<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Christoph PRÉGARDIEN - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/pregardien-christoph/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/pregardien-christoph/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sun, 18 Jan 2026 10:38:09 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Christoph PRÉGARDIEN - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/pregardien-christoph/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Pluie de (gros) anniversaires !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/pluie-de-gros-anniversaires/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cedric Manuel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Jan 2026 10:33:47 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=206695</guid>

					<description><![CDATA[<p>Voici quelques jours, le grand baryton Renato Bruson soufflait ses 90 bougies (enfin, peut-être, car les sources divergent entre 1934 et 1936 pour son année de naissance) et ce 18 janvier, c&#8217;est au tour de Katia Ricciarelli (80 ans) et Christoph Pregardien (70 ans). Avec le légendaire Bruson, né près de Padoue, ce sont cinq &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/pluie-de-gros-anniversaires/"> <span class="screen-reader-text">Pluie de (gros) anniversaires !</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/pluie-de-gros-anniversaires/">Pluie de (gros) anniversaires !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Voici quelques jours, le grand baryton Renato Bruson soufflait ses 90 bougies (enfin, peut-être, car les sources divergent entre 1934 et 1936 pour son année de naissance) et ce 18 janvier, c&rsquo;est au tour de Katia Ricciarelli (80 ans) et Christoph Pregardien (70 ans).</p>
<p>Avec le légendaire Bruson, né près de Padoue, ce sont cinq décennies de travail méticuleux qui défilent devant nous, pas moins de 80 rôles, tous abordés avec un mélange d&rsquo;humilité et d&rsquo;intelligence, avec aussi cette autorité qui faisait de lui l&rsquo;un des tous meilleurs barytons de son temps, particulièrement dans Donizetti, dont l&rsquo;un de professeurs lui a transmis le goût et qu&rsquo;il adore. Il l&rsquo;a énormément défendu et n&rsquo;est pas pour rien dans le retour en grâce d&rsquo;un compositeur qui était un peu délaissé dans la première moitié du XXe siècle. Egalement incontournable dans Verdi, il s&rsquo;est imposé tout autant par sa technique et par sa façon d&rsquo;habiter ses rôles. Il chantait encore Falstaff pour le bicentenaire de Verdi en 2013 &#8211; au début des années 80, Giulini n&rsquo;avait voulu que lui dans le rôle-titre pour accepter de revenir à l&rsquo;opéra !</p>
<p><em>Falstaff</em>, justement, est l&rsquo;un des chefs d&rsquo;œuvre dans lesquels Renato Bruson et Katia Ricciarelli ont eu l&rsquo;occasion de chanter ensemble et justement sous la direction de Giulini à Los Angeles. Née à Rovigo voici 80 ans, la jeune Katia a connu mille galères comme on dit aujourd&rsquo;hui pour payer ses études et si elle alimente aujourd&rsquo;hui régulièrement  la presse dite people en Italie en participant à toutes sortes d&rsquo;avatars de la télé-réalité, elle fut dans les années 80 un soprano très demandé un peu partout et a abordé de nombreux rôles avec certes plus ou moins de bonheur, mais avec beaucoup de détermination.</p>
<p>Bruson et elle ses sont retrouvés à maintes reprises, notamment dans une<em> Luisa Miller</em> à Londres avec Domingo et Maazel, qui fit date et dont voici le dernier acte ! <em>Tanti auguri!</em></p>
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="G.Verdi:&quot;Luisa Miller&quot; atto 3 (Londra,1979)" width="1200" height="900" src="https://www.youtube.com/embed/C65prZUZMcI?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
<p>C&rsquo;est un tout autre monde musical que celui de Christoph Pregardien, ténor né à Limbourg voici 70 ans, bien qu&rsquo;il ait chanté du Verdi aussi ! Le monde de Pregardien, c&rsquo;est le baroque allemand, de Schütz à Bach et c&rsquo;est bien sûr aussi celui du lied. Pour autant, Pregardien est également le créateur de nombreuses partitions contemporaines signées notamment par Wolfgang Rihm. Le voici dans <em>Komm süsser tod</em> de Bach, ici dans une version pour piano. Alles Gute zum Geburstag, Maestro !</p>
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Christoph Prégardien • Komm, süsser Tod" width="1200" height="900" src="https://www.youtube.com/embed/z_yY7w8VA7Y?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/pluie-de-gros-anniversaires/">Pluie de (gros) anniversaires !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Récital Christophe Prégardien et Stefan Litwin &#8211; Bruxelles (Monnaie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-de-christophe-pregardien-et-stefan-litwin-bruxelles-monnaie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Oct 2025 04:05:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=201308</guid>

					<description><![CDATA[<p>C’est un récital très original qu’offraient dimanche après-midi le ténor Christophe Prégardien et le pianiste Stefan Litwin au public Bruxellois.  Centré autour de la personnalité de Hanns Eisler, qui n’est certes pas le plus couru des compositeurs de Lieder mais dont Dietrich Fischer-Dieskau avait enregistré, assez tardivement (1987), le Hollywood Song-book, le récital aborde, sous &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-de-christophe-pregardien-et-stefan-litwin-bruxelles-monnaie/"> <span class="screen-reader-text">Récital Christophe Prégardien et Stefan Litwin &#8211; Bruxelles (Monnaie)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-de-christophe-pregardien-et-stefan-litwin-bruxelles-monnaie/">Récital Christophe Prégardien et Stefan Litwin &#8211; Bruxelles (Monnaie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est un récital très original qu’offraient dimanche après-midi le ténor <strong>Christophe Prégardien</strong> et le pianiste <strong>Stefan Litwin</strong> au public Bruxellois.  Centré autour de la personnalité de Hanns Eisler, qui n’est certes pas le plus couru des compositeurs de Lieder mais dont Dietrich Fischer-Dieskau avait enregistré, assez tardivement (1987), le Hollywood Song-book, le récital aborde, sous le titre anglais de <em>Memories,</em> des thèmes bien précis, choisis en résonnance avec notre époque : les horreurs de la guerre, l’amour de la patrie, thèmes abondamment traités par l’expressionisme allemand de l’entre-deux guerres, une grande partie des textes mis en musique par Eisler sont dûs à Bertold Brecht. Le message des musiciens ne saurait être plus clair, et on aura rarement entendu un programme aussi directement politique que celui-ci.</p>
