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	<title>Fatma SAID - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Fatma SAID - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Notre disque du mois : Didon et Énée</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/notre-disque-du-mois-didon-et-enee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Jacques Groleau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Sep 2025 08:02:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En cette rentrée des classes, difficile de passer à côté du bouleversant Didon et Enée qui vient de paraitre chez Erato/Warner Classics. Cet album tient en effet du miracle. Menée par Maxim Emelyanychev et l&#8217;Ensemble Il Pomodoro, l&#8217;équipe réunie ici a tout pour séduire : une Joyce DiDonato idéale en Didon, le formidable Énée de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En cette rentrée des classes, difficile de passer à côté du bouleversant <em>Didon et Enée</em> qui vient de paraitre chez Erato/Warner Classics. Cet album tient en effet du miracle. Menée par <strong>Maxim Emelyanychev</strong> et l&rsquo;Ensemble Il Pomodoro, l&rsquo;équipe réunie ici a tout pour séduire : une<strong> Joyce DiDonato</strong> idéale en Didon, le formidable Énée de <strong>Michael Spyres</strong>, la Belinda si délicate de <strong>Fatma Said</strong>, un trio de Sorcières assez incroyable (<strong>Beth Taylor</strong>, <strong>Alena Dantcheva</strong>,<strong> Ana Piroli</strong>), pour ne rien dire de l&rsquo;Esprit de <strong>Hugh Cutting</strong>&#8230; Pour plus de détails sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/purcell-dido-aeneas/">ce disque</a>, nous vous renvoyons au très détaillé <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">compte-rendu de Charles Sigel</a>. Notre indéniable disque du mois !</p>
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		<title>PURCELL, Dido &#038; Aeneas</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/purcell-dido-aeneas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Aug 2025 04:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour illustrer la pochette du disque, on a choisi le visage de Joyce DiDonato, et ce n’est que justice tant son incarnation de la Reine de Carthage est splendide. Et le nom de Michael Spyres, prince troyen de grand luxe, s’inscrit en grands caractères, ce qui se comprend aisément. En revanche on aurait aimé que &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour illustrer la pochette du disque, on a choisi le visage de <strong>Joyce DiDonato</strong>, et ce n’est que justice tant son incarnation de la Reine de Carthage est splendide. Et le nom de <strong>Michael Spyres</strong>, prince troyen de grand luxe, s’inscrit en grands caractères, ce qui se comprend aisément. En revanche on aurait aimé que fût mieux mis en valeur celui de <strong>Maxim Emelyanychev</strong>, tant la réussite de cet enregistrement de l’opéra de Purcell lui revient au premier chef.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/240131_GA_VDT_Joyce_DiDonato_Dido__Aeneas_c_Alfonso_Salgueiro-18-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-197144"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Joyce DiDonato et Maxim Emelyanychev © Alfonso Salgueiro</sub></figcaption></figure>


<p>Une captation faite en public à la Philharmonie Essen en guise de bouquet final d’une tournée, qui passa notamment par le Barbican Center de Londres et le Théâtre des Champs-Elysées dans un programme où <em>Didon et Énée</em> était couplé avec le <em>Jephté</em> de Carissimi (et le ténor des deux œuvres était alors Andrew Staples).</p>
<p>Si Joyce DiDonato avait depuis longtemps à son répertoire de récital la Mort de Didon, c’est la première fois qu’elle chantait l’opéra entier. Et pouvait donner toutes les couleurs d’un rôle qui n’est pas que douleur. Et retrouver un personnage qu’elle incarna, d’ailleurs déjà avec l’Enée de Michael Spyres, dans de mémorables Troyens…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" width="640" height="360" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Spyres-et-DiDonato-edited.jpg" alt="" class="wp-image-197151" style="width:640px;height:auto"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Spyres et DiDonato à l&rsquo;époque des Troyens © D.R.</sub></figcaption></figure>


<p>Le très bref opéra de Purcell, le premier en langue anglaise, est d’une efficacité magnifique, si bref soit-il. Le livret de Nahum Tate prévoyait force danses de Nymphes et Tritons, ce qui d’ailleurs l’aurait fait ressembler à ces masques dont l’Angleterre faisait ses délices. Mais Purcell tailla hardiment pour aller au plus court et au plus expressif.</p>
<p>En cela convaincu que c’était l’Italie qu’il fallait imiter, celle des opéras de Cavalli, et non pas ces opéras à la française dont il écrivait pis que pendre : « L’humeur de nos compatriotes devrait, et il ne serait guère trop tôt, commencer à être dégoûtée de la légèreté et des fadaises (<em>balladry</em>) de nos voisins [français] ».</p>
<h4><strong>Les nerfs à vif</strong></h4>
<p>Rien de plus révélateur que de comparer deux interprétations sous l’étiquette Erato : celle de Raymond Leppard en 1977 qui fit référence, avec déjà une merveilleuse chanteuse américaine (Tatiana Troyanos, bouleversante) et celle-ci… On a le sentiment qu’on a changé de voltage, qu’on est passé du 110 au 220 volts.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img decoding="async" width="600" height="392" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_9442.jpg" alt="" class="wp-image-197142"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Il Pomo d&rsquo;Oro sous la direction de Maxim Emelyanychev © D.R.</sub></figcaption></figure>


<p>Maxim Emelyanychev électrise ses troupes, ose des contrastes insolents, accentue le pittoresque de certaines scènes d’un grinçant très shakespearien (la scène de la Magicienne et des Sorcières), rend sensible le piège fatal où tombe Didon, accentue encore la prestesse, la fulgurance de ce scénario : Purcell ne s’installe jamais, n’étire jamais les mélodies, change les climats, n’éternise pas les épisodes dansés, joue sans cesse des contrastes de sentiments. S’inscrivant sans doute dans l’esprit de la théorie des humeurs, qui faisait encore florès.</p>
<p>Et le jeune chef russe, bouillonnant d’énergie et les nerfs à vif, lui emboite le pas. D’où la théâtralité vibrante de cette exécution, un caractère d’urgence, une palpitation de vie.</p>
<h4><strong>Fleur de peau</strong></h4>
<p>L’ouverture annonce d’emblée la couleur : un andante intense où les archets semblent figurer déjà la douleur de Didon, puis un allegro frémissant comme ses sentiments à fleur de peau : « Je languirai tant que ma peine restera secrète et pourtant je voudrais que nul ne la devine ». <br />C’est ce qu’elle chante dans son air d’entrée, « Ah ! Belinda, i am press&rsquo;d », en <em>ut</em> mineur, premier sommet de la partition, où, accompagnée du théorbe et de la viole de gambe, DiDonato est magnifique d’introspection, de legato, de nuances, filant les longues lignes de cette cantilène, où la mélodie semble errer sur une basse imperturbable, puis explose comme en un cri sur « yet would », avant que les reprises de la phrase ne s’allègent chaque fois davantage, la voix se faisant diaphane, jusqu’à une fin <em>morendo</em>, où l’ensemble des cordes vient la soutenir. Un air qui est tout entier prémonition de son lamento final.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/241695734_1708326482_v16_9_1200-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-197145"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Joyce DiDonato © D.R.</sub></figcaption></figure>


