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	<title>Danae KONTORA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 24 Mar 2025 13:50:26 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Danae KONTORA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DUSAPIN, Il Viaggio, Dante – Paris</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Julian Lembke]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Mar 2025 13:50:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La figure du poète Dante Alighieri a laissé d’importantes traces dans l’histoire de la musique. Hector Berlioz, Franz Liszt et plus récemment Pascal Dusapin figurent parmi les compositeurs ayant consacré des œuvres au créateur de la Divine Comédie. L’Opéra de Paris propose actuellement une reprise d’Il Viaggio, Dante initialement créé lors de l’édition 2022 du Festival &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La figure du poète Dante Alighieri a laissé d’importantes traces dans l’histoire de la musique. Hector Berlioz, Franz Liszt et plus récemment Pascal Dusapin figurent parmi les compositeurs ayant consacré des œuvres au créateur de la <i>Divine Comédie</i>. L’Opéra de Paris propose actuellement une reprise d’<i>Il Viaggio, Dante</i> initialement créé lors de l’édition 2022 du Festival d’Aix-en-Provence.</p>
<p>Dusapin et son librettiste Frédéric Boyer ont réalisé un croisement entre l’œuvre phare de Dante, <i>La Divine Comédie</i>, et <i>Vie nouvelle</i>, premier texte attribuable à l’écrivain italien des XIII<sup>e</sup> et XIV<sup>e</sup> siècles. Au paroxysme du désespoir spirituel, hanté par le souvenir de Béatrice, sa bien-aimée morte à seulement vingt-quatre ans, Dante traverse les enfers en compagnie du poète Virgile (Virgilio), envoyé par celle-ci. Il rencontre aussi une version plus jeune de lui-même pleurant la perte de sa femme – élément tiré de <i>Vie nouvelle</i> – ainsi que Sainte-Lucie (Lucia) qui œuvre au salut du poète. Des prières et textes liturgiques viennent compléter cet assemblage en italien. Tout cela est narré par un Monsieur Loyal (Giovanni Battista Parodie) en costume de revue, qui recourt au texte original.</p>
<p>Ce dispositif, qui renvoie à la perception de l’œuvre au-delà du simple argument, n’est pas le seul élément à faire penser à l’opéra précédent de Dusapin, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dusapin-macbeth-underworld-paris/"><i>Macbeth Underworld</i></a>, sorte de <i>Macbeth</i> à rebours, en négatif. Si les lignes vocales d’<i>Il Viaggio</i> sont plus plastiques, d’une grande expressivité et pleines de profils différents, l’orchestre présente les mêmes caractéristiques que celui de <i>Macbeth</i>. L’espace musical se forme essentiellement par superposition de nappes sonores. Ce continuum, souvent encadré par une strate dans le grave et une autre dans l’extrême-aigu, se décompose en champs différents, fréquemment consonants ou modaux autour de notes pivots. La présence de fragments de chant grégorien ne fait que souligner ce qui est inhérent à la musique. Les gestes mélodiques sont rares, l’organisation est davantage horizontale. Cette technique permet la cristallisation de structures et de couleurs insoupçonnées, mais aussi l’apparition du conventionnel. On est dans un flux continu. Même la danse macabre, évoquée lors de la descente aux enfers, est plus sous-entendue qu’elle n’est rythmique. Tout a l’air de s’écouler d’un seul trait, ce qui a ses avantages – le public rentre dans une sorte de transe – et ses désavantages – le temps lyrique est difficilement contrôlable. Dusapin utilise le terme « opératorio » pour ce mélange entre opéra et oratorio, ce qui est dû en grande partie à l’omniprésence du chœur qui, bien qu’invisible, contraste avec les individus. Toutefois, lorsque le chœur devient une menace, tous les éléments sont réunis pour créer un <i>tableau </i>de <i>grand opéra</i> romantique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="689" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/26825-Bernd_Uhlig___Opera_national_de_Paris-Il-Viaggio-Dante-24-25-Bernd-Uhlig-OnP-9-1600px-1024x689.jpg" alt="" class="wp-image-185662"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>IL VIAGGIO DANTE © Opéra de Paris, Bernd Uhlig</sup></figcaption></figure>


