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	<title>David ROBERTSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>David ROBERTSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART, Così fan tutte — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cosi-fan-tutte-new-york-retour-de-balancier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Apr 2018 14:54:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lorsque l’on envoie le balancier trop fort d’un côté, il revient avec une égale violence dans le sens inverse. Il en va ainsi ces dernières années des productions de Così fan tutte sur les scènes lyriques. Si l’on en a soupé des Così dépressifs, gavés d’un pessimisme noir dont le paroxysme aura été la production désabusée &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr">Lorsque l’on envoie le balancier trop fort d’un côté, il revient avec une égale violence dans le sens inverse. Il en va ainsi ces dernières années des productions de <em>Così fan tutte</em> sur les scènes lyriques. Si l’on en a soupé des <em>Così </em>dépressifs, gavés d’un pessimisme noir dont le paroxysme aura été la production désabusée de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haneke-maitre-des-illusions-perdues">Michael Haneke à Madrid et Bruxelles</a>, il suffit de se rendre dans les pays anglo-saxons pour assister à de sages badinages amoureux qui n’interrogent pas l’oeuvre au-delà des gags et quiproquos. La proposition du <a href="https://www.forumopera.com/cosi-fan-tutte-londres-roh-jeux-de-lamour-et-mauvaises-regles">Royal Opera House de Londres</a>, autour d’une mise en abyme, rejoint très largement celle proposée par <strong>Phelim McDermott</strong> à l’ENO et qui prend ses quartiers printaniers le long de l’Hudson River. A la différence que nous ne sommes point au théâtre mais dans une fête foraine envahie de circassiens comme le décrit avec force couleurs Christian Peter qui assistait <a href="https://www.forumopera.com/breve/cosi-fan-tutte-au-met-quel-cirque">à la retransmission au cinéma il y a quelques semaines</a>. Bien évidemment, dans une ville élevée à la mamelle du music hall, toutes ces acrobaties et ce décors d’un Coney Island des années 50 (les qualités techniques du spectacle sont vraiment remarquables, des lumières au moindre accessoire) déclenchent des salves d’applaudissements régulières. A tel point qu’il nous est difficile de dire ce que l’on a pensé de l’ouverture, tant rires et clap-clap en ont parasité l’écoute. Il est tout de même amusant de noter que le public new-yorkais, conservateur s’il en est, si prompt à conspuer les transpositions, est ici extatique devant ces « performances » <em>live </em>sur scène. Comme quoi, toute adaptation, tout concept de <em>Regie </em>peut faire mouche à partir du moment où il mobilise les référents culturels appropriés. Cela le justifie-t-il au regard des enjeux de l’œuvre ? La réponse est ici bien évidemment non. Très rapidement la grande roue de la fête foraine tourne à vide, tout comme la pauvre Fiordiligi, prisonnière d’une nacelle de la roue,  tente en vain d&rsquo;épancher le dilemme de son cœur trop amoureux… Car comme chez Jan Philipp Gloger, l’on s’arrête à la facétie et on représente la séduction peu ou prou comme du harcèlement sexuel. Dans l’Amérique embrasée à l’étincelle Weinstein, que n’a-t-on donné <em>Così fan tutte</em> à mettre en scène à une femme (<a href="https://www.forumopera.com/breve/anna-netrebko-devrait-reflechir-avant-de-parler">Anna Netrebko ?</a>) pour enfin dépasser la misogynie de façade de l’œuvre et plonger dans une vraie et riante dissection des désirs et des sentiments, point d&rsquo;équilibre du balancier ?</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="307" src="/sites/default/files/styles/large/public/dsc_3907a.jpg?itok=JAJJehZP" title="© Marty Sohl/Metropolitan Opera" width="468" /><br />
	© Marty Sohl/Metropolitan Opera</p>
