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	<title>René PAPE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>René PAPE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Die Walküre &#8211; Sopot</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-sopot/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Jul 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Voilà quatre ans que le baryton-basse polonais Tomas Konieczny a redonné vie à l&#8217;Opéra Lesna &#8211; l&#8217;Opéra de la forêt – qui, dès 1909, imposait Sopot comme l&#8217;un des temples du wagnérisme en Europe. Renommé désormais Baltic Opera Festival, à un jet de pierre de Gdansk, la ligne directrice en est toujours centrée sur le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà quatre ans que le baryton-basse polonais <strong>Tomas Konieczny</strong> a redonné vie à l&rsquo;Opéra Lesna &#8211; l&rsquo;Opéra de la forêt – qui, dès 1909, imposait Sopot comme l&rsquo;un des temples du wagnérisme en Europe.</p>
<p>Renommé désormais Baltic Opera Festival, à un jet de pierre de Gdansk, la ligne directrice en est toujours centrée sur le maître de Bayreuth avec cette année <em>die Walküre</em> pour deux soirées précédées d&rsquo;un étonnant <em>Rheingold for kids</em>, spectacle jeune public qui résume<em> l&rsquo;Or du Rhin</em> en une heure très enlevée. La distribution, d&rsquo;un excellent niveau, y rassemble principalement de jeunes chanteurs polonais et fait la part belle aux textes en langue vernaculaire.</p>
<p>Ce soir, c&rsquo;est une <em>Walkyrie</em> d&rsquo;un exceptionnel niveau qui nous est proposé. Contrairement aux années précédentes, il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une création maison mais de l&rsquo;adaptation d&rsquo;une version de l&rsquo;Opéra de Copenhague datant de 2022.<br />
<strong>Tomasz Konieczny</strong> y tenait déjà le rôle de Wotan, comme il l&rsquo;a fait à Berlin ou Bayreuth.</p>
<p>Il a souhaité la reprendre car – selon ses dires – elle peut s&rsquo;envisager de manière autonome, et Sopot ne saurait proposer un<em> Ring</em> complet en une seule édition.<br />
Naturellement, il a fallu adapter la production au plein air puisque la particularité du <strong>Baltic Opera Festival</strong> est de se tenir au cœur de la forêt, dans un amphithéâtre de 5000 places impliquant une sonorisation fort bien dosée si l&rsquo;on excepte la « chevauchée des Walkyries » où le trait est inutilement appuyé alors que les interprètes sont excellentes, disposant de tous les moyens nécessaires pour passer l&rsquo;orchestre.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/1A5A0601-1294x600.jpg" /></p>
<pre style="text-align: center;">© Baltic Opera Festival</pre>
<p>La canopée nous enveloppe, s&rsquo;illumine d&rsquo;un rayon de soleil, le chant des oiseaux cède à la pluie qui tambourine sur le velum&#8230; Comme souvent dans les lieux alternatifs, un charme tout particulier est à l&rsquo;œuvre.</p>
<p><strong>Tom Scutt</strong> a conçu pour le Théâtre Royal danois un dispositif habile et élégant, d&rsquo;acier et de bois clair répondant aux teintes neutres et fondues des costumes japonisants où textures et matières sont travaillées avec soin.<br />
Flanqué d&rsquo;écrans lumineux, un immense escalier amovible occupe le centre du plateau, la misérable cabane de Hunding se cache à son revers, un pieu gigantesque le perfore au premier acte, donnant à Notung la dimension mythique qui lui sied avant que ne s&rsquo;y embrase de le bûcher du troisième acte.<br />
Autour de cette structure se déploie une vie de bureau parfaitement contemporaine avec cancans, ordinateurs portables, plans et maquettes. Chaque chanteur peut se saisir de ces accessoires – une peau de renard, deux statues d&rsquo;esprit mycénien pour les jumeaux&#8230; autant de supports à la pensée ou à la narration qui clarifient le propos pour le spectateur.</p>
<p>Wotan, l&rsquo;architecte, constamment présent sur scène, contemple son œuvre de son oeil unique, oriente l&rsquo;action, jouant négligemment avec la maquette de l&rsquo;escalier. Ses employées-walkyries commentent et sabrent même le champagne tandis que les jumeaux incestueux succombent à la passion.<br />
Cette mise en abyme fonctionne tout au long de la soirée, grâce également à une formidable direction d&rsquo;acteur, extrêmement vivante, naturelle, imaginée en orfèvre par <strong>John Fulljames</strong> à Copenhague et brillamment reprise à Sopot par<strong> Johanne</strong> <strong>Holten</strong>.</p>
<p>Tomasz Konieczny se targue d&rsquo;un cast majoritairement polonais, y compris pour les doublures, choix indispensable pour permettre à la musique de Wagner « de briller en Pologne à son plus haut niveau ».</p>
<p>Réunir un orchestre local fut apparemment une gageure, et là encore, un enjeu pédagogique. Le <strong>Baltic Opera Orchestra Gdansk</strong> renforcé par le <strong>Symphony</strong> <strong>Orchestra du Lviv National Philharmonic</strong> – dans une belle collaboration polono-ukrainienne – s&rsquo;avère excellent sous la baguette experte d&rsquo;<strong>Axel Kober</strong> avec lequel le directeur artistique collabore depuis vingt cinq ans à Mannheim.<br />
