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	<title>Théo IMART - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Théo IMART - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>CAVALLI, La Calisto</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-calisto-de-cavalli/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 03:45:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jusqu’où peut-on adapter un ouvrage sans qu’il perde son identité ? La question se pose pour n’importe quel opéra composé avant, disons, 1840, mais plus crucialement encore pour ceux du XVIIe siècle. Plus spécifiquement encore pour cette délicieuse Calisto (1651), dont on sait qu’elle fut créée dans un théâtre de 400 places, par une troupe &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Jusqu’où peut-on adapter un ouvrage sans qu’il perde son identité ? La question se pose pour n’importe quel opéra composé avant, disons, 1840, mais plus crucialement encore pour ceux du XVIIe siècle. Plus spécifiquement encore pour cette délicieuse<em> Calist</em>o (1651), dont on sait qu’elle fut créée dans un théâtre de 400 places, par une troupe majoritairement féminine et une demi-douzaine d’instrumentistes (le continuo et deux violons). Doit-on dès lors en priver le public de nos vastes architectures modernes ? Le « respect » des sources, la philologie, la nostalgie du passé doivent-ils l’emporter sur le désir de faire vivre cette musique ? Non, évidemment. Encore doit-on admettre que les circonstances de la création ont grandement influé sur l’esthétique, les composantes et la tonalité de la partition. Et que l’interpréter dans une salle de semi plein air trois fois plus grande que celle d’origine, avec cinq fois plus de musiciens, risque de porter atteinte à son rythme comme à son esprit.</p>
<p>Passons rapidement sur le problème du diapason (trop bas) et celui de l’instrumentation : les trois précédentes versions discographiques de <em>La Calisto</em> l’ont toutes étoffée – seule la plus modeste, celle de Moretti (Stradivarius, 1988) respectant, à peu près, sa trace écrite. Fallait-il pour autant napper d’un tapis de cordes des pages entières d’arioso (le prologue se voit presque entièrement « orchestré »), empâter davantage les lignes d’inutiles percussions, recourir à des instruments (sacqueboutes, basson, consort de violes) aux couleurs peu italiennes, multiplier les ritournelles, <em>sinfonie</em> et passacailles, au risque d’engourdir l’action ? Pas sûr. On nous objectera que Leppard (Decca, 1972) et Jacobs (HM, 1994) prenaient de semblables libertés, nullement disqualifiantes en elles-mêmes. Du moins le premier avait-il l’excuse d’agir en pionnier et le second bénéficiait-il d’une solide familiarité avec le répertoire vénitien. On n’en dira pas autant de <strong>Sébastien Daucé</strong>, dont nous avons toujours admiré le travail dans les pages sacrées, surtout françaises, mais dont les affinités avec le théâtre semblent moins évidentes.</p>
<p>Quelques exemples. Daucé reprend à son compte deux initiatives de ses prédécesseurs : celle de confier le rôle de Linfea, écrit pour une jeune soprano, à un ténor travesti, sur le modèle des vieilles nourrices montéverdiennes (Hugues Cuénod en faisait un impayable show) ; et celle de faire chanter Giove en <em>falsetto</em> lorsqu’il est grimé en Diane (Cavalli attribuait ces pages à l’interprète de la déesse). Or, ce qui fonctionnait précédemment tombe ici à plat : le<em> falsetto</em> piteux d’<strong>Alex Rosen</strong> (par ailleurs Jupiter on ne peut plus viril) se montre incapable de rendre justice à ses duos avec Calisto. Quant au ténor racé de <strong>Zachary Wilder</strong>, il n’évoque en rien la voix d’une vieille femme, et la <em>vis comica</em> n’étant pas sa qualité première (ses scènes avec le petit satyre sont sinistres), cette transposition perd tout intérêt.</p>
<p>Il y a plus grave : le luxe des moyens employés pousse Daucé à une lecture empesée, peu contrastée, impose une interprétation très <em>legato</em> des airs (« Piante ombrose » ; « Moglie mie ») et aseptise le mouvement théâtral (affrontements mous de Calisto avec Diane et Junon ; étreintes excessivement sucrées de Diane et Endymion). Tout est trop chanté, trop peu joué. Si l’on pouvait reprocher à Jacobs de tirer l’ouvrage vers l’<em>opera buffa</em>, on ne peut que faire à Daucé le grief inverse.</p>
<p>Les chanteurs souffrent peu de ce parti-pris exagérément lyrique : <strong>Lauranne Oliva</strong> incarne une Calisto ardente, rebelle, au riche médium, à l’italien savoureux ; <strong>Paul-Antoine Bénos-Djian</strong>, en dépit de quelques ports de voix plaintifs, dote Endymion d’une trouble sensualité ; <strong>David Portillo</strong> enlève avec panache ses redoutables rôles de <em>contraltino</em> (superbe lamento de Pan) ; <strong>Théo Imart</strong> campe un Satyre juvénile et piquant ; <strong>Anna Bonitatibus</strong>, malgré une (très) relative usure, est une impériale Junon ; <strong>Giuseppina Bridelli</strong> (à l’émission trop pharyngée) une fière Diane et <strong>Dominic Sedgwick</strong> un Mercure de luxe.</p>
<p>Mais ces splendeurs sonores (non plus que la captation sur le vif) n’empêchent pas qu’au disque on ne s’ennuie un peu : il est probable qu’un DVD aurait mieux servi cette production…</p>
<pre>Cet enregistrement est le reflet sonore d'un spectacle mis en scène par Jetske Mijnssen, créé à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-aix-en-provence/">Aix-en-Provence</a>, puis donné à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-rennes/">Rennes</a>, à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-nantes/">Nantes</a>, à Paris au TCE et à Caen, avant d'être repris à Luxembourg et Avignon à l'automne 2027 (NDLR)</pre>
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		<title>BEMBO, Ercole amante &#8211; Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bembo-ercole-amante-paris-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 10:38:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Commençons par deux regrets : qu’on ait donné cet Ercole-ci, et dans cette salle-là. En 1662 est créé l’extraordinaire Ercole amante de Francesco Cavalli et de l’abbé Buti, célébrant, avec deux ans de retard, les noces de Louis XIV avec l’infante Marie-Thérèse : donné dans l’incommode Salle des machines des Tuileries et empesé d’interminables ballets dus à &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Commençons par deux regrets : qu’on ait donné cet <em>Ercole</em>-ci, et dans cette salle-là.</p>
<p>En 1662 est créé l’extraordinaire <em>Ercole amante</em> de Francesco Cavalli et de l’abbé Buti, célébrant, avec deux ans de retard, les noces de Louis XIV avec l’infante Marie-Thérèse : donné dans l’incommode Salle des machines des Tuileries et empesé d’interminables ballets dus à Lully, l’œuvre n’a guère de succès et tombe dans l’oubli, précipitant le retour de Cavalli à Venise. Quinze ans plus tard, la Vénitienne Antonia Bembo, née Padoani (c.1640-1720), fait le voyage inverse : fuyant un mari violent, elle trouve refuge à la cour du Roi-Soleil, qui lui accorde une pension et auquel elle dédicace ses <em>Produzioni armoniche</em>. En 1707, Bembo remet en musique l’<em>Ercole</em> <em>amante</em> de l’abbé Buti : voulait-elle rendre hommage à Cavalli, dont elle avait reçu sa première formation musicale ? Se confronter, « en chambre », à la grande forme de l’opéra en cinq actes ? Son ouvrage resta dans les tiroirs et il est d’ailleurs improbable que Bembo ait envisagé de le voir monté à la cour : entretemps, Lully avait dégainé toutes ses tragédies lyriques et seul ce genre avait désormais droit de cité.</p>
<p>En outre, il faut l’admettre: comparé à son modèle, ce second <em>Ercole</em> est médiocre – récitatif poussif, inspiration mélodique et souffle courts. Les seules qualités qui puissent expliquer le choix qu’en a fait<strong> Leonardo García-Alarcón </strong>( ?) sont qu’il est dû à une femme, qu’il n’a jamais été représenté (Il Gusto barocco l’a proposé en concert à Stuttgart en 2023 et enregistré chez CPO dans la foulée) et qu’il opère un étonnant mélange des esthétiques italienne (bel canto) et française (écriture orchestrale). Encore le fait-il malhabilement et dans un style déjà daté en son temps : 1707, c’est l’année du <em>Trionfo del Tempo e del Disinganno</em> de Haendel !</p>