<p>Les œuvres de Eisler sont entourées d’autres Lieder, choisis dans un répertoire plus familier, et de Songs américains de Charles Edward Ives. On passe sans transition d’un compositeur à l’autre, d’un univers à l’autre, du romantisme à l’expressionnisme, du XIXe au XXe siècle. Ce sont essentiellement les textes qui assurent le fil rouge de la soirée, qui permettent de faire le lien d’une pièce à l’autre. Tout cela est si subtilement conçu qu’à aucun moment on n’a l’impression d’un programme disparate :  les sautes de style paraissent naturelles, parfaitement justifiées, entraînant l’auditeur dans un voyage passionnant, rempli de découvertes, riche de sens et d’émotions.</p>
<p>De l’ensemble du récital se dégage une atmosphère sombre, anxieuse malgré les quelques pages plus souriantes que les musiciens ont insérées çà et là dans leur programme. Cet humour est souvent grinçant, à la façon du cabaret berlinois, parfois un peu décalé, faussement naïf. L’originalité de ce répertoire a cependant un prix, et c’est vraiment le seul bémol de la soirée : Christophe Prégardien chante avec la partition sous les yeux (il l’abandonne volontiers dès qu’on aborde les répertoires plus courus comme Mahler ou Schubert), ce qui, visuellement, n’est pas idéal pour la communication avec le public.</p>
<p>En très grande forme vocale, même si les années sont là, (il aura 70 ans dans trois mois), Christophe Prégardien tient à rassurer son public : contrairement à un bruit qui avait circulé – par erreur – jusque dans la brochure de la Monnaie, il n’est pas en train de faire ses adieux à la scène. Au vu de la qualité de ce qu’il a offert ici, on s’en réjoui beaucoup ! Il compense par l’intensité de son interprétation, par sa concentration, le peu que la voix pourrait avoir perdu en termes de souplesse ou d’éclat. Le répertoire est astucieusement choisi pour ne pas trop solliciter le registre aigu, mettant au contraire en évidence un registre medium intact et magnifique, et un registre grave qu’on ne lui connaissait pas.</p>
<p>Ce programme qui est d’une intelligence et d’une érudition remarquable, cherche visiblement à éveiller les consciences, de la façon la plus cultivée qui soit, par la musique, et bénéficie d’une interprétation absolument exceptionnelle, sans aucune affectation, faite de simplicité, de sincérité, d’un sens aigu du texte, qui permet une restitution très directe, très fidèle des œuvres. Cette totale absence d’artifice touche le spectateur au plus profond, la simplicité étant sans doute l’arme suprême pour susciter l’émotion.</p>
<p>La complicité entre les deux musiciens est parfaite. D’un naturel discret, Stefan Litwin calque son discours sur celui de Prégardien, épouse dans les moindres détails les inflexions du chanteur qu’il accompagne, enveloppe le discours d’une présence bien réelle, mais jamais encombrante. Quelques moments forts – encore plus fort que le reste – resteront dans les mémoires : ainsi, peu avant la fin de la première partie, le <em>Revelge</em> de Gustav Mahler sera donné avec une intensité dans l’expression, une construction de la narration remarquable créant une émotion glaçante ! Des moments très forts émailleront aussi la seconde partie, <em>In die Städte kam ich</em>, de Eisler sur un texte de Brecht, sorte de complainte du militant empreinte d’une grande nostalgie, ou le <em>Kriegers Ahnung</em> de Schubert sur un texte de Rellstab, véritable moment de grâce, rendu par une concentration maximale, un pouvoir de conviction très fort et une présence scénique intense.</p>
<p>De longs et très chaleureux applaudissements salueront cette magnifique prestation des deux musiciens, qui offriront encore deux bis, <em>Der Wanderer</em> de Schubert et <em>Das Lied von den Moldau</em> de Eisler.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-de-christophe-pregardien-et-stefan-litwin-bruxelles-monnaie/">Récital Christophe Prégardien et Stefan Litwin &#8211; Bruxelles (Monnaie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Diepenbrock Complete Songs</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/diepenbrock-complete-songs-un-centenaire-oublie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Rousseau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Apr 2021 04:14:02 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/diepenbrock-complete-songs-un-centenaire-oublie/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Alphons Diepenbrock, né à Amsterdam le 2 septembre 1862, est mort dans la même ville il y a cent ans, le 5 avril 1921. Ce qui nous vaut, de la part du label hollandais Brilliant Classics, la réédition en trois CD de ses 35 mélodies pour voix et piano, précédemment publiées par un autre label &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/diepenbrock-complete-songs-un-centenaire-oublie/"> <span class="screen-reader-text">Diepenbrock Complete Songs</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/diepenbrock-complete-songs-un-centenaire-oublie/">Diepenbrock Complete Songs</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alphons Diepenbrock</strong>, né à Amsterdam le 2 septembre 1862, est mort dans la même ville il y a cent ans, le 5 avril 1921. Ce qui nous vaut, de la part du label hollandais <em>Brilliant Classics</em>, la réédition en trois CD de ses 35 mélodies pour voix et piano, précédemment publiées par un autre label batave <em>Etcetera</em> dans le coffret du sesquicentenaire du compositeur, en 2012.</p>
<p>Un mot d&rsquo;abord de ce compositeur dont la renommée a rarement franchi les frontières des Pays-Bas. Contemporain, admirateur et parfois ami de <strong>Mahler, Richard Strauss, Debussy</strong>, <strong>Diepenbrock</strong> est une figure singulière de la musique du tournant du siècle. 90% de sa production – une centaine d&rsquo;oeuvres – est vocale et chorale ! Rien pour le piano ou la musique de chambre, rien pour la grande symphonie, encore moins pour l&rsquo;opéra – l&rsquo;Amstellodamois qui a opté pour l&rsquo;Université et les études littéraires avant d&rsquo;aborder la composition en autodidacte, craint la comparaison avec ses contemporains. Il livrera cependant de voluptueuses musiques de scène, nous faisant regretter la rareté de sa production symphonique. Il donnera surtout de somptueux poèmes symphoniques avec voix soliste (qu&rsquo;on trouve dans le coffret <em>Etcetera</em> – toujours disponible – interprétés par Janet Baker, Robert Holl, Arleen Auger ou Linda Finnie, et menés par Riccardo Chailly, Hans Vonk ou Bernard Haitink, excusez du peu !). (1)</p>
<p>Le présent coffret de 3 CD comprend donc les seules mélodies avec piano, 35 exactement, réparties en trois tiers quasiment égaux : 13 Lieder sur des poèmes de Novalis et Goethe pour l&rsquo;essentiel, 11 mélodies sur des poèmes français – Baudelaire et Verlaine en majorité mais aussi Gide, Laforgue et Charles Van Lerberghe – et 11 sur des textes latins, italiens ou néerlandais. </p>
<p>Tout cet ensemble a été gravé aux Pays-Bas en 1994 et 1995 par la fine fleur du chant batave ou assimilé (l&rsquo;Américaine Roberta Alexander s&rsquo;y est installée à l&rsquo;âge de 23 ans) avec un pianiste, <strong>Rudolf Jansen</strong>, choyé par ses partenaires parce qu&rsquo;il est plus et mieux qu&rsquo;un « accompagnateur ».</p>
