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	<title>Valérie ZACCOMER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sun, 30 Mar 2025 21:55:58 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Valérie ZACCOMER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BROOKS, Frankenstein Junior &#8211; Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/brooks-frankenstein-junior-metz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avant de fermer pour deux ans et demi de travaux, l’Opéra-Théâtre de Metz achève sa saison* en apothéose avec la troisième reprise de inénarrable Frankenstein Junior crée en 2007 et repris en 2021&#160;par le directeur, Paul-Émile Fourny. Sa proposition n&#8217;a pas pris une ride. Elle joue de la référence au cinéma d&#8217;horreur d&#8217;avant-guerre comme au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avant de fermer pour deux ans et demi de travaux, l’Opéra-Théâtre de Metz achève sa saison* en apothéose avec la troisième reprise de inénarrable <em>Frankenstein Junior</em> crée en 2007 et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/frankenstein-junior-metz-pisse-froid-sabstenir-cest-du-mel-brooks/">repris en 2021</a>&nbsp;par le directeur, <strong>Paul-Émile Fourny</strong>.</p>
<p>Sa proposition n&rsquo;a pas pris une ride. Elle joue de la référence au cinéma d&rsquo;horreur d&rsquo;avant-guerre comme au film éponyme de de Mel Brooks. Le livret lui est très fidèle, tout comme la scénographie qui mêle les décors réels d&rsquo;<strong>Emmanuelle Favre</strong> avec des projections en noir et blanc sur deux cyclos aux élégants effets de transparence. Ces vidéos ne sont pas sans évoquer les photos de Brassaï utilisées dans le ballet <em>Rendez-vous</em> de Prévert et Roland Petit. Ainsi est habilement contourné l&rsquo;écueil des lieux multiples où se déroule l&rsquo;action tout en instillant une atmosphère délicieusement rétro accentuée par les beaux costumes de <strong>Dominique Louis</strong>. Elle s&rsquo;amuse, elle aussi des codes des tenues traditionnelles roumaines comme du glamour des années 1930 et de l&rsquo;âge d&rsquo;or d&rsquo;Hollywood. Les trouvailles visuelles sont pléthore, comme les chevaux-danseurs ou le duo dansé entre le « monstre »&nbsp;et sa fausse ombre projetée. Elles jouent des codes du théâtre pour mieux réjouir l&rsquo;œil.</p>
<p>Ce dernier est à la fête donc, d&rsquo;autant plus que les chorégraphies de <strong>Graham Erhardt-Kotowich</strong> sont particulièrement réussies et menées avec maestria par l&rsquo;ensemble des artistes. Le ballet de l&rsquo;opéra-théâtre est au cœur de cette performance dont l&rsquo;apothéose est un épatant numéro de claquettes sur «&nbsp;Puttin on the Ritz&nbsp;», standard fox trot des années 1920.</p>
<p>Le rythme est au cœur de ce type de spectacle et ici encore le succès est total ; la soirée ne souffre d&rsquo;aucun temps morts, l&rsquo;énergie et la joie déployées sur le plateau sont communicatives, tandis qu&rsquo;en fosse <strong>Aurélien Azan Zielinski</strong> mène son big band tambour battant. La phalange est de grande qualité, juste, précise&nbsp;; les cuivres y sont à la fête.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/GIS1374-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-186184"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Philippe Gisselbrecht</sup></figcaption></figure>


<p>Cette parodie fantasque de l&rsquo;œuvre de Mary Shelley enlevée, joyeuse, flirte avec le grivois – parfois même le potache, voire le graveleux –&nbsp;mais n&rsquo;était ce pas également le cas des opérettes des années 1930 ? <em>Phi-Phi</em> ne nous démentirait pas.</p>
<p>Une grande partie du cast était déjà dans l&rsquo;aventure en 2021 comme le démontre l&rsquo;exceptionnelle cohésion perceptible tout au long de la soirée. les chorégraphies sont d&rsquo;une précision millimétrique, les dialogues ciselés, les dictions impeccables, les répliques fusent&#8230;</p>
