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	<title>Martin MITTERRUTZNER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Wed, 29 Jul 2026 08:35:17 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Martin MITTERRUTZNER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BRITTEN, Portrait d&#8217;un compositeur &#8211; Marvão</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/britten-portrait-dun-compositeur-marvao/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jul 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a quinze ans, lors d&#8217;une randonnée à vélo, Christoph Poppen et son épouse Juliane Banse découvrirent un peu par hasard le site magique de Marvão. La qualité du silence, la sublime vue à la fois sur le Portugal et l&#8217;Espagne du haut du château moyenâgeux, s&#8217;imposa à eux comme une évidence : là, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a quinze ans, lors d&rsquo;une randonnée à vélo, Christoph Poppen et son épouse Juliane Banse découvrirent un peu par hasard le site magique de Marvão. La qualité du silence, la sublime vue à la fois sur le Portugal et l&rsquo;Espagne du haut du château moyenâgeux, s&rsquo;imposa à eux comme une évidence : là, la musique devait résonner. Ils créèrent ainsi le festival qui célèbre aujourd&rsquo;hui sa douzième édition.</p>
<p>Christoph Poppen travaille au sein de multiples structures: violoniste fondateur du Quatuor Cherubini, enseignant à Hochschule de Munich comme à la reine Sofia de Madrid, il dirige le Cologne Chamber orchestra comme la Hong Kong Sinfonietta. De son propre aveu, il a ainsi l&rsquo;opportunité de rencontrer une multitude d&rsquo;artistes qui viennent jusqu&rsquo;ici proposer pendant dix jours, au cœur de l&rsquo;été, une programmation souvent unique. L&rsquo;opportunité de travailler ensemble, de créer de nouveaux compagnonnages ; l&rsquo;occasion aussi de proposer des répertoires rares à un public fidèle et passionné.</p>
<p>C&rsquo;est ainsi que cet après-midi, l&rsquo;hommage rendu à Benjamin Britten – dont on commémore le cinquantième anniversaire de la disparition – se divise en quatre chapitres dont la qualité ne cesse de s&rsquo;affirmer au fil de la représentation.</p>
<p>La toute jeune <strong>Carla Isabel</strong> ouvre le bal avec ces mélodies de Britten qui mettent en valeur son joli timbre aux aigus un peu verts. L&rsquo;anglais, malheureusement, manque d&rsquo;intelligibilité mais la conduite de la ligne vocale est nette et la jeune espagnole – pianiste de formation – fait montre d&rsquo;une grande musicalité, en particulier dans « Seascape ». Un peu plus de soutien ne nuirait pas aux finales, défaut de jeunesse qui s&rsquo;améliorera rapidement, sans aucun doute. Elle termine son tour de chant avec « As it is, plenty », rythmique, plein d&rsquo;esprit qui lui sied à ravir.</p>
<p>Lui succède une <em>Suite pour violon et piano</em>, fort réussie, éclairée de très beaux jeux de couleurs de <strong>Ruifeng Lin</strong> et <strong>Aleksandar Madžar</strong>, notamment dans le troisième mouvement, tout en contrastes et en délicatesse.</p>
<p>L&rsquo;excellent pianiste, subtil, très à l&rsquo;écoute, accompagne ensuite la remarquable prestation de<strong> Martin Mitterrutzner</strong> que l&rsquo;on peut entendre en soliste généralement à Francfort ou Hambourg. Apprécié par notre collègue Dominique Joucken dans le disque consacré à la musique sacrée écrites par les Mendelssohn (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/fanny-et-felix-mendelssohn-musique-sacree/">chroniqué</a> en décembre dernier), le ténor fait montre aujourd&rsquo;hui encore d&rsquo;un grand sens de la narration, d&rsquo;une science du crescendo/decrescendo qui nourrit l&rsquo;interprétation, d&rsquo;une belle unité des registres et d&rsquo;une impeccable diction. Dans « When You’re Feeling Like Expressing Your Affection », le velouté du timbre fait merveille tandis que « Not Even Summer Yet » met en valeur la projection assumée. Broadway n&rsquo;est pas loin dans « The Red Cockatoo » et « Cradle Song » où les graves sont habilement négociés bien que la partition soit légèrement trop grave sans doute pour sa voix. L&rsquo;artiste clôt son intervention avec « Um Mitternacht » en allemand, alliant sobriété et élégance.</p>