<p>Premier regret, donc : que l’Opéra de Paris continue à bouder l’<em>Ercole</em> de Cavalli &#8211; dont Lyon, Amsterdam et, plus récemment, l’Opéra comique (2019) ont proposé de si stimulantes productions, heureusement pérennisées par le CD ou le DVD. Second regret : qu’on ait programmé l’ouvrage de Bembo à Bastille, plutôt qu’à Garnier &#8211; le <em>recitar cantando</em>, s’accommodant mal d’un vaisseau de béton de 2700 places et d’une vaste fosse d’orchestre.</p>
<p>Car il a bien entendu fallu orchestrer l’oeuvre : Alarcón s’y est attelé avec sa gourmandise coutumière, enrôlant une cinquantaine d’instrumentistes (dont une dizaine de violoncelles et contrebasses, trois sacqueboutes, des percussions, orgue et cloches), qu’il conduit d’un geste large, comme on jouerait du Respighi – ce qui est inévitable, eu égard à l’ampleur de la salle et de la fosse, mais rend l’exécution assez pâteuse (le constat vaut pour le chœur de quarante chanteurs). Par-dessus cet océan harmonique, aux couleurs discutables, les solistes, tous remarquables, doivent s’époumoner dès lors qu’ils ne sont plus à l’avant-scène.</p>
<p>Certains en pâtissent plus que d’autre : la délicate <strong>Sandrine Piau</strong>, que nous apprécions tant d’habitude, peine à se faire comprendre dans un tel contexte. La trompette nasillarde de <strong>Marcel Beekman</strong>, elle, passe sans problème, le ténor néerlandais n’hésitant pas à multiplier les sonorités de palmipède, en gigolette vêtue de rose. On aimerait savourer le chant nuancé de la fondante <strong>Ana Vieira Leite</strong> dans une autre acoustique, tandis que son amoureux, le percutant <strong>Alasdair Kent</strong>, annoncé souffrant, fait applaudir ses aigus adamantins dans un éprouvante partie de haute-contre. <strong>Julie Fuchs</strong> se gargarise avec brio des vocalises de Junon (rôle qui, en son temps, brocardait la reine-mère Anne d’Autriche), persécutant l’Hercule puissant et rocailleux d’<strong>Andreas Wolf</strong>. Naviguant entre tous ces personnages survoltés et caricaturaux, le brillant contre-ténor <strong>Théo Imart</strong> affiche une belle santé vocale, nullement embarrassé par son accoutrement de kiwi en jupette (à moins qu’il ne s’agisse d’un poussin croisé avec un citron vert). Mais seule la chaleureuse mezzo <strong>Deepa Johnny</strong> communique un peu d’émotion, dans un rôle hélas nettement moins poignant que chez Cavalli (on y revient).</p>
<p>Follement théâtral, riche en allusions politiques et en situations rocambolesques, le livet de l’abbé Buti se suffit presque à lui-même – tout y est, le metteur en scène n’a qu’à se laisser guider. C’est ce que fait <strong>Netia Jones</strong> qui, sans proposer de lecture spécialement cohérente ou novatrice, illustre avec, des bonheurs divers, les suggestions oniriques du librettiste, en utilisant fréquemment l’artifice du film réalisé sur le vif. L’action semble débuter dans la datcha d’un atroce mauvais goût de quelque oligarque russe (ou américain ?) : Hercule – amateur d’escrime qui tient à la fois de Poutine et de Depardieu, se voit affublé d’une bedaine à bière et d’une moumoute jaunâtre. Durant l’acte III, il arbitrera un match de tennis organisé dans son ersatz de jardin à la française, avant de tenter de violer Iole en lui injectant du GHB.</p>
<p>Mais la piste du prédateur sexuel est vite abandonnée au profit de tableaux plus décoratifs et la direction d’acteurs, paresseuse et parfois confuse, se repose alors sur les effets vidéos et la chorégraphie : la joute entre Vénus et Junon est représentée par un crêpage de chignons entre deux danseuses, la noyade du page et le suicide raté d’Hillo sont platement mimés sur un hypnotique film de mer en mouvement. La scène la plus frappante est celle qui se déroule dans l’antre du Sommeil (adepte du joint), durant laquelle la projection de corps endormis s’enroulant dans les volutes du narguilé créée une envoûtante atmosphère. L’apparition horrifique d’Eutiro (fracassant <strong>Alex Rosen</strong>), sortant de sa tombe tel un vampire de Tim Burton, est aussi assez réussie, bien que longuette, mais la ronde infernale des fantômes, jouée à contre-jour, tombe à plat. En somme, il y a beaucoup à voir, l’œil ne s’ennuie guère et le public, plutôt nombreux pour un soir de finale de foot et de concert d’Aya Nakamura, semble à la fête.</p>
<p>Nos « trois cœurs » sont donc un compromis entre l’incontestable luxe des moyens employés et notre propre ressenti, beaucoup plus mitigé…</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>HAENDEL, Ariodante – Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Dec 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Heureux Ariodante ! Après une magnifique série de représentations au Palais Garnier, le chef-d’œuvre de Haendel est présenté à Versailles de la plus belle des façons. La mise en scène de Nicolas Briançon transpose l’Écosse médiévale dans un XVIIIᵉ siècle poétique, où nature et théâtre se fondent dans un espace en perpétuelle métamorphose, comme animé &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Heureux </span><i><span style="font-weight: 400;">Ariodante</span></i><span style="font-weight: 400;"> ! Après une magnifique série de </span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-paris-garnier-3/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">représentations</span></a><span style="font-weight: 400;"> au Palais Garnier, le chef-d’œuvre de Haendel est présenté à Versailles de la plus belle des façons. La mise en scène de </span><b>Nicolas Briançon</b><span style="font-weight: 400;"> transpose l’Écosse médiévale dans un XVIIIᵉ siècle poétique, où nature et théâtre se fondent dans un espace en perpétuelle métamorphose, comme animé par les passions des personnages. Les décors d’</span><b>Antoine Fontaine</b><span style="font-weight: 400;"> déploient un cadre large et profond où se succèdent palais modulable, jardin, forêt sombre et ruines baignées de clair de lune. De superbes toiles peintes, parfaitement adaptées à l’écrin de l’Opéra Royal, composent un univers mouvant d’une scène à l’autre et capable d’évoluer au sein même d’une aria – ainsi ces bosquets qui traduisent la joie de Ginevra et d’Ariodante au premier acte. L’ensemble passe avec naturel de l’introspection des airs aux séquences dramatiques, comme le spectaculaire duel entre Polinesso et Lurcanio. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La gestuelle mêle vocabulaire baroque et expression plus contemporaine pour accompagner les affects des scènes. Les costumes réalisés par <b>David Belugou</b> ajoutent à la superbe esthétique de l&rsquo;ensemble tout comme les passages chorégraphiés de <strong>Pierre-François Dollé,</strong> qui rythment l’action par une succession de tableaux où les danseurs deviennent tour à tour protagonistes de l&rsquo;action. </span><span style="font-weight: 400;">Dans une esthétique très différente de celle du Palais Garnier, cet </span><i><span style="font-weight: 400;">Ariodante</span></i><span style="font-weight: 400;"> montre combien une mise en scène peut toucher un large public sans renoncer à l’exigence, lorsqu’elle choisit d’accompagner la musique plutôt que de lui imposer un concept plaqué sous prétexte d’audace.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Malgré des vocalises parfois hachées (« Con l’ali di costanza ») et un grave qui parfois se dérobe, </span><b>Franco Fagioli </b><span style="font-weight: 400;">maîtrise jusqu’au bout des ongles le bel canto handélien et porte le personnage d’Ariodante dans le corps et dans le sang. Certaines outrances peuvent surprendre, mais quel chanteur est-il capable de livrer un « Scherza infida » d’une telle intensité, mené à coups de </span><i><span style="font-weight: 400;">messa di voce</span></i><span style="font-weight: 400;"> et de variations de tessitures comme autant de coups de poing ? Cette générosité vocale finit par imposer une admiration réelle pour un interprète qui risque tout. Dans « Dopo notte », jouant ouvertement avec le public, il retrouve ce mélange de liberté, d’audace et de virtuosité qui électrise une soirée. Et il laisse alors entrevoir ce que le castrat Carestini aurait pu susciter chez les spectateurs londoniens à la création. Nul ne le saura jamais, mais l’illusion fonctionne pleinement. N’est-ce pas, après tout, l’un des principes mêmes de l’opéra seria ?</span></p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Ariodante-Opera-Royal-de-Versailles-Decembre-25-Credit-Edouard-Brane-39-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-204783"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Edouard Brane</sup></figcaption></figure>


