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	<title>Phelim MCDERMOTT - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Phelim MCDERMOTT - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PUTS, The Hours — New York</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Dec 2022 20:18:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La saison dernière, le Metropolitan opera avait proposé trois ouvrages contemporains parmi ses spectacles retransmis dans les cinémas. Cette année l’institution poursuit sa politique de renouvellement du répertoire en affichant en première mondiale The Hours de Kevin Puts sur un livret de Greg Pierce, d’après le roman du même nom de Michael Cunningham, lauréat du Prix Pulitzer &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 14px">La saison dernière, le Metropolitan opera avait proposé trois ouvrages contemporains parmi ses spectacles retransmis dans les cinémas. Cette année l’institution poursuit sa politique de renouvellement du répertoire en affichant en première mondiale <em>The Hours </em>de Kevin Puts sur un livret de Greg Pierce, d’après le roman du même nom de Michael Cunningham, lauréat du Prix Pulitzer de la fiction en 1998,  qui a été porté à l&rsquo;écran par Stephen Daldry en 2002 avec Meryl Streep, Julian Moore et Nicole Kidman. C’est <strong>Renée Fleming </strong>elle-même qui a convaincu Puts d’en faire un opéra afin d’effectuer son grand retour sur la scène du Met après y avoir fait ses adieux il y a cinq ans dans <em>Le Chevalier à la rose</em>.</p>
<p style="font-size: 14px">Le livret raconte une journée dans la vie de trois femmes à des époques et dans des lieux différents. La première, Virginia Woolf, dont la raison vacille, s’est retirée avec son mari dans la campagne anglaise au cours des années 1920 afin d’achever son roman <em>Mrs Dalloway</em> qui, à travers les décennies, va influencer l’existence des deux autres. La deuxième, Laura Brown, est une femme au foyer enceinte et déprimée dans l’Amérique des années 50. Entre deux tâches ménagères elle essaie de lire le roman de Virginia Woolf. La troisième, Clarissa Vaughan, une brillante éditrice, réside à New-York à la fin des années 90. Elle partage la vie d’une autre femme et s’occupe de son ancien amant atteint du sida, Richard Brown, qui finit par se défenestrer sous ses yeux alors qu’elle essayait d’organiser une réception à l’occasion du prix littéraire qui devait lui être attribué. Clarissa est une sorte de version moderne de Mrs Dalloway dont elle porte le prénom.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="297" src="/sites/default/files/styles/large/public/c_evan_zimmerman_-_met_opera_7.jpeg?itok=qFG5n9sx" width="468" /><br />
	© Evan Zimmerman &#8211; Met Opera</p>
<p style="font-size: 14px">Sur cette trame, <strong>Phelim McDermott</strong> a réalisé une mise en scène virtuose dans les décors spectaculaires et ingénieux créés par <strong>Tom Py</strong>. Sur le plateau, nous voyons simultanément l’intérieur de la maison de Clarissa, la cuisine de Laura et le bureau de Virginia disposés sur des plateformes coulissantes. Les changements de décors à vue permettent de voir aussi l’immeuble délabré de Richard, l’intérieur de son appartement et la chambre d’hôtel où Laura s’enferme pour lire le livre de Virginia Woolf en songeant secrètement au suicide. Périodiquement la scène est envahie par une foule en mouvement – les chœurs – ainsi que par un groupe de danseurs qui exécutent des chorégraphies succintes.</p>
<p style="font-size: 14px"><strong>Kevin Puts</strong>, dont c’est le quatrième opéra, a composé une partition au lyrisme assumé, attribuant à chacune des héroïnes un style musical qui lui est propre. Pour Virginia, une ambiance intimiste et dépouillée, les notes d’un piano austère accompagné essentiellement par les vents. Pour Laura, un rythme léger de swing qui évoque son époque, enfin pour Clarissa une musique typiquement américaine dans l’esprit de Bernstein ou d’Aaron Copland. L’opéra s’ouvre sur un chœur planant avant que les personnages commencent à s’exprimer dans une sorte de conversation en musique avec par instant de grandes envolées lyriques. On notera l’omniprésence des chœurs qui commentent l’action comme dans une tragédie antique. La partition comporte de nombreux ensembles qui permettent aux personnages de s’exprimer simultanément par-delà le temps et l’espace. Ainsi Laura, dans sa chambre d’hôtel, chante les mots que Virginia écrit dans son bureau en contrebas. Clarissa interprète deux trios, le premier, en compagnie de Richard et de son ex amant Louis, le second, qui conclut l’ouvrage, réunit les trois héroïnes comme à la fin du <em>Chevalier à la rose</em>, un hommage sans doute à l’opéra fétiche de Renée Fleming. Enfin quelques mesures de musique répétitive notamment dans les passages dévolus à Virginia constituent un clin d’œil à Philip Glass qui avait composé la musique du film de Stephen Daldry.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/c_evan_zimmerman_-_met_opera_2.jpeg?itok=aveBo_wZ" width="468" /><br />©​ Evan Zimmerman &#8211; Met Opera</p>
<p style="font-size: 14px">Le Met, comme à son habitude, a réuni une distribution sans faille. Ainsi, <strong>Eve Gigliotti</strong> incarne une gouvernante plus vraie que nature et les interventions du contre-ténor au timbre cristallin <strong>John Holiday</strong> ne manquent pas de poésie. <strong>Sean Panikkar</strong> et <strong>Brandon Cedel</strong> campent deux maris aux tempéraments opposés, le premier, attentif et anxieux, couve son épouse Virginia avec des accents de tendresse dans sa voix de ténor, le second, doté d’une voix sombre et solide ne manque pas de bonhommie en mari satisfait, inconscient des tourments qui agitent son épouse. <strong>William Burden </strong>est pleinement convaincant dans la peau de l’ancien amant de Richard, jaloux de Clarissa. <strong>Kyle Ketelsen</strong> effectue une composition tout à fait remarquable en écrivain désabusé, rongé par la maladie avec dans la voix des sonorités rauques qui évoquent son mal être. <strong>Kathleen Kim</strong> incarne avec le même bonheur les deux rôles qui lui sont dévolus. Dans celui de Barbara, chanteuse ratée reconvertie en fleuriste, elle interprète avec Fleming un duo « des fleurs » joliment mis en scène, émaillé de coloratures brillantes dans lesquelles passent furtivement quelques échos de Papagena et de la Reine de la nuit. Le passage des ans ne semble pas affecter la voix de <strong>Denyce Graves</strong> dont le timbre cuivré fait merveille dans le rôle de Sally, la compagne de Clarissa. Citons également les interventions impeccables de <strong>Sylvia d’Eramo</strong> en sœur de Virginia et <strong>Tony Stevenson</strong> en écrivain pressé ainsi que le petit <strong>Kai Edgar</strong> qui interprète avec aplomb Richard enfant.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/c_evan_zimmerman_-_met_opera_8.jpeg?itok=j8fhHy99" width="468" /><br />©​ Evan Zimmerman &#8211; Met Opera</p>