<p>En contraste avec cette mélancolie sublime, Belinda n’est que fraîcheur, vivacité, juvénilité, personnifiée par la voix limpide de <strong>Fatma Said</strong>, idéale dans ce rôle. Son duetto bondissant et dansant, « Fear non danger to ensue », avec son alter ego, la confidente (<strong>Carlotta Colombo</strong>, aux qualités vocales semblables), est d’une légèreté délicieuse, après le douloureux récitatif « Whence could so much &#8211; Mine with storms », où DiDonato, alternant <em>canto spianato</em> et vocalises virtuoses, transcende la technique pour n’être que désarroi et détresse. Purcell semble là s’inscrire dans la ligne des madrigalistes et de Monteverdi, tant il exprime de sentiments, d’<em>affetti</em>, en si peu de temps.</p>
<h4><strong>Spyres superbe dans le plus succinct de ses rôles</strong></h4>
<p>Michael Spyres est évidement le plus virilement séduisant des princes troyens. Indiqué comme « baritenor », il se montre à vrai dire ici beaucoup plus <em>bari</em> que ténor&#8230; Mais il est surtout d’une noblesse de timbre et de phrasé à faire fondre la plus chaste des reines. Belinda qui la connaît bien observe que « Her eyes confess the flame her tongue denies &#8211; Ses yeux trahissent la flamme que nient ses lèvres »… Purcell suggère ce trouble dans une mélodie brévissime, pétillante et irrésistible, « Pursue thy conquest, Love », qui par tout autre compositeur aurait été développée à n’en plus finir et qui chez lui passe comme un zéphyr désinvolte. Fatma Said y rayonne d’esprit.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="392" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_9441.jpg" alt="" class="wp-image-197141"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Fatma Said et Joyce DiDonato © D.R.</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Humeurs shakespeariennes</strong></h4>
<p>La nature toute entière, sous le charme de l’idylle du prince et de la reine, la célèbrera avec effusion par les voix des choristes d’<strong>Il Pomo d’Oro</strong>, radieux dans l’élégie amoureuse de « To the hills and the vales ».<br />À laquelle, par la loi des contrastes et du théâtre, succèdera la <em>terribilità</em> du tableau de la magicienne, cette âme noire dont découlera toute la suite de l’histoire. Emelyanychev ne lésine pas sur les effets sonores de plaque à tonnerre, de machine à vent, et de stridences en tout genre, pour suggérer la grotte où elle rumine sa détestation des gens heureux.<br />Dans une imprécation, dont le <em>fa</em> mineur signe la noirceur infernale, le mezzo <strong>Beth Taylor</strong> y distille sa vindicte avec autant d’ampleur que de verve, tandis que ses acolytes sorcières (<strong>Alena Dantcheva</strong> et <strong>Anna Piroli</strong>) grincent à loisir. On pense à <em>Macbeth</em> bien sûr. Mais très vite elles vont passer de la caricature à une nouvelle page exquise, le duetto de la malveillance, « To mar their hunting sport », aussi musical dans le registre drolatique et aigrelet que l’était « Pursue thy conquest, Love » de Belinda dans celui de l’amour.<br />Le chœur, lui, sera aussi convaincant dans l’humeur sardonique qu’il l’était dans l’élégiaque.<br />Et l’orchestre, sous la baguette piquante et hypervitaminée du jeune Russe, s’amusera des rythmes syncopés de la danse triomphale autant que des effets d’écho de la danse des Furies.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="392" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_9443.jpg" alt="" class="wp-image-197143"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>La Magicienne (Beth Taylor au centre) et les sorcières © D.R.</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Aux airs les passions de l’âme</strong></h4>
<p>C’est à un Esprit, son âme damnée, auquel elle fera revêtir l’aspect de Mercure, que la Magicienne confiera la tâche de précipiter le départ d’Énée vers l’Italie, où il fondera Rome. Ces moments de pure action, Purcell les écrit en <em>recitativo</em>, réservant les <em>arie</em> à l’expression des passions de l’âme. À l’injonction de l’Esprit (une voix de contre-ténor, <strong>Hugh Cutting</strong>, sur des tenues d’orgue pour en souligner le surnaturel), Énée ne peut répondre que par une sombre méditation. Seule sa vocalise finale sur « Yours be the blame, ye gods ! For I obey your will, but with more ease could die &#8211; Soyez maudits, ô Dieux ! Je me plie à votre volonté, mais j’eusse préféré mourir » indiquera son trouble, rare moment de faiblesse autorisé à un Héros. À nouveau Michael Spyres y est magnifique de ligne et de gravité, dans sans doute le plus succinct de ses rôles…</p>
<p>Entre danses de marins et danses de sorcières, la première scène du troisième acte fait évidemment le bonheur d’Emelyanychev. Tout cela est à la fois bondissant, acidulé, savoureux, insolent (le « Come away » du <em>sailor</em>, <strong>Laurence Kilsby</strong>), truculent (le « Our next motion » de la Magicienne). Cette espièglerie débridée n’étant là que pour mieux faire contraste avec les déchirantes scènes finales.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="746" height="417" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_9440.jpg" alt="" class="wp-image-197140"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Joyce DiDonato et Maxim Emelyanychev © D.R.</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Sublime déréliction</strong></h4>
<p>DiDonato est d’abord sublime de douleur dans son lamento «To Earth and Heav’n I will complain ! » avant de monter à des sommets fracassants de violence dans son récitatif <em>di furore</em> « Thus, on the fatal banks of Nille ». Abasourdi, le pauvre Énée ploie sous l’orage, s’offre à désobéir aux Dieux et à rester… Les « Away, away &#8211; Partez, partez » de Didon sont sans doute les plus cinglants de toute la discographie du rôle…</p>
<p>Génie et fulgurance de Purcell qui sitôt le Prince sorti fera plonger la Reine dans la déréliction la plus dépouillée, la plus éperdue, dans le récitatif « Thy hand, Belinda » sur quelques seules notes de théorbe, où DiDonato est d’une sincérité, d’une solitude bouleversantes.<br />Comme elle le sera dans son ultime plainte, « When i am laid in earth », musicalement la plus simple qui soit : une simple mélodie posée sur une basse obstinée, et ces « Remember me», qui se répètent et qui s’estompent puis s’effacent à mesure que Didon s’enfonce dans la mort.</p>
<p>Joyce DiDonato y est au-delà du beau chant (évidemment splendide, au sommet de son art). Elle y est admirable de pudeur, d’intériorité, de désespoir, de grandeur, d’abandon.</p>
<p>Ajoutons que la déploration finale du chœur se hissera sur les mêmes sommets. Il faudrait dire la transparence des voix de sopranos ou la manière dont Emeyanychev fait respirer cette page, en varie avec délicatesse les accents, mais on se bornera à dire de quelle émotion sont la compassion et l’apaisement qui se donnent à entendre là.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/purcell-dido-aeneas/">PURCELL, Dido &amp; Aeneas</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Notre disque du mois : Lieder-Fatma Saïd</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/notre-disque-du-mois-lieder-fatma-said/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Jacques Groleau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Mar 2025 10:09:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Difficile de résister au charme de cet étonnant album. La jeune soprano égyptienne Fatma Saïd y explore avec un naturel confondant le répertoire germanique &#8211; sa seconde langue maternelle, qu&#8217;elle apprit à l&#8217;école allemande du Caire. Warner n&#8217;a pas lésiné sur les moyens, lui permettant de s&#8217;entourer pour l&#8217;occasion d&#8217;une pléiade d&#8217;artistes prestigieux : trois &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Difficile de résister au charme de cet <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lieder-de-schubert-mendelssohn-schumann-et-brahms-fatma-said/">étonnant album</a>. La jeune soprano égyptienne Fatma Saïd y explore avec un naturel confondant le répertoire germanique &#8211; sa seconde langue maternelle, qu&rsquo;elle apprit à l&rsquo;école allemande du Caire. Warner n&rsquo;a pas lésiné sur les moyens, lui permettant de s&rsquo;entourer pour l&rsquo;occasion d&rsquo;une pléiade d&rsquo;artistes prestigieux : trois pianistes (Malcolm Martineau, Joseph Middleton et Yonathan Cohen), Sabine Meyer à la clarinette pour un <em>Pâtre au rocher</em> d&rsquo;anthologie, Anneleen Lenaerts à la harpe et le Quatuor Arod pour des Brahms revisités, ou encore &#8211; côté vocal &#8211; Huw Montague Rendall et le chœur Walhalla zum Seidelwirt. Mais loin du feu d&rsquo;artifice auquel cette débauche d&rsquo;artistes pourrait laisser penser, c&rsquo;est au contraire la concentration, l&rsquo;extrême intériorité et la profondeur de ces interprétations qui devraient ici marquer l&rsquo;auditeur. Ces quelque 70 minutes de pur bonheur sont notre disque du mois.</p>
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		<item>
		<title>Lieder (Fatma Saïd)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lieder-de-schubert-mendelssohn-schumann-et-brahms-fatma-said/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Feb 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=cd-dvd-livre&#038;p=182074</guid>

