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	<title>Julien MASMONDET - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Julien MASMONDET - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Tatiana Probst, The Matter of Time Project</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/tatiana-probst-the-matter-of-time-project-compositrice-et-soprano/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Nov 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A la façon de Tonio, « militaire et mari » dans La Fille du régiment, Tatiana Probst cumule les fonctions. Soprano formée au CNSMDP, elle suit en parallèle de son cursus d’art lyrique des cours de composition. Mimi, Micaëla,  Papagena à Lille ou Javotte à Paris le soir, elle s’adonne le jour à l’écriture de poèmes qu’elle met en musique, interprète et à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 14px;">A la façon de Tonio, « militaire et mari » dans <em>La Fille du régiment</em>, <strong>Tatiana Probst</strong> cumule les fonctions. Soprano formée au CNSMDP, elle suit en parallèle de son cursus d’art lyrique des cours de composition. Mimi, Micaëla,  <a href="https://www.forumopera.com/die-zauberflote-lille-la-flute-dynamitee">Papagena à Lille</a> ou <a href="https://www.forumopera.com/manon-massenet-paris-tce-nest-ce-plus-manon">Javotte à Paris</a> le soir, elle s’adonne le jour à l’écriture de poèmes qu’elle met en musique, interprète et à présent enregistre. Son premier album <em>The Matter of Time Project</em> comprend une de ses mélodies en marge de pièces instrumentales, reflet d’un univers inquiet aux multiples influences : Wagner (<em>Wotan’s Träumerei</em>), le jazz (<em>D’ombre et de Lumière</em>) ou encore Dutilleux (<em>Ainsi un nouveau jour</em>). Cette multiplicité de références se traduit par une instrumentation savante, du piano à l’orchestre – Pasdeloup dirigé par <strong>Julien Masmondet</strong> –, en passant par la formation de chambre – Quatuor Rosamonde, trio&#8230; La silhouette vaporeuse de Nicole Garcia s’immisce brièvement entre deux pages, suivie plus loin d’autres récitantes. N’étaient les éclats de rire qui concluent l’ultime numéro – <em>Exorde</em>, un poème à plusieurs voix privé de musique –, l’ensemble suinterait la mélancolie et l’angoisse, les jours gris passés à contempler la pluie battre les vitres et, derrière les carreaux sales criblés de gouttes, l’éclairage livide de l’appartement d’en face. Chambre sans vue, en quelque sorte. D’où peut-être le cri de révolte qui déchire <em>Les Ans volés</em> – «  ce crime, c’est le nôtre » – la seule pièce chantée du programme auquel Tatiana Probst prête les reflets écarlates de son soprano  : « Je veux jouir d’un monde apaisé, éliminant ce cycle informe où la souffrance est liminaire ». Comme on la comprend.</p>
<p>Tatiana Probst sera à Paris Salle Gaveau ce vendredi 2 décembre pour interpréter des airs d’opéra et présenter quelques-unes des œuvres de cet album.</p>
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		<title>Les Apaches ! —</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-apaches-bestiaire-museal-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thomas Niel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Jan 2021 12:57:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Presqu’un an après leur concert d’inauguration au Théâtre de l’Athénée, les Apaches, ensemble mené par la baguette de Julien Masmondet, à l’instar des autres ensembles en France, tentent de sortir la tête de l’eau après des annulations en cascade et l’accès toujours refusé aux salles de spectacles. Seule issue pour exister donc, un concert enregistré, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Presqu’un an après leur <strong><a href="https://www.forumopera.com/attention-les-apaches-paris-athenee-ruses-de-sioux">concert d’inauguration </a></strong>au Théâtre de l’Athénée, <strong>les Apaches,</strong> ensemble mené par la baguette de <strong>Julien Masmondet</strong>, à l’instar des autres ensembles en France, tentent de sortir la tête de l’eau après des annulations en cascade et l’accès toujours refusé aux salles de spectacles. Seule issue pour exister donc, un concert enregistré, le premier les concernant.  </p>