<p><strong>Vincent Heden</strong> est bluffant d&rsquo;aisance en Dr. Frederick Frankenstein, un rôle qu&rsquo;il a déjà endossé à plusieurs reprises. Il nous avait bouleversé cet hiver dans la <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/machado-la-falaise-des-lendemains-rennes/"><em>Falaise des Lendemains</em></a> à l&rsquo;Opéra de Rennes. Son ténor séduisant, son jeu énergique, n&rsquo;ont d&rsquo;égale que sa veine comique, sans parler de ses compétences en danse ou en claquettes.</p>
<p>Il partage un formidable sens de la scène avec sa délicieuse assistante Inga incarnée par l&rsquo;époustouflante <strong>Lisa Lanteri</strong>, danseuse en formation – comme le démontre son grand écart –&nbsp;mais également chanteuse d&rsquo;excellent niveau qui yodle avec brio d&rsquo;un soprano fruité et mutin.</p>
<p><strong>Grégory Juppin</strong> est excellent en assistant quasimodesque à la voix de jeune Premier, tout comme l&rsquo;hilarante gouvernante campée par <strong>Valérie Zaccomer</strong>.</p>
<p><strong>Léonie Renaud</strong> minaude à plaisir en Elizabeth Benning, profitant d&rsquo;aigus faciles, percussifs, d&rsquo;un timbre brillant un peu moins à son aise – et moins juste –&nbsp;en voix de poitrine.</p>
<p><strong>Jean-Fernand Setti, Laurent Montel, Philippe Ermelier</strong> bouffonnent avec brio tout comme le <strong>chœur de l&rsquo;opéra-théâtre</strong> qui se coule avec enthousiasme dans les codes de la comédie musicale.</p>
<p>Le moins que l&rsquo;on puisse dire c&rsquo;est que le vent de Broadway souffle ce soir jusqu&rsquo;en Lorraine. Cerise sur le cupcake, à l&rsquo;issue de la représentation, Paul-Émile Fourny rend hommage à <strong>Clément Malczuk</strong> qui fait ses adieux de danseur avec ce<em> Frankenstein Jr</em> et a pu réaliser son « rêve de comédie musicale » avec le rôle de Ziggy où il excelle. Sa famille le rejoint et comme toujours lorsque la vraie vie s&rsquo;invite sur scène, l&rsquo;émotion se mêle au plaisir d&rsquo;une soirée marquante qui mériterait de tourner largement dans l&rsquo;hexagone.</p>
<pre>*L'ultime production 2024-25,<em> Aïda</em>, se tiendra hors les murs.</pre><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/brooks-frankenstein-junior-metz/">BROOKS, Frankenstein Junior &#8211; Metz</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>YESTON, Titanic &#8211; Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/yeston-titanic-metz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Dec 2023 07:35:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>N’était-ce pas un pari audacieux que de se saisir d’une catastrophe pour écrire une comédie musicale ? La naufrage du Titanic, en 1912, a suscité bien des créations, y compris lyriques (1). L’œuvre de Maury Yeston (2), sur le livret de Peter Stone, basée sur l’histoire de la traversée inaugurale, évoque avant tout le formidable espoir &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>N’était-ce pas un pari audacieux que de se saisir d’une catastrophe pour écrire une comédie musicale ? La naufrage du Titanic, en 1912, a suscité bien des créations, y compris lyriques (1). L’œuvre de Maury Yeston (2), sur le livret de Peter Stone, basée sur l’histoire de la traversée inaugurale, évoque avant tout le formidable espoir que représentait ce navire pour ses passagers, comme pour ses concepteurs et financeurs.</p>
