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	<title>Lara NEUMANN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Lara NEUMANN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>FOURDRAIN, Les Contes de Perrault &#8211; Dijon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/fourdrain-les-contes-de-perrault-dijon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 06:34:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Recréé en mars 25 à Reims, le mois suivant à l’Athénée, Les Contes de Perrault de Félix Fourdrain arrivent à Dijon. L’ouvrage était tombé dans un oubli profond et la compagnie, fidèle à sa vocation, rend vie à cette féérie lyrique. Bien avant que Sondheim s’empare de Grimm (Into the woods), la Belle époque en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Recréé en mars 25 à Reims, le mois suivant à l’Athénée,<em> Les Contes de Perrault</em> de Félix Fourdrain arrivent à Dijon. L’ouvrage était tombé dans un oubli profond et la compagnie<em>,</em> fidèle à sa vocation, rend vie à cette féérie lyrique.</p>
<p>Bien avant que Sondheim s’empare de Grimm (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/into-the-woods-massy-quand-la-feerie-tourne-a-la-psychanalyse/ et https://www.forumopera.com/spectacle/into-the-woods-toulon-il-etait-une-fois/" data-wplink-url-error="true"><em>Into the woods</em></a>), la Belle époque en était plus friande qu’aucune autre, et on a peine à recenser les déclinaisons lyriques (y compris parodiques) qui en reprennent les thèmes tant elles abondent. L’habile livret tourne les pages des contes les plus célèbres, et les personnages s‘en échappent pour réapparaître sous d’autres formes (*). Le Petit Poucet deviendra le Prince charmant, puis Riquet à la Houppe, ses humbles parents seront rois et présideront à son union avec Cendrillon, elle-même Peau d’âne et Petit chaperon rouge… Seule la bonne fée, Morgane, et son ennemi (Olibrius et ses djinns, gnomes et autres lutins démoniaques), ainsi que quelques personnages secondaires conserveront leur identité. Ce joyeux mélange, tourbillonnant, nous entraine dans un spectacle dont le rythme cinématographique relève à, la fois du cartoon et de la comédie musicale ou de la revue. Du reste, la sonorisation concerne toutes les voix, dont certaines (Barbe-Bleue, Croquemitaine) étaient expressément distribuées à des trials (**).</p>
<p>La création originale, d’un faste incroyable, mobilisait quinze solistes (sans compter les six frères de Poucet, les pages et les fées), un chœur nombreux, un authentique corps de ballet et un orchestre en grande formation, des moyens techniques superlatifs. Le succès – éphémère – en découla. Ce soir, c’est avant tout à la production de <strong>Valérie Lesort</strong> et de son équipe que le spectacle, magique, doit sa réussite. Le plaisir visuel est constant. En effet, malgré des moyens limités au regard de la première de 1913, elle nous offre un spectacle brillant, bariolé, aux tons acidulés, poétique qui parle à chacun, petit et grand. Renvoyons le lecteur à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/fourdrain-les-contes-de-perrault-paris-athenee/">Olivier Rouvière, qui a rendu compte</a> de l’intelligence et de l’originalité de l’approche, de l’inventivité des costumes, des décors et des éclairages, en n’oubliant pas les animations, les marionnettes etc. Ajoutons simplement le réglage millimétré des gestiques, individuelles comme collectives, qui concourt à la magie du spectacle. Tous les chanteurs dansent, et fort bien. Même si tous ne sont pas également comédiens, les dialogues (écourtés et réécrits) sont généralement intelligibles et les rires fusent à certains d’entre eux, traduisant bien l’attention de la salle.</p>
<p>Emaillée de quelques clins d’œil (citations de Wagner et de Meyerbeer), la partition ne manque ni de charme, ni d’entrain, ni de couleurs, mais bien d’originalité. Légère, brillante, aux mélodies faciles à mémoriser (et à reprendre ?), elle est le plus souvent agréable à écouter. Si l’orchestre est réduit, ses caractéristiques sont sauves, avec les rôles dévolus à la harpe, au hautbois et autres bois, aux cors et aux puissants trombones. Les percussions, qui accompagnent certaines déambulations, sont chargées d’humour. La direction de <strong>Dylan Corlay</strong>, attentive à la souplesse de la narration, vivante et chaleureuse, flaire bon le music-hall, entre élégance et esprit canaille. L’écriture de chacun des rôles est simple, directe, et n’exige des solistes d’autre qualité que d’être aussi à l’aise dans la comédie, avec une gestique réglée comme du papier à musique, que dans le chant.</p>
<p>Aucune faiblesse dans cette véritable troupe dont le plaisir à jouer ensemble est manifeste. <strong>Anaïs Merlin</strong> nous vaut tour à tour un Petit Poucet, une Princesse lointaine (Cendrillon), Peau d’Ane et, pour finir, la Belle au bois dormant. Sa capacité à varier son émission en fonction de ses incarnations est un exploit. Toutes ses interventions sont bienvenues, malgré des aigus un peu durs, projetés (l’amplification ?). Depuis la rêverie de Cendrillon jusqu’au finale en apothéose, c’est toujours convaincant. Quelles qu’aient pu être les qualités d’Yvonne Printemps, créatrice du Prince charmant (elle avait alors vingt ans), nous lui préférons clairement le beau ténor d’<strong>Enguerrand de Hys</strong>, qui va user avec art des travestissements vocaux pour faire vivre ses différentes incarnations. De surcroît, sa diction exemplaire force également l’admiration. On n’énumèrera pas ses interventions, nombreuses, mais signalera les ensembles parfaitement réussis, duos avec sa princesse lointaine (on en retiendra « Beau comme un dieu…Mon cœur est si plein de vous-même »…). <strong>Julie Mathevet</strong> nous offre une Fée Morgane très juste. La voix est sûre, à l’aigu doré, ductile (dans la valse chantée particulièrement). La scène de la métamorphose séduit par ses vocalises aériennes. Son ennemi juré, l’Olibrius de<strong> Romain Dayez</strong>, est hilarant avec ses « Hech ! Hech ! », avec ou sans « victoire certaine », son jeu chorégraphié. Un beau baryton. <strong>Camille Brault</strong>, le Chat botté, n’a qu’une mélodie avec choeur, légère, aisée, facile (« Rentrez à la maison »), et on se prend à regretter de ne pas l’entendre davantage. N’appellent que des éloges Madame de Houspignoles<strong> (Lara Neumann</strong>) et ses deux filles (<strong>Hortense Venot </strong>et<strong> Eléonore Gagey</strong>), son benêt de mari (<strong>Philippe Brocard</strong>, qui chante également Barbe-Bleue). Ce dernier, vantant les vertus digestives du bicarbonate dans un des airs à succès, sera irrésistible de drôlerie.</p>
<p>Aucun des autres solistes ne démérite,<strong> Richard Delestre (</strong>rôles bouffes de Croquemitaine, Meunier, Huissier), la reine Guillaumette de<strong> Lucile Komitès</strong>, ni le roi son époux, de<strong> Geoffroy Buffière</strong>. Les ensembles, abondants, sont toujours bienvenus, et leur intelligibilité constante. Une mention aux six chanteurs du chœur, fréquemment sollicités, même brièvement, et dont les évolutions bien réglées participent au bonheur des tableaux successifs.</p>
<p>Durant deux heures et demie, le public, captivé, aura oublié les vicissitudes, les incertitudes, les horreurs et la misère du monde pour le rêve, le sourire, la fraîcheur revigorante. Que demander de plus ?</p>
<pre>(*) Ecrite en 1904, publiée en 1907, <em>La Forêt bleue</em>, de Louis Aubert, usait déjà de ce procédé. 