<p><span style="font-weight: 400;">Dans le rôle de Ginevra, créé par Anna Maria Strada – la première Alcina –, </span><b>Catherine Trottmann</b><span style="font-weight: 400;"> semble d’abord un peu manquer d&rsquo;assise dans les airs du premier acte sollicitant le grave, notamment « Volate, amori ». Mais, se jetant elle aussi corps et âme dans son personnage, la soprano bouleverse dans un deuxième acte magnifiquement construit et offre, au troisième, un « Manca, oh Dei » d’une grande tenue : beauté des aigus, legato soutenu et fragilité assumée. <strong>Théo Imart</strong>, au lendemain d’un <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/vivaldi-magnifico-theo-imart-versailles/" target="_blank" rel="noopener">marathon Vivaldi</a> au Salon d’Hercule, incarne un Polinesso pleinement habité vocalement, avec une voix homogène sur toute sa tessiture.</span><span style="font-weight: 400;"> Son interprétation, moins strictement machiavélique qu’à l’ordinaire, confère au personnage une fragilité inattendue. Rayonnante Dalinda, </span><b>Gwendoline Blondeel</b><span style="font-weight: 400;"> séduit par son piquant, ses aigus lancés comme des flèches et une diction vive qui fait merveille. La virtuosité, jamais prise en défaut, touche toutefois quelques limites dans son « Neghittosi, or voi che fate? » au troisième acte. Une fois de plus, </span><b>Laurence Kilsby </b><span style="font-weight: 400;">enchante en Lurcanio, qu’il illumine d’une tendresse et d’une mélancolie constantes. Les vocalises redoutables de « Il tuo sangue » ne lui échappent jamais, et les da capo virevoltants sont menés avec une aisance qui force l’admiration. Dans le rôle du Re di Scozia, </span><b>Nicolas Brooymans</b><span style="font-weight: 400;"> impose enfin une présence naturelle, mêlant autorité, puissance vocale jusque dans l&rsquo;extrême grave.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’œuvre était ce soir légèrement écourtée : quelques da capo ont été supprimés, tout comme les lignes du récitatif accompagné de Ginevra qui ferme le deuxième acte. Cela n’enlève rien à la qualité de l’exécution musicale, qui n&rsquo;appelle au contraire que des éloges. Dès une ouverture menée avec puissance, la direction de </span><b>Stefan Plewniak</b><span style="font-weight: 400;">, à la fois inventive et attentive aux chanteurs, imprime un rythme soutenu sans jamais sacrifier l’émotion. Alerte et magnifiquement coloré par deux traversos dans les moments tendres, l’</span><b>Orchestre de l’Opéra Royal</b><span style="font-weight: 400;"> s’impose comme l’un des nombreux atouts de cette remarquable représentation.</span></p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-versailles/">HAENDEL, Ariodante – Versailles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Vivaldi Magnifico (Théo Imart) &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/vivaldi-magnifico-theo-imart-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Dec 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une quinzaine de jours après avoir remporté le troisième prix du Paris Opera Competition, Théo Imart a présenté à Versailles un programme entièrement consacré aux cantates profanes pour voix seule de Vivaldi, un choix particulièrement exigeant mettant la voix à nu au sein d&#8217;un large spectre d’émotions et d&#8217;écritures musicales. Cette soirée s’est inscrite pour &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/vivaldi-magnifico-theo-imart-versailles/"> <span class="screen-reader-text">Vivaldi Magnifico (Théo Imart) &#8211; Versailles</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Une quinzaine de jours </span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/paris-opera-competition-finale/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">après avoir remporté</span></a><span style="font-weight: 400;"> le troisième prix du Paris Opera Competition, </span><b>Théo Imart</b><span style="font-weight: 400;"> a présenté à Versailles un programme entièrement consacré aux cantates profanes pour voix seule de Vivaldi, un choix particulièrement exigeant mettant la voix à nu au sein d&rsquo;un large spectre d’émotions et d&rsquo;écritures musicales. Cette soirée s’est inscrite pour le contre-ténor dans un véritable marathon artistique : après avoir interprété </span><i><span style="font-weight: 400;">La Calisto</span></i><span style="font-weight: 400;"> dimanche dernier à Angers, Théo Imart a enchaîné les répétitions et les générales d’</span><i><span style="font-weight: 400;">Ariodante </span></i><span style="font-weight: 400;">de Haendel</span><span style="font-weight: 400;">, dans lequel il incarnera Polinesso dès le lendemain à Versailles. Le programme donné ce soir a été enregistré cet été et sera prochainement publié par le label Château de Versailles Spectacles.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans le merveilleux écrin du Salon d’Hercule, la voix de Théo Imart se projette avec une aisance idéale, ayant gagné en profondeur dans le grave tout en conservant de l&rsquo;éclat dans l’aigu. Le jeune contre-ténor parcourt ces sept cantates avec une facilité apparente et un naturel constant : les émotions, de la joie à la fureur, sont clairement dessinées sans jamais tomber dans l’emphase. Les pages marquées par la douleur ou l’abandon gagnent en intensité grâce à une diction nette et à un legato soigné. Dans les passages plus affirmés, Théo Imart déploie une énergie franche et une maîtrise impeccable des coloratures rapides. Toujours sensible, mais sans maniérisme, il offre des da capo d’une belle justesse d’expression. En en ultime bis, Théo Imart clôt ce marathon de cantates par </span><span style="font-weight: 400;">un poignant « Sento in seno », extrait de </span><i><span style="font-weight: 400;">Il Giustino</span></i><span style="font-weight: 400;">, soutenu par les délicats pizzicati des cordes.</span></p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="634" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/TheoImart-2-1024x634.jpg" alt="" class="wp-image-204734"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jean-Christophe Chassagnes</sup></figcaption></figure>


<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;</span><b>Orchestre de l’Opéra Royal</b><span style="font-weight: 400;"> accompagne le chanteur tout d&rsquo;abord en petit ensemble de basse continue, dans lequel brillent le théorbe et la guitare de </span><b>Léa Masson</b><span style="font-weight: 400;">. Ce continuo très réactif, nourrit le relief dramatique, et ajoute contraste et respiration. Il faut dire que, de son clavecin/orgue, </span><b>Chloé de Guillebon</b><span style="font-weight: 400;"> mène l&rsquo;ensemble avec une impeccable précision, tout en ornementant et enrichissant la ligne de basse de façon toujours imaginative. L&rsquo;ensemble est rejoint en deuxième partie par trois violons et un alto, pour une dynamique ouverture de </span><i><span style="font-weight: 400;">L’Olimpiade </span></i><span style="font-weight: 400;">et deux cantates avec accompagnement orchestral.</span></p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/vivaldi-magnifico-theo-imart-versailles/">Vivaldi Magnifico (Théo Imart) &#8211; Versailles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>CAVALLI, La Calisto – Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-nantes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 06:38:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Calisto de Cavalli a longtemps eu la réputation d’être une rareté, alors qu’elle a pourtant joui de nombreuses programmations si l’on se penche d’un peu plus près sur ce chef-d’œuvre du xviie siècle, comme l’a fait l’Avant-Scène Opéra. C’est évidemment la version de Jacobs et Wernicke qui s’est installée dans les mémoires, mais celle &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>La Calisto </em>de Cavalli a longtemps eu la réputation d’être une rareté, alors qu’elle a pourtant joui de nombreuses programmations si l’on se penche d’un peu plus près sur ce chef-d’œuvre du xvii<sup>e</sup> siècle, comme l’a fait l’<a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/une-calisto-peut-en-cacher-une-autre/">Avant-Scène Opéra</a>. C’est évidemment la version de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/madeleine-coquine/">Jacobs et Wernicke</a> qui s’est installée dans les mémoires, mais celle qui est en train de faire le tour des salles cette triennale est en passe de devenir un classique et de contribuer à faire largement connaître l’un des opéras les plus érotiques qui soient. Créée à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-aix-en-provence/">Aix</a> au cours de l’été 2025, cette nouvelle production de <strong>Jetske Mijnssen</strong> a été immédiatement très admirée au festival tout comme elle l’a été à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-rennes/">Rennes</a> le mois dernier. Le succès est également au rendez-vous à Nantes (pour deux dates seulement, coupes budgétaires obligent) et l’on peut déjà présager un égal enthousiasme dans les prochains lieux : Angers, le TCE, Caen, Luxembourg et Avignon. On ne peut que saluer la réussite de cette impressionnante co-production dotée d’une bien belle distribution et d’une mise en scène intelligente et fascinante.</p>