<p>En coproduction avec le Musée d’Orsay et Camera Lucida Productions, l’ensemble joue dans la fameuse nef centrale du musée. Dès à présent, saluons la maîtrise des réalisateurs <strong>Gordon &amp; François-René Martin</strong>, celui-ci s’illustrant particulièrement dans la vie musicale ces temps-ci pour proposer des objets visuels de grande qualité qui épargnent heureusement le spectateur d’une énième captation sans saveur. Ici, c’est un singulier jeu de miroirs qui est mis en place, offrant des plans baignés d’une belle lumière.</p>
<p>Comme pour leur précédent concert, les Apaches présentent un programme associant musique française du début du XXe siècle « en miroir » donc d’une écriture contemporaine. L’humeur est bestiale :  la <em>Création du Monde</em> de Darius Milhaud, <em>Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée</em> de Francis Poulenc et <em>Histoires Naturelles</em> de Ravel s’enchaînent, ponctués par différentes créations de <strong>Pascal Zavaro</strong>, <em>le Bestiaire disparu (2013) </em>dont le drôle objet de composition s’intéresse manifestement à faire revivre musicalement des animaux disparus comme le crapaud doré du Costa Rica ou le loup de Tasmanie ; et <em>Bestaire Chimérique, </em>création mondiale, composée à partir de textes d’auteurs aussi éclectiques que Francisco Goya, Marco-Polo ou encore Gustave Flaubert, pour ne citer qu’eux.</p>
<p>Si la thématique est originale, l’interprétation, souvent grave, ne parvient pas à trouver l’effervescence si appréciable de ce répertoire, le tout s’enchaînant dans une ambiance tendant parfois à l’alourdissement. Difficile de s’y retrouver parmi les compositeurs et les animaux, vivants ou morts. L’écriture de Pascal Zavaro, qu’on a connu plus inspirée, ajoute à ce programme ses contrastes et jeux rythmiques, notamment dans <em>Bestiaire chimérique</em>, apportant un réel piquant à l’ensemble. La qualité de la performance des duos du <em>Bestaire des animaux disparus</em> par la violoniste <strong>Magdalena Sypniewski</strong> et le violoncelliste <strong>Alexis Derouin </strong>est par ailleurs à noter.</p>
<p>La direction de Julien Masmondet parvient à trouver un son cohérent et coloré, sans pour autant transcender l&rsquo;ensemble. Certains déséquilibres sont néanmoins peut-être à mettre au compte de la prise de son légèrement trop étouffée, dont on comprend qu’elle doit masquer l’acoustique difficile de la nef.</p>
<p>Écouter <strong>Stéphane Degout </strong>reste en revanche toujours un réel plaisir.  L’oreille se délecte toujours de la richesse et de la résonance du timbre du baryton. D’une force terrible dans Schubert lors de son précédent concert capté, il confirme ici qu’il maîtrise également la mélodie française. La prononciation est impeccable, l’articulation raffinée. S’étant déjà fait remarquer dans <strong><a href="https://www.forumopera.com/cd/ravel-histoires-naturelles-degouttiberghien-lisez-moi-et-interpretez-moi">un enregistrement d’<em>Histoires Naturelles </em>en 2017</a>,</strong> il sait utiliser ici ajuster sa puissance pour surplomber les arrangements – intéressants par ailleurs &#8211; d’Anthony Girard.  </p>
<p>Il est toujours difficile d’apprécier une performance à travers un écran qui – faut-il vraiment le rappeler ? &#8211; n’offrira jamais une réelle compensation du regard. Comme pour les autres visionnages de concert, nous n’avons qu’une hâte, retrouver les Apaches sur leur terrain de jeu de prédilection : la scène !</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=4BCAHOhnGKE">Voir la vidéo</a></p>
