17/09 :Petite Messe solennelle de Rossini à Montpellier : appellation incontrôlée

Par Maurice Salles | mar 17 Septembre 2013 | Imprimer

« Concert exceptionnel ». C’est ainsi que Jean-Paul Scarpitta fait annoncer cette Petite Messe Solennelle de Rossini. Est-ce parce que le lieu, une cathédrale, est conforme au vœu du compositeur ? Est-ce parce que l’œuvre sera dirigée par Roberto Gabbiani, proche collaborateur de Riccardo Muti, que le directeur de l’Opéra de Montpellier vénère ? En tout cas on ne souhaite qu’une chose : que cet exceptionnel le demeure ! Avec trente-deux choristes quand Rossini en avait prévu huit, aucune chance d’entendre le dernier chef d’œuvre du compositeur comme il l’avait conçu ! En fait, nous subissons une version qui mêle l’original – les deux pianos et l’harmonium - avec la version postérieure pour orchestre et grand chœur, que Rossini se résigna à écrire afin d’empêcher quelqu’un d’autre de le faire. A se demander même, en l’absence de toute indication dans le programme, si la partition piano n’était pas celle établie d’après la version orchestrale, tant certains rubati étaient éloignés du staccato si moderne à l’oreille de la version originale. Impossible évidemment de ne pas saluer l’investissement des choristes préparés par Noëlle Gény et des solistes, en particulier du soprano Omo Bello, qui fait son miel du O salutaris hostia (rajouté pour la version avec orchestre) et du ténor Mert Süngü, aux aigus faciles, au souffle long et au chant nuancé. Mais on sort en pensant aux appellations contrôlées : on risque gros à appeler foie gras ce qui n’est qu’un assemblage. Que n’en est-il de même dans le domaine musical ! (Montpellier, Cathédrale Saint-Pierre, 14 septembre 2013). [Maurice Salles]

Partager