<p>Le livret témoigne d’une rare intelligence narrative et dramatique, sérieusement documentée, d’une connaissance fine des usages codifiés de la navigation, du personnel de bord – des machines à la vigie – comme des passagers. Le pouvoir, la responsabilité sont au cœur de ce drame, doux-amer, qui nous renvoie aux fonctionnements de nos propres sociétés, sans oublier la fragilité et la vanité du luxe par rapport aux forces de la nature. Les cloisonnements, au propre comme au figuré, les aspirations de chaque classe, du rêve américain des humbles migrants irlandais, aspirant à une vie stable, paisible et épanouissante, aux passagers de seconde, lorgnant vers la condition des privilégiés de première, dont la première préoccupation est de préserver l’entre-soi, toutes les catégories sociales sont représentées. Le microcosme que constituait le monde des passagers, les plus riches, comme les plus humbles, métaphore d’une société prise au piège d’une vision linéaire du progrès, d’une technicité, d’une course folle à la vitesse, va nourrir une chronique proprement balzacienne, où les destins se croisent. Toutes les déclinaisons de l’amour y prennent place (3), de la rencontre à la séparation, comme à la fidélité (Isodor Straus et son épouse, qui décident de partager leur sort funeste).</p>
<p>Quelques figures essentielles émergent : l’architecte concepteur, le capitaine, l’armateur, le second, l’opérateur radio, le soutier. La riche galerie des rôles secondaires est telle qu’il nous faut renoncer à les décrire, et c’est dommage, car malgré la brièveté de leurs interventions, il n’est pas un personnage qui n’apporte sa contribution à l’ouvrage, ou démérite. En plus des solistes, et de l’Orchestre national de Metz, l’Opéra-Théâtre a mobilisé l’ensemble de ses forces, le chœur et le corps de ballet. Ce sont ainsi plus de quatre-vingt personnes qui vont donner vie aux personnages de la comédie musicale. La direction d’acteurs en est remarquable.</p>
<p>La mise en scène de <strong>Paul-Emile Fourny</strong>, réaliste et poétique, avec l’aide de décors bien conçus et fidèles (<strong>Emmanuelle Favre</strong>), de vidéos remarquables (<strong>Julien Soulier</strong>), d’éclairages pertinents (<strong>Patrick Méeüs</strong>), et de magnifiques costumes (<strong>Dominique Louis</strong>), parvient à nous entraîner dans cette aventure jusqu’à l’engloutissement ultime, saisissant. Les plans se succèdent à un rythme cinématographique : de la timonerie, lieu d’exercice du pouvoir, avec ses antagonismes, au salon des Première classe, jusqu’aux soutes où l’ancien mineur charge la chaudière, nous parcourons tous les espaces : de la piscine, au poste du radio-télégraphiste ou à la vigie. De bout en bout la réalisation est maîtrisée, et le public, chaleureux, multipliera les rappels.</p>
<p>Certains tableaux sont particulièrement réussis, l’embarquement, le bal des passagers de première classe, les danses auxquelles les Irlandais se livrent, entraînés par le fiddle, puis par tout l’orchestre, le ballet de la piscine (en maillots d’époque !), évidemment l’immersion inexorable de la proue et des malheureux dont les tentatives sont désespérées…</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/231220N200-1294x600.jpg" /></p>
<p>La musique, particulièrement soignée, s’inscrit dans le droit fil de ce que la comédie musicale américaine a réalisé de mieux. Douce, joyeuse, insouciante et futile, désuète comme grave, puis tendue, dramatique, elle confie à l’orchestre un rôle essentiel. Si le cinéma n’est pas loin, le raffinement, le sens de l’orchestration doivent être soulignés. Evidemment, les soli, ensembles et chœurs, où les chansons occupent une place de choix, alternent avec des passages parlés, où, parfois, l’orchestre se tait. Le retour des mélodies, faciles mais subtiles et bien tournées, aux fréquents accents jazzy, nous les imprime en mémoire. Le <em>Farewell</em>, de la pleine mer, au premier acte, est l’occasion d’un magnifique tableau où le chœur polyphonique, puissant, impressionne. Le trio des fiancées (au I) nous ravit. Toutes les voix des solistes sont amplifiées, c’est la règle du genre, et il est vraisemblable que certains – comédiens plus que chanteurs – ne pourraient en faire l’économie. Mais il faut avouer qu’à l’écoute on oublie les parcours, connus ou supposés. L’intelligibilité est permanente, et le surtitrage ne doit concerner que nos voisins européens.</p>