<p>La concert s&rsquo;achève en beauté avec la <em>Simple Symphony</em>, dans une version pour quintette à cordes qui associe le contrebassiste <strong>Florian Poppen</strong>, fils des fondateurs du festival, au non moins brillant<strong> quatuor Goldmund</strong>. Ils donnent à entendre cette œuvre d&rsquo;un jeune Britten de 20 ans où résonnent encore des échos de l&rsquo;enfance puisqu&rsquo;y sont insérés des éléments écrits avant son adolescence. Le second mouvement uniquement en pizzicati, avec un merveilleux jeu de nuances, éclate de fantaisie, contrastant très efficacement avec le troisième mouvement lyrique, sérieux, qui valorise la plénitude du son des cinq musiciens.</p>
<p>Crée pour le festival, ce programme composite s&rsquo;avère donc aussi intelligemment construit qu&rsquo;interprété, avec une alternance très efficace entre voix et instruments. Il constitue comme un écho au très joli cadre composite de l&rsquo;église São Tiago où les éléments gothiques se marient aux teintes pastel des tapisseries contemporaines créées dans le grand centre de Portalegre tout proche, tandis que ces dernières répondent au plafond stuqué de violine et vert d&rsquo;eau du XVIIIè siècle.</p>
<p>Ce goût du florilège se prolonge le soir venu car la journée s&rsquo;achève dans une autre église, associant cette fois une version très réussie de l&rsquo;<em>adagio pour clarinette,</em> <em>violon et piano</em> d&rsquo;Alban Berg et un <em>Pierrot Lunaire</em> d&rsquo;Arnold Schoenberg assez saisissant. L&rsquo;<strong>ensemble Ars Ad Hoc</strong> comme la chanteuse <strong>Ana Caseiro</strong> y font merveille. L&rsquo;interprétation de la chanteuse, très incarnée, s&rsquo;enrichit d&rsquo;une belle liberté physique et vocale, d&rsquo;aigus libres et brillants sans oublier un Sprechgesang parfaitement assumé et une diction impeccable.</p>
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		<title>Notre disque du mois : Mendelssohn frère et sœur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/notre-disque-du-mois-mendelssohn-frere-et-soeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Jacques Groleau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Jan 2026 06:47:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si la musique sacrée de Felix Mendelssohn est plutôt bien servie au disque, celle de sa sœur reste encore à découvrir. Justin Doyle a choisi de mettre ici en regard quelques pages assez contrastées : le testamentaire (et inachevé) Christus du premier ainsi que son Psaume 42, et la délicieuse cantate Lobgesang de Fanny, qu&#8217;elle compose &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si la musique sacrée de Felix Mendelssohn est plutôt bien servie au disque, celle de sa sœur reste encore à découvrir. <strong>Justin Doyle</strong> a choisi de mettre ici en regard quelques pages assez contrastées : le testamentaire (et inachevé) <em>Christus </em>du premier ainsi que son <em>Psaume 42</em>, et la délicieuse cantate <em>Lobgesang</em> de Fanny, qu&rsquo;elle compose à l&rsquo;occasion du premier anniversaire de son fils Sebastian. Dominique Joucken, dans son <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/fanny-et-felix-mendelssohn-musique-sacree/">compte rendu</a>, ne tarit pas d&rsquo;éloges sur la qualité de ces interprétations, avec un RIAS Kammerchor Berlin et une Kammerakademie Potsdam exceptionnels de précision autant que de poésie, aux côtés desquels brillent deux solistes de tout premier plan, <strong>Christina Landshamer</strong> (soprano) et <strong>Martin Mitterrrutzner</strong> (ténor), visiblement aussi à l&rsquo;aise dans ce répertoire qu&rsquo;à l&rsquo;opéra. Notre disque du mois pour célébrer en beauté la nouvelle année !</p>