<p>Indépendamment des questions de tessiture, on perçoit pourtant mal les clés de répartition de ce corpus entre les cinq interprètes, le ténor allemand Christoph Prégardien, le baryton-basse Robert Holl, la soprano Roberta Alexander, et les deux mezzo-sopranos hollandaises Jard Van Nes et Christa Pfeiler. </p>
<p>Evidemment on se précipite en premier sur les mélodies françaises, d&rsquo;abord parce qu&rsquo;on est intrigué : que peut encore dire Diepenbrock après Duparc (L&rsquo;invitation au voyage) ou Fauré (Clair de lune, Mandoline, En sourdine..) ? La comparaison est loin d&rsquo;être au désavantage du Hollandais, qui démontre non seulement une admiration sans bornes, mais surtout une compréhension intime de la poétique baudelairienne comme du génie verlainien. Mais Diepenbrock avouait lui-même le risque de ne pas trouver des interprètes capables de saisir et de restituer les subtilités d&rsquo;une langue aussi difficile. De ce point de vue, les résultats sont ici très inégaux.</p>
<p><strong>Christoph Prégardien</strong> est souverain – on serait étonné du contraire ! – dans les trois ballades de l&rsquo;opus 1, successivement <em>Entsagung</em> (Uhland), <em>Der Fischer</em> (Goethe) et <em>Der Abend kommt gezogen</em> (Heine) et dans quatre mélodies néerlandaises dont la lyrique nous échappe quelque peu sous les rugosités de la langue. Le ténor est le seul qui n&rsquo;aborde pas les mélodies françaises (alors qu&rsquo;il en eût été ô combien capable !).</p>
<p><strong>Robert Holl </strong>est le moins sollicité : 3 Lieder <em>Es war ein alter König</em> (Heine),  <em>Celebrität</em> (Goethe), et le néerlandais <em>Simeon&rsquo;s Lofzang, </em>deux poèmes de Baudelaire – <em>Recueillement</em> et <em>Les Chats </em> mettent en difficulté un habitué de la prosodie germanique.</p>
<p>Même score pour <strong>Christa Pfeiler</strong>, voix un peu impersonnelle, qui fait manifestement un effort de clarté et de diction dans<em> L&rsquo;invitation au voyag</em>e (Baudelaire), <em>Puisque l&rsquo;aube grandit</em> (Verlaine) et <em>Incantation</em> (Gide).</p>
<p>Quant à<strong> Jard van Nes, </strong>impériale dans les quatre<i> </i><strong>Goethe </strong>du CD 1, si remarquée dans les Zemlinsky, Mahler, Schoenberg ou Berio où les moirures de son timbre font merveille sous la conduite de Riccardo Chailly, on est obligé de constater qu&rsquo;on ne comprend pas un traître mot aux deux mélodies françaises(<em>En sourdine </em>et <em>Berceuse)</em> qu&rsquo;elle savonne aimablement.</p>
<p>Heureusement <strong>Roberta Alexander</strong>, voix claire et timbre fruité, chante l&rsquo;allemand, l&rsquo;italien, le néerlandais comme une native, et administre une leçon de diction, de compréhension du texte lorsqu&rsquo;elle aborde <em>Clair de Lune, Mandoline, Ecoutez la chanson bien douce</em>, et surtout l&rsquo;étrange et énigmatique <em>Chanson de l&rsquo;hypertrophique </em>(Jules Laforgue).</p>
<p>Pour se plonger pleinement dans l&rsquo;univers de Diepenbrock, et découvrir notamment les mélodies avec orchestre (un orchestre luxuriant et transparent à la fois), on conseille au lecteur de se procurer la somme éditée par Etcetera, toujours disponible.</p>
<p>Malgré ses irrégularités, cette intégrale des mélodies de Diepenbrock pour voix et piano est hautement recommandable et procurera à l&rsquo;auditeur de nombreux bonheurs, à commencer par celui de la découverte. </p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=4eVw5DrUeUk">https://www.youtube.com/watch?v=4eVw5DrUeUk</a></p>
<p>(1) Plus de détails à retrouver sur le<a href="https://jeanpierrerousseaublog.com"> blog de l&rsquo;auteur de ces lignes</a></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/diepenbrock-complete-songs-un-centenaire-oublie/">Diepenbrock Complete Songs</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Christoph et Julian Prégardien chantent Beethoven et Schubert   — Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/christoph-et-julian-pregardien-chantent-beethoven-et-schubert-paris-philharmonie-a-lunisson/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Feb 2021 04:56:06 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/a-l-unisson-streaming/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après un disque lumineux à deux voix dédié au Lied, les Prégardien père et fils, se produisaient le 26 janvier dernier à la Philharmonie, dans un spectacle chorégraphié autour des lieder de Schubert, agrémentés de quelques Beethoven. Diffusé et enregistré en direct, ce concert est désormais disponible en streaming sur le site de la Philharmonie &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/christoph-et-julian-pregardien-chantent-beethoven-et-schubert-paris-philharmonie-a-lunisson/"> <span class="screen-reader-text">Christoph et Julian Prégardien chantent Beethoven et Schubert   — Paris (Philharmonie)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/christoph-et-julian-pregardien-chantent-beethoven-et-schubert-paris-philharmonie-a-lunisson/">Christoph et Julian Prégardien chantent Beethoven et Schubert   — Paris (Philharmonie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après un <a href="https://www.forumopera.com/cd/father-and-son-christoph-julian-pregardien-michael-gees-a-la-facon-du-volkslied">disque lumineux à deux voix dédié au Lied</a>, les Prégardien père et fils, se produisaient le 26 janvier dernier à la Philharmonie, dans un spectacle chorégraphié autour des lieder de Schubert, agrémentés de quelques Beethoven. Diffusé et enregistré en direct, ce concert est désormais disponible en streaming sur le site de la Philharmonie tout comme d&rsquo;ailleurs sur celui d’Arte Concerts.</p>
<p>Dès les premiers accords des <em>Créatures de Prométhée</em>, dirigé avec vigueur et générosité par <strong>Lars Vogt</strong>, le ton est donné. Il ne s’agit pas ici d’un tête à tête en huis-clos entre les deux chanteurs mais d’un dialogue entre eux dans la parure d’un jeu chorégraphique, où deux danseurs évoluent à leur coté comme une projection d’eux-mêmes. Thierry Thieu Niang, également chorégraphe, et son filleul, le danseur Jonas Dô Hûu balaient l’espace de grands gestes circulaires et circonscrivent ainsi dans leur posture les cycles d’existence des Lieder qui vont être proposés. Dans l’ombre, les deux chanteurs attendent leur heure, celle de pénétrer dans l’antre de Schubert et d’entamer avec lui ce voyage au cœur de l’hiver, un répertoire qu’ils connaissent tous deux sur le bout des doigts.</p>
