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	<title>Pietro SPAGNOLI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<link>https://www.forumopera.com/artiste/spagnoli-pietro/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 02 Mar 2026 18:51:01 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Pietro SPAGNOLI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>GASSMANN, L’Opera Seria – Vienne (MusikTheater)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gassmann-lopera-seria-vienne-musiktheater/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Mar 2026 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée l’an passé à Milan, cette production de l’œuvre rare de Florian Leopold Gassmann, trouve à Vienne un second souffle. Si tous les défauts relevés par Guillaume Saintagne à la Scala n’ont pas complètement disparu, beaucoup ont été atténués. Le premier acte conservent ses longueurs, ce que l&#8217;on doit à un livret qui redit beaucoup &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée l’an passé à Milan, cette production de l’œuvre rare de Florian Leopold Gassmann, trouve à Vienne un second souffle. Si tous les défauts <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/gassmann-lopera-seria-milan/">relevés par Guillaume Saintagne à la Scala</a> n’ont pas complètement disparu, beaucoup ont été atténués. Le premier acte conservent ses longueurs, ce que l&rsquo;on doit à un livret qui redit beaucoup de ses éléments d’exposition mais permet à <strong>Laurent Pelly</strong> d’installer des archétypes et des gimmicks dans la direction d’acteurs qui reviendront ponctuer les scènes toute la soirée durant : Stonatrilla qui farfouille dans son sac triangle en mâchonnant, Smorfiosa qui semble arracher les pages de sa partition à chaque fois qu’elle en tourne une, et surtout Ritornello, à moitié échappé de <em>La Cage aux Folles</em>, qui caresse les improbables mèches dressées de sa perruque dès qu’il est satisfait de lui (ce qui arrive très souvent). Les interactions entre les personnages semblent aussi avoir été approfondies et chacun a de quoi faire notamment pendant l’acte II et ses répétitions où le public s’esclaffe de comiques de situation divers : les rivalités entre ces dames donnent lieu à un concours de grimaces, le pauvre Fallito tend le poison à Stonatrilla pendant 10 minutes etc. Le spectacle reste vivant tout du long et le MusikTheater an der Wien étant d’un format bien plus compact que la grande scène milanaise, on profite d’autant plus du travail d’orfèvre réalisé par l’équipe technique : la redingote tutu de Passagallo remporte la palme des costumes à moins que ce ne soit l’armure tortue de Porporina ou le justaucorps guerrier et plumé de Ritornello pendant la représentation d’<em>Oranzebbe</em>… les perruques (Sospiro a des airs d’Amadeus dans le film du même nom) ou encore les lumières et leurs effets de film en noir en blanc bien redoublés par les danseurs (en blanc) et les techniciens du théâtre (en noir). Le dernier acte et son théâtre qui s’effondre achève d’emporter la salle, hilare devant le quadrille repiqué de <em>Platée</em>, qui sert de comique de répétition au milieu de tout ce fatras.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Lopera-seria-c-Werner-Kmetitsch-4-1294x600.jpg" />© Werner Kmetitsch</pre>
<p>A théâtre réduit, fosse réduite et à Vienne, seuls les <strong>Talens lyriques</strong> l’occupent. <strong>Christophe Rousset</strong> compose donc uniquement avec sa formation sans incorporer d’instrumentistes extérieurs. Contrastes et tempi s’en trouvent relevés tout du long, au diapason des situations. Un vrai esprit mozartien règne dans les scènes de groupes et les ensembles conclusifs. Il vient faire contrepoint au sérieux trop seria (pour mieux le caricaturer) des enfilades d’airs. Cependant, le comique retravaillé à la scène ne sera pas descendu jusque dans les rangs des musiciens et à l’exception de la scène du poison dont la coda finale est reprise pour que la soprano vedette le boive enfin.</p>
<p>Le plateau vocal a très largement suivi d’une ville à l’autre et les quelques changements s’avèrent bénéfiques.<strong> Roberto de Candia</strong> prend la suite de Mattia Olievieri en Delirio, le librettiste, et trouve une verve certaine autour d’une voix bien projetée et sonore. <strong>Petr Nekoranec</strong> dispose de toutes les qualités requises pour étoffer le portait du compositeur Sospiro tant dans ses facéties stylistiques que dans sa romance incertaine avec Porporina. Celle-ci, toujours incarnée par <strong>Serena Gamberoni</strong>, semble avoir muri depuis les représentations scaligères. Le soprano entame sa scène du deuxième avec une messa di voce au cordeau avant de délivrer les roucoulades du dauphin libérant le banc de thons (sic) avec aisance. <strong>Alessio Arduini</strong> (Passagallo) et <strong>Pietro Spagnoli</strong> (Fallito) excellent tout deux dans les rôles secondaires qui leur sont confiés tant par la présence scénique que l’adéquation vocale. <strong>Filippo Mineccia </strong>et<strong> Alberto Allegrezza</strong> conservent leurs rôles de matrones déjà endossés à Milan. Il sont rejoints par <strong>Nicholas Tamagna</strong> pour une scène désopilante. Enfin, les trois protagonistes principaux trouvent en<strong> Julie Fuchs</strong>, <strong>Andrea Carrol</strong> et <strong>Josh Lovell</strong> des interprètes superlatifs. Les deux sopranos rivalisent de virtuosité, de nuances et de charisme scénique. Grâce une aisance vocale toute rossinienne, rompue à un bel canto haut en couleur Josh Lovell émerveille tout autant qu’il régale la salle par un jeu comique irrésistible. Les facéties entre tous ces interprètes pleinement engagés (et amusés) construisent un esprit de troupe qui règne sur le plateau toute la représentation durant.</p>
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		<title>ROTA, Il cappello di paglia di Firenze – Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rota-il-cappello-di-paglia-di-firenze-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Nov 2025 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On connait Nino Rota pour ses nombreuses musiques de film (environ 150) mais il fut aussi un prolifique compositeur symphonique, chambriste, de ballet, ou encore de musique vocale ou lyrique. Sur ces douze opéras, seul Il cappello di paglia di Firenze est donné avec une certaine régularité (par exemple à Toulouse il y a un &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On connait Nino Rota pour ses nombreuses musiques de film (environ 150) mais il fut aussi un prolifique compositeur symphonique, chambriste, de ballet, ou encore de musique vocale ou lyrique. Sur ces douze opéras, seul <em>Il cappello di paglia di Firenze</em> est donné avec une certaine régularité (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/rota-il-capello-di-paglia-di-firenze-bordeaux-auditorium/">par exemple à Toulouse il y a un un