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		<title>Fanny et Felix MENDELSSOHN, Musique sacrée</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/fanny-et-felix-mendelssohn-musique-sacree/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Dec 2025 07:23:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Harmonia Mundi semble se lancer dans une intégrale de la musique religieuse écrite par Felix et Fanny Mendelssohn. L&#8217;initiative est une première. Si la musique sacrée de Felix est déjà gâtée au disque, il n&#8217;en est pas de même pour celle de sa soeur, ce qui nous promet quelques découvertes. Le disque commence avec ce &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Harmonia Mundi semble se lancer dans une intégrale de la musique religieuse écrite par Felix et Fanny Mendelssohn. L&rsquo;initiative est une première. Si la musique sacrée de Felix est déjà gâtée au disque, il n&rsquo;en est pas de même pour celle de sa soeur, ce qui nous promet quelques découvertes.</p>
<p>Le disque commence avec ce que Felix a eu le temps d&rsquo;écrire pour son grand projet d&rsquo;oratorio intitulé <em>Christus</em>. Après avoir illustré une grande figure du Nouveau Testament (Paul) et un personnage majeur de l&rsquo;ancienne alliance (Elie), Felix voulait aboutir à une forme de synthèse incarnée dans la figure de Jésus. Si la genèse de l&rsquo;oeuvre reste largement énigmatique, on sait que le compositeur y a travaillé près d&rsquo;une décennie, et qu&rsquo;il semblait y tenir beaucoup. L&rsquo;oeuvre adopte une structure beaucoup plus semblable aux passions de Bach que les deux oratorios achevés, avec des récitatifs très courts déclamés par le ténor, une abondance de choeurs proches de l&rsquo;esprit des « turbae  » et une écriture volontiers contrapuntique. C&rsquo;est un hommage évident, qui ne vire cependant jamais au pastiche : Felix est malgré tout un enfant de son temps, et l&rsquo;émotion romantique gagne à plusieurs moments. Il suffit de comparer la mise en musique des « Kreuzige ihn ! » pour mesurer l&rsquo;écart qui sépare les deux époques. Fort à son affaire, le ténor<strong> Martin Mitterrutzner</strong> affiche une santé vocale éclatante, un timbre séduisant et une vraie éloquence. Il sait jusqu&rsquo;où ne pas aller trop loin, et alléger ce que son art peut avoir de sensuel dans les moments dramatiques. Le <strong>RIAS Kammerchor</strong> reste fidèle à sa réputation : d&rsquo;une cohésion implacable, parfaitement équilibré, transparent jusqu&rsquo;au diaphane. Rarement un ensemble aura autant mérité le qualificatif « de chambre », au meilleur sens du terme, en ce que chacun de ses membres est à l&rsquo;écoute des autres.</p>
<p>On poursuit le périple mendelssohnien avec une petite cantate écrite par Fanny en 1831 : <em>Lobgesang</em> (à ne pas confondre avec la <em>Deuxième Symphonie</em> de son frère). C&rsquo;est à nouveau l&rsquo;influence de Bach qui semble ouvrir l&rsquo;oeuvre, avec une « Pastorale » qui ne déparerait pas dans l&rsquo;Oratorio de Noël. Mais Fanny a un autre tropisme que son frère, et elle penche assez vite vers un style où la mélodie prend le dessus, dans un esprit plus proche des messes salzbourgeoises de Mozart. L&rsquo;oeuvre n&rsquo;est pas inoubliable mais s&rsquo;écoute avec plaisir, surtout que le choeur y est à son affaire, et que <strong>Justin Doyle</strong> trouve la pulsation exacte que requiert cette musique, qui doit s&rsquo;écouler avec naturel, sans trop chercher à creuser ; la verdeur des timbres de la <strong>Kammerakademie Potsdam</strong> est idéale.</p>
<p>L&rsquo;album se termine sur une oeuvre plus connue, le Psaume 42 mis en musique par Felix : « Wie der Hirch schreit nach frischem Wasser », « Comme le cerf languit après l&rsquo;eau fraîche ». C&rsquo;est à notre humble avis le chef-d&rsquo;oeuvre sacré de Mendelssohn, là où sa foi très fervente trouve son expression la plus touchante. Voilà une  musique qui va droit au coeur. La soprano <strong>Christina Landshamer</strong> sait retrouver ce ton de l&rsquo;enfant extasié devant les mystères de la foi, et son chant est l&rsquo;expression de la confiance la plus absolue de la créature envers son créateur. Dans la fugue finale, le RIAS explose tous les plafonds en termes d&rsquo;excellence chorale, et l&rsquo;on est véritablement transporté sur les ailes de la musique. Espérons de tout coeur que la série sera menée à son terme, et qu&rsquo;elle sera la plus complète possible.</p>