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		<title>Attention les Apaches ! — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/attention-les-apaches-paris-athenee-ruses-de-sioux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jan 2020 04:27:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour faire avaler au plus large public un peu de musique d’aujourd’hui, il faut parfois montrer une grande ingéniosité, déployer des ruses de Sioux afin de rendre plus acceptable ce qui pourrait de prime abord éloigner le spectateur lambda. Le chef Julien Masmondet a ainsi eu l’idée de se revendiquer d’un groupe informel d’artistes du &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour faire avaler au plus large public un peu de musique d’aujourd’hui, il faut parfois montrer une grande ingéniosité, déployer des ruses de Sioux afin de rendre plus acceptable ce qui pourrait de prime abord éloigner le spectateur lambda. Le chef <strong>Julien Masmondet </strong>a ainsi eu l’idée de se revendiquer d’un groupe informel d’artistes du début du XXe siècle pour mieux jouer la musique de compositeurs de notre début de XXIe. Les Apaches étaient le nom que s’étaient donnés, autour de Maurice Ravel, Albert Roussel et Florent Schmitt, tout un groupe de musiciens, de poètes et de peintres. Nos nouveaux Apaches sont les instrumentistes réunis pour interpréter aussi bien la musique de leurs modèles que celle de leurs propres amis et contemporains. Tout comme ils avaient, en juin 2018, associé <em>Trouble in Tahiti </em>de Bernstein à une création de Pascal Zavaro, <em>Manga Café </em>(spectacle repris en région parisienne en mars), ils proposent ce soir un concert associant Ravel, Satie, Delage, Stravinski à Zavaro et quelques autres. Double concert, annoncent-ils : pourquoi cette ruse ? Certes, avant l’entracte, un baryton chante avec un quatuor, après l’entracte, une mezzo-soprano et un récitant sont soutenus par une formation de chambre, mais fallait-il vraiment parler de deux concerts successifs, à moins d’y voir une mise en garde : la soirée serait longue, trop longue à dire vrai. A vouloir accumuler quatuor, mélodies, poèmes déclamés, on aboutit à un festin trop copieux.</p>
<p>Autre ruse qui ne se justifie pas totalement : le recours aux projections vidéo, non pas simplement en fond de scène, mais sur un tulle qui, pendant toute la première partie, sépare les interprètes du public. Le truc paraît vite un peu gratuit, et l’iconographie ainsi proposée n’apporte pas toujours grand-chose à notre perception des œuvres. Nous montrer le visage des compositeurs, soit, mais à quoi bon ces silhouettes floues qui tendent interminablement leurs mains devant elles ou l’une vers l’autre ? Heureusement, la deuxième partie se dispense de ce procédé.</p>
<p><strong>Laurent Deleuil </strong>amuse beaucoup le public par son interprétation des <em>Ludions </em>de Satie, tant par l’absurdité des poèmes de Léon-Paul Fargue que par le côté faussement pompeux ou naïf de leur mise en musique. Pour la création de Pascal Zavaro, le baryton n’intervient pas dans chacune des six parties : le quatuor est seul pour « Aulnes », réminiscence grinçante du célèbre lied de Schubert, comme pour « Oyseaux », qui convoque aussi bien Janequin que le Ravel des <em>Chansons madécasses</em>. Dans les autres pages, Laurent Deleuil chante des textes signés Ravel ou Stravinski, la dernière partie, dédiée à Léon-Paul Fargue, lui offrant davantage l’occasion de donner de la voix.</p>
<p>Après l’entracte, <strong>Fiona McGown </strong>poursuit avec les <em>Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé </em>le parcours ravélien sur lequel la soirée s’était ouverte. Cette fois, ce n’est sans doute pas par ruse mais, devant la complexité de cette partition, l’interprète semble avoir décidé d’émettre de fort beaux sons sans chercher à les unifier en des phrases accentuées : certes, les vers de Mallarmé ne sont pas ce qui se fait de plus limpide, mais d’autres ont su les chanter en donnant à entendre un véritable texte. Avec <em>Lyrique japonaise </em>de Stravinsky, à la prosodie peu naturelle, le problème n’est plus aussi sensible. Se pose en revanche la question de la « mezzo-sopranéité » : si le timbre n’est pas particulièrement sombre, les aigus sortent de manière assez désagréable. Par chance, les <em>Chants hindous </em>conviennent beaucoup mieux à Fiona McGown, qui en livre une version sans reproche.</p>