La battue souple et ample obtient le meilleur de la large phalange réunie ce soir. Les contrastes, les textures sont bien marqués de l&rsquo;âpre au soyeux ; les tempi justes, la dynamique soutenue, toujours au service des chanteurs.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/D39A9766-1294x600.jpg" /></p>
<pre style="text-align: center;">© Baltic Opera Festival</pre>
<p>Tomasz Konieczny, indéboulonnable Wotan dans plus de vingt productions propose une incarnation brillante, charnelle, depuis le démiurge triomphant jusqu&rsquo;au père démuni. La munificence de son instrument peut se raffiner jusqu&rsquo;au murmure, s&rsquo;alliant à une aisance et un naturel constants.</p>
<p>Pour sa part,<strong> Stanislas de Barbeyrac</strong> confirme, si besoin, qu&rsquo;il est un grand Siegmund. Après Dortmund, Londres puis Paris l&rsquo;an passé, il irradie de sensibilité, d&rsquo;intelligence vocale, d&rsquo;une émission profondément incarnée, d&rsquo;un constant relief expressif. Il forme un duo assez sublime avec <strong>Izabela Matula</strong> qui fait ce soir des débuts magnifiques en Sieglinde. Timbre moiré, unité des registres, aigus bien couverts, elle jouit également d&rsquo;une belle justesse des intentions.</p>
<p>La Brünnhilde de <strong>Stéphanie Müther</strong> après une entrée fragile, épanouit une ligne souple, à l&rsquo;émission claire où les nuances dynamiques servent intelligemment l’expression. Le passage où elle annonce à contre-coeur à Siegmund son destin est par exemple d&rsquo;une prenante simplicité.</p>
<p>Enfin, <strong>René Pape</strong> propose un Hunding viscéral que l&rsquo;on adore détester tandis que <strong>Malgorzata Walewska</strong> campe une Fricka mature au caractère bien trempé.</p>
<p>Un spectacle à retrouver le 5 juillet pour une seconde représentation à Sopot en attendant <em>Fidelio, Freischütz </em>et<em> Andréa Chenier</em> au programme 2027 de ce lieu à envisager désormais dans les pérégrinations estivales des festivaliers lyricomanes.</p>
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		<title>A Budapest, non pas un, mais deux Ring complets sur quatre jours</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/a-budapest-non-pas-un-mais-deux-ring-complets-sur-quatre-jours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jun 2026 16:09:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque année depuis 21 ans, le Müpa de Budapest, qui est à la fois un musée et une salle de concert, propose des Journées Wagner. Au programme cette année, année jubilaire oblige, sous la direction musicale de Ádám Fischer deux cycles complets de la tétralogie (Tomasz Konieczny, Norbert Ernst, Derek Welton, Magnus Vigilius, Magdalena Anna &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Chaque année depuis 21 ans, le <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://mupa.hu/en">Müpa de Budapest</a>, qui est à la fois un musée et une salle de concert, propose des Journées Wagner.<br />
Au programme cette année, année jubilaire oblige, sous la direction musicale de <strong><span class="font-sans text-sm font-normal leading-5">Ádám Fischer</span></strong> deux cycles complets de la tétralogie (<span class="font-sans text-sm font-normal leading-5"><strong>Tomasz Konieczny</strong>, <strong>Norbert Ernst</strong>, <strong>Derek Welton</strong>, <strong>Magnus Vigilius</strong>, <strong>Magdalena Anna Hofmann</strong>, <strong>Bryan Register</strong>, <strong>Daniela Köhler</strong>) </span>qui se dérouleront, c’est suffisamment rare pour le remarquer, chacun sur quatre jours consécutifs.<br />
Le premier cycle débute ce jeudi 18 juin et le second se tiendra du 25 au 28 juin. ForumOpéra rendra compte du second cycle.</p>
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		<item>
		<title>Munich 2024-25 : un nouveau Ring s&#8217;annonce</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/munich-2024-25-un-nouveau-ring-sannonce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Mar 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La tradition est respectée ; un nombre conséquent des grands noms des scènes lyriques se retrouvera Munich pour une saison marquée par le lancement d’une nouvelle tétralogie. Malheureusement, ce cycle s’étalera sur trois saisons et nous n’aurons droit l’an prochain qu’au prologue ; Das Rheingold a été confié à Tobias Kratzer et Vladimir Jurowski pour &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La tradition est respectée ; un nombre conséquent des grands noms des scènes lyriques se retrouvera Munich pour une saison marquée par le lancement d’une nouvelle tétralogie. Malheureusement, ce cycle s’étalera sur trois saisons et nous n’aurons droit l’an prochain qu’au prologue<em> ; Das Rheingold</em> a été confié à <strong>Tobias Kratzer</strong> et <strong>Vladimir Jurowski</strong> pour la direction d’orchestre. Parmi les autres nouvelles productions, <em>La Fille du régiment</em>, coproduction du San Carlo dans la mise en scène de <strong>Damiano</strong> <strong>Michieletto</strong> avec en alternance <strong>Pretty</strong> <strong>Yende</strong> et <strong>Lisette</strong> <strong>Oropesa</strong>. Il ne faudra pas manquer non plus le rare <em>Die Liebe der Danae</em>, mis en scène par <strong>Claus Guth</strong>, avec <strong>Malin</strong> <strong>Byström</strong> dans le rôle-titre et le Midas d’<strong>Andreas</strong> <strong>Schager</strong>. Pas plus que le nouveau <em>Don Giovanni</em>, le <em>Pénélope</em> de Gabriel Fauré mais avec <strong>Loïc Félix</strong> (Antonoüs) et <strong>Hélène Carpentier</strong> (Alkandre) comme seuls chanteurs français.<br />