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		<title>MOZART, Die Entführung aus dem Serail — Hambourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-entfuhrung-aus-dem-serail-hambourg-sauvetage-reussi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Oct 2021 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Mine de rien, la nouvelle production – réussie disons-le d’emblée –  de cet Enlèvement au sérail  tient de son petit miracle et relève d’un sauvetage réussi. Il y a moins d’un mois de cela, à peu près deux semaines avant la première du 17 octobre sur la Dammtorstraβe de Hambourg, le Dr Ralf Klöter, le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Mine de rien, la nouvelle production – réussie disons-le d’emblée –  de cet <em>Enlèvement au sérail</em>  tient de son petit miracle et relève d’un sauvetage réussi. Il y a moins d’un mois de cela, à peu près deux semaines avant la première du 17 octobre sur la Dammtorstraβe de Hambourg, le Dr Ralf Klöter, le patron du Staatsoper Hamburg a reçu la visite de l’intendant Georges Delnon lui annonçant tout de go qu’il avait décidé de cesser la collaboration en cours avec le metteur en scène Paul-Georg Dittrich, pourtant l’enfant du pays. Tout ceci bien sûr « in gegenseitigem Respekt » (« avec tout le respect dû » – qu’en termes fleuris ces choses-là sont dites ! ). Nous n’en saurons guère plus si ce n’est les incontournables « incompatibilités artistiques » invoquées qui peuvent tout et rien dire à la fois. Toujours est-il que c’est en moins de deux semaines que <strong>David Bösch</strong>, contacté en urgence, a dû se mettre à l’ouvrage pour proposer cette huitième nouvelle production hambourgeoise de l’ <em>Enlèvement au sérail</em> (la dernière datait de 1993 et avait connu 64 représentations). David Bösch est un régisseur respecté Outre-Rhin ; s’il a fait l’essentiel de sa carrière dans le théâtre en Allemagne et surtout au Burgtheater de Vienne, on lui doit également des mises en scènes d’opéra remarquées (un <em>Orlando furioso</em> à Francfort ou un <em>Elisir d’amore</em> à Munich). Il faut lui être reconnaissant d’avoir sauvé cette production. Certes, au vu des délais raccourcis, le propos du metteur en scène est simplifié à l’extrême et le décor inexistant : des matelas ici et là simulent sans doute le harem. Le reste du décor est constirué de vidéos projetées (des mangas d&rsquo;une utilité discutable, censément destinées à commenter l&rsquo;action, plutôt là pour meubler qu&rsquo;autre chose ) et la direction d’acteur assez rudimentaire. N’en faisons pas grief. Chez Mozart, on le sait, on pourrait se passer de tout, de décor, de costumes, de jeu d’acteur, pourvu qu’il  reste la musique. D&rsquo;aucuns ajouteront qu&rsquo;on lui en voudra d’autant moins que cette production <em>a minima</em> nous aura peut-être épargné quelque mise en scène improbable comme Hambourg et bien d’autres maisons allemandes savent en proposer.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/stueck-3966-original.png?itok=0nzWvGQJ" title="© DR Staatsoper Hamburg" width="468" /><br />
	© DR Staatsoper Hamburg</p>
<p>La musique donc ; elle est joliment servie par un <strong>Adam Fischer</strong> d’une remarquable juvénilité ! Le chef maîtrise ses troupes, les mène parfois à la hussarde avec des tempi martiaux, mais qui se tiennent. Pour le « Martern aller Arten », il fait appel à un quatuor obligé (flûte, hautbois, violon et violoncelle) ; tout cela du plus bel effet et qu’importe si cela ne figure pas tel quel dans la partition originelle. La distribution vocale mérite qu’on s’y attarde. Pour le dire simplement il n’y a pas de maillon faible, même s’il y a ici et là quelques imperfections dans le rendu d’une partition dont on ne