<p style="font-size: 14px">C’est dans cet environnement vocal de haut niveau qu’évoluent les trois protagonistes principales à qui les spectateurs du Met ont réservé un accueil enthousiaste au salut final. <strong>Kelli O’Hara</strong>, diva des scènes de Broadway, est parfaite en mère au foyer neurasthénique, sorte d’Emma Bovary moderne, qui se réfugie dans la lecture pour oublier sa vie routinière et frustrante. Son allure compassée rappelle les gravures de mode des années 50. Ensemble pastel, coiffure impeccable, elle a quelque chose de Grace Kelly dans<em> Fenêtre</em> <em>sur cour.</em> Sa voix de soprano léger, pauvre en harmoniques, colle parfaitement à son personnage un peu nunuche, qu’elle incarne impeccablement en grande professionnelle. <strong>Joyce DiDonato</strong>, méconnaissable en brune, le visage sévère, le teint pâle, habillée comme une villageoise des années 20 est une Virginia Woolf époustouflante. Il s’agit là sans doute d’une des meilleures prestations de la mezzo-soprano qui déclame en grande diseuse les divers monologues de l’écrivaine avec une attention particulière aux mots. Vocalement, la cantatrice a paru en grande forme dans une partition qui sollicite essentiellement son medium. Enfin, pour ses retrouvailles avec le public new-yorkais dans un rôle écrit sur mesure pour ses moyens actuels, <strong>Renée Fleming</strong>, rayonnante dans un élégant ensemble blanc, brûle littéralement les planches. Elle incarne avec conviction tous les affects de ce personnage de maîtresse femme en apparence qui cache une blessure enfouie que la mort de son ancien amant va rouvrir. Le rôle, qui sollicite peu son registre aigu, met en valeur son medium qui n’a presque rien perdu de son moelleux d’antan.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/c_evan_zimmerman_-_met_opera_10.jpeg?itok=vLtDVdzl" width="468" /><br />©​ Evan Zimmerman &#8211; Met Opera</p>
<p style="font-size: 14px"><strong>Yannick Nézet-Seguin</strong> dirige avec enthousiasme cette partition luxuriante dont il met en valeur les moindres détails sans pour autant masquer certaines longueurs au cours du premier acte. Signalons pour conclure que le cinéma dans lequel nous assistions à cette retransmission était très bien rempli.</p>
<p style="font-size: 14px">Le samedi 14 janvier 2023, le Metropolitan Opera retransmettra dans les cinémas du réseau Pathé Live, <em>Fedora</em> d’Umberto Giordano avec dans le rôle-titre, Sonya Yoncheva.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>GLASS, Satyagraha — Londres (ENO)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/satyagraha-londres-eno-force-et-verite-dune-voix/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Oct 2021 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est avec Satyagraha que l&#8217;English National Opera (ENO) revient après un an et demi de fermeture contrainte par la pandémie. Par ce choix quelque peu osé, Glass n’étant pas le compositeur le plus accessible, l’ENO mise toutefois sur le confort d’une production à succès qui a fait ses preuves depuis sa création, en co-production avec &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est avec <em>Satyagraha</em> que l&rsquo;English National Opera (ENO) revient après un an et demi de fermeture contrainte par la pandémie. Par ce choix quelque peu osé, Glass n’étant pas le compositeur le plus accessible, l’ENO mise toutefois sur le confort d’une production à succès qui a fait ses preuves depuis sa création, en co-production avec le Met, en 2007.</p>
<p>Et c’est peu dire que cette reprise est un grand succès. La production de <strong>Phelim McDermott</strong>, dont la mise en scène est confiée à <strong>Peter Relton,</strong> et que <a href="https://www.forumopera.com/satyagraha-streaming-new-york-un-glass-de-papier-streaming">Forum Opéra a déjà eu l’occasion de chroniquer</a>, est toujours aussi impressionnante qu’envoûtante. Impressionnante, de par cette belle idée de faire appel aux grandes figures et attractions de papier mâché du Skills Ensemble de<strong> Rob Thirtle</strong>, qui permettent de créer d’intrigants et originaux tableaux. Envoûtante, parce que cette production nous donne à comprendre que la sagesse de Gandhi, le « satyagraha », ou force de la vérité, est reflétée par la dimension méditative, procurée par le mécanisme de la répétition, de la musique de Glass. Au total, tant la créativité de cette mise en scène que son propos, axé autour du parcours épique d’une idéologie qui prend racine dans la force intérieure d’une lutte pour la justice, en font une excellente réussite. L’équilibre entre le réalisme – permis par la beauté des costumes de <strong>Kevin Pollard</strong>, et l’abstraction voulue par l’approche non-chronologique de Glass est parfaitement rendue dans toute son ambigüité poétique.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/eno-satyagraha-2021-sean-panikkar-c-tristram-kenton-56-780x1024.jpg?itok=8ZC1qSZb" title="© Tristram Kenton" width="357" /><br />© Tristram Kenton</p>
<p>Mais la soirée est un véritable succès grâce à <strong>Sean Panikkar</strong> qui par sa performance éclipse tout simplement ses prédécesseurs dans le rôle. S’il avait fait ses débuts dans <em>Satyagraha </em>en 2018 au Los Angeles Opera, le ténor confirme qu’il fait partie des interprètes actuels incontournables de Gandhi. D’abord, la voix est curieusement puissante : qu’importe si la partition est écrite pour un ténor léger, que Sean Panikkar n’est pas, il instille une force épique qui convient parfaitement au personnage. Le combat pour la justice est aussi un combat pour la maîtrise de soi et le ténor restitue brillamment la bataille intérieure du Mahatma par son jeu d’acteur subtil et son sens de la nuance : le morceau final (« Conclusion ») commence ainsi à peine murmuré, et c’est bouleversant.</p>