an)</a>. Le livret, écrit par le compositeur et sa mère, Ernesta Rota Rinaldi, est basé sur la célèbre pièce d&rsquo;Eugène Labiche and Marc-Michel, <em>Un chapeau de paille d&rsquo;Italie</em>, elle-même originellement mêlée de couplets. Si l&rsquo;opéra est d&rsquo;une longueur à peu près équivalente à celle de la pièce, c&rsquo;est toutefois au prix d&rsquo;une modification fondamentale de la structure : pour faire place à des airs, duos ou ensembles, le ménage est fait dans les dialogues originaux aux répliques souvent pleines d&rsquo;esprit, voire hilarantes ou absurdes (1). Le point commun reste l&rsquo;intrigue et le rythme endiablé qu&rsquo;elle impose. Le cheval de Fadinard a avalé le chapeau de paille d&rsquo;une jeune femme. Celle-ci l&rsquo;avait accroché à un arbre alors qu&rsquo;elle était en galante compagnie dans les bois avec son amant. Le couple vient faire une scène chez Fadinard : ils exigent qu&rsquo;il trouve un chapeau identique afin de ne pas éveiller les soupçons du mari au retour de son épouse. Fadinard part à la recherche dudit chapeau, poursuivi tout au long de ses pérégrinations par son beau-père, son épouse, un oncle sourd et toute la noce, aucun ne comprenant quoi que ce soit à son comportement. Fadinard trouve le temps de se marier entre temps et tout finira bien pour tout le monde, mari jaloux excepté. La musique de Nino Rota rend bien la folie de cette course continue. Les mélodies sont charmantes, légères et gaies, sans toutefois marquer immédiatement la mémoire, comme le thème du <em>Parrain</em> ou sa musique de cirque des <em>Histoires</em> <em>extraordinaires</em>. À part quelques dissonances ponctuelles (notamment dans les ensembles et plutôt en seconde partie), la partition reste d&rsquo;un grand classicisme, cherchant à conquérir le cœur du public plutôt que l&rsquo;intellect des musicologues.</p>
<p>Le rythme de l&rsquo;ouvrage repose essentiellement sur les épaules de l&rsquo;interprète de Fadinard à qui revient la charge d&rsquo;imprimer la dynamique de cette course éperdue. <strong>Ruzil Gatin</strong> est ici absolument parfait, débordant d&rsquo;énergie. Sa tache est d&rsquo;autant moins aisée que le rôle réclame d&rsquo;alterner des moments de statisme (ses nombreux airs) et d&rsquo;autres qui font avancer l&rsquo;action (dialogues, ensembles). Le chanteur est à l&rsquo;aise avec la tessiture, offrant une voix bien projetée et une richesse de timbre qu&rsquo;on ne trouve pas souvent chez la plupart des ténorinos. <strong>Pietro</strong> <strong>Spagnoli</strong> incarne Nonancourt, le beau-père de Fadinard. Le chant est digne mais la projection un peu limitée. Sa voix ne tonne pas suffisamment quand il clame offusqué que « Tout est rompu ! » (un<em> running gag</em> de l&rsquo;ouvrage). Le baryton italien manque de la rondeur attendue : on entend ici un Figaro (avec quelques moments de tendresse) quand on attendrait un Bartolo dépourvu de malice. Dans le court rôle de Maupertuis, le mari jaloux, <strong>Marcello</strong> <strong>Rosiello</strong> offre une voix puissante et une composition idéale, à la fois drôle et un brin inquiétante. <strong>Maria Grazia Schiavo</strong> est une Elena pleine de charme, très à l&rsquo;aise dans un chant piano empreint d&rsquo;une douce poésie. La voix d&rsquo;<strong>Elena Galitskaya</strong> (Anaide, l&rsquo;épouse infidèle) nous a semblé un peu étriquée, avec un grave faible et un médium manquant de largeur, mais on appréciera son aisance scénique. Le rôle de la modiste est court mais <strong>Elisa Verzier</strong> y faire preuve d&rsquo;une belle autorité et d&rsquo;une belle qualité de timbre. Le rôle de la Baronessa di Champigny est plus développé : la jeune femme est censée posséder un chapeau identique. Elle confond Fadinard avec le célèbre violoniste virtuose qu&rsquo;elle a invité pour un concert privé auquel la noce participera en toute inconscience. Dans ce rôle d&rsquo;élégante charmeuse, <strong>Josy</strong> <strong>Santos</strong> déploie un beau timbre de mezzo, charnu, avec une bonne projection et un bel abattage scénique. <strong>Rodion Pogossov</strong> (l&rsquo;amant d&rsquo;Anaide) offre une voix de baryton chaude et sonore. <strong>Lorenzo Martelli</strong> est un Felice (le domestique de Fadinard) au timbre percutant. <strong>Blagoj Nacoski</strong> incarne avec humour et une grande aisance scénique le double rôle du noceur Achille et d&rsquo;un garde enrhumé. Encore moins développés, les rôles du Zio Vézinet (<strong>Didier</strong> <strong>Pieri</strong>) et du caporal des gardes (<strong>Marc Tissons</strong>) sont ici bien campés, ainsi que les chœurs dont les différents artistes sont bien caractérisés.</p>
<p>La production de <strong>Damiano Michieletto</strong> s&rsquo;articule autour d&rsquo;un plateau tournant qui permet des changements de décors rapides. Le metteur en scène italien surajoute de nombreux effets mais ce surplus d&rsquo;idées nuit à la simplicité et à l&rsquo;immédiateté de l&rsquo;ouvrage. Le rythme reste insuffisant, avec un jeu d&rsquo;acteur qui pourrait être nettement plus fouillé, plus endiablé, plus original. Les éclairages, blanc bloc opératoire ou vert salade, manquent de chaleur. La transposition (a priori dans les années 50) n&rsquo;apporte pas d&rsquo;éclairage particulier mais permet une belle variété de costumes. On passe à côté de la <em>farce</em> <em>musicale</em>. Ce soir, le rythme est imprimé dans la fosse. À la tête d&rsquo;un orchestre de l&rsquo;Opéra Royal de Wallonie-Liège en pleine forme, <strong>Leonardo Sini</strong> sait faire ressortir la (gentille) folie de cette musique, soulignant certains détails d&rsquo;une partition plus complexe qu&rsquo;on ne le sent au premier abord, tout en réglant parfaitement le plateau vocal. En dépit d&rsquo;une orchestration qui met en avant les instruments à vent (!), le chef sait équilibrer les différents pupitres. Au final, le plaisir du public est évident, faisant un triomphe cette ouvrage sympathique et revigorant qui a  l&rsquo;immense avantage de nous mettre de bonne humeur.</p>
<p>(1) Un exemple de dialogue de la pièce originale :<br />
— Vous me dites : « Attends-moi, je vais chercher un parapluie. » J’attends, et vous revenez au bout de six mois&#8230; sans parapluie !<br />
— Tu exagères ! d’abord il n’y a que cinq mois et demi&#8230; quant au parapluie, c’est un oubli&#8230; je vais le chercher&#8230;</p>
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		<title>ROSSINI, Soirées Musicales / La cambiale di matrimonio &#8211; Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-soirees-musicales-la-cambiale-di-matrimonio-pesaro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Aug 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un drôle d’attelage que le Festival Rossini de Pesaro propose ce soir, en couplant Soirées Musicales (recueil de mélodies) avec Il cambiale di matrimonio (opéra en 1 acte). Les Soirées musicales sont un recueil de mélodies publié par Rossini en 1835, comportant 8 mélodies solo et 4 duos, n’ayant pas de lien entre elles, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div data-olk-copy-source="MessageBody">C’est un drôle d’attelage que le Festival Rossini de Pesaro propose ce soir, en couplant <em>Soirées Musicales</em> (recueil de mélodies) avec<em> Il cambiale di matrimonio</em> (opéra en 1 acte).</div>
