<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Maayan LICHT - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/licht-maayan/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/licht-maayan/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sun, 23 Feb 2025 09:24:49 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1.3</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Maayan LICHT - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/licht-maayan/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Oper! Awards 2025</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/oper-awards-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Feb 2025 09:24:47 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=183749</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le 21 février dernier, La Monnaie a accueilli la cérémonie des Oper! Awards, seul prix international multidisciplinaire allemand dédié à l’art lyrique, alors que le pays compte – proportionnellement – le plus grand nombre de maisons d’opéra au monde. Comme de tradition, c’est dans les murs de la lauréate de la catégorie « Bestes Opernhaus/Best Opera &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/oper-awards-2025/"> <span class="screen-reader-text">Oper! Awards 2025</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/oper-awards-2025/">Oper! Awards 2025</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Le 21 février dernier, La Monnaie a accueilli la cérémonie des Oper! Awards, seul prix international multidisciplinaire allemand dédié à l’art lyrique, alors que le pays compte – proportionnellement – le plus grand nombre de maisons d’opéra au monde.</p>
<p style="font-weight: 400;">Comme de tradition, c’est dans les murs de la lauréate de la catégorie « Bestes Opernhaus/Best Opera House » que se déroulait la soirée. La qualité des productions de La Monnaie a été soulignée, de même que l’innovation portée par la maison et son implication dans la société, par exemple par la diversification des publics. Le prix sonne comme une consécration pour Peter de Caluwe qui, après près de vingt ans, s’apprête à passer la main.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Corine Winters</strong> s’est vue remettre le « Beste Sängerin/Best Female Singer » Award, tandis que <strong>Klaus Florian Vogt</strong> a été nommé au « Bester Sänger /Best Male Singer » Award. <strong>Pablo Heras-Casado</strong>, <strong>Tobias Kratzer</strong>, l’<strong>Ensemble Pygmalion</strong>, <strong>Christophe Coppens</strong>, <strong>Maayan Licht</strong>, <strong>Peter Konwitschny</strong> et <strong>François Duplat</strong> ont également été récompensés. Du côté des productions, <em>Die Jüdin von Toledo</em> au Semperoper de Dresde a été sacrée « Beste Uraufführung/Best World Premiere » et <em>Der Idiot</em> au Festival de Salzbourg « Best Aufführung/Best Production ».</p>
<p style="font-weight: 400;">L’ensemble des catégories et des lauréats est repris dans le <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.oper-awards.com/wp-content/uploads/2025/02/OPER-AWARDS-2025-Programmheft.pdf">livret de la soirée</a>. La cérémonie est <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.oper-awards.com/oper-awards-2025-en/">disponible en streaming</a>.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/oper-awards-2025/">Oper! Awards 2025</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>PORPORA, Ifigenia in Aulide &#8211; Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/porpora-ifigenia-in-aulide-bayreuth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Sep 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=171746</guid>

					<description><![CDATA[<p>Au commencement il y a la faute : un homme manque de respect à un Dieu, qui décide de le punir. Agamemnon a outragé Diane en tuant un des cerfs qu’elle protège, elle le condamne à perdre celle qu’il protège, sa fille Iphigénie. Dans un raffinement de cruauté elle l’oblige à consentir lui-même à la &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/porpora-ifigenia-in-aulide-bayreuth/"> <span class="screen-reader-text">PORPORA, Ifigenia in Aulide &#8211; Bayreuth</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/porpora-ifigenia-in-aulide-bayreuth/">PORPORA, Ifigenia in Aulide &#8211; Bayreuth</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Au commencement il y a la faute : un homme manque de respect à un Dieu, qui décide de le punir. Agamemnon a outragé Diane en tuant un des cerfs qu’elle protège, elle le condamne à perdre celle qu’il protège, sa fille Iphigénie. Dans un raffinement de cruauté elle l’oblige à consentir lui-même à la sacrifier, faisant de cette mise à mort la condition <em>sine qua non</em> du bon vent pour l’expédition maritime qu’il doit conduire au nom des souverains grecs lancés à la chasse de Pâris. Il aura beau ruser, argumenter, protester, les pressions conjuguées du roi d’Ithaque et du prêtre Calchas amèneront l’innocente, qu’Achille a vainement tenté d’exfiltrer, sur l’autel du sacrifice. En clamant qu’elle y consent pour l’amour de la Grèce et par soumission à la volonté de la déesse, elle émeut celle-ci, qui décide d’épargner Iphigénie et d’en faire sa prêtresse en Tauride, suscitant les louanges de l’assemblée.</p>