<p dir="ltr">La retransmission au cinéma gomme surement certaines disparités et en ce soir de dernière représentation il est difficile de parler d’un plateau homogène comme le faisait notre confrère, sauf probable fatigue pour certains. La Despina de <strong>Kelli O’Hara </strong>use de toute sa science de Broadway pour croquer la soubrette malicieuse. Les couleurs et accents de la voix sont parfaits pour composer un personnage complexe et retors. La projection est remarquable. Las, cela ne dure qu’un temps et le deuxième acte l’épuise jusqu’à rendre son notaire anecdotique. <strong>Serena Malfi</strong>, probable victime d’une méforme de dernière, attaque ses phrases trop bas bien souvent et doit redoubler d’efforts pour rattrapper ces mauvais départs. Dommage car le tempérament scénique n’appelle que des éloges. <strong>Amanda Majeski </strong>a fait des rôles de soprano <em>seria </em>mozartiens sa grande spécialité. Elle en a la voix longue et aisée, la science du legato. Il lui en manque encore l&rsquo;instinct tragique, sa Fiordiligi apparaissant bien pâle, la faute sûrement en partie à la mise en scène qui la fagotte comme une vieille fille de l’Upper East Side et l’enferme dans la fameuse nacelle pour son grand air du deuxième acte. Ces messieurs apportent davantage de satisfaction, à commencer par le Don Alfonso jovial de <strong>Christopher Maltman</strong>. La voix mate et sonore du baryton est un vrai pilier dans les scènes collectives. <strong>Adam Plachetka</strong> dispose d’une voix puissante et d’une belle musicalité. Il propose un Gugliemo assez sensible, plus colérique que taquin. Enfin <strong>Ben Bliss</strong>, lauréat d’Operalia et formé in loco dans le Lindemann Young Artist Program, se taille la part du lion. Il possède tout ce qu’il faut à un ténor mozartien de premier ordre : longueur de souffle, legato léché, bonne projection et surtout un timbre clair pour une voix qui est tout sauf fluette. Reste à polir encore quelques nuances et demi-teintes&#8230; mais l’immensité de Met décourage parfois les chanteurs dans leurs nuances.</p>
<p>	Cela ne pose aucun problème à <strong>David Robertson</strong> qui dirige l’orchestre du Metropolitan avec un rare raffinement. Les choix des tempi sont tous appropriés et aux possibilités des chanteurs et aux situations scéniques. Chaque reprise est l’occasion d’un piano, d’un crescendo, de contrepoint confié à un nouvel instrument. Toutes ces idées de direction enluminent ce <em>CosÌ fan tutte</em>.</p>
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		<title>Così fan tutte au Met : quel cirque !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/cosi-fan-tutte-au-met-quel-cirque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Apr 2018 02:38:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Samedi 30 mars le Metropolitan Opera retransmettait dans les cinémas Così fan tutte de Mozart dans une nouvelle production de Phelim McDermott qui avait déjà signé in loco celle de The Enchanted island en 2011. Le metteur en scène britannique situe l’action au cœur des années 50, dans le célèbre parc d’attraction de Coney Island &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Samedi 30 mars le Metropolitan Opera retransmettait dans les cinémas <em>Così fan tutte</em> de Mozart dans une nouvelle production de <strong>Phelim McDermott</strong> qui avait déjà signé <em>in loco</em> celle de <em>The Enchanted island</em> en 2011. Le metteur en scène britannique situe l’action au cœur des années 50, dans le célèbre parc d’attraction de Coney Island à New-York. Ainsi l’on aperçoit en fond de scène une grande roue et des montagnes russes qui se détachent sur un magnifique coucher de soleil rouge orangé. Les décors aux couleurs vives de Tom Pye nous plongent dans cette atmosphère joyeuse et bariolée des fêtes foraines où tout n’est qu’artifice et faux-semblants comme dans le stratagème imaginé par Don Alfonso pour dessiller les yeux des deux jeunes militaires et, pour que l’illusion soit parfaite, de vrais artistes de cirque peuplent la scène, une avaleuse de sabre, une femme à barbe, une cracheuse de feu, des nains, une charmeuse de serpents… La maison des deux sœurs devient un motel où Despina est employée comme femme de chambre et au début de l’ouvrage, Alfonso et ses deux acolytes sont attablés dans un club Playboy peuplé de Bunny girls.</p>