<p>Le metteur en scène<strong> Claus Guth</strong> invente un cadre concret pour le livret qui enchaîne des situations plutôt spirituelles et abstraites : le spectacle commence par la projection d’une vidéo où l’on voit Dante traverser une forêt – image empruntée à la <i>Comédie</i> – en voiture, avant que l’apparition soudaine de Béatrice ne provoque un accident. Dante rentre chez lui, dans sa chambre, grièvement blessé, et on se demande s’il est déjà mort et si tout ce qui suit n’est qu’un rêve. À plusieurs reprises, Guth invoque des images cinématographiques. Le purgatoire, rempli de personnages tourmentés par des tics et le souvenir de leur vie terrestre, semble sortir de l’imagination d’un David Lynch ou d’un Stanley Kubrick. Les étranges raccourcis entre des visions et la vie réelle sont proches d’opéras tels qu’<i>Angels in America</i> de Péter Eötvös (bien que l’esthétique soit différente). À la fin du voyage, alors qu’il est sauvé et réuni avec Béatrice, Dante<span class="Apple-converted-space">  </span>se retrouve de retour dans sa chambre, seul, ensanglanté et mourant au lieu d’entrer au paradis. Le programme de salle offre une explication à cela. Une citation du <i>Mythe de Sisyphe</i> d’Albert Camus évoque la prise de conscience d’une vie machinale comme début d’un mouvement psychique qui mène soit au suicide soit à l’acceptation et au rétablissement. La scène en serait alors la vie quotidienne et non pas l’au-delà.</p>
<p>Par conséquent, <strong>Bo Skovhus</strong> campe un Dante expressionniste, physiquement éprouvé. Rompu aux rôles du répertoire contemporain tels que <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lear-paris-garnier-les-bonnes-vieilles-casseroles/"><i>Lear</i></a> d’Aribert Reimann, il manie sa partie avec une grande maestria. Le jeune Dante est un rôle travesti très ambigu dont l’aspect impulsif et le chant plastique sont parfaitement interprétés par la mezzo-soprano <strong>Christel Loetzsch</strong>. Même s’ils utilisent toute l’étendue des registres, les deux Dante retombent régulièrement dans l’extrême-grave de leurs tessitures. Virgilio, quant à lui, remplit son rôle de guide avec un stoïcisme inébranlable, et <strong>David Leigh</strong> projette sa basse volumineuse d’une manière vigoureuse. Lucia (<strong>Danae Kontora</strong>), qui semble être aveugle bien que son nom signifie « lumière », est un soprano colorature aérien d’une transparence irréelle dans les aigus. À l’image de la plupart des personnages, exception faite des rôles principaux, elle adopte une démarche stylisée aux gestes anguleux d’un mannequin. La Voix des damnés (<i>Voce dei dannati</i>), à laquelle Dante est confronté dès le premier cercle de l’enfer, prend la forme d’un contre-ténor à qui sont également confiées d’autres acrobaties vocales. <strong>Dominique Visse</strong> joue cette Voix des damnés comme un <em>dandy queer</em> digne d’un Quentin Crisp, et ajoute un élément grotesque à la distribution. Enfin, Béatrice, hautaine pendant la plus grande partie de l’œuvre, ne se laisse aborder qu’à la toute fin lorsqu’elle se voit attribuer un des passages les plus ouvertement lyriques. <strong>Jennifer France</strong> fait preuve à la fois de puissance et de précision dans tous les registres de sa voix.</p>
<p>Sous la direction de <strong>Kent Nagano</strong>, les voûtes sonores de l’orchestre, opposées aux lignes vocales plus dessinées, prennent tout le relief nécessaire, dans un opéra dont la dramaturgie s’émancipe souvent du texte, malgré le propos littéraire de l’œuvre.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dusapin-il-viaggio-dante-paris/">DUSAPIN, Il Viaggio, Dante – Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>WAGNER, Siegfried &#8211; Simon Rattle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-siegfried-simon-rattle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Aug 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après les succès de son Or du Rhin et, dans une mesure légèrement moindre, de sa Walkyrie, Simon Rattle poursuit son aventure discographique dans le Ring de Wagner. Une entreprise menée avec patience, puisque le présent Siegfried date de février 2023, alors que les deux volets précedents avaient été captés en 2015 et 2019. Le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après les succès <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-das-rheingold-simon-rattle/">de son<em> Or