<p>Rien de nouveau, on le voit, dans la trame de l’opéra composé par Nicolò Porpora pour l’Opéra de la Noblesse en 1735 à Londres, par rapport au récit transmis depuis l’antiquité. Ce n’est donc pas l’originalité du livret qui a motivé <strong>Max Emmanuel Cenčić</strong> dans son choix de mettre en scène cette version musicale signée Nicolò Porpora, après <em>Carlo il Calvo  </em>et <em>Polifemo</em> du même compositeur déjà représentés au Festival baroque de Bayreuth, mais bien plutôt les échos qu’il y perçoit du monde qui est le nôtre. De l’Antiquité à nos jours la question du rapport entre l’individu et le groupe, de l’étendue du pouvoir, civil et /ou religieux, de ses conséquences sur les dominés et sur la nature, reste d’actualité.  Ce spectacle démontre éloquemment qu’on peut proposer ces thèmes à la réflexion du spectateur contemporain sans céder à la facilité d’une « actualisation » réductrice.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Bayreuth-Baroque-2024_Ifigenia_act2_122-%C2%A9-Falk-von-Traubenberg-scaled-e1725866824592.jpg" /></p>
<p>Réputé pour sa maîtrise de la technique vocale Porpora avait écrit les rôles d’Agamennone pour Il Senesino et celui d’Achille pour Farinelli, qui avait été son élève, deux des plus célèbres castrats de son temps. A Bayreuth, <strong>Max Emmanuel <b>Cenčić</b></strong> s’est attribué le premier. On ne présente plus ce virtuose, qui, en dépit d’une attaque virale soignée aux antibiotiques – révélée par une annonce – qui affecte la vigueur de la projection, saura doser ses moyens pour exposer et rendre sensible la détresse du personnage, victime de lui-même et de ses contradictions autant que de l’appareil religieux, sans cesse contrecarré dans sa recherche d’une échappatoire par ceux dont il a pris la tête, autant par son expressivité vocale que par un jeu d’acteur qui ne cesse de se perfectionner. On n’entrera pas dans les détails d’une prestation digne de louange mais en léger retrait quant aux attentes et au potentiel du chanteur, qu’on espère au mieux de sa forme pour l’enregistrement diffusé le 15 septembre à 18 heures sur BR Klassik et Arte concert.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Bayreuth-Baroque-2024_Ifigenia_act2_144-%C2%A9-Falk-von-Traubenberg-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1725866444695" /></p>
<p>Le second, lui, est échu à <strong>Maayan Licht</strong>, pour nous une révélation et une divine surprise : il allie à une impressionnante maîtrise vocale, qu’il démontre à l’envi en enchaînant vocalises étourdissantes, <em>messe di voce</em>, trilles, diminutions, sons flottés, mordant, pianissimi, d&rsquo;une musicalité constante, si bien que ses interventions sont de purs moments de plaisir que l’on savoure sans mélange et dont on voudrait prolonger la durée. C’est le cas en particulier de l’air sur lequel s’achève le premier acte, « Allontanata agnella », de son duo avec Calcante à la fin du deuxième acte et de son air avant le choeur final au troisième acte, moments privilégiés dédiés par Porpora à Farinelli et qui deviennent ici des moments de grâce, salués par de chaleureuses acclamations. Et la désinvolture scénique est saisissante !</p>
<p>Celle de <strong>Nicolò Balducci</strong>, le troisième contreténor, ne l’est pas moins, et contribue à la séduction du personnage d’Ulysse, dont il aborde avec entrain les vocalises péremptoires qui caractérisent ce héros, sûr de son intelligence des situations. L’expérience de <strong>Riccardo Novaro </strong>supplée aux graves les plus profonds et lui permet de composer un personnage  imposant dans le rôle de Calcante, le grand-prêtre chargé de transmettre, voire d’interpréter les messages divins, qui semble prendre tellement à cœur l’exécution des « volontés divines » qu’on peut soupçonner qu’il y prend un plaisir sadique. Il est particulièrement remarquable dans le duo du deuxième acte qui l’oppose à Achille.</p>
<p>Clitennestra, à ce moment de son histoire, est encore l’épouse fidèle d’Agamennone et la mère aimante d’Ifigenia. <strong>Mary-Ellen Nesi </strong>remplit dignement la fonction, vocalisant autant qu’attendu et sachant par les mimiques et les attitudes exprimer les sentiments divers qui agitent le personnage, de la surprise à l’inquiétude, de l’impatience à la colère, de la prière au désespoir, reine attendant les hommages, épouse désorientée, mère révoltée, avec une retenue noble mais peut-être excessive.</p>
<p>Ifigenia, quant à elle, est représentée par deux interprètes, une actrice et une chanteuse. L’actrice, muette, est Marina Diakoumakou ; elle incarne la ravissante jeune fille évoquée par le texte. La chanteuse est <strong>Jasmin Delfs</strong>, qui doit affronter le défi de la mise en scène : apparaître tout de noir vêtue et voilée, telle Diane portant le deuil du cerf sacré, et chanter le rôle d’Ifigenia auprès de l’actrice le plus souvent. Elle s’acquitte magistralement de la gageure, d’une voix pleine et souple, que nous aurions aimée légèrement plus veloutée dans certains aigus, mais un soir de première il peut être difficile de contrôler parfaitement et à tout instant son émission, compte tenu du défi scénique à relever. La chaleur des bravos au rideau final devrait la rasséréner pour les trois autres représentations.</p>