<p>En effet, Jetske Mijnssen a choisi d’oublier le merveilleux et les effets spéciaux des machineries de scène nécessaires pour remplir les premiers théâtres payants vénitiens en plein milieu du xvii<sup>e</sup> siècle. Elle ne se gargarise pas davantage de l’ambiance grivoise et des ressorts comiques de l’œuvre, mais préfère transposer l’intrigue dans un xviii<sup>e</sup> siècle qui évoque fort judicieusement les <em>Liaisons dangereuses</em> de Choderlos de Laclos et les jeux pervers de conquêtes amoureuses destructrices ainsi que de relations de pouvoir. Les costumes sont l’élégance même et le décor consiste en une salle qui n’est pas sans évoquer le langage raffiné d’un Giorgio Strehler. Le rococo est ici épuré à l’extrême, les boiseries xviii<sup>e</sup> siècle richement décorées se faisant sages lambris cérusés, sublimés par un dispositif scénique ingénieux, sous forme de rotonde tournante, qui cèle ou découvre les protagonistes. Mais la transposition ne s’arrête pas au Siècle des Lumières : le propos rappelle les heures sombres du xx<sup>e</sup> siècle au moment de l’épuration de la Libération et le meurtre de Jupiter par Calisto (vraie liberté par rapport à l’histoire) rend le propos ultra contemporain. Une scène en particulier est spécifiquement cruelle, d’un sadisme froid au possible, celle de la punition de la ravissante nymphe Calisto par Junon (qui préfère s’en prendre à la belle plutôt que de se venger directement de son époux volage). Au lieu de se voir métamorphoser en ourse, Calisto se fait tondre méthodiquement et froidement. Voilà de quoi éclairer sous un jour résolument moderne Ovide et donner à ce <em>dramma per musica</em> une résonance actuelle qui devrait toucher et interroger tout un chacun.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-Calisto-©-Monika-Rittershaus-12-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-204152"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Monika Rittershaus</sup></figcaption></figure>


<p>Le plateau vocal est lui aussi de toute beauté : <strong>Lauranne Oliva</strong> est une Calisto ravissante qui dégage un charme irrésistible. Sa voix est idéalement timbrée, souple et nuancée. Ses émois tout comme ses désillusions nous vont droit au cœur. <strong>Alex Rosen</strong> est un superbe Jupiter/Diane, scéniquement très à l’aise en aristocrate à la Valmont mâtiné de Don Giovanni, convaincant dans tous les registres, y compris quand il utilise sa voix de fausset pour incarner Diane, à l’effet comique garanti. Tout aussi impériale, <strong>Giuseppina Bridelli</strong> sait rendre perceptibles les contradictions de son personnage : la chaste Diane qui, en réalité, est l’esclave de pulsions sexuelles totalement débridées. Tous les personnages de cette histoire sont d’ailleurs obsédés par le désir amoureux, bien souvent physique et sans issue. La direction d’acteurs fine et maîtrisée leur permet à tous d’en exposer clairement tous les aspects, entre flamme hypocrite et lubricité déchaînée, y compris dans les chorégraphies impayables de <strong>Dustin Klein</strong> qu’ils exécutent eux-mêmes avec brio. Seule Junon est véritablement frustrée et refroidie, quoique brûlante de jalousie vengeresse, ce qu’<strong>Anna Bonitatibus</strong> réussit à rendre avec grand art, de son bel instrument aux couleurs ambrées dont les éclats se font puissance déferlante ou douce plainte tout juste audible. D’abord houspillé puis triomphant, l’Endymion de <strong>Rémy Bres-Feuillet</strong> est tout de virtuosité et d’ornementations délicieuses à l’oreille. Le Mercure de <strong>Dominic Sedgwick</strong> n’est pas en reste, en parfait acolyte de Jupiter. Petit accroc à la distribution, <strong>Zachary Wilder</strong>, souffrant, se contentera de mimer son rôle sur scène, caché derrière un masque, tandis que <strong>Clément Debieuvre</strong> le remplace, au pied levé, vaillamment et efficacement dans la fosse. Les trois Furies complètent efficacement la distribution qui excelle dans le <em>parlar cantando</em> d’un grand naturel de déclamation tout comme dans les ensembles et dans les airs de bravoure.</p>
<p>La partition originale, prévue pour six musiciens, est efficacement arrangée par <strong>Sébastien Daucé</strong> pour son <strong>Ensemble Correspondances</strong> d’une quarantaine de musiciens. Le théâtre de Nantes leur propose un écrin idéal et l’on goûte les couleurs et la richesse de cet orchestre, dont on remarque avec bonheur le percussionniste, particulièrement virtuose ce soir. Un bien beau spectacle.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="[ LA CALISTO ] ENTRETIEN AVEC LE DIRECTEUR MUSICAL SÉBASTIEN DAUCÉ" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/Gpayb8nT1tE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>
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		<title>Paris Opera Competition (finale)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/paris-opera-competition-finale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Nov 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis sa fondation en 2010 par Pierre Vernes, la Paris Opera Competition a révélé des artistes tels que Julia Lezhneva, Ambroisine Bré, Anna Harvey ou encore Bogdan Volkov. L’édition 2025 du concours a offert une finale vibrante et inspirée. Plutôt que de se limiter à un enchaînement d&#8217;airs, la soirée y a inséré duos, trios &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Depuis sa fondation en 2010 par Pierre Vernes, la <em>Paris Opera Competition</em> a révélé des artistes tels que Julia Lezhneva, Ambroisine Bré, Anna Harvey ou encore Bogdan Volkov. L’édition 2025 du concours a offert une finale vibrante et inspirée. Plutôt que de se limiter à un enchaînement d&rsquo;airs, la soirée y a inséré duos, trios et ensembles, révélant ainsi une belle complicité entre les finalistes et conférant à l’ensemble une véritable dimension théâtrale. Face au forfait d’un candidat, le ténor français </span><b>Sahy Ratia</b><span style="font-weight: 400;"> a rejoint les neuf finalistes, en apportant une présence chaleureuse et se révélant totalement irrésistible en Almaviva du <em>Barbier</em> de Rossini. La mise en espace confiée à </span><b>Florence Alayrac</b><span style="font-weight: 400;"> était particulièrement inspirée : loin d’un simple défilé, chaque numéro semblait pensé et intégré dans une ambiance propre au contenu musical. Comme toujours dans ce genre de compétition, l’appréciation de la soirée reste personnelle tant les profils différaient, et la tension d’une finale pouvait influer sur les prestations. Il faut néanmoins saluer l’engagement et l’énergie de tous les finalistes. À la tête d’un orchestre spécialement réuni pour l’occasion, </span><b>Victor Jacob</b><span style="font-weight: 400;"> a par ailleurs assuré un accompagnement tonique et sensible.