Comme chaque année le festival d’été, les Münchner Opernfestspiele 2025 du 27 juin au 31 juillet. Le festival proposera la trilogie Da Ponte, <em>Katia</em> <em>Kabanova</em>, le dyptique <em>Cavalleria</em>/<em>Pagliacci</em> (<strong>Semenschuk</strong>, <strong>Kaufmann</strong>, <strong>Grigolo</strong>) ou encore <em>I Masnadieri</em> somptueusement servi (<strong>Schrott</strong>, <strong>Castronovo</strong>, <strong>Oropesa</strong>). <em>Lohengrin</em> sera aussi à l’honneur avec <strong>Pape</strong>, <strong>Beczala</strong>, <strong>Willis-Sørensen</strong>, <strong>Kampe.</strong><br />
Parmi les reprises une <em>Tosca</em> avec <strong>Lise Davidsen </strong>et <em>Turandot</em> avec <strong>Sondra</strong> <strong>Radvanovsky</strong>. Celle-ci sera aussi Lady Macbeth dans <em>Macbeth</em> (avec <strong>Gerald Finley</strong> dans le rôle-titre) <em>Die Tote Stadt</em> avec <strong>Klaus-</strong> <strong>Florian</strong> <strong>Vogt</strong> en Paul, <em>Aida</em> avec <strong>Elīna Garanča</strong> en Amneris et <strong>Arsen Soghomonyan</strong> en Radamès. A noter aussi une <em>Bohème</em> avec <strong>Angel Blue</strong> et<strong> Pene Pati</strong> ou encore un <em>Don Carlo</em> dirigé par <strong>Zubin Mehta</strong> (<strong>Schrott</strong>, <strong>Costello</strong>, <strong>Willis-Sørensen</strong>.<br />
Le programme est à retrouver <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.staatsoper.de/spielzeit-2024-25">ici</a>.</p>
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		<title>René Pape remplacé à la Scala</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/rene-pape-remplace-a-la-scala/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Nov 2023 11:03:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On apprend une nouvelle défection de René Pape&#160;; le Teatro alla Scala annonce en effet que la basse allemande renonce à tenir le rôle de Filippo II lors de la production de Don Carlo qui ouvrira la saison à Milan le 7 décembre, jour de la Saint-Ambroise. Rappelons le cast de rêve (Chailly /Netrebko, Garanča, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On apprend une nouvelle défection de <strong>René Pape</strong>&nbsp;; le Teatro alla Scala annonce en effet que la basse allemande renonce à tenir le rôle de Filippo II lors de la production de <em>Don Carlo</em> qui ouvrira la saison à Milan le 7 décembre, jour de la Saint-Ambroise. Rappelons le cast de rêve (Chailly /Netrebko, Garanča, Meli, Salsi et une mise en scène de Lluis Pasqual) prévu à l’occasion. C’est <strong>Michele Pertusi</strong>, coutumier du rôle, qui reprendra le flambeau. Forumopéra sera présent pour cet événement.<br />
Nouvelle défection en effet puisque Pape a aussi récemment disparu de la distribution du Ring berlinois de <strong>Dmitri Tcherniakov</strong>. Le Staatsoper Unter den Linden redonne en effet à partir de mars 2024, deux cycles complets de la Tétralogie que <strong>Christian Thielemann</strong> avait fait triompher l’an passé. <strong>Tomasz Konieczny</strong> reprendra le rôle de Wotan / Der Wanderer dans les trois premiers opus du cycle. C’est un rôle que le baryton-basse polonais connaît bien&nbsp;; il s’y était illustré à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-walkyrie-bayreuth-adagio-giocoso/">Bayreuth l’an passé</a> et à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-siegfried-zurich/">Zurich cette année</a>.</p>
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		<item>
		<title>WAGNER, Tristan und Isolde &#8211; Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tristan-und-isolde-munich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jul 2023 03:47:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Et si Tristan et Isolde ne s’aimaient pas vraiment, et partageaient simplement un intense désir commun d’en finir ? C’est ce qui semble être l’idée de départ de cette production de Krzysztof Warlikowski, créée ici-même il y a deux ans. Idée appauvrissant évidemment le mythe, et dont l’exécution est très imparfaite, pour ne pas dire &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Et si Tristan et Isolde ne s’aimaient pas vraiment, et partageaient simplement un intense désir commun d’en finir ? C’est ce qui semble être l’idée de départ de cette production de <strong>Krzysztof Warlikowski</strong>, créée ici-même <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-munich-la-mort-plus-forte-que-lamour/">il y a deux ans</a>. Idée appauvrissant évidemment le mythe, et dont l’exécution est très imparfaite, pour ne pas dire ennuyeuse. L’acte I est assez plat : un couple bourgeois se déteste mais se trouve réunit sous l’effet du LSD qui leur fait voir le papier peint avec une profondeur et une intensité insoupçonnée. Ils chercheront ensuite à reproduire ce paradis artificiel de