<p>Pourquoi la mise ne scène contraignait-elle l’interprète d’Ifigenia à se dédoubler ? Faute d’explications on en est réduit à des hypothèses : est-ce le moyen choisi par Max Emmanuel Cenčić pour signifier l’emprise de la déesse sur la créature qu’elle a choisie pour victime, au point de lui prêter sa voix ? Si bien que quand Ifigenia affirme, bien avant de le redire à la fin de l’ouvrage, qu’elle accepte d’être sacrifiée, alors que c’est Diane qui chante, faut-il voir dans cette invention un moyen de dénoncer la nocivité des divinités pour les hommes ? Si c’est le cas, on ne se pose la question qu’après le spectacle, signe que l’idée a fonctionné et n’a pas perturbé la réception.</p>
<p>On n’en dira pas autant des inclusions géantes où des êtres humains en position fœtale semblent flotter dans un bain dont on ne sait s’il les tue ou les maintient en vie. Renseignement pris, ce serait un souvenir du film <em>Alien</em> et un moyen de représenter la barbarie des Grecs, car comment les qualifier autrement, puisqu’ils sont prêts à mettre à mort une innocente pour obéir à une divinité et du même coup lancer leur expédition. Ce qui éclaire rétrospectivement le tableau d’ouverture où des hommes nus amènent sur la scène la dépouille du cerf tué à la chasse par Agamemnon avant de se jeter sur la bête pour s’en repaître, dans une frénésie bestiale. D’autres images déconcertent, par exemple les deux passages rapides de porteurs de drapeaux rouges qui éveillent le souvenir des spectacles de propagande durant la révolution culturelle chinoise. Ou cet homme de profil soufflant dans un énigmatique instrument de musique, sorte de trompe verticale géante…Mais l’essentiel, les situations conflictuelles et leurs répercussions sur les sentiments et les actions, est traité avec mesure et clarté, et on ne peut qu’admirer le talent avec lequel Max Emmanuel Cenčić, d’une mise en scène à l’autre, sait se renouveler.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Bayreuth-Baroque-2024_Ifigenia_act1_3035-%C2%A9-Clemens-Manser-Photography-e1725865384368.jpg?&amp;cacheBreak=1725866444694" /></p>
<p>Une des séductions de ce spectacle est la scénographie conçue par <strong>Giorgina Germanou</strong>, par ailleurs créatrice des costumes. Ils vont du spectaculaire pour le couple royal, longs manteaux, broderies, dorures, au seyant de la tenue virginale d’Ifigenia, au péremptoire pour le grand deuil de Diane et à l’ostentatoire rouge sang de la tunique de Calchas, le préposé aux sacrifices. Le décor est mouvant comme les parallélépipèdes verticaux qui le constituent et le font évoluer quand on les fait pivoter à vue. Les faces différentes composent des atmosphères suggestives, trompe-l’œil évocateur de panneaux de marbre, reflets moirés mystérieux, reproduction d’un tableau de Tiepolo intitulé <em>Le sacrifice d’Iphigénie</em>, autant d’images dont l&rsquo;enchaînement rigoureux constitue l’écrin séduisant de l’action dramatique. Des accessoires animent la scène, de l’immense dépouille de cerf qui explique l’origine de la colère de Diane et que l’on reverra au dénouement – courtoisement prêtée par l’Opéra de Vienne où elle avait servi dans <em>Ariodante </em>en 2018 – aux arbres que les guerriers nus semblent disposer selon un dessein avant de les emporter dans une sorte d’élégante chorégraphie, sans oublier l’immense table ( ? de notre siège, nous avons interprété ce que nous voyions ainsi ) dont Calchas use probablement pour les sacrifices, et autour de laquelle Achille et lui s’affronteront.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Bayreuth-Baroque-2024_Ifigenia_act2_4189-%C2%A9-Clemens-Manser-Photography-e1725865946711.jpg?&amp;cacheBreak=1725866444695" /></p>
<p>Calchas – Calcante dans l’œuvre – est complexe ; pour Achille, le respect qui l’entoure est une erreur de personnes pieuses et crédules auxquelles il en impose, et son zèle dans les effusions de sang soi-disant voulues par les divinités le lui rend suspect. <strong>Riccardo Novaro </strong>entre donc dans le jeu en se dressant de toute sa hauteur pour asseoir sans conteste son autorité d’interprète des Dieux, face à la résistance et aux dérobades successives d’Agamemnon, et tenir tête à Ulysse, ce jeune audacieux qui remet en question sa stratégie des sacrifices et du même coup sa prétention d’être « l’élu ». Les lecteurs qui connaissent bien ce chanteur émérite n’en seront pas étonnés : on souhaiterait parfois plus de mordant et de profondeur dans les graves. Mais le rôle est tenu, bien tenu, et la musicalité est irréprochable.</p>