dira jamais assez la difficulté. Commençons par Constanze. <strong>Tuuli Takala</strong> remarquée <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/la-traviata-metz-tuuli-takala-une-violetta-qui-promet">dans ces colonnes</a> à Metz pour sa Violetta, se sort brillamment du parcours redoutable que représente le rôle. Pourtant son « Ach, ich liebte » au début du I nous est apparu tout en tension et les aigus peu affirmés. La suite est plus rassurante et elle passe l’épreuve du redoutable deuxième acte avec réussite ; son « Martern aller Arten » suscite légitimement de l’enthousiasme. Beaucoup de choses y sont : la technique, l’agilité, la beauté du timbre aussi. Manque encore l’aisance, mais peut-on être à l’aise quand il faut gravir un tel sommet ? On retiendra aussi la prestation de <strong>Narea Son</strong> en Blonde ; cette jeune Sud-coréenne, pas encore entièrement à l’aise dans les récitatifs en langue allemande, se joue des quelques suraigus de son rôle avec une aisance prometteuse. Voilà une jeune cantatrice qu’il nous plaira de réentendre quand elle aura gagné en puissance et consolidé la partie haute de la gamme.</p>
<p>Sur les quatre hommes de l’intrigue, l’un est un rôle entièrement parlé. <strong>Burghart Klaußner </strong> (le pacha Selim) est un acteur réputé en Allemagne et qui a connu son brin de célébrité grâce à sa contribution à la série <em>The Crown</em>. Il campe ici un pacha à la fois amoureux, joueur et bon perdant. Le Pedrillo de <strong>Michael Laurenz</strong> qui apparaît sous les traits d’un jardinier (il cultive sans doute l’amour de sa promise…) est impeccable. On aura remarqué la noblesse de <strong>Martin Mitterrutzner</strong> en Belmonte. Son « Hier soll ich dich denn sehen » du I a donné le la de toute sa prestation : beauté de la ligne, pureté du timbre, et surtout cette impression de grande élégance qui ressort de l’ensemble. L’Osmin de<strong> Ante Jerkunica</strong> recueille sans doute la plus belle ovation. Celle-ci est méritée. Le terrible début du I, pris à froid et interminable, est un véritable piège pour celui qui s’y est mal préparé. Ce n&rsquo;est pas le cas ce soir-là et le défi est superbement relevé grâce à un jeu juste jusqu’au bout et une basse bien basse et bien chantante.</p>
<p> </p>
<p>Décernons un coup de chapeau à tous les acteurs de cette production passablement chamboulée mais qui délivre un spectacle réjouissant.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>HAYDN, Die Schöpfung — La Côte-Saint-André</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-creation-la-cote-saint-andre-a-un-train-denfer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Aug 2018 05:36:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Cent-cinquantième anniversaire, acte I » est sous-titrée cette édition d&#8217;un Festival auquel Berlioz est tant redevable (et réciproquement). « Prélude » aurait-il été plus approprié dans la mesure où quatre mois nous séparent encore de la commémoration de sa disparition ? Peu importe, le menu de cette année, toujours aussi riche, ouvert à un large répertoire, nous vaut &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« Cent-cinquantième anniversaire, acte I » est sous-titrée cette édition d&rsquo;un Festival auquel Berlioz est tant redevable (et réciproquement). « Prélude » aurait-il été plus approprié dans la mesure où quatre mois nous séparent encore de la commémoration de sa disparition ? Peu importe, le menu de cette année, toujours aussi riche, ouvert à un large répertoire, nous vaut cette <em>Création</em> singulière, déjà donnée à La Seine musicale, à Beaune, New York et Lessay, avant de poursuivre son chemin. Les contrastes évoqués dans le titre sont ceux voulus par Haydn, tel celui de l&rsquo;éclatant « Und es war Licht », qui n&rsquo;a rien perdu de sa force, mais aussi la distance entre les intentions affichées et la production écoutée, où le meilleur le dispute parfois au contestable.</p>