					<description><![CDATA[<p>Récital formidable, le plus saisissant, le plus varié, le plus virtuose, le plus troublant, le plus évident dans ses détails et dans son ensemble, qu’on ait entendu depuis des lustres. Le plus émouvant aussi, faut-il le dire.Allant du charme candide d’Auf dem Wasser zu singen, des virevoltes belcantistes de Der Hirt auf dem Felsen, à &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Récital formidable, le plus saisissant, le plus varié, le plus virtuose, le plus troublant, le plus évident dans ses détails et dans son ensemble, qu’on ait entendu depuis des lustres. Le plus émouvant aussi, faut-il le dire.<br>Allant du charme candide d’<em>Auf dem Wasser zu singen</em>, des virevoltes belcantistes de <em>Der Hirt auf dem Felsen</em>, à l’expressionnisme blême de <em>Der Zwerg</em> (très étonnant) ou du <em>Hexenlied</em> (un Mendelssohn <em>in stilo fantastico</em>).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="995" height="597" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Fatma-Said-Malcolm-Martineau-1©-Matt-Beech-16.jpeg" alt="" class="wp-image-182282"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Fatma Saïd et Malcolm Martineau © Matt Beech</sub></figcaption></figure>


<p><strong>Fatma Saïd</strong> dans un texte liminaire insiste sur ce qui la guide : la caractérisation de chaque lied, son souci constant d’expression, sa crainte du « trop chanté », son désir de s’approcher des « inflexions du discours parlé », de donner son poids juste à chaque mot dont aucun ne doit se perdre, et aussi son choix assumé de transposer bon nombre des lieder « vers une tonalité susceptible de les inscrire dans la tessiture spécifique à [sa] voix parlée ».</p>
<p>Elle évoque aussi sa proximité avec la langue allemande. Elle, qui est née en Égypte, raconte l’école maternelle allemande, puis l’école primaire allemande, au Caire, où lui devint naturelle cette deuxième langue maternelle, puis son approche très tôt du lied, qui lui apprit «&nbsp;ce que signifie mettre des couleurs dans la voix, peindre les mots, phraser&nbsp;».</p>
<p>On garde le souvenir très vif d’<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/fatma-said-en-recital-au-gstaad-new-year-music-festival-gstaad-fatma-said-un-charme-bluffant/">un concert à Gstaad il y a deux ans</a> où on l’avait découverte, ne sachant rien d’elle, et où on avait été sidéré de son aisance dans des mélodies espagnoles et dans le répertoire lyrique léger (français notamment), et par une voix d’une facilité sans limites.</p>
<p>De cette grâce, elle n’a rien perdu, ni de moyens vocaux qui lui permettent de donner exactement ce qu’elle veut, mais ce récital, si intelligemment construit, partant de la tendresse, de la <em>Gemütlichkeit</em> de <em>Ständchen</em>, pour aller jusqu’à la mélancolie profonde du <em>Liebeslied</em> de Schumann, ce récital démontre sa curiosité, sa versatilité, son amour, sa compréhension de ce répertoire.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="703" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Fatma-Said-and-Joseph-Middleton-MC-220524-0016-1024x703.jpeg" alt="" class="wp-image-182285"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Fatma Saïd et Joseph Middleton © Mark Allan</sub></figcaption></figure>


<p>Fatma Saïd propose ici un parcours, avec ses surprises : le <em>Notturno</em> de Schubert, tellement Biedermeier d’esprit, fait dialoguer sa voix limpide avec les quatre voix mâles de l’ensemble <strong>Walhalla zum Seidlwirt</strong> (et le piano bondissant de <strong>Yonatan Cohen</strong>), quatre des mélodies de Brahms sont accompagnées par la harpe d’<strong>Anneleen Lenaerts</strong>, et les cinq brefs <em>Ophelia-Lieder</em> du même Brahms le sont par le <strong>Quatuor Arod</strong> (dans l’arrangement d’Aribert Reimann) ; enfin, <em>last but non least</em>, <strong>Huw Montague Rendall</strong> est son partenaire idéal dans quatre duos merveilleux, dont le très bouleversant <em>In der Nacht</em> de Schumann, –&nbsp;et c’en est la plus belle lecture depuis celle de Julia Varady et Dietrich Fischer-Dieskau (mais dans un coloris moins pathétique).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Fatma-Said-avec-Malcolm-Martineau-et-Sabine-Meyer-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-182286"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Fatma Saïd avec Sabine Meyer et Malcolm Martineau ©&nbsp;D.R.</sub></figcaption></figure>