<p>Dans la fosse et au clavecin, <strong>Christophe Rousset </strong>dirige <strong><em>Les Talens lyriques</em></strong>, orchestre en résidence pour le Festival d’Opéra baroque de Bayreuth 2024. Que dire qui ne l’ait déjà été souvent ? Leur nom est une garantie de qualité au plus haut degré et c’est bien ainsi qu’ils nous distillent la composition de Porpora, dans une osmose avec le plateau qui contribue évidemment à soutenir la beauté du chant. Le son est toujours net mais subtil, acéré sans brutalité, les volutes mélodiques aussi souples que caressantes, seul le solo de percussion final pose problème mais comme il s’agit selon toute probabilité d’un ajout à l’œuvre de Porpora pour rendre le départ de Diane entraînant Iphigénie aussi dramatique et spectaculaire que possible, on ne peut sans preuve en faire porter la responsabilité à Christophe Rousset. Les cordes sont soyeuses, les trompettes et les cors brillants, les bois séduisent, et il y a au troisième acte, quand Achille tente d&rsquo;exfiltrer Ifigenia, un surprenant passage où l’on croit entendre des échos nostalgiques qui pourraient être signés Rameau. Imprégnation du chef, ou réelle coïncidence ? Aucune indication n’est donnée dans le programme de salle sur la partition ; les musiciens joueraient la transcription pour tablette d’un manuscrit londonien daté – ou datant – de la première. Quoi qu’il en soit cette musique séduisante en soi est un combustible excellent pour les voix et les instants de ravissement ressenti, prolongés par le souvenir, confirment s’il le fallait le bien-fondé de la réputation de Porpora, orfèvre du beau chant.</p>
<p>Le public plutôt élégant où les générations se mélangeaient avec une bonne proportion de trente-quarantenaires avait pris d’assaut la merveilleuse salle du théâtre baroque de la Margravine de Bayreuth, que le musée attenant permet de mieux apprécier encore puisqu’on peut y découvrir les films qui conservent la trace des étapes de la minutieuse restauration. A lui seul, ce lieu vaut le voyage, quant au spectacle, encore deux dates, les 13 et 15 de ce mois.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/porpora-ifigenia-in-aulide-bayreuth/">PORPORA, Ifigenia in Aulide &#8211; Bayreuth</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>VINCI, Alessandro nell&#039;Indie — Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/alessandro-nellindie-bayreuth-haute-voltige-et-troubles-dans-le-genre-a-bayreuth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Sep 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/haute-voltige-et-troubles-dans-le-genre-bayreuth/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dix ans après la mémorable résurrection d’Artaserse (1730) à l’Opéra de Lorraine, Parnassus Arts Production, l’agence fondée par Georg Lang et Max-Emanuel Cenčić, s’est associée au Bayreuth Baroque Opera Festival, dont le contre-ténor assure la direction artistique, pour exhumer l’autre grand triomphe de Leonardo Vinci : Alessandro nell’Indie. Le Napolitain créa cet ouvrage quelques semaines avant Artaserse, dans le même théâtre &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/alessandro-nellindie-bayreuth-haute-voltige-et-troubles-dans-le-genre-a-bayreuth/"> <span class="screen-reader-text">VINCI, Alessandro nell&#039;Indie — Bayreuth</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/alessandro-nellindie-bayreuth-haute-voltige-et-troubles-dans-le-genre-a-bayreuth/">VINCI, Alessandro nell&#039;Indie — Bayreuth</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dix ans après la mémorable résurrection d’<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/one-god-one-fagioli"><em>Artaserse </em></a>(1730) à l’Opéra de Lorraine, Parnassus Arts Production, l’agence fondée par Georg Lang et <strong>Max-Emanuel Cenčić</strong>, s’est associée au Bayreuth Baroque Opera Festival, dont le contre-ténor assure la direction artistique, pour exhumer l’autre grand triomphe de Leonardo Vinci : <em>Alessandro nell’Indie.</em> Le Napolitain créa cet ouvrage quelques semaines avant <em>Artaserse</em>, dans le même théâtre romain et avec, à peu de choses près, les mêmes chanteurs (cinq castrats et un ténor). Comme pour <em>Artaserse</em>, mais également pour <em>Catone in Utica</em> qu’il a monté entre temps, Max-Emmanuel Cenčić a réuni une distribution exclusivement masculine au sein de laquelle <strong>Franco Fagioli</strong> aborde à nouveau une partie taillée sur mesure pour Giovanni Carestini et <strong>Bruno de Sà</strong> succède à Giovanni Fontana (Il Farfallino) en <em>prima donna</em>. Ils sont incontestablement les étoiles de cet <em>Alessandro nell’Indie </em>et nous leur devrons de purs moments d’ivresse belcantiste. </p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="299" src="/sites/default/files/styles/large/public/bayreuth_baroque_2022_schlusstableau_in_vincis_alessandro_nellindie_akt_3_c_falk_von_traubenberg.jpg?itok=cJf86hP7" title="Alessandro nell'Indie © Bayreuth Baroque / Falk von Traubenberg" width="468" /><br />
	Alessandro nell&rsquo;Indie © Bayreuth Baroque / Falk von Traubenberg</p>
<p>Vinci est le premier à mettre en musique l&rsquo;<em>Alessandro nell&rsquo;Indie </em>de Metastasio qui connaîtra des dizaines d’adaptations, de Hasse (1731) à Pacini (1824) en passant par Haendel (<em>Poro, re dell’India</em>, 1731), Gluck (1744), Jommelli (1744), Cimarosa (1781) ou encore Cherubini (1784). Alors qu’il vient de conquérir les Indes, Alexandre le Grand (Alessandro) se retrouve au milieu des querelles incessantes de Poro, roi d’une partie de ce vaste territoire, et de Cleofide, qui règne sur une autre, ainsi que sur le cœur des deux hommes, bien qu’elle ne soit éprise que de Poro. Un traître, retors et couard (Timagene, confident d’Alessandro), une princesse dévergondée (Erissena, sœur de Cleofide) et un général indien qui en pince pour la belle (Gandarte) gravitent autour de ce triangle asymétrique et pimentent l’ouvrage d’intrigues secondaires. Nous ignorons la genèse du drame, mais son principal ressort – le poison de la jalousie – apparaissait déjà dans la tragi-comédie de Claude Boyer, <em>Poros ou la générosité d’Alexandre </em>(1648) et dans le livret de Domenico David, <em>L’amante eroe </em>(1693), plus proche encore de celui de Metastasio, qui avait déjà pris le poète pour modèle lorsqu’il élaborait son premier livret d’opéra (<em>Siface</em>, 1723). </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/bayreuth_baroque_2022_jake_arditti_erissena_franco_fagioli_poro_in_vincis_alessandro_akt_1_c_falk_von_traubenber.jpg?itok=zc6No8tV" title="Alessandro nell'Indie © Bayreuth Baroque / Falk von Traubenberg" width="468" /><br />
