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	<title>Clément MAO-TAKACS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Clément MAO-TAKACS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Questionnaire de Proust : Clément Mao-Takacs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Mar 2021 08:50:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec un domaine d&#8217;activité qui s&#8217;étend de la musique de chambre à l&#8217;opéra, Clément Mao-Takacs est de ces chefs présents sur tous les fronts. On le retrouve ainsi le 18 avril pour un concert enregistré au Musée du Quai Branly, et –si les conditions le permettent– à Aix en Provence cet été dans la musique de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec un domaine d&rsquo;activité qui s&rsquo;étend de la musique de chambre à l&rsquo;opéra, Clément Mao-Takacs est de ces chefs présents sur tous les fronts. On le retrouve ainsi le 18 avril pour un <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.google.com/url?q=https://quaibranly.fr/en/exhibitions-and-events/at-the-museum/shows-festivals-and-events/concerts/event-details/e/identites-connectees-38915/&amp;source=gmail&amp;ust=1616843023430000&amp;usg=AFQjCNG2v5ayz06UMNn6wGY_NO7GHzbmgg">concert enregistré au Musée du Quai Branly</a>, et –si les conditions le permettent– à Aix en Provence cet été dans la musique de Kaija Saariaho. Sa curiosité naturelle et sa personnalité sémillante en font un candidat idéal pour notre série de questionnaires de Proust. </p>
<p>
	<strong>Le principal trait de mon caractère</strong></p>
<p>La joie, l’intransigeance et la capacité à relier les choses et les êtres.</p>
<p><strong>La qualité que je préfère chez un chanteur/une chanteuse</strong></p>
<p>La confiance absolue qu’il/elle m’accorde ; l’humour, l’engagement et l’entente immédiate dans le travail.</p>
<p><strong>La qualité que je préfère chez un/e compositeur/compositrice</strong>r</p>
<p>La cohérence et l’imaginaire sonore.</p>
<p><strong>Ce que j&rsquo;apprécie le plus chez mes collègues sur scène</strong></p>
<p>Quand, après et au-delà d’un travail préparatoire commun fouillé, je les sens à la fois respectueux de l’œuvre et libres au moment de l’interpréter.</p>
<p><strong>Mon principal défaut</strong></p>
<p>L’impatience, la colère, la mélancolie et un sens un peu trop exacerbé de la justice et de l’injustice.</p>
<p><strong>Mon occupation préférée dix minutes avant de monter sur scène</strong></p>
<p>M’habiller aussi rapidement que possible mais sans négligence aucune ; parler et plaisanter avec les musiciens, les techniciens, les amis qui sont en coulisse ; envoyer un dernier tweet ; avoir une pensée pour mes chats ; et surtout, ne pas oublier de faire pipi.</p>
<p><strong>L’opéra que je préfère</strong></p>
<p>Celui que je suis en train de diriger. Au-delà, il y en a tant qui me bouleversent, encore et toujours – et c’est précisément la variété et la diversité de ces œuvres qu’on appelle opéra qui font de moi un amoureux éperdu de ce répertoire. En ce moment, me vient chaque jour le désir de diriger des ouvrages aimés, et comme cela est, pour l’instant, impossible, je suis navré, impatient, irritable et frustré comme un adolescent malheureux en pleine puberté.</p>
<p><strong>L’opéra que je ne peux plus entendre</strong></p>
<p>Plutôt qu’un opéra à ne plus entendre, je souhaiterais surtout – comme artiste et comme public – un meilleur équilibre entre les blockbusters du répertoire, les redécouvertes, et les créations.</p>
<p>9. L&rsquo;ouvrage que je voudrais diriger avant de mourir</p>
<p>Il y a surtout des ouvrages que je rêve de (re)diriger avec une troupe d’artistes avec lesquel.les je partagerais cette aventure, année après année, dans une quête d’absolu et d’exigence. Il y a aussi des ouvrages rarement donnés auxquels je voudrais donner leur chance. Et puis, c’est une question de lieu : je crois à l’intimité profonde entre une œuvre et un lieu, parce qu’elle augmente le désir et demande un effort de la part de qui veut se rendre en tel lieu pour écouter telle musique – tandis que nous avons tendance, désormais, à considérer les lieux comme des garages à production géants où l’on peut choisir à sa guise ce que l’on consomme. Je rêve donc surtout de (re)diriger certaines œuvres dans certains lieux.</p>
<p><strong>Le pays où je désirerais vivre</strong></p>
<p>Là où les pays de mon enfance rencontrent les pays de mes rêves. Et surtout librement entouré de celles et ceux que j’aime, mais sans entraver mes besoins de solitude. Plus prosaïquement, l’Italie – notamment Venise – et la Grèce sont des pays où cessent toutes mes tristesses, bien que d’autres pays (l’Espagne, le Portugal, la Finlande…) m’accueillent toujours avec bienveillance, et que certaines villes (New-York, Londres, Paris) me plaisent toujours. Peut-être est-ce davantage – à nouveau ! – une histoire de lieux et de villes que de pays ?</p>
<p><strong>La couleur que je préfère</strong></p>
<p>Plus qu’une couleur, ce que j’aime c’est la variation et la vibration des couleurs entre elles. Peut-être avant toute chose la gamme des verts. Mais tout dépend de la quantité, du support de cette couleur, et même du lieu : la violence de certain rose me ravira dans un bouquet ou sur un tissu, mais m’horripilera sur un mur ; il est aussi des couleurs qui me déplaisent pour mon usage personnel mais que j’aime à voir ailleurs. Et puis, je ne saurai me passer de certains ocres, de la dualité du blanc et du noir, de l’infinie variation des gris, de certains bleus, et puis de toutes les nuances de la mer et du ciel…</p>