<p>Le reste du plateau vocal est très convenable, sans être bluffant. En Krishna et Prince Arjuna,<strong> Musa Ngqungwana </strong>et<strong> Ross Ramgobin</strong> manquent un peu de charisme et d’intensité, même si les voix sont tout à fait à la hauteur. <strong>Gabriella Cassidy</strong>, <strong>Felicity Buckland</strong> et <strong>Verity Wingate</strong> en Miss Schlessen, Kasturba et Mrs Naidoo sont particulièrement convaincantes de par leur prestance et leur maîtrise vocale, notamment dans « Tolstoy Farm ». De son côté, <strong>William Thomas</strong> campe un Parsi Rustomji très robuste et doté de toute la puissance et l’endurance escomptées, particulièrement dans « The Vow ». Le jeu scénique de <strong>Sarah Pring</strong> en Mrs Alexander est poignant dans « Confrontation and Rescue » tout comme <strong>James Cleverton</strong> est percutant en Mr Kallenbach dans « Indian Opinion ». Le <strong>chœur de l’ENO</strong> se prête avec succès à l’exercice des redoutables partitions chorales de Glass et se paye même le luxe de proposer un jeu scénique saisissant dans « Confrontation and Rescue » et « The Kuru Field of Justice ».</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="300" src="/sites/default/files/styles/large/public/eno-satyagraha-2021-eno-chorus-sean-panikkar-c-tristram-kenton-23-1024x657.jpg?itok=p9dZUpaA" title="© Tristram Kenton" width="468" /><br />
	© Tristram Kenton</p>
<p>La direction de <strong>Carolyn Kuan</strong>, qui faisait là ses débuts à l’ENO, est presque un sans-faute. Dès les premières mesures, au tempo d’une lenteur inédite, plus lent que toutes les versions que nous avons pu entendre de l’œuvre, le parti pris de la cheffe est palpable : nous sommes embarqués pour une longue et tortueuse méditation. « The Kuru Field of Justice », dont le tempo va en s’accélérant progressivement, imitant le cheminement intérieur de la réflexion vers la vérité, est ainsi particulièrement intense et bouleversant. <strong>L’orchestre de l’ENO</strong> varie les angles d’attaque à l’envi et passe de l’épique au médidatif avec la même élégance, sans jamais se perdre dans la répétition mécanique et vide de sens des motifs musicaux. Carolyn Kuan fait ainsi ressortir de belles nuances et d’intéressants contrastes de la partition. En revanche, seule réserve : la « Conclusion » est jouée au pas de course et avec un enthousiasme débordant presque déplacé, voire kitsch. Cette approche confère un curieux <em>happy ending</em> bien trop univoque à l’opéra et ôte au dénouement toute son ambiguïté tragique reposant sur la lumière de l’immense postérité des enseignements du satyagraha et de la non-violence, mais aussi l&rsquo;ombre des fins tragiques des figures de Gandhi et de Martin Luther King ainsi que l’inachèvement perpétuel d’une lutte sans fin pour la justice et l&rsquo;égalité. </p>
<p> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>GLASS, Satyagraha — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/satyagraha-streaming-new-york-un-glass-de-papier-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2020 03:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Poursuivant le rythme effréné de ses Nightly Opera Streams, le Metropolitan Opera proposait à son public mondial la diffusion de sa production de Satyagraha, coproduit avec l’ENO en 2007 où elle fut créée. Il s’agit ici de la captation de la reprise du spectacle en 2011, fort du succès qu’il avait rencontré à son arrivée &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Poursuivant le rythme effréné de ses <em>Nightly Opera Streams</em>, le Metropolitan Opera proposait à son public mondial la diffusion de sa production de <em>Satyagraha</em>, coproduit avec l’ENO en 2007 où elle fut créée. Il s’agit ici de la captation de la reprise du spectacle en 2011, fort du succès qu’il avait rencontré à son arrivée au Met.</p>
<p>Cette production de <strong>Phelim McDermott</strong> est une franche réussite. Elle parvient à mettre en valeur l’aspect profondément méditatif de la musique de Glass, voire spirituel ici, et en même temps le poids tragique de l’histoire qui sous-tend toute cette œuvre pourtant dénuée, comme souvent chez Glass, d’une véritable intrigue au sens traditionnel du terme. Les décors de <strong>Julian Crouch</strong>, tout de tôle ondulée, se prêtent aisément aux différents lieux – et époques – que nous traversons au fil de ces trois actes, d’autant mieux retranscrits par la beauté des costumes parfois somptueux de <strong>Kevin Pollard</strong>, dont le réalisme contraste avec l’univers poétique qui nous est offert.</p>
<p>L&rsquo;omniprésence, en leitmotiv, des motifs de l’écriture, du discours ou du papier journal permet à la production d’aborder, via la force visuelle de tableaux fascinants, le thème du pouvoir des mots, pouvoir révolutionnaire, pouvoir mystique aussi, sachant que le texte chanté, en sanskrit, est tirée de la <em style="quot;quot;,verdana,arial,sans-serif;font-size: 14px;font-style: italic;font-variant: normal;font-weight: 400;letter-spacing: normal;text-align: left;text-decoration: none;text-indent: 0px;text-transform: none">Bhagavad-Gita</em>&#8230; Chaque scène, impressionnante, file la thématique : ainsi du combat de figures monstrueuses de papier journal sur échasses durant <em>The Kuru Field of Justice, </em>des immenses marionnettes de papier mâché évocatrices du <em>Bread and Puppet Theatre</em> (<em>Confrontation and rescue</em>), ou des envolées de feuilles de journal en référence à l’<em>Indian Opinion </em>fondé par Gandhi en Afrique du Sud durant la scène éponyme. A la manœuvre sur le volet échasses/marionnettes, le <strong>Skills Ensemble</strong> démontre là tout son talent créatif et théâtral. Les figures tutélaires que sont Tolstoï, Tagore ou Luther King sont habilement insérées au sein de la mise en scène : particulièrement, la scène finale, Gandhi au pied du pupitre où MLK mime la proclamation de son célèbre discours, fait ressortir toute la puissance des idéologies portées par ces grandes figures qui ont fait l’Histoire.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/ken_howard_met_opera_1.jpg?itok=yNDr_7kK" title="Ken Howard / Met Opera" width="468" />Ken Howard ©Met Opera</p>