(**) ténor ou baryton martin qui chante les personnages bouffes, valets, paysans, dans les ouvrages français du XIXe siècle. Tire son nom d’un chanteur avignonnais, célèbre en son temps..</pre>
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		<title>YVAIN, Gosse de riche &#8211; Compiègne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/yvain-gosse-de-riche-compiegne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Mar 2024 06:00:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tout au long des Années folles, les petites filles sages lisaient La Semaine de Suzette, publication bien-pensante où tout était ordonné de manière carrée pour préparer les lectrices à leur destin de mère de famille et bonne ménagère. La Bretagne y était représentée par une héroïne maison, Bécassine, autour de qui gravitaient notamment la marquise &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Tout au long des Années folles, les petites filles sages lisaient <em>La Semaine de Suzette</em>, publication bien-pensante où tout était ordonné de manière carrée pour préparer les lectrices à leur destin de mère de famille et bonne ménagère. La Bretagne y était représentée par une héroïne maison, Bécassine, autour de qui gravitaient notamment la marquise de Grand-Air et sa fille adoptive Loulotte. Comme un coup de pied dans un jeu de cubes ou un éternuement sur un château de cartes, <em>Gosse de riche</em> vient bouleverser les règles convenues&nbsp;: Loulotte y est devenue Colette, une jeune femme libérée, et la marquise une entremetteuse louche, la baronne Skatinkolovitz.</p>
<p>Forte d’une dizaine de représentations à Paris (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">voir le compte rendu de Christophe Rizoud</a>) qui a permis de bien roder le spectacle, Les Frivolités parisiennes commencent avec Compiègne et Reims une tournée qui promet d’être mémorable, car ce soir, le théâtre impérial, plein à craquer, a fait un triomphe à la troupe venue défendre cette œuvre pour le moins atypique. En effet, dans cette opérette hors normes dont on fête le centenaire, Maurice Yvain, après les triomphes de <em>Ta bouche</em> (1922) et <em>Là-Haut</em> (1923), fait un sort à la société bourgeoise du temps avec ses secrets de familles, en même temps qu’aux parvenus et nouveaux riches, et à leur rapport avec l’art contemporain.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_2259-FO-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-158899"/><figcaption class="wp-element-caption">© Camille Girault</figcaption></figure>


<p>Cette bombe jouissive fut saluée par la presse lors de sa création et connut un succès honorable, mais sera néanmoins relativement oubliée &#8211; sauf de l’ORTF* &#8211; comme beaucoup d’autres œuvres du compositeur, au profit notamment de <em>Pas sur la bouche</em> (1925). Et pourtant la musique est à la fois délicieuse, raffinée et accomplie, faisant sienne des réminiscences de Reynaldo Hahn (Ciboulette) en particulier dans le duo «&nbsp;Il faut briser les feux charmants de notre chaîne&nbsp;», André Messager (Véronique) et Franz Lehár, et bien sûr les rythmes américains de danses alors à la mode, foxtrot, tango ou shimmy. Quelques airs, même s’ils ne sont pas passés à la postérité, font mouche&nbsp;: «&nbsp;Quand on est chic, chic, chic…&nbsp;», «&nbsp;Vous m’trouvez peut-être un peu fantaisiste…&nbsp;», «&nbsp;On m’traite, et j’y consens, de sale gosse de riche&nbsp;», l’air des combines de la baronne «&nbsp;Faible et tendre femme sans soutien&nbsp;», et le savoureux «&nbsp;J’veux choisir c’qui m’fait plaisir&nbsp;».</p>
<p>L’intrigue est passablement embrouillée et difficile à raconter en quelques mots&nbsp;: au départ, un peintre est amoureux de Colette, la fille de l’amant de sa maîtresse, et suit tout ce petit monde en villégiature en Bretagne. Les péripéties se multiplient, un peu à la manière de Feydeau, avec pour toile de fond une critique acerbe de la société. Les caricatures burlesques de personnages amoraux constituent un tableau de famille monstrueux, qui fait d’autant plus rire. Le public, qui répond au quart de tour, est en effet conquis, et prouve que l’œuvre n’a pas vieilli d’un iota. La mise en scène de <strong>Pascal Neyron</strong>, malgré un dispositif scénique un peu minimalistes, fait la part belle à tous ces éléments, et est d’une redoutable efficacité. Entre déterminisme social et rébellion, on suit ainsi avec amusement la jeune et naïve Colette, avec son petit air d’Amélie Poulain, dans sa recherche de liberté́ et d’émancipation.</p>
<p>Les conditions de représentation au théâtre impérial sont évidemment très différentes de celles de l’Athénée, où l’opérette vient d’être reprise : salle de grandes dimensions et large plateau obligent la troupe à prendre de nouvelles marques. Il est un peu dommage que le jeu se concentre souvent en fond de scène, alors qu’il aurait pu utiliser davantage la vaste avant-scène le plus souvent délaissée. Les textes parlés auraient ainsi bénéficié d’une meilleure perception (ou bien il aurait fallu mettre les textes parlés en surtitre, comme pour les textes chantés). Les acteurs sont en tout cas tous épatants, dans les joyeux et parfois surprenant costumes de <strong>Sabine Schlemmer</strong>, agrémentés de perruques et de chapeaux à l’unisson. Aussi à l’aise dans le jeu de comédie que dans le lyrique et dans la danse, ils entraînent une totale adhésion. Ils savent comme personne égrener les chansons qui composent l’opérette, et dire les textes parlés à une cadence effrénée &#8211; pas un temps mort &#8211; même si c’est parfois au détriment de leur bonne compréhension.</p>
<p><strong>Lara Neumann</strong>, dont on connaît depuis longtemps la verve comique, campe une étonnante Suzanne Patarin, dont la parodie de danse bretonne restera un morceau d’anthologie. Affublée d’une coiffe bigoudine,<strong> Marie Lenormand</strong> est de son côté une truculente baronne Skatinkolowitz, dont on a du mal à mesurer l’insondable duplicité. Malgré les embûches qui les séparent,<strong> Amélie Tatti</strong> et <strong>Aurélien Gasse</strong> (Colette Patarin et André Sartène) roucoulent à l’unisson avec de jolies voix chantées. <strong>Philippe Brocard</strong> est pleinement convaincant en Achille Patarin, à qui il prête sa voix solide et musicale. <strong>Julie Mossay</strong> et <strong>Charles Mesrine</strong> composent enfin les savoureuses silhouettes de Nane et de Léon Mézaize. Le petit orchestre des Frivolités, dirigé par le premier violon, fait merveille dans l’excellente acoustique du théâtre impérial. Une belle réussite de plus à l’actif des Frivolités parisiennes&nbsp;!</p>
<pre>*Voir le remarquable site Internet de Jacques Gana «&nbsp;Encyclopédie multimédia de la comédie musicale théâtrale en France, 1918-1944&nbsp;», où il est possible d’écouter les enregistrements des œuvres répertoriées, et notamment pour ce <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.ecmf.fr/cm/index01e0.html"><em>Gosse de riche</em></a> ceux de l’ORTF de 1968 et 1970.</pre>
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		<item>