<p><strong>Mon air préféré</strong></p>
<p>Quasiment sans exception tous les airs pour voix de femmes de Puccini et de Mozart (travestis compris !) ; l&rsquo;Appel de Brangäne et le « Liebestod » (l’une de mes pièces fétiches) de Wagner ; les interventions de l’Ariadne straussienne ; ceux de Don Carlo et ceux des trois protagonistes de <em>L’Amour de loin</em> de Saariaho.<br />
	Il y a les airs qui ont marqué mon enfance ; ceux qui me bouleversent toujours comme auditeur : certains airs de Händel (« Peaceful rest »), de Purcell, de Monteverdi (le récit de La Messagère). Il y a des airs dont je ne me lasse pas : Massenet (Charlotte et Chimène), la Chanson de Mélisande, et cet air immense qu’est <em>La Voix Humaine</em> et ces méditations-airs des <em>Dialogues de Carmélites</em>.<br />
	Il y a aussi des airs de cantates et passions de Bach, et des airs qui flirtent avec l’opéra – tel le « Laudate Dominum » des <em>Vêpres Solennelles</em> de Mozart, les deux interventions du baryton dans le <em>Requiem</em> de Fauré, <em>La Damoiselle Élue</em> de Debussy ou ces lieder avec orchestre qui sont de véritables airs (ô Mahler, Zemlinsky, Berg !).<br />
	Et si je devais me résigner à n’en garder que trois, ce serait, dans <em>L’Enfant et les Sortilèges</em> de Ravel, les trois ariosi de la Princesse, l’Enfant, et l’Écureuil – qui me déchirent le cœur.<br />
	Il y en a tant, il y en a trop : les airs d’opéras, la voix qui chante et transforme l’air en son, c’est mon oxygène !<br />
	Et si je peux terminer par une pirouette, je crois que j’aime aussi les ensembles, et c’est pourquoi le trio final de <em>Der Rosenkavalier</em> m’enchante, puisque je peux me délecter de trois airs en un !</p>
<p><strong>Mon disque de chevet</strong></p>
<p>Il y a pas mal de va-et-vient. Il y en a beaucoup que j’ai écoutés jusqu’à l’écœurement, parce qu’ils ont bercé mes joies et mes chagrins ; et puis, chaque jour il y a des pépites que l’on découvre. J’ai une affection pour les pirates qui immortalisèrent des soirées d’opéras, et certains récitals de chanteurs : ceux de Fischer-Dieskau, de Dawn Upshaw, de Anne-Sofie von Otter, Lorraine Hunt-Lieberson&#8230; Du point de vue de la direction d’orchestre, certains enregistrements me livrent une vision parfois très éloignée de ma propre conception d’une œuvre, et cette diversité m’enrichit – même si je reviens souvent à quelques fondamentaux qui sont des sources pures – tels ceux de Carlos Kleiber&#8230; J’en profite pour lancer ce cri d’alerte : ne jugez jamais un disque par rapport à d’autres : il peut être imparfait, décevant, dérangeant ; mais il mérite d’être écouté et jugé pour lui-même et non dans une comparaison historico-critique souvent pesante et fatalement à son désavantage.</p>
<p><strong>Mes compositeurs favoris à l’opéra</strong></p>
<p>Il y a plutôt quelques compositeurs que j’évite, et encore, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la qualité de leurs œuvres : soit parce que je n’ai pas encore trouvé la clé qui me donne accès à leur univers, soit parce que je considère que d’autres collègues dirigent cela bien mieux que moi, soit parce que la façon dont je voudrais que cela soit interprété va à l’encontre de traditions établies qu’il me serait impossible de déconstruire dans le temps imparti. Ce sont plutôt des œuvres auxquelles je suis attaché, et il me faudrait des jours pour vous en expliquer le pourquoi : Mozart (tout, oui tout, même les premiers balbutiements lyriques), Verdi (<em>Don Carlo</em>, <em>La Traviata</em>, <em>Simon Boccanegra</em>, <em>Otello</em>, <em>Falstaff</em>, <em>Aïda</em>), Puccini (presque tout), Rossini (<em>Tancredi</em>, <em>Il Barbiere di Siviglia</em>, <em>Semiramide</em>, <em>L’Italiana in Algeri</em>, <em>Otello</em>), Strauss (<em>Der Rosenkavalier</em>, <em>Ariadne auf Naxos</em>), Wagner (<em>Tristan und Isolde</em>, <em>Parsifal</em>, <em>Lohengrin</em>), Bizet (<em>Djamileh</em>, <em>Carmen</em>), Weill (<em>Mahagonny</em>), Berg (<em>Wozzeck</em>), Poulenc (<em>La Voix Humaine</em>, <em>Dialogues des Carmélites</em>), Debussy (<em>Pelléas et Mélisande</em>, <em>Le Martyre de Saint Sébastien</em>), Ravel (<em>L’Enfant et les Sortilèges</em>), Saariaho (<em>L’Amour de loin</em>, <em>La Passion</em> <em>de Simone</em>, <em>Innocence</em>), Massenet (<em>Werther</em>), Szymanowski (<em>Le Roi Roger</em>), Bartók (<em>Le Château de Barbe-Bleue</em>), Satie (<em>Geneviève de Brabant</em>), Wolf (<em>Der Corregidor</em>), Britten (<em>Death in Venice</em>, <em>Peter Grimes</em>, <em>The Turn of the Screw</em>), Tchaikovsky (<em>Eugène Onéguine</em>, <em>La Dame de Pique</em>, <em>Iolanta</em>), Stravinsky (<em>The Rake&rsquo;s progress</em>, <em>Œdipus Rex</em>), Korngold (<em>Die tote Stadt</em>)…</p>
<p><strong>Mes lieder ou mélodies préférées</strong></p>
<p dir="ltr">C’est un des répertoires que je préfère, c’est mon pain quotidien que je ne me lasse pas de jouer et de rejouer – une caverne d’Ali-Baba, alors choisir dedans ! Ce qui me plaît tant, c’est souvent la rencontre du « populaire » et du « savant ». Bon, tant pis pour vous, je me lance, et j’en oublie forcément !<br />
	Tout Schubert (les joyaux : « Du liebst mich nicht » ; Ganymed ; Der Doppelgänger, Der Wanderer, <em>Gesänge des Harfners</em> !) ; tout Schumann, les Lieder isolés comme les grands cycles – avec un amour éperdu pour les méconnus <em>Kerner-Lieder</em> – ; tout Brahms (les op. 70, 85, 86 et la merveille de l’op. 91) ; tout Liszt, si méconnu !<br />