<div></div>
<div>Les <em>Soirées musicales</em> sont un recueil de mélodies publié par Rossini en 1835, comportant 8 mélodies solo et 4 duos, n’ayant pas de lien entre elles, si ce n&rsquo;est les auteurs des textes, Pietro Metastasio et Carlo Pepoli. La plus célèbre d’entre elles est sans conteste la star des bis, <em>La danza</em>. Les formes sont d&rsquo;ailleurs variés, de la barcarole au bolero en passant par la tyrolienne ou la tarentelle.</div>
<div></div>
<div>La particularité de la proposition de ce soir (outre de les présenter en une seule traite) est d&rsquo;offrir  une version orchestrée de ces mélodies, accompagnées originellement au piano.</div>
<div></div>
<div>Dans ces mélodies, le ténor <strong>Paolo Nevi</strong> et la soprano <strong>Vittoriana de Amicis</strong> se partagent les mélodies solo, n’étant rejoints brièvement par <strong>Gurgen Baveyan</strong> (baryton) et <strong>Andrea Niño</strong> (mezzo) que pour les duos.</div>
<div></div>
<div>Parmi la distribution réunie ce soir, composée de jeunes chanteurs intervenant par ailleurs dans d’autres œuvres programmées cette année par le festival (on retrouvait les trois derniers le lendemain dans <em>L’Italiana in Algeri</em>), <strong>Paolo Nevi</strong> est celui qui fait la plus forte impression: déjà remarqué la veille dans ses brèves interventions en Eacide dans <em>Zelmira,</em> le ténor semble souvent contenir ses moyens conséquents dans les miniatures proposées. Voilà un chanteur prometteur ! La soprano, elle, est piquante, mais nous avouons préférer une voix de ténor dans la fameuse <em>danza</em>.</div>
<div></div>
<div>Après l’entracte, changement d’ambiance total avec la farce en un acte <em>La cambiale di matrimonio</em>, premier opéra créé par Rossini en 1810 à Venise.</div>
<div></div>
<div>Il s’agit de la reprise d’une production imaginée par <strong>Laurence Dale</strong> en 2020, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/giovanna-darco-la-cambiale-di-matrimonio-pesaro-un-decor-envahissant/">déjà décrite avec force détails par Maurice Salles</a> lors de sa création (mais avec un couplage différent). Nous renvoyons d’ailleurs à son article pour la description détaillée de l’intrigue, on ne peut plus simple : par intérêt financier, un barbon (Tobia Mill) veut marier sa fille soprano (Fanny) à un baryton arrivant du Canada (Slook), alors qu’elle est amoureuse d’un ténor (Milfort).</div>
<div></div>
<div>La façade de la demeure victorienne qui accueille le spectateur est pleine de surprises, s’ouvrant, dévoilant différentes pièces, et animant avec une certaine maestria le spectacle. Nous ne serons pas aussi sévère que notre confrère sur les ajouts du metteur en scène et avouerons avoir souri aux facéties du plantigrade arrivé avec le sieur Slook du Canada. De même le jeu est très enlevé, profitant des qualités comiques indéniables des chanteurs, en particulier de <strong>Pietro Spagnoli</strong> (Tobia Mill), qui illumine le spectacle par sa verve communicative et sa science de chant rossinien. C’est drôle, superbement bien chanté, en un mot, irrésistible.</div>
<div></div>
<div>Il trouve un partenaire et adversaire à sa taille avec <strong>Mattia Ollivieri</strong> (Slook). Au-delà d’une silhouette élancée et d’un physique fort agréable (ce dont joue la mise en scène), le baryton campe un canadien dont les premiers abords un peu rustres cachent intelligence et empathie. La voix claire et puissante sait se plier aux circonvolutions vocales chères au maître de Pesaro.</div>
<div></div>
<div>On est moins séduits par la Fanni de <strong>Paola Leoci</strong>, non pas à cause d’une quelconque défaillance, la tessiture et la technique belcantiste étant sans conteste parfaitement maîtrisées. Il manque cependant un zeste de charme, de volupté dans le timbre de cette jeune fille amoureuse. <strong>Jack Swanson</strong> a bien peu à se mettre sous la dent en amoureux transi (Milfort), mais il le fait très bien, avec un moelleux fort appréciable.</div>
<div></div>
<div>Le couple de domestiques (<strong>Ramiro Maturana</strong> et <strong>Inés Lorans</strong>) est charmant, cette dernière interprétant avec beaucoup de pétulance son aria « Anch’io son giovane ».</div>
<div></div>
<div>Après un concert Pertusi qui nous avait inquiétés, la Filarmonica Gioachino Rossini semble transfigurée ce soir, que ce soit au niveau de la virtuosité ou de la couleur des instruments soli. La direction dynamique mais jamais précipitée de <strong>Christopher Franklin</strong> se coule avec aisance que ce soit dans les mélodies ou dans la farce.</div>
<div></div>
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		<item>
		<title>GASSMANN, L&#8217;Opera Seria &#8211; Milan</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gassmann-lopera-seria-milan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand Florian Leopold Gassmann compose L’Opera Seria en 1769 c’est autant pour parodier un style en perte de vitesse que pour lui rendre hommage. Si le livret est dû à Calzabigi (associé de la « Réforme » gluckiste), le compositeur s’est lui  rendu célèbre via ce genre : loin d’être une simple parodie buffa, cette &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand Florian Leopold Gassmann compose <em>L’Opera Seria</em> en 1769 c’est autant pour parodier un style en perte de vitesse que pour lui rendre hommage. Si le livret est dû à Calzabigi (associé de la « Réforme » gluckiste), le compositeur s’est lui  rendu célèbre via ce genre : loin d’être une simple parodie buffa, cette œuvre réclame des artistes virtuoses capables de briller dans un véritable <em>opera seria</em>. Le livret est impayable : à l’acte I on assiste à l’entrée des artistes (compositeur, librettiste, chanteurs, tous affublés de noms ridicules – l’impresario s’appelle ainsi « Faillite » et la prima donna « Stonatrilla » que l’on pourrait traduire par « Trille Discordant ») ; l’acte II est celui de la répétition où tous en prennent pour leur grade (le ténor qui ne comprends pas l’expression « de Charybde en Scylla » et persiste à dire « en Sicile ») ; l’acte III voit démarrer la représentation d’<em>Oranzebbe</em>, opera seria à l’éxotisme de pacotille<em>, </em>qui tourne vite à la catastrophe avant que l’impresario ne file avec la caisse. C’est au festival d’Innsbruck que l’œuvre fut resuscitée dans les années 90 avec René Jacobs à la baguette, puis Dominique Meyer l’avait programmé au Théâtre des Champs-Elysées en 2003 avec éclat. En quittant la Scala, le directeur a certainement cherché à reproduire le succès parisien. Sur le papier cela ne pouvait pas louper : un metteur en scène célèbre pour son sens du comique, un chef d’orchestre baroque parmi les plus éminents du circuit et une distribution solide. En réalité, l’équipe semble chercher ce soir à éviter à tout prix la gaudriole, réfrigérant l’ensemble.</p>