du Rhin</em> </a>et, dans une mesure légèrement moindre, <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-la-walkyrie-simon-rattle/">de sa <em>Walkyrie</em></a>, <strong>Simon Rattle</strong> poursuit son aventure discographique dans le <em>Ring</em> de Wagner. Une entreprise menée avec patience, puisque le présent Siegfried date de février 2023, alors que les deux volets précedents avaient été captés en 2015 et 2019. Le principe reste le même : enregistrer les versions de concert données à Munich, avec <strong>l&rsquo;Orchestre de la radio bavaroise</strong>. Ceci permet de cumuler le confort du studio (aucun bruit parasite à signaler) et l&rsquo;urgence du « live », avec un propos musical qui va constamment de l&rsquo;avant.</p>
<p>Comme dans les volets précédents, c&rsquo;est d&rsquo;abord la splendeur de l&rsquo;orchestre qui frappe l&rsquo;oreille. A la tête d&rsquo;une phalange d&rsquo;une virtuosité presque sans égale dans ce répertoire aujourd&rsquo;hui, Sir Simon se délecte des sortilèges de l&rsquo;instrumentation wagnérienne. Opéra du feu et de la nature, <em>Siegfried</em> se prête particulièrement à une radiographie orchestrale. On entendra donc ici des détails que l&rsquo;on ne se souvient pas avoir perçus ailleurs : il faut entendre ces bassons qui ricanent dans les scènes où Siegfried et Mime se confrontent, les cuivres graves du prélude de l&rsquo;acte II, les harpes qui accompagnent le héros lorsqu&rsquo;il traverse le feu magique, la douceur des cordes qui confine à l&rsquo;inaudible dans « Ewig war ich, ewig bin ich »&#8230; La liste n&rsquo;est pas exhaustive, et la créativité du chef est sans limite. Une idée chasse l&rsquo;autre, au point que l&rsquo;oreille peut parfois saturer face à cet amoncellement de trésors déversés à pleines mains. Surtout que les habitudes d&rsquo;écoute des wagnériens sont bouleversées : cette façon de passer l&rsquo;orchestre aux rayons X est l&rsquo;antithèse même du principe de la fosse couverte de Bayreuth, où les plans sonores ont tendance à se mélanger. Et ce soin presque maniaque du détail, cette façon de concevoir la musique comme une succession d&rsquo;événements timbriques font de Rattle l&rsquo;exact opposé d&rsquo;un chef comme Joseph Keilberth, qui concevait son <em>Ring</em> comme une coulée de lave, où il se tenait comme à distance de la matière sonore, vue comme trop brûlante. Tout est affaire de goût, et les deux approches se défendent. Mais il faut saluer la cohérence des options choisies par le chef britannique, et la qualité de la réalisation fera date.</p>
<p>Au niveau vocal, la satisfaction est moindre. Il faut d&rsquo;ailleurs noter que, à l&rsquo;exception du Wotan de <strong>Michael Volle</strong> (encore était-il remplacé en dernière minute par James Rutherford dans la <em>Walkyrie</em>), tous les protagonistes ont changé en cours de route. Cela n&rsquo;est jamais très bon signe. Surtout que les nouveaux noms sont plutôt moins bons que ceux qui avaient débuté l&rsquo;aventure. On exceptera la Erda de <strong>Gerhild Romberger</strong>, qui met toute la moirure de son vrai contralto au service d&rsquo;un portrait à la fois minéral et vivant. Mais remplacer le très beau Alberich de Tomasz Konieczny par <strong>Georg Nigl</strong> n&rsquo;est – à notre avis – pas vraiment une trouvaille : au lieu du chant fin et châtié, on nous sert un <em>sprechgesang</em> certes bien exécuté, mais terriblement banal, alors que <em>l&rsquo;Or du Rhin</em> nous avait promis une relecture de ces rôles « noirs ». Il y avait chez Konieczny un côté belcantiste qu&rsquo;on ne retrouve plus ici. Même tableau avec le Mime de <strong>Peter Hoare</strong>. Certes, le ténor britannique sait ce qu&rsquo;est un chant vipérin,  et l&rsquo;insinuation comme le venin se retrouvent dans son interprétation, mais Herwig Pecoraro nous avait promis davantage en matière de réinvention. Les deux Nibelungen nous ramènent vers une certaine tradition du chant wagnérien, que la direction de Simon Rattle contredit avec éclat, ce qui crée une certaine confusion.</p>
<p><strong>Franz-Josef Selig</strong> remplace Eric Halfvarson en Fafner, ce qui nous vaut une prestation impeccable en termes de musicalité, mais un peu terne. Ce dragon n&rsquo;est guère effrayant. L&rsquo;oiseau de la forêt de <strong>Danae Kontora</strong> est bien court en termes d&rsquo;aigus, et cela criaille plus que cela ne piaille. Rien de tout cela n&rsquo;est indigne, et on reste dans les cimes de ce que le chant wagnérien peut offrir en 2024, mais ces chanteurs ne se hissent pas au niveau du chef.</p>