<p>L’excellence est aussi musicale. <strong>Dante Anzolini</strong> propose une version de <em>Satyagraha </em>emprunte d’émotion et de tragique. Le choix des tempos, les transitions, les accents mis sur certaines reprises de cycle : chaque opportunité est saisie pour imprimer une force bouleversante à la partition de Glass, restituant sa part de spiritualité inhérente à cet opéra.</p>
<p><strong>Richard Croft</strong> campe un Gandhi imprégné de la force mystique de son message spirituel et politique. Il restitue toute la résilience du personnage face au sort qui lui fut réservé (<em>Confrontation and Rescue</em>) mais aussi toute la capacité d’attraction du leader qu’il était (<em>Protest</em>). Sa voix légère se prête parfaitement au rôle, et sa prestation lors de la scène finale laisse irrémédiablement le public en larmes. <strong>Rachelle Durkin</strong> campe une Miss Schlesen toute en puissance, alors que <strong>Maria Zifchak</strong> apporte une dimension vulnérable intéressante au personnage de Kasturbai.</p>
<p>Vétéran de la production de 2008 lui aussi, <strong>Kim Josephson</strong> propose un Mr. Kallenbach d’excellente facture, tandis que le Parsi Rustomji d’<strong>Alfred Walker </strong>fait montre d’une puissance poignante. <strong>Bradley Garvin</strong> apporte pesanteur et gravité à son magnifique <strong>Prince Arjuna</strong>, tandis que Richard Bernstein a toute la dignité et l’étrangeté d’un <strong>Lord Krishna</strong> efficace. Menton spéciale pour le <strong>chœur</strong> du Met qui se prête à la perfection à l’exercice, pourtant très périlleux, du chant choral version Glass.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>GLASS, Akhnaten — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/akhnaten-streaming-new-york-akhnaten-au-premier-degre-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2020 03:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le contexte de ses Nightly Opera Streams, le Metropolitan Opera diffusait du 20 au 21 juin sa récente et nouvelle production d’Akhnaten de Philip Glass, acclamée par la critique dès sa création à l’English National Opera en 2016 tout comme lors de sa première arrivée au Met à l’automne dernier. Si elle avait d’ailleurs &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/akhnaten-streaming-new-york-akhnaten-au-premier-degre-streaming/"> <span class="screen-reader-text">GLASS, Akhnaten — New York</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le contexte de ses <em>Nightly Opera Streams</em>, le Metropolitan Opera diffusait du 20 au 21 juin sa récente et nouvelle production d’<em>Akhnaten</em> de Philip Glass, acclamée par la critique dès sa création à l’English National Opera en 2016 tout comme lors de sa première arrivée au Met à l’automne dernier. Si elle avait d’ailleurs envoûté <a href="https://www.forumopera.com/breve/en-direct-du-met-un-spectacle-envoutant">notre collègue de Forum Opera</a>, notre enthousiasme, ce coup-ci, est modéré, très modéré.</p>
<p>La mise en scène confiée à <strong>Phelim McDermott</strong>, habitué à l’univers de Glass (il a créé la production de <em>Satyagraha</em> du Met en 2008), n’est pas très inspirée ; elle prend même le contrepied de l’esprit de l’œuvre. En effet, comme le rappelle Joyce DiDonato en introduction, chez Glass, le propos est « <em>abstrait</em> », la narration, toujours secondaire, l’œuvre, articulée autour de tableaux. Or cette mise en scène insiste très lourdement pour nous raconter une histoire, à tout prix. La recontextualisation de l’Egypte, via les décors de <strong>Tom Pye</strong> et les costumes de <strong>Kevin Pollard</strong> est dès lors très travaillée, même si elle a le mérite d’être ambiguë, puisqu’il s’agit plus d’une Egypte orientalisée façon XIXe siècle. A chaque instant, malheureusement, la mise en scène se construit autour de l’action dramatique, alors qu’elle devrait plutôt construire des visions et autres tableaux poétiques hallucinatoires. Il en ressort une pauvreté généralisée, le sentiment d’un décalage désagréable entre musique et mise en scène qui frise parfois le ridicule : ainsi de la scène du siège de la ville de l’acte III qui lorgne du côté de la scène d’action de série B américaine des années 1980.</p>
<p>Le jeu de mise en abîme des époques serait intéressant s’il n’était pas si hollywoodien, <a href="https://www.forumopera.com/dvd/religieusement-blonde">assez typique de la patte du Met, s&rsquo;agissant de l&rsquo;Egypte</a> notamment. Les décors <em>steampunk</em> ne servent que de cadre, plus ou moins esthétique, à l’action. Surtout, le metteur en scène a décidé de faire la part belle au jonglage, sous la direction du spécialiste <strong>Sean Gandini</strong>. L’idée est de mimer et traduire sur scène, par la jonglerie permanente, l’aspect répétitif de la musique de Glass. L’approche, si premier degré à nouveau, prête à sourire. Pire, le tout n’a rien de spectaculaire, au contraire, dans la mesure où les chanteurs du chœur, forcément amateurs, se joignent aux professionnels pour jongler ; l’espace d’un instant, le public croira assister au spectacle de gymnastique d’un lycée du fin fond de l’Ohio&#8230; La gêne culmine à l’<em>Epilogue</em> durant lequel des créatures marchent à quatre pattes devant Akhnaten ; le manque d’inspiration et de créativité est cruel.</p>
<p>Seuls deux tableaux ne ratent pas leur cible (<em>Akhnaten and Nefertiti</em> et <em>Hymn</em>) : dans ces moments-là, l’action est délaissée et l’approche se recentre autour du pouvoir évocateur de la musique ainsi que du charisme mystérieux de ces figures historiques aussi fascinantes qu’étranges. Le duo Néfertiti/Akhnaten avançant l’un vers l’autre dans d&rsquo;immenses et sobres robes rouges est profondément touchant ; de même que la prière au soleil d’Akhnaten captive l’auditoire de bout en bout, notamment grâce au sublime décor de cette boule immense et ardente vers laquelle s’élève doucement le Pharaon.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="301" src="/sites/default/files/styles/large/public/tom-pye-philip-glass-akhnaten-karen-almond-00101-ogt20tvpndfx0dfyt0p82b8w17m4cw2si0gwwzkyzs.jpg?itok=5l8uVViK" title="Karen Almond / Met Opera" width="468" /><br />