<p>Cette réalisation réunit 36 choristes d’Accentus, et  la cinquantaine d&rsquo;instrumentistes d’ Insula orchestra. On est très loin des effectifs exigés par Haydn de son vivant, quatre fois plus nombreux. Mais là n’est pas l’essentiel, d’autant que le chœur est sonore. <strong>Laurence Equilbey</strong>, à son habitude, joue avec les accents, les rythmes, elle accuse les oppositions, les contrastes, il lui faut même modérer les ardeurs du timbalier à plusieurs reprises. Si certains modelés et phrasés sont aboutis, elle ne parvient pas pour autant à créer la variété de climats qui fonde l’ouvrage. L’énergie,  la vigueur sont bien les constantes de son approche. Le corollaire en est l&rsquo;oubli de la dimension poétique, comme de la grandeur, de la noblesse et de l’émerveillement. A bien des égards, sa direction ne manque pas de surprendre. Les mouvements adoptés dérangent parfois, comme certaines libertés prises avec le texte. Ainsi, l&rsquo;air de Raphaël « Nun scheint in vollem Glanze der Himmel », <em>maestoso</em>, le duo qui réunit Adam et Eve (« Von deiner Güt&rsquo; »), indiqué <em>adagio</em>, puis <em>allegretto</em>, sont-ils pris dans des tempi qui en dénaturent quelque peu le sens. Le chœur final, <em>andante</em>, n’a certainement jamais été conduit à un tel train d&rsquo;enfer : on frémit, puis on salue l’exploit  technique des solistes, de la soprano particulièrement, qui parviennent à chanter leurs vocalises sur « Amen » sans savonner ni faiblir. C’est spectaculaire en diable, mais où est l’esprit ?  Certaines nuances sont écrasées. Trop souvent, la narration est dépourvue de ce caractère dramatique et grandiose qu’appelle le livret.  Par contre, le piano-forte fait notre délice : libre et inspiré, il improvise des transitions bienvenues pour introduire les récitatifs, c&rsquo;est chaque fois un plaisir renouvelé.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/lacr2.jpg?itok=4TDohNEN" title="© Bruno Moussier" width="468" /><br />
	© Bruno Moussier</p>
<p>Les solistes sont fort inégaux : <strong>Martin Mitterrutzner</strong>, accompagne Laurence Equilbey régulièrement dans le rôle d&rsquo;Uriel. Son chant laisse perplexe : timbre peu gratifiant, des aigus clairs, lorsqu&rsquo;ils ne sont pas forcés, le registre grave manquant par trop d&rsquo;assise. On imagine mal comment il peut chanter Tamino. <strong>Rafael Fingerlos</strong> n&rsquo;a de Raphaël que le prénom, un baryton honnête auquel les graves font cruellement défaut. <strong>Chiara Skerath</strong>, Gabriel, puis Eve, nous réserve les meilleurs moments. La voix est claire, sonore, agile et corsée. Dès son premier air « Mit Stuner sieht das Wunderwerk », son aisance et son bonheur de chanter sont manifestes, le contre-ut est lumineux. Toujours le texte est intelligible, parfaitement articulé. Les récitatifs sont souples. La pastorale « Nun beut die Flur », ornée avec discrétion, serait idéale si les deux clarinettes avaient des qualités équivalentes à celles du chant. Dans les ensembles, celui-ci permet d&rsquo;oublier les déficiences des deux hommes.</p>
<p>Le chœur se montre généralement à la hauteur des attentes, réactif, clair, précis, avec une lisibilité constante. Cependant, on est en droit d&rsquo;exiger d&rsquo;un chœur professionnel, supposé familier de l&rsquo;ouvrage, de lever le nez de la partition. Seul le pupitre de sopranos a cette liberté qui lui permet une émission souveraine. Les alti sont faibles, et toute l&rsquo;attention est requise pour les percevoir, sauf dans les passages fugués. L’orchestre « historiquement informé » se montre par trop imprécis dans certaines attaques. Les bois sont ternes, aux couleurs fades, alors que les instruments anciens ne valent que par leur timbre. L&rsquo;articulation, à moins que ce ne soit l&rsquo;acoustique du lieu, paraît pâteuse. On en serait à leur préférer des modernes.</p>
<p>Etrangement, le public n&rsquo;avait pas applaudi à la fin de la première partie. Méconnaissance de l&rsquo;ouvrage, ou satisfaction mitigée ? Les nombreux rappels de la fin lui valent la reprise du choeur jubilatoire. Oublions.</p>
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