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	<title>Alexey LAVROV - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Alexey LAVROV - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>PUCCINI, Turandot — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-turandot-new-york/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 May 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce samedi 7 mai le Metropolitan Opera a retransmis dans les cinémas, pour la seconde fois en moins de trois ans, la production désormais historique de Turandot que Franco Zeffirelli avait signée en 1987. Cette production est bien connue des mélomanes puisqu’elle a fait l’objet de deux parutions en DVD, la première avec la distribution &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce samedi 7 mai le Metropolitan Opera a retransmis dans les cinémas, pour la seconde fois en moins de trois ans, la production désormais historique de <em>Turandot </em>que <strong>Franco Zeffirelli</strong> avait signée en 1987. Cette production est bien connue des mélomanes puisqu’elle a fait l’objet de deux parutions en DVD, la première avec la distribution d’origine (Eva Marton, Plácido Domingo, James Levine), la seconde, une vingtaine d’années plus tard avec Maria Guleghina et Marcello Giordani sous la direction d’Andris Nelsons. On connaît le penchant du metteur en scène italien pour les productions grandioses, quelquefois surchargées à l’excès, mais il faut reconnaître que, concernant cet opéra inspiré du conte merveilleux de Carlo Gozzi qui situe l’action dans une Chine légendaire et féerique, cela fonctionne parfaitement. Comment ne pas être captivé par ces tableaux vivants spectaculaires, ces décors monumentaux, ces costumes chatoyants, ces innombrables figurants et acrobates qui, somme toute, témoignent d’une esthétique de bon goût et rendent justice au texte.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="image-large" title="Turandot © Metropolitan Opera" src="/sites/default/files/styles/large/public/turandot-1600x685-4.jpg?itok=O_xvXiw7" alt="" width="468" height="216" /><br />
Turandot © Marty Sohl / Metropolitan Opera</p>
<p>A l’automne 2019, le rôle-titre était dévolu à Christine Goerke. Pour cette reprise qui aurait dû constituer l’un des temps forts de la saison, c’est Anna Netrebko qui devait incarner la princesse de glace et par la même occasion célébrer ses vingt ans de carrière sur la première scène new-yorkaise, vingt ans au cours desquels elle aura interprété devant des salles combles, plus d’une quinzaine d’ouvrages différents dont une grande partie ont été diffusés dans les cinémas. Hélas, les circonstances en ont décidé autrement. Les complaisances supposées de la soprano russo-autrichienne envers Vladimir Poutine dont elle avait soutenu la candidature en 2012 avant de faire volte-face, l’ont contrainte à se retirer de cette production tandis que le Met mettait un terme, peut-être définitif, à sa collaboration avec elle.</p>
<p>Le rôle de Turandot a donc été confié à la soprano ukrainienne – tout un symbole – <strong>Liudmyla Monastyrska</strong> qui chante toute la première partie de « In questa reggia » mezzo-forte, comme dans un rêve éveillé, mais l’effet recherché est quelque peu compromis par son vibrato envahissant lors des premières mesures de l’air. La cantatrice est bien plus à son affaire vocalement lors des énigmes mais elle peine à exprimer son désarroi lorsque Calaf sort vainqueur de l’épreuve sans doute à cause de son timbre pauvre en couleurs, de même qu’elle demeure impavide durant tout le duo final sans se montrer capable de suggérer la métamorphose de son personnage au cours de cette scène. Interviewée durant l’entracte, la soprano avait confié qu’elle n’avait plus chanté cet opéra depuis sept ans, sans doute ne convient-il plus tout à fait à ses moyens actuels. Rien d’indigne n’est à relever dans sa prestation qui demeure cependant en deçà de ce que l’on attend dans ce rôle, surtout au Met. Au rideau final, comme le soir de la première, la chanteuse vient saluer, enveloppée dans un drapeau ukrainien, suscitant une large ovation de la part du public  mais il n’est pas certain qu’elle ne doive ces acclamations qu’à son seul talent.</p>