<p>Pour Brünnhilde, nous avouons ne pas comprendre le choix <strong>d&rsquo;Anja Kampe</strong> pour prendre la relève d&rsquo;Irene Theorin. Sans doute la <a href="https://www.forumopera.com/breve/le-doigt-dhonneur-direne-theorin-au-public-de-bayreuth/">prestation catastrophique de la suédoise à Bayreuth en 2022</a> a-t-elle plombé sa carrière. Mais Anja Kampe n&rsquo;est que le reflet inversé de sa consoeur. Autant Theorin nous comblait dans <em>La Walkyrie</em> par ses aigus acérés comme des javelots, autant les premières notes de « Heil dir Sonne » font craindre le pire : vibrato insensé, timbre ingrat, instabilité. On tremble, et le début du duo avec Siegfried donne le mal de mer. Heureusement, le grave est davantage assis (au contraire de Theorin), et la soprano allemande parvient à réserver de beaux moments, notamment dans les passages où elle résiste aux assauts de son amant-neveu. Mais on a sans cesse le sentiment qu&rsquo;elle triche avec sa voix, et que ses réussites sont le résultat d&rsquo;un camouflage. Quelle déception par rapport à ses débuts il y a 20 ans !</p>
<p>Le Siegfried de <strong>Simon O&rsquo;Neill</strong> a toutes les notes du rôle. Ce qui n&rsquo;est pas un mince compliment de nos jours. Voilà un chant honnête et probe, qui montre une gestion intelligente de l&rsquo;effort, ce qui lui permet d&rsquo;arriver frais à l&rsquo;acte III et à son duo meurtrier. Mais les ressources en matière de timbre sont limitées, et le côté nasal est trop présent. Si cela convient bien aux débuts dans les dialogues avec Mime et le chant de la forge, cela handicape les murmures de la forêt, qui réclament plus de moelleux. Le troisième acte est assuré, mais le personnage reste monolithique, campé dans son profil de gamin insolent alors que les épreuves traversées doivent l&rsquo;avoir mûri. Reste le Wanderer de <strong>Michael Volle</strong>. Après la relative déception de son Wotan dans <em>l&rsquo;Or</em> <em>du Rhin</em> et son annulation de dernière minute dans <em>La Walkyrie</em>, il nous devait une revanche. Il est au rendez-vous, avide d&rsquo;en découdre. Son personnage s&rsquo;appuie sur un registre désormais complet, Volle ayant maintenant les graves qui lui faisaient défaut. Campé sur des appuis solides, il ne reste qu&rsquo;à déployer une voix somptueuse, où le médium et l&rsquo;aigu restent éclatants, dans une tessiture qui lui convient sans doute encore mieux que celle des deux volets précédents. La qualité de la diction est de premier ordre, et le caractère du personnage est rendu avec subtilité : la puissance du dieu, l&rsquo;aura mystérieuse du vagabond, l&rsquo;amertume de celui qui ne joue plus aucun rôle actif ; tout s&#8217;emboîte sans se contredire. Volle explose littéralement dans le tout dernier monologue du Wanderer, « Dir Unweisen ruf&rsquo;ich ins Ohr », entre la deuxième et la troisième scène du dernier acte, où sa voix tonne ou susurre tour à tour, dans un enthousiasme véritablement divin, porté par l&rsquo;orchestre incandescent que Simon Rattle déroule sous ses pas.</p>
<p>Malgré ses relatives faiblesses vocales, ce <em>Siegfried</em> est à écouter et à thésauriser pour son caractère éminemment personnel, et comme témoignage du travail d&rsquo;orfèvre accompli à Munich par un chef qui vient seulement d&rsquo;arriver et qui a déjà laissé une empreinte profonde. Quoi qu&rsquo;en dise une certaine presse allemande, Sir Simon reste une des baguettes les plus fascinantes de notre époque.</p>