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">On rejoindra sans réserve le choix du jury qui a décerné le premier Prix à </span><b>Steffan Lloyd Owen</b><span style="font-weight: 400;"> : doté d’un legato somptueux et d’une diction impeccable, il a littéralement irradié de beauté l’air « Vision fugitive » d’</span><i><span style="font-weight: 400;">Hérodiade</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Massenet. Le jeune baryton anglais s’est montré tout aussi convaincant dans le duo Nemorino / Belcore de </span><i><span style="font-weight: 400;">L’Elisir d’amore</span></i><span style="font-weight: 400;">, où son autorité vocale et scénique s’est affirmée avec une aisance remarquable. Le deuxième Prix est revenu à </span><b>Elene Gvritishvili</b><span style="font-weight: 400;">, chantant tout d&rsquo;abord un « Tanti affetti » de </span><i><span style="font-weight: 400;">La donna del lago</span></i><span style="font-weight: 400;"> très en place, techniquement solide, mais manquant de panache dans les coloratures. La soprano russe s’est en revanche pleinement épanouie en Almirena, dans un duo extrait de </span><i><span style="font-weight: 400;">Rinaldo</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Haendel : style irréprochable, ornementation délicate, aigu lumineux. Grand triomphateur à l’applaudimètre et, sans surprise, vainqueur du Prix du Public, </span><b>Théo Imart </b><span style="font-weight: 400;">a par ailleurs obtenu le troisième Prix du Jury. Dans le « Parto » extrait de la </span><i><span style="font-weight: 400;">Clémence de Titus</span></i><span style="font-weight: 400;">, <a href="https://www.forumopera.com/theo-imart-je-reverais-de-chanter-sesto-ruggiero-ou-nerone/" target="_blank" rel="noopener">le contre-ténor français</a> a surmonté avec insolence les folles vocalises de Sesto, tout en rivalisant de musicalité et d&rsquo;intensité émotionnelle avec la clarinette solo. Théo Imart a, en fin de concert, une nouvelle fois montré en Idamante, sa parfaite aisance avec le répertoire mozartien.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Les prestations des autres candidats ont laissé une impression plus contrastée. Splendide en </span><i><span style="font-weight: 400;">Rodelinda</span></i><span style="font-weight: 400;">, la soprano française <strong>Camille Chopin</strong> a ému dans la première partie du « Regnava nel silenzio » de </span><i><span style="font-weight: 400;">Lucia di Lammermoor</span></i><span style="font-weight: 400;">, mais s’est montrée moins souveraine dans les coloratures finales. Doué d’une belle présence scénique, le baryton israélien <strong>Noam Heinz</strong> s’est montré à l’aise tant dans le </span><i><span style="font-weight: 400;">parlando</span></i><span style="font-weight: 400;"> rossinien que dans les atmosphères jazzy et introspectives du </span><i><span style="font-weight: 400;">Trouble in Tahiti</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Bernstein. Bien trop léger dans </span><i><span style="font-weight: 400;">La Fille du Régiment</span></i><span style="font-weight: 400;">, malgré une série de contre-ut parfaitement négociés, le ténor <strong>Aaron Godfrey-Mayes</strong> a été plus convaincant dans la ligne mozartienne d’</span><i><span style="font-weight: 400;">Idomeneo</span></i><span style="font-weight: 400;">. Dans leur duo de </span><i><span style="font-weight: 400;">Norma</span></i><span style="font-weight: 400;">, <strong>Kathryn Henry</strong> et <strong>Gabrielle Beteag</strong> ont manqué de cohésion, gênées par un tempo bien trop lent. Auparavant, la mezzo américaine n’avait pas su pleinement convaincre en Azucena du </span><i><span style="font-weight: 400;">Trouvère</span></i><span style="font-weight: 400;">, avec une interprétation encore timide et dépourvue de véritable tension dramatique. La soprano anglaise avait quant à elle livré un « Song to the moon » (</span><i><span style="font-weight: 400;">Rusalka</span></i><span style="font-weight: 400;">) trop entaché de vibrato pour émouvoir. Enfin, dans un extrait « Vedrò con mio diletto » du <em>Giustino</em> de Vivaldi</span><span style="font-weight: 400;">, les tensions dans l&rsquo;aigu ont mis à mal le contre-ténor <strong>José Andrés Muñoz</strong>, malgré un réel sens stylistique et une belle imagination dans les da capo.</span></p>
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		<title>Paris Opera Competition 2025 : Premier prix pour Steffan Lloyd Owen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/paris-opera-competition-2025-premier-prix-pour-le-baryton-anglais-steffan-lloyd-owen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Nov 2025 21:22:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;issue d&#8217;une finale mise en espace, dans laquelle les neuf finalistes (après le forfait d&#8217;un candidat) ont chacun présenté un air et un ensemble, le jury du Paris Opera Competition 2025, présidé par Julien Benhamou, a dévoilé son palmarès. C’est le jeune baryton gallois Steffan Lloyd Owen qui a remporté le Premier Prix, devant &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="elementor-element elementor-element-b13a621 elementor-widget elementor-widget-theme-post-content" data-id="b13a621" data-element_type="widget" data-widget_type="theme-post-content.default">
<div class="elementor-widget-container">
<p><span style="font-weight: 400;">A l&rsquo;issue d&rsquo;une finale mise en espace, dans laquelle les <a href="https://www.forumopera.com/breve/les-10-finalistes-de-paris-opera-competition-2025/" target="_blank" rel="noopener">neuf finalistes</a> (après le forfait d&rsquo;un candidat) ont chacun présenté un air et un ensemble, le jury du <strong>Paris Opera Competition 2025</strong>, présidé par <strong>Julien Benhamou</strong>, a dévoilé son palmarès.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">C’est le jeune baryton gallois<strong> Steffan Lloyd Owen</strong> qui a remporté le Premier Prix, devant la soprano russe <strong>Elene Gvritishvili</strong>. Le contre-ténor français <a href="https://www.forumopera.com/theo-imart-je-reverais-de-chanter-sesto-ruggiero-ou-nerone/" target="_blank" rel="noopener"><strong>Théo Imart</strong></a> a également brillé avec une double récompense : 3e Prix et Prix du public.</span></p>
<p>Un compte-rendu détaillé de la soirée sera présenté sur notre site prochainement.</p>
<blockquote><p>Le baryton gallois Steffan Lloyd Owen rejoint l’International Opera Studio de l’Opéra de Zurich pour la saison 2024/2025. À Zurich, il interprète notamment les rôles de l’Ussier (<em>Rigoletto</em>), Silvano (<em>Un ballo in maschera</em>) et Hermann (<em>Les Contes d’Hoffmann</em>). En 2024, il a fait ses débuts dans le rôle d’Escamillo dans <em>La Tragédie de Carmen</em> au Buxton Festival, recevant d’excellentes critiques, qualifié de « remarquable » par <em>The Times</em>. Parmi ses autres rôles figurent Le Docteur dans <em>Macbeth</em> de Verdi pour Mid Wales Opera, Brenin dans la création de l’opéra pour enfants <em>Cyfrinach y Brenin</em> de Mared Emlyn, ainsi que Guglielmo dans <em>Così fan tutte</em> pour Opra Cymru. Il a également interprété les rôles de Sciarrone et Geôlier dans une version semi-scénique de <em>Tosca</em> aux côtés de Sir Bryn Terfel, avec l’Orchestre de l’Opéra national du Pays de Galles, lors de l’Eisteddfod musical international de Llangollen.<br />
Parmi ses moments marquants en concert, on compte le <em>Requiem</em> de Mozart avec l’Orchestre national de Bretagne à Rennes sous la direction de Grant Llewelyn, ainsi que la <em>Messe en ut</em> et la <em>Fantaisie chorale</em> de Beethoven, lors d’un concert avec le BBC National Orchestra and Chorus of Wales et l’Orchestre de l’Opéra national du Pays de Galles, reconstituant le célèbre concert-bénéfice donné par Beethoven à Vienne en 1808.<br />
Steffan est diplômé du Royal Northern College of Music. Il a remporté le W. Towyn Roberts Scholarship Prize ainsi que le Blue Riband Osborne Roberts Memorial Prize lors de l’Eisteddfod nationale du Pays de Galles.</p></blockquote>
</div>
</div>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/paris-opera-competition-2025-premier-prix-pour-le-baryton-anglais-steffan-lloyd-owen/">Paris Opera Competition 2025 : Premier prix pour Steffan Lloyd Owen</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>CAVALLI, La Calisto &#8211; Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=199603</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après une création remarquée cet été, en plein air, au Théâtre de l’Archevêché dans le cadre du Festival d’Aix-en-Provence, La Calisto entame à l&#8217;Opéra de Rennes – producteur délégué – une longue tournée en salle qui la mènera aux quatre coins de l&#8217;hexagone jusque fin 2027. Le rideau se lève sur un Prologue détourné : Les &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après une création remarquée cet été, en plein air, au Théâtre de l’Archevêché dans le cadre du<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-aix-en-provence"> Festival d’Aix-en-Provence</a>, <em>La Calisto</em> entame à l&rsquo;Opéra de Rennes – producteur délégué – une longue tournée en salle qui la mènera aux quatre coins de l&rsquo;hexagone jusque fin 2027.</p>