 © Karen Almond, Met Opera</p>
<p>Côté musique, la réussite est glorieuse et sauve la production. <strong>Karen Kamensek</strong> fait une entrée fracassante au Met, par son excellente maîtrise du style de Glass. Les réverbérations soutenues, les superpositions d’accents, les jeux de canons : toutes les techniques chères au compositeur américain sont sublimement restituées. Loin du piège mécanique que peut constituer l’aspect répétitif de la musique, la cheffe d’orchestre imprime un remarquable relief à la partition, prodiguant des effets tantôt incisifs tantôt lancinants. Sous sa baguette, la répétition se fait pulsation vivante, travaillée de l&rsquo;intérieur. Enfin, son choix de tempo est un sans-faute, en ce qui nous concerne.</p>
<p><strong>Anthony Roth Costanzo</strong> maîtrise à la perfection le rôle d&rsquo;Akhnaten qu’on croirait écrit pour lui. Déjà titulaire lors de la création de la production en 2016, le contre-ténor brille autant dans les moments qui requièrent puissance vocale (<em>Window of Appearance</em>) que les scènes intimistes où la pureté de la voix rappelle que le chanteur excelle également dans le répertoire baroque. Sa présence scénique est bouleversante, ses talents d’acteur lui permettent de transmettre avec grande subtilité bon nombre d’émotions. La mezzo-soprano <strong>J&rsquo;Nai Bridges</strong> fait d’excellents débuts au Met . La profondeur de sa voix, ainsi que sa texture sombre et brumeuse, sied parfaitement au rôle de l’envoûtante Néfertiti. Son charisme et son jeu dramatique lui confèrent une prestance magnétique. En Reine Tye, <strong>Dísella Lárusdóttir</strong> est convaincante même si son costume n’est vraiment pas des plus heureux. Ses talents de chanteuse et d’actrice lui permettent de constituer un très beau trio aux côtés de Bridges et Costanzo.</p>
<p>Le reste de plateau vocal est de très bonne facture ; <strong>Will Liverman</strong> propose un Horemhab tout en puissance, tandis que le grand prêtre d’Amon trouve en <strong>Aaron Blake</strong> un très bon interprète. <strong>Richard Bernstein</strong> en Aye complète efficacement ce trio, par une performance aboutie et crédible. Enfin, <strong>Zachary James</strong> campe un Amenhotep III de luxe, même s’il a parfois tendance à déclamer de son texte d’une voix par trop chevrotante. Le chœur est également de bonne facture même si sa pugnacité reste perfectible.</p>
<p>Le Met Opera poursuit sur sa lancée Philip Glass et dévoile ces jours-ci sa production de <em>Satyagraha </em>par Phelim McDermott créée en 2008.</p>
<p> </p>
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		<title>En direct du Met : un spectacle envoûtant</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/en-direct-du-met-un-spectacle-envoutant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Nov 2019 04:27:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Saluons l’initiative du Metropolitan Opera qui non seulement met à l’affiche au moins un opéra contemporain par saison mais ose aussi l’inclure dans les dix ouvrages retransmis dans les cinémas. Après L’Ange exterminateur de Thomas Adès en 2017 et Marnie de Nico Muhly l’an dernier, c’est au tour d’Akhnaten de Philip Glass de faire son &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Saluons l’initiative du Metropolitan Opera qui non seulement met à l’affiche au moins un opéra contemporain par saison mais ose aussi l’inclure dans les dix ouvrages retransmis dans les cinémas.</p>
<p>Après <em>L’Ange exterminateur</em> de Thomas Adès en 2017 et<em> Marnie</em> de Nico Muhly l’an dernier, c’est au tour d’<em>Akhnaten</em> de Philip Glass de faire son entrée au répertoire de la première scène new-yorkaise dans une production qui a vu le jour à l’English National Opera en 2016.</p>
<p>Troisième volet d’une trilogie consacrée à des hommes remarquables, qui comporte <em>Einstein on the</em> <em>beach</em> et <em>Satyagraha</em>,  <em>Akhnaten</em> créé à Stuttgart en 1984, retrace le règne du pharaon Amenhotep IV qui créa une religion monothéiste deux siècles avant Moïse, en imposant le culte exclusif d’Aton, le dieu-soleil,  dont il se voulait le prophète et pour cela prit le nom  d’Akhenaton.</p>
<p>Le premier acte nous montre son accession au trône après les funérailles de son père Amenhotep III dont le spectre omniprésent jouera ensuite le rôle du narrateur. Au cours du deuxième acte, Akhenaton impose sa religion au grand dam du Grand prêtre d’Amon et décide de faire bâtir une nouvelle capitale. Au trois, son palais est investi par les prêtres d’Amon et leurs alliés. Akhenaton est tué, son fils Toutankhamon lui succède et l’ancienne religion polythéiste est restaurée. Le tableau suivant se situe de nos jours et montre des touristes visitant les ruines de la cité d’Akhenaton.  Enfin, l’opéra se conclut par un épilogue dans lequel apparaissent les spectres du pharaon assassiné, de son épouse et de sa mère.</p>
<p>Le livret est tiré de textes de l’époque d’Akhenaton, voire d’Akhenaton lui-même et chanté en égyptien ancien, certains passages sont en akkadien, d’autre en hébreux biblique, le narrateur s’exprime en anglais.<br />
	La musique de Glass appartient à l’école minimaliste, toutefois le langage mélodique extrêmement varié du compositeur confère à la partition une grande théâtralité. D’autre part, l’absence de violon donne à l’orchestre des couleurs sombres en harmonie avec le sujet. Il existe d’ailleurs au moins un précédent dans ce cas,<em> Uthal</em> de Méhul que le Palazetto Bru Zane a exhumé récemment.</p>
<p>Le décor du premier acte est une construction qui permet aux personnages d’évoluer sur plusieurs niveaux tout comme celui du trois. Le deuxième acte est le plus réussi, on y voit la silhouette frêle du pharaon drapée dans des voiles aux couleurs vives, monter lentement un escalier  qui se détache sur un disque solaire géant. D’ailleurs la lenteur avec laquelle <strong>Phelim Mcdermott</strong> fait évoluer l’ensemble des protagonistes n’est pas sans rappeler l’univers de Bob Wilson. Autour d’eux, le metteur en scène fait évoluer des acrobates qui jonglent avec des boules blanches au rythme de la musique.</p>