façon définitive à l’acte II, le plus réussi. Notamment dans la distance que s’imposent les deux amoureux, ne se prenant dans les bras l’un de l’autre qu’en présence du roi, alors que seuls, ils ne faisaient que chercher leurs mains, assis chacun dans un fauteuil. Image la plus marquante du spectacle et tout à fait fidèle à cette histoire d’amour dans laquelle les protagonistes entretiennent inconsciemment leur passion dans l’évitement permanent. Même histoire sur la vidéo projetée : le couple dans une chambre d’hôtel, allongé sur un lit, se touchant à peine les mains ; chambre inondée par la puissance de leur union, et se quittant dans un ultime sourire tandis que les chanteurs s’enlacent enfin pleinement dans la mort à l’avant-scène. Quant à la tablette qu’ils posent devant eux pendant le duo et dont Melot se saisit comme preuve de leur trahison, elle contient sans doute des pilules de poison, les mêmes qui les séparent sur le lit, telle l’épée dans le mythe. Autour d’eux, Brangäne est la bonne copine qui connait un bon dealer, Marke le père moralisateur (la drogue c’est mal) et Kurwenal le psychanalyste de Tristan.</p>
<p>A côté de cela, beaucoup de signes parasites ou contradictoires : une danse de pantins de crash test dont l’un semble soutenir l’autre pendant le prélude, pantins qui reviendront tendre les épées pour le duel, puis doubleront de façon anticipée les personnages au dernier acte, au milieu d’une floppée de pantins enfants à la table desquels Tristan vient s’asseoir. Miroir de l’issue tragique de ce crash amoureux ? Karéol le foyer bourgeois et ennuyeux de Tristan ? la famille qu’il fuit ? Celle qu’il aurait pu avoir avec Isolde ? Libre à chacun d’interpréter : la copie du divan de Freud à l’avant-scène le rappelle. Isolde qui joue avec l’interrupteur au début du second acte puis éteint la lumière en regardant Tristan blessé avec mépris : transposition moderne vraiment prosaïque du refuge nocturne. Le marin en slip et déguisé en Tristan, ou cupidon aux yeux bandés, que Brangäne vient soigner pendant le récit d’Isolde, comment dire ?</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Tristan_und_Isolde_2023_A.Kampe_S.Skelton_c_W.Hoesl__5_-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-138047"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Wilfried Hösl</sup></figcaption></figure>


<p>Heureusement les satisfactions musicales sont plus nombreuses. Un mot pour les excellents ténors seconds rôles (Melot et le marin notamment). Passons ensuite sur la Brangäne criarde de<strong> Jamie Barton</strong>, qui devient pourtant enfin touchante et bien chantante dans les avertissements puis les supplications finales. Saluons le talent intact de diseur de <strong>Wolfgang Koch</strong> qui sauve ses interventions à l’acte III, tout en regrettant qu’il soit inaudible avant. Reconnaissons que <strong>René Pape</strong> n’a plus la puissance d’autrefois, mais que le timbre reste somptueux et la ligne parfaite : son monologue a le charme intime d’un long lied.</p>
<p><strong>Stuart Skelton</strong> est un Tristan au timbre sublime, à l’émission élégante et juste et qui, contrairement à Aix, tient jusqu’au bout de la représentation. Bien sûr il s’économise à l’acte I, et même encore un peu trop pendant le duo : on aimerait plus d’emportements et de sensualité, mais c’est finalement assez cohérent avec la direction d’acteurs. Toute cette énergie retenue semble se déverser, libérée par l’absence d’Isolde, dans des monologues torrentiels et néanmoins parfaitement maitrisés. On regrettera surtout la petite bouteille pas très discrètement sortie du Chesterfield pour se désaltérer entre deux déclarations passionnées.</p>
<p>Les Anja se succèdent et ne se ressemblent pas, <strong>Anja Kampe</strong> est à un niveau d’excellence constant et assez bluffant pendant tout le spectacle. De l’Ortrud vociférante n’ayant pas peur des cris, à la Sieglinde incandescente aux aigus ronds et suaves, le grand écart est vertigineux sur toute la tessiture. Etonnant enfin son<em> Liebestod</em> : loin de l’habituelle course à la résolution de l’accord initial, plutôt une balade sereine proche de la berceuse, à l’intensité constante, comme si toute la fièvre avait été dissipée avant, quand elle croyait encore pouvoir sauver Tristan.</p>
<p>L’orchestre du Bayerische Staatsoper est lui à son meilleur sous la direction de <strong>Lothar Koenigs</strong>. Fabuleux de précision, de poésie et de colorations, la chair de poule nous vient dès l’ouverture, les volumes et l’énergie sont à la fois irrésistibles et canalisés (le début du duo). On critiquera seulement les différents plans sonores qui sont parfois un peu confus (l’arrivée en Cornouailles) ou les moments dramatiques qui manquent d’urgence (les arrivées de Marke), renforcés par une direction d&rsquo;acteurs qui cherche décidemment plus à signaler des intentions qu&rsquo;à construire le drame.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tristan-und-isolde-munich/">WAGNER, Tristan und Isolde &#8211; Munich</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Staatsoper Berlin 2023-24 : trois créations mondiales</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/staatsoper-berlin-2023-24-trois-creations-mondiales/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Mar 2023 05:34:53 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=127787</guid>

