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	<title>Mayuko KARASAWA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Mayuko KARASAWA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Japon enchantant — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/japon-enchantant-paris-la-colombe-sest-envolee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 May 2019 07:02:14 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 26 avril dernier, à Senlis, la compagnie de l’Oiseleur ressuscitait <em>La Colombe de Bouddha</em> de Reynaldo Hahn, opéra en un acte, complété par quelques mélodies pour étoffer la soirée. Le 14 mai, ce concert à thème japonais était redonné à Paris. Hélas, entre-temps, la <em>Colombe</em> hahnienne s’était envolée : reviendra-t-elle jamais, et les mélomanes parisiens pourront-ils un jour l’entendre ? On le souhaite vivement, même si les auditeurs du concert donné au centre culturel japonais de la rue Bertin Poirée, dans le 1<sup>er</sup> arrondissement de la capitale, ont pu bénéficier d’un programme tout aussi riche bien que différent.</p>
<p>On sait que <strong>l’Oiseleur des Longchamps</strong> est un infatigable déchiffreur de partitions, et il l’a prouvé une fois de plus en composant pour ce concert « Japon enchantant » un programme émaillé de découvertes illustrant l’art de la mélodie française (avec quelques incursions dans le reste de l’Europe) des débuts de l’ère Meiji, et donc de l’ouverture du Japon sur le monde occidental, jusqu’à nos jours. Oui, car le concert incluait même une création mondiale ! Le public a ainsi pu prendre connaissance, en toute première audition, du cycle <em>Son d’Issa</em>, inspiré par l’art du haïku à la compositrice Charlotte Perrey (née en 1977). Par sa brièveté et sa condensation évocatrice, le court poème japonais semble devoir se prêter idéalement à la mise en musique : c’est bien le cas ici, avec ces quatre pièces où le piano se charge de brosser un paysage tandis que le chant énonce les impressions subjectives de celui qui l’observe.</p>
<p>En remontant un peu dans le temps, on s’aperçoit aussi qu’il y a plusieurs décennies que cet art poétique si particulier fournit matière aux compositeurs occidentaux. La révélation de la soirée est sans doute le cycle <em>Haï-Kaï</em>, justement, treize pièces publiées en 1926 par le peu connu Carol-Bérard (1881-1942), pseudonyme de Charles-Louis Bérard, personnage aux intérêts multiples, puisqu’il fit paraître la même année une « réhabilitation » de Landru (<em>Monsieur de Gambais</em>) et s’intéressa par ailleurs à la chromophonie, c’est-à-dire aux relations entre couleur et musique. Elève d’Albeniz, il trahit aussi une certaine proximité avec Ravel, et l’on est frappé par le raffinement avec lequel il a su s’imprégner de culture japonaise. La pianiste <strong>Mayuko Ishibashi</strong> souligne à propos la violence percussive de certains passages, qui ne s’en oppose que mieux au côté rêveur d’autres mélodies.</p>
<p>On serait curieux aussi d’entendre tout le cycle <em>Ce monde de rosée</em>, publié en 1925 par Claude Delvincourt (1888-1954), Prix de Rome 1913 ex-aequo avec Lili Boulanger. Ce cycle comprend quatorze utas (« chanson », « poème ») dont trois sont proposés dans ce concert. Autre fascinante découverte, mais non vocale, l’extrait du cycle pour piano seul <em>Kakemono</em> d’Antoine Mariotte (1875-1942), auteur comme Richard Strauss d’une <em>Salomé</em> d’après le texte d’Oscar Wilde.</p>
<p>Evidemment, tous n’ont pas cherché à connaître le Japon de manière approfondie, et se seront contentés d’illustrer les stéréotypes en vigueur à leur époque, parfois avec un certain panache néanmoins : Massenet de sa « Mousmé », Pauline Viardot et sa « Japonaise ». Sans oublier ce qui relève de la franche comédie : Offenbach avait montré de pseudo-Chinois dans <em>Bataclan</em>, la génération suivante s’en prendra aux Japonais, comme Lecocq dans <em>Fleur-de-Thé </em>(1868).</p>
<p>Toutes ces pages sont très équitablement partagées entre Loiseleur lui-même, toujours habile diseur, et la mezzo <strong>Mayuko Karasawa</strong> à la diction française irréprochable et au timbre chaud. Presque inévitablement, l’artiste sacrifie à Puccini et propose une version émouvante (et transposée) d’ « Un bel dì vedremo », après quoi les deux artistes se réunissent en duo pour une délicieuse chanson de Broadway, « Poor Butterfly » (1916), référence directe à l’opéra, ici interprétée en version française.</p>
<p>Sous les applaudissements chaleureux du public, un bis sera concédé : une chanson japonaise, en version bilingue par les deux chanteurs.</p>