<p>Sur ce parcours, que sans doute vous suivrez aussi, quelques impressions au passage et quelques menus détails (qui n’en sont pas, évidemment) :</p>
<p>&#8211; les trémolos qui émaillent <em>Ständchen</em>, notamment sur « Silbertönen » ou « Jedes weiche Herz » (« celui au cœur tendre »), et le toucher, les couleurs, l’écoute, le rubato du grand Malcolm Martineau ;<br>&#8211; le petit ornement en forme de mélisme sur « der Widerhall der Klüfte » dans <em>Der Hirt auf dem Felsen</em> (et les inépuisables phrasés de Sabine Meyer à la clarinette, – ceux de Fatma Saïd ne le sont pas moins, et puis cette émotion frémissante avant l’envol de l’allegro final, –&nbsp;tout cela irrésistible) ;<br>&#8211; les « leise » du <em>Notturno</em>, si légers justement, immatériels, et ce côté quintette de chambre, mozartien, avec Fatma à fleur de voix ;<br>&#8211; l’intimité de <em>Die Liebende schreibt</em> (Mendelssohn), « Kuss » qui se détache comme une perle, puis les brèves effusions (on pense à la Comtesse des <em>Noces</em>), avant le dernier mot « Zeichen », impalpable ;<br>&#8211; les sons un peu laids, le <em>parlando</em> que Fatma Saïd s’autorise dans <em>Der Zwerg</em> (Schubert), les notes graves qu’elle va chercher, le ton de diseuse qu’elle trouve pour cette ballade ; le piano non moins audacieux de Martineau ;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/FatmaSaid8cSimonFowler-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-182080"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Fatma Saïd © Simon Fowler</sub></figcaption></figure>


<p>&#8211; dans <em>Hexenlied</em>, la diction très articulée, anguleuse, pointue, les sons un peu aigres (normal, ce sont des sorcières) –&nbsp;« une note pour chaque syllabe, de manière à créer une urgence théâtrale continue », dit-elle à propos de l’écriture ici de Mendelssohn ;<br>&#8211; à nouveau cette émission que nous appelons faute de mieux « à fleur de voix », dans <em>Suleika</em>, et la brusque amertume sur « meine Schmerzen » (ma douleur) ;<br>&#8211; dans <em>Lerchen gesang</em> (mélodie sublime de Brahms et un des sommets de ce récital) les arabesques tout en haut de la voix, presque fragiles, pour suggérer le chant des alouettes et de fugaces souvenirs resurgis, le tempo très lent, les arpèges de la harpe… À réécouter cent fois.<br>&#8211; cette manière de faire trembler la voix dans les trois Brahms qui suivent, et de presque s’effacer (bouleversant ) ;<br>&#8211; et de fusionner avec les quatre voix du quatuor à cordes dans les <em>Ophelia-Lieder</em> (ces cinq miniatures sont miraculeuses) ;<br>&#8211; <em>Widmung</em> (le premier de quatre Schumann) tire des larmes, on n’en dira pas plus ;<br>&#8211; <em>Singet nicht in Trauertönen</em> les essuie presque ;<br>&#8211; avant un <em>Unterm Fernster</em> (avec le superbe Huw Montague Rendall) jubilatoire (et le piano de Joseph Middleton aussi) ;<br>&#8211; l’alliance d’expansion et de retenue, d’aveu et de secret dans <em>Liebeslied</em>, puis dans <em>In der Nacht</em> relève de l’ineffable.</p>
<p>Donc on n’en dira pas plus.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lieder-de-schubert-mendelssohn-schumann-et-brahms-fatma-said/">Lieder (Fatma Saïd)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Concert de Paris &#8211; Paris (Hôtel de Ville)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-de-paris-paris-hotel-de-ville/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jul 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au lieu de la pelouse du Champ-de-Mars, les pavés de la place de l’Hôtel de la Ville : à quelques jours de l’ouverture des Jeux Olympiques, alors que les abords de la Tour Eiffel accueillent désormais un petit stade à ciel ouvert, le Concert de Paris a dû déménager, pour la première fois de son existence. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au lieu de la pelouse du Champ-de-Mars, les pavés de la place de l’Hôtel de la Ville : à quelques jours de l’ouverture des Jeux Olympiques, alors que les abords de la Tour Eiffel accueillent désormais un petit stade à ciel ouvert, le Concert de Paris a dû déménager, pour la première fois de son existence. Le changement est d’autant plus visible qu’il constitue la seule évolution majeure de la soirée. Bien rodé depuis 2013, l’événement affichait cette année des artistes et un choix d’œuvres ne présentant aucun bouleversement par rapport aux éditions précédentes.</p>
<p>Que la « Marche Hongroise » de la <em>Damnation de Faust</em> de Berlioz inaugure systématiquement les festivités tient certes lieu de rituel davantage que de redite – encore que cette fois, Cristian Macelaru et l’Orchestre National de France n’y ont pas mis leur entrain habituel, privilégiant un tempo plutôt retenu. Mais si nous tenons bien les comptes, la « Valse de Juliette » de Gounod était programmée ici pour la quatrième fois, la « Barcarolle » des <em>Contes d’Hoffmann </em>et « Nessun dorma » de <em>Turandot</em>, pour la troisième fois, et même les « Feuilles mortes », pour la deuxième fois <em>(Jeux</em> de Claude Arrieu, à l&rsquo;inspiration debussyste manifeste, sauve un peu l&rsquo;honneur pour rappeler, fût-ce en deux minutes trente, qu&rsquo;il existe des compositrices). Et pour jouer tous ces tubes, beaucoup d’artistes récurrents, voire incontournables, dans les concerts classiques télévisés – ce qui n’est pas un crime bien sûr, mais quitte à présenter des pianistes, des violonistes et des chanteurs d’opéra devant 3 millions de téléspectateurs, pourquoi ne pas miser, au moins en partie, sur le plaisir de la découverte ?</p>
<p>Mais les conditions météo sont plutôt bonnes, l’organisation rondement menée, les moyens techniques et la sonorisation, plus que satisfaisantes… alors que, de l’aveu de plusieurs membres de la production, l’existence même de cette nouvelle édition n’allait pas de soi au milieu de la foule de gros événements publics prévus à Paris en ce mois de juillet 2024, personne ne voulait bouder son plaisir. Et il y a toujours, dans ces soirées pléthoriques en morceaux de bravoure et en artistes prestigieux, des temps forts à savourer. Citons alors la première participation d’<strong>Adèle Charvet</strong>, dont l’énergique Carmen déclenche les ovations de la foule, mais qui sait aussi ménager de vrais moments de poésie, dans la « Barcarolle » d’Offenbach chantée en duo avec <strong>Fatma Saïd. </strong>Fatma Saïd, justement, fait également passer un frisson dans le public avec la chanson de Najib Hankach qu’elle empoigne corps et âme, tandis que le <strong>Chœur de Radio-France</strong> aura pu, à plusieurs reprises, démontrer sa valeur : vaillance des hommes dans « Gloire immortelle de nos aïeux », sensualité nonchalante des voix féminines dans l’entrée des cigarières de <em>Carmen. </em>En majesté, <strong>Nadine Sierra</strong> déploie, dans la Juliette de Gounod comme dans la Traviata verdienne, son impressionnante longueur de souffle et les reflets ambrés de son timbre. A l’excellent <strong>Pene Pati</strong>, on aurait pu demander de chanter autre chose qu’un « Nessun dorma » pas totalement dans ses cordes, mais il s’en acquitte plus que solidement, avec une générosité et une intégrité vocale admirables.</p>
<p>Du côté instrumental, <strong>Lang Lang</strong> et <strong>Katia Buniatishvili </strong>reviennent, le premier pour un extrait du Deuxième concerto de Rachmaninov un peu convenu, la deuxième dans un « Clair de lune » debussyste qui ne peut, dans un tel contexte, distiller sa poésie intime. Gauthier comme Renaud Capuçon sont fidèles au poste, ce dernier donnant en outre la réplique dans le Double concerto de Bach à un Daniel Lozakovich au legato infini, qui confirme sa place parmi les meilleurs musiciens de sa génération. La partie cross-over de la soirée était notamment tenue par Mathieu Chedid et Thibault Cauvin, actuellement en tournée ensemble, et faisant assaut de virtuosité dans une transcription de Satie à la guitare. La soirée avance sans trop de temps morts, la Maîtrise de Radio-France se fait acclamer une dernière fois après leur <em>Marseillaise</em>, mais le public attend déjà l’arrivée de la vraie star de la soirée : la flamme olympique, apportée par Yannick Noah à Anne Hidalgo et Tony Estanguet. L’autre événement de ce mois de juillet peut commencer.</p>
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		<title>Concert du 14 juillet à Paris : invités et programme sans surprise</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/concert-du-14-juillet-a-paris-invites-et-programme-sans-surprise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jul 2024 08:51:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En raison des Jeux Olympiques, le concert du 14 juillet à Paris aura lieu cette année non sur le Champ de Mars mais sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Pour la 11e édition de l’événement, Cristian Măcelaru dirigera l’Orchestre National de France, la Maîtrise et le Chœur de Radio France. Quatre chanteurs figurent parmi &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En raison des Jeux Olympiques, le concert du 14 juillet à Paris aura lieu cette année non sur le Champ de Mars mais sur le parvis de l’Hôtel de Ville.</p>
<p>Pour la 11<sup>e</sup> édition de l’événement,<strong> Cristian Măcelaru</strong> dirigera l’Orchestre National de France, la Maîtrise et le Chœur de Radio France. Quatre chanteurs figurent parmi les invités* (sous réserve) : les sopranos <strong>Fatma Saïd</strong> et <strong>Nadine Sierra</strong>, la mezzo-soprano <strong>Adèle Charvet et </strong>le ténor <strong>Pene Pati</strong> (mais où sont les clés de fa ?).</p>
<p>Le programme (voir ci-dessous) rabâche sans surprise tous les standards du répertoire, comme si la musique classique se réduisait à quelques numéros, inlassablement repris année après année. (Tiens, ils ont oublié le <em>Boléro</em> de Ravel ! N&rsquo;existe-t-il pas un autre air pour ténor que  « Nessun Dorma » ? Etc. ). De là à constater l’appauvrissement culturel de notre société, évidemment. Mais à qui la faute ?  </p>
<p>Le concert sera diffusé en direct à 21h sur <strong>France Inter </strong>présenté par<strong> Anna Sigalevitch</strong>, sur <strong>France 2 </strong>présenté par <strong>Stéphane Bern</strong>, et en simultané sur les réseaux Euroradio et Eurovision de l’UER (Union Européenne de Radio-Télévision) sur les antennes de plusieurs pays du monde.</p>
<pre>*<strong> Fatma Saïd</strong>, soprano<br /><strong>Nadine Sierra</strong>, soprano<br /><strong>Adèle Charvet,</strong> mezzo-soprano<br /><strong>Pene Pati</strong>, ténor<br /><strong>Renaud Capuçon</strong>, violon<br /><strong>Daniel Lozakovich</strong>, violon<br /><strong>Gauthier Capuçon</strong>, violoncelle<br /><strong>Khatia Buniatishvili</strong>, piano<br /><strong>Lang Lang</strong>, piano<br /><strong>Matthieu Chedid</strong>, guitare<br /><strong>Thibaut Cauvin</strong>, guitare<br /><strong>Orchestre National de France</strong><br /><strong>Chœur de Radio France</strong> - Lionel Sow, chef de chœur<br /><strong>Maîtrise de Radio France</strong> - Sofi Jeannin, cheffe de chœur<br /><strong>Cristian Măcelaru, </strong>direction</pre>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="719" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Programme_14juillet-1024x719.jpg" alt="" class="wp-image-168323"/></figure>
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		<title>GLUCK, Orfeo ed Euridice</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/gluck-orfeo-ed-euridice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 May 2024 05:27:48 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=cd-dvd-livre&#038;p=161515</guid>