<p><img decoding="async" class="image-large" title="Liudmyla Monastyrska © Ken Howard / Metropolitan Opera" src="/sites/default/files/styles/large/public/turandot._ken_howard._met_opera.jpeg?itok=peKRNmw5" alt="" width="278" height="468" /><br />
Liudmyla Monastyrska © Ken Howard / Metropolitan Opera</p>
<p>Face à elle, <strong>Yonghoon Lee</strong> aborde Calaf avec un timbre séduisant et une voix assurée lors de son premier air, qui produit un bel effet. Hélas, le ténor est vite dépassé dans la scène des énigmes dont il peine à soutenir la tessiture élevée qui l’oblige à chanter constamment en force au point de frôler l’accident vocal. Le très attendu « Nessun dorma » interprété avec une belle conviction, le trouve bien plus à son affaire en dépit d’un aigu conclusif écourté. C’est dans le duo final, dont la tessiture est mieux adaptée à ses moyens que le ténor coréen se montre sous son meilleur jour et distille une émotion largement perceptible servi par une palette variée de couleurs vocales.</p>
<p>On ne peut qu’être impressionné devant la longévité vocale de <strong>Ferruccio Furlanetto</strong> qui campe un Timur poignant avec une voix solide et bien timbrée, dotée d’un registre grave profond et sonore.</p>
<p>Lorsqu’on aura mentionné les prestations facétieuses mais non dépourvues de sentiment d’<strong>Alexey Lavrov</strong>, <strong>Tony Stevenson </strong>et <strong>Eric Ferring</strong>, respectivement Ping, Pang et Pong, et l’empereur satisfaisant de <strong>Carlo Bosi</strong>, il restera à saluer la Liù magnifique d’<strong>Ermonela Jaho</strong>, grande triomphatrice de la soirée, poignante de bout en bout, dont la douceur et la pureté de la voix et les somptueux sons filés qu’elle émet avec aisance pour servir une incarnation de premier ordre, lui valent un triomphe pleinement mérité.</p>
<p>Signalons également l’excellente préparation des chœurs, si importants dans cet ouvrage, et la qualité superlative de l’orchestre du Met aux belles sonorités.</p>
<p>Au pupitre <strong>Marco Armiliato</strong>, dont on connaît les affinités avec ce répertoire, dirige avec subtilité cette partition complexe en dépit de tempos un rien trop lents au premier acte. En revanche la scène des énigmes est spectaculaire et son dernier acte impeccablement construit avec une progression dramatique qui va crescendo jusqu&rsquo;à la mort de Liù, est un sommet.</p>
<p>Le samedi 21 mai, le Metropolitan Opera retransmettra dans les cinémas du réseau Pathé Live <em>Lucia di Lammermoor </em>dans une nouvelle production de Simon Stone avec Nadine Sierra dans le rôle-titre.</p>
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		<title>En direct du Met: Le Calaf exemplaire de Yusif Eyvazov</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/en-direct-du-met-le-calaf-exemplaire-de-yusif-eyvazov/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Oct 2019 04:00:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La saison des retransmissions en direct du Metropolitan Opera dans les cinémas s’est ouverte avec la reprise de la fameuse Turandot réalisée en 1987 par Franco Zeffirelli avec dans les principaux rôles Eva Marton et Placido Domingo, dont le DVD a préservé la trace. Le récent décès du cinéaste italien a transformé cette reprise en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La saison des retransmissions en direct du Metropolitan Opera dans les cinémas s’est ouverte avec la reprise de la fameuse <em>Turandot</em> réalisée en 1987 par <strong>Franco Zeffirelli</strong> avec dans les principaux rôles Eva Marton et Placido Domingo, dont le DVD a préservé la trace. Le récent décès du cinéaste italien a transformé cette reprise en hommage posthume. Au cinéma, cet hommage s’est traduit durant le premier entracte par une rétrospective des productions que le metteur en scène avait conçues pour le Lincoln Center, à commencer par celle d’<em>Antony and Cleopatra</em> de Samuel Barber qui lui avait été commandée pour l’inauguration de cette nouvelle salle. Au second entracte, actualité oblige, c’est Jessye Norman qui a été célébrée à travers des extraits d’<em>Ariane à Naxos</em> et de <em>La Walkyrie</em>. La disparition de Marcello Giordani, grand habitué du Met, a également été évoquée.</p>