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		<title>WECKERLIN, L&#039;Inde — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/linde-paris-lautre-centre-de-musique-romantique-francaise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Dec 2017 07:51:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Qui a permis de redécouvrir Galathée, opéra-comique de Victor Massé ? Qui a réveillé la partition de Nausicaa, de Reynaldo Hahn ? Qui a révélé Brocéliande, conte féerique d’André Bloch ? Ou l’opérette Claudine, de Rodolphe Berger ? Qui s’est fait le défenseur de toutes ces partitions françaises sombrées dans l’oubli ? Et mieux encore, qui a fait tout cela &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Qui a permis de redécouvrir <em>Galathée</em>, opéra-comique de Victor Massé ? Qui a réveillé la partition de <a href="https://www.forumopera.com/breve/nausicaa-de-reynaldo-hahn-un-retour-en-beaute"><em>Nausicaa</em>, de Reynaldo Hahn</a> ? Qui a révélé <em>Brocéliande</em>, conte féerique d’André Bloch ? Ou l’opérette <a href="https://www.forumopera.com/claudine-paris-claudine-de-retour-a-paris"><em>Claudine</em>, de Rodolphe Berger</a> ? Qui s’est fait le défenseur de toutes ces partitions françaises sombrées dans l’oubli ? Et mieux encore, qui a fait tout cela avec un budget dérisoire ? C’est bien simple : la Compagnie de l’Oiseleur. Vous ne connaissez pas ? On doit pourtant à <strong>l’Oiseleur des Longchamps</strong> tout ce travail formidable mais hélas encore trop confidentiel, travail qui fait véritablement de sa compagnie un autre « Centre de musique romantique française », puisqu’il défend, somme toute, le même répertoire que l’illustre et bien doté Palazzetto Bru Zane.</p>
<p>En ce mois de décembre, la Compagnie de l’Oiseleur propose coup sur coup plusieurs concerts, qui devraient faire accourir tous les amateurs de raretés. Ce mardi 5, le Temple du Luxembourg, modeste chapelle protestante située à deux pas du Jardin du Luxembourg, proposait <em>L’Inde</em>, « ode-symphonie » (merci, Félicien David) de Jean-Baptiste Weckerlin, plus connu pour son harmonisation de bergerettes du XVIII<sup>e</sup> siècle, mais qui fut aussi un compositeur à part entière.</p>
<p>Ladite ode-symphonie étant d’une durée de moins d’une heure, il avait été décidé d’offrir en préambule quelques mélodies émanant d’une inspiration comparable. Certes, Christophe Colomb fut le premier à faire l’erreur, mais on relèvera que le fameux « Indian Love Call » tiré de <em>Rose Marie</em>, de Friml et Stothart (1924), renvoie aux Indiens « peau-rouge » et non à l’Asie. Qu’importe, finalement, puisque ces compositeurs occidentaux ont tous un peu puisé dans le même fonds exotique assez limité et guère soucieux d’authenticité géomusicologique. De ce prologue, on retient surtout la très orientaliste « Aubade » de Pierné, et deux pages dues à Herman Bemberg (1859-1931), élève de Massenet qui gagnerait à être moins inconnu.</p>
<p>Vers l’Orient compliqué, Jean-Baptiste Weckerlin vola en 1873 avec des idées simples. Comment évoquait-on l’Inde lorsqu’on était un compositeur français du XIXe siècle ? Avec des ostinatos martelés, quelques syncopes et beaucoup de mélismes, que l’on employait pour représenter un territoire allant du Maroc jusqu’à l’Himalaya, bien sûr. Mais Massenet dans <em>Le Roi de Lahore</em> en 1876 et Léo Delibes dans <em>Lakmé </em>en 1883 ne feraient pas autrement. Il n’en reste pas moins que <em>L’Inde </em>est une partition séduisante, très « opéra-comique » dans son style, puisque le livret échafaudé grâce à un invraisemblable collage de poèmes (dont « La Captive », de Hugo, immortalisée par Berlioz) nous conte les amours de Naouna – à un M près, ce serait l’héroïne de Musset qui devait inspirer en 1882 un ballet à Lalo – et de Telasco – le Nelusko de <em>L’Africaine</em> n’avait même pas dix ans de scène à l’époque, amours contrariées par l’émir Lakmana…</p>
<p>Pour défendre cette musique, l’Oiseleur des Longchamps a une fois de plus eu du nez, en recrutant quelques belles et intéressantes voix. La voix ample de <strong>Catherine Manandaza</strong> a eu plusieurs l’occasion de faire forte impression, <a href="https://www.forumopera.com/norma-paris-norma-officie-dans-une-foret-neo-gothique">en Norma à Paris en début d’année</a> ; cette opulence de moyens est presque à l’étroit dans l’œuvre de Weckerlin, qui sollicite peu la voix de soprano. Naouna est ici confiée à <strong>Mayuko Karasawa </strong>; bien que plus familière de <a href="https://www.forumopera.com/cd/la-forme-pas-la-reforme">la musique du siècle précédent</a>, la mezzo japonaise n’a aucun mal à camper une héroïne touchante. Et puis il y a des ténors, des vrais ! Aperçu dans <a href="https://www.forumopera.com/breve/purcell-ensorcelle-chatel">un petit rôle dans <em>Didon et Enée</em></a>, <strong>Sahy Ratianarinaivo</strong> offre à Telasco une voix superbe, ferme mais agile, dont chacune des nombreuses interventions est un régal. Timbre plus léger, <strong>Florent Zigliani</strong> avait eu dans les deux dernières mélodies du préambule les occasions de briller que Weckerlin ne lui offre guère. Maître d’œuvre, <strong>l’Oiseleur des Longchamps </strong>s’est modestement réservé le rôle du récitant (en mélodrame, comme dans <em>Le Désert</em> de Félicien David) et celui, plus épisodique, du méchant Lakmana. Et tous ces solistes unissent leurs forces pour interpréter aussi les chœurs, toujours admirablement soutenus par la pianiste <strong>Mary Olivon</strong>, qui leur a également servis de chef de chant.</p>
<p>Maintenant, il vous reste plusieurs choses à faire. Premièrement, la Compagnie de l’Oiseleur a le projet d’enregistrer cette œuvre, avec un orchestre et des chœurs : avis aux mécènes. Deuxièmement, elle interprètera d’autres pages de Weckerlin le dimanche 10 décembre au Musée Henner, dans le cadre d’une journée consacrée aux compositeurs alsaciens. Enfin, elle propose le 20 décembre, toujours au Temple du Luxembourg, <em>La Belle au bois dormant</em>, féerie musicale de Guy de Lioncourt (1915). Et vous hésitez encore ? </p>
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