					<description><![CDATA[<p>C’est une version de studio, mais elle a la fougue, l’énergie, la vérité d’une version scénique. Une histoire d’amour et de mort pleine de santé… Ou de sève, pour rester dans le droit fil de son packaging champêtre&#8230; Dans son texte liminaire, Jakub Józef Orliński raconte que chanter Orfeo fut l’un de ses grands rêves &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est une version de studio, mais elle a la fougue, l’énergie, la vérité d’une version scénique. Une histoire d’amour et de mort pleine de santé… Ou de sève, pour rester dans le droit fil de son <em>packaging</em> champêtre&#8230;</p>
<p>Dans son texte liminaire, Jakub Józef Orliński raconte que chanter Orfeo fut l’un de ses grands rêves quand il était étudiant, rêve qu’il a déjà pu réaliser à la scène trois fois : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/orfeo-ed-euridice-paris-tce-epure-et-emotions/">au TCE dans la mise en scène de Robert Carsen</a> et sous la direction de Thomas Hengelbrock, puis en version semi-scénique lors d’une tournée de concerts avec le Balthasar Neumann Ensemble, et enfin dans une mise en scène de Matthew Ozawa à l’Opéra de San Francisco sous la direction de Peter Whelan.</p>
<p>Autre rêve, celui d’être le co-directeur artistique de cet enregistrement avec son ami de toujours <strong>Stefan</strong> <strong>Plewniak</strong> et d’avoir choisi ses partenaires, <strong>Elsa Dreisig</strong> et <strong>Fatma Said</strong>, toutes deux parfaites. L’entente est évidente avec <strong>Il Giardino d’Amore</strong>, l’un des deux ensembles avec lesquels Orliński a un partenariat privilégié (l’autre étant Il Pomo d’oro, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/jakub-jozef-orlinski-beyond/">complice de son récent récital <em>Beyond</em></a>). Trente-quatre musiciens sur instruments anciens (dont quatorze vents) et une quinzaine de choristes, il semble bien que ce soit l’équilibre parfait, ni trop, ni trop peu.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="702" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Capture-decran-2024-04-29-a-12.29.22-1024x702.png" alt="" class="wp-image-161519"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Jakub Józef Orliński © Honorata Karapuda</sup></figcaption></figure>