<p><strong>Laurent Pelly</strong> d’abord semble bien peu inspiré : le décor est simple et élégant, à la clarté grisonnante, les costumes font contraster le blanc fantasque des chanteurs avec le noir de l’impresario et des techniciens, mais la direction d’acteur est au minimum syndical, souvent simplement illustrative. Au fatras d’accessoires et au désordre permanent qu’orchestrait Martinoty à Innsbruck, opposer cette épure n’est pas sans intérêt, toutefois faute d’une direction d’acteur plus inventive, cela aseptise l’œuvre. L’acte I souffre de lenteurs que la coupure de nombreux récitatifs n’arrive pas à compenser. A l’acte II, on assiste même à plusieurs évitements, le plus flagrant étant « Pallid’ ombra » de Stonatrilla, interprété sans plus aucune charge parodique : soudain seule en scène, la soprano interprète son air avec tout le sérieux du monde ; tout juste lui accorde-t-on un effet comique après la dernière note (elle s’écroule avant d’avoir bu le poison, et se réveille donc pour l’avaler d’une traite et mourir de nouveau). Les rires ne commencent à fuser dans la salle qu’avec les gags du dernier acte (la cantatrice qui tombe de l’éléphant, le décor qui s’effondre pendant son air), certains sentant d’ailleurs fortement le réchauffé (les danseurs pendant l’air du ténor, copié/collé jusque dans leur perruque des suivants de la Folie dans sa célèbre <em>Platée</em>). En tout cas aucun n’est purement musical (quand Martinoty ajoutait un duel du ténor avec la trompette, ou ridiculisait Stonatrilla n’arrivant pas à sortir un aigu à la cadence et se faisant huer par les spectateurs).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/056_096A0504.ph-Brescia-e-Amisano-©Teatro-alla-Scala-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-186603"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Brescia e Amisano © Teatro alla Scala</sup></figcaption></figure>


<p>La faute en revient aussi au chef : ce soir <strong>Christophe Rousset</strong> soigne plus l’exactitude que le souffle, or on rit rarement en écoutant un métronome. Dans la grande salle de la Scala les <strong>Talens lyriques</strong> mélangés à l<strong>&lsquo;Orchestre de la Scala</strong> sonnent trop compacts et sérieux pour emporter le spectateur. Le manque de proximité des musiciens locaux avec ce répertoire explique peut-être aussi une prudence excessive. Conséquence, les finales sont bien réglés mais ne bousculent rien. Ainsi cadrés de toute part, les chanteurs sont brillants sans être renversants. A l’exception d’une Porporina incapable de rendre justice à son air du Dauphin qui chasse les thons et dont les vocalises sont censées mimer les frétillements et les sauts (l’air est d’ailleurs affreusement ralenti et coupé), tous sont méritants. Luxe que d’avoir appelé<strong> Filippo Mineccia</strong> et<strong> Lawrence Zazzo</strong> pour les matrones poissonnières, surtout cantonnées à la toute fin du spectacle. <strong>Andrea Carroll</strong> ne manque ni de chien ni de vocabulaire belcantiste pour faire de Smorfiosa une vraie rivale de la prima donna brillante qu’est <strong>Julie Fuchs</strong> : si on aurait aimé plus d’hystérie dans son air d’entrée, reconnaissons-lui ensuite une finesse d’exécution, une prise de risque réelle (les graves de son grand air du II), et des dons d’actrice insuffisamment exploités par la mise en scène. Le Delirio de <strong>Mattia Olivieri</strong> est aussi sonore que vivant, au point de faire de l’ombre au Sospiro de <strong>Giovanni Sala</strong>, très agité mais un peu court de souffle pour interpréter les épanchements du compositeur. <strong>Pietro Spagnoli</strong> est toujours un Fallito désabusé immédiatement attachant (c&rsquo;était déjà lui il y a 30 ans en Autriche). Cependant c’est <strong>Josh Lovell</strong> qui l’emporte en incarnant le primo uomo idiot avec un mélange parfait de grâce empruntée, de virtuosité caprine aussi audacieuse qu’hasardeuse et de mignonne puérilité.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gassmann-lopera-seria-milan/">GASSMANN, L&rsquo;Opera Seria &#8211; Milan</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VERDI, Falstaff &#8211; Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-falstaff-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 Mar 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;Opéra Royal de Wallonie-Liège accueille en ce début d&#8217;année un Falstaff produit par la Fondazione Teatro Regio di Parma et offre ainsi aux Liégeois un spectacle enthousiasmant, rythmé, pétri d&#8217;intelligence. « Le monde entier est une farce, et l’homme est né bouffon », mais comme toujours avec ce type de répertoire, c&#8217;est d&#8217;une précision millimétrique &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;Opéra Royal de Wallonie-Liège accueille en ce début d&rsquo;année un <em>Falstaff</em> produit par la Fondazione Teatro Regio di Parma et offre ainsi aux Liégeois un spectacle enthousiasmant, rythmé, pétri d&rsquo;intelligence.</p>
<p>« Le monde entier est une farce, et l’homme est né bouffon », mais comme toujours avec ce type de répertoire, c&rsquo;est d&rsquo;une précision millimétrique que naissent la légèreté et une impression de grande liberté. <strong>Jacopo Spirei</strong>, remarquable metteur en scène, ne s&rsquo;y est pas trompé.</p>
<p>Le sol se dérobe sous les pieds de Falstaff dès l&rsquo;ouverture. Dès lors, s&rsquo;imposent les perspectives saoules du fantastique décor de <strong>Nikolaus Webern</strong> qui évoquent les paysages de Chaïm Soutine, le drame en moins. Ici, alcool et pulsions suffisent à biaiser notre vision du monde. Cette plongée dans l&rsquo;inconscient est superbement rendue dans la scène du parc où les façades s&rsquo;envolent dans une image délicieusement surréaliste pour dévoiler les bosquets sauvages : sous le vernis social, l&rsquo;animalité mène le monde.</p>
<p>La pénible prise de conscience que fait Falstaff, <strong>Pietro Spagnoli</strong> la porte avec une gouaille enthousiasmante et une lucidité désabusée particulièrement touchantes. Si le timbre est clair, l&rsquo;autorité vocale n&rsquo;en n&rsquo;est pas moins impérieuse ; le legato suave, le jeu des couleurs, des nuances, d&rsquo;une liberté qui régale l&rsquo;oreille. Face à lui, pour sa première incursion dans le répertoire comique, <strong>Carolina</strong> <strong>López Moreno</strong> fait merveille. Les graves poitrinés sont sensuels et sonores, les registres unifiés et la projection altière : son lyrico-spinto, corsé, bellement maîtrisé, chatoie autant que son abattage en impose. Son mari n&rsquo;a rien a lui envier : la prestance de <strong>Simone</strong> <strong>Piazzola</strong>, sa justesse de comédien comme son excellente technique en font un Ford distingué.</p>