<p>La <em>Turandot</em> de Zeffirelli est conforme à la réputation du metteur en scène, exubérante et spectaculaire, mais après tout, la pièce de Carlo Gozzi est inspirée d&rsquo;un conte merveilleux, située dans une Chine imaginaire et fantasmagorique, alors pourquoi pas ? Le décor du premier acte est oppressant à souhait, une place obscure peuplée d’une foule vêtue de couleurs sombres et entourée d’un empilement d’édifices étranges et inquiétants. Le premier tableau de l’acte suivant, d’une simplicité relative, est constitué de trois pagodes aux couleurs vives, demeures de Ping, Pang et Pong. En revanche, le second tableau qui représente le palais impérial, est digne des grandes productions hollywoodiennes des années 50 en technicolor, le décor monumental s’étend sur plusieurs niveaux surplombant une pièce d’eau et témoigne d&rsquo;un luxe de détails ahurissants, des colonnes sculptées incrustées de pierreries, un trône doré pour l’empereur, des étendards, des bannières, des éventails en veux-tu en voilà, sans parler des innombrables figurants et des costumes on ne peut plus surchargés, celui de Turandot notamment qui prête tout de même à sourire. Tant de pompe a un côté suranné voire kitsch qui, somme toute, peut avoir son charme. Le décor nocturne du trois, plus dépouillé, ne manque pas d’allure.</p>
<p>Vocalement la distribution est dominée par le Calaf solide et sonore de <strong>Yusif Eyvazov</strong>. Aminci, le ténor se meut sur le plateau avec aisance. Son incarnation est d’une grande sobriété tant vocale que scénique. Il campe un héros introverti qui affronte son destin avec détermination. La tessiture du rôle qui culmine au contre-ut ne lui pose aucun problème. Son premier air est chanté avec un legato appréciable, sans effet superflu. Le second lui permet d’exhiber un si aigu facile et claironnant qui lui vaut une belle ovation de la part du public. Combien de ténors aujourd’hui sont capables de rendre pleinement justice à ce personnage ? <strong>Christine Goerke</strong> affronte crânement la partie meurtrière de la princesse cruelle. Au début de « In questa reggia » la voix, affectée d’un vibrato gênant sonnait mate puis, elle a retrouvé peu a peu quelques couleurs et gagné en projection pour emporter finalement l’adhésion dans son duo final. <strong>Eleonora Buratto</strong> est une Liù proche de l’idéal, son timbre clair et juvénile convient à ce personnage de jeune fille sensible et idéaliste. Si elle s’est montrée un rien appliquée durant son air d&rsquo;entrée, elle a livré au troisième acte une mort absolument poignante. Enfin <strong>Alexey Lavrov</strong>, <strong>Tony Stevenson</strong> et <strong>Eduardo Valdes</strong> rendent pleinement justice aux facétieux Ping, Pang et Pong tandis que le vétéran <strong>James Morris</strong> campe un Timur attachant.</p>
<p>Au pupitre, <strong>Yannick Nézet-Séguin</strong>, propose une direction spectaculaire et brillante, à l&rsquo;image de la production, avec des tempos retenus qui confèrent une certaine solennité à l’ensemble.</p>
<p>Le 26 octobre prochain le Metropolitan Opera retransmettra <em>Manon</em> dans les cinémas du réseau Pathé live avec dans le rôle-titre Lisette Oropesa.</p>
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		<item>