<p>Le rideau se lève sur un Prologue détourné : Les funérailles auxquelles nous assistons sont-elles celles de Calisto qui se voit promettre l&rsquo;éternité comme semble l&rsquo;indiquer le texte ? Que nenni, découvrirons-nous trois heures plus tard, il s&rsquo;agit de celles de Jupiter – décidément rien moins que divin puisque Calisto vient de l&rsquo;assassiner. Voilà qui tord assez brutalement le mythe et confirme les turpitudes fort humaines auxquelles sont confrontés les Dieux de l&rsquo;Olympe.</p>
<p>Ce choix dramaturgique questionne un peu inutilement le spectateur, alors que tout au long de la soirée, le cadre de l&rsquo;action respecte scrupuleusement la reconstitution historique : les lambris cérusés de <strong>Julia Katharina Berndt</strong> dévoilent alternativement toutes les pièces d&rsquo;une demeure aristocratique grâce à une tournette centrale du meilleur effet. Plus élégants encore, les costumes crées par <strong>Hannah</strong> <strong>Clark</strong> sont tout simplement éblouissants, déclinant des soies pastel d&rsquo;un suprême raffinement.<br />
Ceci dit, là encore, choix incongru, nous ne sommes pas en 1651 mais plus d&rsquo;un siècle plus tard dans un contexte totalement XVIIIe. Celui-ci convoque immédiatement les univers d&rsquo;un Mozart ou d&rsquo;un Choderlos de Laclos.</p>
<p>Il faut dire que les tribulations de Calisto ou d&rsquo;Endymion résonnent nettement des thèmes des <em>Liaisons Dangereuses</em> : les Grands s&rsquo;ennuient et se distraient entre cruauté et égoïsme, au détriment d&rsquo;êtres naïfs ou purs qu&rsquo;ils broient négligemment. Poignardant son subordonneur, Calisto, refuse de n&rsquo;être qu&rsquo;une Volanges ou une Tourvel avant l&rsquo;heure.<br />
Cette modernité projetée sur le mythe irrigue tous les choix de <strong>Jetske Mijnssen</strong> qui insuffle au livret une grande contemporanéité dans les thèmes abordés – harcèlement, consentement, fluidité des genres et des pratiques sexuelles … -.</p>
<p>Une fois acceptées, ces distorsions ne nuisent en rien au bonheur du spectateur. Car Si l’œil est charmé, l&rsquo;oreille l&rsquo;est plus encore par la remarquable qualité du plateau vocal. De <strong>Dominic Sedgwick</strong>, Mercure à la voix pleine à <strong>Théo Imart</strong> au timbre tout aussi séduisant en passant par le Pan si convaincant de <strong>Bastien Rimondi</strong>, le touchant Endymion de <strong>Paul-Antoine Bénos-Djian</strong> ou la délicieuse Lymphée travestie de <strong>Zachary Wilder</strong>, sans oublier la Diane de haut vol de <strong>Giuseppina Bridelli</strong>, tous les rôles sont à la fête.<br />
Excellents comédiens, nourris par une direction d&rsquo;acteurs acérée, particulièrement variée, les chanteurs font montre d&rsquo;autant d&rsquo;élégance que de naturel, d&rsquo;une réjouissante intelligence dans le style comme dans l&rsquo;interprétation.</p>
<p>Dominant les autres artistes de son imposante stature, <strong>Milan Siljanov</strong> n&rsquo;a pas à forcer son naturel et l&rsquo;autorité naturelle de sa voix pour incarner Jupiter. Il est d&rsquo;autant plus à contre-emploi en Diane travestie, cabotinant avec une jubilation communicative en voix de fausset.</p>
<p>Jouisseur cynique, comme Valmont, il rend d&rsquo;autant plus touchante la merveilleuse Calisto de <strong>Lauranne Oliva</strong> qui profite de la somptuosité du timbre, de la richesse de la voix de poitrine, de l&rsquo;aisance des vocalises et d&rsquo;une incarnation sensible pour des extases sensuelles pleines de fraîcheur et des <em>Lamenti</em> bouleversants. La scène où les esprits sylvestres, aux ordres de Junon, lui imposent l&rsquo;humiliation d&rsquo;une tonsure est proprement saisissante.<br />
<strong>Anna Bonitatibus</strong> y foudroie tout autant en épouse bafouée dans un air somptueux qui murmure sans jamais détimbrer, éructe sans jamais se départir d&rsquo;un art idéalement maîtrisé.</p>
<p>Soutien sans faille de cette équipe de choc depuis la fosse, <strong>Sébastien Daucé</strong> retrouve avec une joie manifeste <strong>l&rsquo;Ensemble</strong> <strong>Correspondances</strong>. La complicité des musiciens est évidente dès l&rsquo;ouverture avec ce son rond qui se nuance d&rsquo;infinies couleurs tout au long de la soirée. La belle énergie de l&rsquo;orchestre souligne l&rsquo;acuité du travail rythmique et l&rsquo;art des atmosphères.</p>
<p>Faussement classique, superbement interprétée,<em> la Calisto</em> ne saurait dévier de son orbite glorieuse : à Angers-Nantes Opera les 22, 23 et 30 novembre prochains, au Théâtre des Champs Elysées du 4 au 6 mai 2026, au Théâtre de Caen les 20 et 21 mai 2026, aux Théâtres de la Ville de Luxembourg en octobre 2027 avant d&rsquo;achever sa course à l&rsquo;Opéra Grand Avignon les 13 et 14 novembre 2027.</p>
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		<title>Théo Imart : « Je rêverais de chanter Sesto, Ruggiero ou Nerone »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/theo-imart-je-reverais-de-chanter-sesto-ruggiero-ou-nerone/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Aug 2025 04:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quel chemin vous a conduit vers la musique classique ?Je suis tombé dans la musique classique par hasard, personne dans ma famille n’en faisait. À neuf ans, ma mère a vu une annonce pour des auditions à la Maîtrise des Bouches-du-Rhône. Sans savoir à quoi m’attendre, j’ai intégré la pré-maîtrise en CM2. Ce monde était &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quel chemin vous a conduit vers la musique classique ?<br /></strong>Je suis tombé dans la musique classique par hasard, personne dans ma famille n’en faisait. À neuf ans, ma mère a vu une annonce pour des auditions à la Maîtrise des Bouches-du-Rhône. Sans savoir à quoi m’attendre, j’ai intégré la pré-maîtrise en CM2. Ce monde était totalement nouveau pour moi, mais il m’a plu tout de suite. Cela représentait aussi pour mes parents une alternative éducative, car le collège où j&rsquo;aurais dû aller était assez difficile. Avec dix heures de musique par semaine et toujours les mêmes camarades, nous tissions des liens forts. C’était à la fois scolaire et passionnant ; je faisais aussi beaucoup de foot, la musique venant comme une matière supplémentaire et particulière. Ce n’est que plus tard que la musique est devenue une passion. Au collège, elle était intégrée au cursus ; au lycée, avec les Jeunes Chœurs, elle devenait un choix : répétitions en soirée, concerts le week-end. J’ai failli arrêter plusieurs fois, mais mes parents m’ont poussé à continuer, sentant que la musique avait un rôle apaisant et bénéfique pour moi. Ma mue lente m’a permis de garder ma tessiture aiguë, sans passage intermédiaire par une voix plus grave comme beaucoup de mes collègues.</p>
<p><strong>Comment avez-vous vécu cette période de changement de voix ?<br /></strong>Au collège, certains perdaient leur voix du jour au lendemain. Pour moi, la mue a été très lente : parfois je devais baisser le volume pour éviter une cassure, ou au contraire pousser un peu. Au lycée, on m’avait classé en ténor, sans que je comprenne vraiment pourquoi ; c’est là que j’ai commencé à saisir ce qu’était un contre-ténor. Mon professeur, Samuel Coquard, trouvant que j&rsquo;avais de réelles facilités, m&rsquo;a conseillé de me consacrer complètement au chant. Mais beaucoup de questions se posaient : notamment, comment vit-on de ce métier ? J’ai donc passé un DUT comme plan B, avant de me consacrer uniquement à la musique. À 20 ans, j&rsquo;hésitais entre étudier le chant à Londres ou à Paris. Mais quitter Marseille pour Londres, inconnu et coûteux, me semblait risqué. Je suis donc venu à Paris, il y a dix ans maintenant, pour tenter ma chance avec cette voix dont on me disait qu’elle avait du potentiel.</p>
<p><strong>Aviez-vous déjà des modèles ou des références à l&rsquo;époque ?<br /></strong>Pas du tout. J’ai commencé à écouter de la musique classique assez tard, un peu avant de monter à Paris, surtout chez mon professeur. À mon arrivée à l’École normale de musique de Paris, ma professeure Mireille Alcantara m’a demandé de changer un peu de répertoire, d’écouter davantage de musique, et m’a donné une longue liste de compositeurs, d’opéras et de rôles, du baroque au romantique, en passant par la mélodie et le Lied. L’avantage – et l’inconvénient – de l’école, c’est qu’il y avait peu de cours, donc beaucoup de temps libre pour se construire musicalement. Au départ, j’écoutais peu de contre-ténors. La première artiste qui m’a marqué a été Magdalena Kožená, avec son album de cantates de Bach. Cela résonnait avec mon expérience à la Maîtrise, et sa voix, proche du soprano, me parlait beaucoup. Je regardais aussi ses rôles, de Mozart au baroque, auxquels je m&rsquo;identifiais. Ce n’est que plus tard que je me suis ouvert aux contre-ténors : Andreas Scholl, surtout dans Bach, puis Philippe Jaroussky dans Vivaldi, et enfin Franco Fagioli.</p>
