Voici quelques jours, le grand baryton Renato Bruson soufflait ses 90 bougies (enfin, peut-être, car les sources divergent entre 1934 et 1936 pour son année de naissance) et ce 18 janvier, c’est au tour de Katia Ricciarelli (80 ans) et Christoph Pregardien (70 ans).
Avec le légendaire Bruson, né près de Padoue, ce sont cinq décennies de travail méticuleux qui défilent devant nous, pas moins de 80 rôles, tous abordés avec un mélange d’humilité et d’intelligence, avec aussi cette autorité qui faisait de lui l’un des tous meilleurs barytons de son temps, particulièrement dans Donizetti, dont l’un de professeurs lui a transmis le goût et qu’il adore. Il l’a énormément défendu et n’est pas pour rien dans le retour en grâce d’un compositeur qui était un peu délaissé dans la première moitié du XXe siècle. Egalement incontournable dans Verdi, il s’est imposé tout autant par sa technique et par sa façon d’habiter ses rôles. Il chantait encore Falstaff pour le bicentenaire de Verdi en 2013 – au début des années 80, Giulini n’avait voulu que lui dans le rôle-titre pour accepter de revenir à l’opéra !
Falstaff, justement, est l’un des chefs d’œuvre dans lesquels Renato Bruson et Katia Ricciarelli ont eu l’occasion de chanter ensemble et justement sous la direction de Giulini à Los Angeles. Née à Rovigo voici 80 ans, la jeune Katia a connu mille galères comme on dit aujourd’hui pour payer ses études et si elle alimente aujourd’hui régulièrement la presse dite people en Italie en participant à toutes sortes d’avatars de la télé-réalité, elle fut dans les années 80 un soprano très demandé un peu partout et a abordé de nombreux rôles avec certes plus ou moins de bonheur, mais avec beaucoup de détermination.
Bruson et elle ses sont retrouvés à maintes reprises, notamment dans une Luisa Miller à Londres avec Domingo et Maazel, qui fit date et dont voici le dernier acte ! Tanti auguri!
C’est un tout autre monde musical que celui de Christoph Pregardien, ténor né à Limbourg voici 70 ans, bien qu’il ait chanté du Verdi aussi ! Le monde de Pregardien, c’est le baroque allemand, de Schütz à Bach et c’est bien sûr aussi celui du lied. Pour autant, Pregardien est également le créateur de nombreuses partitions contemporaines signées notamment par Wolfgang Rihm. Le voici dans Komm süsser tod de Bach, ici dans une version pour piano. Alles Gute zum Geburstag, Maestro !