<p>Oui, une authenticité non feinte semble-t-il, c’est bien la grande qualité de cette lecture, avec l’élan et la juvénilité. Le singulier charisme de Jakub Józef Orliński fait le reste, le mordant de sa diction et la présence d’une voix qui a gagné en projection au fil des expériences théâtrales. Tout cela mis au service de l’émotion.</p>
<p>Et qui justifie son ajout à une discographie abondante qui est à elle seule une histoire de l’interprétation. Versions de Vienne ou de Paris, versions d’alto, de ténor, de contre-ténor voire de baryton (Fischer-Dieskau), l’inventaire est sans fin, de Ferrier, Klose, Forrester, Simionato, Verrett, Horne, Bumbry ou Fink, en Gedda ou Simoneau, en Kowalski, Bowman, Chance, Ragin, Jarrousky ou Fagioli (cette dernière <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/orfeo-ed-euridice-une-nouvelle-grande-reference/">que Forum Opera naguère qualifia de nouvelle référence</a>), il y a pléthore de lectures remarquables ou secondaires… ou incongrues. Et côté chefs aussi toutes les écoles sont là, de Monteux et Furtwängler à Solti et Neumann, de Malgoire et Gardiner à Jacobs ou Fasolis…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="983" height="701" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Capture-decran-2024-04-29-a-12.26.53.png" alt="" class="wp-image-161517"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Honorata Karapuda</sup></figcaption></figure>


<h4><strong>Le souvenir de la scène</strong></h4>
<p>Dès ses premiers appels à «&nbsp;Euridice&nbsp;», trois cris de douleur survolant la vaste déploration du chœur, «&nbsp;Ah se intorno a quest&rsquo;urna funesta&nbsp;», s’impose l’incarnation d’Orliński, ardente et drue, qu’approfondira la longue première <em>scena</em>, depuis l’<em>arioso</em> « Basta, basta o compagni » jusqu’à l’aria « Chiamo il mio ben così » où se déploie la clarté du registre supérieur (le bas médium sur « s’asconde » est toujours un peu frêle), même si la prise de son qui le met au premier plan accentue une émission parfois quelque peu trompetante. C’est un peu plus avant dans l’opéra selon nous qu’il sera à son meilleur.<br>Mais c’est en tout cas sa manière de s’appuyer sur les mots qui donne son incision à «&nbsp;Euridice, ombra cara&nbsp;» et à cette longue plainte son poids de pathétique. <br>L’Orfeo d’Orliński a connu la scène et cela s’entend. De surcroît son registre d’alto correspond à la tessiture du rôle. Avec moins de séraphisme que Jarrousky, moins de préciosités virtuoses que Fagioli, il dessine d’emblée un Orfeo théâtral, à fleur de peau, dramatique, intense, extraverti et impose sa respiration, jusqu’aux ornements discrets de la coda.</p>
<p>Stefan Plewniak lui aussi semble prendre ses marques, après une <em>Sinfonia</em> d’entrée menée à un train d’enfer, ce qui en l’occurrence pourrait paraître approprié, mais dont la hâte va au détriment de l’articulation. Mais déjà la noble pulsation du premier ballet, sur son tempo «&nbsp;di minuè&nbsp;» aura donné à entendre la sonorité généreuse d’Il Giardino d’Amore, la richesse de sa palette (de beaux cuivres) et du chœur ici rassemblé (que d’ailleurs la prise de son ou l’acoustique du studio embrument quelque peu).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="752" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Capture-decran-2024-04-29-a-12.33.05-1024x752.png" alt="" class="wp-image-161522"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Fatma Said © Honorata Karapuda</sup></figcaption></figure>


<h4><strong><em>Teatralità</em></strong></h4>
<p>Du goût d’Orliński pour une ardente <em>teatralità</em> (et pour les mots sur lesquels il semble bondir avec une manière de gourmandise), on aura une attestation nouvelle dès le récitatif « Numi, barbari Numi !&nbsp;», précédant l’apparition de l’Amour, puis dans le long récitatif accompagné «&nbsp;Che disse, che ascoltai ?&nbsp;», d’une vie intense, &#8211; et témoignage de la réforme introduite par Gluck et Calzabigi : <em>prime le parole</em>, disent-ils, primauté au texte, autrement dit retour aux origines monteverdiennes du genre opéra. <br>Dans le rôle de l’Amour, c’est un choix idéal que celui de Fatma Said, dont la musicalité n’a d’égale que la beauté limpide du timbre. Un rôle qu’elle a chanté à la Scala alors qu’elle était une toute débutante (c’était en 2018, dans la version française, avec Florès et Karg) et auquel elle prête de délicieux phrasés, un sourire dans la voix, un timbre lumineux, une grâce qui dans le rondo « Gli sguardi trattieni » semble préfigurer le Mozart de Despina.</p>
<h4><strong>Je porte en moi mon propre enfer</strong></h4>
<p>Une certaine grâce, c’est aussi ce qui se donne à entendre dans le dialogue d’Orfeo avec les furies et les spectres, qui lui ferment d’abord la porte des Enfers, puis le laissent passer, sous le charme de son aveu «&nbsp;Ho con me l’inferno mio, Me lo sento in mezzo al cor &#8211; Je porte en moi mon propre enfer&nbsp;», qu’il leur chante accompagné de sa lyre. <br>La lumière du timbre suave d’Orliński fait ici merveille, avec ce legato qu’on entendra à loisir dans une sublime aria, « Che puro ciel ! » Cette voix, avec ses effets de transparence, semble porter naturellement en elle l’élégie et l’émotion, qu’agrémentent de souples inflexions toutes de délicatesse. Non moins délicat, l’entrelacement avec elle des flûtes, hautbois et cordes d’Il Giardino d’Amore pour suggérer « le chant des oiseaux, la course des ruisseaux, le murmure de la brise » qu’évoque le livret.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="610" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Capture-decran-2024-04-29-a-12.28.32-1024x610.png" alt="" class="wp-image-161518"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Elsa Dreisig © Honorata Karapuda</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Querelle d’amoureux aux Champs Elysées</strong></h4>
<p>Très théâtral aussi, tendance tragi-comédie, le dialogue sous forme de récitatif accompagné entre Orfeo et Euridice, qui commence de la façon la plus tendrement lyrique avant de bifurquer dès qu’Euridice s’étonne puis se courrouce des non-regards d’Orfeo, de son refus de l’étreindre et de s’expliquer. Choix non moins judicieux que celui de Fatma Said, celui pour Euridice d’Elsa Dreisig, qui négocie avec piquant le passage du suave au vindicatif, tandis que le pauvre Orfeo louvoie dans le melliflue.<br>Le quiproquo se résout dans le duo de dépit amoureux, «&nbsp;Vieni, appaga il tuo consorte&nbsp;», un de ces airs qui font avancer l’action et semblent eux aussi préfigurer Mozart.</p>
<p>De plus en plus grinçant, le dialogue débouchera sur l’air très âpre d’Euridice, « Qual vita è questa mai », dont Elsa Dreisig n’hésite pas à donner une lecture expressionniste, osant faire fi parfois de la beauté vocale pour n’être plus que douleur et désespoir, fidèle en cela à l’esprit du texte (la réforme gluckiste à nouveau) : « Je tremble, je chancelle, et je sens, pleine d’angoisse et de terreur, d’affreuses palpitations en mon cœur ». Parfaitement suivie par Stefan Plewniak qui se calque sur sa respiration.<br>La deuxième partie de l’air, «&nbsp;Che fiero momento !&nbsp;», qui n’est pas sans rappeler les traditionnels airs <em>di furore</em> de l’opera seria (c’est le seul aria <em>da capo</em> de la partition), lui permettra de se rattraper et de mettre en valeur son répertoire d’agilité, de sauts de notes, de trilles et de vocalises, avec le brio idoine.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="982" height="707" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Capture-decran-2024-04-29-a-12.26.16.png" alt="" class="wp-image-161516"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Honorata Karapuda</sub></figcaption></figure>