	Alessandro nell&rsquo;Indie © Bayreuth Baroque / Falk von Traubenberg</p>
<p><em>Alessandro nell’Indie </em>opère un réjouissant renversement des stéréotypes de genre. Non seulement les femmes y maîtrisent leurs émotions et prennent leur destin en main, tant dans la sphère privée (Erissena lutinant de jeunes hommes et revendiquant son libertinage) que dans la sphère publique (Cleofide, politicienne habile et animée par un sens aigu du devoir), mais l’instabilité psychologique qui leur est habituellement associée caractérise, ici, un homme, Poro, rongé par la jalousie, travaillé par des pulsions suicidaires et qui tentera également d’étrangler sa bien-aimée. Le public contemporain n’aura probablement pas conscience de la portée subversive d’un tel parti pris, d’autant que la mise en scène de Max-Emanuel Cenčić vise davantage à le divertir qu’à l’édifier, ce qu’elle réussit d’ailleurs fort bien, en exploitant l’ironie comme la franche drôlerie de ce qu’il considère comme un <em>dramma giocoso </em>avant l’heure. Le rire et la transposition dans une contrée lointaine ont souvent été de très efficaces subterfuges pour faire passer un message audacieux tout en éludant la censure.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="291" src="/sites/default/files/styles/large/public/bayreuth_baroque_2022_jake_arditti_erissena_mit_mannlichen_tanzern_in_vincis_alessandro_nellindie_akt_2_c_falk_von_traubenberg.jpg?itok=-FceObap" title="Jake Arditti © Bayreuth Baroque / Falk von Traubenberg" width="468" /><br />
	Jake Arditti © Bayreuth Baroque / Falk von Traubenberg</p>
<p>Le rideau se lève sur un décor inspiré du Royal Pavillion de Brighton (<strong>Domenico Franchi</strong>), luxuriante réinterprétation des palais indiens qui fut édifié par John Nash au XIXe siècle. Deux truculents acteurs présentent la pièce, en anglais, non pour la satisfaction des allochtones – remercions au passage le Bayreuth Baroque Opera Festival d’avoir prévu des surtitres dans les langues de Goethe et de Shakespeare – mais pour un tout autre motif : une scène de théâtre miniature en fond de scène consacre la mise en abyme de l’opéra qui prend place à la cour de George IV. Les interventions de ces avatars de Monsieur Loyal ponctueront la représentation à la manière de didascalies sonores. Auparavant, la danse, présente lors de la création d’<em>Alessandro nell’Indie </em>en 1730, se sera invitée dès l’ouverture. Fluidifiant et vivifiant l’action, les chorégraphies de <strong>Sumon Rudra</strong> sollicitent aussi bien les chanteurs qu’une dizaine de danseurs râblés et qui exhibent volontiers leur poitrail quand ils ne revêtent pas, à l’instar des héroïnes de l&rsquo;opéra, de coruscants atours féminins (splendides créations de <strong>Giuseppe Palella</strong>) qui achèvent de nous transporter à Bollywood. Contrairement à la production d’<em>Artaserse</em> (conçue par Silviu Purcarete), cet <em>Alessandro nell’Indie </em>n’accueille aucune figurante. <strong>Martyna Pastuszka</strong> sera la seule femme à fouler la scène du sublime Markgräfliches Theater, le temps d’un air avec violon obligé sur lequel nous reviendrons. Les clichés reproduits ci-contre donnent un bel aperçu d’un spectacle haut en couleurs et plutôt sportif, volontiers facétieux, voire potache ou leste, mais sans lourdeur ni extrapolation gratuite, et qui porte indéniablement la griffe Cenčić. </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/bayreuth_baroque_2022_nicholas_tamagna_timagene_und_maayan_lucht_alessandro_in_vincis_alessandro_nellindie_akt_3_c_falk_von_traubenberg.jpg?itok=yJ6xgLuu" title="Nicholas Tamagna et Maayan LichtAlessandro nell'Indie © Bayreuth Baroque / Falk von Traubenberg" width="468" /><br />
	Nicholas Tamagna et Maayan LichtAlessandro nell&rsquo;Indie © Bayreuth Baroque / Falk von Traubenberg</p>
<p>A la vérité, la partition de Vinci, donnée dans son intégralité – hormis quelques lignes de récitatif –, appelle cette légèreté et n’autorise pas grand-chose d’autre. Les pages allègres et les envolées virtuoses dominent, ponctuées occasionnellement de trompettes et de percussions (Alessandro, Poro), réduisant à la portion congrue l’épanchement des protagonistes et ce lyrisme intense que Vinci peut explorer ailleurs, notamment dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/gismondo-un-vinci-superbement-incarne"><em>Gismondo</em></a>, superbe ouvrage lui aussi révélé par Parnassus Arts sous la conduite affûtée et très habitée de Martyna Pastuszka. </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/bayreuth_baroque_2022_jake_arditti_erissena_franco_fagioli_poro_maayan_licht_alessandro_in_vincis_alessandro_akt_1_c_falk_von_traubenberg.jpg?itok=G2y7JRIA" title="Alessandro nell'Indie © Bayreuth Baroque / Falk von Traubenberg" width="468" /><br />