					<description><![CDATA[<p>38 opéras seront présentés au total lors de cette nouvelle saison au Staatsoper Unter den Linden mais seulement 7 nouvelles productions ; parmi celles-ci 3 créations mondiales : Don’t you Nomi ? de Julia Lwowski, The Timeless Moment de Silvia Costa et Melancholie des Widerstands de Marc-André Dalbavie. Les autres nouvelles productions sont : Aida mis en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>38 opéras seront présentés au total lors de cette nouvelle saison au Staatsoper Unter den Linden mais seulement 7 nouvelles productions ; parmi celles-ci 3 créations mondiales : <em>Don’t you Nomi ?</em> de Julia Lwowski, <em>The Timeless Moment </em>de Silvia Costa et <em>Melancholie des Widerstands</em> de Marc-André Dalbavie.</p>
<p>Les autres nouvelles productions sont : <em>Aida</em> mis en scène par <strong>Calixto Bieito</strong> avec <strong>Elīna Garanča </strong>en alternance avec <strong>Ekaterina Semenschuk</strong> (Amneris), <strong>Marina Rebeka</strong> /<strong>Maria José Siri</strong> (Aida) ainsi que <strong>Yusif Eyvasof</strong> et <strong>René Pape</strong> ; <em>Médée</em> (Charpentier) mis en scène par <strong>Peter Sellars</strong> et dirigé par <strong>Simon Rattle</strong> avec <strong>Magdalena Kozena</strong> , Rusalka avec <strong>Christiane Karg</strong>, <strong>Pavel Cernoch</strong> et <strong>Anna Kissjudit</strong> et <em>Kowanchtschina</em> dirigé par <strong>Simone Young</strong> et mis en scène par <strong>Claus Guth</strong> avec <strong>Mika Kares</strong> dans le rôle du Prince Ivan.</p>
<p>Parmi les nombreuses reprises, le Ring de <strong>Dmitri Tcherniakov</strong> sera donné deux fois sous la direction cette fois de <strong>Philippe Jordan</strong>, <em>Macbeth</em> avec <strong>Anna Netrebko</strong> et <strong>Luca Salsi</strong> (direction <strong>Bertrand de Billy</strong>), l’<em>Elektra</em> de <strong>Patrice Chéreau</strong> (<strong>Merbeth, Meier</strong>), <em>Idomeneo</em> par <strong>David McVicar</strong> (<strong>Pirgu</strong>, <strong>Peretyatko</strong>), <em>Medea</em> (<strong>Rousset/Rebeka, Barbeyrac</strong>), <em>Daphne</em> (<strong>Boecker, Pape, Kissjudit</strong>), <em>Madama Butterfly</em> avec <strong>Sonja Yoncheva</strong> qui sera aussi de la partie dans <em>Tosca</em> avec <strong>Calleja</strong>, un <em>Lohengrin</em> avec en alternance, <strong>Klaus Florian Vogt </strong>et <strong>Andreas Schager</strong>, <em>La Fanciulla del West</em> avec <strong>Anja Kampe</strong> et <strong>Brandon Jovanovich.  </strong></p>
<p>Toute la programmation est à retrouver sur le site du <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.staatsoper-berlin.de/de/extra/programmbestellung/">Staatsoper Berlin</a>.</p>
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		<title>STRAUSS, Daphné — Berlin (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/daphne-berlin-staatsoper-plaine-de-desespoir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Mar 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Berlin est aujourd’hui une des quelques places où l’on peut entendre des opéras rares de Strauss ; Die ägyptische Helena (2016), Die Liebe der Danae (2016), pour ne citer que les plus récents, donnés au Deutsche Oper. Cette fois-ci c’est Unter den Linden que l’on peut entendre l’un des derniers opus straussiens, Daphne, dans une nouvelle production confiée pour l’occasion à Romeo &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 14px">Berlin est aujourd’hui une des quelques places où l’on peut entendre des opéras rares de Strauss ; <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/die-agyptische-helena-berlin-la-belle-helene-degypte"><em>Die ägyptische Helena</em></a> (2016), <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/die-liebe-der-danae-berlin-pluie-dor-ne-fait-pas-le-bonheur"><em>Die Liebe der Danae</em></a> (2016), pour ne citer que les plus récents, donnés au Deutsche Oper. Cette fois-ci c’est Unter den Linden que l’on peut entendre l’un des derniers opus straussiens, <em>Daphne</em>, dans une nouvelle production confiée pour l’occasion à <strong>Romeo Castellucci</strong>.</p>
<p style="font-size: 14px">Si <em>Daphne</em> n’est pas considérée comme l’une des pièces majeures de Strauss, c’est sans nul doute que le livret, pourtant sans cesse retravaillé par lui-même et Josef Gregor, possède trop de faiblesses pour susciter une inspiration pourtant bien présente… dans les parties purement orchestrales. Il est symptomatique que la plus belle page de l’œuvre, la scène de la Transformation (Verwandlungsszene), qui conclut l’ouvrage, soit exclusivement confiée à l’orchestre. Comme si, débarrassé des innombrables bavardages inutiles, Strauss laissait enfin libre cours à une veine mélodique encore intacte.</p>
<p style="font-size: 14px">Cette scène conclusive est admirablement rendue par un orchestre de la Staatskapelle, dirigé ce soir par <strong>Thomas Guggeis</strong>, plus inégal par ailleurs. La scène introductive nous a ainsi déçu par un cor anglais fébrile et comme dénué de poésie.</p>