<p>Aux époux répondent le couple grunge de Nannetta et Fenton qui pétille de jeunesse et d&rsquo;allant. Tous deux colorent leurs incarnations d&rsquo;une notable poésie quand ils en ont l&rsquo;occasion : c&rsquo;est le cas de <strong>Giulio Pelligra</strong> – bien qu&rsquo;un peu court de souffle – dans son chant d&rsquo;extase « Dal labbro il canto ». <strong>Francesca</strong> <strong>Benitez</strong>, propose pour sa part une partition mutine aux aigus glorieux et aux graves bien campés avec un beau sens de la ligne mélodique dans « Sul fil d&rsquo;un soffio ». Dès ses premières interventions, ses contre-notes pianissimi donnent le frisson.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/AM-CHIURI-A.-MAREV-P.-BOLLEIRE-P.-DERHET-MA-BOUCHARD-LESIEUR-C.-LOPEZ-MORENO-P.-SPAGNOLI-F.-BENITEZ-G.-PELLIGRA-S.-PIAZZOLA-c-J-Berger_ORW-Liege-1024x681.jpg" alt="Falstaff@ J Berger" class="wp-image-157179"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>@ J. Berger</sup></figcaption></figure>


<p>Le Caius d&rsquo;<strong>Alexander Marev</strong> tient lui aussi parfaitement sa partie, sans oublier <strong>Marianna Pizzolato</strong> qui emporte tous les suffrages en Mistress Quickly et son « Reverenza » aussi équilibré vocalement que drolatique.</p>
<p>Il faut dire que la direction d&rsquo;acteurs ne mérite que des éloges. Chaque personnage est parfaitement dessiné, prenant un relief et une humanité singulière, jusqu&rsquo;au chœur et aux figurants qui donnent vie à ce Windsor de fantaisie. Certains chanteurs s&rsquo;en trouvent magnifiés comme la rayonnante Meg de <strong>Marie-Andrée Bouchard-Lesieur</strong> dotée d&rsquo;un timbre soyeux et d&rsquo;une belle conduite de la ligne mélodique. L&rsquo;on aurait aimé plus l&rsquo;entendre, tout comme les impayables Pistola de <strong>Patrick Bolleire</strong> et Bardolfo de <strong>Pierre Derhet</strong>. Le premier possède une émission franche et directe. le second, de brillants aigus. Tous deux, transfuges égarés de<em> the Full Monty</em> sont proprement hilarants.</p>
<p>Dans la fosse, <strong>Giampaolo Bisanti</strong> dirige l&rsquo;<strong>O</strong><strong>rchestre de l&rsquo;Opéra Royal de Wallonie-Liège</strong> avec son intelligence habituelle, même si le premier acte, survitaminé, tout en couleurs chaudes et en son généreux, s&rsquo;avère finalement un peu uniformément sonore, comparativement aux raffinements délicats expérimentés avec succès dans la dernière partie du spectacle, notamment par le biais d&rsquo;incursions assez magiques des vents et des cuivres.</p>
<p>La synergie visible au sein de toute l&rsquo;équipe artistique emporte l&rsquo;adhésion de bout en bout pour cette très jolie version de l&rsquo;ultime opéra d&rsquo;un Verdi octogénaire, qui choisit si joliment de terminer sa carrière sur une note légère.</p>
<p>Un spectacle à l&rsquo;affiche de la Maison liégeoise jusqu&rsquo;au 9 mars avant une représentation à Charleroi le 16 mars prochain.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-falstaff-liege/">VERDI, Falstaff &#8211; Liège</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>ROSSINI, Il Turco in Italia &#8211; Aix-en-Provence (streaming)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-turco-in-italia-aix-en-provence-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-Laure Machado]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Aug 2023 06:23:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir jeté l’ancre à Bad Wildbad pour un délectable Il Signor Bruschino (compte-rendu ici), puis au ROF de Pesaro pour &#160;l’annuel Il Viaggio a Reims et ses précieuses découvertes vocales, Operavision revient au Festival d’Aix pour leur réjouissantissime Il Turco in Italia de 2014. Voici notre avis sur ce streaming, vu et entendu en &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir jeté l’ancre à Bad Wildbad pour un délectable <em>Il Signor Bruschino</em> <u><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-signor-bruschino-bad-wildbad/">(compte-rendu ici),</a></u> puis au ROF de Pesaro pour &nbsp;l’annuel <em>Il Viaggio a Reims</em> et ses précieuses découvertes vocales,<u> <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://operavision.eu/fr">Operavision</a></u> revient au Festival d’Aix pour leur réjouissantissime <em><u><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://operavision.eu/fr/performance/il-turco-italia">Il Turco in Italia</a></u></em> de 2014.</p>
<p>Voici notre avis sur ce streaming, vu et entendu en direct à l’époque, avis assez différent de celui de Christophe Rizoud, (<u><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/il-turco-in-italia-aix-en-provence-malchance-ou-prescience/">lire ici le compte-rendu de la représentation du 13 juillet au Théâtre de l’Archevêché.</a></u></p>
<p>Quid de la mise en scène de ce <em>Turco</em> par <strong>Christopher Alden</strong> ? « Marthalérienne » (di qua), « rien » (di la), « jubilatoire » (si, si ! ), « potache » (aussi), « intelligente » (ah oui ! ), ainsi gazouillent nos gazettes… <em>Permesso&nbsp;!</em> La direction des chanteurs-acteurs de Christopher Alden est soignée aux petits oignons et domine l’ensemble de cette production. Le cocon esthétique dans lequel s’ébattent nos trublions rossiniens en devient presque secondaire tant nous sommes happée par la force de leurs personnages. Le plus épatant est le Prosdocimo de <strong>Pietro Spagnoli</strong>, incontournable fil conducteur de cette affaire&nbsp;; c’est le poète en mal d’inspiration qui tire des évènements autour de lui le texte du <em>dramma buffo</em> qui lui a été commandé, tout en s’autorisant à orienter l’avenir de ses héros bien réels. Tout de silence et de chant, de mime et de contemplation, les mains volant dans les airs ou en rythme sur sa petite machine à écrire, le regard toujours en éveil, un corps très expressif, Pietro Spagnoli nous embarque dans ses élucubrations d’écrivain, musicien impeccable et grand comique. Son compère en <em>italianità</em> est <em>THE</em> maestro<em> di sillabato</em>, l’inusable et encore frais <strong>Alessandro Corbelli</strong>, ici Don Geronio&nbsp;; c’est toujours par le sérieux le plus invraisemblable que Corbelli se transforme en <em>buffo</em> absolu pour nous surprendre. Mais le <em>turco</em> un beau jour débarque&nbsp;; le Selim d’<strong>Adrian Sâmpetrean </strong>a tout du beau gosse de banlieue. Pourtant son ramage vaut largement son plumage, toute la technique du séducteur rossinien dans les notes comme dans le jeu, « Bella Italia alfin ti miro » et « Perchè una fiamma insolita » nous révèlent les profondeurs d’un timbre sombre et grisant. La Fiorilla d’<strong>Olga Peretyatko </strong>ne s’y est pas trompée, elle qui, délaissant son barbon de mari Don Geronio, poursuit notre turc de ses charmes irrésistibles. Œil vif, aigus assassins, rubato