La diffusion par Medici.tv de l’Ariane straussienne en provenance de Salzbourg nous réservait une surprise : la rumeur ne l’avait pas précisé, mais avant que nous nous pâmassions devant son fameux costume léopard, nous allions d’abord goûter le spectacle de Jonas Kaufmann en peignoir et… bigoudis, proférant quelques jurons bien sentis en italien. Pourtant, pour cette Ariadne du centenaire, version 1912 donc, l’interprète de Bacchus n’avait pas à être le Ténor du prologue, puisque prologue il n’y aurait point. C’était sans compter sans l’intervention du metteur en scène, Sven-Eric Bechtolf, qui a conçu un nouveau prologue parlé permettant d’intégrer toute la musique de scène composée par Strauss. Hoffmansthal en personne y intervient, et y rencontre Monsieur Jourdain. Après cette introduction qui fait se télescoper Le Bourgeois Gentilhomme et le prologue conçu pour la version de 1916 (où l’on voit donc apparaître le beau Jonas en bigoudis), l’opéra proprement dit est représenté, dans une production moins débridée qu’on a pu en voir, mais somme toute très équilibrée. Auprès de l’Ariane véhémente de la très wagnérienne Emily Magee, Elena Mosuc se joue des difficultés du grand air de Zerbinette, plus long et plus aigu que dans la révision postérieure. Surtout, avec un Bacchus tel que Jonas Kaufmann, les trente dernières minutes ne sont plus le tunnel qu’elles ont tendance à devenir avec un ténor statique et ventripotent : le théâtre reprend ses droits, même si la direction de Daniel Harding n’a rien de bien remarquable. « Voilà qui n’est point sot, et ces gens-là se trémoussent bien », comme dirait Monsieur Jourdain. [LB]
Ariane à Salzbourg : le léopard portait des bigoudis (medici.tv)
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Brève
6 août 2012
Ariane à Salzbourg : le léopard portait des bigoudis (medici.tv)
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