		<title>En direct du Met, Carmen dirigée de main de maître</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/en-direct-du-met-carmen-dirigee-de-main-de-maitre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Feb 2019 03:46:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est au tour de Carmen d’avoir les honneurs d’une diffusion en direct du Metropolitan Opera dans les cinémas ce samedi 2 février. Créée à la fin de l’année 2009 la production signée Richard Eyre avait déjà été retransmise en janvier 2010 et publiée en DVD. Marceau Ferrand et Yannick Boussaert ont exprimé les réserves que &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est au tour de<em> Carmen </em>d’avoir les honneurs d’une diffusion en direct du Metropolitan Opera dans les cinémas ce samedi 2 février. Créée à la fin de l’année 2009 la production signée Richard Eyre avait déjà été retransmise en janvier 2010 et publiée en DVD. Marceau Ferrand et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/carmen-new-york-la-french-touch">Yannick Boussaert</a> ont exprimé les réserves que leur a inspirées ce spectacle et plus particulièrement ses décors, réserves auxquelles nous adhérons pleinement même si au cinéma, l’attention des spectateurs se portait surtout sur les protagonistes, les plans d’ensemble étant rares. Reconnaissons cependant à ce travail le mérite de ne pas défigurer l’intrigue, de ne pas la transposer non plus dans des lieux incongrus et même de captiver l’auditoire lorsque l’on dispose de chanteurs / acteurs de la trempe de ceux qui nous sont proposés, notamment quand les caméras scrutent leurs visages comme au premier acte, durant la habanera, où une  succession de champ-contrechamp dévoile les sentiments respectifs de Carmen et José bien avant que leurs mots ne les expriment.</p>
<p>Nous ne nous attarderons pas non plus sur les seconds rôles dont les mérites vocaux sont parfois occultés par une prononciation peu intelligible – voire risible pour un auditeur francophone – comme c’est le cas du Moralès d’<strong>Alexej Lavrov</strong>. Si la puissance de la voix d’<strong>Alexander Vinogradov </strong>semble avoir conquis les spectateurs du Met, au cinéma nous avons surtout entendu un timbre peu flatté par les micros, affublé d’un accent russe envahissant, dans une caractérisation dépourvue de charisme. Son Comte Walter dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/luisa-miller-new-york-avec-les-tripes"><em>Luisa Miller</em> l’an passé</a> avait une toute autre trempe. En revanche le timbre onctueux d’<strong>Aleksandra Kurzak</strong>, la rondeur de ses aigus, la splendeur de ses piani séduisent immédiatement l’oreille. Son « Je dis que rien ne m’épouvante » est l’un des plus beaux et des plus émouvants que nous ayons entendu. Quant à son français, il nous a paru à peu près intelligible, la proximité des micros sans doute. Face à Carmen, cette Micaëla ne manquait ni d’aplomb ni de caractère. Prudent en début de soirée, le Don José de <strong>Roberto Alagna</strong> a gagné au fil de la représentation en intensité dramatique et en volume pour culminer dans une scène finale hallucinante qui laisse augurer du meilleur pour son prochain Otello à l’Opéra Bastille. A l’entracte le ténor a annoncé qu’il interprèterait enfin Lohengrin en version de concert aux côtés de son épouse la saison prochaine sans préciser dans quel théâtre l’événement aura lieu. Dotée de moyens conséquents, <strong>Clémentine Margaine</strong> campe une Carmen directe et spontanée dont la gouaille échappe à toute vulgarité. Si certains aigus ont paru quelque peu stridents, le registre grave, jamais appuyé, est émis sans effort comme en témoigne l’air des cartes dans lequel la mezzo-soprano fait valoir un impeccable legato et un souffle qui paraît inépuisable. Dans la scène finale elle se hisse sur les mêmes cimes que son partenaire.</p>
<p>A la tête du somptueux Orchestre du Metropolitan, <strong>Louis Langrée</strong> montre une fois de plus quel grand chef de fosse il est: sa direction nerveuse et enlevée capable d’infinies nuances et d’éclats spectaculaires avec un sens aigu du théâtre lui a valu des acclamations bien méritées.</p>
<p>Le samedi 2 mars, c’est <em>La Fille du régiment</em> dans la célèbre production de Laurent Pelly qui fera l’objet d’une retransmission dans les cinémas du réseau Pathé Live avec dans les principaux rôles, Javier Camarena et Pretty Yende.</p>