	Alessandro nell&rsquo;Indie © Bayreuth Baroque / Falk von Traubenberg</p>
<p>Qui d’autre que <strong>Franco Fagioli </strong>pourrait incarner Poro, ce monarque grandiloquent et <em>borderline</em> ? Il ne s’agit pas seulement d’assumer l’écriture athlétique de Carestini (futur Ariodante), mais aussi de restituer les excès du personnage, véritable <em>drama queen </em>qui brandit un fouet dans une de ses explosions de folie. En grande forme, le contre-ténor argentin investit le moindre récitatif et orne même l’un d’entre eux avant de déployer dans la bravoure des moyens toujours aussi grisants et une audace crâneuse que lui seul peut se permettre. Cependant, à côté de cet abattage et de l’éclat quasi sauvage de certains suraigus (« Destrier, che, all’armi usato »), Fagioli demeure également un des seuls interprètes actuels à renouer, aussi généreusement, avec ce qui était le roi des ornements dans le premier <em>bel canto </em>: le trille. Enfin, n’en déplaise à ses détracteurs, son air avec violon obligé,  joyau du <em>canto fiorito</em>, se pare d’une élégante sobriété. </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/bayreuth_baroque_2022_franco_fagioli_poro_in_vincis_alessandro_nellindie_akt_1_c_falk_von_traubenberg.jpg?itok=t3qU00d8" title="Franco Fagioli © Bayreuth Baroque / Falk von Traubenberg" width="312" /><br />
	Franco Fagioli © Bayreuth Baroque / Falk von Traubenberg</p>
<p>Cleofide exauce le vœu de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/bruno-de-sa-peu-importe-le-genre-ce-qui-compte-cest-la-voix"><strong>Bruno de Sà</strong></a>, qui peut endosser une partie de <em>prima donna </em>– <em>assoluta</em>, serions-nous tenté d’ajouter, le trouble procédant autant du ramage que du corsage. Au risque de nous répéter, la délicatesse du timbre, le naturel de l’émission, l’aisance des sons filés et des <em>piani, </em>déjà admirables en eux-mêmes, sont absolument uniques chez un homme évoluant dans la tessiture de soprano et ils ne laissent pas de fasciner. De surcroît, le développement qu’il offre à son air pathétique au I (« Digli ch’io son fedele ») nous donne l&rsquo;occasion de goûter la musicalité de l’interprète que, d’ailleurs, les ovations du public feront revenir pour saluer. Le duo railleur sur lequel se referme ce même acte (« Se mai turbo ») vire à la joute puis au délire, un délire terriblement jouissif où Bruno de Sà se met à chanter Mozart (« Der Hölle Rache ») et Franco Fagioli, Verdi (« La donna è mobile ») ! Et nous nous surprenons à penser que c’est aujourd’hui que Gérard Corbiau – sinon un réalisateur plus doué – devrait investir le théâtre de la Margravine afin d’y tourner <em>Farinelli</em>…  </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/bayreuth_baroque_2022_bruno_de_sa_cleofide_und_stefan_sbonnik_gandarte_in_vincis_alessandro_nellindie_akt_2_c_falk_von_traubenberg.jpg?itok=G_ucMLks" title="Bruno de Sà © Bayreuth Baroque / Falk von Traubenberg" width="468" /><br />
	Bruno de Sà © Bayreuth Baroque / Falk von Traubenberg</p>
<p>Le Néron testostéroné applaudi cet été à Aix (<em>L’incoronazione di Poppea</em>) s’est métamorphosé … en princesse. La composition de <strong>Jake Arditti</strong> est un régal. Bouche en cul de poule et mine effarée ou regards langoureux déshabillant les jeunes Grecs, le contre-ténor britannique semble prendre beaucoup de plaisir à minauder comme à exécuter une danse du ventre. Vocalement, Erissena (soprano) s’avère plus confortable que l’antihéros de Monteverdi, trop tendu pour son instrument, bien que celui-ci manque de moelleux dans sa plainte où affleure une sensibilité qui ne demande qu’à s’épanouir. <strong>Maayan Licht</strong> a rejoint l’aventure tardivement, en remplacement de Denis Orellana, tombé malade et que nous aurions dû découvrir en Alessandro. Ceci dit, comme dans <em>Artaserse</em>, le rôle-titre n’est pas le véritable <em>prime uomo</em> et se voit éclipsé par Poro, lequel intervient davantage et reçoit une musique d’une autre qualité. Du reste, sur le plan dramaturgique, Alessandro s’apparenterait presque à une allégorie de la magnanimité et de la constance s’il ne s’humanisait pas dans un étonnant numéro où il oscille entre colère à l’endroit de Poro et tendresse vis-à-vis de la reine. Une ambivalence que les ressources limitées du sopraniste (projection, mordant, coloris…) peinent malheureusement à restituer. Le chant est fin et stylé, mais une dynamique trop restreinte prive le rôle du panache que Vinci lui donne dans son premier air avec trompette. L’acteur, autrement dégourdi, convainc davantage et campe un Alessandro aristocratique et séduisant, avec ce détachement qui sied à l’arbitre et garantit son équanimité, sauf lorsqu’il cède à l’appel de la chair pour culbuter la reine ou feint de vouloir torturer Timagene. </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/bayreuth_baroque_2022_maayan_licht_alessandro_mit_mannlichen_tanzern_in_vincis_alessandro_nellindie_akt1_c_falk_von_traubenberg.jpg?itok=gf2B8aT8" title="Maayan Licht © Bayreuth Baroque / Falk von Traubenberg" width="468" /><br />
