une-fin-de-ring-pour-tout-rattraper/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Nov 2021 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est la musique de Wagner qui a été ovationnée et qui sort gagnante de cette troisième journée du cycle L’Anneau du Nibelung au Deutsche Oper de Berlin. Une fin de Ring emballante par la distribution vocale et un orchestre à la hauteur des enjeux. Commençons par cela. Sir Donald Runnicles a fait l’objet d’une juste ovation &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est la musique de Wagner qui a été ovationnée et qui sort gagnante de cette troisième journée du cycle <em>L’Anneau du Nibelung </em>au Deutsche Oper de Berlin. Une fin de Ring emballante par la distribution vocale et un orchestre à la hauteur des enjeux. Commençons par cela. <strong>Sir Donald Runnicles</strong> a fait l’objet d’une juste ovation au baisser de rideau ; pas grand-chose à redire cette fois-ci à la lecture précise et intelligente du chef écossais. La balance avec le plateau est quasiment parfaite ; il fait entendre chacune des voix sur scène et, quand il lâche les chevaux (marche funèbre et fin du III), l’effet est saisissant. Il faut dire que le plateau vocal se débrouille très bien pour se faire entendre ; nul besoin de mettre la sourdine à l’orchestre pour passer la rampe.</p>
<p>Il n’y a que des éloges à faire de la distribution, d’une impeccable cohésion. Tout commence avec les trois Nornes qui engagent la soirée magnifiquement. Il faut notamment et absolument citer <strong>Anna Lapkovskaja</strong> en première Norne pour la sûreté et la densité de son apparition. Et tout se termine par les trois filles du Rhin : là c’est la fraicheur, l’enthousiasme communicatif et la justesse du chant qu’il faut saluer chez elles, alors que la direction d’acteurs à laquelle elles sont soumises les oblige à une terrible vigilance.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/2imgtoolkit.culturebase.org__0.jpg?itok=kxTTGLLd" title="© Bernd Uhlig" width="468" /><br />
	© Bernd Uhlig</p>
<p>La reine de la soirée, disons-le sans plus tarder, c’est <strong>Nina Stemme</strong>. Elle était déjà la Brünnhilde pour <em>Die Walküre</em> et <em>Siegfried</em> <a href="https://www.forumopera.com/die-walkure-berlin-deutsche-oper-plongee-en-absurdie">dans cette production</a>. Ici, elle donne toute la mesure des immenses possibilités vocales qui sont toujours les siennes. C’est peut-être son endurance qui force le plus l’admiration. Son monologue en fin de II et le troisième acte n’auront pas raison de ses forces, qui semblent infinies. Mieux, il nous a semblé que son troisième acte était le plus achevé, les difficultés de la partition semblant s’amoindrir pour elle. Stemme a retrouvé le mordant, le médium si habité et l’aigu vaillant qui font sa gloire. Tout juste pourra-t-on ergoter sur la prononciation de certaines consonnes omises pour faciliter l’émission dans le fortissimo du III. Grande dame vraiment que Nina Stemme qui demeure une des plus vaillantes Brünnhilde du circuit.</p>
<p>La Waltraute de <strong>Annika Schlicht</strong> est non pas une révélation, mais une confirmation. Elle tenait déjà le rôle de Fricka dans <em>Die Walküre</em>. Dans sa narration du I, nous avons retrouvé intactes les beautés et l’élégance de la voix qui nous avaient déjà tant séduit ; elle doit démarrer à froid (la mise en scène exige qu’elle soit assise au premier rang des spectateurs pendant une bonne heure avant qu’elle se lève et monte sur scène), tout cela sans dommage. Membre de la troupe du Deutsche Oper Berlin depuis 2015, elle en est aujourd’hui un des éléments les plus éminents.</p>
<p>Sans doute trouvera-t-on qu’à côté de Stemme et Schlicht, la Gutrune de l’Estonienne <strong>Aile Asszonyi</strong> est un peu en retrait ; c’est de fait le cas jusqu’au troisième acte, où Gutrune sort vraiment de sa coquille alors qu’elle se rend compte qu’elle a été dupée depuis le début.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/5imgtoolkit.culturebase.org__0.jpg?itok=5QC__ubF" title="© Bernd Uhlig" width="468" /><br />
	© Bernd Uhlig</p>
<p>Chez les hommes, il faut saluer la belle performance du Siegfried de <strong>Clay Hilley</strong>. Il a le physique du personnage et l’abattage aussi. Hilley est un Siegfried fringant, tonitruant à souhait et sachant trouver dans les moments clés toute la puissance nécessaire.</p>
<p>Le Gunther de <strong>Thomas Lehman</strong>, à l’image de sa sœur Gutrune, semble en retrait au début de sa prestation puis il élargit l’émission pour se mettre parfaitement à l’unisson de l’ensemble. Pour le Hagen de <strong>Albert Pesendorfer</strong>, qui n’était pas prévu initialement dans la distribution, on a l’impression qu’aucune difficulté ne peut l’arrêter. Emission facile, chaleur du timbre et toute la rouerie du personnage magnifiquement rendue. <strong>Jürgen Linn</strong> enfin est un Alberich retors à souhait. Le baryton rend bien toute la noirceur du personnage.</p>
<p>Nous ne reviendrons pas sur la mise en scène que <strong>Stefan Herheim</strong> propose pour ce Ring, nous l’avons fait largement pour <em>Die Walküre</em>; les partis pris sont les mêmes. Simplement, il semble que le voyage (thématique symbolisée par les amoncellements de valises) s’achève ici et maintenant. C’est donc aussi un voyage dans le temps qui nous est présenté puisque lorsque le rideau se lève, les boiseries et les mobiles dits « Alunos Discus » de George Baker nous indiquent bien que nous sommes dans le grand foyer du… Deustche Oper à Berlin, et les habits des spectateurs (qui entreront plus tard sur scène avec le livret de salle de <em>Die Walküre</em> en main) que nous sommes en 2021. Ces spectateurs se déshabilleront et revêtiront les habits des dieux du Walhalla, dont ils vont garnir les gradins. Herheim pressent-il que demain sera l’ère de <em>l’homo</em> <em>deus</em> ? Pour le reste, le piano reste omniprésent et multitâche (il aura entre autres fonctions celle d’être le cercueil de Siegfried). Nous retrouvons aussi la lubricité, la violence (une décapitation de Siegfried par Hagen qui nous a semblé bien inutile) qui seront la marque de fabrique de ce Ring 2020-2021 au Deutsche Oper.</p>
<p>Plus encore que pour <em>Die Walküre</em>, des huées farouches se font entendre à côté des applaudissements nourris. Mais nul ne s’est mépris : elles n’étaient pas destinées aux chanteurs.</p>
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