	Portes secrètes de mon âme : les <em>Mörike-Lieder</em> de Wolf (notamment ceux qui forment le centre névralgique du recueil), l’<em>Italienisches Liederbuch</em> – notamment ces deux joyaux : « O wär’ dein Haus durchsichtig wie ein Glas », « Mein Liebster singt am Haus im Mondenscheine ». On me fait facilement pleurer avec Bartók (« Fekete főd, fehér az én zsebkendőm », « Annyi bánat a szívemen », « Eddig való dolgom a tavaszi szántás ») et Kodaly (« A csitári hegyek alatt ») ; de très nombreuses pages de Dvořák (<em>Biblische Lieder</em>) et de Grieg.<br />
	Tout, absolument tout Debussy sans exception, avec un attrait jamais démenti pour <em>Les Chansons de Bilitis</em>, « Recueillement », « le Promenoir des Deux Amants ». De Fauré, les derniers recueils dont <em>L’Horizon Chimérique</em> et <em>La Chanson d’Ève</em> – et, si proches, les splendides <em>Clairières dans le ciel</em> de Lili Boulanger. Ma vie n’aurait pas été et ne serait pas la même sans la fréquentation de <em>Telle jour telle nuit</em>, « Tu vois le feu du soir », des <em>Fiançailles pour rire</em>, de <em>La Courte Paille</em>, de toutes les mélodies sur les poèmes d’Apollinaire et d’Éluard… Fascination pour <em>Ronsard à son âme</em> de Ravel, la subtilité des <em>Chansons Hébraïques</em>, la beauté des <em>Mélodies populaires grecques</em>, les harmonies du « Martin-Pêcheur » (<em>Histoires Naturelles</em>). De Roussel, « Les Adieux » et « La Réponse d’une Épouse Sage » et de Honegger, « Mon Dieu, vous m’avez appelé parmi les hommes » et les <em>Poèmes d’Apollinaire</em>.<br />
	Passion pour les Lieder de Beethoven (op. 52 et 48) et ceux, en langue anglaise, de Haydn. Obsession pour les deux versions de <em>Das Marienleben</em> de Hindemith ; les <em>Poèmes Juifs</em> ; les <em>Quatre Poèmes</em> (Léo Latil), <em>La Connaissance de l’Est</em> (Claudel), <em>Alissa</em> et tant d’autres pièces vocales de Milhaud, et les mélodies de Mompou. Les Chansons de Kurt Weill et la plupart des partitions de Britten (<em>Illuminations</em>, <em>Hölderlin-Fragmente</em>, « Il est quelqu’un sur terre… »). Enfin, tous les Lieder de Mahler y compris ceux de jeunesse – les grands cycles dans leur version piano et orchestrale comme les pièces isolées – avec, au firmament, les <em>Rückert-Lieder</em>. Enfin, <em>Quatre Instants</em> de Saariaho dont je suis l’heureux dédicataire de la version avec orchestre de chambre…</p>
<p dir="ltr"><strong>Mes héros à l&rsquo;opéra</strong></p>
<p>Cherubino ; Oktavian ; Tancredi.</p>
<p><strong>Mes héroïnes favorites dans l’opéra</strong></p>
<p>La Maréchale ; Isolde, Musetta, Butterfly, Elisabeth de Valois, et toutes, toutes, toutes les héroïnes de Mozart !</p>
<p><strong>Mes metteurs-en-scène préférés</strong></p>
<p>Parmi la nouvelle génération, avec certitude : Aleksi Barrière, Jeanne Candel, Laurence Cordier – et tant d’autres dont j’ai hâte de pouvoir à nouveau aller découvrir ou voir le travail !<br />
	Les frères et sœurs aîné.e.s : Richard Brunel, Macha Makeiëff, Michel Fau<br />
	Ceux et celles à qui je dois tant : Peter Sellars, Ariane Mnouchkine, Patrice Chéreau, Pina Baush, Alfredo Arias<br />
	Les figures tutélaires : Adolphe Appia, Edmond Craig, Vsevolod Meyerhold, Mariano Fortuny.</p>
<p><strong>Mes peintres favoris</strong></p>
<p>Pourquoi seulement les peintres ? Parlons plutôt largement des plasticien.ne.s ! Tantôt je m’entiche d’un tableau, d’une pièce, d’une sculpture, d’une photographie, d’une vidéo, d’une installation ; tantôt c’est l’Œuvre entier ou le travail d’un groupe d’artistes. Là encore, ce qui me plaît, c’est de passer d’un artiste à l’autre, d’une œuvre à l’autre, d’une époque à une autre, de m’y plonger de façon monomaniaque ou au contraire, de confronter et de faire voler en éclats la chronologie. Je suis un arpenteur de musées et de galeries, au point parfois de préférer les concerts dans ces lieux aux salles « classiques » ; et j’aime circuler à l’envi dans les couloirs et galeries de mon musée imaginaire où je réunis mes artistes aimé.e.s et dans lequel leurs œuvres se répondent de salles en salles.</p>
<p><strong>Mes héros dans la vie réelle</strong></p>
<p>Qu’est-ce que la vie réelle ? La vie de maintenant ? Qui vous dit d’ailleurs que la vie rêvée n’est pas plus réelle ? Et les morts ne sont-ils pas plus vivants en nous, parfois, que les vivants ?<br />
	Il y a tellement d’êtres qui m’inspirent – à commencer par mes ami.e.s proches !<br />
	À l’époque où nous vivons : Delphine Horvilleur, Hélène Cixous et Barbara Cassin.<br />
	Un peu plus loin dans le temps : Albert Camus. David Bowie. Pedro Almodovar. Karl Lagerfeld. Pina Bausch. Virginia Woolf. Colette. Maurice Béjart.<br />
	Et chez les chefs d’orchestre : Arturo Toscanini, Carlos Kleiber, Claudio Abbado, Bruno Walter, Otto Klemperer, Leonard Bernstein, Seiji Ozawa.</p>
<p><strong>Mes héros dans l&rsquo;histoire</strong></p>
<p>Ceux et celles qui construisent, qui bâtissent, qui refusent, qui se dressent :<br />
	L’Empereur Hadrien. Maître Eckart. Louis II de Bavière. Gustav Mahler. Mariano Fortuny. Jean Zay.<br />
	Pauline Garcia Viardot. Camille Claudel. Simone Weil et Simone Veil. Rosa Parks. Marceline Loridan-Ivens.</p>
<p><strong>Mes prénoms favoris</strong></p>
<p>Tous ceux que j’ai criés, murmurés, ou écrits – un jour, une nuit, par plaisir, par amour et/ou par désespoir ; ceux de mes animaux familiers passés et présents ; et ceux de mes futurs enfants.</p>
<p><strong>Ce que je déteste par-dessus tout</strong></p>
<p>La lâcheté et tout ce qui vise à exclure l’autre ou la pensée de l’altérité – ceci incluant toutes les formes de racisme et de ségrégation.<br />