<p>Le concert nous est donné à voir à travers une théâtralisation assumée, et à cet égard, nous n’évoquons pas ici uniquement la prestation des deux danseurs (dont on se demande bien d’ailleurs ce qu’elle vient apporter de plus aux moments de grâce offerts par les voix) mais bien de l’interprétation des deux ténors qui, tout au long de leur carrière, ont si souvent préféré le récital à l’opéra, alors que leur incarnation du chant est tout aussi puissante que leur interprétation. Chaque Lied est présenté sur le ton de la confidence, dans une délicieuse intimité, sans effet inutile, avec une grande justesse. Les deux ténors occupent pleinement les textes, investissant chaque mot et en investissant chaque mots, ils rendent vivants tant les élans de joie que les désillusions d’un voyage dont ils font un drame quasi existentiel.</p>
<p>Individuellement, chacun exprime les qualités qui lui sont propres. <strong>Christoph Prégardien</strong> impose d’emblée son art consommé de la narration, par sa voix ronde aux graves nobles notamment dans « Greisengesang »<em> </em>et plus encore dans « vom Wolkenmädchen »<em>,</em> extrait d&rsquo;<em>Alfonso und Estrella, </em>un opéra si rarement présenté que c&rsquo;est un plaisir d&rsquo;en trouver trace dans ce programme. Quant à<strong> Julian Prégardien</strong>, son ténor léger, sa diction claire et limpide, sa haute musicalité propose une interprétation résolument juvénile qui sied à merveille tant à Prométheus qu&rsquo;au voyageur de l&rsquo;hiver du <em>Winterreise</em>.</p>
<p>Quand certains Lieder se doublent des voix des deux ténors, l’osmose est à ce point parfaite entre elles que  l’on ne sait plus qui du père ou du fils chante. On sent d&#8217;emblée que ce chant à l&rsquo;unisson est le fruit d’un travail de longue haleine, mais que ce splendide équilibre manque parfois d&rsquo;une certaine spontanéité. On peut également regretter que les Prégardien pèchent parfois, dans ces duos de circonstance, par une certaine réserve et retenue dans l’expression notamment dans « Der Vater mit dem Kind ». Mais ces quelques remarques sont vite balayées par la magnifique synergie des voix qui en dit long sur la complicité qui unit le père et le fils dans leur goût partagé de la musique de chambre et du Lied. </p>
<p>A la tête de l’<strong>Orchestre de chambre de Paris</strong>, Lars Vogt accompagne les deux ténors avec une grande ferveur, parfois un tantinet exubérante, en décalage avec l’interprétation plus mesurée, plus intériorisée des chanteurs. Mais lorsque le chef quitte le pupitre pour se mettre au piano, se produit alors le miracle du mariage parfait de la musique et des deux voix notamment dans le bouleversant « Nach und träume » et dans le final, «Im Abendrot »<em>. </em>Les deux artistes, réunis autour du chef, dans une délicieuse connivence piano-voix, nous font alors l&rsquo;offrande, <em>pianissimo</em>, d&rsquo;une parenthèse  de musicalité pure, au-delà même du chant et du théâtre. Un moment de grâce offert à l’unisson.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/christoph-et-julian-pregardien-chantent-beethoven-et-schubert-paris-philharmonie-a-lunisson/">Christoph et Julian Prégardien chantent Beethoven et Schubert   — Paris (Philharmonie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Father and Son / Christoph &#038; Julian Prégardien, Michael Gees</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/father-and-son-christoph-julian-pregardien-michael-gees-a-la-facon-du-volkslied/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Dec 2020 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/father-and-son-christoph-julian-pregardien-michael-gees-a-la-facon-du-volkslied/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après le lied, la cantate, l’oratorio, Julian venait de chanter Tamino et Jason à l’opéra de Francfort. Son grand père était un des fondateurs de la maîtrise de l’imposante cathédrale Saint-George de Limburg an der Lahn (Hesse). Est-il besoin de rappeler qui est Christoph ? Pour ses trente ans, en 2014,  Julian et son père &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/father-and-son-christoph-julian-pregardien-michael-gees-a-la-facon-du-volkslied/"> <span class="screen-reader-text">Father and Son / Christoph &#38; Julian Prégardien, Michael Gees</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/father-and-son-christoph-julian-pregardien-michael-gees-a-la-facon-du-volkslied/">Father and Son / Christoph &amp; Julian Prégardien, Michael Gees</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après le lied, la cantate, l’oratorio, Julian venait de chanter Tamino et Jason à l’opéra de Francfort. Son grand père était un des fondateurs de la maîtrise de l’imposante cathédrale Saint-George de Limburg an der Lahn (Hesse). Est-il besoin de rappeler qui est Christoph ? Pour ses trente ans, en 2014,  Julian et son père nous ont réservé une surprise, publiée seulement maintenant, allez savoir pourquoi. </p>
<p>Le programme répond au besoin qu’ont éprouvé nos deux chanteurs et leur pianiste de renouer avec une tradition un peu oubliée, celle du <em>Volkslied</em>. Le terme, inventé par Herder, répond à la fois à la recherche, au collectage de chants populaires, très actif dès la fin du XVIIIe siècle, et à leur diffusion comme à leur enrichissement par la génération romantique. La nation germanique va se forger à travers ce passé réinventé par les poètes et les musiciens, dont on ne sait plus précisément ce qui relève de la tradition ou de sa réécriture.</p>
<p>De <em>Widerspruch</em>, Schubert nous offre deux versions, dont une chorale. Brahms n’est pas en reste avec <em>In stiller Nacht</em>. Au risque de surprendre, voire de soulever la réprobation des puristes, forts de cette tradition d’arrangements, <strong>Julian Prégardien</strong> et <strong>Michael Gees</strong> ont enrichi la plupart des mélodies du programme d’une seconde voix, qu’aurait pu écrire le compositeur. Nous est ainsi offert un florilège de Lieder, le plus souvent très célèbres, d’inspiration et d’écritures très variées. Stylistiquement, la tonalité, les couleurs, la dynamique renvoient aux interprétations des <em>Singphoniker</em>.</p>
<p>Qui connaît encore Silcher, contemporain de Schubert, sinon les anciens apprentis germanistes qui ont chanté sa <em>Loreley</em> en classe de cinquième ? Silcher collecta les chants traditionnels avant d’écrire ses Lieder, d’inspiration populaire, qui font toujours partie du patrimoine germanique. C’est un bonheur que de redécouvrir ces mélodies simples, aux accompagnements un peu frustes, avant de retrouver Schubert. Evidemment, <em>Erlkönig</em>, la ballade angoissée, tourmentée revêt une toute autre dimension. Les deux voix se partagent la narration, comme le rôle du père et du fils. Rien de scandaleux si on se souvient que Georges Thill la chantait en français, avec une voix d’enfant, accompagné par un orchestre que l’on préfère oublier. Délibéré, le dramatisme accentué par les interprètes est propre à parler à toutes les sensibilités. Du <em>Wanderers Nachtlied</em> (II) D.768, nous trouverons plus loin la déclinaison que Schumann réalise du bref texte de Goethe, méditatif ici, serein et apaisé là. Ne retenons que quelques pièces de ce riche récital : <em>Auf dem Wasser zu singen</em>, d’une joie confiante, <em>Der Zwerg</em>, puissamment dramatique, <em>Licht und Liebe</em> (nocturne dont le duo est original), et le mystérieux <em>Nacht und Träume.</em> Tout est ainsi illustré, de l’insouciance à la gaité exubérante, de l’angoisse au recueillement.</p>