<p>La distribution est dominée par l’exceptionnelle prestation d’<strong>Anthony Roth Costanzo </strong>qui s’identifie totalement au personnage d’Akhenaton qu’il avait déjà interprété à Londres et à Philadelphie. Au deuxième acte, son hymne au soleil chanté avec une voix solide et claire est l’un des sommets de la soirée.  A ses côtés, la mezzo-soprano <strong>J’Nai Bridges</strong> est une Néfertiti au timbre chaud et riche. <strong>Dísella Lárusdóttir</strong> incarne une Reine Tye de grande classe, à la fin du premier acte, son timbre lumineux  se marie idéalement à ceux de ses deux partenaires dans un trio lancinant et hypnotique. Dans le rôle du méchant prêtre d’Amon, <strong>Aaron Blake</strong> est parfaitement crédible tant vocalement que scéniquement. Enfin la basse <strong>Zachary James</strong> est un spectre d’Amenhotep qui impressionne, tant par sa carrure d’athlète que par l’ampleur de sa voix parlée aux sonorités de bronze. Saluons enfin les excellents chœurs du Met dont la partie est loin d’être négligeable. Les autres rôles n’appellent aucun reproche. Au rideau final, le public a réservé à la cheffe <strong>Karen Kamensek</strong> dont c’étaient les débuts <em>in loco</em>, une ovation chaleureuse amplement méritée.</p>
<p>Le samedi 11 janvier 2020, le Metropolitan Opera diffusera dans les cinémas du réseau Pathé Live, <em>Wozzeck </em>d’Alban Berg avec Peter Mattei dans le rôle-titre.</p>
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		<title>MOZART, Così fan tutte — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cosi-fan-tutte-new-york-retour-de-balancier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Apr 2018 14:54:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lorsque l’on envoie le balancier trop fort d’un côté, il revient avec une égale violence dans le sens inverse. Il en va ainsi ces dernières années des productions de Così fan tutte sur les scènes lyriques. Si l’on en a soupé des Così dépressifs, gavés d’un pessimisme noir dont le paroxysme aura été la production désabusée &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr">Lorsque l’on envoie le balancier trop fort d’un côté, il revient avec une égale violence dans le sens inverse. Il en va ainsi ces dernières années des productions de <em>Così fan tutte</em> sur les scènes lyriques. Si l’on en a soupé des <em>Così </em>dépressifs, gavés d’un pessimisme noir dont le paroxysme aura été la production désabusée de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haneke-maitre-des-illusions-perdues">Michael Haneke à Madrid et Bruxelles</a>, il suffit de se rendre dans les pays anglo-saxons pour assister à de sages badinages amoureux qui n’interrogent pas l’oeuvre au-delà des gags et quiproquos. La proposition du <a href="https://www.forumopera.com/cosi-fan-tutte-londres-roh-jeux-de-lamour-et-mauvaises-regles">Royal Opera House de Londres</a>, autour d’une mise en abyme, rejoint très largement celle proposée par <strong>Phelim McDermott</strong> à l’ENO et qui prend ses quartiers printaniers le long de l’Hudson River. A la différence que nous ne sommes point au théâtre mais dans une fête foraine envahie de circassiens comme le décrit avec force couleurs Christian Peter qui assistait <a href="https://www.forumopera.com/breve/cosi-fan-tutte-au-met-quel-cirque">à la retransmission au cinéma il y a quelques semaines</a>. Bien évidemment, dans une ville élevée à la mamelle du music hall, toutes ces acrobaties et ce décors d’un Coney Island des années 50 (les qualités techniques du spectacle sont vraiment remarquables, des lumières au moindre accessoire) déclenchent des salves d’applaudissements régulières. A tel point qu’il nous est difficile de dire ce que l’on a pensé de l’ouverture, tant rires et clap-clap en ont parasité l’écoute. Il est tout de même amusant de noter que le public new-yorkais, conservateur s’il en est, si prompt à conspuer les transpositions, est ici extatique devant ces « performances » <em>live </em>sur scène. Comme quoi, toute adaptation, tout concept de <em>Regie </em>peut faire mouche à partir du moment où il mobilise les référents culturels appropriés. Cela le justifie-t-il au regard des enjeux de l’œuvre ? La réponse est ici bien évidemment non. Très rapidement la grande roue de la fête foraine tourne à vide, tout comme la pauvre Fiordiligi, prisonnière d’une nacelle de la roue,  tente en vain d&rsquo;épancher le dilemme de son cœur trop amoureux… Car comme chez Jan Philipp Gloger, l’on s’arrête à la facétie et on représente la séduction peu ou prou comme du harcèlement sexuel. Dans l’Amérique embrasée à l’étincelle Weinstein, que n’a-t-on donné <em>Così fan tutte</em> à mettre en scène à une femme (<a href="https://www.forumopera.com/breve/anna-netrebko-devrait-reflechir-avant-de-parler">Anna Netrebko ?</a>) pour enfin dépasser la misogynie de façade de l’œuvre et plonger dans une vraie et riante dissection des désirs et des sentiments, point d&rsquo;équilibre du balancier ?</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="307" src="/sites/default/files/styles/large/public/dsc_3907a.jpg?itok=JAJJehZP" title="© Marty Sohl/Metropolitan Opera" width="468" /><br />
	© Marty Sohl/Metropolitan Opera</p>