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		<item>
		<title>La Bohème au Met : Plus traditionnel, tu meurs</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/la-boheme-au-met-plus-traditionnel-tu-meurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Feb 2018 02:53:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce samedi 24 février le Metropolitan Opera retransmettait dans les cinémas la célèbre production de La Bohème que Franco Zeffirelli avait signée en 1981 et dont le succès ne s’est jamais démenti, comme en témoignent à chaque lever du rideau, les applaudissements nourris que suscitent les décors réalisés par le metteur en scène italien lui-même, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce samedi 24 février le Metropolitan Opera retransmettait dans les cinémas la célèbre production de <em>La Bohème</em> que <strong>Franco Zeffirelli</strong> avait signée en 1981 et dont le succès ne s’est jamais démenti, comme en témoignent à chaque lever du rideau, les applaudissements nourris que suscitent les décors réalisés par le metteur en scène italien lui-même, notamment celui du deuxième acte qui représente rien moins qu’un fragment du quartier latin sur deux niveaux, idée qu’il avait déjà exploitée quelques années plus tôt à la Scala. Au-dessus, des pâtés de maisons séparés par des ruelles et en contrebas le café Momus. Dans ce décor spectaculaire plus de deux cents figurants et choristes évoluent, la charrette de Parpignol est tirée par un âne et Musette arrive dans une calèche à cheval. A côté, les autres actes paraissent presque sobres. Le un et le quatre montrent les toits de Paris surplombés par la mansarde des étudiants. Le trois, une place enneigée avec des arbres et un banc, à droite une auberge, à l’arrière-plan, une grille.</p>
<p>Quoi que l’on pense des productions grandioses – d’aucuns diraient kitsch – de Zeffirelli, force est de reconnaître que la direction d’acteurs est extrêmement précise, que les personnages ne sont jamais livrés à eux-mêmes mais qu’ils se livrent à d’innombrables activités toujours en relation avec l’intrigue. Le cadre spatio-temporel voulu par Puccini et ses librettistes ainsi que les didascalies sont respectés, l’action se déroule bien dans les années 1830 ce qui apparemment a plu aux très nombreux spectateurs du cinéma qui affichait complet. A en croire les conversations entendues ici et là pendant les entractes, certains d’entre eux, traumatisés sans doute par la <em>Bohème </em>intersidérale récemment proposée à l’Opéra Bastille, se disaient comblés par cette conception on ne peut plus traditionnelle.</p>
<p>Comme c’est souvent le cas au Met, les seconds rôles sont tous très bien tenus. Le vétéran <strong>Paul Plishka</strong> incarne avec conviction et une voix encore solide les ,personnages de Benoît et Alcindoro. Dans le rôle épisodique de Schaunard, <strong>Alexey Lavrov</strong> ne passe pas inaperçu. Doté d’une voix sonore et d’un physique agréable, ce jeune baryton russe aura certainement un avenir prometteur. Magnifique Clémence dans la retransmission de <em>L’amour de loin</em> en 2016, <strong>Susanna Phillips</strong> campe une Musette haute en couleur avec un timbre brillant et un aigu facile. Le Colline de <strong>Matthew Rose</strong> en impose tant par son physique que par son timbre de bronze. Sa « Vecchia zimarra » est émouvante à souhait. <strong>Lucas Meachem</strong> que l’on a entendu notamment dans <em>Iolanta</em> aux côtés d’Anna Netrebko, à Pleyel en 2012 et au disque en 2015, est en revanche un Marcello sans éclat. Le timbre n’est pas désagréable mais la voix semble limitée aux deux extrémités de la tessiture. En Rodolfo, <strong>Michael Fabiano</strong> déçoit. Qu’est-il arrivé à ce ténor qui avait fait des débuts remarqués à l’Opéra Bastille en 2013 dans <em>Lucia di</em> <em>Lammermoor</em> ? Déjà son Duc de Mantoue en 2016 appelait bien des réserves. Aujourd’hui la voix est terne et plafonne dans