<p>Suit une découverte absolue. Trois ans avant sa disparition (1949), Hermann Zilcher avait écrit cinq duos, que deux harmonicas ( ! ) introduisent, ponctuent et concluent, les chanteurs étant supposés instrumentistes. Le chant a cappella est particulièrement émouvant. Les pièces s’inscrivent parfaitement dans le propos général. L’excellence des voix s’y épanouit tout autant que dans les Lieder les plus connus. Le compositeur avait édité la version pour deux voix de quatre Lieder de Brahms, tout aussi séduisants. Pour compléter l&rsquo;ensemble, Schumann, déjà signalé, puis une mélodie traditionnelle, suivie d’un Lied célèbre Outre-Rhin, de Cesar Bresgen , sur un texte d’Eichendorff, dont on trouve de multiples arrangements, <em>O du stille Zeit</em>. Le premier couplet est ici chanté a cappella, le piano se contentant de l’introduire et de jouer l&rsquo; interlude. L’accompagnement discret qui prévaut ensuite correspond idéalement au sens du texte, introduction au repos nocturne.</p>
<p>La similitude de timbres, d’articulation, de phrasé ne permet pas le plus souvent de distinguer qui de <strong>Christoph Prégardien</strong> et de son fils chante telle ou telle partie. Le soutien, la conduite des lignes, l’articulation sont admirables, soutenus par un piano complice qui excelle à valoriser le chant tout en participant pleinement aux pages dramatiques.</p>
<p>Seul regret : les textes chantés ne peuvent être consultés que sur le net à partir d’un lien fourni par la plaquette, rédigée seulement en anglais.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/father-and-son-christoph-julian-pregardien-michael-gees-a-la-facon-du-volkslied/">Father and Son / Christoph &amp; Julian Prégardien, Michael Gees</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>SCHUBERT, Die Winterreise — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/voyage-dhiver-christoph-pregardien-paris-voyage-en-trois-actes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Feb 2020 23:42:17 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/voyage-en-trois-actes/</guid>

					<description><![CDATA[<p>En composant son Voyage d’Hiver, Franz Schubert se rendait-il compte qu’il livrait aux auditeurs un des plus beaux paradoxes de l’Histoire de la musique ? Sa tristesse endémique devient plus supportable quand la mort se fait plus proche. Au fur et à mesure que le voyageur chemine, la musique se transforme ; plus il s’obstine dans le &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/voyage-dhiver-christoph-pregardien-paris-voyage-en-trois-actes/"> <span class="screen-reader-text">SCHUBERT, Die Winterreise — Paris</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/voyage-dhiver-christoph-pregardien-paris-voyage-en-trois-actes/">SCHUBERT, Die Winterreise — Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En composant son <em>Voyage d’Hiver</em>, Franz Schubert se rendait-il compte qu’il livrait aux auditeurs un des plus beaux paradoxes de l’Histoire de la musique ? Sa tristesse endémique devient plus supportable quand la mort se fait plus proche. Au fur et à mesure que le voyageur chemine, la musique se transforme ; plus il s’obstine dans le renoncement à la vie, plus le chant se fait doux ; presque absent des premiers Lieder du cycle, le mode majeur s’invite avec audace dans quelques-unes de ses toutes dernières pages ; en somme, le <em>Voyage d’Hiver </em>nous narre un effacement dans la douceur, comme des traces de pas qu’estompe progressivement l’arrivée de nouvelles neiges. Tout d’abord à vif, les blessures s’apaisent. C’est que, comme l’écrivait Camus, « les tristes ont deux raisons d’être : ils ignorent ou ils espèrent ». « Letzte Hoffnung » (« Dernier espoir ») est justement le titre d’un Lied essentiel du <em>Voyage d’Hiver</em>, incarnant ce moment où la fin des espoirs propres à la condition humaine signifie tout à la fois la mort et l’apaisement.</p>
<p>Christoph Prégardien connaît trop bien son Schubert pour ne pas saisir tout cela, lui qui a enregistré plusieurs fois <em>Le Voyage d’Hiver</em>, sous différentes formes (au piano avec Michael Gees, au piano-forte avec Andreas Staier, et même dans une version orchestrée par Hans Zender et dirigée par Sylvain Cambreling). Dans une forme de théâtralisation assumée et remarquable, surtout de la part d’un chanteur qui, tout au long de sa carrière, a si souvent préféré le récital à l’opéra, il propose trois actes.</p>
<p>Le premier montre un Wanderer presque rageur – hors de lui à cause du dépit amoureux, déçu, aigri et revanchard. L’option peut déconcerter : « Gute Nacht » a quelque chose d’une marche entêtée, « Erstarrung » est prise avec une violence qui malmène la voix, toujours jeune de timbre, mais en délicatesse avec son registre aigu, « Wasserflut » connaît à peu près le même traitement, et même « Der Lindenbaum » ne ménage guère de pause, tant sa partie centrale est véhémente. Le style, pourtant, demeure d’une parfaite lisibilité et évite les débordements ; l’élégance, même tourmentée, reste ici de mise. Elle ne quitte pas non plus le « deuxième acte » de ce <em>Voyage d’Hiver</em>, qui débute avec « Irrlicht » : cette évocation hallucinée (et relevant, dans son inspiration, du plus pur romantisme allemand) des feux-follets nous mène sur une voie où la vie s’éloigne en même temps que le réel s’évapore. Les images trompeuses de « Frühlingstraum », les sarcasmes amers de « Die Post », l’éblouissement de « der greise Kopf », où le narrateur se croit devenu vieillard, Prégardien les désosse, en fait saillir les spectres et les chimères avec un sens du détail confinant à l’abstraction. D’autres que lui s’y perdraient ; à l’aise dans les demi-teintes et les insinuations, le ténor y révèle, au contraire, ce que son art peut, aujourd’hui, réserver de plus beau. Et prépare la suite : un troisième et dernier acte qui, de l’étrange soulagement de « Letzte Hoffnung » à l’ivresse morbide de « Mut ! », nous mène naturellement vers un « Leiermann » inoubliable, étrangement ouaté, où chaque mot nous semble parvenir d’un autre monde.</p>