	Maayan Licht © Bayreuth Baroque / Falk von Traubenberg</p>
<p>Nous ne dirons jamais assez à quel point la musique de Vinci est faite pour la scène. Elle exige l’immédiateté du direct et s’écoute avec l’œil rivé sur la performance de l’interprète. Le constat ne s&rsquo;applique pas qu&rsquo; à la pyrotechnie, plus excitante en <em>live </em>; car le jeu d&rsquo;acteur est également indispensable pour saisir pleinement la vérité dramatique d’une situation. <strong>Nicholas Tamagna</strong>, excellent dans les emplois de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/giulio-cesare-in-egitto-gottingen-deux-fois-miracule-et-souvent-miraculeux">contre-ténors de caractère</a>, nous en offre un exemple frappant en scélérat (Timagene) dont les manières insinuantes – et pas seulement le zézaiement – autant que les inflexions traduisent la duplicité.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/bayreuth_baroque_2022_nicholas_tamagna_timagene_in_vincis_alessandro_nellindie_akt_1_c_falk_von_traubenberg.jpg?itok=ozg_ZgwL" title="Nicholas Tamagna © Bayreuth Baroque / Falk von Traubenberg" width="468" /><br />
	Nicholas Tamagna © Bayreuth Baroque / Falk von Traubenberg</p>
<p>Le Gandarte de <strong>Stefan Sbonnik</strong> a une stature imposante et de la prestance à revendre, quoique rires et cris en <em>falsetto </em>– émulation oblige ? – prêtent à sourire dans le chef d’un général. Un peu emprunté et d’intonation d’abord précaire au I, le ténor se bonifie ensuite et son <em>cantabile </em>au III rend justice à l’une des rares incursions de Vinci dans la langueur amoureuse ombrée de mélancolie. Dans la fosse, la concertmeister Martyna Pastuszka galvanise les forces de l’<strong>Oh ! </strong><strong>Orkiestra Historyczna</strong>, jeune phalange fondée en 2012 et en résidence pour cette troisième édition du Bayreuth Baroque Opera Festival, souligne la carrure rythmique des airs, relance le discours et offre un soutien imparable aux solistes.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/bayreuth_baroque_2022_stefan_sbonnik_gandarte_und_schauspieler_in_vincis_alessandro_nellindie_akt_1_c_falk_von_traubenberg.jpg?itok=8Np3tN-h" title="Stefan Sonnig © Bayreuth Baroque / Falk von Traubenberg" width="468" /><br />
	Stefan Sonnig © Bayreuth Baroque / Falk von Traubenberg</p>
<p>Un surcroît de variété dans les <em>affetti</em>, un plateau un peu plus homogène et nous aurions atteint le nirvana. <em>Alessandro Nell’Indie </em>n’en constitue pas moins une intéressante et fort agréable découverte. Il faut saluer le talent et la persévérance avec lesquels Max-Emmanuel Cenčić et son agence défendent le répertoire napolitain. Notre connaissance de Vinci leur doit beaucoup, de même que celle de son ennemi juré, Porpora, dont ils ont monté <em>Polifemo </em>et dont <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/carlo-il-calvo-bayreuth-quand-lopera-reenchante-le-monde">Carlo il Calvo</a> </em>inaugurait en 2020 la première édition du Bayreuth Baroque Opera Festival. </p>
<p>Cette recréation d&rsquo;<em style="font-size: 14px">Alessandro nell’Indie </em>en première mondiale est disponible sur Arte Concert.</p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/alessandro-nellindie-bayreuth-haute-voltige-et-troubles-dans-le-genre-a-bayreuth/">VINCI, Alessandro nell&#039;Indie — Bayreuth</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dangerous Liaisons — Rotterdam</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dangerous-liaisons-rotterdam-le-pretre-roux-saisi-par-la-debauche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Feb 2019 05:40:46 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/le-prtre-roux-saisi-par-la-dbauche/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Juditha triumphans monté par le Dutch National Opera, c’est très bien. Mais comme le déplore Opera2Day, aucun opéra de Vivaldi n’a encore connu les honneurs de la scène aux Pays-Bas. Et malheureusement, ce n’est pas non plus cette courageuse compagnie néerlandaise qui peut y remédier dans l’immédiat. Lorsque l’on est une institution destinée à porter &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/dangerous-liaisons-rotterdam-le-pretre-roux-saisi-par-la-debauche/"> <span class="screen-reader-text">Dangerous Liaisons — Rotterdam</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dangerous-liaisons-rotterdam-le-pretre-roux-saisi-par-la-debauche/">Dangerous Liaisons — Rotterdam</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Juditha triumphans</em> monté par le Dutch National Opera, c’est très bien. Mais comme le déplore Opera2Day, aucun <em>opéra</em> de Vivaldi n’a encore connu les honneurs de la scène aux Pays-Bas. Et malheureusement, ce n’est pas non plus cette courageuse compagnie néerlandaise qui peut y remédier dans l’immédiat. Lorsque l’on est une institution destinée à porter l’art lyrique de ville en ville, à chaque fois pour une seule représentation (trois pour La Haye, mais avec deux mois s’écoulant entre la création du spectacle et la dernière), lorsque l’on ne peut afficher de stars internationales, comment convaincre le grand public de venir assister à un opéra d’un compositeur encore trop largement connu pour tout sauf ses opéras ? Face à ce problème, mais soucieux de faire entendre sur scène la musique vocale du Prêtre roux, Opera2Day a cherché la solution et l’a trouvée : utiliser des airs d’opéra de Vivaldi pour concocter un <em>pasticcio</em>, comme Vivaldi lui-même avait fait avec son <em>Bajazet</em>. Pour réemployer cette musique du XVIIIe siècle dépeignant des affects variés, encore fallait-il trouver une intrigue apte à attirer le public d’aujourd’hui : les indémodables <em>Liaisons dangereuses</em> de Choderlos de Laclos s’y prêtent à merveille. D’ailleurs, si l’on y réfléchit, qu’avait fait Pierre Audi pour sa mise en scène d’<em>Orlando furioso</em>, sinon situer dans un sulfureux salon libertin les mésaventures imaginées par l’Arioste ?</p>