		<title>YVAIN, Gosse de riche &#8211; Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/yvain-gosse-de-riche-paris-athenee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Mar 2024 06:44:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De la vingtaine d’opérettes composées par Maurice Yvain, Gosse de riche n’est la plus célèbre. L’œuvre connut un relatif insuccès comparé au triomphe de Ta bouche deux plus tôt, en 1922, et de Là-Haut l’année précédente (76 contre respectivement 582 et 260 représentations). Non qu’elle soit dépourvue de qualité, à commencer par une intrigue vaudevillesque &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>De la vingtaine d’opérettes composées par Maurice Yvain, <em>Gosse de riche</em> n’est la plus célèbre. L’œuvre connut un relatif insuccès comparé au triomphe de <em>Ta bouche</em> deux plus tôt, en 1922, et de <em>Là-Haut</em> l’année précédente (76 contre respectivement 582 et 260 représentations). Non qu’elle soit dépourvue de qualité, à commencer par une intrigue vaudevillesque prétexte à quiproquos désopilants assortie d’une satire réjouissante de la société – on constate que peu de choses ont changé en un siècle. Mais les lyrics de Jacques Bousquet et Henri Falk, si spirituels soient-ils, ne peuvent rivaliser avec ceux d&rsquo;Albert Willemetz. Privée de tubes, la partition elle-même paraît inégale, parfois inspirée, parfois inaboutie avec des numéros qui tombent à plat ou si brefs qu’ils n’ont pas le temps de faire mouche, comme si le compositeur était à court d’idées ou cherchait son style.</p>
<p>Pour l’apprécier à sa juste mesure sur la scène de l’Athénée, il aurait fallu soigner davantage la prononciation du texte. Parlés, les dialogues sont débités à une vitesse qui empêche d’en saisir toujours le sens. Chantés, l’œil s’accroche aux écrans de surtitres de part et d’autre de la scène afin de comprendre les paroles et d&rsquo;en goûter l’esprit, au détriment de l&rsquo;attention portée aux chanteurs. Seule exception au volapük ambiant, <strong>Philippe Brocard</strong> campe un Achille Patarin toujours intelligible, servi par une voix de baryton timbrée et bien projetée. Se détachent les rôles de caractère – <strong>Marie Lenormand</strong> en Baronne, <strong>Lara Neumann</strong> en Suzanne Patarin et même, dans le rôle pourtant épisodique de Léon Mézaize, <strong>Charles Mesrine</strong> – tandis que les deux jeunes premiers – <strong>Amélie Tatti</strong> en Colette Patarin, <strong>Aurélien Gasse</strong> en André Sartène – se débattent avec des partitions plus lyriques, et donc plus exigeantes, qui semblent avoir pris Franz Lehár pour modèle. L’un des plus grands succès de Henry Defreyn, le créateur de Sartène, ne fut-il pas Danilo dans <em>La Veuve Joyeuse</em> ?</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/img_2261_1000_1000-1294x600.jpg" />© Camille Girault</pre>
<p>Les décors et les costumes sont réduits à l’essentiel avec quelques partis-pris surprenants. Etrange la chemise transparente de Patarin ! Osé, le tablier de Sartène qui ne cache rien de la partie la plus charnue de son anatomie ! La mise en scène de <strong>Pascal Neyron</strong> fait claquer les portes comme il se doit dans ce type de comédie. Entrées et sorties sont réglées au cordeau, sans plus d’inventivité. Le grain de folie nécessaire à ce répertoire frôle souvent l’hystérie – l’entrée surjouée de Colette.</p>
<p>Ne soyons cependant pas trop sévères. Une opérette de Maurice Yvain offre toujours la garantie de passer un bon moment. Les Frivolités Parisiennes ne sont jamais aussi convaincantes que dans ce répertoire qui leur est consubstantiel. L’absence de chef d’orchestre ne nuit ni à l’homogénéité, ni à la fluidité. La précision des ensembles n’est jamais prise en défaut. L&rsquo;air de la baronne, « Combine », ou la Fest-Noz menée biniou battant par Lara Reimann font partie de ces moments inénarrables qui, en dépit de nos réserves, aident à passer une joyeuse soirée.</p>
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		<title>, V’lan dans l’œil — Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/vlan-dans-loeil-bordeaux-tout-tourne-tourne-tourne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Claude Meymerit]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Feb 2021 04:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Initialement intitulé l’Œil crevé, cet opéra-bouffe change de nom et devient à sa création en 1867, V’lan dans l’œil. Du compositeur Louis-Auguste-Florimond Ronger dit Hervé, cet ouvrage fut à l’époque un énorme succès. Peu à peu oublié du répertoire, il nous revient sur la scène du Grand Théâtre grâce à une coproduction de Bru Zane &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Initialement intitulé l’<em>Œil crevé</em>, cet opéra-bouffe change de nom et devient à sa création en 1867, <em>V’lan dans l’œil.</em> Du compositeur Louis-Auguste-Florimond Ronger dit Hervé, cet ouvrage fut à l’époque un énorme succès. Peu à peu oublié du répertoire, il nous revient sur la scène du Grand Théâtre grâce à une coproduction de Bru Zane France, de l’Opéra national de Bordeaux et de l’Opéra de Limoges. Auteur d’une centaine d’ouvrages, seule une petite poignée d’œuvres d’Hervé est régulièrement montée sur les scènes françaises. Aussi, la programmation de <em>V’lan dans l’œil</em> était très attendue du public.</p>
<p>Malheureusement la situation actuelle liée à la pandémie sanitaire a interdit toutes les représentations prévues ces jours-ci sur la scène bordelaise. Les répétitions des artistes et le travail des équipes techniques étant très avancés, les coproducteurs ont décidé de réaliser une captation d’une représentation donnée à huis clos pour une diffusion prochaine sur France 3. C’est la Société Oxymore Productions qui est chargée de la réalisation.</p>
<p>L’intrigue et le dénouement de cet ouvrage sont pratiquement inexplicables. Plongé dans un tourbillon de couplets légers et endiablés, d’imposants décors mobiles, de costumes loufoques et de lumières aux néons colorés, le tout dans une mise en scène déjantée de <strong>Pierre-André Weitz</strong>, le spectacle est sûr de plaire aux téléspectateurs. On peut vraiment parler de travail d’équipe ou de troupe. Tous les protagonistes se connaissent très bien et ont déjà travaillé ensemble dans d’autres productions lyriques. En occupant tout l’espace, les artistes habités par leur personnage,  semblent fonctionner comme des piles électriques vivantes. Ce rythme effréné se prête vraiment à l’œuvre qui demande une communion de surréalisme et de bouffonnerie. Le metteur en scène a su utiliser toutes les ficelles du visuel et cela fonctionne. Tout tourne, tourne, tourne… tout danse, danse, danse… comme dirait Jacques Offenbach, le rival et ami d’Hervé.</p>