<p>C’est évidemment bouleversant, et cela mériterait un pianiste tout aussi inspiré ; Ulrich Eisenlohr démarre « Gute Nacht » sur un rythme presque martial correspondant, a priori, aux intentions du chanteur. Hélas, par la suite, il n’aura pas autant de facilités à nuancer son propos et à varier ses couleurs. Majoritairement cantonné au mezzo-forte, son jeu parfois brutal veut se rattraper avec de longs silences qui menacent la ligne musicale davantage qu’ils parviennent à installer une atmosphère (« Einsamkeit »). En bis, « Nacht und Träume » le montre pourtant à l’unisson de Pregardien pour offrir, pianissimo, un moment de musique pure, au-delà même du chant et du théâtre.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/voyage-dhiver-christoph-pregardien-paris-voyage-en-trois-actes/">SCHUBERT, Die Winterreise — Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Der Einsiedler</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/der-einsiedler-en-profiter-un-max/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Dec 2019 21:10:02 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/der-einsiedler-en-profiter-un-max/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Max Reger (1873-1916) n’est pas le plus attractif des compositeurs : son nom est inconnu du grand public, son physique n’a rien qui puisse faire rêver (mieux vaut éviter de reproduire son portrait sur la pochette du disque), et sa mort prématurée, d’une crise cardiaque, ne lui a pas permis de s’imposer au sein de sa &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/der-einsiedler-en-profiter-un-max/"> <span class="screen-reader-text">Der Einsiedler</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/der-einsiedler-en-profiter-un-max/">Der Einsiedler</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Max Reger (1873-1916) n’est pas le plus attractif des compositeurs : son nom est inconnu du grand public, son physique n’a rien qui puisse faire rêver (mieux vaut éviter de reproduire son portrait sur la pochette du disque), et sa mort prématurée, d’une crise cardiaque, ne lui a pas permis de s’imposer au sein de sa génération. Aucune de ses œuvres symphoniques ne s’est durablement inscrite au répertoire des orchestres, et sa musique peut sembler d’une modernité moins flagrante que celle de ses contemporains. Ce n’est pas non plus l’admiration qu’il inspira à Hindemith et Honegger qui contribuera à le rapprocher de nous. Pas d’opéra pour Reger, mais de la musique vocale tout de même, notamment une quantité très respectable de lieder. Le centenaire de sa mort en 2016 n’a pas vraiment permis une réhabilitation, et <a href="https://www.forumopera.com/cd/songs-by-max-reger-inchantables-et-invendables">certains disques</a> faisaient même douter qu’elle soit possible.</p>
<p>Mais voici que le label Solo Musica fait paraître un CD (enregistré en public en 2016, mais dont la publication s’est fait attendre) où la musique de Reger est présente aux deux extrémités du programme, défendue avec tant d’art que l’on se prend d’admiration pour le compositeur et que l’on a soudain envie d’en entendre davantage. Par une petite bizarrerie qui a sûrement une explication, les textes chantés sont présentés dans le désordre dans le livret d’accompagnement, mais peu importe. Le disque s’ouvre sur un <em>Requiem</em> d’un gros quart d’heure, qui ne doit à peu près rien à la liturgie chrétienne. Le texte est l’œuvre du poète et dramaturge Friedrich Hebbel, et il invite l’âme à ne pas oublier les morts qui flottent autour de nous. A l’autre extrémité du parcours, <em>Der Einsiedler</em>, « L’Ermite », d’une durée sensiblement identique, sur un poème d’Eichendorff déjà mis en musique par Schumann, Max Bruch et Hugo Wolf, entre autres. Ces deux œuvres forment pendants, ayant été publiées ensemble, à titre posthume en 1916, et Reger les considérait, avec raison peut-être, comme ce qu’il avait écrit de plus beau.</p>
<p>La version commercialisée par Solo Musica est un arrangement pour ensemble de chambre, ce qui évite aux voix de devoir lutter contre la masse sonore d’un grand orchestre. La <strong>Camerata Vocale Freiburg</strong> y allie transparence et ferveur, avec une articulation nette du texte, et traduit admirablement toute la force de cette partition pour baryton solo et chœur à cinq voix. La surprise vient du soliste, qui n’est autre que <strong>Christoph Prégardien</strong>. Après avoir été un ténor fort apprécié dans le répertoire baroque et dans le lied, cet artiste a pris, l’âge venant, un tournant dont on connaît d’autres exemples très en vue : la chose semble s’être faite assez récemment, entre la fin de l’année 2017 et le début de l’année 2018, à en croire l’intitulé de certains disques. Evidemment, Christoph Prégardien ne s’est pas métamorphosé en baryton verdien, et son timbre est d’une couleur agréablement claire, et la voix a conservé une belle souplesse.</p>
<p>Le disque propose comme unique œuvre familière des mélomanes une version des <em>Rücker Lieder</em> de Mahler, également transcrits pour formation de chambre par le compositeur, chef et enseignant Gerd Müller-Hornbach. Soutenu par une trame instrumentale allégée, le ténor peut s’autoriser des phrasés sans effort, et l’on croirait qu’il chante Mahler comme il respire.</p>
<p>Revenant à la religiosité du <em>Requiem</em> initial, le <em>Psaume 23</em> composé en 1910 par Zemlinsky, pour chœur et orchestre de chambre, sera sans doute également une belle découverte, par sa hauteur d&rsquo;inspiration et par la sérénité qu&rsquo;elle traduit. Mais c&rsquo;est la totalité de ce disque qui semble envelopper l&rsquo;auditeur dans sa chaleur apaisante et bienfaisante.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/der-einsiedler-en-profiter-un-max/">Der Einsiedler</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>SCHUBERT, Die Schöne Müllerin — Paris (Cité de la Musique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/schubert-die-schone-mullerin-philharmonie-paris-cite-de-la-musique-glissante-meuniere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Jan 2019 07:47:27 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/glissante-meunire/</guid>

					<description><![CDATA[<p>*/ Ce week-end thématique de la Philharmonie étant consacré au lied, il fallait inévitablement rendre hommage au compositeur qui donna au genre ses lettres de noblesse. Franz Schubert était donc accompagné de sa Belle Meunière, et c’était au ténor Christoph Prégardien d’en défendre les couleurs. Que conclure de cette soirée ? Prévenons d’abord nos lecteurs, &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/schubert-die-schone-mullerin-philharmonie-paris-cite-de-la-musique-glissante-meuniere/"> <span class="screen-reader-text">SCHUBERT, Die Schöne Müllerin — Paris (Cité de la Musique)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/schubert-die-schone-mullerin-philharmonie-paris-cite-de-la-musique-glissante-meuniere/">SCHUBERT, Die Schöne Müllerin — Paris (Cité de la Musique)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[</p>
<p><!--/*--><!--*/
p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 11.0px Helvetica; -webkit-text-stroke: #000000}
p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 11.0px Helvetica; -webkit-text-stroke: #000000; min-height: 13.0px}
span.s1 {font-kerning: none}
	
/*-->*/</p>
<p dir="ltr">Ce week-end thématique de la Philharmonie étant consacré au lied, il fallait inévitablement rendre hommage au compositeur qui donna au genre ses lettres de noblesse. Franz Schubert était donc accompagné de sa <em>Belle Meunière</em>, et c’était au ténor Christoph Prégardien d’en défendre les couleurs.</p>