	Toutes les formes de violences morales et physiques, particulièrement celles pratiquées sur les femmes, les enfants et les animaux.<br />
	Le vol des idées pratiqué par les gens jaloux de leur envol.<br />
	La tergiversation dans la réalisation de projets de la part de ceux et celles qui ont le pouvoir de les faire advenir.</p>
<p><strong>Le personnage d’opéra que je méprise le plus</strong></p>
<p>Il y a plutôt des personnages qui m’ennuient, m’exaspèrent ou me troublent par leur amoralité. Mais à l’opéra, les plus méchants et ceux qu’on mépriserait dans la vie deviennent ou peuvent devenir fascinants, tout comme les bons le sont d’une manière absolue et surréelle. Ils sont l’espace fantasmatique dans lequel nous pouvons explorer ce qu’il y a de pire et de meilleur en nous, ou bien ce qui nous est si étranger que nous n’aurions pas même l’idée de pouvoir le vivre. Ce qui ne peut nous amener qu’à plus de compréhension, et à moins de jugement, dans le monde réel…</p>
<p><strong>Mon pire souvenir de scène</strong></p>
<p>J’ai toujours été heureux sur scène, même quand la situation était humainement tendue. Les mauvais souvenirs sont plutôt dans certains Avant ou certains Après… toutes choses que je me réserve le plaisir de raconter un jour !</p>
<p><strong>Mon meilleur souvenir de scène</strong></p>
<p>Quasiment chaque concert donné avec Secession Orchestra ; un très beau concert Wagner/Saariaho avec le Stavanger Symphony Orchestra ; des moments de grâce aux festivals Terraqué et Intervalles ; des gageures techniques dans certains programmes ; des instants de bonheur intense avec des artistes lyriques. Surtout, chacun de ces moments magiques où l’on sent qu’il y a une forme de communion entre nous, artistes, sur scène, et entre la salle et la scène ; quelque chose circule librement, abolissant la distance entre la salle et la scène ; le temps semble suspendu, toutes les vies et les respirations s’unissent alors en un seul flux, une seule énergie, un partage absolu – c’est le « tarab » !</p>
<p><strong>Le don de la nature que je voudrais avoir</strong></p>
<p>Je voudrais bien plutôt un théâtre dont je sois le directeur, et que je puisse ouvrir aux artistes.</p>
<p><strong>Comment j&rsquo;aimerais mourir</strong></p>
<p>Conscient et attentif au monde. Peut-être de ma propre main. Si possible chargé d’ans, et toujours actif et au service de mon art.</p>
<p><strong>État d&rsquo;esprit actuel</strong></p>
<p>Sombre. Traversé par quelques lueurs amicales. Face à ce que vivent d’autres êtres humains, dire « je souffre » serait indécent ; pourtant, il y a une forme de souffrance dans cette impossibilité et cet empêchement (et surtout dans l’apathie générale des interlocuteurs depuis trois mois) à se projeter, à répéter, à exercer son art. Mon métier, qui est de faire de la musique avec d’autres artistes, me manque terriblement.</p>
<p><strong>Les fautes qui m&rsquo;inspirent le plus d&rsquo;indulgence</strong></p>
<p>Je ne suis pas quelqu’un d’indulgent ; les fautes (les miennes comme celles des autres) ne s’oublient ni ne se pardonnent : on (sur)vit avec. Mais on doit et on peut être clément pour celles qui ne sont commises que par simple maladresse.</p>
<p><strong>Ma devise</strong></p>
<p>J’en ai quatre, qui alternent, se complètent et se répondent :<br />
	1/ Labor omnia vincit improbus. (Virgile) [Un travail acharné vient à bout de tout]<br />
	2/ I [will] never give up (Pina Bausch)<br />
	3/ « Tout est perdu, gardons la perte. » (Hélène Cixous)<br />
	4/ « Dans nos ténèbres, il n&rsquo;y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté. » (René Char)</p>
<p>
	 </p>
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		<item>
		<title>Gala Puccini aux Invalides — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gala-puccini-aux-invalides-paris-un-chef-et-trois-reines/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Dec 2020 04:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est à un voyage en Italie auquel nous étions conviés cet après-midi aux Invalides. De Puccini à Nino Rota, il n’y a apparemment qu’un pas que nous a fait franchir avec virtuosité et légèreté le jeune chef dynamique Clément Mao-Takacs à la tête de son Secession Orchestra. Autour de lui, trois jeunes voix, des reines &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est à un voyage en Italie auquel nous étions conviés cet après-midi aux Invalides. De Puccini à Nino Rota, il n’y a apparemment qu’un pas que nous a fait franchir avec virtuosité et légèreté le jeune chef dynamique <strong>Clément Mao-Takacs</strong> à la tête de son Secession Orchestra. Autour de lui, trois jeunes voix, des reines en devenir, Marie-Laure Garnier, Axelle Fanyo et Faustine de Monès. Ce concert initialement annulé a pu finalement être maintenu mais réservé à la presse dans le cadre de son enregistrement en vue d’une diffusion sur Radio Classique le 2 Janvier prochain. C’est donc en avant-première que nous avons eu le privilège de découvrir ce florilège Puccinien dans la Cathédrale Saint Louis. Un véritable <em>best of</em> où chacun et chacunes ont rivalisé de brio pour interpréter les plus grandes œuvres du Maître italien. Il est toujours intéressant d’entendre un concert dans le cadre d’un enregistrement, car ce n’est pas seulement à la performance que nous assistons, mais également à la captation elle-même avec ses différentes prises, rattrapant de ci, de là, les quelques imperfections saisies au vol par le chef et les oreilles expertes du superviseur de Radio Classique.</p>