<p>Les chanteurs-acteurs offrent des moments savoureux pleins d’humour comme l’air de la « langouste » ou de la « menuiserie » ou encore celui de l’entrée de la Marquise. Les textes de ces couplets surréalistes gardent toujours leur modernité. Conditions sanitaires obligent, les artistes du Chœur ont pris place dans la salle, sur les premières hauteurs. Cette disposition apporte une dimension assez exceptionnelle à l’harmonie musicale de l’ouvrage et à la théâtralité de l’action scénique. Leurs voix forment une enveloppe globale efficace et séduisante. On finirait presque par rêver de représentations lyriques avec les chœurs répartis dans les hauteurs du théâtre. Le seul bémol de cet opéra-bouffe est celui du livret parlé. Quelques grandes coupes auraient été les bienvenues surtout sur certains monologues assez fastidieux à l’écoute. Il est dommage que le rythme endiablé soit brusquement coupé par des interventions de textes assez usés et criés. Dans la fosse avec sa quarantaine de musiciens, <strong>Christophe Grapperon</strong> à la tête de l’Orchestre National de Bordeaux Aquitaine apporte toute l’énergie aux galops musicaux rappelant l’esprit et la légèreté de l’époque. On aurait bien tapé des mains et des pieds avec lui.</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>Sauvons la caisse/Faust &#038; Marguerite  — Noisiel</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/sauvons-la-caissefaust-marguerite-noisiel-ah-je-ris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thomas Niel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Mar 2020 17:41:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Production du Palazzetto Bru Zane jouée pour la première fois en juin dernier au Théâtre Marigny, Sauvons la caisse/Faust &#38; Marguerite assemble deux très courtes opérettes, la première de Charles Lecocq et la seconde de Frédéric Barbier. Outre l’époque de leur création, ces deux pièces n’ont en commun que leur légèreté dramatique et l’étrange écho &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Production du Palazzetto Bru Zane jouée pour la première fois en juin dernier au Théâtre Marigny, <em>Sauvons la caisse/Faust &amp; Marguerite</em> assemble deux très courtes opérettes, la première de Charles Lecocq et la seconde de Frédéric Barbier. Outre l’époque de leur création, ces deux pièces n’ont en commun que leur légèreté dramatique et l’étrange écho contemporain du sujet abordé. Le Palazzetto ne s’y est pas trompé en confiant leur interprétation à la compagnie <strong>Les Brigands</strong>, dont le nom est désormais bien identifié à un savoir-faire certain en la matière. </p>
<p>La mise en scène très sobre de <strong>Lola Kirchner</strong> a pris le parti de reprendre une ambiance d’époque. Les artistes se déplaçaient dans un espace délimité par un petit rideau rouge, une table de maquillage et un sceau contenant divers balais et serpillères.   </p>
<p>Mais ce décor parcimonieux a permis de concentrer toute son attention sur le jeu des trois artistes, dont la présence scénique était remarquable. A la fois musiciens et comédiens, ils ont joué avec maîtrise des ressorts comiques et dramatiques des deux pièces. Le ténor <strong>Flannan Obé</strong> s’est particulièrement distingué dans ses rôles de Cruchinet, valet amoureux et docile et Faust, chanteur « de province » trouvant davantage de malheur dans ses bretelles cassées que dans la salle désertée par le public. Il a déployé une diction claire, un engagement physique important et une sagacité dans son chant aux multiples tons. La soprano <strong>Lara Neumann</strong> était admirable dans son rôle d’une Marguerite à la parole franche et à l’accent titi parisien, composant alors pour la pièce de Barbier un couple véritablement pétillant avec son amant. Disposant également une belle maîtrise dans sa voix, elle a mêlé une technique plus « comédie musicale » dans les graves à une technique lyrique certaine. Le troisième larron était accordéoniste : <strong>Pierre Cussac</strong> tenait solidement la partition d’orchestre entre ses mains, et devenait ponctuellement un personnage participant activement aux effets comiques, par exemple avec les reprises de cadences interminables de Cruchinet béat ou les motifs parodiques du Faust de Gounod.</p>
<p>L’opérette de Lecocq met en scène la domination d’une cavalière-acrobate qui profite d’un valet godelureau pour se venger de son maître qui l’avait autrefois insultée. Loin de toute position victimaire, elle incarne un personnage féminin revanchard, mais qui punit finalement le serviteur plutôt que le maître. Bien qu’amusante, cette pièce souffre davantage du passage des années, la caricature du hongrois relevant d’un folklore légèrement tisonnier. L’œuvre de Barbier offre en revanche une grinçante acuité contemporaine sur la question de la diffusion des artistes : Faust et Marguerite sont les personnages parodiques de l’opéra de Gounod, qui chantent à Fouilly-les-Mouches ; là-bas le public les délaisse, fatigué d’être servi par des versions économes des grandes œuvres jouées à Paris.</p>
<p>Cette pièce ironique trouvait ainsi une pertinence réelle à être jouée dans une Scène nationale, dont la mission est aussi de diffuser du lyrique malgré des coûts – et des goûts reconnaissons-le aussi – pouvant s’avérer discriminatoires. La Ferme du Buisson, qui a l’avantage d’être aussi un cinéma, propose notamment tout au long de sa saison des diffusions d’opéras filmés. Toutefois, à l’image de l’opérette, le public fut, d’apparence du moins, également une caricature dans l’âge. Mais à l’heure de l’émergence de l’expression « Ok boomer », comment ne pas se réjouir aussi que des jeunes musiciens arrivent à égayer avec talent leurs aînés ?   </p>
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		<title>Palazzetto Bru Zane &#8211; Gala des 10 ans — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/palazzetto-bru-zane-gala-des-10-ans-paris-tce-noces-detain/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Oct 2019 06:57:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Selon une tradition vénitienne, le doge célébrait chaque année ses épousailles avec la mer. Voici dix ans que des noces musicales unissent Venise à notre pays, depuis qu’un petit palais de Venise porte le nom franco-italien de « Bru Zane ». Dix années pendant lesquelles la musique française du XIXe siècle et du XXe naissant, longtemps délaissée, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Selon une tradition vénitienne, le doge célébrait chaque année ses épousailles avec la mer. Voici dix ans que des noces musicales unissent Venise à notre pays, depuis qu’un petit palais de Venise porte le nom franco-italien de « Bru Zane ». Dix années pendant lesquelles la musique française du XIXe siècle et du XXe naissant, longtemps délaissée, est revenue sur le devant de la scène grâce à ce mariage qu’il était temps de fêter comme il le mérite. Nous reviendrons bientôt sur un autre aspect de ces Noces d’étain (le coffret de dix disques commémoratifs, intitulé <em>The French Romantic Experience</em>) mais le Théâtre des Champs-Elysées accueillait ce lundi 7 octobre un concert de gala pour lequel le Centre de musique romantique française avait réuni quelques-uns de ses plus fidèles collaborateurs. Rien de démesuré, rien de clinquant pour fêter cet anniversaire, mais un programme représentatif des orientations du PBZ, et offrant un judicieux cocktail de nouveau et de connu.</p>