<p dir="ltr">Que conclure de cette soirée ? Prévenons d’abord nos lecteurs, elle fut loin de faire l’unanimité. Si le public de la Salle des concerts de la Cité de la musique n’hésita à manifester son enthousiasme par des applaudissement nourris, gageons que nous ne fûmes pas les seuls à être déconcertés.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/christoph-pregardien-marcoborggreve.jpg?itok=cb4gSYyb" title="© Marco Borggreve " width="468" /><br />
	© Marco Borggreve </p>
<p dir="ltr"><strong>Christoph Prégardien</strong> est un immense interprète de lieder, cela ne fait aucun doute. Sa notoriété en ce qui concerne Schubert en particulier n’est plus à établir, et cela, le ténor nous le montre bien. Le texte est pensé jusque dans ses moindres détails musicaux, tout cela avec naturel et distance, à l’instar d’un « Tränenregen » au dénouement surprenant, ou d’un « Eifersucht und Stolz » empreint d’une hargne bienvenue.<br />
	C’est vocalement que l’on restera un peu sur notre faim ce soir-là. Bien sûr, rares sont les ténors qui tiennent le pari de chanter un cycle aussi long à plus de soixante ans. Cependant, cette performance (tout à fait honorable compte tenu de l’âge) se fait au prix d’une transposition des lieder dans une tessiture de baryton. Cela n’est pas un problème en soi, si ce n’est que l’on y perd en présence sonore, notamment dans les sections les plus agitées (« Mein ! » et surtout « Der Jäger »). On déplore également une intonation qui se fait chancelante par endroits (« Der Neugierige »), et un aigu qui a tendance à s’amenuiser et à plafonner. Consolons-nous avec les grandes réussites de cette soirée : un « Ungeduld » rayonnant montre que l’artiste a encore du timbre à revendre, tandis que « Die böse Farbe » le place sous son jour musical le meilleur.</p>
<p dir="ltr">Une relation étroite lie le ténor à son partenaire de scène, le pianiste <strong>Michael Gees</strong>, puisque le duo a porté au disque cette Meunière il y a dix ans. Cependant, le jeu savonneux et imprévisible de l’accompagnateur pourra en agacer plus d’un. Nimbés de pédale, les contours mélodiques et harmoniques de chaque pièce deviennent franchement méconnaissables. La balance des plans sonore est elle aussi anarchique et le tempo se fait glissant à défaut d’être souple. En plus de cela, l’interprète a cru bon de proposer quelques ornementations supplémentaires. La volonté de donner ainsi à chaque strophe un caractère propre est louable, et « Mit dem grünen Lautenbande » s’en tire plutôt bien. Mais où était l’intérêt d’improviser des variations dans la berceuse finale, alors que c’est sa quiétude qui lui donne toute sa force ? Idem pour « Die liebe Farbe » qui se voit maquillé de quelques fioritures rossiniennes dont on se serait bien passé.</p>
<p dir="ltr">Reconnaissons cependant qu’une leçon de dialogue nous est donnée ce soir-là. En effet, le pianiste sait se montrer très attentif au jeu scénique du chanteur, ayant plus souvent les yeux rivés sur ce dernier que sur la partition, et accompagnant chaque inflexion vocale de son pendant pianistique (l’enfer du madrigalisme est pavé de bonnes intentions). Dans un art où la communication entre les interprètes est primordiale, nous voilà donc servis. Pour le reste, chacun appréciera cette soirée comme il le souhaite.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/schubert-die-schone-mullerin-philharmonie-paris-cite-de-la-musique-glissante-meuniere/">SCHUBERT, Die Schöne Müllerin — Paris (Cité de la Musique)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Armida, Haydn</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/armida-haydn-une-sorciere-bien-aimee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Sep 2018 08:45:27 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/armida-haydn-une-sorciere-bien-aimee/</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Aucune voix n’est brute ; toute voix se pénètre de ce qu’elle dit » écrivait Roland Barthes (« La musique, la voix, la langue »). A l’écoute de cette Armida, cette formule prend tout son sens. Aussi méconnue que soit cette œuvre, cet enregistrement de 2000 réédité chez Warner Classics et porté par Nikolaus Harnoncourt et Cecilia Bartoli à &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/armida-haydn-une-sorciere-bien-aimee/"> <span class="screen-reader-text">Armida, Haydn</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/armida-haydn-une-sorciere-bien-aimee/">Armida, Haydn</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« Aucune voix n’est brute ; toute voix se pénètre de ce qu’elle dit » écrivait Roland Barthes (« La musique, la voix, la langue »). A l’écoute de cette <em>Armida</em>, cette formule prend tout son sens.</p>
<p>Aussi méconnue que soit cette œuvre, cet enregistrement de 2000 réédité chez Warner Classics et porté par <strong>Nikolaus Harnoncourt</strong> et <strong>Cecilia Bartoli</strong> à leur meilleur, apparaît comme un jalon essentiel dans la discographie consacrée à Haydn, tant le chef semble avoir saisi les intentions et les subtilités du compositeur.  </p>
<p>Ce n’est pas une énième <em>Armide </em>– magicienne si souvent présente sur les scènes lyriques ; moins encore un énième <em>opera seria</em>. La force de cette partition est de se plier aux exigences de l’affect : la forme da capo s’assouplit, la virtuosité sert le sentiment, le récitatif se fait l’écho des passions, et Haydn se permet des effets de ruptures rythmiques, dynamiques et dramatiques extrêmement audacieux pour son temps.</p>
<p>Voilà précisément ce que Nikolaus Harnoncourt parvient à rendre audible avec un Concentus Musicus Wien débordant d’énergie. L’ouverture est à la fois tonitruante et contrastée, le son dense et lumineux, la phrase infinie et dessinée… L’orchestre se pare d’une multitude de couleurs, mené par des cordes d’une précision irréprochable, y compris dans les traits les plus sinueux. Mais ce sont sans doute les récitatifs accompagnés qui sont les plus admirables : l’harmonie entre les instruments et le chant, et surtout le temps pris par le chef pour laisser aux affects le temps de naître chez le personnage, puis de se dire, sont exemplaires. « Armida… Oh affanno » chanté par Rinaldo à l’acte II constitue en ce sens un modèle.</p>
<p>Les chanteurs se plient avec talent à ces exigences, susurrant, parlant, chantant, criant presque, et donnant un très beau relief à un livret qui, sans cela, paraîtrait bien fade. Rarement est-on aussi près du dire au disque, <strong>Christoph Prégardien</strong> se permettant même, à l’occasion, le chuchotement.</p>
<p>Le ténor, dans le rôle de Rinaldo, apparaît un peu en retrait vocalement : à trop vouloir incarner un héros fragile et indécis, la voix manque globalement d’épaisseur, et les sons restent très ouverts ; c’est dommage car il nous laisse apercevoir de beaux graves (« Cara, è vero, io son tiranno ») et une voix par instants plus assurée. On aurait aimé qu’il s’en serve pour donner davantage de relief à son personnage, tant il fait preuve d’indéniables qualités dramatiques dans les récitatifs.</p>