l’aigu, celui qui conclut « Che gelida manina »,  émis avec difficulté, est plutôt laid, ce qui à son âge est préoccupant pour l’avenir. Heureusement le ténor se rattrape aux actes trois et quatre où la voix retrouve quelques couleurs et où le personnage, campé avec justesse, parvient à distiller une émotion durable. Longuement acclamée au salut final, <strong>Sonya Yoncheva</strong> est la grande triomphatrice de la soirée. Plus encore que <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/tosca-a-new-york-une-production-traditionnelle-qui-en-jette">sa récente Tosca</a>, sa Mimi est pleinement convaincante de bout en bout tant sur le plan scénique que vocal. Le timbre est chatoyant, l’aigu triomphant et l’incarnation, toujours juste, devient poignante au cours des deux derniers actes.</p>
<p>La direction de <strong>Marco Armiliato</strong>, sobre et élégante, met en valeur les contrastes entre les scènes de comédie où les étudiants s’amusent et le drame sous-jacent, au dernier acte notamment.</p>
<p> </p>
<p>Le 10 mars prochain le Metropolitan Opera retransmettra dans les cinémas du réseau Pathé Live <em>Sémiramis</em> de Rossini avec Angela Meade dans le rôle-titre.</p>
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		<item>
		<title>I pagliacci&#124;Cavalleria rusticana — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cavalleria-rusticana-pagliacci-new-york-double-imparfait/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jan 2018 06:31:21 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/doubl-imparfait/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Depuis un premier couplage (inversé) au Metropolitan Opera en décembre 1893, Cavalleria rusticana et Pagliacci sont généralement donnés l&#8217;un à la suite de l&#8217;autre, mais plus rarement avec le même ténor. Turiddu est plutôt distribué à des ténors spinto à la voix large, tandis que Canio peut être chanté par des voix plus lyriques. Roberto Alagna &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalleria-rusticana-pagliacci-new-york-double-imparfait/"> <span class="screen-reader-text">I pagliacci&#124;Cavalleria rusticana — New York</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis un premier couplage (inversé) au Metropolitan Opera en décembre 1893, <em>Cavalleria rusticana</em> et <em>Pagliacci</em> sont généralement donnés l&rsquo;un à la suite de l&rsquo;autre, mais plus rarement avec le même ténor. Turiddu est plutôt distribué à des ténors <em>spinto</em> à la voix large, tandis que Canio peut être chanté par des voix plus lyriques. <strong>Roberto Alagna</strong> fait partie des rares chanteurs capables d&rsquo;assurer les deux rôles dans la même soirée. En Turiddu, le ténor affiche une voix toujours aussi fraîche, sans problèmes de projection et à l&rsquo;aigu brillant mais quand même moins percutant que celui d&rsquo;un <em>spinto</em>. La diction est impeccable, avec une belle musicalité. Dramatiquement, Alagna tente de renouveler le personnage. Turiddu n&rsquo;est plus un joli coeur macho, égoïste et sans beaucoup de scrupules. C&rsquo;est plutôt un jeune homme sincèrement désolé des peines de Santuzza, mais irrésistiblement attiré vers Lola. Effectivement, on peut voir la situation dramatique comme cornélienne : Lola et Turridu s&rsquo;aimaient avant le départ de ce dernier pour l&rsquo;armée ; à son retour, la place est prise mais on ne peut pas lutter contre l&rsquo;amour. Après tout, ce serait la situation de Roméo et Juliette si la jeune fille avait eu le temps d&rsquo;épouser Tybalt. Le choix reste tout de même discutable, tant la musique nous semble davantage correspondre à des instincts plus prosaïques (en témoigne la ballade de Lola, digne de l&rsquo;allumeuse qu&rsquo;elle est, puisque c&rsquo;est la jalousie envers Santuzza qui l&rsquo;a conduite à séduire à nouveau Turridu). En revanche, ce parti cadre bien avec l&rsquo;approche musicale du ténor français. A ses côtés, <strong>Ekaterina Semenchuk </strong>ne semble pas avoir de telles préoccupations