de la hanche, sexy-épanchements, vocalises <em>con fuoco</em>, Olga brûle cœurs et planches de son Rossini décapant. Narciso, <strong>Lawrence Brownlee,</strong> soupire après la belle Fiorilla qui ne fait pas cas de lui. Ici Narciso est un malade mental léger dont le haut du corps reste voûté et figé dans ses déplacements. Chanter ce rôle dans une telle mise en scène s’avère difficile, la position corporelle demandée n’étant pas recommandée pour un <em>buon canto</em>. Lawrence Brownlee relève le défi et nous émerveille par sa saisissante incarnation&nbsp;; parfois on remarque tout de même moins de brillance et d’insolence dans la voix qu’à l’accoutumée. Et c’est finalement la plus moche de tout le quartier, la Zaïda de <strong>Cecelia Hall</strong>, qui fait chavirer le cœur du beau gosse Selim. Joli mezzo, semblant manquer de confiance en elle, Cecelia Hall s’améliore nettement au cours de la représentation. L’enthousiaste Albazar de <strong>Juan Sancho</strong>, soupirant délaissé par Zaïda, nous touche par ses talents scéniques, malgré une technique vocale encore jeune. Zingari et Coro par l’<strong>Ensemble Vocal Aedes </strong>font montre d’un métier solide. Mis à part quelques décalages vite surmontés, <strong>Marc Minkowski</strong> et les <strong>Musiciens du Louvre-Grenoble</strong> nous délivrent un Rossini bien balancé aux mille sentiments, rondeurs, couleurs, pointes d’ironie, mais auquel manque un zeste de légèreté. A déguster à partir de ce 25 août et jusqu’à la fin de l’année sur Operavision.</p>
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		<title>ROSSINI, Il Turco in Italia – Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-turco-in-italia-madrid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Jun 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Qui ne s’est jamais délecté de la lecture de la presse people dans une salle d’attente ? On ne sait pas trop qui sont ces gens apparemment célèbres et ces têtes couronnées de survivance de monarchie, mais épier leur romances et aventures nous procure un grand divertissement. C’est en partant de ce coupable constat que &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Qui ne s’est jamais délecté de la lecture de la presse people dans une salle d’attente ? On ne sait pas trop qui sont ces gens apparemment célèbres et ces têtes couronnées de survivance de monarchie, mais épier leur romances et aventures nous procure un grand divertissement. C’est en partant de ce coupable constat que <strong>Laurent Pelly</strong> a trouvé sa manière de raconter <em>Il Turco in Italia</em> : Fiorilla est volage, un riche turc arrive en ville, un poète se veut le piètre narrateur et metteur scène des événements : tout colle pour composer, de scène en scène, des tableaux comme des négatifs de photographies que l’on assemble dans une double page de presse à scandale d’une magazine italien période Trente glorieuses. Gags et trouvailles scéniques se succèdent en rythme avec la musique de Rossini (la tondeuse et le tuyau d’arrosage de l’ouverture donnent le « la » de toute la soirée) cependant que la direction d’acteur finit de creuser la veine comique et laisse chaque chanteur y trouver sa propre marque. En somme, Laurent Pelly fait ses gammes et on adore. Tout ce qui faisait le sel de ses productions <em>buffa</em>, vues partout en Europe, se retrouve ici savamment dosé pour un nouveau succès complet.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" src="https://forumopera.improba.eu/wp-content/uploads/8188-753x1024.jpg" alt="" class="wp-image-126858" /><figcaption class="wp-element-caption">© Javier del Real</figcaption></figure>


<p>D’autant que les chanteurs réunis dans cette deuxième distribution ont épousé sans mal chacune des facéties proposées par le metteur en scène. Depuis l’Albazar très caractérisé du ténor <strong>Pablo Garcia-Marquez</strong> au Geronio truculent et virtuose de <strong>Pietro Spagnoli</strong>, l’investissement du plateau est total. Même le maillon faible de la soirée, <strong>Anicio Zorzi Giustiani</strong> compense l’effort manifeste que lui demande la vocalisation rossinienne et des aigus à l’arraché par une composition scénique tout à propos. En deux coups de talon, <strong>Chiara Amaru</strong> donne chair à la gitane Zaida, ce qu’un mezzo sonore et capiteux vient compléter. <strong>Mattia Olivieri</strong> réalise des débuts triomphaux au Teatro Real : s’il est méconnaissable scéniquement en poète névrosé et mal lavé, la voix se déploie volumineuse et agile tout au long de la soirée. Il est parfaitement secondé par <strong>Adrian Sampetrean</strong> parfait en Selim bellâtre dont il coule les roucoulades dans un portrait de séducteur irrésistible. Enfin, appelée à la rescousse à la suite d’un refroidissement de Lisette Oropesa, <strong>Sabina Puertolas</strong> réalise une performance bluffante : une répétition et une seule représentation lui auront suffi pour convaincre tout le monde que la production a été faite pour elle ! L’abattage scénique est prodigieux. Charisme et présence s’allient au sens du rythme et des situations. Surtout, sa technique belcantiste enthousiasme de bout de bout et magnifie des moyens (volume, projection) peut-être un rien limité pour le vaste plateau du Real. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" src="https://forumopera.improba.eu/wp-content/uploads/4567x-1024x777.jpg" alt="" class="wp-image-126852" /><figcaption class="wp-element-caption">© Javier del Real</figcaption></figure>


<p>Cheville ouvrière de la complète réussite de cette soirée, <strong>Giacomo Sagripanti</strong> prouve une fois encore que peu de chefs actuels rivalisent avec lui dans le belcanto rossinien. Deux actes durant, le chef respire avec son plateau en même temps qu’il fouette son orchestre, façonne des contrastes et des ruptures de rythmes qui trouvent leur juste place dans ce théâtre lyrique si particulier. Ce faisant, il défend avec brio une tradition interprétative exaltante. Chanceux madrilènes, qui voient défiler tant de rossiniens émérites dans les deux distributions qui alternent dans cette production désopilante.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-turco-in-italia-madrid/">ROSSINI, Il Turco in Italia – Madrid</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Rossini Rap : qui fait mieux que Pietro Spagnoli ?</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/rossini-rap-qui-fait-mieux-que-pietro-spagnoli/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Jun 2023 20:46:08 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=132998</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’opéra buffa exige de ses interprètes – baryton ou basse –une maîtrise absolue du canto sillabato, un type de chant où chaque syllabe, portée par une seule note, est débitée en rafale, à la vitesse d’une mitraillette, tout en restant intelligible malgré la grande rapidité d’exécution. Sur Instagram, Pietro Spagnoli, un des meilleurs spécialistes du &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’opéra <em>buffa</em> exige de ses interprètes – baryton ou basse –une maîtrise absolue du <em>canto sillabato</em>, un type de chant où chaque syllabe, portée par une seule note, est débitée en rafale, à la vitesse d’une mitraillette, tout en restant intelligible malgré la grande rapidité d’exécution. Sur Instagram, <strong>Pietro Spagnoli</strong>, un des meilleurs spécialistes du genre, en livre une démonstration éblouissante sous forme de challenge intitulé «&nbsp;Rossini Rap&nbsp;». Qui relève le défi&nbsp;? &nbsp;</p>