<p>Face à lui, Cecilia Bartoli campe une Armida blessée et amoureuse, bien plus humaine que magicienne. Le chant est tantôt dense, acéré, percutant ; tantôt allégé avec une délicatesse qui lui va à ravir. Tragédienne sans ostentation, elle fait preuve d’une économie de moyens remarquable dans son premier air (« Se pietade avete, oh Numi ») où les vocalises ne sont qu’un débordement du sentiment. Son personnage est vibrant, vivant, passionné d’un bout à l’autre de l’œuvre, culminant sans aucun doute dans le célèbre « Odio, furor, dispetto », où résonnent l’urgence et le désespoir.</p>
<p>L’Idreno d’<strong>Oliver Widmer </strong>apparaît rompu au style classique, maîtrisant la ligne et s’appliquant à dire le texte. Ubaldo bénéficie avec <strong>Scot Weir</strong> d’une voix claire et limpide ainsi que d’une belle autorité, même si les ornements lui échappent un peu, et <strong>Markus Schäfer</strong> en Clotarco déçoit dans les airs où le timbre devient nasal et manque de couverture. Quant à <strong>Patricia Petibon</strong>, elle serait parfaitement convaincante en Zelmira n’étaient des sons droits hors style qui viennent rompre une belle harmonie avec l’orchestre et un beau dessin des phrases.</p>
<p>Malgré ces faiblesses, on ne peut qu’apprécier l’implication de tous les interprètes sans exception dans les récitatifs, et la recherche permanente de contrastes et de cohérence dramatique. Cette réédition d’<em>Armida</em> constitue donc un très bel objet discographique (même si l’on regrette que le livret n’accompagne pas le disque). Nikolaus Harnoncourt a su tirer le meilleur de ses interprètes et d’une œuvre dont il exhume les complexités et les détails sans jamais tomber dans l’outrance.</p>
<p>C’est la marque d’un grand chef, qui a su pénétrer au cœur du style et du projet de Haydn ; la marque aussi d’une grande œuvre, sans doute encore méconnue, qui réaffirme le drame et les passions au cœur de la musique.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/armida-haydn-une-sorciere-bien-aimee/">Armida, Haydn</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>SCHUBERT, Die Schöne Müllerin — Schwarzenberg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/schubert-die-schone-mullerin-schwarzenberg-les-ornements-de-la-meuniere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Jun 2018 21:10:16 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/les-ornements-de-la-meunire/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les grands cycles de Schubert occupent une place à part dans le cœur des amateurs de lieder : très fréquents au disque, ils sont moins souvent abordés en concert, en raison de leur longueur (juste une heure dans ce cas-ci) et de la difficulté qu’il y a à soutenir l’attention du public tout en conservant une &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/schubert-die-schone-mullerin-schwarzenberg-les-ornements-de-la-meuniere/"> <span class="screen-reader-text">SCHUBERT, Die Schöne Müllerin — Schwarzenberg</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/schubert-die-schone-mullerin-schwarzenberg-les-ornements-de-la-meuniere/">SCHUBERT, Die Schöne Müllerin — Schwarzenberg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les grands cycles de Schubert occupent une place à part dans le cœur des amateurs de lieder : très fréquents au disque, ils sont moins souvent abordés en concert, en raison de leur longueur (juste une heure dans ce cas-ci) et de la difficulté qu’il y a à soutenir l’attention du public tout en conservant une unité de style et même de ton. Le défi est aussi de construire une ligne dramatique cohérente, une sorte d’arche, une tension qui mène l’auditeur du début à la fin sans se perdre en chemin. Seuls les plus grands s’y risquent et c’est toujours une sorte d’événement. <strong>Christophe Prégardien</strong> est évidemment un de ceux là, et c’est presqu’en habitué qu’il fréquente ce répertoire ; on le sent pleinement dans sa zone de confort et c’est donc avec confiance qu’il se lance dans l’aventure, sans partition, c’est à dire sans filet. Diction impeccable, voix parfaitement bien placée pour cet exercice, on pense qu’il va dérouler sans histoire les vingt lieder attendus, mais dès la première mélodie, il se livre à quelques originalités qui étonnent. Prenant tout au long du cycle de petites libertés avec le texte, Prégardien ornemente avec malice, ajoute une petite note ici ou là, comme on le ferait en musique baroque. C’est un peu étonnant chez ce professeur aux dehors austères, mais c’est finalement une très bonne idée : le cycle est truffé de lieder à structure strophique, et cela permet de varier un peu les répétitions d’une strophe à l’autre. Cela soutient aussi l’attention de l’auditeur averti qui repère ces petits changements avec amusement ou curiosité.</p>
<p>Tout au long du cycle, le chanteur veillera à sortir des sentiers battus, à divertir, par exemple en caricaturant les différents personnages qui interviennent dans le texte de <em>Am Feierabend </em>chanté très rapidement, à distiller des magnifiques couleurs transparentes dans <em>Der Neugirige</em>, en insistant sur certaines images, en mettant tel couplet particulièrement en relief, tout cela sans sourciller, et en maintenant une parfaite tenue à son récital. Il excelle dans <em>Der Jäger</em>, exercice très périlleux en raison de l’abondance de texte et d’un tempo extrêmement rapide, que le pianiste a un peu de mal à suivre (c’était déjà le cas dans <em>Ungeduld</em>) réservant pour la dernière partie du cycle (à partir de <em>Die liebe Farbe</em>) ses expressions les plus poétiques, ses nuances les plus subtiles avec une parfaite distance entre l’émotion et le chant. On  retrouvera le même caractère retenu pour les trois dernières mélodies du cycle, sorte de cheminement mystique où la musique sublime de Schubert, dans sa simplicité incantatoire, dépasse de beaucoup les textes qu’elle sert. </p>
<p>La soirée aurait été parfaite si le pianiste avait été à la hauteur de son partenaire. Sans démériter vraiment, <strong>Malcolm Martineau</strong> n’a cependant pas complètement relevé le défi : son jeu un peu lourd, sans réelle transparence, son usage excessif de la pédale m’ont déçu : j’attendais plus de poésie, plus de couleurs et de subtilité.</p>
<p>Tout semblait dit après exactement une heure de musique, mais les deux artistes offrirent encore un bis au public : Der <em>Jüngling und der Tod</em>, dont l’évocation du soleil couchant tombait en parfaite adéquation avec l’heure, avec l’atmosphère et avec le lieu.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/schubert-die-schone-mullerin-schwarzenberg-les-ornements-de-la-meuniere/">SCHUBERT, Die Schöne Müllerin — Schwarzenberg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