<p>La suite,&nbsp;on la connaît. Elle supplie qu’il la regarde, il finit pas céder, et aussitôt elle meurt. Le nouveau récitatif accompagné, «&nbsp;Ecco un nuovo tormento&nbsp;», est un autre très beau moment de cet enregistrement, tant il palpite de vie, d’impatience, de désir, puis de désespoir après la mort quasi instantanée d’Euridice. Écriture géniale, et interprétation toute en nerfs, en frémissements, en rapidité, en silences, très incarnée, dont l’agitation rendra encore plus apollinienne la grande déploration d’Orfeo (en <em>ut</em> majeur, chose étonnante mais annonçant peut-être le <em>lieto fine</em>). <br>Montrant à nouveau que le <em>cantabile</em> est son domaine d’élection, le «&nbsp;Che faro senza Euridice&nbsp;» de Jakub Józef Orliński est évidemment superbe, suspendu, désemparé, avec de longues tenues de notes, un legato sans fin et des demi-teintes impalpables, une fine maîtrise des notes vibrées ou non, et des <em>portamenti</em>, bref beaucoup d’art au service de l’expression, tout cela mis en valeur par un accompagnement d’orchestre à demi lointain, presqu’irréel. Et c’est beau.</p>
<p>Après un ultime ballet (où Il Giardino d’Amore, sous la direction flamboyante de Stefan Plewniak, frôlera l’embardée dans le premier allegro…) viendra le dénouement inattendu (une licence que s’autorisent les auteurs, pour complaire à Marie-Thérèse, présente à la création) : l’Amour rend Euridice à la vie dans un trio final jubilant, une jubilation qui à l’évidence a présidé à cet enregistrement, de là une sève parfois débordante, mais c’est mieux que d’en manquer.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="730" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Capture-decran-2024-04-29-a-12.30.05-1024x730.png" alt="" class="wp-image-161520"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Jakub Józef Orliński © Honorata Karapuda</sub></figcaption></figure>
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		<title>Changer d’année à Gstaad&#8230;</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/changer-dannee-a-gstaad/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Dec 2023 09:06:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’endroit est idyllique et semble loin des chaos du monde. Le Pays d’En-Haut, ses chalets immenses, ses prairies, ses chapelles… Celles de Rougemont, de Lauenen et de Saanen (boiseries claires, fresques naïves, vieux cimetière sous la neige tout autour) accueilleront pour le Gstaad New Year Music Festival, du 27 décembre au 9 janvier, quelques-unes de &#8230;</p>
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<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="400" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/rouge-4.jpg" alt="" class="wp-image-152338"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>L&rsquo;église de Rougemont © DR</sup></figcaption></figure>