<p>Certes, la musique de chambre ou la musique religieuse brillent par leur absence, mais auraient-elles vraiment eu leur place dans un événement festif où plus on est de fous, plus on rit ? Il fallait bien une formation d’une quarantaine de musiciens pour occuper le plateau du TCE : c’est l’<strong>Orchestre de chambre de Paris</strong> qui se prête à l’exercice, après avoir joué <em>La Reine de Chypre</em> pour le Palazzetto, déjà entre les mains expertes d’<strong>Hervé Niquet</strong>, cheville ouvrière de bien des résurrections organisées au cours de ces dix années, depuis une certaine <em>Andromaque </em>de Grétry. Même s’il ne peut résister à quelques-unes des facéties qui le caractérisent, le chef se révèle ce soir exceptionnellement sobre, et ne cherche nullement à tirer la couverture à soi. On apprécie d’autant plus la fermeté avec laquelle il dirige un répertoire auquel personne ne saurait plus songer à reprocher la moindre tiédeur. L’orchestre seul brille ainsi dans une des danses tirées du <em>Tribut de Zamora</em>, recréé <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/le-tribut-de-zamora-munich-berlioz-aux-anglais-gounod-aux-allemands">en janvier 2018</a> avec, déjà, Hervé Niquet à la baguette : cette savoureuse espagnolade montre que, même en fin de parcours, Gounod savait encore y faire. Autre pièce purement instrumentale, le <em>Concerstück</em> écrit par Gabriel Pierné pour mettre en relief la virtuosité d’un(e) harpiste, et où <strong>Emmanuel Ceysson</strong> brille autant qu’on pouvait s’y attendre.</p>
<p>L’ouverture de <em>Madame Favart</em>, donnée en lever de rideau, laisse bientôt deviner comment se déroulera la soirée, fort habilement mise en espace par <strong>Romain Gilbert</strong>, metteur en scène de la <em>Périchole</em> bordelaise qu’on reverra prochainement à Versailles. Le concert associant opéra et opérette, on a imaginé une rivalité digne d’<em>Ariane à Naxos</em> entre deux groupes d’artistes : à gauche, les sérieux, les guindés, pour la plupart vêtus de noirs, qui soufflent dix bougies sur un gâteau noir au milieu de canapés noirs ; à droite, les comiques, les bouffons, aux tenues bariolées et aux meubles dépareillés. Après une hostilité initiale, les deux camps finiront par fraterniser et par chanter ensemble, l’atmosphère ayant été notamment réchauffée par les interventions parlées d’un <strong>Olivier Py</strong> affichant les travestissements les plus loufoques. Renouant avec une tradition datant de Charpini et Brancato, le même Olivier Py est Bettina dans le duo des dindons de <em>La Mascotte</em> où <strong>Rodolphe Briand</strong> lui donne la réplique avec autant de verve que dans « J’viens d’perdr’ mon gibus », chanson délicieusement absurde de Félix Chaudoir. Dans la même veine, comment résister au tandem <strong>Lara Neumann</strong>&#8211;<strong>Flannan Obé</strong>, même si la parodie pratiquée par Frédéric Barbier dans son <em>Faust et Marguerite</em> paraît d’abord un peu lourde. Aucune réserve, en revanche, face à l’air de la duchesse Totoche dans <em>Les Chevaliers de la Table Ronde</em>, où <strong>Ingrid Perruche</strong> est épatante dans son faux air de grand opéra.</p>
<p>Côté sérieux, on entend des œuvres allant d’un bout à l’œuvre de la fourchette temporelle couverte par le Palazzetto, depuis la <em>Phèdre</em> de Lemoyne (1786), récemment <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/phedre-budapest-les-femmes-viennent-de-venus-les-hommes-de-diane-ou-de-neptune">ressuscitée à Budapest</a>, et où <strong>Judith Van Wanroij</strong> renouvelle sa performance dans le rôle-titre, jusqu’au <em>Dante</em> de Godard (1890), où se reforme le duo <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/dante-versailles-non-ne-te-rendors-pas-encore">constitué en 2016</a> : <strong>Edgaras Montvidas</strong>, poète plein de fougue, et <strong>Véronique Gens</strong>, délicate Béatrice, chantent magnifiquement (et un peu wagnériennement) leur amour impossible. S’il manque la cantate du Prix de Rome, genre porté à bout de bras par le PBZ, la mélodie est bien là, avec <em>Extase</em> de Saint-Saëns, interprété par <strong>Tassis Christoyannis</strong> avec intensité et intériorité. L’adaptation de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/soyez-soumis-a-sa-puissance">Mozart par Lachnith</a> pour <em>Les Mystères d’Isis</em> est toujours aussi ahurissante par l’inadéquation du texte français, mais le final du premier acte d’<em>Adrien</em> de Méhul permet de réviser son jugement sur une œuvre qui, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/adrien-les-licteurs-rapportant-aux-sabines-le-corps-des-horaces">au disque</a>, avait pu inspirer quelques réserves.</p>
<p>Surtout, le Palazzetto livre deux extraits d’œuvres auxquelles il ne s’est pas encore attaqué, mais qui éveille diablement l’appétit : <strong>Cyrille Dubois</strong> et Véronique Gens, admirables dans un fragment de <em>Lancelot</em> de Victorien Joncières, partition dont on a hâte de redécouvrir l’intégralité, et <strong>Chantal Santon Jeffery</strong> vocalise à merveille, accompagnée par le <strong>Chœur du Concert spirituel</strong>, dans un air de <em>Charles VI</em> où Halévy s’aventure dans le terrain brillamment arpenté par Meyerbeer au deuxième acte des <em>Huguenots</em>.</p>
<p>Pour finir, tous se retrouvent dans <em>La Vie parisienne</em>, mais on sent vite que ce n’est pas là le vrai final du concert, et qu’une œuvre plus étroitement associée au Palazzetto conclurait bien mieux les festivités. Avec le refrain emblématique des<em> Chevaliers de la Table Ronde</em>, la soirée se termine avec l’enthousiasme attendu, et permet de profiter du beau timbre grave de <strong>Marie Gautrot</strong>. Un seul vœu s’impose : puisse le PBZ fêter un jour ses noces d’or avec la musique française, ses noces de diamant, de platine, de chêne, etc…</p>
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		<title>LECOCQ, Le Docteur Miracle — Paris (Marigny)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-docteur-miracle-paris-marigny-cest-toujours-bien-chez-laurette/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Sep 2019 04:00:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On le sait désormais : on peut compter sur le Palazzetto Bru Zane pour raviver les couleurs des opérettes les plus éteintes. Depuis les représentations données en 1995 par la Péniche Opéra – qui avait eu l’excellente idée de proposer successivement les deux versions lauréates du concours organisé par Offenbach en juillet 1856 – Le Docteur &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On le sait désormais : on peut compter sur le Palazzetto Bru Zane pour raviver les couleurs des opérettes les plus éteintes. Depuis les représentations données en 1995 par la Péniche Opéra – qui avait eu l’excellente idée de proposer successivement les deux versions lauréates du concours organisé par Offenbach en juillet 1856 – <em>Le Docteur Miracle</em> a connu plusieurs enregistrements, mais il s’agissait toujours de la partition de Bizet. Evidemment, <em>Carmen</em> a une renommée plus universelle que <em>La Fille de Madame Angot</em>, mais quand on entend la version écrite par Charles Lecocq, on se dit qu’à moins de 25 ans, ce jeune homme avait parfaitement compris le système Offenbach et que l’élève égalait déjà le maître. Si Bizet lorgne plus du côté de l’opéra-comique, Lecocq a retenu la leçon de <em>Ba-Ta-Clan </em>et autres premiers succès des Bouffes-Parisiens. Sa musique est pleine de rythme et de dynamisme, mais elle sait aussi fort bien réussir les moments de tendresse amoureuse, à tel point qu’on en viendrait à ajouter foi aux allégations selon lesquelles la victoire ex aequo de Bizet serait surtout due à la protection de son professeur et futur beau-père Halévy.</p>