<p>Le concert s’ouvre avec Mimi de <em>La Bohème</em> au seuil de sa vie, au cœur du printemps  de son existence, avant que celle-ci ne s’achève prématurément.  <strong>Marie- Laure Garnier</strong> nous offre une interprétation de « Mi chiamano Mimi » à faire pleurer les pierres. Tour à tour rêveuse, langoureuse, extatique, la lauréate des Voix d’outre-mer campe une Mimi profondément émouvante, mais qui semble prête à affronter son destin quel qu’il soit. Un destin qu’elle semble toutefois prendre à bras le corps ne s’en laissant pas compter. Dans le « Sola, perduta, abbandonata » de Manon Lescaut, Marie-Laure Garnier montre toute la plénitude de son talent. Elle fait la démonstration de moyens vocaux de grand lyrique imposants où un grave mirifique côtoie des aigus étincelants. Doté d’un tempérament bien trempé et d’une présence saisissante, elle n’interprète pas un personnage, elle l’habite viscéralement. Au seuil de sa mort imminente, c’est une Manon Lescaut terriblement humaine qui nous saisit tout entier, et laisse une empreinte d’un profond désespoir mais restitué avec force et dignité.</p>
<p>Pouvait-on imaginer cadre plus approprié que la Cathédrale Saint Louis pour évoquer le personnage puccinien par excellence, <em>Tosca</em>, les lieux prenant alors pour l’occasion des allures de Basilique Sant’Andrea della Valle. Le « Vissi d’arte » permet à <strong>Axelle Fanyo </strong>d&rsquo;occuper l’espace avec une voix puissante, charnue, opulente, servi par une diction claire et ferme et un timbre séduisant. Et si dans le médium elle se fait parfois débordée par l’orchestre, elle reprend vite la main avec un remarquable registre aigu. Son tempérament dramatique donne aux nuances qu’elle insuffle à son chant, une impression de facilité déconcertante. La chanteuse n’incarne pas uniquement un personnage elle nous en narre l’histoire. Elle cultive à l’évidence l’art du dire qui donne à son chant une autre dimension, comme dans « Un bel di vedremo » avec lequel elle clôt avec brio le concert. L’émotion est palpable et le frisson parcourt l’assistance.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/img_1796.jpg?itok=MW7HttJ3" title="Faustine de Monès, Clément Mao-Takacs, Marie-Laure Garnier, Axelle Fanyo©Brigitte Maroillat" width="468" /><br />
	Faustine de Monès, Clément Mao-Takacs, Marie-Laure Garnier, Axelle Fanyo©Brigitte Maroillat</p>
<p>Au côté de ces dames, nous devions retrouver le ténor Yu Shao qui avait capté toute notre attention quand il était encore l’élève de José van Dam à la Chapelle musicale Reine Elisabeth. Celui-ci ayant <em>in fine</em> déclaré forfait, il a été remplacé par la remarquable soprano <strong>Faustine de Monès</strong>.  Elle campe ici une Musette d’une belle prestance avec un timbre clair et une maîtrise souveraine de la nuance. Sa <em>canzone di Doretta</em> de <em>La Rondine</em> relève de la virtuosité avec des aigus étincelants dans l&rsquo;écrin d&rsquo;une ligne de chant impeccable. Une voix à suivre de près dans les années à venir.</p>
<p>Au pupitre, on retrouve un comparse musical de Marie-Laure Garnier, le jeune chef Clément Mao-Takacs que nous avions eu le plaisir de voir diriger  la soprano dans un <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/concert-autour-de-lexposition-le-modele-noir-de-la-negritude">concert à Orsay donné autour d’une exposition « <em>Le modèle noir »</em>.</a> Toujours à la tête de son Secession orchestra, il assure une direction efficace et investie dans un lieu qui ne brille pourtant pas par la qualité de son acoustique. Dans une approche équilibrée, il laisse suffisamment d&rsquo;espace aux voix pour qu’elles s’expriment pleinement tout en conférant à la musique la place qu’elle mérite par une attention soutenue apportée à chaque instrument.  L’évidente complicité entre le chef, ses musiciens et les solistes confère une belle énergie à ce concert. Sur le plan symphonique, le chef nous entraîne, en outre, dans une échappée belle dans l’univers de Nino Rota, avec une interprétation impressionnante d’une suite de 22 minutes dédiée à <em>La Strada</em>, l’orchestre tout entier investi dans un festival de <em>glissando</em> de cordes, de cuivres triomphants et de percussions hallucinantes. Un chef survitaminé à l’enthousiasme communicatif et des voix touchées par la grâce, voici le cocktail qui attend les auditeurs de  Radio Classique le 2 janvier prochain. Un moment de ravissement à ne pas manquer.</p>
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		<title>Concert autour de l’exposition &#034;Le modèle noir&#034; —</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-autour-de-lexposition-le-modele-noir-de-la-negritude/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Apr 2019 14:56:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Fidèle à ses excellentes habitudes, l’Auditorium du Musée d’Orsay veille à harmoniser sa programmation musicale avec l’offre de l’établissement en matière d’expositions. Depuis quelques semaines, la grande affaire du musée est « Le Modèle noir », et l’on pouvait logiquement s’attendre à ce que les concerts de l’Auditorium apportent leur contribution à l’édifice. Comme le titre de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Fidèle à ses excellentes habitudes, l’Auditorium du Musée d’Orsay veille à harmoniser sa programmation musicale avec l’offre de l’établissement en matière d’expositions. Depuis quelques semaines, la grande affaire du musée est « Le Modèle noir », et l’on pouvait logiquement s’attendre à ce que les concerts de l’Auditorium apportent leur contribution à l’édifice.</p>