<blockquote class="instagram-media" data-instgrm-captioned="" data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/reel/Cs8kZQnobzZ/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" data-instgrm-version="14" style="background:#FFF;border:0;border-radius:3px;margin: 1px;max-width:540px;min-width:326px;padding:0;width:99.375%;width:-webkit-calc(100% - 2px);width:calc(100% - 2px)"><div style="padding:16px"> <a href="https://www.instagram.com/reel/Cs8kZQnobzZ/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style="background:#FFFFFF;line-height:0;padding:0 0;text-align:center;text-decoration:none;width:100%" target="_blank" rel="noopener"> <div style="flex-direction: row;align-items: center"> <div style="background-color: #F4F4F4;border-radius: 50%;flex-grow: 0;height: 40px;margin-right: 14px;width: 40px"></div> <div style="flex-direction: column;flex-grow: 1;justify-content: center"> <div style="background-color: #F4F4F4;border-radius: 4px;flex-grow: 0;height: 14px;margin-bottom: 6px;width: 100px"></div> <div style="background-color: #F4F4F4;border-radius: 4px;flex-grow: 0;height: 14px;width: 60px"></div></div></div><div style="padding: 19% 0"></div> <div style="height:50px;margin:0 auto 12px;width:50px"></div><div style="padding-top: 8px"> <div style="color:#3897f0;font-family:Arial,sans-serif;font-size:14px;font-style:normal;font-weight:550;line-height:18px">Voir cette publication sur Instagram</div></div><div style="padding: 12.5% 0"></div> <div style="flex-direction: row;margin-bottom: 14px;align-items: center"><div> <div style="background-color: #F4F4F4;border-radius: 50%;height: 12.5px;width: 12.5px"></div> <div style="background-color: #F4F4F4;height: 12.5px;width: 12.5px;flex-grow: 0;margin-right: 14px;margin-left: 2px"></div> <div style="background-color: #F4F4F4;border-radius: 50%;height: 12.5px;width: 12.5px"></div></div><div style="margin-left: 8px"> <div style="background-color: #F4F4F4;border-radius: 50%;flex-grow: 0;height: 20px;width: 20px"></div> <div style="width: 0;height: 0;border-top: 2px solid transparent;border-left: 6px solid #f4f4f4;border-bottom: 2px solid transparent"></div></div><div style="margin-left: auto"> <div style="width: 0px;border-top: 8px solid #F4F4F4;border-right: 8px solid transparent"></div> <div style="background-color: #F4F4F4;flex-grow: 0;height: 12px;width: 16px"></div> <div style="width: 0;height: 0;border-top: 8px solid #F4F4F4;border-left: 8px solid transparent"></div></div></div> <div style="flex-direction: column;flex-grow: 1;justify-content: center;margin-bottom: 24px"> <div style="background-color: #F4F4F4;border-radius: 4px;flex-grow: 0;height: 14px;margin-bottom: 6px;width: 224px"></div> <div style="background-color: #F4F4F4;border-radius: 4px;flex-grow: 0;height: 14px;width: 144px"></div></div></a><p style="color:#c9c8cd;font-family:Arial,sans-serif;font-size:14px;line-height:17px;margin-bottom:0;margin-top:8px;overflow:hidden;padding:8px 0 7px;text-align:center"><a href="https://www.instagram.com/reel/Cs8kZQnobzZ/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style="color:#c9c8cd;font-family:Arial,sans-serif;font-size:14px;font-style:normal;font-weight:normal;line-height:17px;text-decoration:none" target="_blank" rel="noopener">Une publication partagée par Cefa Sepharadim (@_pietro_spagnoli_)</a></p></div></blockquote>
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		<title>Gala Rossini — Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gala-rossini-pesaro-tout-est-bien-qui-ne-finit-pas-toujours-bien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Sep 2021 03:14:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 1996, Pesaro sous le choc découvrait un jeune ténor péruvien de 23 ans, invité à remplacer au pied levé, ou presque, Bruce Ford en Corradino dans Matilde di Shabran. Une histoire d’amour naissait entre Juan Diego Flórez et le Rossini Opera Festival. Vingt-cinq ans après, elle perdure au point que la célébration de leurs &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 1996, Pesaro sous le choc découvrait un jeune ténor péruvien de 23 ans, invité à remplacer au pied levé, ou presque, Bruce Ford en Corradino dans <em>Matilde di Shabran</em>. Une histoire d’amour naissait entre <strong>Juan Diego Flórez </strong>et le Rossini Opera Festival. Vingt-cinq ans après, elle perdure au point que la célébration de leurs noces d’argent fait l’objet d’une soirée de gala destiné à conclure la 42e édition de la manifestation. Les festivités auraient dû porter sur les fonts baptismaux la nouvelle salle, prévue à l’emplacement de l’ancien palais des sports, dont l’inauguration une fois encore est reportée aux calendes grecques.</p>
<p>A défaut, le concert a lieu Piazza del Popolo, quadrilatère au centre de la vieille ville, à quelques pas de la maison natale de Rossini. La place, si charmante soit-elle avec ses palais Renaissance et sa fontaine centrale – la Pupilla di Pesaro –, ne dispose pas d’une acoustique naturelle. Des enceintes sont inévitables avec les inconvénients que représente un tel dispositif en termes de qualité sonore. La scène a été installée devant le Palazzo municipale. Deux écrans, de part et d’autre, ne sont pas superflus pour suivre le concert tant la distance entre les chanteurs et les spectateurs, même aux premiers rangs, est importante. Encore faudrait-il que le ballet des caméras soit judicieusement réglé d’un interprète à l’autre au rythme de leurs interventions. Dans le doute, l’objectif préfère la plupart du temps se fixer sur l’artiste placé au centre. Et tant pis s’il ne chante pas !</p>
<p>La présence du Président de la République italienne a mis à rude épreuve l’équipe en charge de l’organisation. Outre les contraintes sanitaires, plus sévères en Italie qu’en France avec l’obligation de laisser deux sièges vides entre chaque groupe de spectateurs, les consignes de sécurité sont draconiennes. </p>
<p>Étonnamment cependant, les restaurants aux abords de la place ont été autorisés à poursuivre durant le concert leur activité, intense en cette période estivale (les festivaliers ne représentent qu’une maigre part des vacanciers qui la journée durant occupent l’interminable rangée des <em>lettini </em>sur les plages du Lungomare). La rumeur des conversations et le bruit des couverts se superposent à la musique en un joyeux brouhaha au milieu du va-et-vient des agents de sûreté.</p>