<p>Fallait-il aussi demander à <strong>Didier Sandre</strong>, excellent comédien au demeurant, de déclamer des poèmes en plus de la musique, à côté des œuvres interprétées ou, et c’est là que ça se gâte, par-dessus celles-ci ? N’est-ce pas un traitement un peu cavalier à réserver aux deux extraits des Miroirs de Ravel ? Par la suite, l’accord semble plus judicieux entre les poèmes de Mathias Enard sur Beyrouth et ce que joue au luth Damien Pouvreau, même s’il n’y a pas grand rapport entre ces textes et les poèmes du même Mathias Enard qui ont inspiré trois compositeurs, Fabien Touchard, Jules Matton et Fabien Cali, ce dernier étant le seul à reprendre un effectif instrumental proche de celui de Ravel, Stravinsky et Delage. Et contrairement à ce que pouvait laisser croire le programme, une seule de ces trois compositions associe voix parlée et voix chantée, quand Fiona McGown se mue en écho bouche fermée.</p>
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		<item>
		<title>Manga-café&#124;Trouble in Tahiti — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/manga-cafe-trouble-in-tahiti-paris-athenee-un-gars-une-fille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Jun 2018 03:17:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Année Bernstein ou pas, monter Trouble in Tahiti est toujours une excellente idée. Plus d’un demi-siècle après sa création, cette satire du morne conformisme banlieusard (ou l’on chante « Su-bur-bi-a » sur les mêmes accents claironnants que « New York, New York ! » dans On the Town) conserve toute son efficacité. Oui, mais l’œuvre est courte – une quarantaine &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Année Bernstein ou pas, monter <em>Trouble in Tahiti </em>est toujours une excellente idée. Plus d’un demi-siècle après sa création, cette satire du morne conformisme banlieusard (ou l’on chante « Su-bur-bi-a » sur les mêmes accents claironnants que « New York, New York ! » dans <em>On the Town</em>) conserve toute son efficacité. Oui, mais l’œuvre est courte – une quarantaine de minutes – et suppose qu’on l’associe à un autre opéra en un acte. Diverses expériences ont été tentées (avec <em>L’Enfant et les sortilèges </em>à Caen en 2012, avec <em>La SADMP</em> de Louis Beydts à Tours en 2016, par exemple), mais la meilleure solution n’était-elle pas finalement de passer commande d’une œuvre sur mesure, reprenant la même distribution vocale et le même effectif instrumental ? Le compositeur français Pascal Zavaro propose donc, en première partie du spectacle, <em>Manga-café</em>, d’après le roman <em>Densha otoko</em>. Une banale histoire de rencontre entre un garçon et une fille, ici transposée dans un univers mi-français, mi-japonais, avec à la clef une interrogation sur le rapport entre fiction (les mangas) et réalité. La modernité vient de l’emballage-gadget (mangas, échange de textos) mais le sujet est intemporel ; la partition de Pascal Zavaro apparaît même comme un hommage à un siècle d’opéra français. Selon une tradition lyrique solidement établie, le héros est chanté par une mezzo en travesti ; le livret dû au compositeur se permet des citations bienvenues – « Ne me touchez pas, ne me touchez pas ! » proteste l’héroïne, nouvelle Mélisande, tandis que le héros déclare plus tard « Voilà ce que j’appelle une femme charmante », tel Ramiro de <em>L’Heure espagnole</em>. Les coloratures de Mikako évoquent le Feu de Ravel et Colette, une scène au téléphone renvoie discrètement à <em>La Voix humaine</em>, et le duo d’amour entre soprano et mezzo lorgne possiblement sur celui que Massenet confie à sa Cendrillon et au prince charmant, à moins que ce ne soit carrément sur <em>Les Demoiselles de Rochefort</em>. Rien de révolutionnaire dans l’orchestration, assurément, mais une œuvre plaisante, dont le texte français est constamment intelligible, et qui passe comme une lettre à la poste, sans un seul temps mort. Et quand vient l’heure de Bernstein, on retrouve un couple, mais dysfonctionnel, abruti par la routine.  