<p>La distribution fait largement appel à des chanteurs-acteurs familiers de la comédie musicale (4). Personnage mûr, expérimenté – c’est sa dernière traversée – à l’autorité naturelle, le Capitaine E.J. Smith, est incarné par <strong>Philippe Ermelier</strong>. Le chant, bien timbré, grave, comme le jeu sont exemplaires. « Seul, il dispose, seul il commande… », repris alors que bâtiment sombre est d’une rare puissance dramatique. Le mineur reconverti en soutier est confié à <strong>Fabrice Todaro</strong>. Tendre, émouvant dans son air avant le choc avec l’iceberg, servi par une orchestration remarquable, le baryton bien connu pour servir au mieux les opérettes et comédies musicales n’appelle que des éloges. Son duo avec le télégraphiste mérite également d’être signalé. <strong>Gilles Vajou</strong> est J. Bruce Ismay, propriétaire de la Compagnie maritime. Comédien autant que baryton, il nous vaut un personnage plus vrai que nature, qu’il campe avec autorité, rondeur et suffisance, grisé par le progrès technique. Si son duo avec Alice (<strong>Valérie Zaccomer</strong>) est ravissant, celui avec le télégraphiste, après le choc, nous fait frémir. Thomas Andrews, l’architecte, est confié à <strong>Jean-Michel Richer</strong>, remarquable ténor québecois. Il ouvre la comédie-musicale, plongé dans ses plans, et durant la catastrophe, obsédé par sa responsabilité, insouciant du navire qui sombre, il les corrige fébrilement<strong>. Tadeusz Szczeblewski</strong> nous émeut dans l’ultime duo d’Isidor Straus et de son épouse. Mentionnons aussi <strong>Olivier Lagarde</strong>, dont la belle voix de baryton et un jeu dramatique irréprochable donnent vie à Henry Etches, Steward de 1<sup>ère</sup> classe, stylé et d’un optimisme constant. Autre baryton, <strong>Scott Emerson</strong> qui prête son chant, ample et libre, à Charles Clarke, passager de seconde. La galerie est si riche qu’il faudrait signaler chacune et chacun.</p>
<p>Le Chœur de l&rsquo;Opéra-Théâtre de l&rsquo;Eurométropole de Metz très sollicité dans la plupart des scènes, fait preuve d’une aisance scénique rare. Fréquemment divisé en fonction des tableaux, qu’il chante à l’unisson ou en polyphonie, de l’ample choral réformé aux scènes les plus légères ou dramatiques, c’est un bonheur constant. Les danseurs excellent autant dans les figures des danses de salon que dans les danses irlandaises traditionnelles et endiablées.</p>
<p>Déjà remarqué dans <em>Frankenstein Junior</em>, <strong>Aurélien Azan Zielinski </strong>dirige de nouveau l’Orchestre national de Metz Grand Est, avec souplesse, précision et efficacité, lui permettant des progressions spectaculaires. Nous goûtons ainsi une partition dont l’écriture témoigne d’un métier très sûr et d’un raffinement exceptionnels pour le genre. Ductile, d’une constante attention aux voix, aux équilibres, aux contrechants instrumentaux, il trouve la légèreté, l’élégance raffinée, sensuelle comme la rusticité des danses irlandaises, la tension grandissante, la puissance inexorable de la disparition lente et dramatique du bateau.</p>
<p>Un spectacle riche, intelligent, émouvant, exemplaire de tenue, qui régale l’oreille autant que l’œil. Les Lorrains seront gâtés puisque six représentations sont données en cette fin d’année, de quoi ravir le plus nombreux public.</p>
<pre>(1) Luciano Berio, en 1970, dans <em>Opera</em>, associe le mythe d'Orphée, le naufrage du <em>Titanic</em> et un hôpital d'incurables, trois images de la mort. En 1979, Wilhelm Dieter Siebert créait <em>Der Untergang der Titanic</em>, au Deutsche Oper Berlin. Repris en 1985 à Rennes (Maison de la Culture).  
(2) L’Opéra Royal de Wallonie l’avait donnée en 2000, dans une tout autre mise en scène. Il n’y a aucune relation, sinon le titre, avec le film, sorti la même année, en 1997, ni avec la production du Théâtre de la Renaissance (2022), reprise en juillet 23 en Avignon (Festival Off). 
(3) Alors que le roman, puis le film focalisaient l’attention sur le couple Rose et Jack. 