<p>C’est une distribution essentiellement juvénile et homogène qui a été réunie autour de <strong>Christopher</strong> <strong>Maltman</strong>, Alfonso plus malicieux que foncièrement cynique qui, en véritable maître de cérémonie comme en témoigne son costume rouge à paillettes au tableau final, mène le jeu avec une implacable virtuosité. Vocalement le baryton anglais ne démérite pas, le style mozartien n’a pas de secret pour lui et sa voix sombre et sonore confère au personnage un ascendant certain sur ses deux amis.</p>
<p>Les jeunes hommes, qui portent des uniformes d’officiers de marine au lever du rideau, reviennent non pas déguisés en Albanais mais vêtus de jeans et d’un blouson de cuir avec une coiffure à la James Dean et une fine moustache. Lauréat du concours Operalia en 2013, <strong>Ben Bliss</strong> possède un timbre clair et homogène. Son « aura amorosa » phrasée avec élégance n’appelle que des éloges. Dans son duo du deuxième acte avec Fiordiligi, « Fra gli amplessi » sa voix se pare d’accents d’une suavité irrésistible. Voilà un ténor mozartien aux moyens prometteurs à qui l&rsquo;on pardonnera quelques aigus émis en arrière en début de soirée, sans doute à cause du trac. <strong>Adam Plachetka</strong> est un Guglielmo moins fanfaron et sûr de lui qu’à l’accoutumée, qui laisse entrevoir une certaine fragilité dans son duo avec Dorabella. Ce jeune baryton tchèque est doté d’une voix virile et solide qui ne manque pas d’agilité.</p>
<p>Les personnages féminins sont également bien servis, <strong>Serena Malfi</strong> campe une Dorabella mutine à souhait. Sa voix, délicieusement enjoué dans  « È amore un ladroncello », se fait sensuelle dans son duo « Il cor vi dono » au point de troubler son partenaire et son timbre délicatement ambré se marie fort bien avec le soprano limpide d’<strong>Amanda Majeski</strong>. La cantatrice américaine, que les Parisiens ont applaudie en Vitellia à Garnier à l’automne dernier, possède une voix longue qui lui permet de triompher des embûches du rôle de Fiordiligi, en particulier les graves de « Come scoglio » émis sans effort apparent. Cependant, c’est son « Per Pietà » tout en nuances et empreint de nostalgie qui lui vaudra une belle acclamation de la part du public. Cet air, qu’elle chante dans une montgolfière qui s’élève dans le ciel constitue l’un des temps forts de la soirée. Reine de Broadway, <strong>Kelli O’Hara</strong> s’est déjà produite au Met dans <em>La Veuve joyeuse </em>​en 2015. Elle aborde ici un répertoire plus ambitieux et s’en tire avec les honneurs. La voix paraît bien projetée, autant que l’on puisse en juger au cinéma, et le style n’appelle aucune réserve, ce qui constitue une manière d’exploit pour une chanteuse spécialisée dans la comédie musicale. Très à l’aise sur la scène, la soprano est irrésistible en faux médecin aussi bien qu’en notaire au timbre nasillard. Pour un peu elle volerait presque la vedette à ses partenaires.</p>
<p><strong>David Robertson</strong> propose une direction énergique avec des tempi globalement rapides, notamment dans les ensembles, qui n’excluent pas les moments de pure poésie comme le trio « Soave sia il vento » où la musique semble planer en apesanteur.</p>
<p>	Le 14 avril prochain, le Metropolitan Opera retransmettra dans les cinémas du réseau Pathé Live <em>Luisa Miller</em> de Verdi avec Sonya Yoncheva, Piotr Beczala et Placido Domingo.<br />
	  </p>