Dans les deux cas, un trio vocal offre à l’action principale un commentaire ou un contrepoint.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="244" src="/sites/default/files/styles/large/public/loti-18-086_1400_730r.jpg?itok=np2570oI" title="M. Heyse, E. Pancrazi, L. Deleuil, A. Gass © DR" width="468" /><br />
	M. Heyse, E. Pancrazi, L. Deleuil, A. Gass © DR</p>
<p>Pour donner à voir ces deux œuvres dont l’intrigue se déroule dans des lieux multiples, voire simultanés, <strong>Catherine Dune</strong> opte pour un décor composé d’éléments mobiles, le plus souvent déplacés par les chanteurs eux-mêmes. L’humour des deux actes est traduit à merveille par le jeu d’acteurs, surtout dans <em>Trouble in Tahiti</em> où les trois membres du « chœur » adoptent des allures d’automates et des sourires figés et niais furieusement Fifties. En fosse, <strong>Julien Masmondet</strong> dirige avec l’indispensable sens du rythme qui permet aux œuvres d’avancer (même quand Bernstein s’attarde un peu sur le thème larmoyant du beau jardin qui nous attend de l’autre côté de la barrière). La quinzaine d’instrumentistes que compte l’ensemble Les Apaches produit sans doute bien assez de son, mais les chanteurs, eux, sont visiblement sonorisés.</p>
<p>Triomphe incontesté pour <strong>Eléonore Pancrazi</strong> qui cumule les deux rôles les plus gratifiants de la soirée, et qui recueille une salve d’applaudissements pour son interprétation phénoménale de l’air où Dinah évoque le fameux film <em>Trouble in Tahiti</em> qu’elle est allée voir seule dans l’après-midi (et qu’elle reverra le soir même avec son mari). <strong>Laurent Deleuil </strong>reçoit une part méritée des acclamations, Bernstein ayant réservé à Sam un air où peut briller ce personnage qu’on nous montre ici comme tout droit issu de l’univers sexiste de <em>Mad Men</em>. Charmante découverte avec la soprano <strong>Morgane Heyse</strong>, exquise Mikako dans l’œuvre de Pascal Zavaro, et assez hilarante dans le Bernstein. Les deux autres chanteurs n’interviennent pratiquement que dans les ensembles, mais tiennent leur rôle avec une redoutable efficacité, qu’il s’agisse du ténor aigu <strong>André Gass</strong> ou du baryton <strong>Philippe Brocard</strong>. Ne manquez pas les prochaines représentations de ce très réjouissant spectacle (à l’Athénée jusqu’au 14 juin).</p>
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		<item>
		<title>HAHN, L&#039;Ile du rêve — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lile-du-reve-paris-athenee-lesprit-des-morts-veille-t-il/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Dec 2016 05:51:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Manao Tupapau. Pour Gauguin, il n’y a pas de doute : l’esprit des morts veille. Pas de doute non plus pour Mahénu, l’héroïne de L’Ile du rêve, ils sont parmi nous, toujours présents (le livret d’Alexandre et Hartmann les appelle « toupapahous »). Et l’on serait bien tenté de le croire aussi : si cette toute première œuvre lyrique &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Manao Tupapau</em>. Pour Gauguin, il n’y a pas de doute : l’esprit des morts veille. Pas de doute non plus pour Mahénu, l’héroïne de <em>L’Ile du rêve</em>, ils sont parmi nous, toujours présents (le livret d’Alexandre et Hartmann les appelle « toupapahous »). Et l’on serait bien tenté de le croire aussi : si cette toute première œuvre lyrique de Reynaldo Hahn a pu revoir le jour, c’est que l’esprit de Pierre Loti veille, puisqu’elle a été ressuscitée en mai dernier dans le cadre du festival consacré à l’écrivain, à Rochefort. Sans doute aussi l’esprit de Massenet veille-t-il, car cette « idylle