(4) Ainsi du mémorable <em>Frankenstein junior</em>, produit ici-même en 2021, retrouvons-nous avec bonheur Grégory Juppin (maintenant, le commandant en second) et Lisa Lanteri (Kate Mac Gowan, également violoniste irlandaise).</pre>
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		<title>BROOKS, Frankenstein Junior — Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/frankenstein-junior-metz-pisse-froid-sabstenir-cest-du-mel-brooks/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Oct 2021 03:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On n’y croyait plus : interrompue brutalement par la pandémie – plus d’un an après la générale – la production de Frankenstein Junior est enfin offerte au public. Les films fondés sur le roman de Mary Shelley (1818) ne se comptent plus, depuis l’incarnation du monstre de Boris Karloff (1931), résumant ce que tous les films de médecin &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On n’y croyait plus : interrompue brutalement par la pandémie – plus d’un an après la générale – la production de <em>Frankenstein Junior</em> est enfin offerte au public. Les films fondés sur le roman de Mary Shelley (1818) ne se comptent plus, depuis l’incarnation du monstre de Boris Karloff (1931), résumant ce que tous les films de médecin fou peuvent produire. Celui de Mel Brooks (1974), qui en reprend les décors, fit grand bruit, un énorme éclat de rire, tant son art de la parodie débridée y faisait merveille. La musique du film était composée et dirigée par John Morris (on se souvient de l’ouverture avec son solo de violon). En 2006, Mel Brooks lui-même en reprit le flambeau pour passer de l’écran à la comédie musicale. Ainsi signe-t-il la partition de son deuxième <em>musical</em>.  C’est la version française de Stéphane Laporte, réalisée pour le Théâtre Déjazet en octobre 2011 qui est reprise ce soir, dans une nouvelle mise en scène, exemplaire de fidélité, d’efficacité et de beauté, de <strong>Paul-Emile Fourny</strong>. En fosse, <strong>Aurélien Alan Zielinski</strong> dirige une formation riche en couleurs comme en percussions : la musique, originale, jazzy, correspond idéalement au show, swinguée, rythmée à souhait, participant à toutes les atmosphères, et incluant un standard d’Irving Berlin (« Puttin On the Ritz ») pour le numéro de claquettes dont nous reparlerons.</p>
<p>Pour mémoire, empruntons au programme le bref résumé de l’action : « Le jeune professeur d’anatomie Frederick Frankenstein, apprenant le décès de son arrière-grand-père, illustre créateur de monstre, dont il est peu fier, se rend en Transylvanie pour récupérer son patrimoine. A son tour il décide de créer un être vivant à partir d’un cadavre. Mais son serviteur bossu, Igor, chargé de trouver le cerveau d’un génie, lui rapporte en fait celui d’un anormal… » Ajoutez trois figures féminines essentielles et très caractérisées, des personnages hauts en couleur, l’inspecteur Kemp au bras articulé, Harold, l’ermite aveugle, pour une action qui tient l’auditeur en haleine et vous aurez un cocktail détonnant. Clins d’œil, allusions appuyées, voire lourdes, c’est du pur Mel Brooks. L’ouvrage s’adresse à tous les publics, y compris aux « ratés et zozos » (*), de tous âges, mais est déconseillé aux pisse-froid. Du reste, l’assistance de ce soir, très mélangée, où les jeunes sont nombreux n’en comporte aucun semble-t-il : l’adhésion est unanime et outre la <em>standing ovation</em>, après que le rideau soit tombé, les spectateurs s’agglutinent autour de la fosse pour se balancer au rythme de l’orchestre qui continue d’enflammer les cœurs et les corps.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/frankenstein_587.jpg?itok=dffsF_5H" title="Frederick et Inga © Luc Bertau -  Eurométropole de Metz" width="468" /><br />
	Frederick et Inga © Luc Bertau &#8211;  Eurométropole de Metz</p>
<p>La fosse est ceinte d’une coursive qui permet aux comédiens-danseurs-chanteurs de s’approprier l’espace et de se rapprocher du public. Un usage judicieux de la vidéo – qui emprunte ses images au film – associé à des décors séduisants, permet une fluidité bienvenue des nombreux tableaux. Après une brève introduction qui nous entraîne en Transylvanie, passage obligé de tous les fantasmes d’horreur (vidéo noir et blanc d’un château des Carpathes), la première scène (la veillée funèbre du bisaïeul) donne le ton. Le cercueil est au centre. Un pope officie, entouré de paysans, de noir vêtus, protégés de la pluie par des grands parapluies noirs. Le défunt s’agite en entrouvrant sa boîte… Au premier acte, une des plus belles réussites réside dans l’ascension au château. Conduite par Igor, la scène est un régal, où la charrette de foin sera propice aux ébats du héros et de l’appétissante Inga, appelée à devenir sa délurée assistante : le mouvement ascendant figuré entre les arbres