<p>Comme le titre de l’exposition l’indique, il s’agit de montrer comment ont été représentés les individus originaires (directement ou à travers leurs ancêtres) d’Afrique subsaharienne. Autrement dit, de même que les cimaises d’Orsay ne présentent pas avant tout les œuvres de peintres eux-mêmes noirs, l’Auditorium n’était pas tenu de nous donner à entendre la musique écrite par Scott Joplin ou Harry Lawrence Freeman. Le programme du concert du 16 avril incluait pourtant une pièce due à Tom Wiggins (1848-1908) dit « Blind Tom », et une suite de Robert Nathaniel Dett (1882-1943) : de fait, la dernière salle de l’exposition s’ouvre aux artistes de la Harlem Renaissance, donc l’Auditorium est loin de manifeste un zèle excessif en révélant au public français cette musique trop rare.</p>
<p>Pour tout le reste du programme élaboré par <strong>Clément Mao-Takacs</strong>, en résidence au musée avec son Secession Orchestra, on en reste au « modèle », autrement dit à des œuvres de compositeurs blancs ayant puisé leur inspiration dans ce que Césaire appelait la négritude. Les questions de lexique se posent d’emblée, puisque le concert s’ouvre avec <em>The Little Nigar</em> de Debussy. Alors que toutes les toiles visibles dans l’exposition ont soigneusement été rebaptisées pour expurger leur titre du mot « noir » ou d’autres termes ouvertement racistes, la musique n’a pas encore subi cette mode. En l’occurrence, le lexique choisi par Debussy porte en outre le poids d’une faute d’orthographe – c’est « Nigger » qu’il faudrait – le mot ayant été édulcoré par les versions ultérieures (<em>The Little Negro</em> est moins insultant). Quoi qu’il en soit, ce morceau bien connu n’a jamais fait partie de <em>Children’s Corner</em>, contrairement à ce qu’affirme le programme de salle, suite à une confusion vraisemblable avec un autre « danse nègre » due à Debussy, et au titre tout aussi raciste, « Golliwogg’s Cakewalk », qui fait bien partie, elle, de l’album destiné à sa fille Chouchou.</p>
<p>C’est avec <em>O King</em> de Luciano Berio que <strong>Marie-Laure Garnier</strong> fait son entrée. Ceux qui avaient vu la soprano dans <em>Reigen</em> de Boesmans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/ronde-de-printemps">au CNSMDP</a> n’avaient pu oublier l’ampleur de cette jeune voix, mais l&rsquo;hommage du compositeur italien à Martin Luther King ne lui permet guère de déployer tous ses moyens. On y articule, on y susurre beaucoup, mais l’on n’y chante vraiment qu’à très peu d’instants.</p>
<p>Il faut donc attendre l’inévitable « Summertime » pour que Marie-Laure Garnier montre de quoi elle est capable. Isolé de son contexte, coupé de <em>Porgy and Bess</em> pour devenir un morceau de concert, ce qui n’est au départ qu’une berceuse s’est transformé en morceau de bravoure pour cantatrices, et c’est ainsi qu’il faut le prendre cette fois encore. Pendant les quelques minutes que dure cette « chanson », l’artiste nous fait apprécier ses aigus (on en a d’un seul coup plein les oreilles), mais aussi sa diction, là où tant de grandes voix ne s’embarrassent guère de consonnes.</p>
<p>Ces qualités, on les goûte surtout dans les admirables <em>Canciones negras</em> de Montsalvatge. Marie-Laure Garnier ne rencontre aucune difficulté lorsqu’il s’agit de proférer à un rythme rapide les différents poètes choisis par le compositeur (métis cubain, Nicolás Guillén, auteur de deux chansons sur les cinq du recueil, est l’exception qui confirme la règle, les autres étant tous des auteurs blancs décrivant les Noirs). Elle sait distiller les mots de la fameuse « Canción de cuna para dormir a un negrito », et trouve sans peine la pulsation du « Canto negro » final. Dans cette musique dont les rythmes et les délectables dissonances rappellent les <em>Saudades do Brazil</em> de Darius Milhaud, le Secession Orchestra, aux pupitres de bois et de cuivres particulièrement présents, se révèle riche de couleurs acidulées, et le bis – une reprise du « Canto negro » – semble plus endiablé encore. Tout juste remarque-t-on que la voix de Marie-Laure Garnier, sonore dans le grave et dans l’aigu, se laisse davantage recouvrir par les instrumentistes dans le medium.</p>
<p>On sait pour le moment qu’après son Ygraine dans le récent <em>Ariane et Barbe-Bleue</em>, la soprano reprendra le chemin de Toulouse pour être Junon dans <em>Platée</em>. Espérons que d’autres théâtres auront la bonne idée de l’engager pour la guider dans une carrière qui s’annonce prometteuse.</p>
<p>Quant au Secession Orchestra, il reprend le 18 avril au soir deux des œuvres présentées le 16 (Debussy, Dett), mais au sein d’un programme très différent, avec le baryton Edwin Fardini.</p>
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		<title>Bryn Terfel et le Philharmonique de Berlin pour la première fois au Musée d&#8217;Orsay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/bryn-terfel-et-le-philharmonique-de-berlin-pour-la-premiere-fois-au-musee-dorsay/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Sep 2018 05:37:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis 1991, l’Orchestre philharmonique de Berlin célèbre chaque 1er mai l’anniversaire de sa fondation par un grand concert dans un lieu phare du patrimoine culturel européen. En 2019, son choix s’est arrêté sur la nef du musée d’Orsay. Daniel Harding dirigera un programme franco-allemand incluant des extraits d’opéra de Wagner interprétés par Bryn Terfel, qui &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis 1991, l’Orchestre philharmonique de Berlin célèbre chaque 1<sup style="background-attachment: scroll;background-color: transparent;background-image: none;background-size: auto;border-bottom-style: none;border-bottom-width: 0px;border-left-style: none;border-left-width: 0px;border-right-style: none;border-right-width: 0px;border-top-style: none;border-top-width: 0px;cursor: text;quot;quot;,verdana,arial,sans-serif;font-size: 9.66px;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: 400;height: auto;letter-spacing: normal;line-height: 14.49px;margin-bottom: 0px;margin-left: 0px;margin-right: 0px;margin-top: 0px;padding-bottom: 0px;padding-left: 0px;padding-right: 0px;padding-top: 0px;text-align: left;text-decoration: none;text-indent: 0px;text-transform: none">er</sup> mai l’anniversaire de sa fondation par un grand concert dans un lieu phare du patrimoine culturel européen. En 2019, son choix s’est arrêté sur la nef du musée d’Orsay<strong>. Daniel Harding</strong> dirigera un programme franco-allemand incluant des extraits d’opéra de Wagner interprétés par <strong>Bryn Terfel</strong>, qui fera lui aussi par la même occasion ses débuts <em>in loco</em>. Ce concert prestigieux est la partie la plus tape-à-l’œil d’une vaste programmation musicale imaginée autour des expositions de la saison comme un dialogue permanent entre les différentes disciplines artistiques. Artiste associé en 2018-19, <strong>Clément Mao-Takacs</strong> se voit confier l’organisation et la direction de plusieurs concerts d’où le chant n’est pas exclu. Surtout, le <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/creation-en-france-dune-academie-dediee-a-lart-de-la-melodie-et-du-lied">partenariat initié avec la Fondation Royaumont</a> réserve une large place à la mélodie et au lied. Aux rendez-vous avec les grands interprètes du genre – <strong>Véronique Gens</strong>, <strong>Stéphane Degout</strong>…– s’ajoutent des propositions originales comme ces promenades musicales où la déambulation dans les salles du musée s’accompagnera de mélodies interprétées<em> in situ </em>par les jeunes chanteurs et pianistes de l’Académie Orsay-Royaumont, en résonance avec les œuvres exposées. Plus d’informations sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/concerts.html"><u>www.musee-orsay.fr</u></a>.</p>
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		<title>Thomas Hampson — Paris (Musée d&#039;Orsay)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/thomas-hampson-paris-musee-dorsay-renversante-experience/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Oct 2017 03:42:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Thomas Hampson qui chante l’ « Abschied » du Chant de la Terre de Gustav Mahler, ce n’est jamais un  moment de musique tout à fait comme les autres. C’est la chance d’entendre et de voir un chanteur interpréter, non pas l’un de ses compositeurs de prédilection, mais une âme sœur de compositeur, dont l’étude fine et méticuleuse, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify"><strong>Thomas Hampson </strong>qui chante l’ « Abschied » du <em>Chant de la Terre</em> de Gustav Mahler, ce n’est jamais un  moment de musique tout à fait comme les autres. C’est la chance d’entendre et de voir un chanteur interpréter, non pas l’un de ses compositeurs de prédilection, mais une âme sœur de compositeur, dont l’étude fine et méticuleuse, cent fois remise sur le métier depuis plus de 30 ans, mène à une compréhension intime de chaque mesure de chaque mélodie, qui éclaire l’auditeur sans l’aveugler. C’est aussi rencontrer un morceau de l’Histoire du chant, en se remémorant ces <em>Lieder eines Fahrenden Gesellen </em>enregistrés avec Bernstein et qui firent, aux débuts de la carrière du baryton américain, une impression jamais démentie, aujourd’hui toujours justifiée.</p>
<p class="rtejustify">C’est enfin, ce soir, rendre un hommage mérité à Henry-Louis de La Grange. Sa disparition, au début de l’année, ne pouvait être ignorée à l’Auditorium du Musée d’Orsay, où sont régulièrement chantés les Lieder de ce que compositeur qu’il contribua tant à faire aimer.</p>
<p class="rtejustify">Mais c’est peut-être surtout, en vérité, la chance de recevoir de plein fouet la suprême intelligence d’une interprétation qui n’accuse ni le poids des ans, ni l’usure des moyens qui, fatalement, devrait l’accompagner. Les allègements requis par la version pour orchestre de chambre d’Eberhard Kloke, le haut de la tessiture, où se concentre un univers de douleur contenue, la tenue de la ligne, qui ne se borne pas ici à être ferme, mais qui au contraire plie aux aléas du texte et de la mélodie face à la tragédie du départ, sans rompre aux exigences d’un phrasé toujours souverain, rien de tout cela n’est altéré. Mieux : comme avec tous les grands artistes, une année supplémentaire n’équivaut pas à de la texture vocale perdue, mais offre plutôt son lot de couleurs, d’accents, d’inflexions apportées par chaque nouveau concert, et par la découverte de nouveaux répertoires – Hampson aura ainsi attendu 2017 pour sortir, avec « Serenade », son premier disque intégralement consacré à la mélodie française. On a beau être habitué à l’intelligence du chanteur, l’expérience, ce soir comme ailleurs, est renversante.</p>
<p class="rtejustify">Donné après l’entracte, le long récit de l’ « Abschied » tranche avec la première partie, exclusivement composée de pièces courtes alignant les figures de la Vienne « Fin-de-Siècle », plus Richard Wagner. Fondateur du Secession Orchestra, qui évolue dans ce répertoire en variant constamment son effectif et ses instruments, <strong>Clément Mao-Takacs</strong> n’en est pas seulement le chef d’orchestre, mais quasiment aussi le compositeur : il a transcrit 5 des 8 pièces données ce soir. Si cette succession d’œuvres aux styles plutôt proches finit paradoxalement par être plutôt répétitive, et si certains pupitres (notamment les cordes) manquent encore de cohésion et d’aisance, la curiosité et l’audace de l’ensemble finit par séduire : sous les auspices de Gustav Mahler, d’Henry-Louis de la Grange et de Thomas Hampson, c’est tout naturellement qu’ils trouvent l’inspiration !</p>