polynésienne » lui a été dédiée par son élève. L’esprit du compositeur, en revanche, dort peut-être, car malheureusement, l’adaptation conçue par Thibault Perrine ne donne hélas à entendre qu’un écho partiel de la partition. C’était ça ou rien, dira-t-on, mais quand même, la réduction est sévère et l’on aurait aimé connaître l’orchestration du jeune Reynaldo, d’autant que <strong>Julien Masmondet</strong>, à la tête des douze instrumentistes, semble croire à cette musique, encore un peu gauche parfois, mais très proche de Massenet souvent, avec ses lignes caressantes, mais avec l’étrangeté délibérée d’un chant tahitien que Hahn tenait peut-être de Loti lui-même.</p>
<p>Quant à l’esprit de Gauguin, il veille, certes, car la mise en scène d’<strong>Olivier Dhénin</strong> ne se prive pas de le citer à plusieurs reprises : lors du bal du troisième acte, la reine Pomaré et ses suivantes sur leur banc prennent la pose des cinq Tahitiennes de <em>Ta Matete</em> (mais de biais par rapport au public, curieusement), tandis qu’un peu auparavant, les choristes et figurants ont reconstitué <em>D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ?</em>, peint durant cette même année 1897 où Reynaldo Hahn composait sa partition. Invoquer Gauguin est ici tout à fait légitime, mais il est dommage que les décors et les costumes en soient, eux, aussi éloignés. Certes, on imagine mal toutes les chanteuses en tenue d’Eve. Cependant, pourquoi les avoir chaussées de godillots et affublées de tenues dévoilant un peu plus le corps que les traditionnelles « robes-mission », mais uniformément noires (sauf pour la princesse Oréna) ?</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/c_winterreise_iledureve008_presse.jpg?itok=Oeufs_KE" width="468" /><br />
	© Winterreise</p>
<p>Les esprits devaient aussi roupiller dur lorsqu’on engagea, même pour de petits rôles, deux ex-pensionnaires de l’Académie de l’Opéra-Comique : <strong>Ronan Debois</strong> n’est plus que vibrato, et <strong>Safir Behloul </strong>est contraint de parler toutes les notes qu’il n’a pas dans le gosier. Heureusement, de la même pépinière est issue l’exquise <strong>Marion Tassou</strong>, qui succède à sa très massenétienne créatrice Julia Guiraudon, Irène dans <em>Sapho</em> en 1897, Cendrillon en 1899. Avec un timbre dont la fraîcheur rappelle l’Agnès Mellon des premiers enregistrements de William Christie, cette jeune soprano éclate littéralement dans le rôle de Mahénu (Rarahu dans <em>Le Mariage de Loti</em>, best-seller de 1880 qui inspira aussi <em>Lakmé</em>). Peut-être la voix est-elle encore un peu verte pour les éclats du dernier acte, mais l’incarnation est tout à fait réussie, et l’on suivra désormais avec intérêt le parcours de cette artiste très prometteuse.</p>
<p>Deux autres noms un peu plus connus complètent la distribution. Bien que combinant deux rôles, <strong>Eléonore Pancrazi</strong> a encore trop peu à chanter à notre goût, mais elle est ici, comme <a href="http://www.forumopera.com/lheure-espagnole-gianni-schicchi-nancy-lhorloge-parlante">à Nancy en septembre</a>, parfaitement à sa place et maîtresse de ses moyens. Quant à <strong>Enguerrand de Hys</strong>, on s’inquiète d’abord de ne pas lui retrouver cette aisance qu’il manifestait en début d&rsquo;année lors du <a href="http://www.forumopera.com/breve/une-tres-bonne-cuvee-pour-les-revelations-de-ladami">concert de l’Adami</a> : dans ce rôle créé par Edmond Clément, très « lotien » interprète de Pierre dans <em>Madame Chrysanthème</em> à l’Opéra-Comique et premier Pinkerton parisien, la voix paraît tendue, les aigus comme forcés. Peut-être le ténor fait-il partie de ces chanteurs qui mettent du temps à s’échauffer, car tout s’arrange au dernier acte, celui que le compositeur préférait et qu’il a sans doute aussi le mieux réussi : l’artiste semble redevenu lui-même, et la voix sonne beaucoup mieux.</p>
<p>On rêve maintenant d’un enregistrement de la partition telle que Reynaldo Hahn l’avait orchestrée. Encore une mission pour le Palazzetto Bru Zane ?</p>