<p>L’endroit est idyllique et semble loin des chaos du monde. Le Pays d’En-Haut, ses chalets immenses, ses prairies, ses chapelles… Celles de Rougemont, de Lauenen et de Saanen (boiseries claires, fresques naïves, vieux cimetière sous la neige tout autour) accueilleront pour le <strong>Gstaad New Year Music Festival</strong>, du 27 décembre au 9 janvier, quelques-unes de nos voix favorites, choisies par Caroline Murat -et la liste impressionne pour un festival qui se dit le plus modeste des trois qui se déroulent chaque année dans ces contrées… <br />Inauguré par <strong>Jonathan Tetelman</strong> (accompagné par Daniel Heide), on y entendra successivement <strong>Sonya Yoncheva</strong> (avec Malcolm Martineau au piano), le sopraniste <strong>Samuel Mariño</strong> et l’Orchestre de l’Opéra Royal de Versailles, le duo luxueux <strong>Lisette</strong> <strong>Oropesa/Ludovic Tézier</strong> (partenaires naguère d’un <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/thomas-hamlet-paris-onp/">Hamlet</a> mémorable à Bastille), la belle <strong>Fatma Saïd</strong> dans son récital El Nour, <strong>Erwin</strong> <strong>Schrott</strong> dans un récital Tango-Passion un peu plus <em>cross over</em>, mais aussi <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/roberto-alagna-en-recital-gstaad-un-happening-vocal/"><strong>Roberto Alagna</strong> </a>qui revient après avoir donné l’an dernier au même endroit un récital d’une générosité formidable, enfin le duo <strong>Serena Gamberoni/Francesco Meli</strong> (ce dernier récent Don Carlo à la Scala).<br />On fera grâce ici d’une kyrielle de violonistes et pianistes, mais on citera encore le superbe chœur londonien <strong>Tenebrae</strong> (dirigé par l’ex-King’s Singer Nigel Short) et l’intrigante re-création de <em>L’Arcifanfano</em> (ou <em>L’Isle des Fous</em>), opéra-comique (1760) d’Egidio Duni d’après Goldoni par l’ensemble Almazis que dirige l’effervescent <strong>Iacovos Pappas</strong>.<br />Pour se remettre de ces émotions, fondues garanties authentiques et vivifiantes promenades à raquettes…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="468" height="351" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/img_1274-1.jpeg" alt="" class="wp-image-152340"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Morgane Fauchois et Roberto Alagna © Patricia Daetzi – Gstaad NYMF 2022-23</sup></figcaption></figure>
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		<title>Fatma Said, pour le mélange des genres</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/fatma-said-pour-le-melange-des-genres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Aug 2022 04:13:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’exemple d’El Nour en 2020 qui déjà proposait un florilège de mélodies multiculturelles, le deuxième album de Fatma Said se présente comme un joyeux mélange de genres, de langues et de compositeurs. L’Opéra (Roméo et Juliette, Manon, Les Contes d’Hoffmann) y côtoie la zarzuela (La Tempranica), la comédie musicale (My Fair Lady), l’opérette (Weiner &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l’exemple d’E<em>l Nour </em>en 2020 qui déjà proposait un florilège de mélodies multiculturelles, le deuxième album de <strong>Fatma Said </strong>se présente comme un joyeux mélange de genres, de langues et de compositeurs. L’Opéra (<em>Roméo et Juliette</em>, <em>Manon</em>, <em>Les Contes d’Hoffmann</em>) y côtoie la zarzuela (<em>La Tempranica</em>), la comédie musicale (<em>My Fair Lady</em>), l’opérette (<em>Weiner Blut</em>, <em>Giuditta</em>) et même <em>La Javanaise </em>de Serge Gaisnbourg. Titre de ce nouvel opus : <em>Kaleidoscope</em>. Fatma Said explique : « Cet album se compose de nombreuses chansons et mélodies, chacune ayant sa propre histoire à raconter à travers un style de musique et un rythme particuliers. Vous entendrez ma voix qui se transforme et change de façon kaléidoscopique alors qu’elle habite ces différents personnages et situations aux couleurs changeantes et aux thèmes variés inspirés par la danse ». Sortie annoncée le 2 septembre 2022.</p>
<p>Fatma Said sera en concert à Paris et Grenoble avec l’Orchestre National de France les 12, 13 et 14 octobre et à la Philharmonie le 25 novembre (<em>La Clémence de Titus</em> avec Cecilia Bartoli).</p>
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		<title>Anima æterna</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/anima-aeterna-lechelle-de-jakub/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clement Demeure]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Oct 2021 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le nouvel Orliński est arrivé, et gageons que ce ne sera pas le dernier tant l’engouement pour la nouvelle star des falsettistes reste vif. Ce sera du reste amplement mérité, car cet opus témoigne de progrès sensibles chez un chanteur qui ne saurait se réduire aux totems du marketing moderne – plastique rare et attitude &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le nouvel Orliński est arrivé, et gageons que ce ne sera pas le dernier tant l’engouement pour la nouvelle star des falsettistes reste vif. Ce sera du reste amplement mérité, car cet opus témoigne de progrès sensibles chez un chanteur qui ne saurait se réduire aux totems du marketing moderne – plastique rare et attitude décontractée, « cool » même –, et aborde son répertoire avec un goût et une probité inattaquables.</p>
<p>Le thème de cet <em>Anima æterna</em> pourrait surprendre : adoubé sur scène et au <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/facce-damore-jakub-entre-en-scene">disque</a> dans le registre théâtral, Orliński était libre de polir son étoile sous les reflets flamboyants d’un <em>dramma per musica</em> baroque débordant de passions et de coloratures. Eh bien non, et après <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/anima-sacra-que-de-finesses-en-cette-legerete">Anima sacra</a>, c’est au répertoire sacré qu’il revient. Il existe certes de vastes cohortes d’amateurs des « voix d’ange », surtout quand le visage est à l’avenant ; proposer un nouveau disque d’airs sacrés nous semble toutefois moins facile, d’autant que l’essentiel du programme est peu connu, voire inédit.</p>
<p>À la fois claire et chaude, la voix semble naturellement adaptée à ce répertoire. Le timbre est assez beau, et surtout singulier et accrocheur. <strong>Orliński</strong> a su cultiver ses qualités et corriger certains défauts ; les couleurs sont avivées dans le médium et l’aigu, et l’organe paraît plus homogène. Moins appuyé, le bas du registre demeure sonore et timbré, ce qui distingue le chanteur de bien d’autres contre-ténors au grave confidentiel. La vocalise a aussi gagné en assurance, comme l’attestent les dix minutes de « Barbara dira effera », motet virtuosissime de Zelenka. Récemment, Delphine Galou comme Max Emmanuel Cenčić ont fait leur miel de cette page qui honnit les profanateurs de la croix du Christ sur les bouillonnements rageurs d’un basson et deux hautbois. Fort de sa maturité vocale mais surtout d’une vraie personnalité musicale, Orliński en anime les longues sections, par exemple dans les répétitions d&rsquo;« horrida » ou les trois minutes d&rsquo;alléluia.</p>
<p>Il se montre tout aussi à son aise dans les autres registres. Le savant Fux avait peiné jusqu’à présent à nous émouvoir, mais c’est chose faite avec un bouleversant extrait de l’oratorio<em> Il Fonte della salute</em> (Vienne 1716). Chaque pincement et coup d’archet touche dans cet air d’un pécheur qui évoque avec contrition la tendresse divine. Invitée à joindre son soprano sensible à l’alto vedette le temps du <em>Laetatus sum</em> de Zelenka,<strong> Fatma Saïd </strong>fait valoir une technique sûre (<em>Illuc enim</em>) malgré quelques acidités dans l&rsquo;aigu. Elle ne dépare pas dans les duos avec Orliński, qui domine seul un <em>Fiat pax</em> parsemé de trilles, fioritures et notes tenues.</p>
<p>D’autres raretés complètent le disque plus heureusement encore : une superbe prière de <em>La Giuditta</em> de De Almeida (Rome 1726), un <em>Laudate pueri</em> de Gennaro Manna et un allegro furieux signé d’un certain Bartolomeo Nucci. Après les airs d’opéra gravés par Fagioli, on se félicite en particulier de découvrir un nouveau pan du corpus de Manna, figure napolitaine de renom au milieu du XVIIIe siècle. Les sinuosités galantes de sa ligne vocale  (<em>Suscitans</em> galonné de trilles) n’interdisent pas une vraie piété, dans un dialogue mouvant et inspiré entre soliste et chœur. Très opératique, « Un giusto furore » de Nucci tranche un peu avec le reste du programme. Il permet surtout au contre-ténor de jouter avec une trompette, clin d’œil à la légende de Farinelli. <strong>Il Pomo d’oro</strong> dirigé par <strong>Francesco Corti </strong>s’y montre impeccable, comme dans le reste du programme. Bois chez Zelenka, cordes graves chez Fux, cuivre chez Nucci, chœur chez Manna : l&rsquo;ensemble déploie une riche palette de couleurs et d&rsquo;atmosphères, jusqu&rsquo;à l&rsquo;orgue qui accompagne seul la dernière plage du disque, un antiphon de Haendel aussi beau que rare.</p>
<p>
	Cette interprétation empreinte de candeur, de plénitude ou de vigueur palpite de tous les mouvements de l’âme. Ou plutôt, fidèle à l&rsquo;esprit du répertoire, elle semble traversée par les vertus cardinales (tempérance, justice, force et prudence) et théologales (foi, espérance, charité) ; c&rsquo;est un peu l&rsquo;échelle reliant la terre et le ciel qu&rsquo;aperçoit Jacob en songe dans la bible. Belle réussite que de parvenir à faire vivre un récital sacré avec tant de justesse et de variété. Petit à petit, Orliński trace son propre chemin. Vers la cour des grands ?</p>
<p> </p>
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