<p dir="ltr">La retransmission au cinéma gomme surement certaines disparités et en ce soir de dernière représentation il est difficile de parler d’un plateau homogène comme le faisait notre confrère, sauf probable fatigue pour certains. La Despina de <strong>Kelli O’Hara </strong>use de toute sa science de Broadway pour croquer la soubrette malicieuse. Les couleurs et accents de la voix sont parfaits pour composer un personnage complexe et retors. La projection est remarquable. Las, cela ne dure qu’un temps et le deuxième acte l’épuise jusqu’à rendre son notaire anecdotique. <strong>Serena Malfi</strong>, probable victime d’une méforme de dernière, attaque ses phrases trop bas bien souvent et doit redoubler d’efforts pour rattrapper ces mauvais départs. Dommage car le tempérament scénique n’appelle que des éloges. <strong>Amanda Majeski </strong>a fait des rôles de soprano <em>seria </em>mozartiens sa grande spécialité. Elle en a la voix longue et aisée, la science du legato. Il lui en manque encore l&rsquo;instinct tragique, sa Fiordiligi apparaissant bien pâle, la faute sûrement en partie à la mise en scène qui la fagotte comme une vieille fille de l’Upper East Side et l’enferme dans la fameuse nacelle pour son grand air du deuxième acte. Ces messieurs apportent davantage de satisfaction, à commencer par le Don Alfonso jovial de <strong>Christopher Maltman</strong>. La voix mate et sonore du baryton est un vrai pilier dans les scènes collectives. <strong>Adam Plachetka</strong> dispose d’une voix puissante et d’une belle musicalité. Il propose un Gugliemo assez sensible, plus colérique que taquin. Enfin <strong>Ben Bliss</strong>, lauréat d’Operalia et formé in loco dans le Lindemann Young Artist Program, se taille la part du lion. Il possède tout ce qu’il faut à un ténor mozartien de premier ordre : longueur de souffle, legato léché, bonne projection et surtout un timbre clair pour une voix qui est tout sauf fluette. Reste à polir encore quelques nuances et demi-teintes&#8230; mais l’immensité de Met décourage parfois les chanteurs dans leurs nuances.</p>
<p>	Cela ne pose aucun problème à <strong>David Robertson</strong> qui dirige l’orchestre du Metropolitan avec un rare raffinement. Les choix des tempi sont tous appropriés et aux possibilités des chanteurs et aux situations scéniques. Chaque reprise est l’occasion d’un piano, d’un crescendo, de contrepoint confié à un nouvel instrument. Toutes ces idées de direction enluminent ce <em>CosÌ fan tutte</em>.</p>
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		<title>Così fan tutte au Met : quel cirque !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/cosi-fan-tutte-au-met-quel-cirque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Apr 2018 02:38:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Samedi 30 mars le Metropolitan Opera retransmettait dans les cinémas Così fan tutte de Mozart dans une nouvelle production de Phelim McDermott qui avait déjà signé in loco celle de The Enchanted island en 2011. Le metteur en scène britannique situe l’action au cœur des années 50, dans le célèbre parc d’attraction de Coney Island &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Samedi 30 mars le Metropolitan Opera retransmettait dans les cinémas <em>Così fan tutte</em> de Mozart dans une nouvelle production de <strong>Phelim McDermott</strong> qui avait déjà signé <em>in loco</em> celle de <em>The Enchanted island</em> en 2011. Le metteur en scène britannique situe l’action au cœur des années 50, dans le célèbre parc d’attraction de Coney Island à New-York. Ainsi l’on aperçoit en fond de scène une grande roue et des montagnes russes qui se détachent sur un magnifique coucher de soleil rouge orangé. Les décors aux couleurs vives de Tom Pye nous plongent dans cette atmosphère joyeuse et bariolée des fêtes foraines où tout n’est qu’artifice et faux-semblants comme dans le stratagème imaginé par Don Alfonso pour dessiller les yeux des deux jeunes militaires et, pour que l’illusion soit parfaite, de vrais artistes de cirque peuplent la scène, une avaleuse de sabre, une femme à barbe, une cracheuse de feu, des nains, une charmeuse de serpents… La maison des deux sœurs devient un motel où Despina est employée comme femme de chambre et au début de l’ouvrage, Alfonso et ses deux acolytes sont attablés dans un club Playboy peuplé de Bunny girls.</p>
<p>C’est une distribution essentiellement juvénile et homogène qui a été réunie autour de <strong>Christopher</strong> <strong>Maltman</strong>, Alfonso plus malicieux que foncièrement cynique qui, en véritable maître de cérémonie comme en témoigne son costume rouge à paillettes au tableau final, mène le jeu avec une implacable virtuosité. Vocalement le baryton anglais ne démérite pas, le style mozartien n’a pas de secret pour lui et sa voix sombre et sonore confère au personnage un ascendant certain sur ses deux amis.</p>
<p>Les jeunes hommes, qui portent des uniformes d’officiers de marine au lever du rideau, reviennent non pas déguisés en Albanais mais vêtus de jeans et d’un blouson de cuir avec une coiffure à la James Dean et une fine moustache. Lauréat du concours Operalia en 2013, <strong>Ben Bliss</strong> possède un timbre clair et homogène. Son « aura amorosa » phrasée avec élégance n’appelle que des éloges. Dans son duo du deuxième acte avec Fiordiligi, « Fra gli amplessi » sa voix se pare d’accents d’une suavité irrésistible. Voilà un ténor mozartien aux moyens prometteurs à qui l&rsquo;on pardonnera quelques aigus émis en arrière en début de soirée, sans doute à cause du trac. <strong>Adam Plachetka</strong> est un Guglielmo moins fanfaron et sûr de lui qu’à l’accoutumée, qui laisse entrevoir une certaine fragilité dans son duo avec Dorabella. Ce jeune baryton tchèque est doté d’une voix virile et solide qui ne manque pas d’agilité.</p>
<p>Les personnages féminins sont également bien servis, <strong>Serena Malfi</strong> campe une Dorabella mutine à souhait. Sa voix, délicieusement enjoué dans  « È amore un ladroncello », se fait sensuelle dans son duo « Il cor vi dono » au point de troubler son partenaire et son timbre délicatement ambré se marie fort bien avec le soprano limpide d’<strong>Amanda Majeski</strong>. La cantatrice américaine, que les Parisiens ont applaudie en Vitellia à Garnier à l’automne dernier, possède une voix longue qui lui permet de triompher des embûches du rôle de Fiordiligi, en particulier les graves de « Come scoglio » émis sans effort apparent. Cependant, c’est son « Per Pietà » tout en nuances et empreint de nostalgie qui lui vaudra une belle acclamation de la part du public. Cet air, qu’elle chante dans une montgolfière qui s’élève dans le ciel constitue l’un des temps forts de la soirée. Reine de Broadway, <strong>Kelli O’Hara</strong> s’est déjà produite au Met dans <em>La Veuve joyeuse </em>​en 2015. Elle aborde ici un répertoire plus ambitieux et s’en tire avec les honneurs. La voix paraît bien projetée, autant que l’on puisse en juger au cinéma, et le style n’appelle aucune réserve, ce qui constitue une manière d’exploit pour une chanteuse spécialisée dans la comédie musicale. Très à l’aise sur la scène, la soprano est irrésistible en faux médecin aussi bien qu’en notaire au timbre nasillard. Pour un peu elle volerait presque la vedette à ses partenaires.</p>