intellectuelles : le personnage est générique, certes pas romantique, mais pas davantage vériste. Le mezzo biélorusse peut compter sur un timbre superbe et une voix d&rsquo;une qualité égale sur toute la tessiture, mais les aigus ne sont guère percutants : or, dans ce style de musique, ils n&rsquo;ont pas une fonction décorative, mais bien dramatique. Le désespoir ou la colère finissent ici par être exprimés de manière insuffisante. <strong>George Gagnidze</strong> campe un Alfio scéniquement bien caractérisé, mais le chant manque de variété, de couleurs. La Lola de <strong>Rihab Chaieb </strong>offre un beau timbre, une parfaite musicalité et un engagement scénique impeccable. <strong>Jane Bunnell</strong>, en revanche, campe une Mamma Lucia trop discrète. La mise en scène de <strong>David McVicar </strong>est excessivement stylisée. Dans l&rsquo;opéra vériste, il est assez incongru de voir danser sur la musique (ce qui est déjà souvent insupportable dans le Rossini bouffe !) . Le metteur en scène cède également à la mode de actuelle de représenter hommes et femmes comme des ennemis, situation à laquelle nous aurons droit à nouveau le lendemain pour <em>Il Trovatore</em> (on se demande dans quel monde ces gens vivent). Plastiquement, le décor est sobre et superbe, subtilement éclairé, mais l&rsquo;ouvrage semble se passer la nuit&#8230; et non le matin de Pâques (à moins que l&rsquo;action ne soit transposée dans l&rsquo;hémisphère sud).</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="340" src="/sites/default/files/styles/large/public/cavp_2188a_-_copie_2.jpg?itok=_ts1nNo2" title="© Ken Howard/Metropolitan Opera" width="468" /><br />
	© Ken Howard/Metropolitan Opera</p>
<p>Pour <em>Pagliacci</em>, McVicar utilise le même fond de décors, de jour cette fois et, effectivement, entre ces deux opéras, c&rsquo;est le jour et la nuit à tous points de vue. L&rsquo;action est transposée après guerre. McVicar y ajoute des éléments burlesques, dont trois rôles muets, calqués sur les <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.cinechronicle.com/wp-content/uploads/2010/12/The-Three-Stooges1.jpg">Three Stooges</a>, qui animeront avec drôlerie le spectacle final. On est moins convaincu par l&rsquo;apparition de Tonio en costume à paillettes, micro à la main, pour le prologue devant le rideau. Ici, McVicar fait la même erreur que Zeffirelli dans la production précédente : c&rsquo;est Leoncavallo qui s&rsquo;exprime au travers de de Tonio dans une géniale mise en abyme. Son apparence physique ne doit pas évoquer celle d&rsquo;un artiste, mais la banalité de tout un chacun. Scéniquement,  Alagna renouvelle ici encore l&rsquo;approche classique. Son Canio est un artiste fragile, presque bipolaire, touchant dans ses pitoyables imitations chaplinesques, d&rsquo;une fausse jovialité quand il discute avec les villageois (qui sont avant tout de possible clients qu&rsquo;il tente de séduire). Vocalement, la réussite est indéniable, la voix se moulant parfaitement dans le personnage. Dans l&rsquo;absolu, la voix d&rsquo;<strong>Aleksandra Kurzak</strong> manque un peu de largeur, mais la musicalité et l&rsquo;intelligence de la soprano emportent l&rsquo;adhésion. Scéniquement, le personnage est impeccablement caractérisé. George Gagnidze campe là encore un personnage scéniquement assez subtil, mais l&rsquo;interprétation vocale reste plus sommaire. Vocalement, le Beppe d&rsquo;<strong>Andrew Bidlack </strong>est sympathique, sonore, mais avec un aigu un peu à l&rsquo;arrachée. Leoncavallo n&rsquo;a pas gâté l&rsquo;interprète de Silvio, et il faut un chanteur exceptionnel pour faire passer certains tunnels. Remplaçant Alessio Arduini souffrant, <strong>Alexey Lavrov </strong>fait le job. La direction de <strong>Nicola</strong> <strong>Luisotti</strong> nous a paru un peu trop raffinée, offrant des douceurs là où l&rsquo;on attenddu piment. Très sollicités, les choeurs du Metropolitan sont absolument royaux. </p>
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