dégarnis, sous la lune, avec des chevaux pleins d’humour (qui n’ont rien à envier à ceux du <em>Coq d’or</em>, mis en scène par Barrie Kosky) est magistral. De la même manière, l’exhibition du monstre imitant son maître, pour un numéro de claquettes est indescriptible. L’amplification de la scène, l’ensemble des quatre danseurs réalisant leur solo de claquettes, puis la synchronisation entre les jeux de la créature et de son ombre, qui vont progressivement se dissocier, relèvent du tour de force. L’enlèvement de la belle Elisabeth par la bête (le monstre) n’est pas moins réjouissant. Du très grand art, de la conception à la réalisation, millimétrée, à la faveur d’interprètes de haut vol. Il n’est pas de scène qui laisse indifférent.</p>
<p>Metz se signale pour être l’une des rares scènes lyriques à conserver son corps de ballet. L’exercice collectif quotidien lui confère une cohésion extraordinaire, et le succès de la production repose pour une large part sur sa virtuosité, à l’égal des grandes revues internationales. La chorégraphie, recherchée, concerne chacun : les acteurs, solistes comme choristes, ont acquis un savoir-faire qui leur permet de se fondre en des ensembles achevés, sans qu’on puisse supposer la formation ou l’appartenance de l’artiste à une catégorie. <strong>Graham Erhardt-Kotowitch</strong>, qui signe les chorégraphies, mérite d’être cité au même titre que le metteur en scène ou qu’<strong>Emmanuelle Favre </strong>(décors), <strong>Dominique Louis</strong>, dont les costumes sont ravissants, sans oublier <strong>Patrick Willaume</strong>, le magicien des lumières.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/frankenstein_825.jpg?itok=p7DMuYvj" title="Le  Monstre  et  le Ballet © Luc Bertau -  Eurométropole de Metz" width="468" /><br />
	Le  Monstre  et  le Ballet © Luc Bertau &#8211;  Eurométropole de Metz</p>
<p>La polyvalence des interprètes de musical est connue. Leur excellence dans chacune des composantes du spectacle est rare : comédien, danseur, chanteur se conjuguent ce soir pour atteindre au meilleur niveau d’exigence. Toutes les voix sont amplifiées, comme il convient pour le genre, et il est hors de propos de leur appliquer les critères qui gouvernent le chant lyrique. Encore que… <strong>Jean-Fernand Setti</strong>, le monstre, de voix et de stature imposantes, soit déjà une belle basse, dont les grognements ne se mueront en chant rayonnant d’humanité qu’au terme de l’ouvrage. Il en va de même de <strong>Léonie Renaud</strong> (Elisabeth), soprano aux graves solides, aux aigus éblouissants, qui se double d’une excellente comédienne. Dès son « Stop ! on n’touche pas » à son enlèvement par le monstre, c’est un régal, à l’égal de son « Profond, à moi l’amour ». <strong>Christian Tréguier</strong>, l’Ermite, hérite de son maître (Xavier Depraz) la noblesse, la clarté et la projection. Ses couplets (« Quelqu’un… ») sont émouvants malgré le contexte parodique. <strong>Laurent Montel</strong> est un beau baryton-bouffe qui nous vaut un Inspecteur Kemp remarquable (comme le bisaïeul du héros ; « Nous sommes l’orgueil de la Roumanie »). Deux artistes de l’Opéra-Théâtre participent à la distribution : Ia soprano <strong>Lisa Lanteri</strong> (Inga, l’assistante délurée) au timbre lumineux et au jeu superlatif, a quitté le corps de ballet pour se consacrer à la comédie musicale. « N’écoute que ton cœur », avec son yoddle en contrepoint confirme la pertinence de son choix. <strong>Paul Bougnotteau</strong>, baryton, remarqué déjà dans « Nous sommes éternels », campe un Ziggy solide. Toutes les disciplines requises sont au rendez-vous pour que <strong>Vincent Heden</strong> donne vie à Frederick Frankenstein (qu’il incarnait à Paris il y a dix ans déjà). <strong>Grégory Juppin</strong>, spécialiste de la comédie musicale, met toute sa vivacité au service d’Igor, magistral meneur de jeu, « C’est la Transylvania mania ». Frau Blücher, la gouvernante revêche, violoniste avouant fumer le cigare, est incarnée par <strong>Valérie Zaccomer</strong>, composition aboutie, qu’il s’agisse du jeu comme du chant (« C’était mon boy-friend »). Un ensemble, bref, mérite d’être signalé, digne des<em> Comedian Harmonists</em>, où cinq hommes chantent « Willkommen zu Transylvania ». Il faudrait tout énumérer, tant le bonheur est constant. Les chœurs, à l’égal des danseurs avec lesquels ils se confondent souvent, sont exemplaires : la clarté de la diction le dispute à la mise en place, parfaite. Rare, tonique, jubilatoire, enlevé, inventif, servi par une équipe des plus professionnelles, le spectacle mérite la plus large diffusion.</p>
<p>(*) Dans le film, à ses étudiants qui l’interrogent sur les travaux de son bisaïeul, le Professeur Frederick Frankenstine (sic.) déclare : « Pour les ratés et les zozos ».</p>
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