<p><strong>David Robertson</strong> propose une direction énergique avec des tempi globalement rapides, notamment dans les ensembles, qui n’excluent pas les moments de pure poésie comme le trio « Soave sia il vento » où la musique semble planer en apesanteur.</p>
<p>	Le 14 avril prochain, le Metropolitan Opera retransmettra dans les cinémas du réseau Pathé Live <em>Luisa Miller</em> de Verdi avec Sonya Yoncheva, Piotr Beczala et Placido Domingo.<br />
	  </p>
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		<title>The Perfect American</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-parfait-reac/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Oct 2013 13:08:27 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-parfait-reac/</guid>

					<description><![CDATA[<p>    Alors qu’une tournée internationale nous permet de redécouvrir aujourd’hui Einstein on the Beach, qui fit l’effet d’une bombe dans le monde de la musique contemporaine il y a un peu moins de quarante ans, le DVD nous offre le vingt-cinquième opéra de Philip Glass. Ce seul chiffre en dit long sur la production &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			 </p>
<p>			Alors qu’une tournée internationale nous permet de redécouvrir aujourd’hui <em>Einstein on the Beach</em>, qui fit l’effet d’une bombe dans le monde de la musique contemporaine il y a un peu moins de quarante ans, le DVD nous offre le vingt-cinquième opéra de Philip Glass. Ce seul chiffre en dit long sur la production lyrique d’un compositeur qui vient de fêter ses 75 ans. Qui, de nos jours, peut se vanter d’avoir conçu autant d’opéras ? Evidemment, les choses ont bien changé, l’opéra a reconquis droit de cité, notamment peut-être parce que les compositeurs ont mis beaucoup d’eau dans leur vin. Si l’on songe au radicalisme d’<em>Einstein on the Beach</em>, <em>The Perfect American</em> paraîtra bien timide, bien rétrograde presque dans sa structure : certes, le protagoniste central est une fois encore un personnage ayant existé, mais le livret n’est pas un collage de citations sans intrigue aucune, puisqu’il s’inspire d’un roman allemand consacré à Walt Disney, qui n’est peut-être pas non plus un individu de la même envergure intellectuelle qu’Albert Einstein ou Gandhi, si l’on songe à la figure autour de laquelle fut composé le second opéra de Glass, <em>Satyagraha</em>. Certes, les deux actes nous replongent dans diverses époques de la vie de Disney, mais le théâtre du XXe siècle nous en a fait voir bien d’autres, et même la durée de l’œuvre est tout à fait raisonnable : 1 heure 50 minutes, ce qui est sans commune mesure avec les cinq heures d’<em>Einstein</em>. Ce qui reste, bien sûr, c’est une certaine idée de la musique, mais même là, tout semble devenu bien plus sage, et l’on est loin de la répétition hypnotique et interminable des mêmes phrases musicales. Et tout cela est chanté en anglais, pas en sanskrit (<em>Satyagraha</em>) ou en égyptien ancien (<em>Akhnaten</em>). Autant de concessions qui prouvent à quel point le monde de la création musicale a changé.</p>
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			Surtout, peut-être, l’œuvre porte un regard très critique sur son « héros » qui n’a rien d’admirable tel qu’il nous est dépeint. Archi-conservateur, raciste, ce « parfait américain » a surtout l’air du parfait réactionnaire, comme le montre bien la scène comique où Walt Disney est appelé pour réparer le robot représentant Lincoln, dont il se voit forcé de contredire les propos bien trop socialistes à son goût. S’il n’y a aucun grand air qui pourrait s’imposer à la mémoire, le livret n’en inclut pas moins une scène assez tire-larmes, celle où Disney est confronté à un enfant cancéreux. Les personnages féminins sont assez peu développés (l’épouse, l’infirmière, les deux filles ne font que de brèves apparitions), et il y a finalement trois voix principales : celle de Walt, celle de son frère Roy, et le chœur qui revient périodiquement psalmodier les mots auxquels s’ancrent la nostalgie disneyenne du paradis perdu de l’enfance. C’est donc sur les épaules de l’excellent <strong>Christopher Purves</strong> que repose l’essentiel de cet opéra. Vocalement, les exigences du rôle ne paraissent pas démesurées, même si le baryton-basse britannique est presque constamment en scène : une course d’endurance, donc, mais dans un ambitus apparemment assez confortable, sans que les extrêmes soient sollicités. De couleur plus grave, la basse américaine <strong>David Pittsinger</strong> interprète le frère aîné, Roy, avec qui Walt peut évoquer le bon vieux temps, sur le thème du « tout fout le camp ». Troisième personnage masculin, dont la voix de ténor apporte une dose d’aigus : Wilhelm Dantine, narrateur du roman dont est tiré l&rsquo;opéra, ancien employé des studios, qui tente en vain d’attirer l’attention de Disney. Ex-ténor mozartien, <strong>Donald Kaasch</strong> confère une formidable présence à cette figure qui semble sur le point de basculer dans la folie. Autour d’eux, on trouve surtout des silhouettes on l’a dit, parmi lesquelles on relève le cocasse Andy Warhol de <strong>John Easterlin</strong>, le Lincoln au visage de cire de <strong>Zachary James</strong>, et l’infirmière de <strong>Janis Kelly</strong>. Quant au spectacle, il bénéficie de l’intelligence et de la familiarité glassienne de <strong>Phelim McDermott</strong>, à qui l’on doit un splendide Satyagraha coproduit par le Met et l’ENO. On retiendra surtout la présence d’une dizaine de figurants incarnant les employés des studios, qui contribuent à créer l’atmosphère adéquate pour chaque scène. Au total, une production bien réglée, mais dont rien ne garantit qu’elle s’impose au sein de l’œuvre de Philip Glass, qui a livré des opéras qui parvenaient autrement mieux à toucher le public, comme dans sa trilogie Cocteau (<em>La Belle et la bête</em> sera d’ailleurs donné en janvier prochain à Saint-Etienne).</p>
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