<p>On comprendra dans ces conditions que l’émotionomètre reste obstinément bloqué à zéro.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/gal3.jpg?itok=tAHT3YuU" title="© Studio Amati Bacciardi" width="468" /><br />
	© Studio Amati Bacciardi</p>
<p>Que retenir d’une soirée qui a pour seul mérite de ne pas paraître longue, étant donné la brièveté et l&rsquo;intérêt d&rsquo;un programme exclusivement consacré à Rossini en ses pages les moins rebattues, dirigées sans bavure par <strong>Michele Spotti</strong> à la tête de l’ Orchestra Sinfonica nazionale della RAI (moins d’une heure trente, sans un seul bis) ?</p>
<p>En premier lieu, l’éblouissante forme de Juan Diego Flórez sur lequel le temps paraît ne pas avoir de prise. L’éclat du timbre est inaltéré, l’aigu claironnant, l’agilité à toute épreuve, la science du chant rossinien confondante.</p>
<p>Puis la bravoure de <strong>Sergey Romanovsky</strong>. Confronté aux multiples difficultés de la grande scène de Pirro dans <em>Ermione</em>, le ténor russe trébuche à plusieurs reprises mais ne capitule pas, démontrant même dans la section centrale de l’air un potentiel expressif qu’il n’avait pas su exploiter la veille lors de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/elisabetta-regina-dinghilterra-pesaro-who-run-the-world-girls">la dernière représentation d’<em>Elisabetta</em></a>.</p>
<p>L’endurance de <strong>Giorgio Caoduro</strong> brimbalé par les innombrables soubresauts de l’aria di Filippo dans <em>La gazzetta</em>, tel un contorsionniste perché sur la bosse d’un dromadaire au galop.</p>
<p>La présence de <strong>Pietro Spagnoli</strong>, enfin, et l’apparente facilité avec laquelle le baryton débite les notes à la vitesse d’une mitraillette, même si on aurait aimé la caractérisation des différentes nationalités plus marquées dans le fameux « medaglie incomparabile ».</p>
<p>C’est à peu près tout et, convenons-en, c’est un peu court. L’auteur de ces lignes en est le premier déçu. Il est des soirées à vivre en direct et d’autres à regarder sur un écran, confortablement installé sur un canapé, dans la quiétude de son salon. Ce Gala Rossini se rangeait, on l’a compris, dans cette dernière catégorie.</p>
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		<title>ROSSINI, Il signor Bruschino — Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-signor-bruschino-pesaro-deux-barbons-sont-dans-un-bateau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Aug 2021 04:30:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Revenir au Teatro Rossini de Pesaro est un plaisir en soi. Qu’importe alors que, pour des raisons sanitaires, l’orchestre occupe le parterre, tandis que les spectateurs (peu nombreux du fait d’une jauge limitée) sont rejetés tout autour dans les loges du charmant théâtre à l’italienne. Pour ce qui est de l’orchestre, l’acoustique ne souffre aucunement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Revenir au Teatro Rossini de Pesaro est un plaisir en soi. Qu’importe alors que, pour des raisons sanitaires, l’orchestre occupe le parterre, tandis que les spectateurs (peu nombreux du fait d’une jauge limitée) sont rejetés tout autour dans les loges du charmant théâtre à l’italienne.</p>
<p>Pour ce qui est de l’orchestre, l’acoustique ne souffre aucunement de cette disposition atypique, qui permet de goûter dès l’ouverture (avec ses célèbres coups d’archet sur les pupitres qui firent scandale à la création) à la belle sonorité de la Filarmonica Gioachino Rossini, en formation réduite (du fait du compositeur et non du COVID cette fois !), dirigée avec précision et enthousiasme par <strong>Michele Spotti</strong>. Les voix, en revanche, ont parfois du mal à parvenir jusqu’aux loges de côté.</p>
<p><em>Il Signor Bruschino</em>, opéra en un acte d’un Rossini âgé de vingt ans, ne souffre pas de temps mort. Florville aime Sofia, fille de Gaudenzio. Le décès du père de Florville, ennemi juré de Gaudenzio, pourrait ouvrir la voie à un possible mariage, mais Sofia a été promise au fils d’un certain Signor Bruschino. Qu’à cela ne tienne, Florville se présente auprès de Gaudenzio comme le fils Bruschino (le véritable fils étant retenu pour causes de dettes). Tout cela serait parfait n’était l’arrivée du fameux Signor Bruschino. Après avoir été tourné en bourrique par son faux fils et sa fiancée, il donnera finalement son consentement au mariage, Gaudenzio découvrant alors, dans un finale échevelé, qu’il a été berné et a donné pour époux à sa fille, l’enfant de son pire ennemi.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/_dsc1634_marina_monzo_-_jack_swanson_resized.jpg?itok=48GqN8zn" title="Marina Monzo (Sofia), Jack Swanson (Florville) © ROF / Studio Amati Bacciardi" width="309" /><br />
	Marina Monzo (Sofia), Jack Swanson (Florville) © ROF / Studio Amati Bacciardi</p>
<p>Le Signor Bruschino a ce soir les traits et la voix de <strong>Pietro Spagnoli</strong>. Quel plaisir de sentir la jubilation scénique et vocale du baryton romain ! Si les ans ont blanchi le timbre, il n’ont pas élimé sa technique souveraine (notamment sa science du chant syllabique) et surtout sa gourmandise scénique. Qui peut résister à ce barbon grisant, d’abord dindon de la farce, qui prend<em> in fine</em> sa revanche ? L’autre père ridicule, Gaudenzio, est incarné par <strong>Giorgio Caoduro</strong>. Si le baryton fait montre d’une belle extension vocale avec graves sonores et aigus puissants, on déplore ça et là des duretés et des rudoiements de la ligne vocale.</p>
<p>Le couple de tourtereaux est charmant, tout en nuance dans le délicat duo « Quant’è dolce a un’alma amante ». Lui (<strong>Jack Swanson</strong>), est malheureusement le plus défavorisé par l’acoustique particulière. Elle (<strong>Marina Monzó</strong>), possède toute la rouerie pour rendre honneur à l’air « Ah donate il caro sposo », passant sans coup férir de la caresse à la colère. La soprano espagnole a par ailleurs de l’agilité, une projection confortable et un timbre qui accroche l’oreille : voilà un nom que l’on pourrait retrouver dans un avenir proche !</p>
<p>Les seconds rôles ne sont pas en reste, du mâle tavernier de <strong>Gianluca Margheri </strong>à la servante sonore de <strong>Chiara Tirotta</strong> en passant par <strong>Manuel Amati</strong> (le fils Bruschino) qui n&rsquo;a pourtant que quelques phrases à la fin de l&rsquo;opéra pour exister.</p>
<p>Mise en scène, décors et costumes sont signés par le duo français <strong>Barbe &amp; Doucet</strong>. Le décor, un port accablé de soleil où est amarré le bateau de Gaudenzio, est esthétique avec ses tons chauds. Si la direction d’acteurs est minutieuse on regrette un comique parfois un peu appuyé, mais qui n’enraye en rien la verve Rossinienne.</p>
<p>Voilà au final un amuse-bouche distrayant pour cette semaine dédiée au maître de Pesaro.</p>
<p> </p>
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