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		<title>MOZART, La clemenza di Tito — Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-clemenza-di-tito-montpellier-titus-et-sa-clemence-du-bluff/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2015 05:46:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les difficultés financières de l’Opéra de Montpellier ont pesé sur la première représentation de La Clemenza di Tito, dernier opéra de la programmation de Jean-Paul Scarpitta. A l’heure du lever de rideau, la Directrice Générale est apparue pour annoncer qu’à la suite de la décision d’un syndicat de manifester publiquement ses craintes et son désaccord &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les difficultés financières de l’Opéra de Montpellier ont pesé sur la première représentation de <em>La Clemenza di Tito</em>, dernier opéra de la programmation de Jean-Paul Scarpitta. A l’heure du lever de rideau, la Directrice Générale est apparue pour annoncer qu’à la suite de la décision d’un syndicat de manifester publiquement ses craintes et son désaccord quant aux mesures que les tutelles qui financent la maison pourraient décider, le spectacle commencerait avec une heure de retard. Il y a eu des réactions houleuses et des spectateurs ont choisi de s’en aller, mais la majorité a accepté l’offre de la direction d’un verre au foyer.</p>
<p>Est-ce l’effet de cette tension ? La direction de <strong>Julien Masmondet</strong>, marquée au premier acte d’une rapidité parfois périlleuse pour le plateau, nous a paru sèche, anguleuse, contrainte, jusqu’à l’entracte, pour respirer plus largement au deuxième acte, où l’orchestre – sans cor de basset – sonne nettement plus moelleux et délié. Le même phénomène a pour nous caractérisé l’interprétation de <strong>Brendan Tuohy</strong> (Tito), dont la voix n’a retrouvé la liberté et la plénitude que nous avions aimées dans son <a href="http://www.forumopera.com/idomeneo-montpellier-etrange-ou-bizarre">Idomeneo récent</a> qu’au deuxième acte. En revanche <strong>Kangmin Justin Kim</strong> (Sesto –revoir <a href="/actu/kangmin-justin-kim-etre-une-bonne-personne-est-le-premier-pas-pour-devenir-un-grand-artiste">son entretien de février dernier avec Bernard Schreuders</a>) s’éclaircit très vite la voix et il en démontrera sans faiblir  l’homogénéité, l’étendue étonnante et la souplesse, faisant preuve aussi d’une juste sensibilité dramatique, qualités qui lui vaudront un triomphe mérité aux saluts. Beau succès aussi, et justifié, pour <strong>Antoinette Dennefeld</strong>, Annio juvénile, dévoué et sympathique qui forme avec la gracieuse Servilia de <strong>Christina Gansch</strong> un couple  aussi séduisant scéniquement que vocalement. Le Publio de <strong>David Bizic</strong>, qui a des allures de garde du corps, déçoit d’abord par une émission engorgée, avant de retrouver sa clarté au deuxième acte. Reste la Vitellia de <strong>Marie-Adeline Henry</strong>. De ce rôle extrême elle émet fort bien les graves, mais hélas dans le haut du registre on entend des stridences, les suraigus finissent en cri et de façon générale l’intelligibilité est loin d’être parfaite. Sans doute le rôle ne se réduit-il pas à quelques notes, mais l’ampleur vocale requise doit être entière jusque dans ses limites, pour exprimer pleinement la « monstruosité » du personnage, et ici le compte n’y est pas.</p>