<p style="font-size: 14px">Romeo Castellucci transpose ; rien d’étonnant à cela. Nous ne sommes plus dans la Grèce antique, mais au milieu d’une plaine éteinte, gelée, où règne le désespoir ; le cor anglais qui doit inviter à la fête, sonne dans le vide. Nous sommes dans un paysage enneigé au bord de l’apocalypse, sans que nous sachions d’où celle-ci viendra. Tout, le climat, le froid, le temps s’est figé. Cela donne, avec la neige, un tableau abstrait, et les flocons qui tombent de façon presque ininterrompue, une heure trois quart durant, font penser au pointillisme d’un Seurat. Cette neige sert aussi à masquer les choses, ce qui contraint le spectateur à être toujours très attentif à ce qu’il discerne pour décrypter les scènes. Le monde figuré est une Antiquité en ruine ; les restes, frises, colonnes, torses sont ceux d’un univers enfoui, englouti.</p>
<p><img decoding="async" alt="" height="273" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/https_www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_46542_0d2bd1fe93146c5df7f937c41007b6e4_daphne_rc_258.jpg?itok=wIVK-cmE" width="468" /><br />
	© Matthias Baus</p>
<p style="font-size: 14px">Daphné apparaît comme une frêle jeune femme ayant un besoin instinctif et impérieux d’un contact corporel avec la nature ; elle va de ce fait se retirer de plus en plus du monde social autour d’elle. La nymphe grecque devient notre contemporaine qui assume une rupture totale avec son environnement : là où l’autre verrait dans le froid et la neige une sorte de danger, Daphne montre son attirance. Relations sociales et contact avec la nature semblent être deux notions incompatibles. Daphne reste en permanence à l’extérieur du monde. Son corps est tenu à bonne distance des autres personnages, elle est d’une extrême timidité, qui se transforme en relation extatique avec l’arbre, qui tient lieu de nature entière. Sa posture est plus une forme de spiritualité que de protestation. Pour se fondre dans la nature, il faut renoncer à toute protection, à tout vêtement épais ; arrivée sur scène emmitouflée d’un manteau, de gants, bonnet, bottes et gilet, elle se dépouillera très vite pour faciliter le contact physique avec la neige, la terre. De la même façon elle rejette l’attention que lui portent les hommes. Elle se soucie peu de ce que les autres pensent. Elle ne participe à la fête que parce qu’elle y est contrainte. Dans la scène finale, elle prend littéralement racine dans la terre, dans l’humus et finit par y disparaître.</p>
<p><img decoding="async" alt="" height="312" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/https_www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_46550_e58c5c2ca5d3c97e3577d2be2fceb6fd_daphne_rc_303.jpg?itok=kw0RqeeA" width="468" /><br />
	© Matthias Baus</p>
<p style="font-size: 14px">Pour être totalement explicite et signifier le point de non-retour auquel notre civilisation est parvenue, Castellucci fait apparaître, au moment de la mort de Leukippos, une immense couverture du livre <em>The Waste Land</em> (<em>La terre vaine</em>) que le  Prix Nobel de littérature américain T.S Eliot publia en 1922 . Entre en effet en résonnance le monde de crise, de stérilité dans la société occidentale.</p>
<p style="font-size: 14px">Le rôle-titre est un des plus ardus de la littérature straussienne ; par sa densité, il nécessite une endurance et une concentration de tous les instants. <strong>Vera-Lotte Boecker</strong> possède ces deux qualités, et d’autres encore. Il y a suffisamment de puissance pour s’imposer face à un orchestre parfois tonitruant, il y a aussi la légèreté, la simplicité, la fragilité même qui doivent transparaître dans ce rôle. Belle découverte pour notre part que cette cantatrice qui n’a pas encore dépassé les frontières germanophones (elle se produit souvent à Vienne et y sera Lulu prochainement), et que le magazine <em>Opernwelt</em> a élue « Sängerin des Jahres 2022 ».</p>
<p style="font-size: 14px">Elle est fort bien entourée par ses deux parents : Peneios est tenu par <strong>René Pape</strong>. La chaleur absente de la scène se retrouve dans ses graves et ses mediums ; il est un père impuissant à ramener sa fille dans son monde à lui, celui où il faut se protéger de l’hostilité de l’environnement. <strong>Anna Kissjudit</strong>, que nous avions tant appréciée <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/das-rheingold-berlin-staatsoper-lor-resume-a-lanneau">ici-même</a> il y a quelques mois en Erda, est la mère, Gaea. Elle nous éblouit encore par les graves et la diction appliquée, totalement audible. Décidément, cette jeune contralto venue du froid méritera notre attention dans les années à venir.</p>
<p style="font-size: 14px">Forte déception en revanche pour les deux ténors, très en-dessous du reste du plateau, à un point même inhabituel ici. Ce ne sont ni <strong>Linard Vrielink</strong> (Leukippos), ni <strong>Pavel Černok</strong> (Apollo) qui sont blâmables (timbres et musicalité irréprochables), mais c’est que ces voix ne sont pas du tout dimensionnées pour la vastitude de la salle. Et donc, le déséquilibre est permanent dans les interactions qu’ont ces deux personnages primordiaux avec les autres protagonistes, sans parler de l’orchestre qui les submerge à la moindre vague. Tout cela est très dommageable à l’ensemble et le public ne s’est pas privé de l’exprimer à l’issue de la représentation.</p>