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		<title>GOUNOD, Cinq-Mars — Leipzig</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cinq-mars-leipzig-les-enjeux-dune-resurrection-scenique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Jan 2018 06:30:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En janvier 2015, le Palazzetto Bru Zane (PBZ) présentait Cinq-Mars en version de concert à Munich et à Versailles, ramenant à la vie l’oeuvre de Gounod non reprise depuis sa création en 1877. L’opéra de Leipzig prévoyait de son côté une véritable résurrection scénique (sous le titre Der Rebel des Königs) pour mai 2017, empruntant &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr">En janvier 2015, le Palazzetto Bru Zane (PBZ) présentait <em>Cinq-Mars</em> en version de concert à Munich et à <a href="/cinq-mars-versailles-comment-faisait-on-avant-le-pbz">Versailles</a>, ramenant à la vie l’oeuvre de Gounod non reprise depuis sa création en 1877. L’opéra de Leipzig prévoyait de son côté une véritable résurrection scénique (sous le titre <em>Der Rebel des König</em>s) pour mai 2017, empruntant le Marquis de Cinq-Mars éprouvé de Mathias Vidal et faisant appel à Fabienne Conrad dans le rôle de Marie de Gonzague. Cette même équipe reprend le flambeau en ce début 2018 d’après la partition établie par le PBZ.</p>
<p>	La mise en scène se veut traditionnelle ce qui sied à un livret dont les lieux et les situations ne permettent guère d’écarts. Les décors se composent de toiles peintes et de rideaux qui se lèvent pour révéler les lieux du drame, dont le grand escalier du Palais Garnier pendant la fête chez Marion Delorme, au deuxième acte. Les costumes chatoyants flattent l’œil et la chorégraphie de la scène de bal est plaisante. Pourtant, on tombe fréquemment dans le kitsch et dans certains travers risibles comme le chœur qui se dandine d’un pied sur l’autre. Toutefois, la direction d’acteur soigne les personnages et leur relation, c’est là le principal. Deux figurants, agents doubles, espions du Père Joseph, rôdent sur la scène permanence et permettent de raccrocher la convention du divertissement chez Marion, à laquelle il fallait bien que Gounod cédât, à l’intrigue politico-amoureuse. Le travail d&rsquo;<strong>Anthony Pilavachi </strong>et de son équipe vient donc en parfait soutien des interprètes et leur permet de pousser plus avant la caractérisation de leur rôle, loin de la rigueur verticale d’une version concert avec pupitres.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="288" src="/sites/default/files/styles/large/public/der_rebell_des_konigs_cinq_mars_ensemble_premiere_20517tom_schulze.jpg?itok=DIgoWw2g" title="© Tom Schulze" width="468" /><br />
	© Tom Schulze</p>
<p dir="ltr">Le Marquis de <strong>Mathias Vidal</strong> rayonne toute la représentation durant. Projection et phrasé n’ont d’égal qu’une diction exemplaire. La voix surprend par son ampleur, ce qui confère au héros tout le charisme nécessaire, notamment lors du chœur des conjurés de l’acte trois. Difficile de succéder à <a href="https://www.forumopera.com/cinq-mars-versailles-comment-faisait-on-avant-le-pbz">Véronique Gens</a> dont le métier de tragédienne a porté sa <a href="https://www.forumopera.com/cd/cinq-mars-est-ce-un-reve-charmant-qui-meblouit-ou-si-je-veille">Marie de Gonzague sur des cimes</a>. <strong>Fabienne Conrad</strong>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/deux-violetta-en-feraient-une">déjà entendue et saluée entre autres à Rouen</a>, dispose pourtant de solides atouts : un port et une vraie présence scénique, un soprano au bel ambitus, riche et coloré même si le volume de la voix reste peu conséquent. Mais la Française pêche par une diction relâchée où les consonnes inintelligibles ne structurent pas les phrases et leur dynamique. Face au Cinq-Mars idéal de Mathias Vidal, ce handicap l’empêche de faire sentir tous les troubles et la passion de son personnage. D’autant que<strong> Jonathan Michie</strong>, passé sous les fourches caudines du Merola Program de San Francisco où l’enseignement des langues est remarquable, lui en remontre sur la diction et le phrasé, De Thou en égal frère d’arme de Cinq-Mars et voici un duo d’ami proches à s’y méprendre du couple Posa/Carlos. Si <strong>Marke Schnaible</strong> (Père Joseph) pâtit lui aussi de sa diction, le chant est bien conduit et le métal sombre et puissant. <strong>Danae Kontora</strong> (Marion Delorme), très agile dans le suraigu, et <strong>Sandra Maxheimer</strong> (Ninon de Lenclos) gouailleuse complètent cette belle distribution.</p>
<p>	<strong>David Reiland </strong>et le Gewandhausorchester font leur cette partition charmante qui oscille entre opéra de caractère et grand opéra, scènes intimes nocturnes ou scènes de foule bruyantes. La dynamique que le chef maintient tout du long n&rsquo;est pas étrangère au succès rencontré : la salle affiche complet et les bravos fusent lors des saluts.</p>
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