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		<title>Festival Présences : une nouvelle version pour Quatre instants</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/festival-presences-une-nouvelle-version-pour-quatre-instants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Feb 2017 11:40:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Hier soir, à l’occasion d’un concert dans le cadre du festival Présences, le public français a pu (re)découvrir les Quatre instants de Kaija Saariaho, dans leur nouvelle version pour orchestre de chambre.  Composés pour Karita Mattila, la version de chambre de ces Instants permettait peut-être à des voix plus légères de s’emparer de l’œuvre (bien &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Hier soir, à l’occasion d’un concert dans le cadre du festival Présences, le public français a pu (re)découvrir les <em>Quatre instants</em> de Kaija Saariaho, dans leur nouvelle version pour orchestre de chambre. </p>
<p>Composés pour Karita Mattila, la version de chambre de ces <em>Instants </em>permettait peut-être à des voix plus légères de s’emparer de l’œuvre (bien que Barbara Hannigan en ait déjà fait qu’une bouchée avant). Mais malgré le soin dans l’instrumentation apporté par la compositrice, <strong>Marisol Montalvo</strong> peine à se faire entendre dans le Studio 104 de Radio France. Les notes aiguës, non vibrées et piano sonnent à merveille mais dès qu’il s’agit d’y mettre un peu de corps, la projection se révèle plutôt insuffisante. Ajoutez à cela une diction française brumeuse, et c’est aussi le texte (d’Amin Maalouf, tout de même) qui se perd dans les méandres de l’orchestre. Heureusement que le Secession Orchestra sous la direction de <strong>Clément Mao-Takacs</strong> fait sonner la partition presque comme s’il s’agissait d’un véritable orchestre.</p>
<p>Autour de l’œuvre de la compositrice finlandaise se greffaient celles trois autres compositeurs. Après <em>Beasts</em> de Davor Branimir Vincze, dont on ne retient pas grand chose viennent de très poétiques <em>Litanies nocturnes</em> de Florent Motsch.</p>
<p>La deuxième partie du concert était consacrée à <em>Ophelia/Tiefsee</em> de Juha T. Koskinen, un mélologue (oui) pour comédien, alto solo et ensemble dont on retiendra surtout la performance (trilingue) de l&rsquo;acteur <strong>Thomas Kellner</strong> et la mise en scène amusante et originale d’<strong>Aleksi Barrière</strong>.</p>
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		<title>Une passion qui dit son nom à Clermont-Ferrand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/une-passion-qui-dit-son-nom-a-clermont-ferrand/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Roland Duclos]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Nov 2014 11:26:22 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/une-passion-qui-dit-son-nom-a-clermont-ferrand/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Heureuse coïncidence du calendrier, il y a un an jour pour jour, un 14 novembre, cette version de chambre de La Passion de Simone de Kaija Saariaho était créée à Bratislava en Slovaquie. Autant dire que pour cette coréalisation entre le Centre Lyrique d’Auvergne et la Comédie de Clermont-Scène Nationale*, Clément Mao-Takacs maîtrisait au superlatif &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Heureuse coïncidence du calendrier, il y a un an jour pour jour, un 14 novembre, cette version de chambre de <em>La Passion de Simone</em> de <strong>Kaija Saariaho</strong> était créée à Bratislava en Slovaquie. Autant dire que pour cette coréalisation entre le Centre Lyrique d’Auvergne et la Comédie de Clermont-Scène Nationale*, <strong>Clément Mao-Takacs</strong> maîtrisait au superlatif son sujet à la tête de l’ensemble instrumental Secession Orchestra. Et même ses sujets puisque l’on retrouvait le timbre lumineux et sensible de <strong>Karen Vourc’h</strong>. La soprano traduit avec justesse ce mélange de conviction dans la projection et de pathétique dans le ton qui caractérise cet oratorio. De ce personnage complexe et émouvant qu’était Simone Weil elle parvient à donner l’illusion qu’elle en incarne le versant sensible et fragile sans occulter pour autant la dimension passionnée. La comédienne <strong>Isabelle Seleskovitch</strong> avec une égale précision dans la diction, lui répond en écho, exprimant l’autre facette toute de spiritualité de cette personnalité complexe, attachante et fascinante. Soutenue par les lumières tout aussi minimalistes d’<strong>Etienne Exbrayat</strong>, la mise en scène dépouillée et exigeante d’<strong>Aleksi Barrière</strong> traduisait au plus près l’intimisme teinté d’une subtile spiritualité du livret d’<strong>Amin Maalouf. </strong>Au sein de cet espace scénique, le chœur réduit à un quatuor vocal (la soprano <strong>Sayuri</strong> <strong>Araida</strong>, la mezzo <strong>Caroline Marçot</strong>, le ténor <strong>Johan Viau</strong> et le baryton <strong>Florent Baffi</strong>) prenait une densité et une présence que favorisaient les déplacements de chaque protagoniste.</p>
<p>*Clermont-Ferrand, Maison de la Culture, vendredi 14 novembre 2014, 20h</p>
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