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		<title>PUCCINI, Turandot — Berlin (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/turandot-berlin-staatsoper-la-deshumanisation-autant-que-possible/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Mar 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Art total sur la scène du Staatsoper de Berlin pour la dixième représentation de la production de 2022 de Turandot, signée Philipp Stölzl. En plus des attributs habituels d’une mise en scène d’opéra, les machinistes ont en effet une partie déterminante à jouer, et c’est assez justement que trois d’entre eux sont invités sur scène &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Art total sur la scène du Staatsoper de Berlin pour la dixième représentation de la production de 2022 de <em>Turandot</em>, signée <strong>Philipp Stölzl</strong>. En plus des attributs habituels d’une mise en scène d’opéra, les machinistes ont en effet une partie déterminante à jouer, et c’est assez justement que trois d’entre eux sont invités sur scène aux saluts de fin de partie pour recueillir les applaudissements mérités de la salle.</p>
<p>La scène est en effet presque entièrement occupée par l’immense « marionnette » articulée (dans l’esprit « Royal de luxe »), figurant la princesse Turandot. Habillée en début de pièce d’une robe à panier, et le visage recouvert d’un masque chinois, cette marionnette, tout au long des trois actes, est en mouvement, émergeant d’une immense fosse circulaire en cœur de scène, s’élevant en l’air, et faisant l’objet d’un nombre incalculable de manipulations de la part d’une demi-douzaine de machinistes, accompagnant les mouvements assistés par ordinateur en régie. La performance technique mérite d’être soulignée et la réussite visuelle est totale. On saluera, en général, le travail d’éclairage et de décors (tout est signé de Philipp Stölzl) qui accompagne parfaitement la proposition du metteur en scène.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="330" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/https_www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_41926_dd989c112f202b2799284f0b23387062_ber_turandot_gp0036.jpg?itok=IJoHqf26" width="468" /><br />
	© Matthias Baus</p>
<p>L’idée est la déshumanisation autant que possible du personnage de Turandot. Il s’agit d’en faire une caricature d’elle-même, voire de mettre en doute son existence propre (elle ne fait pas d’apparition furtive au I, sa marionnette s’en charge !) : « Turandot n’existe pas » nous disent bien les trois compères Ping, Pang et Pong. Turandot c’est donc cette immense marionnette, sans vie, sans cœur, sans sexe non plus : quand le panier de la robe est soulevé par les machinistes, on n’y découvre rien d’autre qu’un vide sidéral. Point de vie, de matrice cachée. Pire même, ce vide est un lieu mortifère. C’est là que les prétendants sont suppliciés (les scènes sont montrées sans retenue). Elle ne donne pas la vie mais engendre la mort. Au III, lorsque des Pékinois seront exécutés, c’est toujours dans la fosse circulaire, sous la robe, qu’ils disparaitront. C’est encore sous la robe qu’un amas des crânes ayant appartenu aux anciens torturés devient un terrain de jeu des trois ministres qui jonglent avec les ossements.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="312" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/https_www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_41937_4dd94fcbc0ebea2c985e2fb1281c552a_ber_turandot_gp0356.jpg?itok=yotkZFeE" width="468" /><br />
	© Matthias Baus</p>
<p>Au fil de l’action, la marionnette est dépouillée de ses attributs, de la robe, de son tronc, et même de son masque chinois qui découvre alors…le crâne d’un squelette. Décidément cette Turandot incarne bien la mort, elle a tout pour faire fuir et on se demande ce qui peut attirer Calaf ! Pour être entièrement fidèle à son idée d’une princesse incapable de sentiments, le metteur en scène détourne le « happy end », en soi bien peu crédible, et choisit de la faire mourir : au lieu de se donner à Calaf, elle tombe morte dans ses bras, après s’être empoisonnée.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="313" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/https_www.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_41995_cac17cdb24c0570b0a94792b079bafd2_ber_turandot_ohp0755.jpg?itok=14VaBWWz" width="468" /><br />
	© Matthias Baus</p>
<p>Distribution de haut vol autour du jeune chef français <strong>Maxime Pascal</strong>. C’est donc lui qui a repris cette production créée en 2022 par Zubin Mehta. Il dirige une Staatskapelle toute en couleurs et percussion. La direction est soignée, l’attention portée aux chœurs est permanente, la partition l’exige. On aura plaisir à retrouver Maxime Pascal au festival d’Aix où il dirigera cet été <em>L’Opéra de quat’ sous</em>, puis <em>The Greek Passion</em> (Martinů) au festival de Salzbourg. Les chœurs d’hommes et de femmes viennent en nombre figurer le peuple pékinois et réalisent un sans-faute.</p>