<p><strong>Comment avez-vous développé votre technique vocale ?<br /></strong>J’avais certaines facilités, mais il manquait un legato, une homogénéité, de la rapidité dans les coloratures… et surtout une base solide. Ma voix semblait fragile : je me fatiguais vite, je devais constamment faire attention à ne pas la solliciter en dehors des répétitions. Elle s’est construite au fil des années, en même temps que je mûrissais dans cette tessiture. Mireille Alcantara m’a énormément aidé, en me faisant travailler comme une mezzo-soprano, c’est-à-dire en voix de tête. J’ai ainsi abordé un répertoire très large : l&rsquo;opéra baroque bien sûr, mais aussi des mélodies de Bellini, des mélodies françaises, des Lieder, de l&rsquo;opéra romantique ou des opérettes. Ce travail éclectique a façonné ma projection, mon timbre et ma souplesse. Je pense que si je m’étais limité à la musique baroque, ma voix ne se serait pas développée de la même manière. Mireille Alcantara avait une oreille redoutable : elle savait détecter le manque d’harmoniques graves ou aiguës pour enrichir le son. Une autre étape importante pour moi a été la rencontre avec la metteuse en scène Mireille Laroche, qui m’a aidé à me libérer scéniquement. Enfant, j’avais un peu honte de chanter de la musique classique à Marseille, et cette réserve se ressentait. Mireille Laroche m’a appris à creuser le texte, à comprendre pourquoi on dit chaque phrase, ce qui change complètement l’interprétation… et aide aussi techniquement.</p>
<p><strong>À quel moment avez-vous décidé de faire du chant votre métier ?<br /></strong>Assez tard. Étudiant, j’étais ouvreur à l’Opéra de Paris, ce qui m’a plongé dans le monde musical et renforcé ma passion. Mais j’avais l’impression que ma voix était mal comprise, et la concurrence avec les mezzos rendait difficile l’accès aux rôles. Le tournant est venu en 2018, lorsque j’ai été sélectionné au Jardin des Voix. C’était la première fois que des professionnels validaient ma technique et ma musicalité. Je devais en outre chanter un opéra de Mozart avec un rôle vraiment écrit pour voix aiguë (Ramiro dans <em>La Finta Giardiniera</em>, créé par un castrat). L’audition, devant William Christie et Paul Agnew, a été un moment intense. La tournée, même si elle a été écourtée par le Covid, a été incroyable, de Nantes à Moscou en passant par Vienne. Même avec le stress, je me disais : « Je vis pour ça ». C’est à ce moment que j’ai vraiment su que je voulais en faire mon métier. Le Covid a bouleversé beaucoup de choses, mais j&rsquo;ai quand même eu la chance d’être contacté par le Théâtre de Bâle pour une production de Monteverdi (Amor/Juno/Amphinomos dans <em>Le Retour d&rsquo;Ulysse</em>). J’y ai rencontré Krystian Lada, un metteur en scène qui m’a fait confiance, et on a beaucoup travaillé ensemble. Pendant cette période difficile, retrouver la scène m’a apporté une immense joie.</p>
<p><strong>Cet été, vous avez participé à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-aix-en-provence/"><em>La Calisto</em> et fait vos débuts au Festival d&rsquo;Aix</a> ? <br /></strong>Oui, cela a été un moment important. En 2022, j’avais participé à l’Académie du Festival d’Aix, ce qui m’avait ouvert des portes. J&rsquo;étais ravi qu&rsquo;on me propose le rôle de Satyre dans l&rsquo;opéra de Cavalli, qui convenait parfaitement à ma voix. La production a été exceptionnelle, avec une vraie cohésion entre chanteurs, un chef à l’écoute, des décors magnifiques, le Théâtre de l’Archevêché avec son ciel étoilé rendant le tout magique. Les retours ont été très positifs, France Musique et Harmonia Mundi ont enregistré la production. C’était une expérience très forte, et j’ai eu un peu de nostalgie quand tout ceci a été fini.</p>
<p><strong>Vous collaborez régulièrement avec l&rsquo;Orchestre de l&rsquo;Opéra Royal du Château de Versailles, des projets sont-ils prévus avec eux ?<br /></strong>Oui absolument. L&rsquo;an dernier il y a eu une grande tournée en Asie sur 25 jours, avec un rythme intense : presque cinq concerts par semaine, parfois quatre soirs de suite dans des villes différentes, des déplacements incessants, un vrai marathon ! Les lieux et l’accueil étaient incroyables, surtout dans des villes où peu d’orchestres internationaux passent habituellement. La dernière étape était à Oulan-Bator, en Mongolie, suivie par un voyage épuisant vers Hanoï pour deux concerts le même jour. Je retourne en Chine en octobre, invité par le Suzhou Orchestra, j&rsquo;attends ce moment avec impatience.<br />J&rsquo;ai par ailleurs d&rsquo;autres projets avec l&rsquo;orchestre à la rentrée : un concert au Salon d&rsquo;Hercule et un CD de cantates profanes de Vivaldi. Avec Laurent Brunner, nous avions le projet de regrouper dans un même album des cantates avec continuo et avec orchestre, ce qui est rare. Par ailleurs, je chanterai le rôle de Polinesso dans <em>Ariodante </em>de Haendel. J’étais un peu hésitant car la tessiture est plutôt grave, alors que je suis plutôt mezzo ou soprano, mais le rôle est fascinant. Mais j’ai déjà chanté des parties plus graves, comme cet été dans <em>La Calisto</em>, et cela sonnait très bien. Je suis plus flexible aujourd’hui, je lâche un peu prise sur ma voix. De plus, Versailles a une acoustique extraordinaire, ma voix s&rsquo;y projette très bien.</p>
<p><strong>Vous ferez également vos débuts en 2026 à l&rsquo;Opéra national de Paris ?<br /></strong>Oui, je vais participer à une grande production baroque inédite, avec la création scénique de l&rsquo;<em>Ercole amante</em> d&rsquo;Antonia Bembo à l&rsquo;Opéra Bastille, sous la direction de Leonardo García Alarcón. Je chanterai le rôle du Page, avec deux airs et un duo dans le style de Cavalli.</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Théo Imart - Concorso Internazionale di Canto &quot;RenataTebaldi&quot; 2022 - Barocco" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/7UEq5ELdt3k?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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</p>
<p><strong>Y a-t-il des rôles que vous rêvez de chanter ?<br /></strong>Oui, plusieurs. Sesto dans <em>Giulio Cesare</em> de Haendel, un rôle que j&rsquo;ai beaucoup travaillé. Curieusement, je n’ai encore jamais fait de production de Haendel, mais ce sera bientôt le cas avec <em>Ariodante</em>. J&rsquo;aimerais également chanter Ruggiero dans <em>Alcina</em>, un rôle que j&rsquo;adore écouter. Mozart m’attire beaucoup également. J’ai déjà chanté Idamante dans <em>Idomeneo</em>, Ramiro dans <em>La Finta Giardiniera</em>, Chérubin. J’ai préparé l&rsquo;aria « Parto » de Sesto dans <em>La Clémence de Titus</em> pour la finale de la Paris Opéra Compétition, ainsi que pour le récital à venir en Chine, sous la direction de Victor Jacob. C’est un air que je propose fréquemment en audition, mais que j&rsquo;enlève souvent à la dernière minute. Il est très risqué : un manque de sommeil ou un tempo mal calé avec l’orchestre ou le pianiste, et tout peut s’écrouler. Un autre rôle que j’espère un jour interpréter, c’est Nerone dans <em>Le Couronnement de Poppée</em>. J’ai le sentiment que ce rôle est vraiment écrit pour ma voix.</p>
<p><strong>Et en dehors du baroque ?<br /></strong>J&rsquo;ai beaucoup travaillé la mélodie française (Fauré, Gounod), ainsi que l’opéra-comique et l’opérette. J’ai ainsi chanté dans <em>La Colombe </em>de Gounod ou encore dans <em>La Belle Hélène</em> avec Pierre Dumousseau. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un répertoire que j’aimerais vraiment continuer à explorer. Dans l’opéra romantique, il y a beaucoup de rôles travestis, souvent confiés à des mezzos. Mais je suis convaincu que si les contre-ténors avaient existé à l’époque, des compositeurs comme Gounod, Massenet, Offenbach auraient écrit pour eux. J’adore aussi la création contemporaine, les metteurs en scène y recherchent justement ces couleurs différentes.</p>
<p><em><strong>Pour finir, un petit Questionnaire de Proust :</strong></em></p>
<p><strong>Si vous étiez chef d’orchestre, quel opéra aimeriez-vous diriger ?<br /></strong><em>Orphée et Eurydice</em> de Gluck, dans sa version Berlioz.</p>