<p>Après des titres de Hervé revus en rayé noir et blanc – <em>Les Chevaliers de la Table Ronde</em> – ou en bleu-blanc-rouge – <em>Mam’zelle Nitouche</em> –, Lecocq bénéficie pour sa part d’une bonne couche de vermillon, appliquée non par Pierre-André Weitz, mais par <strong>Pierre Lebon</strong>, son assistant pour la scénoraphie et les costumes de la susdite <em>Nitouche</em>. Ainsi ripoliné, <em>Le Docteur Miracle</em> perd toute mièvrerie et emballe le public (pour cette première parisienne, plusieurs classes de lycéens étaient présentes et semblent avoir apprécié le spectacle). Après son discours initial sans doute destiné à éviter une soirée trop courte, le metteur en scène restera muet mais interprètera le rôle du domestique chassé et remplacé par Silvio déguisé. Dans un décor composé de caisses, de trappes et d’une échelle, sur le côté duquel se glisse le piano imperturbablement tenu par <strong>Martin Surot</strong> (entendu comme chef d’orchestre pour <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/la-foret-bleue-tourcoing-promenons-nous-hors-des-bois"><em>La Forêt bleue</em> à Tourcoing</a>), pendant que les quatre personnages se démènent à qui-mieux-mieux. Il y a bien quelques gauloiseries, notamment autour du personnage de Véronique, transformée ici en nymphomane qui guette le trépas de son époux, mais rien d’abusif. Les gags participent plutôt d’un climat de joyeuse dinguerie tout à fait efficace, d&rsquo;un univers clownesque où les mimiques excessives ne semblent pas déplacées pour un livret de pure convention, dont la production souligne judicieusement la parenté avec les premières farces de Molière.</p>
<p>Et c’est une belle équipe de chanteurs-acteurs que le Palazzetto Bru Zane a trouvée pour nous présenter les aventures de Laurette, aimée du capitaine Silvio qui, pour obtenir sa main, doit se déguiser en domestique niais puis en médecin charlatan. <strong>Makeda Monnet</strong>, dont notre collègue Alexandre Jamar avait salué l’aisance <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/le-grand-macabre-paris-le-macabre-lui-va-si-bien">dans la musique de Ligeti</a>, campe une délicieuse Laurette grâce à un timbre argentin et à son aisance dans la vocalisation. Le ténor <strong>David Ghilardi </strong>semble doté d’un corps en caoutchouc et son timbre est suffisamment charmeur pour conférer beaucoup de relief à l’amoureux Silvio. Comme on pouvait s’y attendre, la toujours gouailleuse <strong>Lara Neumann</strong> a dû inspirer la verve du metteur en scène, qui lui a concocté un personnage haut en couleurs, digne de nos meilleures humoristes ; vocalement, elle trouve les couleurs plus sombres qui l’opposent clairement au soprano juvénile de sa belle-fille Laurette. Enfin, affublé de postiches qui lui donnent une silhouette de Falstaff, voire de culbuto, le jeune et filiforme <strong>Laurent Deleuil</strong> est métamorphosé en bourgeois obèse, et se montre lui aussi parfaitement au diapason de la démence générale.</p>
<p>Si une bonne fée passe par ici, puisse-t-elle exaucer un souhait : faire enregistrer l’œuvre, avec orchestre, par ces mêmes chanteurs, afin de combler une lacune de la discographie…</p>
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		<title>, Mam’zelle Nitouche — Rouen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mamzelle-nitouche-rouen-denise-et-les-mauvais-garcons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Dec 2018 07:28:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Denise est une fausse ingénue qui, la nuit venue, va escalader le mur du couvent des hirondelles où elle poursuit ses études, pour rejoindre le lieu le plus sulfureux qui soit : le théâtre local où le hasard va la consacrer vedette sous le nom de « Mam’zelle Nitouche ». Qu’il est vilain de désobéir ! Denise est ainsi &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Denise est une fausse ingénue qui, la nuit venue, va escalader le mur du couvent des hirondelles où elle poursuit ses études, pour rejoindre le lieu le plus sulfureux qui soit : le théâtre local où le hasard va la consacrer vedette sous le nom de « Mam’zelle Nitouche ». Qu’il est vilain de désobéir ! Denise est ainsi entraînée sur la pente glissante du vice et de la débauche, vers le monde dissolu du théâtre. Est-ce ce que veut nous faire croire le metteur en scène <strong>Pierre-André Weitz</strong> en sous-titrant l’œuvre, sur le rideau de scène, « Opéra révolutionnaire », et en tentant de transformer la bluette qui ravissait nos grands-parents (et qui continue une étonnante carrière dans sa version « originale », notamment en Russie et en Europe centrale) en une satyre sociale peuplée de mauvais garçons ? En réalité, tout cela reste plus gentillet que subversif, d’autant qu’à la fin tout rentre dans l’ordre bourgeois. Ouf.</p>
<p>	La représentation se déroule sur un rythme effréné grâce notamment à un dispositif scénique à tournette très efficace qui fait s’enchaîner les scènes avec rapidité. Le public, un peu renfrogné au début (contexte général oblige) finit par se laisser entraîner. Il faut dire que certaines scènes dérideraient un macchabée, comme le démarrage au quart de tour pendant l’ouverture, le faux premier entracte, et le délire du Major qui voit défiler à vitesse accélérée toute l’action. Quant à « l’invocation à sainte Nitouche », c’est un morceau d’anthologie qui à lui seul vaut le voyage. La religion gentiment brocardée dans la version d’origine dépasse ici le kitsch saint-sulpicien pour rejoindre les Madones et religieuses troubles de Pierre et Gilles. Pour le reste, on peut tout juste parler parfois de transposition, sans que l’œuvre soit jamais trahie. Ainsi en est-il de choix souvent drôles, comme les apaches qui dansent la java, ou les soldats en tutu. D’autres sont plus étranges, tel le personnage typiquement germanique (et berlinois) de l’homme-femme de l’ouverture, bien gratuit puisqu’il n’y a dans cette œuvre aucun travestissement autre que ceux imposés par le metteur en scène. Passons aussi sur le clown blanc-régisseur, car c’est fort bien fait.</p>
<p><img decoding="async" alt="" height="312" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/img_2097_pressebd.jpg?itok=lwNcGIu0" width="468" /><br />
	© Photo Frédéric Stéphan</p>
<p>
	Ce serait donc plutôt bien s’il n’y avait malheureusement de véritables contresens, dont les moindres sont les élèves de l’institution transformées en nonnes, et le maître de musique portant une soutane. Mais le plus ennuyeux, c’est la distribution du rôle de Célestin/Floridor à un chanteur de type « jeune premier », là où le compositeur avait prévu l’homme mûr seul envisageable au milieu des sœurs et demoiselles de l’institution. Après beaucoup d’autres (on se souvient notamment de Raimu, Fernandel et Jean-Marie Proslier), et malgré ses grandes qualités de présence, de jeu et de chant, <strong>Damien Bigourdan</strong> n’arrive pas à imposer ce personnage qui n’a pas été conçu pour un jeune homme séduisant. Car dès lors, pourquoi Denise n’aurait-elle pas eu immédiatement le béguin pour lui ? Ce qui aurait bien évidemment été une tout autre histoire.</p>