<p>Pour susciter l’intérêt et stimuler la location un mini-tournage avait enregistré, la semaine dernière, une manifestation sur la Place de la Comédie : les choristes y portaient des pancartes pour afficher leur soutien à Tito. On la retrouve dans le spectacle,  en invasion feinte au parterre et au balcon, avant que le chœur regroupé en scène au pied de la tribune joue l’unanimité des régimes totalitaires. Ces simulacres relèvent de la conception générale du spectacle, qui découle de celle du dramaturge <strong>Koen Bollen</strong> exposée sur huit pages dans le programme. Leur lecture éclaire les perplexités successives qui nous avaient assailli pendant la représentation. A aucun moment il ne s’interroge sur l’œuvre elle-même et sa portée lors de la création, pour éventuellement réfléchir à sa portée actuelle. Sur la base des sources historiques disponibles dont il ne remet pas en cause la fiabilité pourtant discutable il se met à imaginer les relations entre Tito et les autres personnages. La mise en scène de <strong>Jorinde Keesmaat</strong> s’en inspire probablement et – parce que Suétone rapporte que dans sa jeunesse Tito semble avoir eu une sexualité éclectique et qu’un vers (<em>Ti ricorda il primo amore</em>) se prête à telle interprétation sans que, d’ailleurs, elle soit exclusive – suggère que Sesto et lui ont été amants. Pourquoi pas ? Mais est-ce important ? Que Sesto ait été un enfant brimé, est-ce essentiel pour comprendre livret et partition ? Ne faudrait-il pas se demander ce que cette œuvre de circonstance peut encore nous dire aujourd’hui, s’interroger sur les échos des musiques maçonniques ? Mais ces questions doivent sembler bien oiseuses à qui a conçu la scène finale comme une supercherie et la prolonge d’une séquence filmée où la course de Tito et Sesto enfants se termine par la mort en direct d’un lapin tué en lui tordant le cou*, alors qu’on a pu voir que Sesto les aime au point de se consoler en peignant longuement les siens.</p>
<p>L’entreprise se voulait-elle dérision ? Elle est elle-même dérisoire tant cette lecture de l’œuvre semble relever de l’esprit d’escalier et accumule les clichés avec, il faut l’admettre, une rigoureuse cohérence. Puisque Sesto est un serin il sera vêtu de jaune, comme c’est un grand enfant il sera en culottes courtes et coiffé comme le garçon de la bande dessinée <em>Les triplés</em>, et il se laissera caresser et tripoter car il est la passivité même. Vitellia, puisque c’est une intrigante qui complote, est immanquablement une dominatrice en guêpière et cuissardes et Tito, faux débonnaire et vrai tyran dont la carrure et la barbe évoquent irrésistiblement le méchant de <em>Popeye </em>et aussi Luciano Pavarotti, fait du body building et casse son bureau quand il est mécontent. Evidemment ni Vitellia  ni Tito ne sont sincères, le repentir de l’une comme la clémence de l’autre ne sont que des postures adoptées pour la gestion de leur image publique. Seuls Annio et Servilia échappent à la caricature, encore que le vert de leurs costumes ait probablement une signification qui nous a échappé.</p>
<p>Même le décor  laisse interdit : si la division de l’espace scénique en trois zones, centrale pour Tito, latérales pour Vitellia et Sesto, est pertinente, suggère leur proximité personnelle et facilite les allées et venues, leur lisibilité  n’est pas évidente et les cages (?) descendues des cintres ne l’augmentent pas. Quant à la chute des monuments incendiés, on se rendra compte la fumée dissipée que les fragments en sont des ours en peluche. Certains spectateurs sont partis à l’entracte. Peut-on leur donner tort ? L’équipe de production avait un large sourire sous les huées qui l’ont accueillie, vite relayées, on ne peut le nier, par des applaudissements nourris. Alors, désaccord des Anciens et des Modernes ? Ou refus, chez les mieux informés, d’une réalisation trop narcissique pour se soumettre humblement à l’œuvre et en transmettre le message sans le dévoyer ? Il faudrait beaucoup de mauvaise foi pour ne pas reconnaître le talent et le travail des artisans de cette production. Dommage qu’ils ne les aient pas mis au service de l’œuvre telle que l’ont conçue ses créateurs. Où il est question d’un choix moral on nous montre un calcul opportuniste. La clémence, dans l’esprit de Mozart et de Mazzolà, ne relevait pas du cynisme. On peut penser que leur idéalisme était naïf. Mais il était réel. Ici, il n’en reste rien.</p>
<p>* En peluche, qu’on se rassure !</p>
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