<p><strong>Un rôle de soprano féminin que vous aimeriez chanter ?<br /></strong>C’est une question difficile, il y a tellement de catégories : lyrique, colorature, dramatique, etc. Mais si je devais choisir, je dirais Violetta dans <em>La Traviata</em>. C’est un rôle magnifique, que j’aime beaucoup.</p>
<p><strong>Une œuvre ou un compositeur que vous avez du mal à apprécier ?<br /></strong>Wagner. J’adore écouter ses ouvertures, et il y a beaucoup de moments magnifiques dans ses opéras, mais parfois des longueurs où j’ai du mal à accrocher.</p>
<p><strong>Votre opéra baroque préféré ?<br /></strong><em>Alcina</em> de Haendel. L&rsquo;œuvre est extraordinaire et le rôle-titre magnifique.</p>
<p><strong>Un disque lyrique de chevet ?<br /></strong>L&rsquo;album <em>Bach Arias </em>avec des extraits de Cantates chantés par Magdalena Kožená. C’est un disque que j’écoute souvent.</p>
<p><strong>Enfin, le joueur de football que vous admirez le plus ?<br /></strong>Zinédine Zidane.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/theo-imart-je-reverais-de-chanter-sesto-ruggiero-ou-nerone/">Théo Imart : « Je rêverais de chanter Sesto, Ruggiero ou Nerone »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>CAVALLI, La Calisto &#8211; Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-aix-en-provence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival d’Art lyrique d’Aix-en-Provence donne l’occasion au lyricomane attentif aux mises en scène (c’est bien le jeu à Aix !) d’assister deux soirs de suite à deux transpositions des œuvres au programme. Une qui laisse sur sa faim (le Don Giovanni de Robert Icke) et l’autre pleinement réussie, celle que propose Jetzke Mijssen de La &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Festival d’Art lyrique d’Aix-en-Provence donne l’occasion au lyricomane attentif aux mises en scène (c’est bien le jeu à Aix !) d’assister deux soirs de suite à deux transpositions des œuvres au programme. Une qui laisse sur sa faim (le <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-aix-en-provence/">Don Giovanni</a></em> de Robert Icke) et l’autre pleinement réussie, celle que propose <strong>Jetzke Mijssen</strong> de <em>La Calisto</em>, troisième opéra de Francesco Cavalli admis à la programmation à Aix (après <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/helene-et-les-garcons/">Elena</a></em> en 2013 et <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/erismena-aix-en-provence-nouveau-miracle-dalarcon/">Erismena</a></em> en 2017).<br />
Dans l’écrin incomparable d’un théâtre de l’Archevêché aéré d’une brise rafraichissante sans être dérangeante, nous voilà spectateurs d’une histoire de cœur savamment transportée dans le XVIIIe siècle aristocratique. Jetzke Mijssen prend le parti de « dé-diviniser » les personnages (la source littéraire étant le livre II des <em>Métamorphoses</em> d’Ovide), et d’en faire les protagonistes humains, trop humains, d’un quasi-vaudeville qui va mal tourner et où toutes les conventions de la « bonne société » sont respectées. Ainsi aurons-nous droit à un décor astucieux (avec une scène circulaire tournante en son milieu) figurant un magnifique salon lambrissé avec son cortège de domestiques, des costumes (signés <strong>Hannah Clark</strong>) du meilleur goût rappelant les plus belles heures des salons chics, des danses de salon (réalisées par les chanteurs eux-mêmes) sur des musiques additionnelles de Cavalli mais aussi de Giacomo Arrigoni, Carlo Farina entre autres.<br />
Toutes les conditions sont donc réunies pour que le spectateur soit emporté par cette histoire qui convoque nombre de thématiques contemporaines dont Mijssen s’empare avec gourmandise : le consentement, le mouvement #MeToo, le victim-blaming, le harcèlement sexiste et sexuel, le culte de la chasteté, les nuances de l’amour, la fluidité des genres, ou encore l’amour lesbien. Autant de sujets que Cavalli et son librettiste Giovanni Faustini ne pouvaient évoquer en 1651, même dans une ambiance vénitienne très permissive, que sous le couvert de l’allégorie et de la fine allusion. Ici, l’allégorie, traditionnellement mise en scène dans le prologue, est  astucieusement contournée : lorsque le rideau se lève, la Nature, l’Eternité et le Destin prennent corps en Pan, Junon et Satyre : ils entourent le cercueil noir de Calisto et prédisent à celle-ci l’immortalité…dans leurs mémoires.<br />
Le premier acte nous renvoie au début de l’histoire et à ses développements : Jupiter accompagné de son fils Mercure est illuminé par la beauté de Calisto, la chaste nymphe compagne de chasse de Diane. Pour la séduire, il va prendre les traits de Diane, qui a conquis le cœur de Calisto. Mais lorsque Calisto, une fois séduite dans l’obscurité d’une grotte par Jupiter/Diane reverra la vraie Diane, celle-ci ne comprendra pas les avances délibérées de sa nymphe et en prendra ombrage. Ajoutons une Junon furieuse de la nouvelle infidélité de son époux Jupiter et qui, au lieu de lui en tenir rigueur, se vengera sur l’objet de sa flamme (Calisto donc), n’oublions pas quelques amourettes secondaires (le berger Endymion aime Diane et en est aimé secrètement, Pan est l’amoureux éconduit de Diane et tente de la reconquérir) et nous aurons tous les ingrédients d’un jeu amoureux qui va mal finir. Dans le livret original, Junon, pour se venger de Calisto, finit par la transformer en ourse et Jupiter, saisi de remords, décide de la changer en constellation (la Grande Ourse). Mijssen opère une ultime pirouette pour rendre la conclusion crédible : Calisto fait semblant de céder aux charmes de Jupiter – alors que son amour la porte décidément vers Diane – et finit par trucider celui qui a abusé d’elle. Bien vu l’artiste.</p>
<pre style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-Calisto-—-Festival-dAix-en-Provence-2025-©-Monika-Rittershaus_10-1294x600.jpg" alt="" width="624" height="289" />
© Monika Rittershaus</pre>
<p><strong>Sébastien Daucé</strong>, le directeur musical de l’Ensemble Correspondances a opéré un imposant travail éditorial pour adapter une partition prévue à l’origine pour… six musiciens et être donnée dans un théâtre (San Cassiano à Venise) avec une jauge d’une centaine de spectateurs. Ce soir, ce sont une quarantaine de musiciens qui œuvrent à proposer une version sans doute unique puisque délibérément adaptée aux lieux et au contexte. Le chef est astucieusement positionné au milieu des musiciens, quasiment en bordure de scène, ce qui permet une connivence de tous les instants entre chef et chanteurs.<br />
La distribution est sans défaut. Le rôle-titre est tenu par <strong>Lauranne Oliva</strong>, premier prix de <a href="https://www.forumopera.com/breve/lauranne-oliva-premier-prix-de-paris-opera-competition-2023/">Paris Opéra compétition en 2023</a>, qui figure une parfaite nymphe innocente. La pureté, la clarté et la douceur de la voix, toujours bien posée et capable de belles nuances, marqueront à coup sûr cette représentation. Jupiter est également remarquablement distribué : il fallait à la fois l’autorité d’une basse figurant un dieu/père/amant et la capacité de travestir la voix, lorsque Jupiter devient Diane. <strong>Alex Rosen</strong> se joue de ces nombreuses transpositions de registre, en utilisant la voix de tête (certes bien moins séduisante que la voix de poitrine) et en étant capable de changer fréquemment de registre, parfois dans la même phrase, ce qui n’a pas manqué d’ajouter un bel effet comique. La Diane de <strong>Giuseppina Bridelli</strong> sait rendre la complexité du personnage. Le soprano est souple, le timbre envoûtant. Mention spéciale pour <strong>Anna Bonitatibus</strong>, Junon presque démoniaque et qui nous sert un « Racconsolata e paga » au III, d’une rare intensité dramatique. L’Endymion de <strong>Paul-Antoine Bénos-Djian</strong> est torturé à souhait, son haute-contre porte et s’emporte à souhait. Distribution sans défaut disions-nous, très bien complétée par <strong>Zachary Wilder</strong> en Linfea, <strong>David Portillo</strong> (Pan), <strong>Dominic Sedgwick</strong> (un Mercure qu’on adore détester), <strong>Théo Imart</strong> (Satyre) et le Sylvain de <strong>José Coca Losa</strong>.</p>
<p>Cette production sera donnée dès le mois d’octobre 2025 à Rennes, puis à ANO en novembre, ainsi que Caen et le Théâtre des Champs-Elysées en mai 2026.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-la-calisto-aix-en-provence/">CAVALLI, La Calisto &#8211; Aix-en-Provence</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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