<p>	En dehors de ce parti pris qui plombe un peu la représentation, on reste partagé devant les démonstrations délirantes d’<strong>Olivier Py</strong>. On sait ses compétences multiples d’homme de théâtre, d’acteur et de chanteur. Mais si son Loriot-comique troupier est en tous points remarquable, sa résurrection de Miss Knife pour jouer Corinne, et surtout la Mère supérieure, ne s’imposait peut-être pas. C’est drôle au début, encore que sa Corinne soit bien vulgaire sans avoir le charme canaille d’Ona Munson en Belle Watling. Mais au dernier acte, la Mère supérieure qui devient frénétique façon Guignol, comme si elle avait un train à prendre, est tout simplement insupportable, avec ses provocations excessives et bien inutiles.</p>
<p>	<strong>Lara Neumann</strong> est une actrice que l’on a toujours aimée dans <em>Lucienne et les Garçons</em> aux côtés de Flannan Obé, en même temps qu’une cantatrice rompue comme Flannan au style des opérettes classiques. Elle entraîne tout son monde avec un entrain communicatif, en privilégiant le côté roué de Denise et en la tirant vers le monde d’Anne-Élisabeth Blateau, plus que vers une simple ingénue même un peu libertine. Côté vocal, elle assure avec brio, même si donner trois représentations en trois jours ne peut pas ne pas avoir de répercussions physiques. Ainsi, alors que dans le disque d’extraits qui accompagne la tournée* elle offre une très bonne prestation chantée, on remarque ce soir sur scène des baisses de tonus qui dès le duo du « soldat de plomb » la mettent vocalement très en retrait de son partenaire au niveau du médium et font craindre pour la suite. Fort heureusement, tout rendre rapidement dans l’ordre et son « Babet et Cadet », notamment, est éblouissant.</p>
<p>	<strong>Samy Camps</strong> (Fernand de Champlâtreux) est à l’unisson, même si sa prononciation est quasi incompréhensible. <strong>Philippe Gérard</strong> en major est bien dans la tradition, le reste de la distribution est tout à fait excellent, et les comparses épatants. On regrette que les chœurs ne soient pas plus étoffés (c’est un euphémisme) car dès lors, l’œuvre prendrait une tout autre dimension. L’orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie fait merveille sous la baguette vive et précise de <strong>Christophe Grapperon</strong>, qui nous fait redécouvrir avec sa verve musicale habituelle les finesses de cette belle partition. Le public aussi a été conquis, et le manifeste chaleureusement, suscitant de nombreux saluts et deux reprises d’un des tubes de l’œuvre, « La Légende de la Grosse-caisse ».</p>
<p>* CD (extraits) édité par le Palazetto Bru Zane</p>
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		<title>, Mam’zelle Nitouche — Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mamzelle-nitouche-montpellier-question-de-priorite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Nov 2018 07:14:39 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/question-de-priorit/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Prenez un couvent où des jeunes filles portant des noms à particule sont préparées à leur vie future d’épouses, de mères et de femmes du monde par l’exercice de la piété et l’apprentissage de la musique. A sa tête une aristocrate qui veille à la permanence de cette éducation pour assurer celle de sa caste. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Prenez un couvent où des jeunes filles portant des noms à particule sont préparées à leur vie future d’épouses, de mères et de femmes du monde par l’exercice de la piété et l’apprentissage de la musique. A sa tête une aristocrate qui veille à la permanence de cette éducation pour assurer celle de sa caste. Une des pensionnaires, Denise de Flavigny, observatrice et déterminée, a découvert le secret du maître de musique : il mène une double vie. Organiste asexué le jour dans le saint lieu , il fréquente le soir le lieu profane de toutes les débauches, un théâtre. Les circonstances aidant, elle s’y rendra de son plein gré, sera amenée à remplacer au pied levé une diva capricieuse, et remportera un vif succès. Est-ce le début d’une nouvelle vie, en rupture éclatante avec son milieu ?</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/mg2_5503_nitouche.jpg?itok=wPeEqphi" title="Philippe Girard (le major) et Lara Neumann (Denise / Mam'zelle Nitouche) © dr" width="468" /><br />
	Philippe Girard (le major) et Lara Neumann (Denise / Mam&rsquo;zelle Nitouche) © dr</p>
<p>On pourrait le croire, à prendre à la lettre le panneau qui accueille les spectateurs : il représente <em>La Liberté guidant le peuple</em> d’après Delacroix et une inscription affirme que <em>Mam’zelle Nitouche</em> est une œuvre révolutionnaire. Mais si les ingrédients précités relèvent d’abord des conventions en usage chez la comtesse de Ségur pour bifurquer ensuite chez Balzac, la conclusion nous ramène au statu quo : l’aventure sera sans lendemain. Revenue au couvent, l’héroïne se jette dans les bras du beau militaire qu’elle a conquis : non seulement il est lui aussi issu de la caste mais de surcroît  il n’est autre que celui que ses parents avaient choisi ! N’est-il pas abusif de parler de révolution ?</p>
<p>Ce penchant à l’approximation outrancière, nous le percevons aussi dans la mise en scène. En faisant succéder l’univers sulfureux du théâtre à l’ambiance collet monté du couvent, le livret organise un contraste piquant. Mais si le couvent est peuplé, comme on nous le montre, de pensionnaires dissipées qu’une chorégraphie répétitive à l’air de déjà-vu fait se trémousser en gesticulant au moindre prétexte rythmique, l’effet de contraste est raté et la singularité de Denise est noyée dans la masse. On a évité la représentation conventionnelle du monde conventuel mais on l’a remplacée par une autre convention : le Couvent des Hirondelles est devenu celui de Sister Act. Pourtant le livret est clair : la référence, c’est Molière, que Célestin/Florimond invoque quand la présence d’esprit de Denise les sauve de l’inquisition de la Mère Supérieure.</p>
<p>Ainsi, la mise en scène de <strong>Pierre-André Weitz</strong> grossit le trait et alourdit inutilement l’œuvre. <strong>Olivier Py</strong> tombe dans ce travers quand son avatar, Miss Knife, campe une Mère Supérieure dont les vociférations semblent laborieusement et vainement chercher à être drôles. Du coup, sa Corinne semblera presque sobre, et au moins les citations d’opéra dont elle truffe son discours font mouche et provoquent le sourire. Même son Loriot évite intelligemment la caricature du comique troupier. Le spectacle porte du reste sa marque, avec l’aspect cabaret et la thématique de l’ambigüité du genre par la présence de travestis et de transformistes, mais Pierre-André Weitz est un de ses collaborateurs attitrés.</p>