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		<title>JANACEK, Jenůfa — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/jenufa-new-york-lhumanite-rayonnante-de-karita-mattila/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Oct 2016 19:08:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créé au Metropolitan Opera dès 1924, en allemand, avec la magnifique Maria Jeritza, Jenůfa y reste un titre rare. Il fallut attendre les années 70 pour que l&#8217;ouvrage fut repris, en anglais cette fois, avec Teresa Kubiak, Jon Vickers et Astrid Varnay. L&#8217;oeuvre connut enfin le succès qu&#8217;elle méritait en 1992, en tchèque cette fois, grâce à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créé au Metropolitan Opera dès 1924, en allemand, avec la magnifique Maria Jeritza, <em>Jenůfa </em>y reste un titre rare. Il fallut attendre les années 70 pour que l&rsquo;ouvrage fut repris, en anglais cette fois, avec Teresa Kubiak, Jon Vickers et Astrid Varnay. L&rsquo;oeuvre connut enfin le succès qu&rsquo;elle méritait en 1992, en tchèque cette fois, grâce à une distribution éclatante dominée par l&rsquo;émouvante Jenůfa de Gabriela Beňačková et la Kostelnička hallucinée de Leonie Rysanek.  Enfin en 2003, Karita Mattila y interprétait le rôle titre.</p>
<p>En entendant <strong>Karita Mattila</strong> cette fois dans le rôle de la sacristine, c&rsquo;est évidemment à Leonie Rysanek que l&rsquo;on pense, tant elle partage avec elle l&rsquo;expressivité d&rsquo;un chant souverain où l&rsquo;artiste donne tout.  Le rôle est écrit dans ses meilleures notes et correspond parfaitement à ses moyens actuels, aves des aigus chargés d&rsquo;émotion qui font trembler la salle. Autoritaire sans excès au premier acte, désespérée au deuxième, profondément humaine au dernier, le soprano finlandais sait faire vivre toutes les facettes de ce personnage complexe. La Jenůfa d&rsquo;<strong>Oksana Dyka </strong> est plus effacée mais sait rendre justice à une partition exigeante avec notamment des aigus puissants dardés sans efforts. On regrette néanmoins un timbre un peu acide et un grave insuffisamment développé. <strong>Daniel Brenna</strong> est un Laca impressionnant de facilité, à la projection superbe. <strong>Joseph Kaiser </strong>vaut surtout pour son jeu théâtral : son Števa est beau gosse et veule à souhait, mais la projection est un peu limitée et l&rsquo;aigu en arrière. A 72 ans passés, <strong>Hanna Schwarz </strong>a plus que de beaux restes ! La voix est impecable et le personnage émouvant. On ne citera pas dans le détail l&rsquo;ensemble des seconds rôles, tous excellents, notamment le délicieux Jano de<strong> Ying Fang</strong>.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="417" src="/sites/default/files/styles/large/public/jen_4379c.jpg?itok=pnsBPg5I" title="Oksana Dyka (Jenůfa) et Karita Mattila (Kostelnička). Photo : Ken Howard/ Metropolitan Opera." width="468" /><br />
	Oksana Dyka (Jenůfa) et Karita Mattila (Kostelnička) © Ken Howard/ Metropolitan Opera</p>
<p><strong>David Robertson</strong> choisit une approche un peu chambriste qui convient parfaitement aux scènes joyeuses des débuts des premier et dernier actes, mais qui tombe un peu à plat dans les parties les plus dramatiques (en particulier le finale de l&rsquo;acte II, où l&rsquo;on attend une véritable explosion), faute de tension. Au positif, le chef américain fait ressortir pas mal de détails d&rsquo;orchestration qui passent habituellement inaperçus. </p>
<p>Pour cette reprise de la production de 2003, <strong>Olivier Tambosi</strong> est venu préparer la nouvelle distribution, ce qui nous vaut des interactions théâtrales parfaitement réglées, dans des décors très stylisés supposés renforcer le climat oppressif de ce petit village, mais parfois un brin incongrus (tel cet immense rocher en plein milieu de la maison de Kostelnička).</p>
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