<p><strong>Elena Pankratova</strong> est une princesse à l’inhumanité absolue et admirable. Aucune faille dans le chant, aucune fêlure dans les aigus perforants. « In questa reggia » donne le ton des deux derniers actes : ce sera sans faiblesse et sans limite. Nous découvrons <strong>Ivan Magri</strong> en Calaf. Le personnage qu’il incarne est attiré par la princesse comme un aimant. Il essaie de la comprendre, il est lui-même littéralement hissé à sa hauteur au I pour essayer de percer la mécanique qui se cache derrière la marionnette ; il n’y parviendra pas. Après une entrée un peu courte, Ivan Magri gagne en assurance et son « Nessun dorma » passe la rampe sans difficulté. <strong>Olga Peretyatko</strong> est une Liù de luxe. Elle est somme toute bien élégante sur scène pour être une esclave crédible ! Qu’importe, le « Signore ascoltà » du I est tout en finesse, les aigus sont filés et l’on retrouvera les mêmes qualités dans la scène de mort.</p>
<p><strong>René Pape</strong> en Timur, <strong>Giula Orendt</strong> (Ping), <strong>Andrés Moreno Garcia</strong> (Pang) et <strong>Matthew Newlin</strong> Pong), complètent superbement la distribution d’une production qui restera comme une des plus spectaculaires et intelligentes qui nous aient été données de voir de cet opéra.</p>
<p> </p>
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		<title>Homophobie : René Pape présente des excuses</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/homophobie-rene-pape-presente-des-excuses/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Jul 2022 06:44:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après les remous provoqués par ses déclarations homophobiques sur Facebook, René Pape, « profondément désolé », présente via le même réseau social des excuses pour des propos qu&#8217;il met sur le compte de l&#8217;alcool, de la dépression, de sa jeunesse dans une Allemagne de l&#8217;Est communiste où « la haine et la division étaient des incendies attisés par le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après les remous provoqués par <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/breve/homophobie-rene-pape-ne-chantera-plus-au-met">ses déclarations homophobiques sur Facebook</a>, <strong>René Pape</strong>, « profondément désolé », présente via le même réseau social des excuses pour des propos qu&rsquo;il met sur le compte de l&rsquo;alcool, de la dépression, de sa jeunesse dans une Allemagne de l&rsquo;Est communiste où « la haine et la division étaient des incendies attisés par le gouvernement » et d&rsquo;un démon intérieur contre lequel il lutte par intermittence. « Je vais passer l&rsquo;été à me concentrer sur ma santé, non seulement pour moi, mais pour que je puisse être meilleur pour tout le monde à l&rsquo;avenir », conclut-il en renouvelant ses « excuses les plus sincères », à la communauté LGBTQIA+ plus particulièrement.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="363" src="/sites/default/files/styles/large/public/pape3.jpg?itok=0WPQO4BI" width="468" /></p>
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		<item>
		<title>Homophobie : René Pape ne chantera plus au Met</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/homophobie-rene-pape-ne-chantera-plus-au-met/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Jul 2022 08:17:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Metropolitan Opera s’est associé comme chaque année aux événements organisés à l’occasion du mois des fiertés. L’an passé, des vidéos de Jamie Barton et Anthony Roth Costanzo faisaient le sel des réjouissances de ces journées festives et inclusives. Cette année, les représentants du Met défilaient très officiellement dans le cortège de la Marche des &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Metropolitan Opera s’est associé comme chaque année aux événements organisés à l’occasion du mois des fiertés. L’an passé, des vidéos de<strong> Jamie Barton</strong> et <strong>Anthony Roth Costanzo</strong> faisaient le sel des réjouissances de ces journées festives et inclusives. Cette année, les représentants du Met défilaient très officiellement dans le cortège de la Marche des Fiertés (Pride en anglais) new-yorkaise (ndlr : dans les pays anglo-saxons seules défilent les organisations affiliées et autorisées à l’inverse des pays latins où le cortège s’apparente à une manifestation). Bien évidement, cette participation a fait l’objet de publications officielles du Metropolitan, notamment sur Facebook. C’est par l’intermédiaire d’une de ces publications que <strong>René Pape</strong>, pourtant habitué de la scène new-yorkaise, semble avoir découvert le pot-à-l’arc en ciel, se fendant d’un commentaire certes confus mais à teneur homophobe suivi de quelques réponses du même acabit dans lesquelles il annonce ne plus vouloir remettre les pieds au Met. Les posts ont depuis été retirés mais dans le dur monde d’Internet, rien se perd. Ou plutôt si, peu de chance que la basse allemande retourne chanter sur la scène du Lincoln Center.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/pape2.jpeg?itok=1p8ulbBE" width="216" /></p>
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