<p>Les autres personnages, par bonheur, ne sont pas trop chargés. Si la gouaille de Denise ne nous semble pas nécessaire, même dans les chansons à onomatopées, elle reste supportable et le talent de <strong>Lara</strong> <strong>Neumann</strong> lui permet de passer de l’espièglerie du couvent à l’abattage du corps de garde avec une voix remarquable de fraîcheur. <strong>Damien Bigourdan</strong> s’acquitte avec brio du rôle de l’homme à la double vie, saint homme le jour et débauché le soir. <strong>Philippe Girard</strong> campe la complexité de la baderne sensible que Corinne cocufie.  Silhouettes plus que personnages, <strong>Antoine Philippot</strong>, <strong>Clémentine Bourgoin</strong>, <strong>Ivanka Moisan</strong> – remarquable danseuse – <strong>Pierre Lebon</strong> et <strong>David Ghilardi</strong> se montrent infatigables, bien qu’ayant enchaîné les représentations. Le comique de la sœur tourière est exploité par <strong>Sandrine Sutter. Samy Camps</strong>, enfin, incarne avec élégance l’impatience d’un jeune homme sentimental à qui le cynisme est étranger.</p>
<p>Dans la fosse <strong>Christophe Grapperon</strong> dirige l’orchestre dans une optique plus favorable, par l’éclat des cuivres et les tempi adoptés, à l’ambiance tapageuse d’un café-concert qu’au lyrisme que l’ouverture semblait promettre. L’impact sur le public est indéniable et déclenche au final les applaudissements rythmés, qui entraînent un bis, et ainsi de suite. Peut-on pour autant parler de réussite ? Cette représentation inflige à une œuvre peu connue le prisme des préoccupations du metteur en scène et d’Olivier Py. Etait-ce une priorité ?   </p>
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		<title>, Mam’zelle Nitouche — Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mamzelle-nitouche-nantes-janus-power/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Dec 2017 09:25:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Après le succès des Chevaliers de la Table Ronde qui tournent depuis deux ans, le Palazetto Bru Zane continue sa redécouverte des opérettes d’Hervé avec les mêmes artistes. Après Toulon, c’est Angers-Nantes Opéra qui accueille cette nouvelle création. Le « compositeur toqué » propose ici une fantaisie autobiographique : comme lui, Célestin, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Après le succès des <em>Chevaliers de la Table Ronde</em> qui tournent depuis deux ans, le <strong>Palazetto Bru Zane</strong> continue sa redécouverte des opérettes d’Hervé avec les mêmes artistes. Après Toulon, c’est Angers-Nantes Opéra qui accueille cette nouvelle création.</p>
<p>Le « compositeur toqué » propose ici une fantaisie autobiographique : comme lui, Célestin, son héros est organiste le jour avant de se transformer la nuit en Floridor, compositeur de musique légère. Hervé, titulaire de l’orgue de St Eustache se prénomme Louis-Auguste-Florimond, le clin d’oeil est donc assumé. Dans un registre plus souterrain, le livret évoque également sous des oripeaux légers ce qui a toutes les apparences d’un détournement de mineure. Or, en 1856, Hervé passa justement un an en prison pour des faits similaires, bien qu’il ait toujours clamé son innocence.</p>
<p>C’est sur cette ambivalence du sérieux et du léger que s’appuie la mise en scène endiablée de <strong>Pierre-André Weitz</strong>. Le titre même de la pièce l’indique bien : une « Mam’zelle Nitouche », c’est une demoiselle apparemment bien sous tout rapport, mais qui est bien moins respectable qu’elle n’y paraît. Le metteur en scène décline le thème de Janus de la manière la plus fantaisiste avec un personnage composite au costume mi-homme mi-femme à la Stromae, des bonnes sœurs montées sur cuissardes à talons aiguilles… La plupart des personnages secondaires d’ailleurs, tout comme Célestin/Floridor, sont incarnés successivement par les mêmes artistes qui passent de la bonne sœur à la danseuse de cabaret. Le cas le plus frappant est celui d’<strong>Olivier Py</strong>, brillant et survolté, qui incarne avec le même panache une mère supérieure onctueuse et arrangeante, une divette sur le retour fort dépoitraillée et un militaire branquignole à tutu. La voix de tête bien posée, il offre une prestation aussi loufoque que maitrisée avec des incursions crédibles dans le registre lyrique et surtout le formidable talent de comédien qu’on lui connait.</p>
<p>Le jeu d’inversion se poursuit jusque dans la distribution puisque Pierre-André Weitz est un scénographe récurrent des spectacles d’Olivier Py. Ici, c’est lui qui prend les commandes et on le retrouve partout ! En charge de la mise en scène, de la scénographie, des costumes, du maquillage, il incarne également le régisseur sous des oripeaux de clown !</p>
<p>Un clown qui a travaillé dur sans doute, soutenu par des assistants tous nommés à la distribution. Le fait est assez rare pour être souligné. Comme il se doit pour ce type de programme, sa mise en scène travaille le rythme de manière très précise et avec grande efficacité, même si cette hystérie perpétuelle donne un peu le tournis. A ce sujet, un plateau tournant divisé en trois zones permet de passer d’un lieu à l’autre, créant une fois encore un jeu sur les multiples facettes du réel. Le manège fini par s’emballer dans un final délirant.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="321" src="/sites/default/files/styles/large/public/nitouche-69480_0.jpg?itok=KhwqSbwv" title="© Jef Rabillon" width="468" /><br />
	© Jef Rabillon</p>
<p>Si les chorégraphies participent de cette cadence effrénée, celles du début du spectacle souffrent d’un rien de raideur. Elles sont d’ailleurs un peu inégales allant du vu et revu au drôle et à l’inventif. L’on regrettera également le recours excessif aux blagues visuelles potaches ou graveleuses qui alourdissent le propos, est-ce vraiment la loi du genre ? De même, le travail visuel époustouflant des <em>Chevaliers de la Table Ronde </em>a cédé la place ici à des choix plus convenus et moins esthétiques, notamment la vulgarité de certains costumes dont les couleurs jurent inutilement.</p>
<p>En revanche, la direction d’acteur est épatante. L’équipe est composé d’une magnifique brochette de comédiens-chanteurs très engagés physiquement et dont la diction s’avère particulièrement claire, dans les scènes parlées comme chantées. On aurait voulu, d’ailleurs, que la partition offre à certains plus d’occasions de nous faire profiter de leurs qualités vocales. <strong>Sandrine Sutter</strong> et <strong>Clémentine Bourgoin</strong>, par exemple, ne méritent que des éloges. La seconde allie un timbre piquant à un bel abattage. <strong>Samy Camps</strong>, quant à lui, est un amoureux charmant, dont les différents registres sont joliment lumineux. Il donne la réplique à une <strong>Lara Neumann</strong> éblouissante, dont la Denise craquante, délicieusement canaille est vocalement sensationnelle. La voix s’affirme sans peine, parfaitement projetée, forte d’un timbre rond, chaud et de graves sensuels qui se teintent d’humour lorsqu’elle se transforme en diva jazz. <strong>Damien Bigourdan</strong> est au diapason ; qu’il incarne Célestin ou Florimond, il joue toujours parfaitement juste, insufflant même à son personnage une élégance détachée qui fait merveille.</p>
<p>Le plateau est idéalement connecté à la fosse où <strong>Christophe Grapperon</strong> officie à la tête de l’<strong>Orchestre National des Pays de la Loire</strong> avec autant de précision que d’entrain. Il est le chef rêvé de ce répertoire dont il est spécialiste.</p>
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