<p>Restait encore un écueil à éviter. A New York, avec <em>The Enchanted Island</em>, le Met avait servi en guise de <em>pasticcio </em>un assemblage hétéroclite laminé par les vers de mirliton d’un livret tout en anglais. La démarche d’Opera2Day est beaucoup plus intéressante en ce qu’elle se rapproche du travail accompli par Gérard Pesson sur <em>La Coquette trompée</em> de Dauvergne : il y a ici une trentaine d’airs de Vivaldi, tirés de ses opéras (<em>Tito Manlio</em>, <em>Orlando furioso</em> et <em>Orlando finto pazzo</em>, <em>La verità in cimento</em>, <em>Ottone in villa</em>, <em>Teuzzone…</em>) mais aussi de ses œuvres sacrées (<em>Juditha triumphans, Nisi dominus</em>), et même un air qui n’est pas vraiment de lui, le fameux « Sposa, son disprezzata » emprunté à Giacomelli. Mais pour lier tout cela, des récitatifs ont été commandé à Vanni Moretto, contrebassiste du Giardino Armonico et compositeur, qui n’a pas voulu donner dans le pastiche, mais a conçu une musique d’aujourd’hui, avec dissonances et utilisation peu orthodoxe des instruments, avec un résultat tout à fait passionnant. Quant au livret de Stefano Simone Pintor, il suit l’intrigue du roman et adapte brillamment le texte des airs originaux pour les plier aux situations nouvelles.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="245" src="/sites/default/files/styles/large/public/47695031_2193719677512567_7542150434646955504_n.jpg?itok=hGmudRln" title="© Marco Borggreve" width="468" /><br />
	© Marco Borggreve</p>
<p>Cet alliage entre modernité et siècle des Lumières, on le retrouve dans le spectacle conçu par Serge van Veggel : les costumes sont plus modernes que XVIIIe, mais ils caractérisent intelligemment les personnages, et les décors – changés d’une scène alors par une armée de figurants habillés en domestiques – stylisent un Ancien Régime sur le point de sombrer. Si l’on est d’abord surpris par le heurt entre le rose vif des rideaux et le vert cru des livrées, le contraste s’atténue et l’on découvre bientôt un superbe décor de jardin, une église ou une impressionnante scène nocturne où Valmont ne cesse de surgir là où Tourvel l’attend le moins.</p>
<p>Confronté à une partition d’aujourd’hui écrite pour instruments anciens, l’orchestre de la Société Bach des Pays-Bas s’accommode fort bien de cette interprétation qui se veut « historiquement inspirée » plutôt qu’ « historiquement informée ». De fait, Vanni Moretto a pris certaines libertés, transformant un trio en quatuor, modifiant l’orchestration de telle autre page. Même s’il est ouvert à un tout autre répertoire, <strong>Hernán Schvartzman</strong> retrouve ici avec bonheur la musique dont il est au départ le plus familier. Compte tenu de l’acoustique des différentes salles où le spectacle est donné, tous les chanteurs sont sonorisés, ce qui leur facilite en partie la tâche. C’est peut-être regrettable pour <strong>Candida Guida</strong>, qui s’autorise de ce fait à survoler les vocalises dont est émaillé le rôle de madame de Merteuil : lui réserver « Nel profondo cieco mondo », devenu premier air de <em>Dangerous Liaisons</em> comme Claudio Scimone en avait jadis fait le premier air de son <em>Orlando furioso</em> raccourci, et « Sorge l’irato nembo » est un peu un cadeau empoisonné car cette chanteuse italienne est loin d’avoir la voix de Marilyn Horne ou même de Marie-Nicole Lemieux. Entre les deux versions cinématographiques les plus célèbres, sa marquise regarde plutôt du côté d’Annette Benning que de Glenn Close. On est bien davantage séduit par <strong>Barbara Kozelj</strong>, dont le timbre chaud prête à la présidente une sensualité bienvenue chez un personnage troublé par sa propre faiblesse. <strong>Stefanie True</strong> prête à Cécile Volanges une voix cristalline et son physique juvénile lui permet de camper à merveille l’ingénue ravie de devenir libertine. Deux contre-ténors complètent la distribution : <strong>Yosemeh Adjei</strong>, Valmont délicieusement pervers et d’autant plus à son aise que les airs retenus pour son personnage donnent dans cette douceur élégiaque qui lui convient beaucoup mieux que la force et l’agilité. Voix peut-être moins ample et moins centrale, <strong>Maayan Licht </strong>possède en revanche une virtuosité qui lui permet d’offrir à Danceny trilles et aigus piqués.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dangerous-liaisons-rotterdam-le-pretre-roux-saisi-par-la-debauche/">Dangerous Liaisons — Rotterdam</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
